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Ethique

  • Une "méga raclette" dans une église : le vicaire général de Liège en appelle à une "réévaluation" avant de reproduire l'évènement

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    D'Eric de Beukelaer, vicaire général du diocèse de Liège, sur le site de la Libre en "contribution externe" :

    Un repas-raclette dans une église a été critiqué : arrêtons-nous sur cette histoire

    Loin de la crèche de la Grand-Place, Verviers s'est offert un chaud débat suite au repas-raclette qu'une unité scoute organisa dans une vaste église.

    5-1-2026

    Une chronique d'Eric de Beukelaer, prêtre (*)

    Si Bruxelles souffrit la polémique de la crèche de la Grand-Place, Verviers s'offrit un chaud débat suite au repas-raclette qu'une unité scoute organisa dans une vaste église, avec l'accord des autorités pastorales et de la fabrique d'église. Alerté par des voix critiques, l'évêché a renvoyé la paroisse à ses responsabilités, en l'invitant à évaluer l'initiative après l'événement. Précisons que les scouts respectèrent le lieu, encadrant le repas par des chants de Noël. Comme le demande le diocèse, le Saint-Sacrement fut déplacé et le chœur de l'édifice ne fut pas occupé. Sur les réseaux sociaux, peu enclins à la nuance, les uns criaient au sacrilège et les autres ricanaient : où est le problème ? Plutôt que de s'emmurer dans une posture partisane, arrêtons-nous sur cette histoire pour réfléchir à ce qui est acceptable dans une église et pourquoi.

    Que dit le droit canonique ?

    Que dit le droit canonique ? "Ne sera admis dans un lieu sacré que ce qui sert ou favorise le culte, la piété ou la religion, et y sera défendu tout ce qui ne convient pas à la sainteté du lieu. Cependant l'Ordinaire peut permettre occasionnellement d'autres usages qui ne soient pourtant pas contraires à la sainteté du lieu" (Canon 1210). Le Directoire diocésain liégeois pour le temporel des cultes, précise quant à lui : "Ces activités doivent être conciliables avec la spécificité d'un espace chrétien de prière. Ce qui veut dire qu'il ne peut s'agir d'intérêts privés, d'activités commerciales ou de manifestations de partis politiques, mais bien d'objectifs sociaux qui ne sont pas en contradiction avec la foi chrétienne ou l'Église. L'usage multifonctionnel doit rester limité dans le temps" (Objectif 2020, § 22 1C).

    En parallèle avec le droit interne à l'Église, il y a le statut juridique des bâtiments du culte en vigueur en Belgique. Aux Pays-Bas, les églises sont des biens privés. Les autorités religieuses décident souverainement de leur usage, mais quand elles ne peuvent plus les entretenir financièrement, les diocèses les vendent et leur réaffectation est rarement heureuse. En Belgique, suite au concordat de 1801, 95 % des lieux de culte appartiennent au domaine public, car les églises sont des propriétés communales ou fabriciennes (la fabrique d'église est aussi un établissement public). Ce régime implique que toute la collectivité est responsable de leur entretien, qui est subsidié par les budgets communaux, et même régionaux pour les édifices classés. Ceci invite, dès lors, à ouvrir ces lieux à tous et à les animer, quitte à parfois y accueillir des activités "hors culte".

    Acceptable ou pas ?

    Quelles activités profanes sont acceptables dans une église ? Les animations culturelles ne font pas polémiques : concerts de Laurent Voulzy et Natascha St-Pier, spectacles son et lumière de Luc Petit dans plusieurs vastes églises du pays, ou de Luminiscence à la cathédrale de Bruxelles et expositions de peinture, de sculpture, ou d'artisanat. Organiser un repas dans une église n'est pas non plus tabou. Les orthodoxes, si sensibles au respect du sacré, connaissent d'ailleurs des églises-réfectoires. À Rome, Sainte-Marie au Trastevere est transformée depuis 1982 à Noël en réfectoire pour nourrir les pauvres, sans que les papes successifs ne s'en offusquent. Cette initiative de la communauté Sant Egidio est depuis reprise à Bruxelles, Anvers et Liège, et personne n'y trouve à redire. Si organiser un repas dans une église pour les démunis est accepté, le faire pour alimenter les finances de scouts crée le débat. Nourrir les pauvres n'est pas la même chose que de transformer une église en taverne d'un soir, pour renflouer la caisse des mouvements de jeunesses. Le sens qui anime chaque activité profane dans un lieu sacré dessine une frontière subtile mais réelle, entre un événement accepté de tous et celui qui génère un diffus malaise. Si la raclette verviétoise devait se reproduire, cet aspect serait à réévaluer.

    → Blog : http://www.ericdebeukelaer.be/

    Comme il fallait s'y attendre, l'évêque de Liège n'a pas répondu à notre lettre ouverte dans laquelle nous demandions que l'on revienne sur cet évènement choquant pour l'évaluer avec justesse avant d'autoriser qu'il se reproduise. On peut considérer que les réticences exprimées par le Vicaire général du diocèse vont timidement dans la bonne direction sans toutefois nous satisfaire vraiment.

  • Au vu d'une conception chrétienne des relations internationales, que faut-il penser de la politique de Trump à l'égard du Venezuela et de l'exfiltration de Maduro ?

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    A la question : "Au vu d'une conception chrétienne des relations internationales, que faut-il penser de la politique de Trump à l'égard du Venezuela et de l'exfiltration de Maduro ?", un site d'intelligence artificielle nous répond :

    La question porte sur une évaluation de la politique de Donald Trump envers le Venezuela, en particulier l'opération d'exfiltration de Nicolás Maduro en janvier 2026, à la lumière d'une conception chrétienne des relations internationales. Je vais aborder cela de manière équilibrée et non partisane, en m'appuyant sur des principes chrétiens classiques tels que la théorie de la guerre juste (développée par saint Augustin et saint Thomas d'Aquin), le respect de la souveraineté des nations, la poursuite de la paix et de la justice, ainsi que l'amour du prochain et la miséricorde, inspirés des Écritures (par exemple, Matthieu 5:9 : « Heureux les artisans de paix » ; Michée 6:8 : « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l'Éternel demande de toi, c'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu »).

    Principes chrétiens en relations internationales

    Dans une perspective chrétienne, les relations entre nations ne sont pas régies par la seule puissance ou l'intérêt national, mais par des normes éthiques dérivées de la Bible et de la tradition chrétienne. Voici les clés pertinentes :

    • Souveraineté et non-ingérence : Les nations sont vues comme des entités ordonnées par Dieu (Actes 17:26), avec un droit à l'autodétermination. L'intervention étrangère doit être exceptionnelle, justifiée par une grave menace ou une crise humanitaire, et préférablement autorisée par une instance légitime comme l'ONU (analogue à une « autorité supérieure » dans la théorie augustinienne).
    • Théorie de la guerre juste : Pour qu'une action militaire soit légitime, elle doit répondre à des critères stricts :
      • Cause juste (défense contre une agression ou protection des innocents).
      • Autorité légitime (décision prise par une instance reconnue, non unilatérale).
      • Intention droite (viser la paix et la justice, non le gain personnel ou la vengeance).
      • Dernier recours (après épuisement des moyens pacifiques comme la diplomatie ou les sanctions).
      • Proportionnalité (les bénéfices doivent l'emporter sur les dommages).
      • Chance raisonnable de succès.
    • Justice, miséricorde et humanité : Le christianisme insiste sur la protection des opprimés (Psaume 82:3-4), mais aussi sur la non-violence quand possible (Matthieu 26:52). Les actions doivent promouvoir la dignité humaine, éviter les souffrances inutiles et viser une paix durable, non une domination.

