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Patrimoine religieux

  • Consistoire : le cardinal Müller rompt le silence sur l'« affaire d'Écône »

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Müller rompt le silence sur l'« affaire d'Écône » au consistoire.

    L'ancien préfet de la Doctrine de la Foi sème la zizanie au sein du Sacré Collège à la veille d'un nouveau schisme. Il avance deux propositions : répondre à l'accusation d'avoir perdu la foi, portée par la Fraternité Saint-Pie-X contre le Siège apostolique, et se préparer à accueillir ceux qui refusent de poursuivre le schisme, comme ce fut le cas en 1988 avec la Commission Ecclesia Dei.  
     
     
    Alessia Mastropietro - Imagoéconomie

    Ce point ne figurait pas à l'ordre du jour du consistoire en cours, mais le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et président de droit de la Commission pontificale Ecclesia Dei , n'a pas hésité : selon les informations publiées par Il Giornale , il a pris la parole pour demander à ses confrères cardinaux et au Pape de répondre à l'accusation ouverte de la Fraternité Saint-Pie-X selon laquelle Rome, depuis le Concile Vatican II inclus, aurait perdu la foi. (voir ci-dessous l'intégralité de son intervention)

    Nous avions rendu compte de la « profession de foi » que la FSSPX, certainement non sans une certaine provocation, avait adressée le 24 juin à tous les cardinaux réunis au consistoire. Que Rome ait perdu la foi, que l'Église catholique soit désormais réduite à une « Église conciliaire » décadente, n'est certes pas une conviction de dernière minute dans le contexte lefebvrien ; mais les consécrations épiscopales imminentes et le ton provocateur du supérieur général, le père Davide Pagliarani, ne pouvaient certainement pas passer inaperçus.

    Le cardinal a eu la franchise nécessaire pour sortir ses confrères d'un silence plutôt embarrassant, comme si un nouvel acte schismatique imminent n'était pas une affaire qui devait préoccuper l'Église. Müller semblait vouloir faire deux suggestions au Saint-Père. La première concerne le fait qu'il est temps de répondre de manière substantielle aux accusations de la Fraternité, sans laisser cette tâche à des interviews impromptues d'un prélat ou au seul débat théologique. En effet, les fidèles ont droit à la clarté de la part de leurs pasteurs.

    Il n'est certainement pas rassurant qu'un tel rôle puisse être confié à l'actuel préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, non seulement en raison de son parcours théologique problématique, mais aussi parce qu'une question aussi délicate exige qu'une personne la connaisse parfaitement pour l'aborder, en s'appuyant sur les contributions de ceux qui connaissent bien les positions de la Fraternité et qui y ont consacré des années d'études. Jamais auparavant il n'a semblé aussi nécessaire de reconstituer Ecclesia Dei , après la fermeture forcée imposée par François. Cela présente l’avantage de (re)partir de quarante années d’expérience, en l’enrichissant de nouveaux collaborateurs qui ont exploré, d’un point de vue théologique, une ou plusieurs des questions soulevées par la FSSPX. Car s’il doit y avoir une réponse – et il doit y en avoir une –, elle se doit d’être complète, bien structurée et exhaustive.

    Parmi les questions qu’il faudra aborder figurent assurément les textes du Concile Vatican II. La Fraternité continue de mal comprendre certains points, que des courants diamétralement opposés à la FSSPX interprètent comme des ruptures : l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, la primauté du Saint-Siège et le dialogue interreligieux. Une clarification de ces points, parmi d’autres, servira la vérité à toute l’Église, et non seulement au monde traditionaliste. Il sera également nécessaire de confronter définitivement la Fraternité à ses erreurs concernant sa compréhension de l’intention sacramentelle, de l’épiscopat, de la primauté pétrinienne, de l’unité de l’Église et d’autres questions « mineures », mais auxquelles la FSSPX fait constamment appel, comme la juridiction supplémentaire, le principe d’ Ecclesia supplet, etc.

