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La dédicace des basiliques des saints Pierre et Paul

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De l'Homme Nouveau (archive):

Dédicace des basiliques saint Pierre et saint Paul : le sens d'une fête

Aujourd’hui, l’Église célèbre la dédicace des basiliques saint Pierre et saint Paul. À cette occasion, nous publions ci-dessous un extrait du bréviaire romain, donnant un aperçu de la raison et l’historique rapide de cette fête. Rappelons que la dédicace d’une église est la cérémonie de consécration de cet édifice religieux. Chaque année, à la date anniversaire de cette cérémonie, on fait mémoire de cet événement, qui est une occasion de prière et d’action de grâce.

Selon le Bréviaire romain :

Parmi les sanctuaires vénérés autrefois des Chrétiens, les plus célèbres et les plus fréquentés étaient ceux dans lesquels des corps de Saints avaient été ensevelis, ou bien dans lesquels se trouvait quelque vestige ou quelque souvenir des Martyrs. Au nombre de ces lieux saints et au premier rang, l’on distingua toujours cette partie du Vatican appelée Confession de saint Pierre. Les Chrétiens, en effet, y accouraient de tous les points de l’univers, comme à la pierre ferme de la foi et au fondement de l’Église, et vénéraient avec une religion et une piété souveraines, l’emplacement consacré par le sépulcre du prince des Apôtres.

L’empereur Constantin le Grand vint là huit jours après avoir reçu le baptême ; il déposa le diadème, et, prosterné à terre, versa des larmes abondantes. Après quelques instants, ayant pris une houe et un hoyau, il se mit à creuser le sol. Il en tira douze corbeilles de terre, en l’honneur des douze Apôtres, désigna l’emplacement destiné à la basilique du prince des Apôtres et y fit commencer la construction d’une église. Le Pape saint Sylvestre la dédia le quatorze des calendes de décembre, en y observant les mêmes rites que pour la consécration de l’église de Latran, qui avait eu lieu le cinq des ides de novembre. Il y érigea un autel de pierre, qu’il oignit du saint chrême, et ordonna que dès lors on ne construirait plus que des autels en pierre. Saint Sylvestre dédia encore la basilique de l’Apôtre saint Paul, élevée à grands frais sur la route d’Ostie, par le même empereur Constantin. Cet empereur donna de grandes richesses à ces basiliques et les orna de splendides présents.

La basilique vaticane menaçant ruine par l’effet du temps, elle a été, grâce à la dévotion de beaucoup de Pontifes, totalement reconstruite sur un plan plus vaste et plus magnifique. Urbain VIII l’a solennellement consacrée l’an mil six cent vingt-six, en la date même où elle l’avait été lors de sa première érection. Quant à la basilique de la voie d’Ostie, un terrible incendie la consuma presque entièrement, en mil huit cent vingt-trois. Par les soins infatigables de quatre Papes, elle a été plus splendidement réédifiée, et comme vengée de son désastre. Pour la consacrer, une occasion très favorable s’offrit à Pie IX : la proclamation récente du dogme de l’Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie avait attiré à Rome, des régions les plus éloignées de l’univers catholique, un grand nombre de Cardinaux et d’Évêques. Il la dédia donc solennellement, entouré de cette magnifique couronne de membres du Sacré Collège et de Pontifes, le dix décembre mil huit cent cinquante-quatre, et fixa à ce jour la mémoire de cette solennelle Dédicace.

La messe de la dédicace

Dans son Guide dans l’année liturgique, dom Pius Parsch (1884-1954) écrit à propos de la messe de la dédicace :