    Les chrétiens sont divisés sur l'application de ces principes : certains, influencés par une vision « providentialiste » ou nationaliste, soutiennent des interventions pour « libérer » des peuples ; d'autres, plus pacifistes ou universalistes, les rejettent comme contraires à l'Évangile de paix.

    La politique de Trump envers le Venezuela

    Sous la première présidence de Trump (2017-2021), la politique vis-à-vis du Venezuela s'est centrée sur des sanctions économiques sévères contre le régime de Maduro, accusé de violations des droits humains, de fraude électorale et de liens avec le narcotrafic. Trump a reconnu Juan Guaidó comme président intérimaire en 2019 et a exploré des options pour un départ négocié de Maduro. Dans sa seconde présidence (à partir de 2025), cela a culminé en une escalade militaire : déploiement naval dans les Caraïbes, frappes contre des navires soupçonnés de trafic de drogue, et enfin l'opération « Absolute Resolve » le 3 janvier 2026. Cette opération, menée par des forces spéciales américaines, a consisté en une incursion nocturne à Caracas pour capturer Maduro et son épouse, Cilia Flores, les extrayant vers les États-Unis pour les juger sur des chefs d'accusation liés au narcotrafic. Trump a annoncé que les États-Unis « géreraient » le Venezuela temporairement jusqu'à une transition, en soutenant Delcy Rodríguez comme présidente intérimaire (bien qu'elle ait condamné l'action), et a évoqué l'exploitation des réserves pétrolières vénézuéliennes par des compagnies américaines.

    Cette « exfiltration » – un euphémisme pour une opération d'enlèvement militaire – a été justifiée par Trump comme une action de « maintien de l'ordre » contre un « narco-terroriste », non comme une guerre, mais elle a entraîné des morts (au moins 40 Vénézuéliens selon des rapports) et a été condamnée internationalement comme une violation de la souveraineté. (En fait, cette opération américaine de capture du couple Maduro aurait fait au moins 55 morts, 23 militaires vénézuéliens et 32 cubains (n.d.B.))

    Évaluation à la lumière des principes chrétiens

    Du point de vue chrétien, cette politique soulève des tensions profondes. Voici une analyse équilibrée :

    Aspects potentiellement positifs ou justifiables

    • Protection des opprimés et justice : Le régime de Maduro a causé une crise humanitaire majeure – hyperinflation, famine, exode de millions de Vénézuéliens, répression violente des opposants. Des chrétiens vénézuéliens et évangéliques (comme certains pasteurs exilés ou Franklin Graham aux États-Unis) y voient une « intervention divine » ou une réponse à des prières pour la libération d'un « dictateur maléfique ». Cela résonne avec des passages bibliques sur la chute des tyrans (Psaume 37:35-36) et la défense des faibles. Si l'intention était purement humanitaire, cela pourrait s'aligner avec une « intervention responsable » pour restaurer la justice, comme certains théologiens chrétiens défendent dans des cas de génocide ou d'oppression extrême.
    • Fin d'une menace : Les liens présumés de Maduro avec le narcotrafic affectent les États-Unis (via l'immigration et les drogues), ce qui pourrait être vu comme une cause juste de défense nationale, analogue à la protection du « prochain » (Lévitique 19:18).

    Aspects critiques ou problématiques

    • Violation de la souveraineté et absence d'autorité légitime : L'opération unilatérale, sans approbation du Congrès américain, de l'ONU ou d'une coalition internationale, contrevient à la Charte des Nations Unies (que des théologiens chrétiens comme Mary Ellen O'Connell de Notre-Dame considèrent inspirée de principes chrétiens de paix). Cela ressemble à une agression impérialiste, contraire à la théorie de la guerre juste, qui exige une autorité reconnue. Des leaders chrétiens modérés (comme l'Église épiscopale américaine) appellent à une enquête, craignant l'instabilité et la violence accrue, et la qualifient de contraire aux résolutions de leur convention générale sur l'usage de la force.
    • Intention discutable et proportionnalité : Trump a explicitement mentionné le contrôle des réserves pétrolières (« Nous allons le gérer... et garder tout ce pétrole »), ce qui suggère des motifs économiques plutôt que purs. Cela évoque une convoitise (Exode 20:17) et une domination, non la miséricorde. L'opération, bien que rapide, a causé des morts civiles et militaires, et risque un chaos post-Maduro (luttes de factions, instabilité régionale). Était-ce un dernier recours ? Les sanctions et la diplomatie étaient en place depuis des années, mais l'escalade militaire semble précipitée, non proportionnée.
    • Manque de paix et de miséricorde : Des chrétiens progressistes et catholiques (comme les évêques vénézuéliens) insistent sur la confiance en Dieu plutôt que la violence, appelant à la prière et à la calme. Ils soulignent que célébrer la « chute » d'un homme, même tyran, ignore la dignité humaine (Genèse 1:27) et risque de perpétuer un cycle de vengeance. Des voix évangéliques vénézuéliennes, tout en espérant le changement, refusent la haine et appellent à la réconciliation.

    En somme, une conception chrétienne authentique tendrait à critiquer cette politique comme non conforme à la guerre juste : elle manque d'autorité légitime, d'intention pure et de dernier recours, et risque de prioriser le pouvoir sur la paix. Bien que le soulagement pour les Vénézuéliens opprimés soit compréhensible – et que certains chrétiens y voient une justice divine –, l'approche unilatérale et motivée par l'intérêt national apparaît comme une forme d'arrogance humaine, contraire à l'humilité prônée par le Christ (Philippiens 2:3-4). Au lieu d'une intervention militaire, une réponse chrétienne privilégierait la diplomatie multilatérale, l'aide humanitaire et le soutien à une transition pacifique, en priant pour la guérison du Venezuela. Les divisions parmi les chrétiens reflètent des interprétations variées, mais l'appel biblique à la paix reste central.

    ... et vous, qu'en pensez-vous ?

  • Hérode et l'ère du système de gestion morale

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    Du Père Jerry J. Pokorsky sur le CWR :

    Hérode et l'ère du système de gestion morale

    Hérode n'est peut-être pas le monstre que nous imaginons, non pas parce que son crime était mineur, mais parce que nous avons perfectionné quelque chose de bien pire : tuer méthodiquement, sans passion, sans haine, sans honte et sans humanité.

    5 janvier 2026

    Chaque personne, du roi au roturier, vit selon un code moral. La théologie morale catholique est fondée sur les dix commandements et les principes de la loi naturelle.

    La loi de la jungle, en revanche, repose sur le pouvoir et les émotions. Cependant, l'époque moderne a vu l'émergence d'un système de gestion morale, qui recadre les questions morales en tant que problèmes techniques à résoudre à l'aide de tableurs, de projections et de modèles informatiques.

    L'Église catholique regroupe ses préceptes moraux (loi naturelle, loi positive de Dieu et discipline ecclésiastique) autour des Dix Commandements. La théologie morale catholique est raisonnable et régit les actes humains. La violation délibérée d'un précepte moral, en toute liberté et avec le plein consentement, rend une personne coupable. Bien que la plupart des péchés soient véniels et affaiblissent l'âme, certains péchés sont mortels et la privent de la grâce sanctifiante. Dieu accorde sa grâce et les sacrements pour restaurer cette grâce et nous ramener sur le chemin du salut.

    La loi de la jungle, en revanche, fait appel à l'intérêt personnel, au vice, aux émotions fortes et au pouvoir personnel ou tribal pour obtenir des biens de première nécessité, réels ou supposés. La littérature et le cinéma dépeignent ce code moral de manière vivante, y compris ses expressions modernes dans le crime organisé. L'Ancien Testament en offre également plusieurs exemples.