    La reconstitution d’Ecclesia Dei pourrait aussi répondre à un autre besoin soulevé par le cardinal Müller : disposer d’une structure pour accueillir les prêtres, les religieux et les laïcs qui pourraient quitter la FSSPX après leur consécration. Nul n’ignore que la position ouvertement contestataire prônée par le père Pagliarani ne fait pas l’unanimité au sein de la Fraternité. Cependant, la question de savoir si cela suffit pour franchir le pas d'Écône et de rejoindre la Rome « ​​moderniste », réputée peu fiable, est tout autre. Il convient de rappeler qu'en 2003-2004, le représentant de la position modérée, Mgr Bernard Fellay (co-consécrateur le 1er juillet), n'a pas hésité à exclure de la Fraternité plusieurs prêtres qui avaient défendu l'accord entre la communauté de Campos et le Saint-Siège.

    Un signal encore plus clair et plus fort est attendu de la part du Saint-Siège . Depuis des décennies, tous les prêtres et fidèles attachés au rite ancien et à ce que nous appelons, par commodité, la « pédagogie traditionnelle de la foi », soucieux de ne pas déchirer le corps mystique du Christ par le schisme, vivent dans une précarité constante et éprouvent souvent d'énormes difficultés à accéder aux lieux où ils peuvent trouver ce trésor inestimable du rite ancien. Ces personnes sont souvent traitées avec suspicion, voire ouvertement hostiles, par les évêques et les curies diocésaines. Trouver une solution qui libère ces fidèles d'une telle instabilité serait le plus grand signal du Pape, adressé également à tous ceux qui fréquentent les chapelles de la FSSPX sans souhaiter se joindre au schisme. Ces fidèles et ces prêtres, souvent désignés sous le nom d'« Ecclesia Dei », forment une réalité extrêmement vivante et en constante expansion. Il suffit de penser au nombre impressionnant de pèlerins à Chartres.

    Dans cette perspective, le Père Nicola Bux , dans une récente Lettre ouverte, s'exprimait ainsi :Dans une lettre publiée par Edward Pentin, le pape Léon XIII était invité à considérer « la réalité de nombreux évêques qui, avec équilibre, ont instauré l'harmonie liturgique dans leurs diocèses » et à accorder de nouveau « à toute l'Église la possibilité de célébrer, parallèlement au nouveau rite, l'ancien rite romain, réaffirmant du même coup la validité de la réforme liturgique et l'inviolabilité du concile Vatican II, comme de tout autre concile œcuménique ».

    La proposition défendue par le père Louis-Marie de Blignières , à savoir l'établissement de circonscriptions ou d'ordinariats, dirigés par des évêques choisis au sein du monde traditionaliste, sur le modèle de ceux créés après le motu proprio Anglicanorum coetibus , revêt également un grand intérêt. Cette structure permettrait enfin au mouvement traditionaliste de s'intégrer pleinement à la hiérarchie de l'Église, de gagner en stabilité et, partant, de promouvoir plus résolument la pacification liturgique tant souhaitée.

    Aux États-Unis, où la FSSPX est particulièrement implantée , les autorités et les théologiens de l' Université franciscaine de Steubenville ont adressé une Lettre ouverte au Supérieur général, au Concile et aux fidèles de la FSSPX , les exhortant à renoncer à l'acte schismatique prévu pour le 1er juillet, « qui consoliderait et approfondirait la séparation déjà existante », et à renouer le dialogue avec le Saint-Siège. Parmi les signataires figurent Scott Hahn, auteur de nombreuses publications également traduites en italien ; Mark Miravalle, théologien toujours actif dans la promotion du dogme de la médiation et de la corédemption mariales ; John Bergsma, ancien pasteur protestant et spécialiste de l'Ancien Testament et des manuscrits de la mer Morte ; et Stephen Hildebrand, vice-recteur de l'Université.

