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Patrimoine religieux

  • La joie parfaite selon saint François d'Assise

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    Comment Saint François, cheminant avec frère Léon, lui exposa ce qu'est la joie parfaite :

    saint François 220px-StFrancis_part.jpgComme saint François allait de Pérouse à Sainte Marie des Anges avec frère Léon, au temps d'hiver, et que le froid très vif le faisait beaucoup souffrir, il appela frère Léon qui marchait un peu en avant, et parla ainsi : « O frère Léon, alors même que les frères Mineurs donneraient en tout pays un grand exemple de sainteté et de bonne édification, néanmoins écris et note avec soin que là n'est pas point la joie parfaite. »

    Et saint François allant plus loin l'appela une seconde fois : « O frère Léon, quand même le frère Mineur ferait voir les aveugles, redresserait les contrefaits, chasserait les démons, rendrait l'ouïe aux sourds, la marche aux boiteux, la parole aux muets et, ce qui est un plus grand miracle, ressusciterait des morts de quatre jours, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

    Marchant encore un peu, saint François s'écria d'une voix forte : « O frère Léon, si le frère Mineur savait toutes les langues et toutes les sciences et toutes les Écritures, en sorte qu'il saurait prophétiser et révéler non seulement les choses futures, mais même les secrets des consciences et des âmes, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

    Allant un peu plus loin, saint François appela encore d'une voix forte : « O frère Léon, petite brebis de Dieu, quand même le frère parlerait la langue des Anges et saurait le cours des astres et les vertus des herbes, et que lui seraient révélés tous les trésors de la terre, et qu'il connaîtrait les vertus des oiseaux et des poissons, de tous les animaux et des hommes, des arbres et des pierres, des racines et des eaux, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite. »

    Et faisant encore un peu de chemin, saint François appela d'une voix forte : « O frère Léon, quand même le frère Mineur saurait si bien prêcher qu'il convertirait tous les fidèles à la foi du Christ, écris que là n'est point la joie parfaite. »

    Et comme de tels propos avaient bien duré pendant deux milles, frère Léon, fort étonné, l'interrogea et dit : « Père, je te prie, de la part de Dieu, de me dire où est la joie parfaite. » et saint François lui répondit : « Quand nous arriverons à Sainte-Marie-des-Anges, ainsi trempés par la pluie et glacés par le froid, souillés de boue et tourmentés par la faim, et que nous frapperons à la porte du couvent, et que le portier viendra en colère et dira : « Qui êtes-vous ? » et que nous lui répondrons : « Nous sommes deux de vos frères », et qu'il dira : « Vous ne dites pas vrai, vous êtes même deux ribauds qui allez trompant le monde et volant les aumônes des pauvres ; allez-vous en » ; et quand il ne nous ouvrira pas et qu'il nous fera rester dehors dans la neige et la pluie, avec le froid et la faim, jusqu'à la nuit, alors si nous supportons avec patience, sans trouble et sans murmurer contre lui, tant d'injures et tant de cruauté et tant de rebuffades, et si nous pensons avec humilité et charité que ce portier nous connaît véritablement, et que Dieu le fait parler contre nous, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

    Et si nous persistons à frapper, et qu'il sorte en colère, et qu'il nous chasse comme des vauriens importuns, avec force vilenies et soufflets en disant : « Allez-vous-en d'ici misérables petits voleurs, allez à l'hôpital, car ici vous ne mangerez ni ne logerez », si nous supportons tout cela avec patience, avec allégresse, dans un bon esprit de charité, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

    Et si nous, contraints pourtant par la faim, et par le froid, et par la nuit, nous frappons encore et appelons et le supplions pour l'amour de Dieu, avec de grands gémissements, de nous ouvrir et de nous faire cependant entrer, et qu'il dise, plus irrité encore : « ceux-ci sont des vauriens importuns, et je vais les payer comme ils le méritent », et s'il sort avec un bâton noueux, et qu'il nous saisisse par le capuchon, et nous jette par terre, et nous roule dans la neige, et nous frappe de tous les noeuds de ce bâton, si tout cela nous le supportons patiemment et avec allégresse, en pensant aux souffrances du Christ béni, que nous devons supporter pour son amour, ô frère Léon, écris qu'en cela est la joie parfaite.

    Et enfin, écoute la conclusion, frère Léon : au-dessus de toutes les grâces et dons de l'Esprit-Saint que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même, et de supporter volontiers pour l'amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et les incommodités ; car de tous les autres dons de Dieu nous ne pouvons nous glorifier, puisqu'ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon ce que dit l'Apôtre : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu de Dieu ? et si tu l'as reçu de lui, pourquoi t'en glorifies-tu comme si tu l'avais de toi-même ? ». Mais dans la croix de la tribulation et de l'affliction, nous pouvons nous glorifier parce que cela est à nous, c'est pourquoi l'Apôtre dit « Je ne veux point me glorifier si ce n'est dans la croix de Notre-Seigneur Jésus Christ. » : à qui soit toujours honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.

    (Thomas de Celano, biographie de saint François d’Assise)

    Ref. la joie parfaite selon saint François d’Assise

    Le pape Benoît XVI a écrit : « En disant que la souffrance est une face intérieure de l’amour nous comprenons pourquoi il est si important d’apprendre à souffrir et, inversement, pourquoi éviter à tout prix la souffrance rend l’homme inapte à la vie : il connaîtrait le vide de l’existence qui ne peut entraîner qu’amertume et refus, et non acceptation et maturation : celui qui a intérieurement accepté la souffrance mûrit et devient compréhensif envers les autres et plus humain. Celui qui a toujours évité la souffrance ne comprend pas les autres : il devient dur et égoïste ». En ce sens, nous pouvons répéter cette parole si mal comprise de saint Josémaria Escriva : « bénie soit la douleur, aimée soit la douleur, sanctifiée soit la douleur » (Chemin, n° 108) qui accomplit en nous l’Homme nouveau. Car depuis le matin de Pâques, nous le savons : sa croix et ses plaies sont devenues glorieuses. Alleluia.

    JPSC

  • L'introit "in voluntate tua" du 27ème dimanche du temps ordinaire

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    Introitus

    In voluntate tua, Domine, universa sunt posita,
    et non est qui possit resistere voluntati tuae:
    tu enim fecisti omnia, caelum et terram,
    et universa quae caeli ambitu continentur:
    Dominus universorum tu es.
     
    En votre volonté, Seigneur, toutes choses sont placées,
    et il n’est personne qui puisse résister à votre volonté:
    car c’est vous qui avez tout créé, le ciel et la terre,
    et tout ce qui est contenu sous la voûte du ciel:
    le Seigneur de toutes choses, c’est vous.
     
    Ps.  1
    Beati immaculati in via:
    qui ambulant in lege Domini.
     