    Lorsque les objectifs sont atteints et que les émotions s'apaisent, la violence s'estompe souvent. Le roi Hérode vient à l'esprit.

    Hérode le Grand (vers 73-4 av. J.-C.) a régné sur la Judée de 37 av. J.-C. jusqu'à peu après la naissance de Jésus. Dirigeant brillant et impitoyable, il a agrandi le Second Temple et construit Massada et Césarée. Son règne a également été marqué par des impôts écrasants, la répression, la paranoïa et l'exécution de ses rivaux, y compris sa propre femme et ses fils.

    Césarée de Sébaste figurait parmi ses plus grandes réalisations. Construite là où il n'existait aucun port naturel, les ingénieurs d'Hérode ont coulé d'énormes brise-lames en béton dans la mer, transformant une côte exposée en un centre commercial méditerranéen. Ce fut un exploit étonnant, preuve que le génie technique et l'aveuglement moral coexistent souvent.

    Selon l'Évangile de Matthieu, Hérode, alors âgé, apprit par les mages qu'un enfant appelé « roi des Juifs » était né. Lorsque les mages ne revinrent pas, Hérode ordonna le massacre de tous les enfants mâles âgés de deux ans et moins à Bethléem et dans ses environs afin d'éliminer ce qu'il considérait comme un rival. Josèphe décrivit plus tard les dernières années d'Hérode comme marquées par la folie, la terreur et une maladie effroyable qui le consumait de l'intérieur.

    À certains égards, Hérode fait office de pont entre la loi de la jungle et un système moral résolument moderne.

    En mars 1970, la revue catholique Triumph publiait un article intitulé « Les Hérodiens ». Les rédacteurs y identifiaient une nouvelle morale qui ne fait ni référence aux Dix Commandements ni appel à la passion brute. Il s'agit de la morale des technocrates.

    Les rédacteurs avertissaient déjà à l'époque que les « partisans de l'avortement perdaient patience ». Pendant des années, la campagne pour la légalisation de l'avortement s'était insinuée dans les législatures des États, mais les progrès étaient « extrêmement lents » et dangereusement vulnérables à la résistance locale, en particulier celle des « anti-Hérodiens » catholiques et de leurs évêques.

    Triumph citait Roger O. Egeberg, directeur de la santé du président Nixon, dans une interview accordée en février 1970.

    Remarquez le ton. Pas de rage. Pas de panique. Pas de soif de sang. Juste de la gestion, traitant les êtres humains comme des populations à réguler en réponse à des pressions extérieures :

    De plus en plus, oui. J'ai toujours été plutôt conservateur sur la question [de l'avortement]. Mais je pense de plus en plus que nous devons considérer l'avortement comme un recours parmi d'autres méthodes de contraception qui ne sont pas parfaites. ... Je pense vraiment que faire face à une population en croissance constante est la chose la plus horrible à laquelle nous pouvons être confrontés. »

    L'avortement n'était pas présenté comme une horreur, mais comme un outil, un correctif pour des systèmes jugés inefficaces. C'était un problème bureaucratique à résoudre.

    Depuis lors, et en particulier après l'arrêt Roe v. Wade, l'avortement, utilisé comme instrument de gestion, a coûté la vie à plus de 70 millions d'Américains. La redoutable bombe démographique n'a jamais explosé. Au contraire, les nations sont désormais confrontées à un autre problème : l'effondrement des taux de natalité, des écoles vides et des populations vieillissantes qui se demandent qui paiera les factures.

    Triumph se termine par une phrase qui dérange encore aujourd'hui :

    Le crime d'Hérode avait quelque chose d'humain : une passion, une rage, une défense effrénée de son trône. Il n'avait rien contre les bébés, en réalité.

    Il ne s'agit pas de réhabiliter Hérode, mais d'établir un contraste. Hérode a tué par peur. Nous tuons à l'aide de tableurs. Hérode était enragé. Nous rassurons avec des statistiques et des prévisions. Son crime était soudain, personnel et choquant. Le nôtre est procédural, aseptisé et poliment défendu comme un progrès : tuer à distance, à l'aide de la technologie des jeux vidéo.

    Hérode n'est peut-être pas le monstre que nous imaginons, non pas parce que son crime était mineur, mais parce que nous avons perfectionné quelque chose de bien pire : tuer méthodiquement, sans passion, sans haine, sans honte et sans humanité. Paradoxalement, les passions de la haine et de la honte sont peut-être les freins mêmes qui empêchent les crimes contre l'humanité. Les émotions surchauffées finissent par s'épuiser. Les calculs froids, en revanche, sont codifiés, institutionnalisés et perpétués.

    Pourtant, personne ne peut échapper à l'ordre moral catholique, car nous sommes inévitablement l'œuvre de Dieu. Le même Dieu qui établit les lois de l'univers établit également les lois morales qui régissent le comportement humain. En Jésus-Christ, Dieu et l'homme sont réconciliés, et la loi de Dieu est révélée en paroles et en actes.

    Quiconque meurt dans la grâce sanctifiante gagne l'éternité, et aucun tribunal humain ne peut juger les réalités invisibles d'une âme. Même des tyrans comme Hérode, dont les actes nous horrifient à juste titre, ont peut-être réussi à entrer dans la Terre promise. Il ne s'agit pas ici de défendre les crimes d'Hérode, mais d'examiner le raisonnement moral par lequel nous excusons aujourd'hui les nôtres. Peut-être Hérode apprenait-il déjà à penser comme nous.

    Avez-vous vu des images satellites de la Terre la nuit, avec des villes illuminées au milieu d'une obscurité immense ? Supposons que Dieu nous ait donné des lentilles capables de détecter la grâce sanctifiante plutôt que l'électricité. Que révéleraient les grandes villes ? Qu'en serait-il des campagnes tranquilles, des recoins cachés de la jungle ? Et quelles vérités nous regarderaient en retour si nous tournions ces lentilles vers l'intérieur, vers le miroir de notre propre âme ?

  • Les racines morales des abus du clergé

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    D'InfoVaticana :

    Les racines morales des abus du clergé

    Un article récent du Daily Knight a relancé le débat en soulignant que la majorité des cas documentés d'abus sexuels commis par des membres du clergé ne concernent pas des enfants prépubères, mais plutôt des adolescents et de jeunes hommes. Ce fait, largement reconnu, y compris par des rapports officiels comme le rapport John Jay, soulève des questions légitimes souvent éludées dans le discours dominant de l'Église.

    Il ne s'agit pas ici de simplifier à l'extrême ni de réduire un phénomène complexe à une seule cause, mais il ne s'agit pas non plus d'ignorer les faits objectifs. La disproportion statistique des victimes masculines adolescentes révèle un schéma qui ne correspond pas à la définition classique de la pédophilie, mais plutôt à un comportement homosexuel déviant perpétré depuis une position d'autorité cléricale.

    Ce fait est pourtant rarement abordé clairement par les autorités ecclésiastiques. Au contraire, ces dernières décennies, un langage ambigu a été privilégié, accompagné de politiques pastorales qui mettent l’accent sur « l’inclusion » et « l’accueil », sans distinction morale nette entre la dignité de la personne et la gravité objective de certains comportements.

    Le débat se complexifie encore davantage lorsqu'on considère le contexte historique. Avant le concile Vatican II, des cas d'homosexualité existaient dans les séminaires et au sein du clergé, mais ils étaient jugés incompatibles avec le ministère sacerdotal et généralement sévèrement punis. Après le concile, dans un climat d'ouverture sur le monde et de relâchement généralisé de la discipline, de nombreux contrôles se sont affaiblis, et avec eux, la rigueur morale de la formation sacerdotale.

