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  • Dimanche 3 septembre 2023 : ordination épiscopale du nouvel archevêque de Malines-Bruxelles

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    De zenit.org :

    Belgique : Ordination épiscopale de Mgr Luc Terlinden dimanche 3 septembre 2023

    « Je vois dans l’ordination une invitation à beaucoup d’humilité »

    Le mois d’août a été consacré à la préparation plus immédiate de l’ordination mais aussi de la rentrée pastorale et des premiers dossiers qui m’attendent, à commencer par trouver un successeur comme vicaire général de l’archidiocèse. Je prends aussi du temps pour consulter, faire connaissance avec certaines réalités nouvelles, mais aussi boucler différents dossiers que j’avais à traiter comme vicaire général, tout en secondant notre administrateur apostolique, le cardinal Jozef De Kesel. Fort heureusement, j’ai aussi eu l’occasion de prendre un temps de retraite dans une abbaye et de me préparer ainsi intérieurement à l’ordination.

    Vous sentez-vous déjà archevêque ?

    Pas vraiment tout à fait car je ne serai archevêque qu’avec l’ordination. La nomination ne fait pas encore un évêque, c’est l’ordination ! C’est important car, comme tout sacrement, nous reconnaissons par là que Dieu est à l’œuvre. L’imposition des mains et la prière d’ordination sont significatives à ce sujet. Au centre de la prière, il y a une demande pour la venue de l’Esprit sur le nouvel ordonné. On comprend dès lors que le ministère de l’évêque, comme celui des prêtres et des diacres, est l’œuvre de l’Esprit Saint. C’est pour cette raison que, pour être évêque, un morceau de papier, une nomination ne suffit pas. Il faut la prière de l’Église et la célébration du sacrement.

    L’ordination est donc un moment important…  

    Je vois dans cela une invitation à beaucoup d’humilité. Car si c’est d’abord l’Esprit qui est à l’œuvre, je suis comme un instrument à son service et au service de l’Église. Il faut chercher à rester fidèle à l’œuvre de l’Esprit et cela passe aussi par l’écoute des autres et de la Parole de Dieu. Par ailleurs, même nommé archevêque, je reste aussi moi-même. Ma vie, dans les plus petites choses du quotidien, ne change pas. Quand il réclame sa nourriture ou une promenade, Oscar, mon chien, se charge bien de me le rappeler ! Il peut me ramener les deux pieds sur terre si nécessaire.

    Avez-vous des souhaits particuliers pour la célébration du 3 septembre ?

    Je souhaite que nous puissions vivre un beau moment de communion, car cette célébration dépasse ma seule personne, elle concerne l’Église et le diocèse qui m’est confié. C’est aussi un envoi en mission de toute notre Église, pour une annonce joyeuse de l’Évangile.

    Dès le lundi 4 septembre, vous serez donc vraiment archevêque. Quels sont les dossiers sur lesquels vous vous pencherez de façon prioritaire ?

    Mon souhait est d’abord de travailler collégialement et dans un esprit de synodalité, à l’écoute de l’Esprit, des uns et des autres. Je dois donc résister à la tentation de vouloir agir trop vite ou de manière solitaire. C’est pour cela qu’il faut prendre du temps. Ce temps, je souhaite aussi le passer à rencontrer mes confrères évêques, les collaborateurs des différentes équipes et conseils du diocèse et de ses vicariats, les fidèles et tant d’autres…

    Cela étant, comme je l’ai dit, je vais toutefois déjà nommer un nouveau vicaire général. Et un des premiers dossiers sur la table est de préparer la succession de Mgr Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire en charge du Vicariat du Brabant wallon, qui a déjà largement dépassé l’âge de la retraite. Mon souhait serait aussi de pouvoir rapidement aller visiter les paroisses et les unités pastorales du diocèse. Sans nécessairement venir pour une grande occasion mais simplement pour célébrer ensemble une Eucharistie dominicale et prendre le temps, après la messe, de se rencontrer.

    La cérémonie sera retransmise en direct par KTO sur ce lien.

