Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ethique

  • « Le prêtre, un être configuré au Christ »

    IMPRIMER

    Pour le mensuel « La Nef », entretien de Christophe Geffroy avec le Cardinal Robert Sarah :

    Fayard FFTQCNbX0AM3W0A.jpgPréfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements de 2014 à février 2021, le cardinal Robert Sarah nous offre de magnifiques « méditations sur la figure du prêtre » dans un nouvel ouvrage intitulé Pour l’éternité (1). Entretien autour de ce livre et sur les affaires d’abus sexuels sur mineurs qui secouent l’Église de France.

    La Nef – Votre livre est un magnifique plaidoyer pour le prêtre et sa vocation : pourquoi un tel livre aujourd’hui ? Et est-ce une coïncidence qu’il sorte au moment où l’Église de France est ébranlée par le scandale des abus sexuels et le rapport de la CIASE demandé par la Conférence épiscopale ?
    Cardinal Robert Sarah
     – J’ai voulu ce livre pour que tous, laïcs et prêtres, puissent redécouvrir l’essence du sacerdoce. Depuis des années, je reçois beaucoup de prêtres ébranlés, découragés et isolés. Je voulais les conforter dans leur vocation. J’ai aussi remarqué que les fidèles ne savent plus ce qu’est un prêtre. Soit on le méprise ou on le soupçonne de monopoliser un prétendu pouvoir, soit on en fait une star en raison de son activisme. Mais on ne regarde plus le prêtre pour ce qu’il est, un être configuré au Christ, époux de l’Église. Apprécions les prêtres pour ce qu’ils sont avant de regarder ce qu’ils font ! Je n’avais pas prévu que la sortie de ce livre coïncide avec le rapport de la CIASE. Mais cela s’est révélé providentiel.

    À l’heure où certains sont tentés d’inventer un nouveau sacerdoce, j’ai voulu laisser la parole aux saints car ils nous transmettent l’Évangile vécu. Ils dessinent dans ce livre la figure du prêtre tel que Jésus lui-même nous l’a laissée pour l’éternité. N’ayons pas peur de la recevoir et de l’aimer sans vouloir la retoucher pour la rendre conforme aux goûts du monde contemporain qui seront très vite démodés.

    On peut dire que votre livre va fondamentalement à l’opposé du mouvement actuel – et notamment du rapport de la CIASE qui va jusqu’à fustiger le « système patriarcal » de l’Église – qui tend à « désacraliser » la figure du prêtre, pour en faire un homme ordinaire exactement comme les autres, et qui devrait donc pouvoir être marié : quelles sont l’origine et les causes de cet abaissement de la vision du prêtre et que pensez-vous de ce rapport de la CIASE et de ses préconisations ?
    Il était nécessaire de faire la lumière sur les crimes commis par des prêtres. Il était juste de mesurer l’ampleur du péché et l’indifférence à ce péché qui avait fini par s’infiltrer dans les mentalités des évêques. La perte du sens du péché est une marque de la barbarie de notre époque. La manière dont les crimes pédophiles ont été traités en est une illustration tragique. Le système qui a entraîné le silence devant ces crimes est avant tout une forme de relativisme moral pratique. On a renoncé à désigner le mal, à dénoncer le bourreau, à punir le criminel sous prétexte d’une miséricorde mal entendue qui n’était que la couverture d’une culture de l’excuse, de la complaisance subjective et de l’oubli de la gravité objective du péché.
    Mais certains voudraient instrumentaliser ces péchés d’une minorité de prêtres (3 %) pour rendre responsable l’Église en elle-même et le sacerdoce lui-même. Pourtant l’immense majorité des prêtres (96 %) s’est montrée fidèle. Parce que certains prêtres ont succombé à une pratique pathologique et perverse de la paternité, de la sacralité et de l’autorité, on voudrait faire du prêtre un homme comme les autres, lui dénier son être de père, son caractère sacré ? Il y a là une erreur de raisonnement. L’immense majorité des crimes sexuels est commise par des hommes mariés et pères de famille. Est-ce la faute du mariage et de la paternité ? Faudrait-il supprimer la famille ?
    Derrière ce sophisme, il y a une erreur que le Catéchisme de l’Église catholique dénonce clairement : le péché n’est pas que le fruit d’une structure sociale. Nos comportements demeurent libres. Nous en sommes responsables. Si donc des prêtres se sont montrés pécheurs, c’est qu’ils ont oublié qui ils sont. Ils sont, par le sacrement de l’Ordre, configurés au Christ, époux et serviteur de l’Église pour l’éternité. Leur âme est marquée pour toujours par ce sceau que l’on appelle le caractère sacramentel qui les consacre à jamais. Cette consécration n’est pas un isolement hors de la réalité qui ouvrirait la porte à une forme de toute-puissance psychologique, elle est une mise à part pour Dieu qui engage à suivre le Christ comme serviteur jusqu’en son sacrifice, jusqu’à la Croix.

    Vous écrivez à juste titre que l’on assiste à une « laïcisation » des clercs et à une « cléricalisation » des laïcs : pourriez-vous nous expliquer ce double mouvement en nous donnant quelques exemples ? Et comment remettre les choses à l’endroit ?
    L’esprit du monde s’infiltre dans l’Église. Or l’esprit du monde est tissé de peur, de jalousie et de désir de domination. Dans l’Église, on a vu germer les rivalités et les luttes de pouvoir. J’en vois une des manifestations les plus terribles dans la rivalité entre les états de vie. Les clercs jalousent le caractère séculier des laïcs, ils les imitent servilement dans leur habillement, et renoncent à la soutane. Ils se mettent à vouloir investir l’action politique qui est le champ propre du laïcat. Beaucoup publient des textes, non pas sur la Parole de Dieu, mais sur la démocratie, la bonne gouvernance, la justice et la paix, sur l’écologie. Certains clercs refusent de se penser comme mis à part pour Dieu et l’Église. N’a-t-on pas vu récemment des prêtres revendiquer de siéger avec les laïcs dans la nef pendant la liturgie ?
    De même, les laïcs jalousent les clercs. Ils veulent les imiter, présider les liturgies, gouverner les paroisses, prêcher durant la liturgie dominicale. Voilà maintenant que l’on encourage une vaine et inutile lutte de pouvoir entre femmes et hommes. Certaines femmes veulent être prêtres et les prêtres reculent devant leur paternité spirituelle. D’où vient tant de confusion ?
    Je crois que l’on a introduit dans l’Église l’idée fausse et destructrice selon laquelle chaque charge, chaque état de vie est avant tout un pouvoir ou un droit. Dès lors, l’ensemble de la vie de l’Église est analysé en termes de lutte de pouvoir et de rapport de force. Cette structure de pensée héritée du marxisme a été popularisée à travers la French theory par les milieux universitaires américains. Selon cette herméneutique, toute société est fondamentalement un rapport de force et de domination. Les comportements ne sont dès lors plus que des luttes pour abolir ou préserver les structures de domination et de privilèges.
    Il est temps que cesse cette lutte entre les états de vie ! Ils n’ont pas à se partager un pouvoir de domination ! Dans l’Église, les états de vie (clérical, religieux, laïc) sont appelés à la communion et non à la compétition. Pour collaborer chacun doit être à sa place. C’est un des grands enseignements de Vatican II.