    Un appel louable, qui, nous l'espérons, trouvera un écho auprès d'au moins certains membres de la FSSPX. Une lettre fraternelle mais aussi d'une extrême franchise : « Les trésors de la Tradition catholique n'appartiennent pas à ceux qui sont hors de communion avec Pierre ; ils appartiennent au cœur de l'Église. Une nouvelle ordination épiscopale en dehors de la hiérarchie ecclésiale et sans mandat apostolique créerait une nouvelle blessure dans le Corps du Christ et placerait les dons que Dieu a confiés à la Fraternité [...] hors de son étreinte maternelle. »

    INTERVENTION AU CONSISTOIRE EXTRAORDINAIRE DES CARDINAUX

    Cardinal Gerhard Müller

    Rome, le 26 juin 2026

    1. Je remercie le Saint-Père d’avoir réaffirmé le rôle fondamental du Collège des cardinaux pour l’Église universelle. D’Irénée de Lyon au premier concile du Vatican, la primauté du Pape n’a jamais été envisagée comme celle d’un individu isolé, mais comme celle de l’Église de Rome, dont l’évêque est en même temps le chef visible de toute l’Église catholique. Cela permettait d’éviter de l’isoler de l’Église. En tant qu’évêque de Rome, il est toujours le chef du collège des évêques suburbicaires, ainsi que des prêtres et diacres romains. Il existe certes une large collégialité externe du Pape avec les évêques des autres Églises ; mais il existe aussi une collégialité interne, dans la mesure où chaque évêque est toujours en communion avec son propre presbytérat, comme l’affirme Ignace d’Antioche. Une partie du clergé romain fut institutionnalisée au sein du Collège des cardinaux, non pas pour la charge pastorale du diocèse de Rome, mais comme instrument utilisé par le pape dans la gouvernance de l'Église universelle.

    Dans cette perspective, il convient également de s'interroger sur la manière dont se déroule un consistoire. Toutes les représentations et photographies des conciles montrent la discussion plénière. Par conséquent, le libre échange de vues, précédé d'interventions soigneusement préparées, devrait précéder les travaux de groupe et occuper une place plus importante qu'actuellement. Quoi qu'il en soit, une réflexion plus approfondie sur la nouvelle méthode s'impose, en tenant compte de la nature d'une assemblée ecclésiale de cardinaux et d'évêques avec le Pape, ainsi que de celle de l'évêque avec son presbytérat et les conseils laïcs.

    2. La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a adressé une lettre ouverte à tous les cardinaux. Il est de notre devoir, en vertu de notre charge, tant individuellement qu'en tant que collège, de rejeter l'accusation scandaleuse selon laquelle l'Église romaine se serait éloignée de la foi catholique. Face à l'acte schismatique de consécration épiscopale accompli sans l'accord préalable de la communion avec le Pape, il ne doit y avoir aucune ambiguïté. En matière pastorale et liturgique, on peut agir avec sensibilité pastorale. Je propose la création d'une commission, sur le modèle de l'ancienne Ecclesia Dei , afin de permettre à ceux qui ont adopté cette position schismatique de revenir en pleine communion avec le Pape. Mais la frontière du schisme est définitivement franchie lorsque le ministère de l'évêque de Rome, principe visible et fondement durable de l'unité de l'Église dans la vérité révélée, est violé. Lors du concile de Trente, l'éminent cardinal polonais Stanislas Hosius a déclaré aux protestants de son époque – et ses paroles s'appliquent tout autant aux lefebvristes d'aujourd'hui :

    Catholicus non est, qui a Romana ecclesia in fidei doctrina discordat.

  • Nunc scio vere (Introït pour la fête des saints Pierre et Paul)

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    Introitus Introit
    Act. 12, 11 Act. 12,11
    NUNC scio vere, quia misit Dóminus Angelum suum: et erípuit me de manu Heródis, et de omni exspectatióne plebis Iudæórum. Ps. 138, 1-2 Dómine, probásti me, et cognovísti me: tu cognovísti sessiónem meam, et resurrectiónem meam. ℣. Glória Patri. Maintenant, je reconnais d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé Son ange : qu’Il m’a arraché de la main d’Hérode et à toute l’attente du peuple juif. Ps. 138, 1-2. Seigneur, Tu m'as sondé, et Tu me connais : Tu sais quand je m’assieds, et quand je me lève.

