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Ethique

  • Des dizaines de milliers de personnes défilent à Washington pour la Marche pour la vie de 2026

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    Marche pour la vie 2026 : Quelques-unes des meilleures pancartes pro-vie de cette année

    Des militants pro-vie brandissent leurs pancartes lors de la Marche pour la vie le 23 janvier 2026. | Crédit : Tessa Gervasini/EWTN News

    De Gigi Duncan sur le National Catholic Register :

    Des dizaines de milliers de personnes défilent à Washington pour la Marche pour la vie de 2026

    Des militants pro-vie venus de tout le pays se sont réunis dans la capitale nationale, partageant des témoignages personnels, des prières et l'espoir d'une culture qui chérit chaque vie humaine.

    WASHINGTON — Des dizaines de milliers de militants pro-vie se sont rassemblés vendredi dans la capitale américaine pour la 53e Marche pour la vie annuelle, défilant du National Mall jusqu'à la Cour suprême pour exprimer leur opposition à l'avortement. 

    L'événement de cette année s'est déroulé sous des conditions météorologiques exceptionnellement douces pour un mois de janvier, permettant aux participants de circuler sans encombre dans les rues de Washington, alors même que la ville se prépare à une tempête hivernale potentiellement paralysante plus tard dans le week-end. 

    Le vice-président JD Vance, prenant la parole pour la deuxième année consécutive, a annoncé aux personnes présentes que son épouse, Usha, et lui attendaient leur quatrième enfant, un troisième garçon, pour la fin du mois de juillet, une nouvelle personnelle qui a suscité de chaleureuses applaudissements de la part de la foule.

    Vance a insisté sur le fait que la défense du droit à la vie ne se limite pas à des arguments juridiques, mais constitue une affirmation culturelle plus large de la vie. 

    « Que les archives montrent que vous avez un vice-président qui met en pratique ce qu'il prêche », a-t-il déclaré, faisant référence à l'actualité de sa famille tout en présentant la vie de famille comme un élément central de la cause.

    Au beau milieu de son discours, un perturbateur s'est mis à crier au sujet de l'incapacité de l'administration à interdire la pilule abortive, qui représente plus de 60 % des avortements aux États-Unis et qui a récemment fait l'objet de critiques de la part des militants pro-vie à l'encontre de l'administration Trump.

    Vance a reconnu l'interruption avec calme, notant qu'« il y aura inévitablement des débats au sein de ce mouvement… ils contribuent à maintenir l'honnêteté des gens comme moi », sans mentionner la « pilule abortive », mais en soulignant plutôt que les désaccords internes ne devraient jamais détourner l'attention de la mission plus large de protection de la vie.

    Il a retracé l'évolution de la situation depuis l'arrêt Dobbs v. Jackson Women's Health Organization de 2022 , qui a cassé l'arrêt Roe v. Wade , et les changements de politique de l'administration. Vance a rappelé à la foule : « Nous marchons pour la vie parce que nous voulons que nos concitoyens américains sachent que la vie mérite d'être protégée. C'est pourquoi nous marchons aujourd'hui », ajoutant qu'ils ont « un allié à la Maison-Blanche ».

    Après les discours politiques, l'oratrice catholique Sarah Hurm a partagé son propre parcours : une grossesse imprévue, un accompagnement spirituel et la joie d'avoir mené sa grossesse à terme. Elle a exhorté l'assistance à considérer le soutien à la vie non seulement dans les grandes manifestations, mais aussi dans les gestes quotidiens de solidarité et d'entraide. « Sauver une vie peut être aussi simple que de répondre à un appel, d'accompagner une amie à une échographie ou de l'aider à choisir un siège auto… Vous avez ce pouvoir. Soyez cette personne qui redonne espoir à une femme », a-t-elle déclaré à la foule.

    Famille Brooks MFL 2026
    Rebecca Brooks, d'Ashburn (Virginie), participe à la Marche pour la vie avec ses petits-enfants (de gauche à droite) : Rebekah Sedillo, Jason Brooks et Steven Kierstead. (Photo : Gigi Duncan/National Catholic Register)

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  • Pourquoi marchent-ils ? Et si nous en prenions de la graine ?

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    De sur The Catholic Thing :

    Pourquoi nous marchons

    Vendredi 23 janvier 2026

    L'un des avantages de vivre dans la banlieue de Washington DC – et oui, il y en a – est que je peux participer à la Marche pour la Vie presque chaque année. Cette année, alors que de nombreux participants potentiels se demandent si leurs vols retour ne seront pas annulés par une importante tempête hivernale, je n'ai pas ces inquiétudes. J'y serai de nouveau, à marcher, à prier et à trouver du réconfort dans les sourires de dizaines de milliers de jeunes, de familles et de nombreux amis.

    La Marche offre l'occasion de réfléchir aux progrès accomplis en matière de défense de la vie, ainsi qu'à ce qui reste à faire. Ce travail est souvent perçu dans le contexte de notre vie politique : élection de politiciens pro-vie, modifications législatives, décisions de justice, politiques louables ou condamnables.

    Le mouvement pro-vie, né à la suite de l'arrêt Roe v. Wade et qui perdure aux États-Unis depuis plus d'un demi-siècle, est une remarquable réussite de l'activisme citoyen. Peu de pays peuvent se targuer d'une coalition aussi large et durable en faveur de la protection de l'enfant à naître que celle que nous avons ici, aux États-Unis.