    Vous dénoncez vous aussi le « cléricalisme », mais pas dans le sens où on l’entend habituellement : quel est ce cléricalisme que vous dénoncez ?
    Je crois que le cléricalisme est une attitude qui touche aussi bien les clercs que les laïcs. Il menace dangereusement toute la structure et les membres de l’Église : depuis le pape, en passant par les prêtres, jusqu’aux derniers des laïcs. Il se caractérise comme une lutte pour le pouvoir et la domination : les laïcs se « cléricalisent » pour ravir le supposé pouvoir des clercs. Ils réclament des « ministères », conçus comme des privilèges extérieurs. Le cléricalisme est une attitude qui transforme un état de vie, un ministère ou une charge en propriété privée et en marchepied pour un ego complexé. Le pape François nomme cela l’auto-référencialité. Alors que chaque état de vie est une forme spécifique de référence au mystère du Christ et d’identification à un aspect de ce mystère, le cléricalisme s’approprie les missions qu’elles confèrent et en fait un instrument de pouvoir.
    Vatican II avait eu l’intention géniale et prophétique de mettre en lumière la complémentarité entre les états de vie et non pas leur concurrence ou leur rivalité agressive. Il faut relire Lumen gentium qui décrit les formes multiples d’exercice de la sainteté. La vocation propre des prêtres consiste à représenter sacramentellement le Christ-Pasteur au milieu de son peuple principalement par le don des sacrements, la prédication de l’Évangile, et le service de l’autorité mais aussi par toute leur vie. L’Église n’est pas un lieu de pouvoir mais de service. Je le redis : bien des laïcs sont plus compétents et mieux formés que les clercs en théologie ou en pastorale. Mais ils ne seront jamais capables de « tenir la place du Christ-Pasteur et d’agir en sa personne ».

    Vous fustigez l’erreur qui consisterait à désolidariser, dans l’Église, l’exercice de l’autorité et le ministère ordonné : pourquoi ce lien entre les deux est-il important ?
    On entend parfois affirmer qu’il serait nécessaire de désolidariser l’exercice de l’autorité et le ministère ordonné. On dit çà et là que le gouvernement dans l’Église peut être aussi bien le fait d’hommes que de femmes, de laïcs que de prêtres et d’évêques. De telles formules sont terriblement ambiguës et destructrices de la structure hiérarchique de l’Église, telle que voulue et organisée par Jésus-Christ Lui-même. Bien entendu, il y a des laïcs, hommes et femmes, plus compétents en communication, en management et en techniques de gouvernements que les prêtres. Il est nécessaire de leur donner les rôles d’expertise et de conseil qui leur reviennent. Mais au sens strict, le gouvernement dans l’Église n’est pas d’abord une expertise mais une présence du Christ serviteur et pasteur. Voilà pourquoi la fonction de gouvernement ne pourra jamais être exercée dans l’Église par un autre que par un ministre ordonné. Les chrétiens veulent être gouvernés par le Christ et non par un expert. Les prêtres, parce qu’ils rendent présent sacramentellement le Christ pasteur et serviteur, doivent gouverner sans exercer une domination humaine, mais en prolongeant l’œuvre du Bon Pasteur. Ils ne sont parfois pas à la hauteur de leur mission, mais c’est pourtant à eux que cette charge de gouvernement est confiée en vertu de l’ordination qui les configure au Bon Pasteur.
    Cela ne diminue pas la nécessité de mettre en valeur la compétence et l’excellence des laïcs hommes et femmes. Aucune décision ne devrait être prise sans consulter les personnes réellement compétentes. Mais seul un ministre configuré au Bon Pasteur peut assumer la décision face à l’Église sans que l’autorité se transforme en pouvoir de domination à la manière humaine.
    Il est donc temps de cesser d’interpréter l’autorité dans l’Église comme un pouvoir ou une oppression. Elle est toujours un service rendu par les clercs au corps tout entier. L’autorité dans l’Église est, de part en part, ministérielle. Par conséquent, elle est assumée dans un esprit de service, comme Jésus l’a appris aux douze premiers prêtres lors du lavement des pieds. Elle est aussi assumée par des prêtres qui se savent et se veulent des instruments du Bon Pasteur et non des tyrans.

    Vous consacrez de belles pages à la grandeur du sacerdoce qui fait participer le prêtre au sacerdoce du Christ et le fait agir in persona Christi à l’autel : le problème qui apparaît nettement à la lecture de votre livre ne se résume-t-il pas, finalement, y compris dans l’Église, à la perte du sens de Dieu, à l’oubli de l’importance du surnaturel pour tout ramener aux choses humaines, trop humaines, influencées par l’esprit du monde ?
    Nous risquons en effet de profaner l’Evangile en le lisant sans la foi. Tout y devient question de structure de domination, de luttes de pouvoir. Nous le déformons en y plaquant nos concepts politiques. Ainsi, j’ai souvent dit, à la suite des papes, que le prêtre est un autre Christ, alter Christus. J’ai même ajouté à la suite des Pères de l’Église et des saints qu’il est Ipse Christus, le Christ lui-même.
    Ces mots que les saints appliquent à tout baptisé valent de façon particulière pour les prêtres. Le caractère reçu par le sacrement de l’Ordre les configure spécifiquement au Christ, prêtre, époux de son Église et serviteur de son peuple. Ces réalités spirituelles et mystiques disent le mystère caché du sacerdoce. Malheureusement, certains les ont comprises de manière toute psychologique et humaine. Il est évident qu’un prêtre n’est pas une nouvelle incarnation du Verbe. Il est évident que le prêtre reste humain avec ses péchés et ses défauts ! Être configuré au Christ n’ouvre le droit à aucune forme de toute-puissance psychologique. Au contraire, cette configuration engage les prêtres dans une voie de service et de sacrifice. Être configuré au Christ-prêtre nous engage à le suivre sur la Croix. Elle est l’unique trône qu’Il nous offre.

