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Léon XIV : qui seront ses premiers cardinaux ?

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D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

Léon XIV : vers ses premiers cardinaux

24 août 2026

Jusqu’à présent, le pontificat de Léon XIV s’est caractérisé par une prudence extraordinaire et une certaine continuité. Le pape n’a procédé qu’à quelques ajustements relativement mineurs, sans toucher au vaste cadre de réforme mis en place par son prédécesseur immédiat. Il a conservé l’idée de synodalité, mais sans lui accorder l’importance centrale qu’elle revêtait, du moins sur le plan rhétorique, sous le pontificat de François. Il a presque toujours fait appel à des hommes qui avaient fait partie de l’entourage du pape François.

Il viendra cependant bientôt un moment où le pontificat de Léon XIV devra prendre une forme définitive, et ce sera lorsque le pape convoquera un consistoire pour créer de nouveaux cardinaux. Les choix qu’il fera quant aux hommes qui recevront les nouvelles barrettes rouges nous en apprendront beaucoup sur l’homme qui les a effectués.

C’est généralement le cas, et tout porte à croire que Léon ne fait pas exception à cet égard, du moins. Lorsque Léon XIV a été élu, 134 cardinaux électeurs sont entrés dans la chapelle Sixtine, le plus grand nombre de l’histoire.

Paul VI avait fixé à 120 le nombre maximal de cardinaux électeurs, et cette règle n’a jamais été modifiée. Mais les papes peuvent faire des exceptions. Jean-Paul II avait déjà dépassé la limite des 120 électeurs, mais il s’agissait en quelque sorte d’une décision mûrement réfléchie, car il savait que de nombreux cardinaux allaient bientôt atteindre l’âge de 80 ans et seraient donc exclus du nombre des cardinaux électeurs. En effet, le conclave qui a élu Benoît XVI comptait moins de 120 cardinaux électeurs. Léon XIV n’est pas du genre à faire des exceptions aux règles et traditions établies ; c’est pourquoi il a jusqu’à présent attendu que le nombre de cardinaux électeurs diminue. Actuellement, on dénombre 116 cardinaux électeurs, soit quatre de moins que la limite de 120.

Il est toutefois peu probable que le premier consistoire de Léon XIV soit réduit à un minimum de quatre cardinaux. Cependant, en parcourant la liste des membres du Collège des cardinaux, on constate que 12 cardinaux atteindront l’âge de 80 ans l’année prochaine. Par conséquent, à la fin de l’année 2027, il y aura 104 cardinaux électeurs. Cela permettra à Léon XIV d’attribuer 16 chapeaux rouges. Il pourrait toutefois le faire en dépassant brièvement la limite des 120, sachant que le nombre total d’électeurs se situerait, d’une manière ou d’une autre, à la limite des 120 ou en dessous, dans un délai assez court.

Des rumeurs persistantes font état d’un consistoire destiné à créer de nouveaux cardinaux en février. Léon XIV a toutefois déclaré qu’il comptait tenir un consistoire de discussion au moins deux fois par an, et il en a déjà tenu deux : l’un en janvier 2026, l’autre en juillet de la même année. Il est donc probable qu’un autre consistoire de discussion ait lieu en février, et il est possible que le pape crée de nouveaux cardinaux à cette occasion. Avec quatorze nouvelles « barrettes rouges » possibles, quels profils Léon XIV recherchera-t-il ? La question est légitime, et certaines décisions prises au début du pontificat léonien peuvent donner quelques indications.

Le pape François n’a pas nécessairement associé la « barrette rouge » à un siège cardinalice traditionnel. Il se trouve qu’à l’heure actuelle, des diocèses importants tels que Milan, Paris et Venise n’ont pas de cardinal à leur tête. On observe également une répartition asymétrique des chapeaux rouges et des évêchés au sein des dicastères du Vatican.

Par exemple, le cardinal Fabio Baggio était sous-secrétaire du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral lorsqu’il est devenu cardinal et l’est resté jusqu’à sa récente nomination au poste de pro-préfet de ce même dicastère par Léon XIV.