    Heureux les immaculés sur la voie:
    ceux qui marchent dans la loi du Seigneur !
  • Le pape Léon en France : la guillotine et la cathédrale (Mgr Mutsaerts)

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    De Mgr Rob Mutsaerts sur son blog :

    27 septembre 2026

    Le pape Léon en France : la guillotine et la cathédrale

    La Révolution française a offert au monde trois mots magnifiques : liberté, égalité et fraternité. Il est difficile de s’opposer à de tels mots. Le problème n’est apparu que lorsque les révolutionnaires ont décidé d’expliquer ce qu’ils entendaient par là.

    La liberté signifiait, par exemple, qu’un prêtre était parfaitement libre de prêter serment au nouvel État. Et s’il ne le faisait pas, l’État l’accompagnait aimablement jusqu’à la guillotine. L’égalité signifiait que tous étaient égaux devant la loi, à ceci près que certains devaient d’abord être éliminés. Et la fraternité finit par tourner au fratricide.

    Le tragique des révolutions, c’est qu’elles commencent souvent par une indignation parfaitement légitime et s’achèvent par une solution parfaitement insensée. L’Église française de l’Ancien Régime avait elle aussi ses défauts. Elle possédait des richesses, des privilèges et entretenait parfois avec le pouvoir des relations par trop confortables. Une réforme était urgente. Mais les révolutionnaires ont généralement une curieuse façon de résoudre le problème d’un toit qui fuit : ils mettent le feu à la maison.

    À partir de 1789, les biens de l’Église furent confisqués — évidemment sans indemnisation ; les ordres religieux furent supprimés et, en 1790, la Constitution civile du clergé soumit l’Église à une organisation étatique tyrannique. La radicalisation qui suivit déboucha sur la déchristianisation de 1792-1794 : les églises furent fermées ou désacralisées et les membres du clergé comptèrent parmi les victimes de la violence révolutionnaire.

    On voulait libérer la France de la superstition. Et, pour démontrer à quel point on était devenu rationnel, on inventa ensuite un nouveau calendrier, de nouvelles fêtes, de nouveaux cultes et même un Culte de la Raison. Il n’y avait évidemment plus de place pour Noël ni pour Pâques dans ce nouveau calendrier.

    Il est difficile d’imaginer meilleure satire de l’athéisme que des athées construisant un autel à la Raison. Car l’homme se révèle être un animal obstinément religieux. Dès qu’il chasse Dieu du temple, il se met curieusement à construire des temples pour des abstractions.

    Regardez notre époque, où certains embrassent l’absurde culture woke. Il y a quelque chose de touchant dans une époque qui a supprimé Dieu et se met aussitôt à chercher un remplaçant. L’homme libéral progressiste a quitté l’Église parce qu’il estimait qu’elle parlait trop du péché, de la culpabilité, de la conversion et de la vérité. Il a ensuite inventé le wokisme, qui parle essentiellement de péché, de culpabilité, de conversion et de vérité. Mais sans pardon, sans grâce et sans humour.

    Et voici maintenant la partie véritablement comique de l’histoire.

    Plus de deux siècles plus tard, un pape traverse Paris. Pas en cachette, pas dans une voiture fermée, pas entouré de dix personnes de l’amicale des retraités. Non : ce week-end, les Champs-Élysées étaient remplis pour Léon XIV. Selon Reuters, le Vatican a estimé à environ 700 000 personnes l’assistance à la messe en plein air. Quelques jours auparavant, 80 000 jeunes avaient rempli le Stade de France pour une veillée de prière avec le pape.

    Ce dernier chiffre est peut-être encore plus étonnant. Car pendant des années, on nous a assuré que le christianisme allait disparaître. Voltaire était convaincu que, cent ans après la Révolution française, plus personne ne parlerait du christianisme. L’avenir serait séculier. Les églises deviendraient des musées. La religion disparaîtrait dès lors que la population serait enfin « éclairée ».

    Et puis voilà que quatre-vingt mille jeunes se présentent. C’est plutôt gênant pour la théorie.

    Plus gênants encore sont les chiffres des baptêmes. En France, selon les chiffres de l’Église française, plus de 13 000 adultes ont été baptisés à Pâques dernier. C’est plus de trois fois le chiffre enregistré dix ans auparavant.

    Il ne faut évidemment pas en conclure immédiatement que la France redeviendra demain la France de saint Louis. L’Europe continue de se séculariser fortement, la pratique religieuse reste faible dans de nombreux endroits et l’Église catholique porte en outre de profondes blessures, notamment en raison des scandales d’abus sexuels auxquels le pape Léon a de nouveau été confronté précisément au cours de ce voyage.

    Mais c’est justement ce qui rend la situation intéressante. Le christianisme ne revient pas parce que les circonstances lui seraient particulièrement favorables. Il revient alors que presque personne, dans la culture dominante, ne s’y attendait.

    Et peut-être est-ce précisément ainsi que le christianisme revient habituellement.

    Après tout, il a commencé un jour dans une étable, avec douze hommes plutôt mal choisis et avec le fils d’un charpentier crucifié. Le christianisme possède cette habitude irritante d’être enterré juste avant de ressusciter.

    La Révolution française pensait pouvoir remplacer l’Église par la Raison. Mais l’homme ne demande pas seulement : Comment fonctionne le monde ? Il demande aussi : Pourquoi est-ce que j’existe ? Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi dois-je être bon ? Pourquoi la culpabilité fait-elle souffrir ? Pourquoi désirons-nous un amour qui survive à la mort ?

    Et lorsqu’une civilisation sécularisée a jeté toutes les réponses à ces questions, elle ne devrait pas s’étonner de voir un jour ses enfants monter au grenier à la recherche des caisses laissées par leurs grands-parents.

    Ils y découvrent soudain un crucifix, un chapelet, Thomas d’Aquin, Augustin, un chant grégorien, une cathédrale.

    Et surtout une affirmation pour le moins singulière : l’univers n’est pas indifférent, le bien et le mal existent réellement, chaque être humain possède une dignité inaliénable et Dieu n’est pas resté à distance, mais s’est lui-même fait homme.

    Pour quelqu’un qui a grandi avec le message selon lequel il n’est qu’un assemblage fortuit d’atomes autorisé à consommer pendant quelques décennies avant que la lumière ne s’éteigne, cette nouvelle peut avoir quelque chose d’étonnamment rafraîchissant.

    C’est peut-être là qu’il faut chercher une part de l’attrait exercé sur les jeunes. Non pas parce qu’ils seraient soudainement tous devenus réactionnaires, mais parce que la rébellion change de direction lorsque l’ordre établi change lui-même.

    En 1968, il était rebelle de contredire le curé. En 2026, il peut être presque rebelle de l’écouter.

    Lorsque tout le monde affirme que la liberté consiste à n’être lié à rien, un jeune peut découvrir que l’amour signifie précisément accepter de se lier. Lorsque tout le monde affirme que la vérité est personnelle, il devient aventureux de soupçonner que la vérité est peut-être une réalité objective, valable pour tous. Lorsque tout le monde affirme que la tradition est étouffante, une Église vieille de deux mille ans peut soudain paraître plus exotique que la énième tendance TikTok, déjà ringarde le jeudi suivant.