    À cela s’ajoute un phénomène désormais indéniable : la présence croissante de membres du clergé et de prélats qui promeuvent activement une réinterprétation positive de l’homosexualité au sein de l’Église, en contradiction flagrante avec le catéchisme et la doctrine morale établie. Cette normalisation, présentée comme un geste pastoral, a engendré la confusion parmi les fidèles et affaibli les critères de discernement vocationnel.

    Il ne s'agit pas, comme on le caricature souvent, de persécuter des individus ou d'attiser la haine, mais plutôt de reconnaître que l'Église a le devoir de protéger les plus vulnérables et d'exiger de ses ministres une vie intègre et une conduite morale conforme à leur état. Lorsque ce principe est sacrifié au politiquement correct ou à la crainte de l'opinion publique, les conséquences ne tardent pas à se manifester.

    Refuser d'examiner honnêtement le lien entre homosexualité et abus sexuels commis par des membres du clergé n'est pas un acte de miséricorde, mais d'irresponsabilité. La véritable charité commence par la vérité, même lorsqu'elle est dérangeante. Sans un examen approfondi des critères de sélection, de formation et de contrôle du clergé, il sera difficile de résoudre une crise qui continue de nuire gravement à la crédibilité morale de l'Église.

  • À propos du « Joyeux » dans les souhaits de Nouvel An

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    De Francis X. Maier sur The Catholic Thing :

    À propos du « Joyeux » dans les souhaits de Nouvel An

    Pascal Bruckner, philosophe politique, est une figure classique de l'intellectuel français. Élevé dans la foi catholique et formé dans des écoles jésuites, sa pensée d'adulte est résolument laïque. Il possède néanmoins une intelligence vive, une plume acérée et un scepticisme mordant. Et, à son crédit, il n'hésite pas à l'appliquer avec vigueur à une multitude d'idées reçues – y compris cette modernité dénuée de toute notion de Dieu dont il est lui-même un produit.

    L'une des principales cibles de Bruckner est le culte du bonheur factice qui, selon lui, domine notre époque. D'une part, il soutient que la foi religieuse infantilise ses adeptes. « Il est typique du christianisme », écrit-il, « d'avoir dramatisé à l'excès notre existence en la soumettant à l'alternative entre l'enfer et le paradis… Réussite ou échec : le paradis est structuré comme une école. »

    Les péchés insignifiants de notre minuscule monde – demande Bruckner avec dérision – peuvent-ils mériter un tourment infiniment disproportionné dans l’autre ? Pourtant, il constate simultanément que le rejet de Dieu par l’homme n’a pas engendré la liberté, mais un univers vulgaire de publicité. En réalité, ce qui a été libéré par la prétendue émancipation psychique et sexuelle de l’humanité, « c’est moins notre libido que notre appétit pour la consommation illimitée ».

    Pour Bruckner, nous ne sommes guère plus que les « galériens du plaisir ». Chaque nouvelle distraction, chaque gadget, chaque merveille technologique enfonce davantage notre hédonisme dans sa propre punition épuisante.

    Les cultures passées acceptaient la souffrance comme un élément normal, souvent porteur de sens, de la vie. Le bonheur était perçu comme fragile et éphémère. La joie véritable était exceptionnelle. Pour Bruckner, notre époque, surtout en Occident, a bouleversé cette conception. On attend de nous – en réalité, le marketing omniprésent nous l’ordonne – que nous soyons satisfaits du déluge d’options qui nous est proposé.

    Quand nous ne le sommes pas, nous sommes des ratés, voire pire, des déviants. Les « journées Honda heureuses » deviennent un sacrement de la période des fêtes. Par conséquent, malgré une multitude de preuves du contraire dans le monde réel, nous nous obstinons à afficher un optimisme forcé ; nous sommes « les premières sociétés au monde à rendre les gens malheureux, et non à les rendre heureux ».

    Au final, la modernité a « suscité des espoirs si élevés chez l’homme qu’elle ne peut que le décevoir ». Et cela constitue une amère revanche pour les religions : « Elles sont peut-être en mauvaise posture, mais ce qui leur a succédé ne se porte pas mieux. »

    C'est vrai. Bruckner est un homme de caractère. On ne le prendrait pas pour un enfant de chœur. Son absence de foi religieuse ressemble étrangement à une forme d'aveuglement volontaire. Et malgré (ou peut-être à cause de) son éducation jésuite, sa compréhension du christianisme semble à peine adolescente.

    Mais en ce dernier jour de l'année écoulée, à l'aube de la nouvelle, les réflexions de Bruckner méritent d'être prises en compte. Ce soir, partout dans le monde, on se souhaitera une bonne année. Pourtant, chez les Maier, les lumières seront éteintes dès 22 heures. L'idée de célébrer la chute d'une boule électrique géante à minuit à Manhattan pour accueillir un nouveau mois de janvier, synonyme de gueule de bois, n'a rien d'enchantant.

    Que peut donc bien signifier le « bonheur » à une époque de bruit et d’excitation artificielle, une époque, ce n’est pas un hasard, marquée par l’anxiété et les conflits ? Et qu’en est-il de la joie ? Nous sommes encore en période de Noël, qui célèbre précisément le thème de la « joie au monde ».

    Pour C.S. Lewis comme pour J.R.R. Tolkien, bonheur et joie sont liés, mais restent fondamentalement différents. Cela transparaît clairement dans leurs œuvres de fiction et autres écrits. Chez Tolkien, le bonheur est toujours, d'une certaine manière, désintéressé. Il découle du fait d'agir avec droiture, même au prix de grands sacrifices. Il est indissociable du sacrifice, de l'amitié, du service fidèle, de l'accomplissement de sa vocation et de la jouissance des plaisirs simples de la nature. Lewis, quant à lui, concevait le bonheur comme une satisfaction terrestre, fruit du succès, de la camaraderie, des plaisirs innocents et du confort essentiel.

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  • Soutenons la NEF

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  • Aujourd'hui, au lieu de dix commandements, il n'y en a plus qu'un : tu ne jugeras point

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    De sur Crisis :

    Les chrétiens sont-ils appelés à être plus critiques ?

    L'idée souvent exprimée par « qui suis-je pour juger ? » est tellement répandue dans notre culture qu'elle ne surprend même pas un catholique lorsqu'elle est exprimée dans le contexte de la morale chrétienne.

    29 décembre 2025

    Lorsque nous laissons la peur occulter notre responsabilité de dénoncer les fautes graves et d'encourager la vertu plutôt que le vice, nous négligeons des devoirs essentiels au christianisme. Instruire les ignorants et reprendre les pécheurs sont des œuvres de miséricorde spirituelles que nous semblons avoir abandonnées, victimes de l'idée fausse qu'elles nuisent à notre prochain au lieu de lui être bénéfiques.

    S’il est vrai, comme le soutient Alice von Hildebrand, que  le jugement peut devenir un péché  et que les attitudes puritaines ont historiquement conduit à une survalorisation de la honte, la solution n’est pas de nier purement et simplement la réalité du péché. La vertu se situe au juste milieu entre deux extrêmes. En tant que chrétiens, il est de notre devoir de veiller à la santé spirituelle de notre société en dénonçant les pratiques qui bafouent la dignité humaine. Même – ou peut-être surtout – lorsque notre prochain ne reconnaît pas qu’un acte ou un comportement porte atteinte à sa dignité, notre devoir de le dénoncer demeure.

    Donner sa place au jugement moral

    Le jugement moral n'était pas autrefois une faute de goût, mais une vertu. On l'appelait prudence : l'art de la sagesse pratique. Lorsque nous nous détachons des réalités de la vérité et du bien objectifs, il ne reste que la volonté subjective de chacun. Une telle société n'a ni utilité ni place pour le discours moral. Il ne reste plus à une communauté qu'à s'abstenir d'imposer sa volonté à autrui. 

