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Pourquoi je ne serai pas protestant (en réponse à Madame Tonus)

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   L'annonce par une tertiaire dominicaine relativement médiatique de sa conversion au protestantisme n'a pas fini de faire des vagues. Pour Belgicatho, Paul Vaute fait le point sur les questions fondamentales que soulèvent cette démarche et la manière dont elle a été communiquée. Il répond aussi aux arguments les plus souvent lus ou entendus.

   La laïque dominicaine belge Myriam Tonus, conférencière, essayiste et chroniqueuse prisée de longue date par les médias de toutes obédiences, a fait savoir au début janvier qu'elle avait quitté l'Eglise catholique pour rejoindre l'Eglise protestante unie de Belgique (Epub). Son départ, a-t-elle précisé, est intervenu à la suite "d'une décision longuement mûrie, née d'une réflexion critique notamment sur l'institution et la place des femmes". Elle se dit en outre heureuse d'éprouver "l'impression d’aller dans un plus grand dépouillement au cœur de la foi chrétienne" [1].

   L'annonce a suscité sur les réseaux sociaux des réactions parfois virulentes, qu'il ne peut être question de cautionner ici. Il est en revanche singulier que des voix se soient élevées pour déplorer qu'on puisse "encore", même en termes mesurés, tenir un discours critique du protestantisme.

   Que je sache, l'œcuménisme promu par le concile Vatican II et le magistère depuis lors n'a pas aboli les différences. Le retour à une seule confession chrétienne demeure pour l'heure un vœu, certes pieux. Il est par ailleurs bien singulier que ceux qui s'offusquent notamment des "anathèmes" de "jeunes croyants qui s'érigent en gardiens d'une orthodoxie qu'ils jugent menacée" [2] n'esquissent pas le moindre froncement de sourcils quand des voix protestantes, en ce compris celle de la dernière néophyte, déblatèrent allègrement la hiérarchie et les enseignements romains. Quitte dès lors à froisser quelques gentil(le)s ingénu(e)s, c'est notre différence que je vais affirmer ici. Non pas en théologien que je ne suis pas, mais en historien et journaliste émérite, armé du minimum de sensus fidelium auquel je peux légitimement prétendre.

 

[1] https://www.cathobel.be/2026/01/myriam-tonus-rejoint-leglise-protestante-ce-qui-me-rend-heureuse-limpression-daller-dans-un-plus-grand-depouillement-au-coeur-de-la-foi-chretienne/

[2] https://www.cathobel.be/2026/01/si-la-liberte-de-conscience-de-myriam-tonus-nous-questionne-la-violence-numerique-doit-plus-encore-nous-interpeller/

Une chaîne ininterrompue 

   Ayant, pendant mes trente-six années de vie professionnelle, rencontré souvent longuement des personnalités de toutes religions et convictions, je m'en suis trouvé conforté dans cette évidence qu'il n'y a de vrai dialogue qu'en pleine et entière vérité, en étant si j'ose dire "d'accord sur nos désaccords" autant que sur nos accords. Je garde un souvenir ému et admiratif de mes entretiens avec des protestants ou des anglicans tels que le philosophe Jean Brun et l'historien Pierre Chaunu, deux grands esprits conservateurs. Je pourrais citer aussi, comme inscrits dans les mêmes traditions, Jacques Ellul, François Bluche, Marvin Olasky, Mary Harrington, d'autres encore...

   Il serait ridicule de prétendre qu'il ne peut y avoir aucune lumière dans cette constellation. Je n'ignore pas davantage la dernière prière du Christ, qui fut pour l'unité [3], ni les exhortations de saint Paul contre les divisions et les rivalités [4]. Prier et œuvrer pour la réunion des chrétiens est un devoir, mais on doit avoir le droit de professer qu'elle ne se réalisera pas hors du pivot que constitue l'Eglise issue de saint Pierre et du premier collège apostolique, seule à être institutionnellement continue depuis deux millénaires. Entre les premières impositions des mains par les apôtres à leurs successeurs et celles qui accompagnent les ordinations d'aujourd'hui partout dans le monde, la chaîne est ininterrompue. Cela seul tient déjà du miracle. Qui croit sérieusement que la réconciliation puisse se réaliser au sein de cette Onu des religions que constitue le Conseil œcuménique des Eglise, à peu près aussi bavarde et inefficace que l'Onu des nations ?

