De Gudrun Sailer et Linda Bordoni sur Vatican News :
Cardinal Hollerich : des avancées majeures sont en cours concernant le rôle des femmes dans l’Église
La publication du rapport du groupe d’étude synodal sur la participation des femmes marque, selon le cardinal Hollerich, une « avancée majeure » vers une plus grande inclusion au sein de l’Église. Il souligne toutefois que toute évolution éventuelle concernant l’accès des femmes au ministère ordonné nécessite un large consensus ecclésial afin de préserver l’unité.
03/10/2026
Le Synode publie le rapport final du groupe d’étude sur les femmes dans l’Église
Le cardinal Jean-Claude Hollerich, S.J., archevêque de Luxembourg et rapporteur général de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques (le Synode sur la synodalité), a qualifié la publication du rapport du groupe d’étude du Synode sur la participation des femmes d’étape importante, tout en soulignant que toute évolution future concernant le ministère ordonné nécessite un large consensus ecclésial.
Le rapport, rédigé par le groupe d’étude n° 5 sur « La participation des femmes à la vie et à la direction de l’Église », a été récemment publié par le Secrétariat général du Synode dans le cadre du processus de réflexion post-synodale.
Contexte d’une citation controversée
S’exprimant précédemment à l’université de Bonn, Hollerich aurait déclaré : « Je ne peux imaginer, à long terme, comment une Église peut survivre si la moitié du Peuple de Dieu souffre parce qu’elle n’a pas accès au ministère ordonné. »
Dans une interview accordée à Vatican News, le cardinal a précisé que cette remarque faisait spécifiquement référence au débat sur l’éventuelle ordination des femmes comme diacres et s’inscrivait dans une perspective à long terme.
Il a exprimé sa conviction que de telles questions nécessitent un large consensus au sein de l’Église pour éviter toute division. Il a cité les tensions au sein de la Communion anglicane comme exemple de la manière dont les différends sur le ministère peuvent conduire à la fragmentation.
Il a noté que la communion au sein de l’Église catholique est profonde, ce qui rend les décisions unilatérales particulièrement difficiles, et a répété que la question en jeu « concerne l’ordination des diacres et s’inscrit dans une perspective à long terme ».
Groupe d’étude n° 5 : « un grand pas en avant »
Le cardinal Hollerich a qualifié le rapport du groupe d’étude n° 5, créé par le pape François, d’évolution significative : « C’est un grand pas », a-t-il déclaré.
Il a ajouté : « Il est si important que les femmes se sentent les bienvenues dans l’Église, non seulement pour remplir les bancs de l’église, mais pour participer pleinement à la vie de l’Église, pour participer pleinement à la mission de l’Église. »
Le cardinal a affirmé que la discussion restait ouverte et que l’identification des enjeux elle-même constituait une partie importante du processus synodal.
Les voies vers le leadership
Le pape François et le pape Léon, a poursuivi le cardinal, « montrent la voie à suivre » et a cité les récentes nominations de femmes à des postes de haut niveau au sein de la Curie romaine par les deux pontifes comme preuve d’un changement progressif.
Il a également mis en avant les avancées observées dans son propre archidiocèse, où, selon lui, des femmes occupent des fonctions de déléguées épiscopales chargées de domaines pastoraux clés, notamment la pastorale sociale et la formation, ainsi que dans des équipes d’accompagnement des séminaristes.
Unité et diversité dans la pratique
Le cardinal Hollerich a déclaré que, même si différentes approches pastorales peuvent exister au sein des Églises locales, en particulier dans les ministères non ordonnés, toute évolution doit rester en communion avec l’Église universelle.
« Cela doit toujours se faire en dialogue avec l’évêque de Rome, qui est chargé de l’unité, et cela doit être mûrement réfléchi. Il ne faut pas se précipiter juste pour le faire », a-t-il déclaré.
Et il a reconnu qu’il peut y avoir « des rythmes différents dans les Églises locales, car cela fait partie de la culture et de la place qu’occupent les femmes dans cette culture ».
Il a distingué cela du ministère ordonné, qui, selon lui, nécessite un consensus universel pour éviter toute division.
Enfin, réfléchissant aux préoccupations pastorales exprimées par les jeunes générations, il a déclaré : « Je sens que, non seulement chez les femmes qui ont étudié la théologie, mais aussi lorsque je suis avec des jeunes, je peux sentir que beaucoup de jeunes filles de notre jeunesse sont tristes parce qu’elles ont le sentiment de ne pas être pleinement reconnues par l’Église. »
« Et cela », a-t-il conclu, « me rend triste en tant que pasteur. »