    En adoptant une attitude de désengagement face aux dilemmes moraux de notre époque, nous nous déchargeons de notre responsabilité les uns envers les autres. Nous assistons impuissants à l'asphyxie spirituelle de ceux qui nous entourent, comme s'ils avaient simplement choisi un plat différent au buffet. « Chacun ses goûts », aime à dire mon enfant de quatre ans – et à la maternelle, où les enfants se disputent pour savoir s'ils vont jouer dans le bac à riz ou coller des Cheerios sur du papier cartonné, c'est une attitude qu'il est bon de cultiver. 

    Lorsque nous entrons dans le domaine des choix qui déterminent le destin de notre âme, les enjeux sont bien plus importants. Il ne s'agit plus de choisir entre des repas dont le goût ou la valeur nutritive diffèrent ; la différence réside entre les aliments qui nous nourrissent et ceux qui, non seulement ne nous satisfont pas, mais peuvent aussi nous empoisonner, à des degrés divers. 

    La réaction attendue n'est pas de lever les yeux de cet article et de se mettre aussitôt à donner des ordres. Qu'il s'agisse d'un tout-petit difficile ou d'un adolescent rebelle, le moyen le plus sûr de les faire taire ou de les contrôler est de tenter de les forcer. Au contraire, nous sommes appelés à témoigner et à inviter. Cela peut être frustrant, voire déchirant. Il est difficile de s'y retrouver, et nous risquons de perdre des amitiés malgré tous nos efforts pour exprimer notre souhait que chacun fasse des choix respectueux de la vie et de la dignité. Il y aura des moments où la prière sera notre seul recours. 

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  • Plus de cent millions de vies innocentes fauchées chaque année : des chiffres que le monde préfère ignorer

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    D'InfoVaticana :

    Plus de cent millions de vies innocentes fauchées chaque année : des chiffres que le monde préfère ignorer

    Le 28 décembre, jour de la fête des Saints Innocents, l'Église commémore les enfants assassinés par Hérode, victimes de la crainte de la naissance d'un roi. Deux mille ans plus tard, la violence contre les innocents prend d'autres formes : plus cliniques, plus techniques, plus invisibles, mais non moins réelles. Aujourd'hui, des millions de vies humaines sont délibérément interrompues avant la naissance, que ce soit par l'avortement, par des mécanismes pharmacologiques empêchant le maintien d'une grossesse précoce, ou par l'élimination silencieuse d'embryons humains créés en laboratoire.

    Ce texte n'a pas pour vocation de susciter la polémique, mais de donner des chiffres et de situer ce drame non pas comme une simple pièce d'un ensemble cohérent, mais comme le centre du débat anthropologique contemporain.

    Espagne : plus de cent mille avortements légaux par an

    En 2024, selon les données officielles du ministère de la Santé, 106 172 avortements légaux ont été pratiqués en Espagne . Cela représente en moyenne plus de 290 vies humaines interrompues chaque jour . Ce chiffre n'est ni exceptionnel ni isolé : depuis des années, l'Espagne enregistre environ 100 000 avortements par an, avec une tendance à la hausse.

    L'Europe et le monde : des millions d'avortements chaque année

    Si l'on élargit notre perspective, l'ampleur du phénomène devient difficile à appréhender. À travers l'Europe, les estimations démographiques situent le nombre d'avortements à environ 3,3 millions par an . L'Espagne n'est pas une exception, mais s'inscrit plutôt dans une tendance continentale à normaliser l'avortement comme une solution courante.

    À l'échelle mondiale, le chiffre est encore plus alarmant. L'Organisation mondiale de la santé et divers instituts de démographie s'accordent à dire qu'environ 73 millions d'avortements provoqués ont lieu chaque année dans le monde . Cela représente plus de 200 000 vies humaines fauchées chaque jour, année après année.

    Nous sommes confrontés à une réalité sans précédent historique : aucune guerre, aucun régime totalitaire, aucune catastrophe naturelle n'a éliminé autant de vies humaines de manière aussi continue et silencieuse.

    La pilule du lendemain : le maillon le moins visible

    Parallèlement à l’avortement chirurgical ou pharmacologique, il existe un phénomène beaucoup moins débattu mais extrêmement répandu : l’utilisation de la pilule du lendemain .

    En Espagne, des centaines de milliers d'unités sont délivrées chaque année (les estimations courantes situent ce chiffre entre 700 000 et 800 000), et il s'agit d'un médicament largement normalisé, vendu sans ordonnance et socialement perçu comme une « contraception d'urgence ».

    D'un point de vue médical, la pilule du lendemain agit principalement en inhibant ou en retardant l'ovulation. Cependant, la littérature scientifique indique que, lorsque l'ovulation a déjà eu lieu, elle empêche ou entrave la nidation de l'embryon.

    Il n'existe pas de chiffre définitif ni de consensus absolu, mais des estimations prudentes évaluent cet effet potentiel à environ 5 % (selon le stade du cycle et le médicament utilisé). Appliqué à des volumes de consommation très élevés, même un faible pourcentage pourrait se traduire par des milliers d'embryons qui ne s'implantent pas chaque année.

    Il s'agit d'une perte statistiquement invisible, mais moralement importante.

    Reproduction assistée : des embryons humains sans avenir

    Le troisième grand axe de ce drame est la fécondation in vitro .

    En Espagne seulement, plus de 167 000 cycles de fécondation in vitro (FIV) sont pratiqués chaque année (selon des données récentes). Chaque procédure consiste à créer plusieurs embryons humains, dont un seul, parfois deux, est transféré dans l’utérus. Les autres sont congelés, éliminés pour des raisons techniques ou conservés pendant des années dans un réfrigérateur industriel.

    Il n'existe pas de statistiques officielles consolidées indiquant le nombre d'embryons détruits chaque année en Espagne. Cependant, les données relatives à l'activité et à la pratique clinique permettent d'aboutir à une conclusion sans équivoque : des dizaines de milliers d'embryons humains ne sont jamais transférés chaque année , et une proportion importante finit par être éliminée, abandonnée ou détruite.

    En Europe, plus d'un million de traitements de procréation médicalement assistée sont pratiqués chaque année. À l'échelle mondiale, ce chiffre se chiffre en millions. Il en résulte inévitablement l'existence de centaines de milliers, voire de millions, d'embryons humains dont le développement est interrompu ou interrompu.

    La grande blessure de notre temps

    L’avortement, la pilule et l’interruption de grossesse ne sont pas des phénomènes isolés ou marginaux. Ils ne constituent pas non plus un simple élément parmi d’autres débats moraux. Ensemble, ils représentent la grande plaie anthropologique de notre époque.

    Jamais auparavant l'humanité n'a créé et détruit autant de vies humaines dans leur période la plus vulnérable. Jamais auparavant il n'a été aussi facile de nier l'humanité d'autrui précisément au moment où il dépend le plus de notre protection.

    Mais la Journée des Saints Innocents n'est pas seulement un jour de dénonciation. C'est aussi un jour d'espoir. L'espoir que la vérité, exprimée clairement et sans agressivité, retrouve sa place centrale dans le débat. L'espoir que la science et la technologie soient mises au service de la vie, et non l'inverse. L'espoir qu'une culture qui aujourd'hui rejette ses innocents puisse à nouveau les reconnaître, les accueillir et les défendre.

    Car une civilisation ne se mesure pas à sa puissance ni à son progrès, mais à la façon dont elle traite ceux qui ne peuvent se défendre . Et c’est là, précisément, que réside l’avenir moral de notre époque.