  • Il fallait un pape jésuite pour démolir l’Opus Dei; voici comment la légende est devenue réalité

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction de Diakonos.be) :

    Il fallait un pape jésuite pour démolir l’Opus Dei. Voici comment la légende est devenue réalité

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    On a raconté beaucoup d’histoires sur la dispute légendaire entre la Compagnie de Jésus et l’Opus Dei. Mais quand le jésuite Jorge Mario Bergoglio est monté sur la chaire de saint Pierre en 2013, les responsables de l’Ordre ont tout de suite pensé et craint que la légende pourrait bien devenir réalité. Ils ont alors pris la décision de se murer dans un silence total, de rentrer sous terre, comme une taupe dans sa tanière, dans l’espoir que ce pontificat les survole sans leur causer de tort, sans démolir toutes les conquêtes qu’ils avaient obtenues pendant les années dorées de Benoît XVI et plus encore de Jean-Paul II.

    Mais c’est pourtant bien ce qui s’est passé. Tout d’abord à pas lents, puis à marche de plus en plus rapide jusqu’à l’hallali de ce mois d’août, quand le Pape François a démantelé l’édifice que l’Opus Dei avait mis des décennies à se construire.

    Officiellement, rien ne change : l’œuvre continue à être une « prélature personnelle », la seule à porter ce titre dans l’Église. Mais d’abord avec la constitution apostolique « Praedicate evangelium » du 19 mars 2022, puis avec la lettre apostolique « Ad charisma tuendum » du 14 juillet et enfin avec le motu proprio du 8 août 2023, le Pape François l’a vidée de sa substance, il l’a réduite au rang d’« association publique cléricale de droit pontifical avec faculté d’incardiner des clercs », c’est-à-dire à n’être plus qu’une simple association de prêtres, ils sont environ 2 000, sous le contrôle du Dicastère du Vatican pour le clergé, sans plus aucune autorité sur les 90 000 laïcs qui faisaient sa force dans la société, et qui dépendent désormais canoniquement de leurs curés et évêques respectifs. Tout à fait : c’est ce que prévoit le canon 296, modifié par le Pape François, du code de droit canon, qui renvoie à son tour au canon 107 du même code (à moins qu’il ne faille croire l’interprétation inverse de Juan Ignacio Arrieta, Secrétaire du Dicastère pour les textes législatifs selon qui, si l’on s’en tient au canon 302 de ce même code, les associations simplement définies comme « cléricales » sont bien dirigées par des clercs, mais également composées de fidèles).

    Dans les aspirations de l’Opus Dei, en bonne partie réalisées pendant les années d’or, la prélature personnelle devait être une sorte de diocèse sans territoire propre délimité mais étendu au monde entier, avec son évêque en la personne du prélat de l’œuvre, son clergé et ses fidèles. Elle devait donc s’inscrire, sous cette forme très spéciale, dans la structure hiérarchique de l’Église et rendre compte directement à la Curie, à la Congrégation pour les évêques.

    La reconnaissance de l’Opus Dei en tant que prélature personnelle remonte à 1982, soit sept années après la mort de son fondateur, l’Espagnol Josemaría Escrivá de Balaguer, proclamé saint en 2002. Mais par la suite, contrairement à ses espérances, le code de droit canon de 1983 ne l’a pas reprise parmi les structures hiérarchiques mais bien dans le chapitre « De populo Dei ».

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  • Il existe plus que jamais de bonnes raisons de croire

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    De Christophe Geffroy en éditorial sur le numéro 361 (septembre 2023) de la Nef :

    La foi chrétienne est parfaitement crédible !

    Dans le monde actuel, l’apologétique (1) n’a pas bonne presse. Même dans l’Église, elle a été délaissée et ceux qui persistent à la défendre sont des francs-tireurs sans guère de soutien officiel. Les valeurs aujourd’hui dominantes placent la « tolérance » au sommet, tolérance qui véhicule une conception très relativiste, refusant toute vérité objective – « à chacun sa vérité », comme le dit l’adage. Dans ce contexte, on est vite accusé de « prosélytisme », sous-entendu d’user de moyens de pression illégitimes pour convertir plus ou moins de force. En réalité, l’apologétique s’adresse à la raison, à un être libre capable de recevoir une argumentation et à en juger la valeur probante ou non.