    (1) Méditations sur la figure du prêtre, Fayard, 2021, 320 pages, 21,90 €.

    Ref.  « Le prêtre, un être configuré au Christ »

     

  • L'extension du délai de l'IVG : une mauvaise nouvelle pour la santé des femmes

    IMPRIMER

    D' sur le site du Figaro Vox :

    Israël Nisand: «L'extension du délai de l'IVG est une mauvaise nouvelle pour la santé des femmes»

     

    FIGAROVOX. - L'allongement du délai d'IVG a été adopté en deuxième lecture par l'Assemblée nationale. Êtes-vous favorable à cet allongement de deux semaines ?

    Israël NISAN. - Plus une IVG est tardive, plus elle est dangereuse et plus elle est difficile psychologiquement pour les femmes qui y recourent. Il faut dilater le col de manière plus importante, ce qui peut causer un risque de perforation et d'infection postopératoires.

    Depuis 25 ans à Strasbourg, je n'ai jamais envoyé personne à l'étranger pour pratiquer une IVG tardive parce que le délai aurait été dépassé. Dans mon établissement, l'on a pratiqué 2200 IVG l'an passé, dont une vingtaine qui arrive au-delà du délai, qui sont soit des adolescentes mal informées ou mal accompagnées, soit des dénis de grossesse. Dans les deux cas, nous les prenons en charge, et nous les accompagnons de manière complètement différente, en nous adaptant à chaque cas individuel.

    À 16 semaines d'aménorrhée, soit à 14 semaines de grossesse, le fœtus mesure environ 120 millimètres, sa tête est ossifiée. Pour le sortir, il faut démembrer le fœtus et écraser sa tête. C'est insoutenable pour beaucoup de professionnels.

    Israël Nisand

    Affirmer, comme le fait la proposition de loi, que l'on envoie 3000 femmes à l'étranger n'est absolument pas étayé. Et, en tout état de cause, les gens qui envoient des femmes se faire avorter à l'étranger ne connaissent pas la loi française qui autorise à faire une IVG sans aucune clause de délai, appelée interruption médicale de grossesse (IMG), durant laquelle la femme est entourée et encadrée par le personnel. [La loi Veil autorise une IMG jusqu'à 9 mois, à titre exceptionnel, si une poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou en cas d'une affection grave de l'enfant à naître, NDLR].

    N'oublions pas que l'allongement du délai d'IVG est un calvaire pour les médecins qui doivent pratiquer une IVG. À 16 semaines d'aménorrhée, soit à 14 semaines de grossesse, le fœtus mesure environ 120 millimètres, sa tête est ossifiée. Pour le sortir, il faut démembrer le fœtus et écraser sa tête. C'est insoutenable pour beaucoup de professionnels. (...)

  • France : mobilisation contre l'allongement de l'avortement légal jusqu'à 14 semaines

    IMPRIMER

    PETITION NATIONALE
    Stop à l’avortement à 14 semaines

    Il y a tout juste un an, en octobre 2020, la député Albane Gaillot présentait à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant, au lendemain de la crise sanitaire, à allonger le délai de l’avortement de 12 à 14 semaines.

    « J’ai été alertée par de nombreuses femmes ainsi que par le Planning familial sur les difficiles conditions d’accès à l’IVG pendant l’épidémie de Covid-19 expliquait-elle à l’époque, nous nous sommes rendues compte que le problème n’était pas conjoncturel mais structurel ».

    Validée par l’Assemblée, cette proposition de loi avait ensuite été présentée par la socialiste Laurence Rossignol au Sénat avant d’être rejetée.

    Comme un train peut en cacher un autre, il en est de même pour les génies ou les barbares. L’ancien Ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, désormais chef de file de la majorité LREM à l’Assemblée nationale, encouragé par le Ministre de la Santé, Olivier Véran, vient d’annoncer l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire, d’une nouvelle proposition de loi pour allonger le délai de l’IVG.

    « En France, l’avortement n’est pas menacé en droit, mais il l’est dans la pratique », affirme t-il. Pourtant 222.000 avortements ont été réalisés en France en 2020 soit plus de 600 par jour ! Faut-il encore et toujours ajouter de la souffrance à la souffrance, de la mort à la mort ? N’y a-t-il pas meilleure idée pour protéger les femmes que les encourager à avorter de plus en en plus tard, quitte à ressentir dans leurs chairs la dissection d’un petit être vivant ?

    Nous rappelons que l’avortement à 14 semaines implique une dissection afin de faire sortir le bébé du ventre. L’enfant a un cœur qui bat dès six semaines ; à 14 semaines son visage est déjà bien dessiné, il a ses empreintes digitales… Il commence même à sucer son pouce !

    Le Syndicat national des gynécologues-obstrétriciens de France (Syngof), affirme pour justifier son opposition à cette proposition, que l’ossification de l’embryon à ce stade de la grossesse impose une dilacération des chairs.

    Ne les laissons pas faire !

    Signez, diffusez, faites tourner cette pétition pour ordonner le retrait (sans délai) de cette proposition de loi.

    Halte à la barbarie !

     

    Lire : Analyse : Proposition de loi n° 3879 relative au renforcement du droit à l’avortement

  • Les faiblesses qui fragilisent le rapport Sauvé

    IMPRIMER

    Le père Jean-Robert Armogathe, historien et théologien, est l’un des huit signataires d’un texte de membres de l’Académie catholique critiquant le rapport Sauvé. Il explique dans cette tribune pourquoi il est « nécessaire » de consacrer au rapport Sauvé « une lecture attentive, équitable et critique ».

    29/11/2021

    Toute violence commise sur un enfant est abominable. Elle l’est encore plus lorsqu’elle a pour auteur une personne en qui l’enfant a confiance : « Si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi… » (Matthieu 18,6). C’est pourquoi les évêques de France ont eu raison de demander à une commission indépendante un rapport sur les abus sexuels dans l’Église catholique. Ce volumineux rapport a engagé beaucoup de ressources, humaines et financières. Il s’ouvre sur des préconisations qui exigent de l’Église catholique des changements pastoraux et doctrinaux majeurs. La mise en œuvre de ces préconisations suppose une crédibilité sans faille du document et par conséquent une analyse approfondie des données recueillies et de leur interprétation.

    Un certain nombre de faiblesses

    Il est d’autant plus regrettable que cette enquête, si nécessaire, ait été fragilisée par un certain nombre de faiblesses. Elles sont de trois ordres : statistique, doctrinal et juridique. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans le détail : une première analyse détaillée, qui doit être poursuivie, a été établie par un groupe pluridisciplinaire de l’Académie catholique de France. Elle a été soumise aux autorités ecclésiastiques.