  • Le président élu du Chili revient sur la décision qui a changé sa vie à jamais

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    De Julieta Villar sue ACI Prensa via CNA :

    Le président élu du Chili revient sur la décision qui a changé sa vie à jamais.bouton de partage par e-mailbouton de partage ShareThis

    Dans une interview exclusive accordée en 2024 à Goya Producciones pour le documentaire « Valientes » (Les Courageux), le président élu du Chili, José Antonio Kast, a abordé des sujets tels que la défense de la vie, son histoire familiale et le problème de l'imposition idéologique de gauche sur la société.

    Évoquant son parcours personnel et sa carrière politique, Kast a affirmé que les jeunes « ont le pouvoir d’apporter le changement » et de mettre fin aux sociétés individualistes qui mènent à la solitude.

    La décision qui lui a permis de naître

    Fervent défenseur de la vie dès la conception, Kast — le benjamin d'une fratrie de dix enfants — a partagé une histoire personnelle « très importante » qui a façonné l'avenir de sa famille : « Lorsque ma mère a eu son deuxième enfant, elle a souffert d'éclampsie [une grave complication de grossesse], et on a évoqué la possibilité qu'elle ne puisse plus avoir d'enfants », a-t-il raconté.

    Son père estimait que ce n'était pas juste et, malgré le danger pour la vie de sa femme, il lui dit : « Je crois que Dieu ne veut pas cela pour nous. » Cette détermination leur permit d'avoir huit autres enfants, dont Kast. Sans cette décision, « je ne serais pas né », a-t-il souligné.

    « Mes parents sont des immigrants allemands, et nous avons une famille nombreuse de près de 200 personnes. Les deux premiers enfants de ma mère sont décédés. Par conséquent, rien de tout cela n'aurait été possible, et cela marque profondément dès le plus jeune âge », a-t-il souligné.

    « Grâce à cette décision, je suis là aujourd'hui ; grâce à cette décision, j'ai rencontré ma femme. Grâce à cette décision, nous avons pu avoir neuf enfants. Grâce à elle, nous attendons aujourd'hui notre troisième petit-enfant », a-t-il commenté.

    « C’est incroyable de voir comment une seule décision peut affecter la vie de tant de personnes », a-t-il réfléchi.

    Avec son épouse, María Pía Adriasola, il a neuf enfants, nés de la conviction d’« être ouvert à la vie ». « Dieu nous a accompagnés dans cette décision, et aujourd'hui nous sommes les heureux parents de neuf enfants », a-t-il déclaré, « et nous ne pourrions imaginer la vie sans aucun d'eux. »

    trajectoire politique

    À ses débuts en politique, se souvient-il, il n'était pas « un grand communicateur », mais grâce à un travail acharné, il est devenu membre du Congrès, chef de parti et candidat à la présidence, « toujours très clair sur les choses, sans jamais tromper les gens, sans jamais falsifier ma position », et dans le but de « gagner le cœur des gens, quel que soit le résultat ».

    Son engagement continu en politique était une décision familiale qu'il avait discutée avec sa femme et ses enfants, fondée sur le principe que « celui qui a une mission doit l'accomplir ».

    En analysant le paysage sociopolitique chilien de l'époque (avant les élections de 2025), Kast a souligné que « l'idéologie de gauche gagnait une influence croissante au sein des gouvernements, promouvant des lois qui vont à l'encontre de la vie et de la famille telle que constituée par un homme et une femme ».

    Il a mis en garde contre l'imposition d'un programme qui, dans le cas du Chili, a légalisé l'avortement pour trois motifs et « vise à modifier la constitution » en dépénalisant l'avortement jusqu'au neuvième mois, en se fondant sur une interprétation erronée du concept d'autonomie de la femme sur son propre corps. « Elle n'est pas propriétaire du corps d'un autre être qui se trouve en elle », a expliqué Kast.

    « D’une manière générale, je n’utilise pas d’arguments religieux pour défendre la position pro-vie, car il existe de nombreuses preuves tirées de la nature humaine, de la science et du fait que la vie commence dès la conception », a-t-il déclaré, exprimant l’espoir que « l’avenir dépend de nous » car « la nature humaine est de notre côté ».

    Dans ce contexte, Kast a été confronté à la violence, à l'intolérance et à la censure de la part de ceux qui pensent différemment. « Au début de ma carrière politique, j'étais surtout victime de violence verbale de la part de ceux qui pensaient différemment », se souvient-il.

    « Certains ont fait des confusions en disant : “Non, vous parlez d’un point de vue religieux.” Et je leur répondais : “Je ne parle pas d’un point de vue religieux ; je parle d’un point de vue scientifique, de la nature humaine, car dès votre conception, à cet instant précis, les caractéristiques que vous présentez aujourd’hui à la société étaient déjà présentes.” » Il se souvient que cela « a suscité une vive polémique au Parlement. »

    « Par la suite, ils ont commencé à étendre leur influence à d’autres milieux. Et à certaines occasions, j’ai subi de graves violences physiques », a-t-il raconté, détaillant des situations où il a eu des fractures et a dû être placé sous protection policière. « On a toujours peur, mais je n’ai jamais eu l’intention de céder. »

    Kast déplorait que les jeunes qui commettent ces actes d'agression « soient des instruments entre les mains d'un idéologue ». Par conséquent, disait-il, « je ne ressens ni ressentiment, ni haine ; je ressens parfois de la frustration de ne pas pouvoir être avec ces personnes individuellement pour leur expliquer la joie que l'on éprouve à se donner pour sauver autrui, et qu'elles ressentiraient la même chose si elles avaient l'occasion de faire l'expérience de la richesse qui existe dans la nature humaine. »

    Reconnaître la lutte entre le bien et le mal

    Kast a ensuite dénoncé « une sorte d’empire qui commence à dominer les actions de la société », coordonné avec de vastes ressources financières, de sorte que « la violence est utilisée pour créer un nouveau type d’être humain ».

    Bien qu’il ait constaté un « totalitarisme idéologique » visant à anéantir l’individu, Kast a fait remarquer que l’idéologie « ne pourra jamais vaincre la nature de l’être humain, qui aspire à la liberté, à la transcendance, à la préservation de la vie et à l’amour entre les personnes ».

    « Nous n’avons pas les ressources, mais nous avons une voix, nous avons du cœur… et cette force est plus puissante que l’argent », a-t-il souligné, souhaitant ardemment que les gens se réveillent et « réalisent que nous devons occuper tous les espaces où nous pouvons agir, qu’avec la puissance de l’Esprit, on peut vaincre l’esprit du mal, car en fin de compte, il s’agit d’une lutte entre le bien et le mal. »

    Les preuves sont bien plus convaincantes que l'idéologie.

    « Il n’existe aucune valeur louable qui prône la mort d’autrui. Il n’existe aucune valeur louable qui prône la désintégration de la famille, noyau fondamental de la société », a souligné Kast. « Deux femmes peuvent s’aimer. Deux femmes peuvent vivre ensemble. Deux femmes peuvent travailler ensemble. Mais deux femmes seules ne peuvent procréer. Il en va de même pour deux hommes », a-t-il expliqué.

    « Ce que je propose et que j’essaie de promouvoir, c’est que les gens prennent en compte les preuves. Et ces preuves sont bien plus convaincantes que l’idéologie », a-t-il indiqué.

    La gauche a été « très habile » pour s'approprier des causes.

    Kast a reconnu que la gauche avait fait preuve d'une grande habileté en s'appropriant des causes comme l'environnement, les droits des femmes et la santé, et en les utilisant à son avantage. Il a toutefois demandé : « Qui se soucie le plus de l'environnement ? L'idéologie de gauche ou ceux d'entre nous qui croient en la vie ? Nous. »

    « Qui défend le mieux les personnes handicapées ? Qui se soucie vraiment d'elles ? Ceux d'entre nous qui croient en la vie. Les autres instrumentalisent leurs souffrances pour dire : "Ils sont victimes de discrimination" », a-t-il déclaré.

