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Quand le pape met l'épiscopat slovaque dans l'embarras en réhabilitant un évêque destitué par Benoît XVI

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De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

Et en Slovaquie, le pape réhabilite l'évêque "gay".

15-09-2021

La visite du pape François en Slovaquie s'est terminée par la réhabilitation devant l'opinion publique de l'ancien évêque de Trnava, Robert Bezák, destitué par Benoît XVI en 2012 et accusé d'avoir également créé un réseau de prêtres homosexuels. Embarras de la Conférence des évêques.

papa Francesco e il vescovo Bezak

Le pape François et l'évêque Bezak

D'un point de vue canonique et ecclésiastique, on ne peut pas parler d'une véritable réhabilitation, mais du point de vue de l'opinion publique et de la perception générale, la réhabilitation est aussi complète que déconcertante. Il s'agit de l'évêque slovaque "gay" Robert Bezák, destitué en 2012 par le pape Benoît XVI et remis en selle par le pape François lors de sa visite pastorale en Slovaquie. A tel point que ce matin, comme la nonciature apostolique en a informé l'épiscopat slovaque, il fait partie des évêques concélébrant à la dernière messe du Pape sur le sol slovaque.

Sans aucun doute, la photo de la rencontre entre le pape, Bezák et sa famille à la nonciature lundi est destinée à avoir un impact beaucoup plus important en Slovaquie que toutes les réunions officielles de ces derniers jours, qui ont d'ailleurs vu une présence de fidèles beaucoup plus faible que prévu.

Le cas de Monseigneur Bezák est en effet controversé et l'initiative du pape rouvre une blessure qui avait du mal à se cicatriser après avoir profondément divisé l'Église slovaque il y a dix ans.

Nommé évêque de Trnava en 2009, à 49 ans, le plus jeune évêque de son pays, Bezák s'est présenté comme un pasteur ouvert, attentif aux questions sociales, déterminé à gouverner avec transparence. Il est l'antithèse de son prédécesseur, Jan Sokol, qui a pris sa retraite en raison de la limite d'âge mais qui était sous le coup de lourdes accusations pour des relations prétendument ambiguës avec les services secrets de l'ancien régime communiste et pour une gestion obscure des finances du diocèse. Cette dernière accusation a été amplifiée par les propres plaintes de Monseigneur Bezák auprès du Saint-Siège. Mais bientôt, les ombres se sont également accumulées sur la tête du jeune évêque de Trnava qui, en juin 2012, a été invité à démissionner et, lorsqu'il a refusé, a été rapidement relevé de ses fonctions pastorales.

Que s'est-il passé ? M. Bezák a toujours maintenu qu'il n'avait jamais reçu de raison officielle pour cette mesure, même si certaines remises en cause de ses positions doctrinales sur la moralité sexuelle avaient été explicitement formulées. C'est pourquoi une partie de l'Église slovaque a vivement réagi à la mesure du Saint-Siège. Il a également été question d'une gestion douteuse des actifs financiers du diocèse, mais en réalité, la principale raison de la décision du Vatican était l'homosexualité pratiquée de Bezák, également documentée dans le livre du prêtre polonais Dariusz Oko sur l'homoérotisme et les activités du lobby gay dans l'Église.

Il était largement admis que Bezák fréquentait des salles de sport et des saunas à nette tendance, mais pas seulement : en tant qu'évêque, il était également tenu pour responsable d'avoir contribué à la formation d'un réseau de prêtres homosexuels. Au fil des ans, cet aspect est devenu de plus en plus clair, à tel point qu'en Slovaquie, ce sont surtout les milieux libéraux extérieurs à l'Église qui ont pris sa défense.

Entre-temps, Bezák - qui, ces dernières années, a enseigné la religion dans un lycée protestant de Bratislava - a réussi dès 2014 à remettre une lettre de son cru au pape, qui l'a effectivement reçu au Vatican en avril 2015, et à partir de là, une relation familiale s'est poursuivie qui a conduit aux développements de ces derniers jours. C'est précisément en prévision de sa visite en Slovaquie que le pape François avait invité Monseigneur Bezák au Vatican le 24 juin dernier, où l'ancien évêque de Trnava a concélébré et dîné avec le pape.

Si aujourd'hui la Conférence épiscopale slovaque est unie dans son jugement négatif sur Monseigneur Bezák, le pape François a en effet imposé sa réhabilitation publique, les évêques n'ont été informés de sa présence parmi les concélébrants que lors de la messe de clôture de la visite pastorale. Ces derniers jours, des spéculations ont également circulé sur la possibilité d'une réaffectation d'un diocèse, mais M. Bezák lui-même a démenti cette hypothèse lors d'une interview télévisée accordée le mardi 14 septembre à la principale chaîne slovaque, bien qu'il se soit dit ouvert à une nomination future.

La situation qui s'est créée aujourd'hui pour l'Église slovaque est décidément embarrassante, d'autant plus qu'il est question de documents et de témoins confirmant que Monseigneur Bezák a continué ces dernières années à se comporter de manière inappropriée, pour ne pas dire plus. Et il est certain que les milieux habituels en profiteront pour faire avancer l'agenda du lobby gay dans l'Eglise, même si on peut imaginer que ce n'était pas la véritable intention du Pape.

Commentaires

  • Si, sous cette histoire, il n'y a pas d'autres points non dits dans l'article, on est face à une erreur pastorale manifeste de François, et face à une des provocations inutiles dont il a le secret.

    Cependant, il serait intéressant d'avoir l'opinion du parti adverse

  • Mt 7, 16 C'est au fruit que l'on reconnaît l'arbre.

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