    Bornons-nous à le relever : il est fâcheux que sur les deux enquêtes menées (Inserm-EHESS et EPHE), une seule, la première, plus spectaculaire, ait été largement exploitée. Il aurait fallu alors insister sur la marge d’approximation induite par de très faibles pourcentages (ce qui donne une fourchette de 1 à 6) et le recours à une méthode d’access panel autorecruté (« un défi pour les statistiques officielles », comme la définit le spécialiste suédois Jörgen Svensson).La marge d’erreur qui subsiste dans ce type de sondage (liée à la représentativité, au choix de l’échantillon, à la formulation et à la séquence des questions) est supérieure aux résultats obtenus. Or ceci n’est pas un détail : c’est le chiffre de 330 000 victimes retenu et diffusé qui fonde l’accusation du « caractère systémique » de la pédocriminalité dans l’Église.

    Une partie doctrinale insuffisante

    Faute de spécialistes, la partie doctrinale reste insuffisante, en ecclésiologie, en exégèse (avec l’omission des Épîtres de Paul et de Pierre) et en théologie morale (la Commission n’a guère été mandatée pour ce domaine, et cependant c’est le « système », c’est-à-dire la « constitution » de l’Église qu’elle remet en cause dans plusieurs préconisations). Le soupçon répété sur « le choix d’englober l’ensemble de la sexualité humaine dans le seul sixième commandement du Décalogue » est une approche étrangère à l’anthropologie chrétienne. Le Catéchisme de l’Église catholique condamne « la corruption des jeunes » (§ 2 353) aussi bien que « le viol commis de la part d’éducateurs envers les enfants qui leur sont confiés » (§ 2 356). Surtout, le paragraphe 2389 condamne expressément « les abus sexuels perpétrés par des adultes sur des enfants ou des adolescents confiés à leur garde. La faute se double alors d’une atteinte scandaleuse portée à l’intégrité physique et morale des jeunes, qui en resteront marqués leur vie durant, et d’une violation de la responsabilité éducative ». On aurait aimé le rappel de ces textes.

    Enfin, la partie juridique n’est pas inattaquable, en particulier en matière de responsabilité civile. Comment s’assurer de la réalité des faits et de leur imputabilité à un clerc ? Le concept de responsabilité ne se confond pas avec celui de solidarité. S’il présuppose une personne qui l’assume, ce n’est pas seulement pour une raison de technique juridique ou de vocabulaire, c’est parce que la responsabilité ne saurait, sans perdre son sens, être anonyme et diluée dans un ensemble plus ou moins vaste, complètement indifférencié. Car dire que tous sont responsables de tout, cela revient en réalité à dire que personne n’est vraiment responsable de rien. Il y a lieu par conséquent de réfléchir à un principe d’attribution des réparations, qui reste fidèle aux faits et ne soit pas source de nouvelles injustices.

    De façon générale, et malgré quelques précautions, l’interprétation manque souvent d’objectivité scientifique, et les auteurs paraissent dépasser le champ de compétence que les évêques leur avaient confié. Ainsi tandis que la commission reconnaît qu’« il n’y a clairement pas de lien de causalité entre le célibat et les abus sexuels », elle consacre plusieurs paragraphes et une préconisation sur le célibat des prêtres.

    Lire la suite

  • RDC : il faut maintenant récupérer l’argent détourné et les biens mal acquis

    IMPRIMER

    jean-claude-mputu_0.jpgJean-Claude Mputu (politologue congolais issu de l’Université de Liège et porte-parole de la campagne CNPAV : le Congo n’est pas à vendre) a été interviewé par Christophe Rigaud – Journaliste, directeur du site Afrikarabia consacré à l'actualité en République démocratique du Congo (RDC) et en Afrique centrale :

    Afrikarabia : La corruption endémique qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) n’est malheureusement pas un phénomène nouveau. Qu’apportent de plus les révélations de  « Congo Hold-up » ?

    Jean-Claude Mputu : Il y a tout d’abord l’étendue des révélations. Elles sont énormes. Et ensuite, il y a la précision dans les faits dénoncés. Les documents que révèlent « Congo Hold-up » montrent clairement l’importance d’un détournement organisé et systématisé par la famille de Joseph Kabila avec les moyens de l’Etat. Cela permet de retracer le circuit de certaines sommes d’argent qu’on soupçonnait avoir été détournées, mais pour lesquelles on n’avait pas tous les éléments et toutes les certitudes. Avec « Congo Hold-up » nous avons maintenant l’exactitude des faits. Nous pouvons maintenant dire qu’à telle date, telle somme a été retirée de tel compte et a été récupérée par telle personne dans telle banque. Cela nous permet de dire aujourd’hui aux autorités qu’elles n’ont plus d’autres choix que d’agir.

    Afrikarabia : Qu’est-ce que nous apprend « Congo Hold-up » par rapport au système de détournement d’argent public mis en place dans le passé par Mobutu ?

    Jean-Claude Mputu : Cette question est importante parce que les partisans de Joseph Kabila disaient « Mobutu a volé, Mobutu a pillé, pourquoi cela devient un problème pour Kabila ? » Pour moi, Mobutu était « un voleur de caisse ». Il prenait directement l’argent dans les caisses de l’Etat. Joseph Kabila est allé au-delà : il a privatisé les moyens de l’Etat. Il s’est approprié nos terres, nos mines, nos entreprises, nos dividendes et les a partagés avec sa famille. L’exemple le plus parlant, c’est le dossier Gertler, sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années. Les actifs de la Gécamines ont été cédés à Dan Gertler, qui est très proche de Joseph Kabila. Gertler touche plus de 200.000 dollars par jour, et cet argent aurait dû être touché pour la Gécamines, donc par l’Etat congolais.

    Afrikarabia : Pourquoi n’y a-t-il pas eu de contrôle des institutions congolaises, mais aussi des bailleurs internationaux, comme les Nations-unies ? On apprend dans « Congo Hold-up » que l’argent versé par l’ONU aux casques bleus congolais qui intervenait en Centrafrique a été détourné.

    Jean-Claude Mputu : Au niveau de la RDC, évidemment, toutes les institutions étaient contrôlées par Joseph Kabila. Les gens avaient peur. La répression était systématique et brutale. De ce côté-là, il y a des « excuses ». Au niveau international, ce n’est qu’à la fin du mandat de Joseph Kabila que les bailleurs ont commencé à s’intéresser à l’homme, alors qu’avant, il était complètement « accompagné » par cette même communauté internationale. A un moment donné, Joseph Kabila a dû rompre avec la communauté internationale pour pouvoir développer son système de prédation. Il a même fini par refuser tous les contrôles exigés par les bailleurs.

