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Qui remplacera Parolin ? Les trois nonces italiens préférés du pape

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De Francesco Capozza sur Il Tempo :

Vatican : Qui remplacera Parolin ? Les trois nonces italiens préférés du pape.

 

Piero Poppo est en tête après une longue lutte avec Sanchez en Espagne. Les autres prétendants sont Gabriele Giordano Caccia et Paolo Rudelli.

Ces derniers jours, ce journal a analysé l'impasse incontestable au sein du gouvernement central de l'Église, seize mois après l'élection de Robert François Prévost au trône pontifical. Nous avons décrit comment la Curie romaine demeure un appareil composé d'hommes (et, pour la première fois dans l'histoire, de femmes) nommés presque exclusivement par Bergoglio, et examiné la composition du Collège des cardinaux, lui aussi façonné à 85 % par François, en attendant le premier consistoire de ce pape qui n'est plus « nouveau ».

Il existe cependant un domaine précis que Léon XIV, contrairement à tous les autres domaines de la direction ecclésiastique, a abordé avec rapidité et une certaine aisance : les représentations diplomatiques du Saint-Siège à travers le monde. Dès les premières semaines de son pontificat, le pape de Chicago a étudié avec soin les dossiers de toutes les nonciatures les plus sensibles et importantes pour la politique étrangère du Vatican, et après seulement un mois et demi, il a commencé à déplacer et à nommer ses premiers « ambassadeurs ». Les raisons de cette hâte inhabituelle pour un homme aussi réfléchi que Prevost sont nombreuses ; il convient d’en mentionner au moins deux. La première est sans aucun doute la situation géopolitique internationale, avec deux guerres quasi mondiales aux portes de l’Europe et une relation personnelle plutôt tendue avec l’actuel occupant de la Maison-Blanche.

Il y a cependant une question liée aux personnes et aux fonctions qu'elles occupaient auparavant sous le pontificat de Bergoglio. Sous ce pontificat, le Secrétariat d'État et l'appareil diplomatique du Saint-Siège, pourtant bien établi, avaient été considérablement réduits. Le pape argentin avait l'habitude – dans ce domaine comme dans tous les autres – d'agir personnellement, ou par l'intermédiaire d'une poignée de fidèles, même en matière de politique étrangère et dans les relations entre le Vatican et les États. En pratique, pour reprendre une formule célèbre de Pie XII, François n'appréciait pas les « collaborateurs, mais de simples exécutants ». Prevost, originaire non pas de la pampa mais de la première superpuissance mondiale, a immédiatement compris que le dense réseau de nonces apostoliques en poste dans les différentes représentations diplomatiques à l'étranger nécessitait un remplacement immédiat.

Parmi les nombreux représentants du Vatican mutés d'une nonciature à l'autre ou nommés de toutes pièces ces derniers mois, trois en particulier suscitent une attention particulière et l'envie de nombreux membres de la vieille garde de Bergoglian. Tous trois sont très estimés par Léon XIV, mais ils ont aussi une autre caractéristique distinctive en commun : ils sont italiens. Mgr Piero Pioppo, nonce apostolique en Indonésie ; Mgr Paolo Rudelli, transféré d'Indonésie en Espagne après une longue bataille diplomatique (révélée il y a quelques mois par Il Tempo) avec le gouvernement de Pedro Sánchez ; Mgr Gabriele Giordano Caccia, que Prévost a promu de son poste d'observateur permanent auprès de l'ONU à la fonction beaucoup plus délicate de nonce à Washington ; et Paolo Rudelli, le nouveau substitut pour les affaires générales du Secrétariat d'État, sont les trois fers de lance de la diplomatie de Léon XIV. De plus, leurs nouvelles fonctions sont toutes des charges cardinalices traditionnelles, et leurs origines géographiques faciliteraient le choix par le pape de son prochain Premier ministre.

De plus, bien qu'il n'existe aucune pratique établie au Vatican exigeant un secrétaire d'État italien lorsque le pape est étranger, cela a été le cas ces cinquante dernières années. Il est donc plausible de supposer que lorsque Léon XIV décidera de remplacer le cardinal Parolin, il choisira un diplomate d'origine italienne. Piero Pioppo se distingue particulièrement : son parcours l'inscrit dans un certain milieu traditionnel, notamment auprès de la figure du très influent cardinal Angelo Sodano, dont il fut longtemps le secrétaire particulier et qui l'orienta vers une carrière diplomatique.

Sous Tarcisio Bertone, ennemi juré de son prédécesseur au poste de secrétaire d'État, Pioppo fut démis de ses fonctions au Vatican et envoyé à la nonciature au Cameroun et en Guinée équatoriale ; sous Bergoglio et Parolin, il fut cependant muté encore plus loin, en Indonésie. Ce n'est que durant les derniers mois de son pontificat que le pape François revint sur sa décision concernant ce diplomate de Savone, et après son voyage exténuant en Asie et en Océanie à l'automne 2024, il chargea Parolin de lui trouver une résidence plus proche et plus appropriée, pour cet homme si marginalisé depuis vingt ans.

Il n'en eut pas le temps, mais Léon XIV compensa ce manque en s'imposant au gouvernement de Madrid, qui avait initialement l'intention de refuser la nomination du nouveau nonce apostolique en Espagne choisi par le pape. La renommée de Piero Pioppo grandissait de jour en jour outre-Tibre, tout comme la confiance que lui accordait Prévost, et de nombreux prélats étaient prêts à parier qu'il deviendrait le futur secrétaire d'État de Léon XIV.

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