   Je ne m'aventurerai pas sur le terrain des débats relatifs à la sotériologie, au sola scriptura, à la transsubstantiation ou aux indulgences. Je constate seulement que les erreurs et les fautes des ecclésiastiques catholiques, parfois jusqu'au plus haut niveau, n'ont pas empêché que le Credo fut en tout temps préservé et transmis sans faillir. A toutes époques, en outre, se sont levés des saints, connus ou non, qui ont contribué localement ou davantage à défendre et illustrer la Bonne Nouvelle. Malheureusement, le protestantisme a récusé ces figures dont il fit détruire d'innombrables statues et images au XVIe siècle, blessant au plus profond le cœur du peuple fidèle.

Du puritain au libéral

   Bien évidemment, énoncer quelque grief que ce soit envers la religion dite réformée s'avère malaisé, tant sont nombreuses et diverses les chapelles qui s'en réclament. On est en présence d'une sorte d'auberge espagnole où chacun peut retrouver ses propres aspirations ou ses penchants. A toute objection, il sera toujours possible de répondre qu'elle concerne tel courant mais non tel autre. Quoi de commun entre les communautés libérales qui accordent la Bible à toutes les sauces permissives de notre temps et les évangélistes dont la sévérité morale aurait ravi la reine Victoria (quoique…) ?

   Les premières, qui assument d'être proches par leurs positions de la laïcité militante, sont nées en réaction contre l'héritage que les secondes perpétuent non sans succès, à l'aide de moyens financiers considérables, particulièrement en Afrique et en Amérique. C'est l'éternel phénomène du retour de balancier. Tout le monde n'a manifestement pas tiré les leçons des dégâts engendrés par le rigorisme implacable de Jean Calvin, lequel a parfois percolé en milieux catholiques. Il a été personnifié avec une exactitude implacable par les puritains anglais des romans de Dickens, chez qui le moralisme extrême et oppressif est devenu le seul identifiant après l'abandon des dogmes théologiques. La mauvaise conscience les taraude pour avoir simplement savouré un bon repas. Il leur est même interdit de rire le dimanche!

De la Réforme au Polizeistaat

   L'enseignement de Martin Luther, dans nombre de ses aspects, n'est pas moins lourd à porter. Selon les termes de l'historien américain – et protestant – William Shirer, le réformateur de Wittemberg "était à la fois un antisémite passionné et un défenseur de l'autorité politique absolue". Voulant débarrasser l'Allemagne de ses Juifs, il conseilla de leur enlever "toute leur fortune, leurs bijoux, leur argent et leur or" et de "mettre le feu à leurs synagogues et à leurs écoles, de détruire leurs maisons"… et j'en passe [5]! A ceux qui relativiseraient cet appel aux pogroms en arguant qu'il faut "le replacer dans le contexte de l'époque", je rappellerai que l'Eglise catholique, au même moment, corrigea la notion du Juif déicide, à l'origine de bien des persécutions: "Notre crime à nous est plus grand que celui des Juifs, affirma le concile de Trente, celui de la Contre-Réforme, car eux, s'ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne l'auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de le connaître" [6].  

   Il est tout aussi avéré que le recours de Luther aux princes et sa conception de l'autorité ont contribué effectivement à l'apparition de la conception allemande d'une culture qui s'est voulue originale et supérieure ainsi que de l'obéissance inconditionnelle à un Etat tout-puissant. Réclamant les mesures les plus sévères contre les paysans en révolte, qualifiés de "chiens enragés", l'auteur des 95 thèses permit aux monarques et seigneurs, devenus évêques sur leurs terres, de cumuler les pouvoirs temporel et spirituel, devant autant de "césaropapes" sans limites… tout en s'emparant des biens des paroisses, des évêchés et des ordres religieux, ce qui ne fut pas pour beaucoup d'entre eux la moindre des motivations.