    Afrikarabia : Qu’attendez-vous de ces révélations ?

    Jean-Claude Mputu : Nous attendons d’abord que le gouvernement, comme il l’a annoncé, puisse ouvrir des enquêtes, identifier les coupables, les poursuivre et les punir. Nous attendons aussi la récupération des biens détournés. Il y a bien eu quelques procès par le passé, mais nous n’avons jamais récupéré les biens. « Congo Hold-up » nous permet d’identifier certains biens, comme des bateaux, des immeubles, ou des entreprises achetés avec de l’argent public. Ces biens doivent revenir à l’Etat congolais. Nous comptons mettre en place un collectif d’avocats, avec « Le Congo n’est pas à vendre », afin de poursuivre ces personnes en justice et demander la restitution des biens mal acquis. Enfin, nous espérons que ces révélations permettront à la population congolaise une prise de conscience et d’exiger de nos responsables une certaine redevabilité. Il faut une fois pour toute, briser la chaîne de l’impunité et de la corruption des dirigeants politiques.

    Afrikarabia : La BGFI, la banque au coeur du scandale, a promis de rendre 43 millions de dollars. C’est un premier pas significatif selon vous ?

    Jean-Claude Mputu : C’est un premier pas malheureusement très insuffisant. Il faut d’abord qu’elle le fasse effectivement. Mais le problème, c’est que les autres co-auteurs de ce détournement de 43 millions de dollars, la Banque centrale (BCC) ou la société Egal, sont, comme par magie, exemptées des conséquences de leurs actes. C’est une solution trop facile. On rend 43 millions et on oublie tout le reste. Des centaines de millions de dollars sont en jeu. On veut une vraie justice, car c’est de l’argent des Congolais dont il s’agit.

    Afrikarabia : Le parquet vient d’ouvrir une information judiciaire. Joseph Kabila peut-il être mis en cause, ou seulement ses proches ?

    Jean-Claude Mputu : Beaucoup de ses proches sont impliqués, mais certaines des sociétés qui apparaissent dans « Congo Hold-up » ont pour principal actionnaire Joseph Kabila et ses deux enfants, comme « Egal » ou « Port de Fisher ». Sa responsabilité directe est engagée. Mais un problème juridique se pose avec la loi sur les anciens chefs de l’Etat, que Joseph Kabila lui-même a fait adopter à la fin de son mandat. Nos avocats vont d’ailleurs travailler sur ce sujet, mais de nombreux acteurs de la société civile demandent au parlement de réviser cette loi. C’est un bon indice pour voir si le pouvoir actuel a la volonté de mettre véritablement fin à l’impunité.

    Afrikarabia : De nouvelles révélations peuvent-elles toucher le pouvoir actuel ?

    Jean-Claude Mputu : C’est notre plus grand espoir. Il faut que le cycle de l’impunité soit brisé. La corruption qui continue aujourd’hui est tout aussi injustifiable que celle d’hier. On espère qu’il y aura des éléments, des preuves, notamment sur le dossier des « 100 jours ». On a vu que la justice était « imparfaite » sur cette affaire. Le temps est notre meilleur allié, et le temps va devenir le cauchemar de tous les corrompus de la République.

    Afrikarabia : Au vu de l’étendue des révélations de « Congo Hold-up », la justice peut-elle reculer ?

    Jean-Claude Mputu : Non, mais il faut faire attention avec la justice congolaise si les actes ne suivent pas. Il y a eu l’affaire des 15 millions, il y a eu le dossier des « 100 jours », il y a eu le dossier Covid. On assiste pour l’instant à une justice qui semble manipulée pour endormir le peuple. On se rappelle que dans l’affaire des 15 millions, un activiste a été menacé d’arrestation parce qu’il demandait des comptes au procureur pour savoir où en était le dossier ! La justice congolaise ne devrait pas reculer, mais cela fait des années qu’on demande qu’elle se comporte normalement… sans résultats. »

    Ref RDC : il faut maintenant récupérer l’argent détourné et les biens mal acquis

  • "La révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions"

    IMPRIMER

    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Lauréate du Prix Ratzinger 2021 : La révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions".

    La philosophe allemande Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz discute du sécularisme, du féminisme, de la théorie du genre et de la nécessité de créer une nouvelle théologie promouvant la complémentarité de la masculinité et de la féminité.

    24 novembre 2021

    La onzième édition du Prix Ratzinger a été remportée par la philosophe Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz et le théologien de l'Ancien Testament Ludger Schwienhorst-Schönberger, tous deux allemands. 

    Institué par la Fondation Ratzinger en 2011, ce prix est destiné à encourager la recherche en théologie et toute autre recherche universitaire inspirée par l'Évangile, dans la tradition des enseignements du pape Benoît.

    La cérémonie de remise du prix a eu lieu le 13 novembre dans la salle Clémentine du Palais Apostolique, en présence du Pape François. Les lauréats du prix Ratzinger 2020, le philosophe français Jean-Luc Marion et la théologienne australienne Tracey Rowland, étaient également présents pour recevoir leur prix après l'annulation de la cérémonie de remise du prix 2020 en raison des restrictions liées au coronavirus.

    Les quatre chercheurs ont ensuite rencontré le pape émérite Benoît XVI au monastère Mater Ecclesiae, au Vatican, le 15 novembre. Le Register a interviewé Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz à la suite de cette rencontre afin de connaître son point de vue sur les excès causés par les idéologies issues de la révolution sexuelle de 1968, en particulier l'idéologie du genre et d'autres questions postmodernes. 

    Née en 1945, elle est professeur émérite de philosophie de la religion et d'études religieuses comparées à la TU de Dresde. Ses recherches portent sur la philosophie de la religion des XIXe et XXe siècles. Elle est spécialiste de la philosophe catholique Edith Stein et du théologien Romano Guardini, auxquels elle a consacré de nombreux écrits. 

    Elle dirige actuellement l'Institut européen de philosophie et de religion à l'Université philosophique et théologique du pape Benoît XVI à Heiligenkreuz, en Autriche. 

    Vous venez de rencontrer le pape émérite Benoît XVI, après avoir reçu le prix Ratzinger au Vatican. Pouvez-vous nous dire sur quoi ont porté vos discussions ? 