    Le pape Léon XIV a récemment souligné l'importance de ce travail, tant pour les vies concernées que pour le bien-être de la société dans son ensemble :

    La protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tous les autres droits humains. Une société n'est saine et ne progresse véritablement que lorsqu'elle sauvegarde le caractère sacré de la vie humaine et œuvre activement à sa promotion.

    Bien sûr, le mouvement pro-vie ne se limite pas à l'activisme politique, aussi important soit-il. Pensons, par exemple, aux vastes réseaux de centres d'aide aux femmes enceintes en difficulté qui ont accompli, et continuent d'accomplir, un travail si admirable auprès des mères et des enfants à travers le pays. Pensons aux Sœurs de la Vie, qui incarnent d'une manière particulière l'engagement catholique au service des plus vulnérables. Pensons aux innombrables groupes paroissiaux pro-vie où des milliers de chapelets sont récités chaque semaine pour les mères en détresse et pour la protection de leurs enfants.

    Ces immenses efforts déployés à grande échelle pour défendre la vie sont également renforcés par le témoignage de l'Église en faveur de la dignité de la vie humaine dans d'autres domaines : sa défense des personnes âgées et des malades en phase terminale ; sa sollicitude envers les pauvres, les sans-abri, les incarcérés et l'étranger ; son souci des pécheurs.

    Chacun de nous est aimé de Dieu, un Dieu qui, bien que pécheurs, nous a aimés le premier. Reconnaître cette réalité fondamentale, cette vérité essentielle de la vie chrétienne, c'est connaître la double consolation de la gratitude et de l'humilité. De cette grâce découle l'impératif d'aimer à l'exemple du Christ.

    L’impératif d’aimer – qui devrait guider tout le mouvement pro-vie et qui est assurément mis en lumière chaque année en janvier lors de la Marche – nous amène également à réfléchir à l’ampleur des conséquences de l’avortement dans ce pays. Le coût en vies humaines est presque incalculable – presque, mais pas tout à fait : entre 60 et 70 millions d’avortements ont été pratiqués aux États-Unis depuis 1973.

    Le coût des relations entre hommes et femmes, le désespoir des familles, la douleur du regret et de la perte, la corruption de notre vie politique, l'endurcissement de l'âme de notre nation : autant de conséquences bien réelles du péché d'avortement. Ce sont des conséquences spirituelles qui nous touchent tous (même ceux qui n'ont jamais été directement concernés par l'avortement), car elles façonnent et affectent profondément les familles, les communautés et même l'Église à laquelle nous appartenons.

    Dans son discours de réception du prix Nobel de 1979, Mère Teresa a prononcé un discours resté célèbre en faveur de l'enfant à naître. Mais ses paroles n'étaient pas seulement une lamentation sur l'avortement ou un appel à défendre les plus vulnérables d'entre nous (bien qu'elle ait fait les deux). Elle a également mis en lumière la pauvreté – la plus grande pauvreté – des nations qui légalisent l'avortement.

    Le plus grand fléau de la paix aujourd'hui, c'est le cri de l'enfant innocent à naître. Car si une mère peut tuer son propre enfant dans son ventre, que nous reste-t-il pour nous entretuer ?... À mes yeux, les nations qui ont légalisé l'avortement sont les plus pauvres. Elles ont peur du petit, elles ont peur de l'enfant à naître, et cet enfant doit mourir parce qu'elles ne veulent pas nourrir un enfant de plus, éduquer un enfant de plus ; cet enfant doit mourir.

    L'avortement légal n'est pas seulement une aberration morale, c'est une catastrophe spirituelle d'une ampleur presque inimaginable. Comment laver la tache de tout ce sang versé ? Comment guérir l'âme d'une nation si profondément marquée par des décennies d'un tel mal ? Comment garder espoir quand le don de la vie est traité comme une maladie à éviter ou une menace à éradiquer ?

    La réponse à ces questions a été apportée définitivement par Jésus-Christ il y a deux millénaires. Nous, catholiques, savons qu'il n'y a pas de péché si grand que la grâce de Dieu ne puisse le vaincre. C'est la source de toute notre espérance. Quelle autre espérance pouvons-nous avoir ?

    Mais nous autres catholiques savons aussi que l’œuvre de salut accomplie par le Christ trouve son expression à travers le temps et l’espace grâce à l’action de l’Église, et particulièrement lors de la messe. C’est également à cela que je pense à l’approche de la Marche pour la Vie, car le mal spirituel que représente l’avortement exige une réponse. Le Christ a apporté la réponse définitive, mais chacun de nous peut, par ses modestes efforts, y joindre les siens par la pénitence et la réparation, la prière et le jeûne, pour les blessures spirituelles qui marquent si profondément l’âme de notre chère nation.

    Alors cette semaine plus que jamais, Marchons pour la Vie ! Prions pour la fin de l'avortement ! Agissons pour faire évoluer les mentalités et les lois ! Soutenons les plus démunis ! Et peut-être offrons-nous une pénitence, aussi modeste soit-elle, pour le bien de notre nation, en l'unissant au sacrifice du Fils de Dieu en qui réside toute notre espérance.

    __________

    Stephen P. White est directeur exécutif du Catholic Project à l'Université catholique d'Amérique et chercheur associé en études catholiques au Centre d'éthique et de politique publique.

  • France : coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie »

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    D'Anne van Merris sur zenit.org :

    Coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie »

    Continuer à se mobiliser pour ne pas « légaliser le principe de donner la mort »

    22 janvier 2026

    En France, le Sénat a vécu un rebondissement impressionnant sur la loi de « fin de vie ». Ce mercredi soir 21 janvier, après six heures de débat houleux, la majorité des sénateurs se sont opposés à l’article central de la proposition de loi.