    Et c’est là que se trouve une magnifique ironie de l’histoire.

    Les révolutionnaires avaient voulu faire disparaître les croix. La France les a remises en place.

    Ils avaient fermé les monastères. Il existe toujours des monastères.

    Ils avaient voulu rendre la foi inutile. Plus de deux siècles plus tard, des jeunes font la queue pendant des heures pour voir un pape.

    Ils avaient même changé le calendrier pour montrer clairement qu’une nouvelle ère avait commencé. Et aujourd’hui, personne ne demande : « Quel jour sommes-nous dans le mois de Thermidor ? »

    Même la République française utilise de nouveau le calendrier qui compte les années à partir de la naissance de Jésus.

    Ce n’est pas un si mauvais résultat pour une foi dont on a annoncé la mort à plusieurs reprises.

    Il existe une conviction moderne tenace selon laquelle la sécularisation serait une sorte de loi naturelle : plus une société devient moderne, plus Dieu disparaît naturellement.

    Peut-être la réalité est-elle plus complexe.

    Peut-être une civilisation peut-elle perdre sa mémoire religieuse sans perdre pour autant sa faim de religion. On peut retirer le menu à un homme ; cela ne suffit pas à lui faire perdre l’appétit.

    Et voilà donc qu’au cœur de Paris se rassemble une foule immense. À quelques kilomètres seulement des lieux où des révolutionnaires pensaient avoir définitivement réglé son compte à l’ancienne foi.

    La guillotine a disparu.

    Et voici maintenant qu’apparaît un homme vêtu de blanc, brandissant fièrement la croix.

    Cela ne prouve pas que toutes les périodes de l’histoire de l’Église aient été glorieuses ni que l’Europe soit à la veille d’une conversion générale.

    Mais, comme image historique, il est difficile d’y résister.

    La Révolution promettait la liberté, l’égalité et la fraternité. Elle découvrit qu’il n’était pas particulièrement convaincant de défendre ces idéaux en coupant la tête de ceux qui pensaient autrement.

    L’Église, pendant ce temps, annonçait quelque chose de très différent : la foi, l’espérance et la charité.

    Deux siècles plus tard, les arrière-petits-enfants de la Révolution se retrouvent à nouveau devant une cathédrale.

    Le monde a déjà organisé à de nombreuses reprises les funérailles du christianisme.

    La seule chose étrange, c’est que le défunt se présente chaque fois à nouveau.

    + Rob Mutsaerts

  • Pakistan : la mémoire des capucins flamands

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    À Mariamabad, on rend hommage au père Frank Van Butsele, missionnaire capucin qui a donné sa vie pour l'Évangile

    1 octobre 2026

    OFM Cap Lahore

    Lahore (Agence Fides) – À l’approche de la fête de Saint François d’Assise, à l’occasion du huitième centenaire de sa mort (1226-2026), la communauté catholique du village de Mariamabad, dans le Pendjab pakistanais, se penche sur son histoire et confie une nouvelle fois à la Vierge Marie le chemin de la mission. Dans la « Cité de Marie », l’un des lieux les plus emblématiques de la présence catholique au Pakistan, le souvenir des missionnaires capucins belges reste vivant, notamment à travers la mémoire du père Frank Van Butsele, ce frère qui a consacré sa vie au peuple du Pendjab et qui a été assassiné dans l’église de Mariamabad en 1953, à l’âge de 40 ans seulement, à l’endroit même où il avait exercé son ministère.

    Mariamabad, qui abrite aujourd’hui le sanctuaire marial national du Pakistan, a vu le jour à la fin du XIXe siècle grâce à l’œuvre des capucins flamands. En 1892, l’Évêque capucin belge Emmanuel Van Den Bosch acquit environ 150 acres de terrain afin d’offrir un foyer et une chance de se prendre en main à des familles chrétiennes pauvres et victimes de discriminations. En janvier 1893, les trois premières familles chrétiennes s'y installèrent, accompagnées par les missionnaires franciscains, sur cette terre qui allait être baptisée « Maryabad », la « Cité de Marie ». Le père Félix van de Putte, arrivé en 1896, encouragea le développement agricole, social et religieux de la communauté et supervisa la construction de l’église Sainte-Marie-et-Saint-Joseph, consacrée en 1898.

    C'est dans cette longue histoire qu'intervient la figure du père Frank Van Butsele, né à Ronse, en Belgique, en 1913. Entré chez les Capucins en 1930 et ordonné prêtre en 1937, il consacra une quinzaine d'années à la mission sur le sous-continent indien. Il a travaillé à Amritsar (qui se trouvait alors en Inde), puis au Pakistan, tout juste né après la « partition ». Les sources historiques capucines le décrivent comme un homme de foi et de charité, profondément animé par la dévotion à la Vierge Marie, attaché à la population et à sa mission, engagé dans la catéchèse, la formation des catéchistes et la prise en charge des communautés. À Mariamabad (comme ce lieu sera rebaptisé par la suite), il prit la direction de la mission et s’employa à la pastorale, au développement et à la diffusion de la dévotion mariale, ainsi qu’à la promotion humaine et sociale des familles catholiques.

    Son nom est resté particulièrement lié à la naissance de la tradition du pèlerinage marial. En 1949, quelques années avant sa mort, le père Frank a contribué à transformer l’église de Mariamabad en un centre de dévotion mariale et à instaurer le pèlerinage annuel du 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Marie. Cette intuition est devenue au fil du temps l'une des expressions les plus significatives de la foi catholique au Pakistan. Aujourd'hui encore, le sanctuaire attire chaque année des centaines de milliers de pèlerins et constitue également un lieu de rencontre, de dialogue et de prière entre chrétiens et musulmans (voir Fides 4/9/2026).

    Le père Frank est décédé le 2 novembre 1953, dans son église de Mariamabad. Il a été poignardé à mort par un homme, Diwan Masih (qu’il avait d’ailleurs aidé), dans un contexte de grande instabilité, six ans après la naissance du Pakistan, dans une région encore marquée par les profondes fractures laissées par la partition de 1947 entre l’Inde et le Pakistan, qui avait provoqué des migrations massives et des violences entre communautés religieuses. Il a été tué dans l’église, devant ses paroissiens, alors qu’il priait.

    Sa mort n’a pas interrompu, mais a au contraire renforcé l’histoire de la mission entamée par les franciscains. Le sacrifice du père Frank, tué alors qu’il était innocent, est entré dans la mémoire de la communauté comme faisant partie intégrante de l’histoire même de la mission : la présence des missionnaires européens est devenue une source pour la naissance de vocations locales à la prêtrise et à la vie consacrée, permettant ainsi la croissance de l’Église locale. La mission des Capucins s’est efforcée d’accompagner les personnes pauvres et marginalisées en annonçant l’Évangile, mais aussi en construisant des communautés, des écoles et des œuvres sociales, tout en promouvant la dignité de la personne.

