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Léon XIV : Comment répondre à la civilisation de la mort ?

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D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

Léon XIV : Comment répondre à la civilisation de la mort ?

7 septembre 2026

Un thème revient sans cesse en toile de fond de tous les grands débats concernant l’Église catholique : la vie.

Certains affirment que parler de vie et de famille est dépassé, qu’il faudrait se concentrer davantage sur les questions sociales que sur les principes, et que l’Église catholique devrait moins se focaliser sur les principes et davantage sur l’aide aux personnes.

La question de la vie est cependant si forte et si pressante qu’elle ne peut être ignorée, et elle ne le sera certainement pas par Léon XIV.

Le pape se rendra en France fin septembre. La France est un pays qui connaît, d’une manière intéressante, une renaissance chrétienne. Le pèlerinage Paris-Chartres, une initiative relancée il y a une quarantaine d’années par une association de catholiques attachés à la tradition, rassemble un nombre considérable de participants et ne cesse de croître.

Le nombre de baptêmes d’adultes la nuit de Pâques ne cesse d’augmenter, à tel point que l’Île-de-France, la région ecclésiastique qui comprend l’archidiocèse de Paris, a convoqué un conseil spécial pour comprendre les causes de ce renouveau de la foi.

Cependant, Léon XIV arrivera sur le sol français après avoir reçu un « cadeau » à la veille de sa visite : une nouvelle loi sur l’euthanasie. Fortement soutenue par le gouvernement Macron, cette loi a surmonté tous les obstacles, et les évêques français ont été en première ligne de l’opposition à celle-ci.

Il s’agit d’une loi qui va jusqu’à ignorer l’objection de conscience des infirmières, et qui oblige ainsi, dans les faits, même celles qui se sentent moralement tenues de ne pas aider les patients à mourir, à se conformer à la loi en dépit de leurs objections de conscience.

Ce n’est pas la seule mesure prise.

La France avait déjà inscrit le droit à l’avortement dans sa Constitution, avec une formulation qui ne faisait pas directement référence au « droit à l’avortement », mais soulignait que la loi détermine les conditions dans lesquelles une femme exerce sa liberté d’avorter.

Cette mesure a été suivie d’une résolution de l’Union européenne, l’une de ces pratiques « non contraignantes » qui constituent néanmoins une sorte de « droit souple ».

En Angleterre, il n’existe pas de loi sur les soins de fin de vie, mais le débat ne cesse d’être relancé, sous une pression sans précédent.

Et puis il y a l’Italie, où il n’y a pas de loi sur la fin de vie, mais où la Vénétie, l’une de ses régions, en a adopté une de manière autonome.

Cette loi a suscité de vives réactions de la part du patriarche de Venise, Mgr Francesco Moraglia, ainsi que d’autres membres de la Conférence épiscopale italienne, tels que l’archevêque de Modène, Mgr Giacomo Morandi.

Mais ce qui frappe, c’est qu’en Italie, il n’y a pas encore eu de mouvement d’opinion marqué sur la question ; la Conférence épiscopale a tout laissé aux initiatives des ordinaires et des pasteurs individuels, et il est intéressant de constater que cela se produit dans un pays traditionnellement catholique.

En France, cependant, les évêques se sont engagés sans réserve en première ligne, face à une volonté politique difficile à contrer.

C’est là que le voyage du pape en France commence à revêtir une signification particulière.

Que dira le pape au sujet de la vie ? Comment abordera-t-il, dans ses discours, la question des soins aux malades et de la dignité de la vie humaine ?

Le pape pourrait aborder ce sujet lors de sa rencontre habituelle avec le corps diplomatique au début de son voyage, lors de sa rencontre avec les malades à Lourdes, ainsi que dans ses discours à Metz, où Léon XIV devrait enfin exposer sa politique pour l’Europe.

La question est toutefois de savoir comment Léon XIV entend lutter contre cette culture de la mort de plus en plus répandue, et pas seulement en Europe.

Aux États-Unis, pays natal du pape, par exemple, les Sœurs Carmélites pour les personnes âgées et les infirmes ont intenté un procès contre l’État de l’Illinois afin de bloquer une loi sur la fin de vie avant son entrée en vigueur, car celle-ci violerait leur liberté de conscience et les obligerait à aider les patients à mettre fin à leurs jours s’ils en faisaient la demande.

Jusqu’à présent, Léon XIV s’est montré très clair sur la question, mais aussi très prudent.

Répondant à une question concernant une distinction décernée par le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, au sénateur pro-avortement Dick Durbin, le pape a souligné que la vie humaine devait être défendue en toutes circonstances, et que ceux qui s’opposaient à l’avortement mais rejetaient en fin de compte les migrants (il s’agit là d’une paraphrase des propos du pape) étaient également contre la vie.

C’est une position logique, mais paradoxalement, elle semble bien plus faible que celle du pape François.

Au cours de son pontificat, le pape François a privilégié une application de la doctrine sociale moins axée sur les questions liées à la vie et davantage orientée vers la prise en charge des pauvres et des migrants. Avec le pape François, l’ère de la lutte contre les valeurs non négociables était révolue.

Le pape François a toutefois été celui-là même qui a affirmé, sans demi-mesures, que l’avortement revenait à engager un tueur à gages pour résoudre un problème.

Ces questions mettront probablement à l’épreuve la stabilité du nouveau pontificat léonin.

Il est vrai que Léon XIV a défendu la vie humaine à chaque occasion possible. Par exemple, dans le discours qu’il a prononcé devant le Parlement espagnol en juin, ainsi que lors de plusieurs audiences et allocutions.

Cependant, Léon semble adopter une approche mesurée, prudente et raisonnée de la doctrine sociale de l’Église. Lorsqu’il s’exprime, il cherche généralement à responsabiliser d’abord les fidèles. L’Église fournit les principes ; les fidèles doivent les appliquer, selon la logique de la séparation de l’Église et de l’État.

Mais l’impact culturel doit également être pris en compte, et il faut s’appuyer sur cet impact.

Les textes émanant du Vatican semblent encore refléter une approche « modérée ». Le dernier document publié par la Commission théologique internationale, entièrement consacré à la gestion responsable de l’ordre créé, souligne que la vie doit toujours être protégée, à tout prix et de toutes les manières possibles. Ce même document s’attarde toutefois sur les péchés écologiques, se perd dans des données techniques et scientifiques, et reflète une approche qui, en réalité, évoque des valeurs non négociables, tout en mettant quelque peu ce concept de côté.

Le pontificat léonin, encore récent, a donc besoin d’un cadre culturel, et ce cadre doit être construit presque entièrement à partir de zéro.

L’encyclique *Magnifica Humanitas* constitue un point de départ, mais elle ne saurait probablement pas être un point d’arrivée : elle est trop longue, trop diluée dans de nombreux concepts et, par moments, trop déséquilibrée en faveur du présent pour représenter les fondements d’un nouveau discours politique.

Ainsi, aux grands thèmes du pontificat — de la nouvelle art de la diplomatie au dialogue avec le monde traditionaliste — s’ajoute la lutte contre la culture de la mort.

On pensait que cette époque avait pris fin avec Jean-Paul II, puis avec Benoît XVI et sa lutte contre le relativisme culturel.

Nous avions tort. Et aujourd’hui, alors que même les partis aux valeurs dites chrétiennes ont perdu de vue l’essence de la doctrine sociale, tandis que les chrétiens eux-mêmes sont incapables d’aborder ces questions avec force, il est nécessaire de repartir sur de nouvelles bases en opérant un nouveau saut qualitatif.

C'est sans doute là le grand défi méconnu de ce pontificat.

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