   A l'opposé de la conception courante qui associe protestantisme et liberté, Stefan Zweig, dans un essai achevé en plein apogée du national-socialisme, où il était question du conflit qui opposa Sébastien Castellion à Jean Calvin à propos de la tolérance, n'hésita pas à rapprocher la Genève calviniste et l'Allemagne nazie, Calvin et Hitler, les disciples de Guillaume Farel, qui fit adopter la Réforme dans la ville suisse, et les hordes hitlériennes [7]. Quelques années auparavant, dans ses Réflexions d'un solitaire, écrites en captivité en Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, Henri Pirenne notait qu'au lieu de favoriser l'essor des libertés publiques, le luthéranisme avait renforcé le pouvoir du prince et l'étatisme prussien [8]. La filiation ne s'arrête pas avec la chute du Troisième Reich. En 1967, à l'occasion du 450e anniversaire de la fronde de Luther, la République démocratique allemande (communiste) le célébra ni plus ni moins comme un de ses pères idéologiques! Elle pouvait, il est vrai, se réclamer d'Engels qui voyait dans le moine insurgé le promoteur d'une révolution sociopolitique malheureusement abandonnée au milieu du gué. Et ce n'est pas fortuitement que dans La roue rouge, Soljenitsyne décrit le "petit regard approbateur" que Lénine, en exil à Zurich, jette chaque fois qu'il passe devant la statue d'Ulrich Zwingli, la troisième figure du schisme, portant la Bible et l'épée devant la Wasserkirche qu'il a arrachée aux prêtres pour la séculariser [9].

   A l'égard de leurs opposants, les réformés ne sont pas plus tendres que ceux dont ils prétendent se démarquer. Luther, que Charles Quint a épargné malgré l'horreur que lui inspirait sa doctrine, signe sans état d'âme la requête de Melanchthon pour l'exécution des anabaptistes. Et Calvin juge licite de condamner les hérétiques au bûcher. Des deux côtés de la frontière religieuse qui va déchirer l'Europe, les crimes contre la foi sont les plus graves.

Individualisme et serf arbitre

   La rupture avec Rome n'a pas fini, de nos jours, de produire ses effets dans la plupart des pays réformés. Que ce soit au Danemark, en Norvège, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni…, on s'accommode avec une facilité déconcertante du maintien du statut de la religion d'Etat. J'ai demandé naguère à l'historien français Daniel Ligou, alors un des hauts responsables du Grand Orient, auteur notamment d'un volumineux Dictionnaire de la franc-maçonnerie [10], pourquoi les Loges, si attachées à la séparation de l'Eglise et de l'Etat en pays catholiques, acceptent sans difficulté qu'en Angleterre, le Souverain soit aussi le gouverneur suprême de l'Eglise anglicane. "Oh!... Cette Eglise-là n'est pas embêtante", me répondit mon interlocuteur. Drôle de compliment...

   En même temps – et on retrouve ici le double visage de nos frères séparés – Luther, l'ami des despotes, qui ne supporte pas le luxe de tolérance et, il faut bien le dire, parfois de scepticisme et de lasciveté que s'accorde alors la hiérarchie de l'Eglise solidement établie,  n'en figure pas moins en pole position parmi ceux qui libèrent les forces conduisant aux Lumières, au libre examinisme, au renversement de l'Ancien Régime, à nos Etats entièrement laïcisés, à la contestation permanente des principes d'autorité et de gouvernement, et finalement au triomphe soixante-huitard de l'individualisme aspirant à une liberté sans borne, toute éthique étant considérée comme une entrave, tout pouvoir comme un abus, tout interdit comme une atteinte aux droits imprescriptibles de l'homme. Si les autorités politiques ont aujourd'hui moins de poids que les géants d'Internet, les mafias, les groupes de pression, la haute finance internationale..., l'esprit protestant n'y est pas étranger. Même si son information historique était parfois lacunaire, les constats de Max Weber à cet égard demeurent globalement pertinents [11].

   Certes, nombre de fidèles des paroisses de l'Epub ou des assemblées pentecôtistes ne se reconnaîtront pas dans ce fil rouge. C'est néanmoins sous l'influence protestante que la modernité a fait reposer son emprise durable sur l'égoïsme érigé en vertu. Une abondante historiographie a mis en lumière l'impact sociétal des conceptions de la "sola fide" ("la foi seule") et de la réussite matérielle comme signe d'élection divine. L'orthodoxe Soljenitsyne a appuyé ces observations autant que le ferait un catholique "classique": "Le calvinisme dit que rien ne dépend de l'homme, que la foi est déjà prédéterminée. Et aussi, dans sa protestation tranchante contre le catholicisme, le protestantisme s'est empressé de mettre au rebut, en même temps que le rituel, tous les aspects mystérieux, mythiques et mystiques de la foi. En ce sens, il a appauvri la religion" [12].