    Le champ de la moisson est immense en France comme en Europe, tant les Occidentaux semblent éloignés de la question de Dieu et détachés du christianisme qui a pourtant largement façonné leur civilisation. Nos contemporains sont-ils de ce fait devenus « athées » ? Je ne le pense pas, il n’est que de voir le succès de l’ésotérisme, de l’astrologie, des nouvelles « religiosités » censées apporter le « bien-être »… La plupart d’entre eux, néanmoins, ne sont-ils pas surtout indifférents à la question de Dieu ? Indifférence qui nous interroge tant cette question nous semble au centre même de toute vie, tant elle oriente notre approche du bonheur, ici-bas et dans l’au-delà. Indifférence qui n’est toutefois pas si surprenante si l’on considère l’environnement des sociétés occidentales totalement tourné vers le matérialisme, le consumérisme, l’exacerbation du désir sans limite, bref une horizontalité qui exclut toute verticalité et tue toute velléité spirituelle. Ajoutons en France une conception répandue de la laïcité qui, méfiante envers la religion, la relègue à la seule sphère privée.

    Je suis persuadé qu’il existe cependant une attente spirituelle considérable dans ce monde sans Dieu.

    Où est l’irrationalité ?

    On reproche souvent à la foi catholique d’être irrationnelle. Mais il est bien plus irrationnel de croire en n’importe quoi ou de juger que Dieu n’existe pas. Il faut être bien naïf aujourd’hui pour penser que la science « démontre » l’inexistence de Dieu, a réponse à tout et peut expliquer l’origine de la vie et lui fournir un sens. Au contraire, l’état présent des connaissances incite à postuler une intelligence directrice, même s’il ne s’agit pas de « preuves » puisque la science et la question de Dieu ne se situent pas au même niveau épistémologique.

    Il existe cependant plus que jamais de bonnes raisons de croire, non seulement en un Dieu créateur, mais plus encore que ce Dieu est celui des chrétiens : Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, qui n’a aucun équivalent dans l’histoire parmi tous les fondateurs de religion, en termes de crédibilité et de sainteté. En effet, pour qui réfléchit posément, il n’y a que le christianisme qui atteste de façon aussi convergente la véracité de la foi, malgré toutes les objections que l’on peut faire sur les défaillances historiques des hommes d’Église – la pérennité de celle-ci malgré les péchés de ses membres militerait d’ailleurs en sa faveur.

    Il n’est pas « léger » de croire

    Saint Thomas d’Aquin l’a admirablement résumé dans sa Somme contre les gentils quand il explique que « ce n’est pas légèreté que de donner son assentiment aux choses de la foi, bien qu’elles dépassent la raison » : « la Sagesse divine […] a manifesté sa présence, la vérité de son enseignement et de son inspiration par les preuves qui convenaient, en accomplissant de manière très visible, pour confirmer ce qui dépasse la connaissance naturelle, des œuvres très au-dessus des possibilités de la nature tout entière : guérison merveilleuse des malades, résurrection des morts, […] et, ce qui est plus admirable, inspiration de l’esprit des hommes, telle que des ignorants et des simples, remplis du don du Saint-Esprit, ont acquis en un instant la plus haute sagesse et la plus haute éloquence. Devant de telles choses, mue par l’efficace d’une telle preuve, non point par la violence des armes ni par la promesse de plaisirs grossiers, et, ce qui est plus étonnant encore, sous la tyrannie des persécuteurs, une foule innombrable, non seulement de simples mais d’hommes très savants, est venue s’enrôler dans la foi chrétienne, cette foi qui prêche des vérités inaccessibles à l’intelligence humaine, réprime les voluptés de la chair, et enseigne à mépriser tous les biens de ce monde. Que les esprits des mortels donnent leur assentiment à tout cela, et qu’au mépris des réalités visibles seuls soient désirés les biens invisibles, voilà certes le plus grand des miracles et l’œuvre manifeste de l’inspiration de Dieu » (2). (...)

    (1) Partie de la théologie ayant pour objet d’établir, par des arguments historiques et rationnels, le fait de la révélation chrétienne.
    (2) Cerf, 1993, livre premier, chap. 6, p. 26-27.