    Les pièces grégoriennes de la fête des saints Pierre et Paul (Una Voce)

  • Omnes gentes plaudite manibus (Introït du 13e dimanche du TO)

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    Introitus Introït
    Ps. 46, 2  
    OMNES gentes, pláudite mánibus: iubiláte Deo in voce exsultatiónis. Ps. ibid., 3 Quóniam Dóminus excélsus, terríbilis: Rex magnus super omnem terram. ℣. Glória Patri. Nations, battez toutes des mains ; célébrez Dieu par des cris d’allégresse. Ps. Car le Seigneur est très haut et terrible, roi suprême sur toute la terre. ℣. Gloire au Père.
  • Irénée de Lyon, défenseur de l'orthodoxie catholique (28 juin)

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    Saint Irénée de Lyon

    Le 28 mars 2007, Benoît XVI a consacré sa "catéchèse" du mercredi à ce grand témoin de la Foi (IIe siècle) que l'on fête aujourd'hui : saint Irénée de Lyon

    Chers frères et sœurs!

    Dans les catéchèses sur les grandes figures de l'Eglise des premiers siècles, nous arrivons aujourd'hui à l'éminente personnalité de saint Irénée de Lyon. Les informations biographiques à son sujet proviennent de son propre témoignage, qui nous est parvenu à travers Eusèbe, dans le livre V de l'Histoire ecclésiastique. Irénée naquit selon toute probabilité à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l'école de l'Evêque Polycarpe, lui-même disciple de l'Apôtre Jean. Nous ne savons pas quand il se rendit d'Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la communauté chrétienne de Lyon:  c'est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des prêtres. C'est précisément cette année qu'il fut envoyé à Rome, porteur d'une lettre de la communauté de Lyon au Pape Eleuthère. La mission romaine qui permit à Irénée d'échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l'Evêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison. Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Evêque de la ville. Le nouveau Pasteur se consacra entièrement au ministère épiscopal, qui se conclut vers 202-203, peut-être par le martyre.

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  • Notre-Dame du Perpétuel Secours (27 juin)

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    unnamed (1).jpg(source) Sous ce titre glorieux, on vénère à Rome une image byzantine de la Sainte Vierge Marie, datant du XIIIème ou du XIVème siècle. Conservée autrefois en l’église saint Matthieu sur l’Esquilin, l’image miraculeuse était peu à peu tombée dans l’oubli, quand en 1866, le pape Pie IX la confia aux rédemptoristes, qui célébraient sa fête. Notre-Dame du Perpétuel Secours est invoquée aujourd’hui dans la plupart des églises d’Occident.

    Du blog du Mesnil Marie :

    En ce 27 juin, tous les dévots enfants de Marie ont à cœur de fêter Notre-Dame du Perpétuel Secours.

    Histoire de l’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours :

           L’image connue sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours est une icône réalisée dans un style byzantin relativement tardif (du XIIIe ou du XIVe siècle), qui s’inspire du modèle dit « Madone de saint Luc » mais plus exactement selon un type iconographique connu en Orient sous le nom de Mère de Dieu de la Passion (il s’agit donc d’une Vierge de Compassion, ce pourquoi nous avons une très grande vénération pour elle en notre Mesnil-Marie, où nous célébrons cette fête sous le rit double de 2ème classe).

       Cette icône qui se trouve aujourd’hui à Rome (dans l’église Saint-Alphonse, via Merulana, photo ci-dessus), n’y a pas toujours été : elle était préalablement honorée dans une église de Crète.

    Lorsque, au XVe siècle, l’île fut envahie par les Turcs, persécuteurs de chrétiens et destructeurs de nombreuses églises, beaucoup s’enfuirent. L’un d’eux – un marchand, selon la tradition – prit la sainte image, et s’embarqua avec son trésor pour l’Italie. Il fut reçu à Rome par un ami, marchand lui aussi, chez lequel il tomba malade et mourut. Avant de rendre le dernier soupir, il confia l’icône à cet ami en lui demandant de la donner à une église où elle serait convenablement honorée.

    Le marchand romain, sous la pression de son épouse (qui souhaitait garder le précieux tableau chez elle), tarda à accomplir la dernière demande de son ami, et il fallut que la Vierge Marie Elle-même se manifestât par des apparitions. Elle fit savoir qu’elle voulait être honorée sous le vocable de « Notre-Dame du Perpétuel Secours », et désigna l’endroit où elle voulait que la sainte icône fût exposée : l’église Saint-Matthieu, sur le Mont Esquilin, toute proche de la Basilique de Sainte Marie Majeure, et desservie par les moines de Saint Augustin.