    Ce furent des moments de grand humanisme et d'érudition. Nous, quatre lauréats, avons présenté notre travail au pape émérite, et il a commenté nos quatre sujets à voix basse, mais de façon claire, prudente et sympathique. 

    En tant que professeur éminent de la Hochschule philosophique et théologique du pape Benoît XVI, comment décririez-vous sa plus grande contribution au monde philosophique de son temps ? 

    Je dirais que sa compréhension du Logos montre explicitement la contribution de la raison grecque à la dogmatique et à l'enseignement chrétiens ; et il a interprété la merveilleuse tension et complémentarité des sagesses grecque et hébraïque comme les deux sources du christianisme.

    Lire la suite

  • Huit membres de l’Académie catholique de France critiquent le rapport de la CIASE (Sauvé)

    IMPRIMER

    De Maximilien Bernard sur Riposte catholique :

    L’Académie catholique de France critique le rapport de la CIASE

  • Biden "le catholique" contre la liberté religieuse

    IMPRIMER

    De Luca Volontè sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le catholique Biden contre la liberté religieuse

    25-11-2021

    Le ministère américain de la santé a révoqué les exemptions accordées aux agences chrétiennes de placement familial qui souhaitent conserver leur identité chrétienne. Pour la énième fois, Biden se plie aux souhaits des avorteurs et des lobbyistes LGBTI.

    La liberté religieuse et la liberté de conscience sont de plus en plus menacées par les décisions de l'administration Biden, ce qui représente un réel danger pour la démocratie. Le premier droit de l'homme, sans lequel il n'y a pas de respect de la dignité et de la liberté de la personne vivante, est celui de la liberté de religion et de conscience, comme nous l'a enseigné tout le Magistère de Jean-Paul II. Ce sont précisément ces droits fondamentaux qui sont aujourd'hui limités et érodés par les décisions du président "catholique" Biden, dont l'administration, par le biais du département de la santé (HHS), a révoqué ces derniers jours les exemptions accordées aux agences d'adoption chrétiennes ayant un accord avec le gouvernement fédéral et résidant dans les États du Texas, du Michigan et de la Caroline du Sud, au motif qu'elles ne confient pas d'enfants à des couples LGBTI.

    Ces dérogations ont exempté ces organisations des exigences de "non-discrimination" imposées aux bénéficiaires de subventions fédérales, qui prévoient qu'"aucune personne éligible ne sera exclue de la participation, privée d'avantages ou soumise à une discrimination dans l'administration des programmes et services du HHS".  Dans la déclaration publique, le ministère de la Santé affirme que les dérogations constituent une "utilisation généralisée d'exemptions religieuses contre toute personne ou des chèques en blanc pour permettre la discrimination contre toute personne, y compris les personnes LGBTQ+, dans les programmes financés par les contribuables".

    Le secrétaire du HHS, Xavier Becerra, promoteur bien connu des multinationales de l'avortement et des lobbies LGBTI, a justifié la décision de supprimer les "exemptions inappropriées et trop larges" par la nécessité de faire en sorte que le département soit "mieux préparé à protéger le droit de chaque Américain à ne pas subir de discrimination", car au HHS, "nous prenons au sérieux toute violation des droits civils ou des libertés religieuses."

    Les cordons de la bourse publique sur les organisations caritatives et sociales qui ne renient pas leur identité et leur mission évangéliques sous couvert de " garantir les droits civils et les libertés religieuses " vont-ils se resserrer ? Nous en sommes maintenant à la déformation institutionnalisée du sens des mots et du bon sens, afin de répondre à tous les souhaits de la communauté LGBTI. La décision d'étrangler les réalités sociales chrétiennes avait été anticipée par FOXNews TV la semaine dernière, le 17 novembre, lorsque le diffuseur avait montré des projets de documents préparant la révocation des décisions de la précédente administration Trump en faveur de la liberté religieuse et de la liberté de conscience. Les projets de décisions envisagés par le ministère de la santé visent spécifiquement la mise en œuvre de la loi sur la restauration de la liberté religieuse (RFRA), une disposition qui exige que les réglementations fédérales garantissent le libre exercice de la liberté de religion et empêchent les violations du libre exercice de la religion, avec seulement deux exceptions très limitées. Sous l'administration Trump, en plus des nombreuses décisions en faveur et pour la protection de la liberté de religion et de conscience (en voici une liste précise), les organisations sociales et caritatives d'inspiration religieuse qui fournissaient des "services de placement familial" pour les mineurs se sont vu accorder le plein droit légalement protégé "de pratiquer leur foi par de bonnes œuvres".

    Le ministère de la Santé de l'époque, évaluant un cas d'agences chrétiennes en Caroline du Sud en 2019, avait reconnu que l'agence fédérale ne devait pas, "et en vertu des lois adoptées par le Congrès, ne peut pas, pousser les fournisseurs de soins d'accueil motivés par la foi hors de leur activité de service aux enfants sans un intérêt gouvernemental impérieux." Tout a changé à Washington, et depuis l'arrivée du nouveau locataire "démocrate catholique", tout change pour le pire. Biden, qui a déjà montré à maintes reprises qu'il se plie aux moindres désirs des avorteurs et des lobbies LGBTI, a cette fois-ci également exaucé les vœux des défenseurs des "droits civils" qui, au nom de la "non-discrimination", veulent étrangler les œuvres sociales et caritatives chrétiennes.

    Incroyablement, ce mépris pour l'esprit public des chrétiens se heurte aux faits de ces jours-ci. Le premier est le règlement de 2 millions de dollars de dommages et intérêts que la ville de Philadelphie (dirigée par les démocrates) doit verser aux services sociaux catholiques du diocèse, à la suite de l'arrêt de la Cour suprême de juin dernier qui a reconnu comme illégitimes les coupes dans le financement public de l'organisme catholique d'accueil et d'adoption, injustement accusé de " discrimination " à l'égard des couples LGBTI (Fulton v. City of Philadelphia). Deuxièmement, la publication par le prestigieux Becket Fund du "Religious Freedom Index", une enquête menée sur un échantillon de 1000 Américains représentatifs de l'ensemble de la société, dont les résultats montrent comment le soutien à la liberté religieuse dans le pays s'est renforcé, passant de 66% à 68%.

    Alors que Biden montre qu'il veut violer la liberté religieuse et la liberté de conscience dans les moindres détails, il se permet de convoquer une grande conférence mondiale sur "la démocratie et l'État de droit", dont les invités sont des dirigeants et des pays notoirement anti-chrétiens, comme le Pakistan, et de ne pas inviter ceux, en premier lieu la Hongrie, qui a construit sa crédibilité précisément sur la liberté religieuse des chrétiens. La culture "woke" a pris le contrôle de la Maison Blanche.