    À Mariamabad, cet héritage se perpétue aujourd’hui devant la statue de la Vierge. Le sanctuaire, né de la mission des Capucins belges, est devenu un lieu où chrétiens et fidèles d’autres religions se retrouvent pour confier à Marie leurs préoccupations et leurs espoirs. En ce lieu, l’Église du Pakistan rend hommage au père Frank, qui repose dans le cimetière de Mariamabad, à la veille de la fête de Saint François : non seulement comme une figure du passé, mais comme un don du Seigneur dans une histoire missionnaire qui se poursuit encore aujourd’hui. La graine semée par ces missionnaires continue de porter ses fruits au sein de la communauté catholique pakistanaise.

    La mission d’aujourd’hui est confiée à Marie, à qui Mariamabad est consacrée depuis ses origines. Plus de soixante-dix ans après la mort du père Frank, la « Cité de Marie » continue de préserver la mémoire de ses missionnaires et, en même temps, de regarder vers l’avenir avec espoir et de bénir la vie des fidèles dans la « terre des purs ».

    (PA) (Agence Fides 1/10/2026)

  • Octobre, le mois du Rosaire!

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    rosaire.jpg

    La réflexion publiée ci-dessous constitue le texte de l’éditorial de la livraison d’octobre 2020 des feuillets mensuels de l’église du Saint-Sacrement à Liège proposés par l’Abbé Marc-Antoine Dor, Recteur de ce sanctuaire :

    « Pourquoi le Rosaire ? Cette forme de dévotion ne rencontre pas toujours l’approbation et il n’est pas rare, surtout chez les intellectuels, d’entendre dire qu’on a du mal à entrer dans cette prière.

    François Mauriac a très bien décrit cette difficulté : « Je n’ai jamais pu me plier au partage qu’elle exige : la bouche qui profère les Ave Maria par dizaines et l’esprit qui médite chacun des mystères joyeux, glorieux, douloureux : quinze en tout, un par dizaine, cinq par chapelet. Il n’y a rien là qui me choque, mais cette dissociation entre la parole et la pensée m’est interdite. Il faut que je sois engagé tout entier dans chaque mot que je prononce. Il n’est pas question pour moi, que la salutation de l’Ange à Marie occupe mes lèvres tandis que mes pensées s’attacheraient à l’une ou l’autre scène de l’Evangile. Mais comment obtenir de soi une attention exclusive à la même parole indéfiniment répétée ? Telles sont, exposées sans fard, les difficultés que je trouve, personnellement, à la dévotion du Rosaire. »[1]

    I - Un album de souvenirs commentés par la Vierge

    Une comparaison peut nous aider à résoudre ce problème bien posé, en nous montrant comment dans le rosaire la méditation des mystères de la vie du Christ et l’humble récitation des Ave forment un tout.

    Qui n’a jamais rendu visite à une vieille maman ou à une grand-mère chargée d’ans et vivant seule ? De quoi parle-t-elle ? De ceux qu’elle porte dans son cœur, en particulier de ses descendants. Une mère aime ses enfants, et elle en est fière. Elle garde en son cœur les souvenirs de leur enfance, de leur scolarité, de leurs jeux, de leurs joies et de leurs peines, de leurs maladies et de leurs succès, de leurs amis, etc. Si elle a eu le malheur de perdre un fils, s’il a été un héros de la guerre, elle aime parler de lui, montrer ses photographies, ses décorations et ses citations, raconter ses exploits. Elle vit dans ses souvenirs qui ne la quittent pas. Souvent son récit rend attachant celui dont elle parle. Au fur et à mesure qu’elle tourne les pages de l’album de famille, des détails, des anecdotes lui reviennent à l’esprit et elle nous en fait profiter. Grâce à une telle maman, à son cœur et à ses souvenirs, on entre dans l’intimité de sa famille, on y vit.

    Un album de souvenirs commenté par une maman : voici une image suggestive qui peut nous faire comprendre de l’intérieur ce qu’est la prière du rosaire. Les paroles récitées au cours des dizaines s’adressent surtout à la Sainte Vierge, la mère du Christ, mais tous les souvenirs, tous les mystères, concernent surtout son fils bien-aimé. C’est évidemment impossible, mais si elle avait eu un album photo, la Sainte Vierge ne nous aurait montré que les clichés de son fils : son fils attendu, né, grandissant, accomplissant des miracles, souffrant, ressuscité, etc. Il y aurait beaucoup de photographies ! C’est pourquoi l’Eglise a sélectionné pour nous les meilleures : ce sont les mystères du rosaire. Et, pour continuer de filer ma métaphore, le pape saint Jean-Paul II a eu la chance de retrouver un lot d’excellents clichés qui s’étaient égarés ou qui passaient inaperçus : ce sont les mystères lumineux de la vie publique de Jésus[2].

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  • Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

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    Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

    COMMUNIQUÉ

    Liège, le 29 septembre 2026

    Le 3 octobre 1226, le Poverello d'Assise entrait au ciel. Huit siècles plus tard, le Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon, qui abrite le monastère des sœurs Clarisses, invite Liégeois et visiteurs à un week-end lumineux, joyeux et ouvert à tous les âges pour célébrer l'un des saints les plus aimés au monde.

    Jeune chevalier fortuné, François a tout quitté pour une vie pauvre, fraternelle et donnée à Dieu. Avec son amie sainte Claire, il fonde vers 1220 les franciscains et les clarisses, dont naîtront cordeliers, capucins, récollets ou conceptionnistes. Tous deux sont les parfaits contemporains de sainte Julienne de Cornillon (1192-1258). À Liège, l'histoire commence tôt : les premiers franciscains s'y installent dès 1220, six ans avant la mort du saint. Une page d'histoire locale à redécouvrir dans la joie !

    Au programme :

    • Vendredi 2 octobre, 20h – Cinéma : « François et le chemin du soleil », le chef-d'œuvre de Franco
      Zeffirelli. C'est aussi la première soirée ados de la saison : rendez-vous dès 19h pour la fameuse
      pizza ! Salle Saint-Thomas d'Aquin, entrée ouverte à toutes et tous.
    • Samedi 3 octobre, 16h – Marionnettes : « Saint François », des épisodes de sa vie racontés aux
      petits et aux grands par le Théâtre de l'Étoile, dans l'église du sanctuaire.
    • Samedi 3 octobre, 17h – Vernissage de l'exposition « Cantique de la Création » : « Loué sois-tu,
      mon Seigneur, avec toutes tes créatures ». Peintures de Pierre Deuse, professeur à Saint-Luc,
      disparu il y a dix ans jour pour jour, et de Sophie Gilman. À voir jusqu'au 11 octobre, le week-end de
      9h à 17h et en semaine sur rendez-vous.
    • Dimanche 4 octobre, 10h – Messe solennelle chantée par la Chorale Saint-François de Liège, le
      Béguinage et le chœur de la Messe des jeunes de Cornillon.
    • Dimanche 4 octobre, 12h – Buffet franciscain mitonné par les sœurs clarisses (15 €, réservation au
      04 343 64 54).
    • Dimanche 4 octobre, 14h – « Liège sur les pas de saint François » : balade guidée de 6 km (3h)
      avec René Dufour, « d'Assise en bord de Meuse », sur les traces des couvents franciscains et
      clarisses de la Cité. Chassés à la Révolution en 1794, ces religieux ont laissé une empreinte bien
      vivante : chez les Clarisses de Cornillon, mais aussi à Pierreuse-Sainte-Walburge.