    Elle y fut placée avec de grands honneurs en 1499 et y demeura pendant trois siècles, objet d’une grande vénération.

       En 1798, les troupes de la révolution française envahirent et occupèrent Rome, où 45 églises furent détruites. L’église Saint-Matthieu était de ce nombre et la communauté des moines augustins, desservants du sanctuaire, fut chassée.

    Les religieux emportèrent le tableau mais les malheurs de ce temps, la persécution, puis l’extinction progressive des religieux qui connaissaient l’histoire du tableau, eurent pour conséquence qu’on en perdit la trace… au point qu’on le crut à jamais disparu.

       En 1863, un prêtre rédemptoriste qui, lorsqu’il était enfant, avait servi la messe du dernier moine augustin survivant de la communauté de Saint-Matthieu, réalisa, à la suite d’un providentiel concours de circonstances, que l’antique image dont on déplorait la perte était celle qu’il avait vue dans son enfance dans le petit oratoire du vieux moine ;  il se souvint que celui-ci lui avait un jour dit qu’elle avait été très vénérée et avait accompli de grands miracles.

    Le Bienheureux Pie IX en fut instruit : il la fit rechercher pour qu’elle soit confiée aux religieux rédemptoristes dont l’église, placée sous le vocable de Saint Alphonse de Ligori, avait été édifiée précisément sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Matthieu. 

       Lors de la cérémonie d’installation du tableau de Notre-Dame du Perpétuel Secours dans l’église Saint-Alphonse, deux guérisons miraculeuses furent dûment constatées : celle d’un garçon de quatre ans, et celle d’une fillette de huit ans.

    Depuis lors le culte de l’icône miraculeuse reprit de l’essor et de nombreuses faveurs spirituelles et temporelles en furent la conséquence.

    Description et explication de la Sainte Image :

       Le tableau n’a guère que cinquante centimètres de haut et quarante de large. Sur un fond d’or éclatant, est représentée la Vierge Marie, portant sur son bras gauche l’Enfant Jésus. Un voile bleu foncé couvre sa tête et s’avance de manière à ne laisser entrevoir que la partie extrême du bandeau qui entoure son front. Sa tunique est de couleur rouge, avec des ourlets brodés d’or, comme ceux du voile. L’auréole assez large qui enveloppe sa tête, est ornée de dessins finement travaillés. Au-dessous de l’auréole, sur la partie supérieure du voile, apparaît une étoile rayonnante. Les plis et les ombres des vêtements sont indiqués par les filets d’or. Au-dessus de la Madone, on lit ces quatre lettres, MP. ThV., initiales et finales des mots grecs signifiant : Mère de Dieu. La robe pourpre de la Vierge est le symbole de son ardent amour, alors que le manteau sombre qui l’enveloppe est le signe de sa douloureuse union aux souffrances de son Fils.

       Le divin Enfant est dans les bras de sa Mère ; mais, au lieu d’arrêter sur elle son regard, il rejette la tête un peu en arrière et tourne les yeux du côté gauche, vers un objet qui, en le préoccupant vivement, répand sur son doux visage un certain sentiment de frayeur. Ses deux petites mains serrent la main droite de sa mère, comme pour implorer sa protection. Il est revêtu d’une robe verte, retenue par une ceinture rouge, et cachée en partie sous un grand manteau d’un jaune presque brun. La couleur verte représente l’éternité et la divinité du Verbe, tandis que le manteau symbolise son humanité, qui a en quelque sorte enveloppé et voilé cette divinité aux yeux de ses contemporains.