    S’ils étaient tous d’accord pour dire que personne ne doit mourir dans la douleur – faute de moyens, de soins ou d’accompagnement – ils étaient en revanche très divisés quant à la législation de « l’aide à mourir », qui inclut l’euthanasie et le suicide assisté. 144 sénateurs contre 123 ont ainsi refusé l’article 4 du texte législatif, qui définissait les conditions et les principes de « l’aide à mourir ».

    Plus tard dans la soirée, le Sénat a voté un principe général du « droit opposable au soulagement de la douleur et de la souffrance », mais cela ne remplace pas l’article rejeté. Avec cette opposition, c’est le projet de loi dans son entièreté qui perd de sa substance. Mais le texte sera certainement envoyé à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines, pour une nouvelle lecture.

    « Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir »

    Les catholiques continuent à dénoncer ce projet qui va à l’encontre de toute dignité humaine. Les diocèses, les paroisses, les associations et même les réseaux sociaux s’expriment fortement et invitent la population à prendre conscience de ce danger pour la société.

    Beaucoup ont écrit aux sénateurs pour les alerter sur les questions éthiques liées à « L’aide à mourir ». Le 15 janvier dernier, les évêques de France ont écrit une « tribune » pour « réveiller la conscience » de ceux qui allaient voter. Ils ont rappelé que « ce débat engage notre société dans ce qu’elle a de plus intime et de plus grave : la manière dont elle accompagne ses membres les plus vulnérables jusqu’au terme de leur vie ». « Nous croyons qu’une société grandit, non pas lorsqu’elle propose la mort comme solution, mais bien lorsqu’elle se mobilise pour accompagner la fragilité et protéger la vie, jusqu’au bout. Le chemin est exigeant, certes, mais c’est le seul qui soit véritablement humain, digne et fraternel » écrivent-ils, en soulignant l’importance des soins palliatifs. Enfin, le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, s’est exprimé ce 19 janvier dans une vidéo. « Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir » a-t-il déclaré, en invitant tous les français, et notamment les parlementaires, à se mobiliser pour que « nous n’en venions pas à légaliser le principe de donner la mort. »

    Coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie » | ZENIT - Français

  • Marche pour la Vie : quand les évêques brillent par leur absence...

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Des milliers de jeunes manifestent pour la vie à Paris, mais l'absence d'évêques risque de creuser un fossé générationnel.

    ANALYSE : À une époque de profonde confusion morale, les Églises nationales ne peuvent se permettre de paraître plus hésitantes quant à leurs propres enseignements que les jeunes qui les adoptent

    Environ 10 000 personnes se sont rassemblées place Vauban à Paris, devant l'emblématique palais des Invalides, pour la Marche pour la vie annuelle, le 18 janvier.

    La foule, majoritairement jeune, visiblement engagée et sans ambages, s'est rassemblée pour défendre la dignité de la vie humaine à un moment où les enjeux législatifs sont particulièrement importants pour la France.

    La marche s'est déroulée deux ans seulement après l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution française et quelques jours avant un débat au Sénat sur la loi relative à l'aide médicale à mourir , un projet de loi visant à normaliser l'euthanasie et le suicide assisté, plaçant ainsi la France parmi les pays ayant la législation la plus permissive au monde en la matière. Pour de nombreux participants, ce contexte a conféré à la marche une dimension historique.

    Pourtant, tandis que les militants pro-vie — pour la plupart de jeunes catholiques — remplissaient la place en grand nombre pour défendre ce qu'ils considéraient comme une question de civilisation, la hiérarchie catholique française brillait par son absence. Seul l'ancien évêque du diocèse de Toulon-Fréjus, Dominique Rey, était présent. 

    Cette absence, constante au fil des ans, invite à une réflexion plus approfondie sur la manière dont les dirigeants de l'Église s'engagent — ou hésitent à s'engager — dans les questions morales publiques à un moment où la foi connaît un renouveau générationnel, porté par une jeunesse en quête de repères moraux.

    Une mobilisation jeune et intransigeante

    Derrière une banderole proclamant « Soigner et soutenir, jamais réprimer », une foule fervente a envahi les rues de la capitale française dimanche après-midi, donnant le ton à une manifestation à la fois pacifique et déterminée. Étudiants, jeunes familles et manifestants novices se sont joints aux militants de longue date. Les organisateurs estiment l'âge moyen des participants à une vingtaine d'années, et la mobilisation a atteint plusieurs milliers de personnes – un succès malgré un soutien institutionnel limité et une couverture médiatique minimale.

    La marche débutera par un défilé dans les rues de Paris.
    La marche débute par un défilé dans les rues de Paris. (Photo : Zofia Czubak)

    « Descendre dans la rue nous paraît essentiel », a déclaré Marie-Lys Pellissier, 24 ans, porte-parole de la Marche pour la Vie en France, au Register. « C’est le seul moment de l’année où nous pouvons exprimer publiquement notre opposition à l’avortement et à l’euthanasie et proposer des solutions concrètes. Le reste du temps, les médias ne nous donnent jamais la parole. »

    Si la marche a rassemblé une majorité de jeunes, expliqua-t-elle, c'est parce que ces questions de bioéthique confrontent les jeunes générations de manière précoce et directe, ne laissant que peu de place à la neutralité ou à l'indifférence. Évoluant dans un contexte de relativisme moral et de législation bioéthique de plus en plus permissive, nombre de jeunes participants se sentent obligés de manifester leur opposition dans la rue.