    Cinéma, théâtre, art, musique, table partagée et patrimoine : ce week-end d'anniversaire se vit en famille, entre amis ou en solo, dans l'esprit de simplicité, de fraternité et de joie si cher à François.

    Programme complet : www.saintejulienne.org/festivites-des-800-ans-de-saint-francois-dassise/

    Contact : ASBL Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon – Rue de Robermont 2, 4020 Liège –
    www.saintejulienne.org

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  • Liège (Saint-Sacrement) : cours de chant grégorien et d'orgue 2026-2027

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  • A Metz et dans l'avion du retour, le Pape a confirmé et précisé les propos des jours précédents

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    Ce qui ressort de la journée de Metz, puis surtout de la conférence de presse dans l’avion de retour vers Rome, c’est une réelle continuité avec les prises de position exprimées par Léon XIV pendant son voyage. Il n'a pas cherché, au retour, à édulcorer ses propos sur la vie humaine, la paix, le réarmement, le rôle public de l’Église ou encore les abus sexuels.

    1. À Metz : l'Europe ne peut pas renier ses racines

    À Metz, Léon XIV a développé une idée forte : l'Europe ne peut comprendre son identité et construire son avenir en faisant abstraction du christianisme.

    Il rappelle notamment le rôle de saint Benoît :

    « Sans ce terreau monastique, la civilisation européenne, telle que nous la connaissons, n’existerait pas. »

    Et il affirme explicitement :

    « On ne peut donc pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme. »

    Mais le pape ne propose pas pour autant une Europe confessionnelle. Il établit plutôt un lien entre les racines chrétiennes et les valeurs qui fondent aujourd'hui la coexistence européenne : dignité de la personne, liberté, démocratie, égalité et État de droit. Il rappelle également que la laïcité suppose « une véritable collaboration » et le respect de la liberté de l'Église.

    2. La paix : pas simplement l'absence de guerre

    À Metz, son discours devient particulièrement incisif lorsqu'il aborde la guerre et le réarmement.

    Léon XIV reprend à son compte l'avertissement contre « l’illusion du réarmement » et demande aux responsables politiques d'avoir « le courage dans la négociation » et d'être prêts à « sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix ».

    Il ne s'agit donc pas, précise-t-il, d'un « irénisme naïf ». La paix exige au contraire des « efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent ».

    Et il lance aux jeunes une exhortation qui résume assez bien son message français :

    « N’ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle. »

    Cette phrase est particulièrement importante : la défense de la vie est intégrée par Léon XIV à son discours sur l'avenir de l'Europe, et non traitée comme une question marginale ou strictement confessionnelle.

    3. Dans l'avion : « Nous ne faisons pas de politique, nous appliquons l'Évangile »

    C'est sans doute l'un des passages les plus significatifs de la conférence de presse.

    Interrogé sur la défense de la vie et notamment sur l'euthanasie, Léon XIV refuse très clairement l'idée que l'Église devrait se taire dès lors qu'une question devient politique.

    Il déclare :

    « Lorsque l’Église parle de la défense de la vie ou de questions de doctrine sociale, elle ne fait pas de politique, mais applique l’Évangile à la vie des personnes. »

    C'est une précision importante. Léon XIV confirme ainsi à bord de l'avion ce qu'il avait dit en France : la défense de la vie humaine appartient à la mission propre de l'Église.

    Autrement dit, le pape ne considère pas que parler publiquement de l'avortement, de l'euthanasie, de la dignité humaine ou de la famille constitue en soi une intrusion dans le domaine politique.

    4. Sur les abus sexuels : une précision importante

    La conférence de presse lui permet également de préciser ses propos tenus après sa rencontre avec des victimes à Lourdes.

    Il refuse de reprendre sans nuance l'expression « système d'abus » :

    « Beaucoup d’entre elles ont parlé d’abus systémique. Personnellement, je préfère l’exprimer autrement. »

    Il reconnaît cependant que certaines organisations de l'Église ont pu, dans certaines circonstances, fonctionner « de manière abusive comme un système ».

    Mais il replace surtout la question dans une perspective plus fondamentale :

    « L’abus sexuel est avant tout un problème humain. Lorsqu’il se produit au sein de l’Église, il prend en réalité une autre dimension, car la vie de foi des personnes est profondément blessée et parfois même détruite. »

    Il ajoute que l'Église a « une responsabilité particulière » envers les victimes et doit les accompagner sur le chemin de la guérison.

    Cette nuance est intéressante dans le contexte du voyage : Léon XIV ne minimise absolument pas les abus, mais il refuse également que l'expression « systémique » devienne une catégorie explicative universelle.

    5. Guerre et réarmement : le pape confirme et durcit même son propos

    La question de la guerre Russie-Ukraine lui donne l'occasion de revenir sur son discours de Metz.

    Il insiste sur la responsabilité de l'Église de rappeler la dignité humaine et le caractère sacré de la vie :

    « L’Église a une responsabilité de promouvoir ces valeurs. »

    Et surtout :

    « Il faut continuer à inviter des dirigeants comme ceux de la Russie et de l’Ukraine [...] à venir, à s’asseoir, à dialoguer, à chercher comment résoudre les problèmes sans continuer ces guerres qui n’ont plus de sens. »

    Il dénonce également les intérêts économiques liés à l'industrie de l'armement :

    « Quelques-uns s’enrichissent énormément grâce à une industrie qui promeut la guerre. »

    Et il oppose à ces dépenses les besoins fondamentaux de l'humanité :

    « Avec ces milliards d’euros ou de dollars, on pourrait résoudre des problèmes comme la faim dans le monde, le logement, les situations de chômage. »

    6. Le fil rouge du voyage

    Si l'on met bout à bout Lourdes, Paris et Metz, puis les réponses données dans l'avion, on voit apparaître un discours assez cohérent :

    • la vie humaine doit être protégée, de son commencement à sa fin naturelle ;
    • l'Église a le droit et le devoir de parler publiquement de ces questions ;
    • la famille et la natalité ne doivent pas être considérées comme des réalités dépassées ;
    • l'Europe doit assumer ses racines chrétiennes, sans devenir pour autant un État confessionnel ;
    • la paix ne se construit pas seulement par le rapport de forces et le réarmement, mais par la négociation ;
    • les abus sexuels doivent être pris au sérieux, avec une attention prioritaire aux victimes, mais sans réduire toute la réalité ecclésiale à la catégorie du « systémique » ;
    • enfin, le christianisme demeure pour lui une force capable de contribuer à l'avenir de l'Europe, et non simplement un héritage historique.