       Sa tête est aussi entourée d’une auréole, un peu moins large et moins ouvragée que celle de la Madone. Au-dessus de son épaule gauche, on lit ces autres lettres grecques Is. Xs., c’est-à-dire Jésus-Christ. La pose de l’Enfant Jésus ainsi que le sentiment d’effroi peint dans tous ses traits, sont motivés par la présence d’un ange placé un peu plus haut, à gauche, et tenant dans les mains une croix surmontée d’un titre, qu’il présente à l’Enfant avec quatre clous. Au-dessus de l’envoyé céleste on trouve aussi les initiales de son nom : O. A. G. Elles signifient : L’Archange Gabriel. A la même hauteur, à droite de la Madone, on voit un autre ange portant dans ses mains un vase, d’où s’élèvent la lance et le roseau surmonté de l’éponge. Au-dessus de sa tête, on lit : O. A. M., c’est-à-dire : L’Archange Michel. Les deux Archanges porteurs des instruments de la Passion sont là pour montrer que le Christ, dès le premier instant de son Incarnation, était résolument orienté vers le mystère de la Rédemption, qu’il accomplirait le Vendredi Saint. Toutefois dans la sensibilité de sa nature humaine, Jésus-Christ était effrayé par les horribles supplices de la Passion et c’est ce qu’exprime son attitude : il a couru – tellement que sa sandale s’est détachée – chercher refuge dans les bras de sa Mère… non pas pour se dérober à sa mission, mais parce qu’il veut aussi pour cette mission recevoir l’aide et la compassion des âmes aimantes.

       L’élan de Jésus vers sa Mère, et la tendre pression de leurs mains unies, nous disent que Marie fut pleinement associée par son divin Fils, dès avant le Calvaire, à ses souffrances et à son œuvre de rédemption. Jésus, de son côté, en se réfugiant dans les bras de sa Mère, nous apprend que ce cœur maternel est notre refuge assuré, perpétuellement offert à nos craintes et à nos afflictions. Ses mains abandonnées entre les mains de Marie nous disent que celles-ci disposent de sa toute-puissance. Dans le regard de Marie dirigé vers les assistants, comme dans toute sa physionomie, on sent je ne sais quelle indéfinissable et douce tristesse, mêlée à une tendre compassion. Elle aussi a vu la croix qu’on présente à son Fils ; son cœur souffre, mais avec calme, sérénité, et avec une compréhension pleinement surnaturelle des événements de la vie de son Fils! L’effroi du divin Enfant, en présence des instruments de supplice qu’on lui montre, ont rappelé à Marie ses autres enfants de la terre, qui cheminent péniblement, « dans cette vallée de larmes« , et que leur croix de chaque jour accable si souvent. Pénétrée de compassion, la Vierge semble nous adresser ces consolantes paroles : « Ayez confiance en moi ! J’ai souffert, et je sais compatir ; je suis forte, et je puis secourir. Vous tous qui suivez, sur la terre, la voie qu’a suivie mon Fils, ayez confiance : je suis la toute compatissante, je suis la Mère du Perpétuel-Secours ! »

       Et comme il l’a souvent été dit : pour bénéficier largement de ce perpétuel secours, il ne faut pas se lasser de le demander par un perpétuel recours.

    Prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours :

         O Très Sainte Vierge Marie,
    qui, pour nous inspirer une confiance sans bornes, avez voulu prendre le nom si doux de Mère du Perpétuel-Secours, je vous supplie de me secourir en tout temps et en tout lieu : dans mes tentations, après mes chutes, dans mes difficultés, dans toutes les misères de la vie et surtout au moment de ma mort.
    Donnez-moi, ô charitable Mère, la pensée et l’habitude de recourir toujours à vous, car je suis sûr que, si je vous invoque fidèlement, vous serez fidèle à me secourir.
    Procurez-moi donc cette grâce des grâces : la grâce de vous prier sans cesse et avec la confiance d’un enfant, afin que, par la vertu de cette prière fidèle, j’obtienne votre Perpétuel Secours
     et la persévérance finale.
    Bénissez-moi, ô tendre et secourable mère, et priez pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort.

    Ainsi soit-il !