    Un autre fait marquant de cette année a été la prise de parole de nombreuses femmes, souvent jeunes, qui ont accepté de partager ouvertement leur expérience de l'avortement. Certaines ont témoigné publiquement de leurs avortements passés et des conséquences psychologiques et morales à long terme qu'elles ont subies, cherchant à remettre en question le discours dominant qui présente l'avortement comme une libération. Parmi elles, Emilie Quinson, qui s'est récemment exprimée au Parlement européen pour sensibiliser l'opinion publique aux réalités de l'avortement et au manque d'alternatives offertes aux femmes confrontées à une grossesse non désirée. Mme Quinson a révélé avoir subi trois avortements, avoir vécu un traumatisme profond et avoir ensuite élevé cinq enfants – une expérience qu'elle considère aujourd'hui comme essentielle à son témoignage public.

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  • USA : l'archevêque des forces armées a déclaré que les troupes américaines pourraient refuser les ordres concernant le Groenland

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    De Michelle La Rosa sur le Pillar :

    Broglio : Les troupes américaines pourraient refuser les ordres concernant le Groenland

    L'archevêque des forces armées américaines a déclaré que les troupes américaines pouvaient, en toute conscience, refuser d'obéir à l'ordre d'envahir un allié.

    L’archevêque a également déclaré que la rhétorique de l’administration sur le Groenland « ternit l’image des États-Unis ».

    Broglio a auparavant travaillé au sein du Secrétariat d'État du Saint-Siège en tant que diplomate du Vatican, notamment comme nonce apostolique en République dominicaine et délégué apostolique à Porto Rico.

    L'archevêque avait également été élu auparavant président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis ; son mandat à la tête de la Conférence s'est terminé en novembre de l'année dernière.

    Interrogé sur son inquiétude quant à la présence de catholiques dans l'armée qui pourraient être appelés à participer à une opération militaire pour prendre le contrôle du Groenland, Broglio a répondu : « Je suis évidemment inquiet, car ils pourraient se retrouver dans une situation où on leur ordonnerait de faire quelque chose de moralement discutable. »

    « Et il serait très difficile pour un soldat, un marine ou un marin de désobéir seul à un tel ordre », a-t-il poursuivi. « Mais à proprement parler, il ou elle, dans le cadre de sa propre conscience, pourrait moralement désobéir à cet ordre. Cependant, cela risque de placer cette personne dans une situation intenable, et c'est ce qui m'inquiète. »

    Interrogé sur la question de savoir s'il « fixait des lignes rouges » à l'administration Trump, l'archevêque a déclaré qu'il ne savait pas si « les autorités en place » étaient disposées à écouter les avertissements des dirigeants catholiques, mais qu'il estimait qu'il était de son devoir de prendre la parole.

    Les propos de Broglio interviennent dans un contexte de tensions internationales croissantes, alors que le président américain Donald Trump continue de réitérer ses exigences d'un « contrôle complet et total du Groenland ».

    Trump a insisté pour que le Danemark vende le Groenland aux États-Unis, tout en évoquant régulièrement la possibilité que les États-Unis prennent le contrôle du territoire « par la force » si nécessaire. Ce week-end, il a menacé d'imposer des droits de douane au Danemark et à plusieurs autres pays européens jusqu'à ce que la vente du territoire soit approuvée.

    Les propos de Trump ont suscité l'inquiétude tant parmi les membres du Congrès que parmi les dirigeants européens.

    La Maison-Blanche a déclaré que le recours à la force militaire était « une option » pour l'acquisition du Groenland. Interrogé lundi par NBC News sur la possibilité d'aller jusqu'à utiliser la force pour s'emparer du territoire, le président a répondu : « Sans commentaire. »

    Dans un message adressé au Premier ministre norvégien ce week-end, Trump a écrit : « Étant donné que votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de 8 guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix. »

    Lors d'une interview réalisée au début du mois , Trump a été interrogé sur les limites de son pouvoir d'agir à l'échelle mondiale.

    Le président a répondu que la seule chose qui le limite, c'est « sa propre morale », ajoutant : « Je n'ai pas besoin du droit international. »

    Broglio s'est dit préoccupé à la fois par la rhétorique et les actions de Trump en matière de politique étrangère.

    « Nous avons un droit international et, évidemment, des principes moraux qui doivent nous guider tous », a-t-il déclaré en réponse à une question sur les propos de Trump selon lesquels il serait guidé ou contraint par sa morale personnelle plutôt que par le droit et les normes internationales.

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  • France : quelles sont les origines du principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté ?

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    De Grégor Puppinck sur le site de l'ECLJ :

    Aux origines de l’ADMD : eugénisme anglo-saxon et « internationale humaniste »

    18 Janvier 2026

    L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est le principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté en France depuis plus de 40 ans, mais son histoire est peu connue. C’est ce voile que nous allons lever quelque peu, pour montrer que loin de l’image lisse et consensuelle qu’elle cherche à imposer aujourd’hui, l’ADMD est directement issue des mouvements euthanasistes et eugénistes anglo-saxons, ainsi que de l’internationale « humaniste ». Cet article remonte dans le temps pour tracer l’histoire du mouvement pro-euthanasie, puis présente ses traductions politiques. Cet article résume une étude approfondie de l'histoire de La promotion de l'euthanasie au XXe sicècle disponible ici.