    C'est probablement ce qui donne au voyage sa cohérence : Léon XIV ne s'est pas contenté de tenir un discours pastoral sur l'Église ; il a proposé une certaine conception de l'homme et de la société, fondée sur la dignité humaine, la vie, la famille, la liberté, la paix et les racines chrétiennes de l'Europe.

    Et surtout, la conférence de presse dans l'avion a confirmé que ces déclarations n'étaient ni des improvisations ni des maladresses de circonstance : interrogé directement par les journalistes, le pape les a précisées, assumées et, sur plusieurs points, développées.

    (avec l'IA)

  • La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Et la suite ? (Rod Dreher)

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    Du substack de Rod Dreher :

    L’Espérance
    La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Quelle est la suite ?

    Le pape Léon XIV pleure et prie devant une image de la Madone et de son Enfant

    Vous, chers lecteurs fidèles, savez combien j'aime la France. Et vous savez probablement depuis combien d'années je prie pour que ce pays bien-aimé mais souffrant revienne à son baptême. Vous pouvez donc imaginer pourquoi je suis resté allongé ici, tôt le matin, dans mon lit d'hôtel à Chicago, ville natale du pape Léon XIV, à regarder encore et encore ces vidéos du pèlerinage du pape en France, en pleurant à chaudes larmes et en répétant sans cesse : « Merci, Seigneur, merci ! »

    Les vidéos ont été incroyables, tout simplement incroyables. Voici le pape américain parlant au nom de ce chrétien orthodoxe américain alors qu'il pleure devant une statue de la Madone et de son Enfant devant la cathédrale Notre-Dame, que l'Ennemi a tenté de brûler sans y parvenir…

    …chantant avec la foule rassemblée l'hymne catholique médiéval « Salve Regina », qui fut mis sur cet air à l'abbaye de Cluny au XIIe siècle.

    Ils chantaient en latin ; voici la traduction en français :

    Salut, reine, mère de la miséricorde.
    Vie, douceur, espérance des hommes salut !
    Enfants d’Ève, nous crions vers toi dans notre exil.
    Vers toi, nous soupirons parmi les cris et les pleurs de cette vallée de larmes
    Ô toi, notre avocate,
    tourne vers nous
    ton regard plein de bonté.
    Et montre-nous Jésus le fruit béni de tes entrailles,
    à l’issue de cet exil.
    Ô clémente ! Ô bonne ! Ô douce Vierge Marie.

    C'est dans cette cathédrale, le 10 novembre 1793, que les révolutionnaires blasphémateurs ont démonté l'autel et intronisé la « Déesse Raison ». Où est la Déesse Raison ? Où sont les révolutionnaires ? Morts, et morts. Aujourd'hui, l'autel a été restauré, Dieu y est adoré, et s'y dresse la Mère de Dieu, dorée et rayonnante de la gloire de son Fils, tandis que le pape en pleurs et la foule rassemblée chantent ses louanges et la supplient de les conduire à Jésus.

    Plus tard, au Stade de France, Léon a dirigé une veillée de prière réunissant 80 000 jeunes catholiques français. Les Français ont présenté un spectacle célébrant l'histoire de la foi en France, mettant en vedette ses saints et ses martyrs. (Comme j'aurais aimé qu'ils incluent le père Jacques Hamel, massacré par des islamistes alors qu'il célébrait la messe dans sa petite paroisse de campagne il y a quelques années ; j'ai dédié la version française de The Benedict Option à sa mémoire).

    Le point est : les Français sont un peuple, un peuple avec une histoire, et cette histoire comprend de grandes et saintes actions de chrétiens. L'histoire de la France est l'histoire de la foi chrétienne en France, et des hommes et femmes saints qui en ont fait partie. Quand j'ai vu les vidéos de cette veillée de prière, je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir d'avoir été l'année dernière avec les 20 000 jeunes pèlerins en route pour Chartres. De cette histoire :

    Devant Saint-Sulpice, je m'arrête pour discuter avec un groupe de jeunes femmes portant l'uniforme du mouvement scout de France, mouvement scout, qui a toujours été lié à l'Église catholique, contrairement à sa version plus laïque dans la sphère anglophone. J'en interroge une — Isa, 19 ans, originaire d'Orléans — sur sa présence ici.

    « Jésus », déclare-t-elle.

    Plus :

    Bien que la plupart des pèlerins ne s'expriment pas en termes philosophiques, tous sont préoccupés par la question du sens. Une fois la messe d'ouverture terminée, je rencontre Anna, une pèlerine viennoise, dans un café voisin.

    C'est la première marche de Chartres pour la jeune femme joyeuse de 24 ans. Elle a l'air d'une superfan à un concert de Taylor Swift. Pourquoi est-elle ici ?

    « La tradition est le seul avenir sûr que nous ayons », répond-elle. « Sur quoi allez-vous construire votre vie, sinon sur Dieu ? »

    Il y a aussi quelques pèlerins plus âgés. John Pepino, 57 ans, un professeur né en Angleterre au séminaire de Denton, Nebraska de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre — un ordre de messe en latin fidèle à Rome — participe à son troisième pèlerinage de Chartres, accompagné cette fois par sa fille de 17 ans, Margie.

    « Je me sens comme un grand-père ici », rit-il.

    Ce n'est pas censé arriver, dis-je à Pepino, en plaisantant. Les jeunes, en tant que progressistes naturels, ne sont pas censés vouloir récupérer ce que leurs aînés ont jeté à la poubelle ; ils sont censés vouloir se libérer du poids mort du passé catholique.

    « Je pense qu'il s'agit simplement de jeunes fervents qui ne se reconnaissent pas dans ce que les évêques leur proposent habituellement », dit-il.

    En discutant avec de jeunes pèlerins rassemblés devant Saint-Sulpice au début du pèlerinage, je leur ai demandé, en tant que journaliste, pourquoi ils étaient là. Encore et encore, j'ai reçu une variante de cette réponse :

    La génération de nos parents ne nous a rien donné. Nous sommes ici à la recherche de la tradition. Nous sommes à la recherche de sens. Nous sommes à la recherche d'un but. Nous sommes à la recherche d'une communauté. Nous sommes, en fin de compte, à la recherche de Dieu.

    Il y avait aussi quelques Américains lors de ce pèlerinage. Ce qu'ils ont vu de la foi catholique en France, ils l'ont pris à cœur, car l'expérience de la foi chrétienne est universelle :

    Un prêtre américain qui conduit un groupe de lycéens à Chartres me confie : « Quand ils viennent ici, l’une des choses qu’ils découvrent, c’est qu’une vie catholique joyeuse est possible, qu’une belle vie catholique est possible. Aux États-Unis, les gens se sentent très isolés de cela, parce que nous n’avons pas l’héritage culturel qui nous oriente dans cette direction. Alors, quand les garçons en font l’expérience, ils réalisent que ce n’est pas juste un conte de fées. »

    La plupart de ces garçons, poursuit le clerc, seront exposés à de la pornographie hardcore des années avant même de voir une belle église européenne, ou de rencontrer une beauté extraordinaire dans la nature. Son espoir est qu’ils rentreront chez eux en sachant qu’ils peuvent être sincèrement attirés par quelque chose de beau qui est aussi bon.