   Les artisans de l'œuvre destructrice se sont révélés ensuite incapables de construire: le chrétien seul face aux livres saints a subi en fait la médiation des exégètes; la haine de toute supériorité a fait réduire le prêtre au rang d'homme ordinaire; un anti-intellectualisme luthérien – comparable à celui de Rousseau – a fait le lit de ses dérives modernes, favorisé par la formation occamiste et nominaliste du fondateur qui avait déclaré la guerre à la raison, "putain insensée et aveugle du diable" [13]; la responsabilité d'un chacun s'est trouvée abrogée, le gouvernement divin n'étant censé laisser à l'homme qu'un serf arbitre – position  qu'Erasme, par ailleurs critique envers l'institution ecclésiale, combattit vigoureusement…

   Ce catalogue des… raisons de ne pas être protestant ne prétend, bien sûr, pas à l'exhaustivité.

Ce que femme veut... 

   Dans un journal qui lui ouvre régulièrement ses colonnes, la fraîchement convertie qui m'a incité à commettre le présent article a suggéré qu'elle était peut-être, depuis longtemps, protestante sans le savoir [14]. Cela n'étonnera pas ses lecteurs ou auditeurs réguliers. Une amie historienne, qui prend sa foi au sérieux, me disait il y a quelques mois que les articles de Myriam Tonus lui donnaient l'impression d'avoir été écrits par une laïque, au sens philosophique du terme. Dans le courant du protestantisme libéral, celui que la publiciste "formée en théologie" (selon ses dires) a rejoint, elle ne sera certainement pas dépaysée.

   Sur la place des femmes dans l'Eglise, qu'elle mentionne comme une de ses principales pierres d'achoppement avec le magistère catholique, je me permets de renvoyer à l'analyse que j'ai proposée ici même du mauvais procès réitéré depuis des décennies contre un enseignement qui ne met en cause ni l'égale dignité de l'homme et de la femme, réaffirmée avec force par saint Jean-Paul II notamment, ni l'accès de certaines femmes à des professions où elles étaient absentes naguère. Mais la prêtrise est autre chose qu'un métier. Le sens commun élémentaire veut qu'on ne demande pas, au théâtre, à une femme de jouer le rôle d'Hamlet ou à un homme celui d'Antigone. Le genre qui convient est a fortiori tout désigné s'il s'agit de ceux qui ont pour fonction de rendre le Christ présent [15].

   L'ex-tertiaire dominicaine, qui déplore l'absence de toute "évolution" dans l'enseignement de l'Eglise, ne lui cède en rien quant au refus de changer de cap. Ainsi est-ce avec sa casquette de féministe ecclésiale qu'elle a signé bien des perles, notamment celle-ci: "Saint Thomas d'Aquin n'affirmait-il pas que la femme est un "mas abortus", un mâle raté, un avorton ?" [16]. On recalerait à bon droit tout étudiant qui résumerait de la sorte la pensée du Doctor angelicus, influencé certes par la philosophie antique, mais qui ne s'en opposait pas moins à la biologie d'Aristote. S'il admettait la vision de la femme comme étant "accidentellement inachevée", c'était uniquement au plan corporel et non pour ce qui concerne l'âme, c'est-à-dire l'essentiel [17].

   Un autre exemple de l'honnêteté intellectuelle très relative des tenant(e)s de cette mouvance vient de me tomber sous les yeux. Rendant hommage à son amie Myriam, une égérie du féminisme militant radical réclame un changement de la discipline de l'Eglise catholique, "celle-là même qui entraîne tant de déviances sexuelles" [18]. Le lien ainsi suggéré entre le célibat des prêtres et religieux et la pédophilie ou d'autres formes de harcèlement est tout simplement odieux. Il revient à jeter l'opprobre sur toutes les personnes célibataires, que ce soit par vœu, par choix ou par les circonstances de la vie. On ne sera jamais trop sévère envers les ecclésiastiques qui ont profité de leur position pour abuser d'enfants. Je ne serai pas le dernier à souhaiter qu'on leur lie une meule au cou et qu'on les précipite au fond de la mer [19]. Mais il n'y a pas de célibat imposé, il y a même parfois une grande permissivité, dans les milieux artistiques, sportifs, scolaires, humanitaires, télévisuels… où enfants et adultes victimes d'abus le font aujourd'hui savoir. D'un relevé quantitatif aux Etats-Unis, il est ressorti qu'il n'y avait proportionnellement pas moins prédateurs parmi les pasteurs protestants mariés que parmi les prêtres astreints à la chasteté. C'est en outre dans le milieu familial, particulièrement celui des familles recomposées, que les faits de pédophilie sont les plus nombreux. Si on en parle beaucoup moins, c'est parce qu'il n'y a pas d'institution représentative des familles ou des couples qu'on pourrait mettre au banc des accusés. Il est aussi un certain air du temps que les médias dominants n'aiment pas trop mettre en cause pour y avoir eux-mêmes participé. Ainsi n'a-t-on manifestement pas assez rappelé la parution au milieu des années '70, dans les quotidiens français Libération – avec une image écœurante – et Le Monde, de pétitions réclamant le droit pour les adultes d'éveiller les enfants à la sexualité, pétitions signées par des intellectuels portés au pinacle comme Foucault, Sartre, Beauvoir, Deleuze, Barthes ou Chatelet. De même préfère-t-on oublier que la comédie musicale Hair, représentée avec grand succès à partir de 1968, comportait une chanson évoquant, sans la moindre réserve, une relation sexuelle avec une mineure.