    L’ADMD : un « produit d’importation » (1979-1980)

    On ignore généralement que l’ADMD est un produit d’importation. Elle a été fondée en 1980 par un américain, Michel Lee Landa, après que celui-ci a publié dans Le Monde une tribune faisant l’apologie de « l’auto-délivrance »[i] en prenant d’ailleurs pour exemple la pratique américaine. Il publia cette tribune de retour d’un congrès tenu à Londres. D’emblée l’ADMD adopte le logo de l’association euthanasiste britannique Exit représentant la chaine brisée de la vie, marquée par la mort. L’acronyme ADMD figure à l’emplacement de cette brisure, c’est-à-dire de la mort. Le choix du nom « ADMD » est aussi emprunté à l’association américaine pour la légalisation de l’euthanasie qui a adopté le nom « Society for the Right to Die » en 1974. Le programme de l’ADMD est aussi copié des associations britanniques et américaines. Il consistait initialement en la promotion des « testaments de vie » (ancêtre des « directives anticipées »), dont la diffusion a été initiée aux États-Unis dans les années 1970, puis en la traduction et diffusion en France du « Guide de l’auto-délivrance » publié d’abord par Exit au Royaume-Uni, et qui donna la matière au fameux livre Suicide, mode d’emploi publié en 1982.

    L’ADMD-France s’inscrit ainsi complètement dans cette filiation anglo-saxonne ; celle-ci s’ajoute à sa filiation humaniste ou franc-maçonne qui est, elle, beaucoup plus connue. En effet, il est de notoriété publique que les principaux fondateurs de l’ADMD sont fortement engagés dans la franc-maçonnerie. C’est le cas en particulier du sénateur Henri Caillavet et de Pierre Simon.

    Les premières propositions de loi en faveur de l'euthanasie (1969-1978)

    Au Royaume-Uni, la British Humanist Association s’engagea formellement en 1968 à œuvrer pour la légalisation de l’euthanasie. De même, la National Secular Society adopta une résolution reconnaissant « le droit naturel des individus à demander l’euthanasie pour eux-mêmes lorsque leur vie est devenue intolérable, et pour leurs médecins de pouvoir les aider sans risquer d’être poursuivis pour crime »[ii]. C’est ainsi toute la mouvance de la libre-pensée britannique qui s’engagea publiquement en faveur de l’euthanasie. Cet engagement conduisit à l’introduction, à partir de 1969, d’une série de propositions de loi par des membres de cette école de pensée ; mais sans succès.

    En juillet 1974, l’American Humanist Association (AHA) publia un manifeste[iii] en faveur de l’euthanasie cosigné par les présidents des associations humanistes américaine et britannique, ainsi que par trois prix Nobel. Ce manifeste fut traduit et publié le même jour par Le Figaro, donnant le coup d’envoi de la campagne pour l’euthanasie en France. Il s’ensuivit une série de livres et de publications favorables à l’euthanasie, ainsi que le dépôt par les sénateurs Henri Caillavet et Jacques Mezard d’une proposition de loi visant à obtenir la reconnaissance légale de « testaments de vie », en 1978. Ce n’est qu’après l’échec de cette proposition de loi que l’ADMD fut fondée en France, à une époque où le mouvement euthanasiste anglo-saxon entreprit de se diffuser dans le monde.

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  • «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort»; 10.000 personnes ont manifesté à Paris

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    D' sur le site du Figaro (extraits) :

    «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort» : à Paris, la «marche pour la vie» à l’épreuve du calendrier politique

    Pendant que les bénévoles terminent les préparatifs. Geneviève Bourgeois, gériatre et porte-parole de la «marche pour la vie», inscrit le sujet dans une lecture historique, et met en garde contre une pente qu’elle estime déjà observable ailleurs en Europe : «Plus on regarde l’histoire, que ce soit en France ou dans les autres pays d’Europe, plus on se rend compte que depuis plus de 50 ans un mouvement mortifère tente de s’emparer de la conscience collective et attire les politiques vers des décisions toujours plus contraires à la vie.»

    Marie-Lys Pellissier, autre porte-parole, assume la ligne politique du mouvement : «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort mais d’une société qui protège et accompagne les plus fragiles, à tous les moments de leur vie, quels que soient leur état de dépendance et le coût de leur existence.» Face à l’expression de «droit à mourir dans la dignité», elle oppose un autre impératif : «Nous demandons un droit effectif - et je dis bien effectif - à un accompagnement médical complet, c’est-à-dire aux soins palliatifs, seule solution légitime au problème de la fin de vie en France.» Le Sénat a remplacé «le droit à l’aide à mourir» par «une assistance médicale à mourir» : qu’en penser ? Marie-Lys Pellissier tranche : «Il est question d’assistance médicale, donc on considère le fait de donner la mort comme un soin.»

    «Là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté»

    À 14 heures, la place Vauban change de visage. Les arrivées s’accélèrent, par vagues. Des familles, des groupes de jeunes, des couples, des personnes âgées. Les pancartes se distribuent rapidement : «La souffrance se soigne, la vie se protège»«La dignité, pas la mort»«Soigner, pas supprimer ». L’ambiance est joyeuse, paisible, presque festive - une légèreté revendiquée, comme pour éviter de réduire la marche à une procession de contestation.

    Sur la scène, les discours prennent un ton plus martial. Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, dénonce : «Ce projet de loi est un dévoiement de la mission du corps médical, qui est de protéger la vie. L’histoire l’a montré, là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté.» Vient ensuite le témoignage de Maxence Clicquot de Mentque. 21 ans, étudiant à Toulouse, atteint de la myopathie de Duchenne, il dit sa joie de vivre malgré un corps très atteint. Un hommage suit, à Charlie Kirk«mort pour avoir défendu la vie», influenceur américain conservateur et représentant de la jeunesse pro-Trump, tué par balle sur un campus d’une université de l’Utah le 10 septembre 2025. Puis le cortège s’élance.