    « Voir l’expression sur le visage de ces garçons quand ils voient ce genre de beauté pour la première fois ! » dit le prêtre. « Nous étions à l'abbaye de Fontgombault, et nous étions debout à 4h15 du matin, à écouter les moines chanter les matines dans une église monastique du XIIe siècle — c’est tout simplement quelque chose qu’ils perçoivent immédiatement comme le genre de chose en laquelle ils ont été créés pour se réjouir. »

    Pèlerins en route vers Chartres, 2025

    Cette expérience m'a donné plus d'espoir que je n'en ai eu depuis des années. Avant de quitter Paris, j'ai dîné avec un vieil ami français, Roland, qui m'a dit : « Ces jeunes gens, cette génération nous sauvera. »

    Au moment où j'écris ces lignes, un million de catholiques sont rassemblés le long des Champs-Élysées et sur la place de la Concorde, à Paris, pour entendre le pape dire la messe en français. Regardez cette foule le long des Champs-Élysées, priant au cœur de l'un des pays les plus athées d'Europe :

    Miséricorde pour l’Humanité France 
    @MisericordeF
    Je suis triste quand je vois toute cette effervescence autour du catholicisme, je prédisais cela depuis des années et j'ai l'impression d'être un agent de la CIA qui assisterait impuissant au retour de l'Union Soviétique. Dans 45 ans la France redeviendra catholique et nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer. Je suis bon joueur néanmoins les catholiques sont beaucoup mieux organisés ainsi que plus déterminés que nous les musulmans et même que les sionistes, il faut savoir reconnaître la force de l'international catholique. Les catholiques américains vont maintenant inonder le monde de leur soft power au détriment à la fois de l'hégémonie spirituelle musulmane en Europe de l'Ouest et du lobby sioniste.

    Il est facile de laisser monter son espoir, pour finir déçu. En 1997, le pape Jean-Paul II a célébré la messe pour un million de personnes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Paris. Pourtant, la foi a continué son déclin. Mais ces jeunes gens lors du pèlerinage de Chartres n'étaient pas encore nés. Pas plus qu'aucun des jeunes gens rassemblés pour prier avec le successeur de Jean-Paul, Léon, au Stade de France. Personne ne connaît l'avenir.

    Cela signifie énormément pour moi pour une autre raison. Dans deux heures, ici à Chicago lors de la conférence Touchstone, où des intervenants discutent de l'avenir de notre propre pays en difficulté, je donnerai la conférence de clôture. Je parlerai de « l'Amérique de Weimar » et des signes des temps. Mon discours n'est pas destiné à décourager les gens, mais à les éveiller à la tempête qui s'annonce, afin que nous puissions agir !

    Encore une fois : l'avenir n'est pas écrit ! Nous pouvons avoir l'avenir que nous voulons, mais seulement si nous agissons pour qu'il se réalise. Pas l'avenir de l'incroyance et du désespoir, pas l'avenir de la résignation et de l'islamisation, pas l'avenir de la gauche radicale ou de la droite radicale. Nous pouvons avoir l'avenir d'une foi ressuscitée dans le Seigneur ressuscité ! Ils peuvent l'avoir en France, et nous pouvons l'avoir en Amérique — mais nous devons le vouloir assez pour nous sacrifier pour lui, pour cette grande aventure romantique de la vie chrétienne.

    Cela peut être nôtre, mais cela ne se fera pas sans lutte — une lutte avant tout pour nous surpasser, pour vaincre notre faiblesse et notre complaisance, mais ce n'est pas la seule lutte. Que le lecteur comprenne. La semaine dernière en Suisse, un journaliste français expérimenté m'a dit : « On a le sentiment que la France est dans une situation prérévolutionnaire. »

    Le ciel s'assombrit, mais souvenez-vous : la Lumière est apparue dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont ni comprise ni vaincue. Le Christ est ressuscité!

    Alors que je concluais mon Free Press article sur le pèlerinage de Chartres :

    « L'espérance est une mémoire qui désire, la mémoire est une mémoire qui a joui. » Telle est l'essence de l'espérance chrétienne que Chartres offre à ces jeunes idéalistes. L'homme qui a écrit ces mots était Honoré de Balzac. Un Français, naturellement.

    Mes lecteurs chrétiens, protestants et orthodoxes, célébrons aujourd'hui avec nos frères et sœurs catholiques, et puisons de l'espoir dans ce que le Seigneur accomplit là-bas, sur la terre de Saint Denis, Sainte Geneviève, Sainte Jeanne d'Arc, les Carmélites de Compiègne et tous les saints, ceux connus de l'histoire et ceux connus de Dieu seul. N'ayez pas peur : Dieu est vivant, et Il nous appelle — vous et moi — par notre nom.

    Les temps sont mauvais, mais la foi n'est pas encore finie dans les pays d'Occident. Voyez l'espoir dans les rues de Paris aujourd'hui, prenez-le à cœur, et allez faire des disciples dans le monde, en commençant par vous-même.

    Merci, Seigneur, je prie à travers des larmes de joie ce matin. Merci.

  • 26-27 septembre 2026 : 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame

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    Chers amis,

    Nous avons la joie de vous inviter au 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame (Dinant, Belgique), qui se tiendra les :
            • Samedi 26 septembre 2026 : pèlerinage des jeunes Namur–Leffe, avec messe à 9h00 à la chapelle Saint-Materne de Namur (rue Notre-Dame), puis départ à 10h00 vers Leffe. Marche, enseignements et messe, pour former la jeunesse à une foi joyeuse et enracinée.
            • Dimanche 27 septembre 2026 : pèlerinage des familles, départ à 10h30 de l’église de Leffe. À 16h00, messe solennelle en latin selon le missel de 1962 au sanctuaire de Notre-Dame de Foy, protectrice des pèlerins depuis le XVIIe siècle.

    Thème 2026 : Notre-Dame de la Mission — « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

    Ce pèlerinage est :
            • profondément enraciné dans la Tradition liturgique et spirituelle de l’Église ;
            • soutenu par les autorités diocésaines ;
            • ouvert à tous, avec un prix volontairement très accessible, afin que jeunes, familles nombreuses et fidèles attachés à la liturgie traditionnelle puissent y participer largement ;
            • marqué par une atmosphère joyeuse, fervente et familiale.

    Toutes les informations (programme, inscriptions, photos des éditions précédentes) : https://www.pelefoy.be

  • Aucune réponse à la demande d'audience papale du pèlerinage Ad Petri Sedem

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    D'Edward Pentin sur substack :

    Aucune réponse à la demande d'audience papale du pèlerinage Ad Petri Sedem

    Neuf mois après que les organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem ont sollicité une audience, le Vatican a refusé une messe pontificale à Saint-Pierre et aucune rencontre papale n'a été annoncée.