  • L'avortement : un choix qui n'est pas sans conséquences pour les couples

    IMPRIMER

    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    L’avortement laisse « des traces pour les couples »

    23 Nov, 2021
     

    « Poursuivre ou non une grossesse est une décision impactante pour un couple », explique Caroline Van Assche, thérapeute de couple. « Pour celles et ceux qui n’ont pas encore d’enfant, soit on reste à deux, soit on prend la décision de devenir une famille, au sens classique du terme ». Mais, ce choix peut être source de conflits (Cf. L’avortement, facteur d’égalité ? Faux, répondent 240 femmes universitaires).

    Mais Claire raconte qu’elle a décidé rapidement de recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG) (Cf. 222 000 avortements en 2020. Plus ou moins ?). Elle témoigne : « Je me suis mise tout de suite dans l’action, l’organisation de l’avortement. Ce n’est seulement qu’après que j’ai pu identifier ce que j’avais vécu et ressenti comme frustration. J’ai dû gérer pas mal de colère et de ressentis négatifs à l’égard de mon partenaire, car mon avis n’était pas si tranché, j’aurais été prête à accueillir cet enfant si on l’avait voulu à deux ».

    Après son avortement, Claire a traversé « une période de choc ». Elle a eu l’impression que la situation était « beaucoup plus simple » pour son petit ami que pour elle. Elle souligne « si l’autre dit ‘non’ et que toi tu ne veux pas avorter, tu te retrouves à assumer un peu seule la décision, de peut-être mettre à mal ton couple, de peut-être élever seule ton enfant, etc. Les hommes peuvent réellement écouter leurs désirs ou leurs non désirs parce que justement, ça ne se passe pas ‘en eux’ » (Cf. IVG : « C’était tellement écrasant que je me suis mise à pleurer »).

    Noémie témoigne aussi « sur le moment, mes besoins psychologiques étaient très importants. On n’accompagne pas quelqu’un qui vit son pire cauchemar de la même manière que l’on accompagne sa mère chez le garagiste » (Cf. IVG médicamenteuse : les visites aux urgences en hausse de 500%).

    Source : Magic Maman, Chloé Thibaud (19/11/2021)

  • Premier suicide assisté en Italie : la réaction de l’Académie pontificale pour la Vie

    IMPRIMER

    De Vatican News :

    L’Académie pontificale pour la Vie réagit au premier suicide assisté en Italie

    L’Académie pontificale pour la Vie, dirigée par Mgr Vincenzo Paglia, a diffusé une note après l’annonce du premier suicide assisté légalement encadré en Italie, et rendu possible par une décision de la Cour Constitutionnelle datant de 2019.

    L'Académie pontificale pour la Vie a réagi avec inquiétude concernant la situation du premier patient à recevoir le feu vert pour le suicide médicalement assisté en Italie, un homme paralysé depuis 11 ans à la suite d'un accident de voiture. Au terme d'un long processus, un comité d'éthique, après vérification de son état par un groupe de médecins spécialistes désignés par l'autorité sanitaire de la région des Marches, a confirmé que toutes les conditions d'accès légal au suicide assisté étaient remplies.

    Le sujet est délicat et controversé, et la souffrance causée par une pathologie telle que la tétraplégie est certainement compréhensible, reconnaît l’Académie pour la Vie, tout en posant une série d’interrogations douloureuses: «La légitimation de l'assistance au suicide, voire du meurtre consenti, par principe, ne pose-t-elle pas des questions ou des contradictions à une communauté civilisée qui considère le défaut d'assistance comme un crime grave et qui est prête à lutter contre la peine de mort? Les aveux douloureux de l'impuissance exceptionnelle à guérir et la reconnaissance du pouvoir normal de supprimer ne méritent-ils pas un langage plus digne pour indiquer le sérieux de notre serment de prendre soin de notre humanité souffrante? Tout ce que nous pouvons exprimer est la demande de rendre normal le geste de notre suppression mutuelle?», s’interroge l’Académie pontificale pour la Vie.

    Le chemin vers les soins palliatifs

    Selon l’Académie, il devrait y avoir d'autres moyens pour une communauté d'assumer la responsabilité de la vie de ses membres, en encourageant la considération que la vie elle-même a une valeur. Tout d'abord, «un accompagnement - comme dans les soins palliatifs - qui prend en compte l'ensemble des besoins personnels dans des circonstances aussi difficiles», y compris la possibilité de «suspendre les traitements jugés disproportionnés par le patient».

    Interrogé par la Section italienne de Vatican News, le vice-président de l’Union des Juristes catholiques italiens, Vincenzo Bassi, a pour sa part présenté ce suicide assisté comme une «défaite» et comme le signe de «l'incapacité de notre société à être proche des gens et à leur transmettre du sens, même dans une situation difficile comme celle d'une personne malade qui ne peut pas se déplacer».

    «Chaque vie a un sens, a-t-il insisté. Bien sûr, les gens peuvent comprendre cela par eux-mêmes, mais ce n'est pas facile. Nous avons besoin de personnes qui, jour après jour, confirment que la vie a un grand sens pour ceux qui vivent avec la personne malade. Si cette relation intime de compassion et d'amitié fait défaut, la vie est inévitablement difficile à comprendre, et les gens peuvent vouloir mourir.»

  • Les chiffres du rapport Sauvé : des extrapolations non vérifiées et non validées

    IMPRIMER

    De Xavier Guillaume sur le site de La Nef :

    Les chiffres du rapport de la Ciase : critique méthodologique

    Tribune libre

    Le rapport remis par la CIASE a choqué beaucoup de personnes non pas tant par la révélation d’un phénomène déjà largement connu que par l’ampleur estimée de ce phénomène : il y aurait 330 000 victimes entre 1950 et 2020 dont 216 000 par des membres du clergé (prêtres ou religieux). Ces chiffres sont bien au-delà de toute estimation préalable. Pour rappel, Jean-Marc Sauvé estimait en mars 2021 à plus de 10 000 le nombre de victimes (1), a priori sur la base de l’appel à témoins et de l’exploration des archives de la Justice et de l’Église. Cette première estimation a donc été multipliée par 30 environ…

    Cette extrapolation a été obtenue sur la base des résultats d’un sondage d’un échantillon représentatif de la population française. Or il s’avère que réaliser ce genre de sondage (pour le secteur de la santé spécifiquement) est justement mon métier, et j’en connais les limites et les biais possibles. Lorsque le rapport de la CIASE est tombé, c’est donc avec un intérêt tout professionnel que j’ai voulu comprendre comment l’Inserm avait procédé. Le problème avec ce genre d’enquête est double : premièrement, il faut arriver à construire un échantillon représentatif qui ne soit pas biaisé, et deuxièmement il faut poser les questions de manière assez intelligente pour limiter le risque de réponse erronée ou simplement mensongère.