    La marche avance pour une boucle dans le quartier. Parmi les jeunes regroupés près de la tête, Gonzague, 23 ans, venu de Bourgogne, ne cache pas une forme de colère froide : «Malgré le fait que la loi avance dans son processus législatif, il faut ne rien lâcher. Même si la loi passe, le but est aussi d’influencer l’opinion, de montrer que la jeunesse se mobilise et que la vie doit être défendue quoi qu’il arrive.» Il poursuit : «Si l’euthanasie est inscrite dans la loi, ça ne nous empêchera pas de défendre la vie de sa conception jusqu’à sa fin. Les législateurs ne se rendent pas compte qu’ils ouvrent une boîte à toutes les dérives.» (...)

    Selon les organisateurs, la «marche pour la vie» 2026 a rassemblé 10.000 participants, et 7.300 selon la préfecture de police de Paris au plus fort de la manifestation. (...)

  • « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques français contre le projet de loi Fin de vie

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    De Famille Chrétienne (Angeline Desdevises / Hans Lucas) :

     
    « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques contre le projet de loi Fin de vie

    À la veille du débat dans l’hémicycle, les évêques de France rappellent leur opposition à l’aide à mourir et plaident pour un renforcement des soins palliatifs.

    « Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse », soulignent les évêques de France jeudi dans une tribune, alors que le débat parlementaire sur la fin de vie a repris depuis mercredi en commission au Sénat. Tout en rappelant leur « profond respect pour les personnes en fin de vie », ils rappellent que la France a fait depuis plus de 25 ans le « choix singulier et précieux » de « refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée ». Dans ce texte transmis à la presse et signé par les évêques du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), les prélats interrogent « la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort », et soulignent que leur motivation « n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle ».

    Un « mensonge »

    Les évêques rappellent que l’accès aux soins palliatifs demeure « très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts »« Nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes », appuient-ils. « Évoquer une loi de fraternité quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge », écrivent-ils. « Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques (…) Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité », souligne leur texte.

    Le Sénat a repris depuis mercredi l’examen de ce texte, souhaité par l’exécutif mais reporté à plusieurs reprises en raison des soubresauts politiques. La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.

  • « Nous avons oublié qui nous sommes, ou nous n'aimons pas qui nous sommes, ou les deux. »

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    De sur le CWR :

    L'homme comme "phénomène frontière" : sur la redécouverte de l'image de la nature humaine

    En quoi l’image de l’homme comme  unité de matière et d’esprit, de corps et d’âme, est-elle utile pour contrer le matérialisme, l’individualisme expressif et le transhumanisme ?

    Détail du plafond de la chapelle Sixtine représentant la Création d'Adam (1510) de Michel-Ange (WikiArt.org)
    Qu'est-ce que l'homme ?

    Carl Trueman  affirme  que c'est la question la plus urgente à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui. Paul Kingsnorth semble partager cet avis ; dans son ouvrage récemment paru,  Contre la machine, il déclare : « Nous avons oublié qui nous sommes, ou nous n'aimons pas qui nous sommes, ou les deux. »

    Oui, en quelque sorte les deux. Et certains d'entre nous n'aiment pas qui ils sont  parce  qu'ils ont oublié qui ils sont.

    Trueman affirme – à juste titre – que la nature humaine a été « démantelée, désenchantée, désincarnée et profanée ». Il suggère des pistes potentiellement fructueuses pour tenter de répondre aux trois premières atteintes modernes à la nature humaine, mais il minimise trop rapidement notre capacité à contrer la profanation de l'homme. Son argument est le suivant :

    L’absence de consensus social sur l’existence de Dieu, sans parler des dogmes et pratiques religieuses, empêche tout consensus sur une conception de la nature humaine fondée sur l’image divine. Ce manque de consensus est problématique, car la réponse à la profanation de la nature humaine doit être sa consécration, et la consécration doit s’inscrire dans un contexte religieux. Face à la sécularisation de notre société contemporaine, les chrétiens doivent faire preuve de modestie quant à l’étendue de leur action.

    Certes, dans la société laïque actuelle, nombreux sont ceux qui rechignent à envisager la possible véracité d'une des affirmations fondamentales de l'anthropologie chrétienne (et juive) : l'être humain est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 26-27). Mais d'autres représentations de l'homme pourraient alimenter les débats sur le « nouvel humanisme » prôné par Trueman ; des représentations auxquelles les laïcs seraient peut-être plus réceptifs, mais qui pourraient néanmoins contribuer à orienter ces discussions, même si c'est de manière progressive et imperceptible au départ, vers la reconsécration de l'homme.

    L'une de ces images serait celle de l'homme comme  méthorion  ou « phénomène frontière ». L'homme se situe de manière unique à la frontière entre le corps et l'esprit, la matière et l'âme, l'objet et le sujet, le fini et l'infini. Comme l'a noté Hans Urs von Balthasar, l'image de l'homme comme phénomène frontière se retrouve, sous une forme ou une autre, dans pratiquement toutes les philosophies et religions. Dans la formulation de l'Église catholique, l'homme est « l'unité de l'âme et du corps ».