La messe de la Dédicace est particulièrement riche en pensées. Pour en comprendre le texte, nous devons faire en sorte d’avoir toujours sous les yeux la véritable consécration de l’église et de voir dans l’édifice de pierre l’épouse du Christ, l’Église. Chaque fois que nous célébrons la Dédicace (ce qui arrive quatre fois par an), c’est la fête de l’Église catholique que nous célébrons. La messe de la dédicace est une messe d’action de grâces pour les bienfaits et les bénédictions que nous procure la maison de Dieu, mais elle nous expose aussi dans son texte le riche symbolisme de la maison de Dieu. La maison de Dieu, considérée en soi, est digne de la plus haute vénération (Grad.). 1° parce que Dieu y a établi sa demeure et parce qu’il l’a choisie comme le lieu où, par sa présence, il nous distribue ses grâces (Intr.) ; parce que c’est le lieu où le Souverain Prêtre, Jésus-Christ, offre son sacrifice (Év., Or.) et où Dieu a établi le centre de la prière (Or., Allel., Comm.). 2° Elle est aussi l’image et le symbole de l’Église catholique ici-bas, de l’Épouse immaculée du Christ qui est descendue du ciel sur notre sombre terre (Epître), qui célèbre sans cesse de nouveau, au Saint-Sacrifice, ses noces avec son Divin Époux. Elle est vraiment l’image de l’âme chrétienne sanctifiée par le Baptême et l’Eucharistie (Postcommunion).

Nous pénétrons dans le sanctuaire ; nous nous rappelons qu’il a été solennellement consacré par l’évêque ; deux sentiments tout différents s’emparent de nous : la crainte et la joie. La crainte (“Que ce lieu est terrible !”), quand nous saurions seulement que Dieu en a fait le lieu de sa présence et de sa grâce. “Quitte tes sandales, car ce lieu est une terre sainte”, c’est la parole qui retentit dans le buisson ardent. Et pourtant, elle est un “séjour de délices, la tente” de Dieu sur terre parmi les hommes. Tout le psaume 83 a sa place ici. Ce qu’était le Temple pour les Juifs, l’église doit l’être bien plus encore pour nous, chrétiens (Intr.). Notre Mère l’Église sait que c’est ici le lieu de la prière liturgique ; c’est ici que Dieu a promis aussi d’exaucer nos prières (Or., Comm.). Une autre image se présente encore à nos yeux : Nous voyons l’Épouse du Christ, richement parée, descendre sur la terre (Epître). Oui, c’est là le mystère de la maison de Dieu : ce n’est pas seulement une figure, c’est une portion de l’Église du Christ. “Aujourd’hui le salut a été apporté à cette maison” ; ce mot “aujourd’hui” doit être pris à la lettre. Ce n’est pas seulement jadis, quand l’évêque a consacré l’église, c’est encore aujourd’hui, à la messe, que le Seigneur est venu dans notre demeure terrestre et que nous, pauvres publicains, nous pouvons le recevoir comme un hôte. Remarquons que l’Église se reporte en esprit au jour de la consécration ; ce jour revit pendant toute la messe d’aujourd’hui.

L’écho du chœur, au Graduel, est également saisissant : Ce lieu est un inexprimable sacrement, ici bat le cœur de l’Église ; la maison de Dieu est peuplée par les cohortes angéliques ; l’assemblée des chrétiens rivalise avec elles pour louer Dieu (Sanctus). A l’Alleluia, nous voyons le Christ venir en Roi ; nous lui offrons nos adorations et nos louanges. A l’Evangile, mettons-nous dans la posture du publicain. C’est avec la même humilité, le même dévouement, la même joie que nous voulons maintenant venir au Saint-Sacrifice. “Voici que je donne la moitié de tous mes biens aux pauvres.” Faisons notre offrande avec ces sentiments, et alors l’Offertoire élèvera son chant comme l’oblation de toute notre vie. La formule remonte à Salomon. Lorsque le Temple fut terminé, c’est en ces termes qu’il offrit à Dieu le sanctuaire. La Secrète, elle aussi, fait à Dieu un “abandon total du corps et de l’âme”. Au Saint-Sacrifice, le Christ vient réellement dans notre maison, dans la maison de Dieu, mais aussi dans la maison de notre âme, et il lui “apporte le salut”. A la Communion, le Seigneur nous donne l’assurance que, dans cette maison, il veut exaucer nos prières ; mais l’Église réalise aussitôt la parole du Christ et nous donne la Sainte Eucharistie comme gage de tous les dons et de tous les biens. A la Postcommunion, nous voyons, sous la figure de l’église de pierre, l’Église spirituelle qui est formée de “pierres vivantes, choisie”, et nous demandons que cette maison “s’élargisse” et s’agrandisse extérieurement et intérieurement.

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