    Le problème du questionnaire

    Or je pense qu’il y a un souci avec la façon dont le questionnaire (que l’on peut trouver en page 400 de leur rapport) a été conçu. En effet, ceux qui cliquaient sur le lien avaient directement en introduction l’objectif de l’enquête qui « vise à mieux cerner l’ampleur des abus sexuels dans notre pays ». C’est de mon point de vue une erreur qui introduit un biais quant à la garantie de l’honnêteté des réponses et la représentativité de l’échantillon. En gros, ils ont annoncé d’emblée la couleur de ce qu’ils cherchaient à mesurer, ce qui à mon sens peut introduire au moins deux problèmes :

    1/ Il y a un risque quant à la représentativité de l’échantillon car il est possible que des personnes concernées par le sujet aient une plus grande probabilité de répondre que des personnes non concernées que le sujet n’intéresse pas, voire répondent plus rapidement au questionnaire et soient donc plus représentées (car la méthode des quotas appliquée à l’enquête fait que quand un quota est atteint, celui-ci est « fermé » et les autres répondants ayant le même profil sont simplement exclus de l’enquête).

    2/ Plus embêtant est le fait que les répondants au sondage ont été trouvés via ce qu’on appelle des panels Internet (p. 376 du rapport de l’Inserm). Il s’agit donc de personnes étant inscrites auprès de sociétés spécialisées pour participer à des sondages. En échange du temps qu’elles acceptent de passer à répondre aux sondages, elles reçoivent généralement une gratification par exemple sous forme de « points cadeaux » échangeables contre des lots. Cette gratification est proportionnelle à la longueur du questionnaire, ce qui fait que certains panélistes peuvent être tentés de répondre positivement à certaines questions pour être sûrs de répondre à tout le questionnaire. On comprend alors que puisqu’il était annoncé d’entrée de jeu ce qu’il fallait répondre pour aller plus loin dans le questionnaire (avoir subi un abus), le risque de fausse déclaration est à mon avis bien réel. D’expérience, quand on a pu faire l’erreur d’annoncer d’emblée ce que l’on cherchait dans nos études de prévalence utilisant ce type de panels, on s’est toujours retrouvé avec des chiffres surestimés.

    Je pense donc que le pourcentage de personnes disant avoir subi un abus doit être pris avec grande précaution. Certes, la taille d’échantillon (plus de 28 000 répondants) impressionne mais cela ne doit pas masquer les biais importants liés à la façon dont le questionnaire a été construit et administré.

    Sur les données collectées

    Ceci étant dit, et malgré la réserve méthodologique que je peux avoir, rien n’empêche de s’intéresser aux données collectées et d’essayer de voir ce qu’elles racontent. Et là encore, on trouve des choses intéressantes. Je ne vais bien entendu pas faire une analyse des résultats obtenus mais simplement me concentrer sur deux chiffres issus de cette enquête qui m’ont laissé perplexe, sans qu’ils aient pour autant donné lieu à une analyse approfondie de l’Inserm ou de la CIASE :

    Lire la suite

  • Quand l'embryon avorté devient un "échantillon" pour la recherche

    IMPRIMER

    De Gènéthique magazine :

    L’embryon : de l’avortement au matériau de laboratoire

    23 Nov, 2021

    Des chercheurs de l’université d’Oxford, de Cambridge et du German Research Center for Environmental Health ont observé le développement d’un embryon à un stade encore jamais étudié de la sorte : « un embryon humain entier en cours de gastrulation, dont l’âge se situe entre 16 et 19 jours après la fécondation ». Des recherches publiées dans le journal Nature le 17 novembre[1], suscitant de nombreuses retombées enthousiastes : une étude « historique », une « pierre de Rosette » …mais qui soulève de nombreux problèmes éthiques

    Lors de la gastrulation, qui se produit la troisième semaine après la fécondation, les cellules de l’embryon commencent à se différencier. A ce stade, certains gènes sont activés. « Vous avez une sorte d’explosion de la diversité cellulaire »[2], explique Shankar Srinivas, chercheur à l’université d’Oxford et auteur de l’étude. Un processus « magnifique », s’émerveille-t-il.

    « La souris est en fait un très bon modèle de l’homme »

    Son équipe « a disséqué l’échantillon d’un embryon humain » avant d’utiliser le séquençage de l’ARN en cellule unique pour déterminer quels gènes étaient actifs dans chacune des plus de 1 000 cellules dissociées. Ils ont ensuite identifié « quelles cellules ont été activées pour jouer certains rôles, et où elles se trouvent dans l’embryon âgé de plusieurs semaines ». Et en comparant leurs résultats avec les observations d’embryons de souris, les chercheurs ont trouvé plus de similitudes que de différences. Ce que résume Shankar Srinivas : « La souris est en fait un très bon modèle de l’homme ».

    Les chercheurs ont toutefois noté des différences : « la présence de protocellules sanguines chez l’homme beaucoup plus tôt que chez la souris » et « l’absence de système nerveux » chez l’embryon humain à ce stade. Un argument que voudraient utiliser les chercheurs pour promouvoir la culture d’embryons au-delà de 14 jours (cf. Recherche sur l’embryon : plus aucune limite ?).

    De l’avortement au matériau de laboratoire

    La gastrulation est impossible à observer pendant une grossesse. Alors comment les scientifiques ont-ils pu effectuer cette recherche ? En utilisant un « échantillon » d’une « rareté exceptionnelle » provenant du Human Developmental Biology Resource. Cet « échantillon » est en fait un embryon avorté, avant d’être donné à la recherche. Shankar Srinivas a expliqué avoir passé cinq ans sur liste d’attente pour l’obtenir. Et que « l’idéal serait de disposer d’un plus grand nombre d’échantillons de ce type à comparer ».

    Dans leur article, à la rubrique « déclarations éthiques », les auteurs rassurent sur leur absence de conflit d’intérêts. Apparemment leur seule préoccupation éthique.

     

    [1] Richard C. V. Tyser et al, Single-cell transcriptomic characterization of a gastrulating human embryo, Nature (2021). DOI: 10.1038/s41586-021-04158-y

    [2] Phys.org, ‘Landmark’ study probes crucial phase of embryo development, Natalie Handel (17/11/2021)