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Traditionis custodes au coeur de la rencontre entre le pape et les évêques de France

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De Loup Besmond de Senneville sur le site du journal La Croix :

État de l’Église, abus sexuels, traditionalistes : ce que le pape François a dit aux évêques français

Au cours d’une audience particulièrement longue, le pape François a librement échangé, jeudi 23 septembre, avec les évêques français des régions de Paris, Lyon et Clermont-Ferrand. « La France est la fille aînée de l’Église. Ce n’est pas la plus fidèle, mais c’est le lieu de créativité », leur a-t-il affirmé.

23/09/2021

Deux heures et vingt minutes. C’est la durée d’une rencontre exceptionnellement longue, jeudi 23 septembre au matin, entre le pape François et une vingtaine d’évêques de France, à Rome. Venus des régions de Paris, Lyon et Clermont-Ferrand, les hauts responsables catholiques français ont échangé avec l’évêque de Rome, en italien et à huis clos, laissant les discours préparés pour laisser libre au cours aux questions-réponses.

Et parmi elles, cette question de l’évêque de Viviers, Mgr Jean-Louis Balsa : « Que trouvez-vous le plus beau en France ? » « La France est la fille aînée de l’Église. Ce n’est pas la plus fidèle, mais c’est le lieu de créativité. De créativité humaine, pastorale et spirituelle », a répondu le pape. Qui a ajouté, un peu plus tard : « En France, vous êtes les rois de la nuance. »

« Ce qui intéressait le pape, c’était de discuter avec nous de manière informelle », a expliqué Mgr Michel Aupetit, l’archevêque de Paris, au cours d’une rencontre avec des journalistes, quelques heures après la rencontre avec François. « Ce sont nos questions qui ont alimenté ce dialogue, de manière très simple et fraternelle », a-t-il poursuivi. À la sortie, plusieurs évêques, de toute sensibilité, interrogés par La Croix, se sont dits « impressionnés » et « réconfortés » par cette rencontre, intervenue au quatrième jour de leur visite ad limina.

Épuisement, burn-out

Au cours de leur échange, les Français ont notamment évoqué le poids de la charge épiscopale, allant même jusqu’à évoquer des phénomènes d’« épuisement » et de « burn-out », selon l’un des participants. « Il nous a dit de remettre les difficultés au Seigneur, d’être dans la confiance », explique ce dernier.

Parmi les sujets abordés, avec le pape mais aussi dans plusieurs dicastères romains, figure également le motu proprio Traditionis Custodes, publié en juillet, qui restreint fortement la possibilité de célébrer la messe selon la forme préconciliaire. « Le pape a dit que ce qu’il avait voulu faire, c’était de rétablir l’unité de l’Église en luttant contre l’idéologie qu’il craignait voir apparaître », a expliqué Mgr Aupetit, en précisant que François avait mentionné des risques « particulièrement aux États-Unis, en Suisse et un peu en France »« Ce qui n’est pas faux », a commenté Mgr Aupetit.

« Risque de dérive »

« Il a senti un risque de dérive et il a fait un choix », a résumé l’archevêque de Lyon, Mgr Olivier de Germay. Le nouveau primat des Gaules a notamment signalé au pape qu’il était selon lui « important de prendre en compte une diversité de situations en la matière »« On sait très bien que parmi ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire, il y a chez certains un risque de séparation, précise Mgr de Germay. Mais ce n’est pas le cas de tous. Je lui ai dit : "Dans Amoris Laetitia, vous nous invitez à prendre en compte la diversité des situations. Ici, il faudrait faire la même chose." » Qu’a répondu François ? « Il nous a dit qu’il était d’accord, explique Mgr de Germay. Il nous a renvoyés à notre rôle d’évêque en nous disant que c’était à nous de prendre nos responsabilités. »

Autre thème sensible évoqué par les évêques et le pape François : les abus sexuels, et le futur rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), qui doit être publié le 5 octobre. « Le pape nous a dit que l’important était de faire la vérité », a rapporté Mgr Aupetit. Selon qui François a incité ses interlocuteurs à « regarder la vérité en face »« Il nous a conseillé de prendre cela au sérieux, a complété Mgr de Germay. Et de voir également ce qui, dans le fonctionnement de l’Église, a pu conduire ou peut conduire à ce genre de dérive. »

Les évêques français doivent poursuivre leurs rencontres, à Rome, vendredi 24 septembre. Ils s’entretiendront notamment avec les responsables du dicastère en charge du culte divin, ainsi qu’avec des membres de la commission pontificale pour la lutte contre les abus sexuels sur les mineurs.

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