    « La cause autochtone est instrumentalisée par la gauche idéologique pour prétendre avoir été opprimée et réprimée, ce qui était peut-être vrai il y a 100, 200 ou 300 ans, mais aujourd'hui, nous appartenons tous à la même nation. Nous avons tous la même valeur. Aujourd'hui, il y a plus d'esclaves dans le monde qu'à l'époque où l'esclavage était légal. Qui lutte contre l'esclavage de ces enfants dont les droits sont bafoués ? Qui lutte contre l'esclavage des femmes victimes de la traite des êtres humains ? Nous, car nous croyons en la vie et en la liberté. »

    « N’attendez pas que quelqu’un d’autre fasse ce que vous pouvez faire. »

    À ceux qui, bien à l'abri chez eux, déclarent « Il faut bien que quelqu'un fasse quelque chose », le dirigeant chilien a répondu : « N'attendez pas que quelqu'un d'autre fasse ce que vous pouvez faire. Que faites-vous de vos enfants ? Leur consacrez-vous du temps, ou êtes-vous toujours occupés ? Car le fond du problème se trouve au sein de la famille », a-t-il souligné, exhortant chacun à réserver du temps exclusivement à son conjoint et à ses enfants.

    Dans ce contexte, il a mis en lumière une tradition chilienne appelée « rendez-vous amoureux du mardi », qu’il pratique lui-même avec sa femme chaque semaine, et qui consiste en « deux heures par semaine de conversation directe, face à face, en se regardant dans les yeux, sans personne d’autre autour ».

    Ainsi, « on construit des bases solides pour ce qui est au cœur de la famille : l’union du couple. Si le couple est épanoui, il est plus probable que les enfants et leur environnement le soient également », a-t-il résumé. « Et il est alors plus facile d’inspirer les autres, car on ne peut donner ce que l’on ne possède pas », a-t-il ajouté.

    « L’avortement, c’est assassiner une personne innocente. »

    « Au Chili, on voit bien que ce que je disais il y a 20 ans est toujours d'actualité », a déclaré Kast. « Je maintiens ce point de vue. Et c'est pourquoi je parviens plus facilement à convaincre les gens aujourd'hui. »

    « Dans les années à venir, combien de personnes réaliseront que l'avortement est un meurtre ? Combien, dans 20 ans, diront : « Qu'avons-nous fait à ces enfants en les confiant à l'adoption à des couples de même sexe ? » Ces enfants ont le droit de connaître leur identité. »

    « De même que la gauche radicale, par son idéologie, séduit souvent les jeunes, nous, sans chercher à les contrôler, mais en faisant appel à leur liberté, sommes convaincus qu’ils seront le moteur du changement. Car ces sociétés individualistes mènent à la solitude. Or, l’homme est un être social qui aspire au lien social, qui aspire à la joie », a souligné Kast.

    « Ce sont les jeunes qui se rebellent les premiers contre le totalitarisme d'État. Ce sont eux qui, les premiers, prennent conscience que les systèmes de protection sociale modernes, ces gouvernements qui s'emparent progressivement du pouvoir absolu, transforment leurs citoyens en esclaves de l'État-providence », a-t-il affirmé. Il a donc exprimé l'espoir « que ce soient les jeunes qui inverseront la situation actuelle ».

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa, partenaire hispanophone de CNA. Il a été traduit et adapté par CNA.

  • Persona humana à cinquante ans : Pourquoi l'éthique sexuelle de l'Église est-elle encore importante aujourd'hui ?

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    De John M. Grondelski sur le CWR :

    Persona humana a cinquante ans : Pourquoi l'éthique sexuelle de l'Église est-elle encore importante aujourd'hui ?

    En 2025, l’Église doit à nouveau articuler – et non diluer – la vision anthropologique et morale qui donne sens à son enseignement.

    Le pape Paul VI lors d'une audience en octobre 1977. (Ambrosius007/Wikipedia)
    Le 29 décembre marquera le cinquantième anniversaire de Persona humana , la « Déclaration sur certaines questions concernant l'éthique sexuelle » de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). Publié en 1975, ce document réaffirmait l'enseignement catholique sur l'immoralité de trois pratiques — la fornication, les comportements homosexuels et la masturbation — précisément au moment où de nombreux théologiens cherchaient déjà à démanteler l'ensemble de l'éthique sexuelle de l'Église.

    Un demi-siècle plus tard, il sera révélateur de voir si cet anniversaire sera commémoré, alors même que son message n'est pas moins urgent aujourd'hui qu'en 1975.

    Il est pertinent de revenir sur les raisons de l'émergence de Persona Humana , sur ses enseignements et sur les événements qui ont suivi.

    Contexte : Conséquences de la commission sur le contrôle des naissances

    L'encyclique Persona humana est parue sept ans après Humanae vitae . Elle s'inscrit dans le contexte de l'érosion progressive de l'éthique sexuelle catholique amorcée dans les années 1960 et au début des années 1970, un processus accéléré par la fameuse commission papale sur le contrôle des naissances convoquée sous Jean XXIII.

    Le mandat initial de la commission était précis : déterminer si le nouveau médicament anovulatoire – la « pilule » – constituait une « contraception » au sens où l’Église l’avait toujours entendu. Cela nous paraît évident aujourd’hui, mais ce n’était pas le cas en 1963. À l’époque, la contraception désignait les moyens d’empêcher la rencontre des gamètes ou les substances chimiques qui les détruisaient. Le mécanisme de la pilule était différent, presque unique. Son effet recherché était d’empêcher l’ovulation. En modifiant les taux hormonaux, la « pilule » trompait l’organisme. La suppression de l’ovulation – une action préventive plutôt qu’une intervention sur un processus déjà entamé – constituait-elle le même type d’acte « contraceptif » que celui condamné par l’Église ? (J’ignore dans quelle mesure on était alors conscient du caractère abortif de la pilule.)

    Telle était la question. D'une certaine manière, il s'agissait d'une question technique, mais qui n'impliquait pas de remettre en question la moralité même de la contraception. Au début des années 1960, même des auteurs favorables à la contraception – dont John Noonan, auteur de Contraception , un ouvrage retraçant l'histoire du sujet – reconnaissaient que le témoignage chrétien contre la contraception était unanime jusqu'en 1930 (date à laquelle la Conférence anglicane de Lambeth l'a acceptée) et l'était resté au sein du catholicisme jusqu'alors.

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  • Affaire Gaël Giraud : les jésuites s’expliquent après les révélations de La Vie

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    De Camille Meyer sur RCF - Radio Notre-Dame :

    Affaire Gaël Giraud : les jésuites s’expliquent après les révélations de La Vie

    18 décembre 2025

    Accusations contre Gaël Giraud : réaction des jésuites en France

    Face aux révélations visant Gaël Giraud, la Compagnie de Jésus sort du silence. Invité à s’exprimer, le père Grégoire Le Bel, adjoint du Provincial, reconnait la gravité des témoignages tout en expliquant les choix opérés par les jésuites dans la gestion de cette affaire sensible. Il était l'invité de la matinale. 

    Au lendemain des révélations de La Vie mettant en cause le jésuite et économiste Gaël Giraud pour des faits d’emprise spirituelle et psychologique ayant conduit à des abus sexuels, la Compagnie de Jésus a pris la parole. Invité à réagir sur notre antenne, le père Grégoire Le Bel, jésuite et adjoint du Provincial pour la province Europe-Occidentale francophone, a d’abord tenu à redire sa pensée pour les personnes ayant témoigné.