    L'image de l'homme comme phénomène frontière semble particulièrement pertinente dans les débats contemporains sur la nature humaine. Cela tient en partie au fait que cette image est impliquée non seulement dans la profanation de l'homme, mais aussi dans le démantèlement, le désenchantement et la désincarnation de la nature humaine tels que décrits par Truman, et pourrait ainsi contribuer à répondre aux quatre atteintes contemporaines à notre identité humaine.

    L'image de l'homme comme phénomène frontière est également très pertinente pour les trois courants intellectuels/culturels qui ont le plus nui à notre compréhension contemporaine de la nature humaine : le matérialisme, l'individualisme de l'affirmation de soi et le transhumanisme.

    Les matérialistes affirment que nous ne sommes rien d'autre que notre corps, l'esprit/la conscience n'étant qu'un épiphénomène des processus biochimiques.

    Les individualistes de l'affirmation de soi veulent affirmer, simultanément (et donc de manière incohérente), que nos corps ont et n'ont aucune importance pour établir ce qu'est un homme (par exemple, en soutenant que le « genre » d'une personne est ce que la personne croit être, indépendamment de son corps, tout en défendant l'importance cruciale de la possibilité pour cette personne de modifier son corps par le biais d'hormones, de chirurgie, etc., dans le but de faire correspondre son corps à son « genre » perçu intérieurement).

    Les transhumanistes cherchent un moyen de nous séparer complètement des « limites » de notre corps, ce qui pourrait être réalisé grâce à des techniques telles que le téléchargement de l'esprit humain dans le nuage numérique (ce qui, soit dit en passant, nécessiterait toujours un support physique pour accueillir ces « esprits »).

    L'image de l'homme comme une  unité de matière et d'esprit, de corps et d'âme, est utile pour contrer ces trois courants de pensée déshumanisants dans la société contemporaine, ainsi que la confusion générale sur la nature humaine qui semble si répandue aujourd'hui.

    Mais comment aborder efficacement une telle image de la nature humaine, en tenant compte de la résistance que tant de penseurs laïques manifestent instinctivement dès qu'un sujet, même vaguement lié à Dieu, au christianisme ou à un royaume transcendant, est évoqué ? Voici quelques pistes de réflexion :

    • Inspirez-vous des  arguments  de Thomas Nagel (qui est lui-même athée) selon lesquels le matérialisme ne parvient pas à rendre compte d'aspects aussi centraux de la vie humaine que la conscience, le sens et la valeur.
    • Analysez comment l'homme est un être fini ouvert à l'infini, comme l'ont notamment souligné Thomas d'Aquin.
    • Incorporer l’image de l’homme comme « microcosme » (l’« incarnation du monde »,  l’être qui  « récapitule ontogénétiquement en lui-même, couronne et transcende toutes les formes de la nature » ), une image étroitement liée à l’image de l’homme comme être liminal et qui a été défendue par divers penseurs, dont Plotin, Origène, Augustin, Grégoire le Grand, Maxime le Confesseur et Bonaventure.
    • Il convient de s'intéresser au statut de l'être humain à la fois sujet  et  objet, comme le soulignent Kant, Hegel et, plus récemment, Roger Scruton. Ce dernier explique  comment cette conception de la nature humaine peut révéler ce qu'il nomme notre « difficulté métaphysique », une situation à laquelle, reconnaît-il, « Dieu est la seule solution ».
    • Enfin, parce que certaines personnes ne sont pas sensibles à ce qu'elles percevraient probablement comme des arguments « académiques » sur la nature humaine, nous devons trouver des moyens d'explorer et de réfléchir sur la nature humaine en tant que « phénomène frontière » dans la culture populaire (films, musique, littérature, art, etc.).

    Ce ne sont là que quelques exemples de la manière dont une redécouverte de l'image de la nature humaine comme « phénomène frontière » pourrait contribuer, même modestement, à la reconsécration de l'homme dans la société contemporaine.


    Richard Clements écrit et intervient sur la foi catholique, en particulier sur la théologie de Hans Urs von Balthasar et son application à la vie chrétienne et à l'évangélisation. Il est l'auteur de deux ouvrages : * The Meaning of the World Is Love: Selected Texts from Hans Urs von Balthasar with Commentary* (Ignatius Press, 2022) et * The Book of Love: Brief Meditations * (En Route Books, 2023). Il collabore également avec Word on Fire Catholic Ministries. Titulaire d'un doctorat en psychologie clinique de l'Université Purdue et d'un certificat en ministère ecclésial laïc, il a enseigné la psychologie dans plusieurs universités. Pour en savoir plus sur ses travaux, consultez RichardClements.org .
  • « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » : la Marche pour la vie descend dans la rue le 18 janvier

    15 janvier 2026
     

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » Dimanche, 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes à la veille de l’examen par le Sénat des propositions de loi relatives à la fin de vie, à compter du 20 janvier.

    « L’euthanasie n’est évidemment pas le seul thème de la Marche pour la vie, mais elle en constitue aujourd’hui l’enjeu central », explique Guillaume de Thieulloy, le président du mouvement. « Aujourd’hui, on parle de vie et de mort », souligne Marie-Lys Pellissier, porte-parole du collectif.

    « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas »

    « Il existe encore en France des personnes qui estiment que la dignité humaine tient à notre condition d’homme, et non à notre état, à notre âge, à notre santé ou à notre richesse », affirme le président de la Marche pour la vie. Parmi les intervenants prévus dimanche, un jeune homme atteint de la myopathie de Duchenne : « Pour toutes les personnes comme lui, qui seraient en soi éligibles à l’euthanasie ou au , cette proposition de loi est une véritable violence, puisque la mort leur est présentée comme un soin », s’indigne la porte-parole (cf. « Droit à l’aide à mourir » : « cette loi nous indique froidement la porte de sortie »).