   Je terminerai par une petite parabole que Gustave Thibon aimait raconter [20]. C'est celle de ce meurtrier qui, pris de remords, alla se confier à un pasteur protestant, ayant été élevé dans cette religion. "Monsieur le pasteur, j’ai tué", dit-il au ministre du culte. Celui-ci, pris d'une colère noire, lui fit une diatribe accablante, parsemée de "malheureux, qu'as-tu fait là ?". C'est que le geste de l'assassin indiquait à suffisance qu'il était né pour être réprouvé. Désappointé et pour cause, l'homme décida, à tout hasard, d'entrer dans une église catholique et d'aller se confesser au prêtre. "Monsieur le curé, j’ai tué", lui déclara-t-il d'emblée. Et l'homme de Dieu, sans se démonter, de demander calmement: "Combien de fois, mon fils ?". Ce jour-là, le larron s'est converti au catholicisme.

PAUL VAUTE
Historien, journaliste honoraire

 

[3] Jean 17:21.

[4] 1 Corinthiens 1:10-13.

[5] Cité in William L. SHIRER, Le Troisième Reich. Des origines à la chute, trad., Paris, Stock, 1960, p. 258.

[6] Catéchisme du concile de Trente, 1570, ch. 5, § III.

[7] Castellion contre Calvin, ou Conscience contre violence (1936), trad., Paris, Bernard Grasset, 1946.

[8] Henri PIRENNE, Histoires de l'Europe. Œuvres choisies (1886-1937), éd. Geneviève Warland & Alain Marchandisse, (Paris), Gallimard (coll. "Quarto"), 2023,, p. 1331.

[9] Novembre seize (1981), ch. 43.

[10] Aux Presses universitaires de France, 1987, rééd. 2006.

[11] L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, 1904-1905, trad. et rééd. notamment chez Flammarion (coll. "Champs classiques"), (Paris), 2008.

[12] Joseph PEARCE, Solzhenitsyn. A Soul in Exile (1999), éd. rev. et mise à jour, San Francisco, Ignatius Press, 2011, p. 328, entretien avec l'auteur.

[13] Ce propos est si souvent cité sans référence que j'ai tenu à en vérifier l'authenticité. Le voici, parmi bien d'autres de même teneur: "Das will die doll, blindt huer, di vornufft, welche mit dem Teuffel buletth, sych nicht uberreden lassen", Martin LUTHER, Werke: Kritische Gesamtausgabe, vol. 9: Schriften und Predigten 1509/21 (Nachträge und Ergänzungen zu Bd. 1-8), Weimar, Hermann Böhlau & Nachfolger, 1893, p. 559, n. 28-29.

[14] https://www.lalibre.be/debats/opinions/2026/01/30/la-foi-comme-chemin-4ISE3J2E6ZFBNOBN22YMETNZDA/

[15] "La femme est-elle l'avenir de Rome ?", 11 nov. 2024, http://www.belgicatho.be/archive/2024/11/11/la-femme-est-elle-l-avenir-de-rome-6522541.html#more

[16] La Libre Belgique, 29-30 nov. 2003.

[17] Saint THOMAS D'AQUIN, Somme théologique (v. 1266 - v. 1273), Ia, quest. 92, arts 1, 3.

[18] https://www.lalibre.be/debats/opinions/2026/01/20/je-suis-en-colere-contre-leglise-catholique-qui-nevolue-pas-GJSQZ5GLTREVDAFBXSIDSDQAOE/

[19] Matthieu 18:6.

[20] Notamment dans Famille chrétienne, article repris ici, http://www.belgicatho.be/archive/2013/11/28/gustave-thibon-le-questionnaire-vingt-ans-apres-5232912.html

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