La nomination du cardinal Baggio au poste de pro-préfet laisserait penser que Léon XIV optera pour une répartition plus rationnelle et plus hiérarchique du collège cardinalice. Alors que le Dicastère pour les religieux avait besoin d’un cardinal pro-préfet pour assister Sœur Simona Brambilla dans son rôle de préfète — car l’autorité d’un évêque était nécessaire pour statuer sur certains cas —, ce n’est pas le cas pour le Dicastère pour le développement humain intégral, qui a au contraire des responsabilités plus structurées concernant la doctrine sociale de l’Église.

Ainsi, des postes au sein de la Curie pourraient revenir à des cardinaux. Le principal candidat est évidemment Mgr Filippo Iannone, préfet du Dicastère pour les évêques. Mais Mgr Anthony Randazzo, préfet du Dicastère pour les textes législatifs, devrait également recevoir la barrette rouge, selon cette logique. Reste à voir comment Léon XIV procédera concernant les « provisions » des grandes villes. À Milan, Mgr Delpini a fêté ses 75 ans et, à la demande de Léon XIV, est resté à la tête du plus grand archidiocèse d’Europe en attendant la nomination d’un successeur.

Ce successeur devrait probablement recevoir la barrette cardinalice. À Paris, Mgr Laurent Ulrich fêtera lui aussi ses 75 ans en septembre. Ce sera donc vraisemblablement son successeur qui deviendra cardinal.

La situation aux États-Unis s'annonce complexe, car certains cardinaux devront prendre leur retraite : le cardinal Blaise Cupich, archevêque de Chicago, a déjà près de 80 ans et devra être remplacé dans le diocèse « d'origine » du pape. On pensait que Léon XIV souhaitait le maintenir à son poste jusqu’à son voyage aux États-Unis, mais maintenant que ce voyage ne semble plus imminent – dans une interview accordée à NBC, le pape a évoqué les deux prochaines années –, son remplacement ne devrait pas être reporté.

Qui succédera à Cupich ? Le successeur de Cupich sera-t-il créé cardinal ?

L’archevêque de New York, Roland Hicks, encore relativement nouveau dans ses fonctions, est un autre candidat en attente d’une barrette rouge. En règle générale, la barrette cardinalice n’était pas décernée aux archevêques en fonction tant que leurs prédécesseurs n’avaient pas atteint l’âge de la retraite. Le pape François a enfreint cette règle tacite lorsqu’il l’a jugé opportun. Par exemple, le cardinal Francis Leo est l’actuel archevêque de Toronto, mais son prédécesseur, le cardinal Christopher Collins, fêtera ses 80 ans début 2027 ; Toronto comptait donc deux cardinaux lors du dernier conclave.

Cette disposition concerne toutefois directement Bruxelles, car le pape François a créé le cardinal Jozef de Kesel, qui fêtera ses 80 ans l’année prochaine, mais n’avait pas créé son prédécesseur, André-Joseph Leonard, en cardinal, et le successeur de Kesel, l’archevêque Luc Terlinden, n’est pas encore cardinal. Pourrait-il donc, lui aussi, devenir cardinal ? Reste à voir si Léon XIV adoptera une approche géographique ou s’il poursuivra une véritable réforme de la pensée de l’Église.

Les profils des cardinaux qu’il choisira nous en diront long sur la direction qu’il prendra, quels que soient leurs rôles. La manière dont seront structurés les prochains consistoires « d’affaires » sera un autre indicateur révélateur. Jusqu’à présent, Léon XIV a poursuivi la méthode synodale mise à l’essai lors du dernier consistoire du pape François. Le pape lui-même a toutefois admis que tout le monde n’apprécie pas cette méthode.

En effet, les discussions au sein de l’Église semblent enlisées sur quelques thèmes spécifiques : le rôle du Synode et de la synodalité, la question de la liturgie et du dialogue avec le monde traditionnel, ainsi que de nombreuses questions idéologisées, telles que la paix dans la doctrine sociale ou l’accueil des migrants. L’entrée de nouveaux membres au sein du Collège des cardinaux pourrait redynamiser le débat ou, à tout le moins, offrir un changement de perspective. Et ce sera peut-être le moment où l’on comprendra si Léon XIV entend véritablement mener un pontificat de changement, et si tel est le cas, de quel type de changement il s’agit et dans quelle mesure.

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