    Afin d’encourager les Français à rejoindre la place du Trocadéro, le collectif a financé l’affrètement de plusieurs cars, en provenance de différentes villes de France. « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas », rappelle Guillaume de Thieulloy.

    Sources de la synthèse de presse : Famille chrétienne (14/01/2026) ; Valeurs actuelles, Bertille Vaur (13/01/2026)

  • Dé-fécondité; ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

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    Une recension sur gènéthique.org :

    Dé-fécondité. Ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

    13 janvier 2026

    Année après année, le constat est là : la natalité est en baisse. Abyssale.

    Les raisons sont diverses. Tantôt théoriques comme le « souci de la planète » qui confère au fait de ne pas engendrer « un tour responsable et altruiste », tantôt pratiques telle l’« évaporation des communautés » qui laisse les parents livrés à eux-mêmes. « La dénatalité exprimerait, faute de mieux, une forme de défection intérieure », analyse Olivier Rey.

    L’enfant viendrait-il restreindre la liberté de ses parents ? Mais en fait de liberté, il s’agit d’une « aliénation complète au mode de vie consumériste ». Dès lors, « l’enfant entre en compétition avec l’ensemble des biens de consommation dont, par le temps qu’il requiert et les dépenses qu’il occasionne, il barre l’accès ». Et, « au gré de cette compétition, il tend à devenir lui-même un bien de consommation, dont le rapport qualité/prix pourra paraitre dissuasif ». Dissuasive aussi la perspective d’une grossesse, cette « maladie » qu’il faudrait à tout prix éviter.

    Mais « aux raisons sérieuses qu’il y a de ne pas engendrer, peuvent être opposées des raisons au moins aussi sérieuses de le faire » et c’est à cela que s’emploie avec profondeur le philosophe et mathématicien dans cet essai.

    Olivier Rey le rappelle : « Péguy, quant à lui, écrivait il y a déjà un siècle : « Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui. Ils ne courent absolument aucun danger en comparaison de lui « ». Car « l’aventure dans laquelle père et mère (dont Péguy aurait aussi dû parler) d’enfants se trouvent embarqués est trop grande pour eux – c’est une caractéristique de l’humanité que d’être vouée à des tâches qui dépassent ses forces, affirme le philosophe. C’est ainsi qu’elle continue. »

    L’aventure est risquée, éprouvante, mais elle est nécessaire. Elle est belle. Et « les enfants qui naissent apportent avec eux la raison de leur présence. »

    Editeur : Gallimard, Collection Tracts

    Date de publication : 30/10/2025

    Nombre de pages : 64

  • Les quatre racines de la culture de mort

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    De Monica Migliorino Miller sur le CWR :

    Sexe, moralité et vérité incarnés

    « Redeeming Sex: The Battle for the Body »  est un véritable tour de force théologique , Eduardo Echeverria n'ayant quasiment rien laissé au hasard dans son examen de ce qui a mal tourné, de ce que signifie être humain et de la signification du corps pour la personne.

    La culture occidentale s'étiole car ses racines occidentales s'érodent. Ce déclin culturel a atteint son point le plus bas avec l'émergence d' une culture de mort, antithétique à ce que Jean-Paul II appelle la  culture de vie  dans l'encyclique  Evangelium Vitae  de 1995. Cette culture de mort trouve ses racines dans quatre éléments spécifiques : l'autonomie individuelle ; une conception dégradée de la liberté, détachée de la vérité objective ; l'effacement du sens de Dieu et, par conséquent, de la personne humaine ; et l'obscurcissement de la conscience humaine, voire l'aveuglement moral, engendrant une confusion entre le bien et le mal, tant chez l'individu que dans la société.

    La citation ci-dessus est extraite de *Redeeming Sex: The Battle for the Body* d'Eduardo Echeverria , une analyse approfondie qui examine avec minutie les quatre racines de la culture de mort et propose les correctifs doctrinaux, théologiques, philosophiques, anthropologiques et spirituels nécessaires. Cet ouvrage théologique magistral témoigne de l'exhaustivité avec laquelle Echeverria explore les causes profondes de cette dérive, la condition humaine et la signification du corps pour l'individu.

    Réfutation des contre-vérités néo-calvinistes modernes

    L'ouvrage d'Echeverria est exhaustif. Il ne se contente pas d'aborder la « bataille pour le corps », mais pose les fondements permettant une juste appréciation du corps ; ainsi, plusieurs pages sont consacrées à l'anthropologie, au droit naturel, à l'épistémologie, à l'herméneutique et à la relation entre nature et grâce, car une juste compréhension des doctrines morales sexuelles de l'Église exige une juste compréhension des fondements sur lesquels elles reposent.

    Après avoir étudié à l'Université libre d'Amsterdam, Echeverria consacre plusieurs pages à un commentaire et une critique des penseurs néo-calvinistes, parmi lesquels Herman Dooyeweerd, Abraham Kuyber, G.C. Berkouwer et Herman Ridderbos – des noms peu familiers à la plupart des catholiques américains. Pourtant, les idées exprimées par ces auteurs sont d'une grande pertinence. L'ouvrage s'intéresse notamment à Ad de Bruijne, professeur d'éthique et de spiritualité chrétiennes à l'Université théologique de Kampen, aux Pays-Bas.

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