    Des pèlerins se dirigent en procession vers la basilique Saint-Pierre lors du pèlerinage Ad Petri Sedem de l'année dernière à Rome, le 25 octobre 2025 (Photo : Edward Pentin)

    Le pape Léon XIV rate-t-il une occasion de panser les plaies des catholiques traditionnels en ne rencontrant pas un large groupe représentatif d'entre eux le mois prochain ?

    Le Saint-Père n'a jusqu'à présent pas répondu à la demande d'audience papale formulée par les responsables d'un pèlerinage catholique traditionnel annuel à Rome, bien que cette demande ait été faite il y a neuf mois et que le pape ait déclaré l'année dernière qu'il souhaitait rencontrer de tels groupes.

    Les organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem (au Siège de Pierre) du 23 au 25 octobre, composés en grande partie de laïcs, avaient sollicité une audience papale dans une lettre signée par deux membres laïcs de l'organisation et remise personnellement par l'évêque Athanasius Schneider lors de sa rencontre avec le pape Léon au Vatican en décembre dernier.

    Dans la même lettre, ils ont également demandé l'autorisation de célébrer une messe pontificale à l'autel de la Chaire de la basilique Saint-Pierre, comme cela s'est produit plusieurs années auparavant, et lors du pèlerinage de l'année dernière qui a eu lieu pendant l'année jubilaire et qui a été célébré par le cardinal Raymond Burke.

    Le pèlerinage est organisé par Coetus Internationalis , une association regroupant 33 associations catholiques traditionnelles du monde entier. L'année dernière, environ 3 000 fidèles ont participé à ce rassemblement annuel de trois jours.

    Après plusieurs demandes de réponse définitive, le Secrétariat d'État a refusé, le 7 août, l'autorisation de célébrer la messe pontificale en la basilique Saint-Pierre. Celle-ci aura lieu en la basilique Sainte-Marie-Majeure le 24 octobre, et sera célébrée par Mgr Athanase Schneider.

    Les organisateurs ont exprimé leur « profonde gratitude » au cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre de Sainte-Marie-Majeure, pour avoir accordé l'autorisation de célébrer la messe.

    Aucune raison officielle n'a été donnée quant à la décision du Vatican. Les pèlerins se rendront néanmoins en procession dans la basilique Saint-Pierre ce jour-là pour vénérer les reliques de l'apôtre Pierre et observer un moment de prière.

    Mais voilà qu'il n'y a pas eu de réponse à la demande d'audience papale, alors qu'aucun engagement papal n'a été annoncé publiquement pendant le pèlerinage, à l'exception de l'angélus du pape le 25 octobre.

    Ce silence surprend particulièrement les catholiques traditionnels, étant donné la volonté déclarée du Saint-Père d'en savoir plus sur eux.

    Dans une interview accordée à la journaliste du Vatican Elise Ann Allen et publiée il y a un an, le pape Léon XIV a déclaré n'avoir pas encore eu l'occasion de « s'entretenir véritablement avec un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin ». Il a ajouté : « Une occasion se présentera bientôt, et je suis certain que d'autres se présenteront. » Il a ensuite suggéré que la question pourrait devoir être abordée dans le cadre d'un processus synodal : « C'est une question sur laquelle nous devrons, je pense, peut-être aussi, nous asseoir et discuter lors d'une synodalité. »

    Les observateurs voient dans l'absence d'audience papale une contradiction avec son soutien manifeste à la synodalité, le souhait exprimé par le pape d'écouter tous les fidèles, et notent son ouverture à de nombreux autres groupes qu'il reçoit régulièrement en audience privée.

    Au cours du mois écoulé, le Saint-Père a reçu des représentants d'une grande variété d'organisations, notamment des participants à la réunion « Fratelli tutti : Dialogue socio-environnemental Nord-Sud » (12 septembre) ; les Adorateurs perpétuels du Saint-Sacrement de la Fédération du Saint-Esprit (5 septembre) ; une délégation du Oriel College de l'Université d'Oxford (4 septembre) ; une délégation américaine de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (28 août) ; et des évêques de l'Église luthérienne de Norvège (26 août).

    En février, Léon XIV a reçu les membres de Pro Petri Sede, une association laïque, explicitement « à l’occasion de votre pèlerinage à Rome ». Il a souligné que ses membres effectuent régulièrement ce pèlerinage tous les trois ans pour rencontrer le Successeur de Pierre. Il a également rencontré régulièrement des groupes de pèlerins à la fin de ses audiences générales hebdomadaires – une possibilité qui n’est pas offerte aux organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem .

    Au sein des milieux traditionalistes, certains constatent une tendance à exclure les catholiques traditionalistes de l'accès au Saint-Père. Ils s'inquiètent également du maintien, voire du renforcement dans certains diocèses, des restrictions imposées au vetus ordo – Toronto en étant le dernier exemple .

    Faute d'occasion de rencontrer le Pape, ils s'interrogent sur la manière dont il pourra mieux connaître les fidèles laïcs traditionalistes et leurs préoccupations bien réelles, alors qu'il lui manque la chance de rencontrer un groupe représentatif d'entre eux. Le Pape, se demandent-ils, n'écoute-t-il pas que les cardinaux, les évêques et autres personnes hostiles au rite romain traditionnel, et entend-il ainsi rarement un point de vue équilibré ? Le Pape et le Saint-Siège, en réalité, ne tiennent-ils compte que des opinions du clergé, contrairement aux objectifs de l'ère post-conciliaire qui était censée donner davantage la parole aux laïcs ?

    De plus, ils se demandent si le pape ignore peut-être les résultats d'un sondage mené par le Vatican auprès des évêques, sondage sur lequel se serait fondé le décret Traditionis Custodes du pape François de 2021 , restreignant le rite romain traditionnel. Ce sondage a révélé que la plupart des évêques étaient en réalité favorables au maintien du Summorum Pontificum, le décret de Benoît XVI libéralisant le vetus ordo.

    Pour les catholiques traditionnels qui ont seulement demandé à rencontrer et à entendre le Successeur de Pierre, le silence du Pape risque d'aggraver des blessures qu'une audience aurait pu commencer à panser.

    Conjuguée aux restrictions persistantes, cette situation leur rend difficile de déceler une réelle préoccupation pastorale et laisse plutôt penser qu'une porte se ferme discrètement.

  • 25e dimanche "ordinaire" : les travailleurs de la onzième heure

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    A5558.jpgRembrandt : les travailleurs de le onzième heure

    http://www.homelies.fr/homelie,ferie,2880.html

    Le maître du domaine sort au petit jour pour embaucher des ouvriers à sa vigne. Il propose un salaire, généreux pour l’époque, de un denier d’argent pour la journée. Voilà pour la mise en situation. Viennent ensuite deux mouvements dans le récit, d’ampleurs égales. Tout d’abord l’embauche successive d’autres ouvriers. L’information pourrait n’être qu’une anecdote, mais un suspens est créé à cause de la négociation du salaire. Nous ne savons pas combien ils seront payés : « je vous donnerai ce qui est juste » dit seulement le maître. Quel est le salaire juste ?

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