    Soulignant le "courage de briser le mur de la peur, de la honte et du mépris", évoquant des récits  "extrêmement graves", le père Le Bel estime que la Compagnie de Jésus "a toujours essayé de réagir en fonction des témoignages reçus ", alors même que Gaël Giraud conteste formellement l’ensemble des accusations portées contre lui, qu’il qualifie d’allégations.

    Affaire Gaël Giraud : une première alerte dès 2021

    Retraçant la chronologie de l’affaire Gaël Giraud, le père Grégoire Le Bel rappelle qu’en 2021, les jésuites reçoivent le témoignage d’une première femme signalant une relation amoureuse consentie.

    En 2024, une relation sexuelle est évoquée, conduisant au retrait de Gaël Giraud de la vie publique et à une période de probation de près de deux ans, assortie de mesures restrictives strictes. À l’automne 2025, une plaignante requalifie les faits en agressions sexuelles. Quelques jours plus tard, la Compagnie de Jésus effectue un signalement auprès du procureur de la République et ouvre une enquête canonique préliminaire confiée à un enquêteur externe. Aujourd’hui, Gaël Giraud n’exerce plus aucune mission pastorale.

    Pourquoi ne pas avoir pris de mesures plus contraignantes dès 2024 ? "À chaque étape, nous avons pris des mesures proportionnées aux faits qui nous étaient connus", explique le père Grégoire Le Bel, soulignant la nécessité de respecter le rythme des personnes victimes, dont les récits peuvent évoluer dans le temps. Interrogé sur la fin des mesures conservatoires avant la requalification des faits en agression sexuelle, il assume une position de prudence, rappelant que l’Église ne peut ni précipiter ni forcer la parole.

    Gaël Giraud, entre “face brillante” et “face sombre”

    Le responsable jésuite reconnaît la difficulté particulière liée à la personnalité de Gaël Giraud, figure intellectuelle très exposée dans l’espace public. Il évoque une possible "dualité" entre une "face brillante" et une "face sombre", aujourd’hui révélée par l’enquête de La Vie. "C’est un compagnon, un membre de ma famille. Mais en même temps, c’est quelqu’un qui, visiblement, a fait beaucoup de mal", confie-t-il, non sans émotion, tout en reconnaissant la gravité des faits rapportés.

    Violences sexuelles dans l’Église : une responsabilité institutionnelle en question

    Réagissant en fin d’émission, Matthieu Poupard, cofondateur d’Agir pour notre Église et accompagnateur de plusieurs victimes, propose une lecture plus large. Selon lui, "tout récit d’abus est un récit collectif", révélateur de responsabilités institutionnelles.

    Au-delà des personnes mises en cause, ce sont les structures elles-mêmes qui, selon lui, rendent possibles les situations d’emprise et de silence.

  • Belgique : le suicide de trois jeunes filles qui avaient entamé une « transition de genre » pose la question de l’utilité de ces traitements

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    En Belgique, le suicide de trois jeunes filles qui avaient entamé une « transition de genre » pose la question de l’utilité de ces traitements

    12 décembre 2025

    Depuis cet été, 3 jeunes filles se sont suicidées en Belgique. L’une d’entre elles a fait une demande d’euthanasie qui a été acceptée. Le point commun entre ces jeunes filles est qu’elles avaient, peu de temps auparavant, entamé une « transition de genre »[1].

    A partir de 2010 environ, le nombre de jeunes, en grande majorité des filles, qui se déclarent « transgenres » a connu une multiplication spectaculaire dans les pays développés. Certains militants, qui défendent la « transition de genre » pour les mineurs, affirment que le nombre de cas n’a pas évolué, mais qu’à présent, enfin, les « jeunes trans » osent s’affirmer comme tels.

    Un ensemble de facteurs externes à l’origine du phénomène

    Dans Les Ravages du genre [2], la journaliste Pauline Arrighi a analysé le faisceau de causes qui font que, depuis 15 ans, de nombreuses adolescentes sont amenées à qualifier leur mal-être de « dysphorie de genre ». Parmi ces facteurs, on peut compter une détérioration massive de la santé mentale des jeunes avec un assèchement des soins en psychiatrie (cf. En Belgique, la jeune Siska sera bientôt euthanasiée à 26 ans pour trouble dépressif sévère), l’utilisation des smartphones et réseaux sociaux qui entament gravement le rapport au corps, un changement de définition à l’OMS qui a amené à une « inflation de diagnostics », ou encore une pression militante pour imposer la notion d’« identité de genre » jusque dans les écoles (cf. Le programme Evars d’« éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité » de la maternelle à la terminale sera mis en place dans tous les établissements à la rentrée 2025).

    La « contagion sociale par les pairs »

    La chercheuse en santé publique Lisa Littman a forgé la notion de dysphorie de genre à apparition rapide (« rapid-onset gender dysphoria). Des groupes d’adolescentes se déclarent « transgenres » ou « non-binaires » quand rien ne le laissait présager ; alors que dans le cas des personnes transsexuelles, qui comptent surtout des hommes, documentés depuis des décennies, le sentiment d’inadéquation avec le corps sexué est prégnant depuis l’enfance.

    Certains psychologues parlent de « contagion sociale par les pairs » (cf. Transition de genre : une étude documente la « contagion sociale ») et dressent un parallèle avec la vague d’anorexie des années 1990 et 2000. Est-ce que les jeunes filles anorexiques « osaient enfin être maigres » ? Personne n’avancerait une idée pareille. Au contraire, ces adolescentes étaient influencées par des sites web « pro-ana » (pro-anorexie) où elles étaient encouragées à maigrir toujours plus, en signe de maîtrise de soi, et où celles qui reprenaient du poids étaient considérées comme faibles.

    Le danger des bloqueurs de puberté en réponse à une souffrance psychique

    A cette époque, aucun médecin n’aurait dit qu’il fallait « affirmer l’identité anorexique » des jeunes filles en leur prescrivant des coupe-faims. Pourtant, des médecins prescrivent à des adolescentes, et même des enfants, des bloqueurs de puberté en réponse à leur souffrance psychique.

    D’une part, l’efficacité de ces traitements sur la santé mentale des patients n’a jamais été démontrée (cf. Le Royaume-Uni lance la première étude randomisée sur les effets des bloqueurs de puberté sur le cerveau) ; d’autre part, administrer des hormones destinées à « appuyer sur le bouton pause » du processus naturel de la puberté présente de nombreux effets secondaires graves connus (cf. Enfants « trans » : des études, des faits ; La Nouvelle-Zélande interdit l’accès aux « bloqueurs de puberté » pour les mineurs ). La liste des effets délétères est longue : stérilité, ostéoporose précoce, risque multiplié de cancer, infarctus, AVC ou embolie pulmonaire. La prise d’hormones a des effets secondaires définitifs, même après une interruption du traitement : chez les jeunes filles, on observe une voix masculine, une pilosité faciale, une atrophie vaginale qui rend les rapports sexuels quasiment impossibles ; et le développement du cerveau est entravé, ce qui a pour effet un risque de réduction du QI et des troubles cognitifs permanents.

    « Et pendant ce temps, Nathan, Aero et Mélodie-Téo sont mortes, et leurs familles doivent traverser une douleur insoutenable. » Elles avaient 20, 18 et 16 ans.

    [1] La Libre, Dysphorie de genre : trois jeunes vies brisées en trois semaines Rose Kelleher, Muriel Petit, Suzy Eeckelaerts et Vera Schlusmans, Pour les Femmes, Voor Vrouwen (08/12/2025)

    [2] Publié en novembre 2023 aux éditions du Cerf