  • Le sacre des évêques par la FSSPX : Est-ce un manque de foi de la part de cette fraternité ? Débat entre Arnaud Dumouch et Jean-Pierre Maugendre

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    Jean-Pierre Maugendre (jeanpierremaugendre@yahoo.fr) est le fondateur de « Renaissance catholique ». Il explique que la Fraternité Saint Pie X ne veut pas créer un schisme le 1er juillet 2026 avec l’Église mais que sa position est « un acte de fidélité à la théologie de toujours » face aux dérives qui sont apparues à partir du Concile Vatican II. Le sacre des évêques est fait pour pouvoir continuer à donner, au-delà des persécutions venant du personnel de l’Église latine, 1° une théologie solide, 2° une pratique pastorale fidèle, 3° et une liturgie digne
     
    Arnaud Dumouch (a.dumouch@hotmail.com), Théologien « conciliaire »,  reconnait la validité des reproches PASTORAUX que fait Jean-Pierre Maugendre (les ayant lui-même vécu dans sa chair). Il reconnaît la droiture d’intention de la FSSPX qu’il compare à l’attitude de Saint Pierre lorsque, avec des pensées (trop) humaines, il disait à Jésus de ne pas monter à Jérusalem car c’était absurde  (Mt 16, 22). Mais il affirme que la FSSPX a manqué de foi dans l’Esprit Saint qui dirige DOCTRINALEMENT l’Eglise vers la vérité toute entière, et PASTORALEMENT vers le même chemin que le Christ. On ne réforme pas l’Église en désobéissant à l’Église. Il prophétise que si les membres de la FSSPX n’entrent pas dans un regard plus surnaturel, semblable à celui de la Vierge Marie à la croix, alors ils imiteront le comportement de Saint Pierre qui ne fut pas présent à la croix et ne découvrit qu’à la Pentecôte la sagesse de Dieu.
  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X écrit au Pape et aux cardinaux à la veille du Consistoire

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    Du site de la FSSPX :

    Lettre ouverte à Sa Sainteté le Pape Léon XIV et aux Cardinaux de la Sainte Église

    Source: FSSPX Actualités

    Très Saint-Père,
    Éminences Révérendissimes,

    À la veille du Consistoire de la fin de ce mois, et à quelques jours des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain à Écône, il nous semble que le moment est venu pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X de formuler une profession intégrale de foi catholique, que nous souhaiterions remettre entre les mains de Votre Sainteté et de chacun des Cardinaux.

    L’Église souffre aujourd’hui sous la pression de forces nouvelles, venues tant de l’intérieur que de l’extérieur, qui la poussent dans toutes les directions possibles, sauf – nous semble-t-il – dans la bonne. Devant une telle souffrance, nous ne pouvons demeurer indifférents.

    Ce n’est pas à la Fraternité Saint-Pie X qu’il revient d’indiquer la voie à suivre, mais à la Tradition bimillénaire de l’Église, fidèlement gardée et transmise par le Siège apostolique au cours des siècles, et que beaucoup considèrent désormais, dans les faits, comme une réalité dépassée, soumise à une évolution permanente.

    C’est au nom de cette même Tradition, et à sa seule lumière, que nous formulons aujourd’hui cette profession de foi catholique face aux principales erreurs et aux plus graves périls de notre temps.

    Nous sommes convaincus que la Tradition renferme tous les remèdes aux maux les plus profonds dont souffrent l’Église et le monde, et pour lesquels on cherche en vain des solutions en dehors d’elle. La foi immuable et intégrale est le principe, le fondement et la racine du salut des âmes. Cette foi, contenue dans la Tradition et enseignée par le Magistère constant, constitue le véritable fondement de l’unité de l’Église et, par conséquent, le moyen nécessaire d’établir l’union et la communion entre les membres du Corps mystique du Christ.

    Au-dessus des changements et des vicissitudes du temps se dresse la Tradition immuable, écho dans l’histoire de la Vérité éternelle.

    Nous ne pouvons qu’espérer et supplier que cette Tradition et la pureté de la foi soient de nouveau placées au fondement de la vie de l’Église, afin qu’à partir d’elles puisse s’amorcer une authentique régénération. C’est à cette intention que nous prions avec instance.

    Nous sommes persuadés que, dans le contexte instable et extrêmement périlleux qui se présente aujourd’hui à nos yeux, la meilleure contribution que l’on puisse offrir à l’Église universelle est celle d’une profession sincère et intégrale de foi catholique.

    Nous espérons qu’un jour, ce texte doctrinal puisse servir de base pour une discussion franche avec le Saint-Siège, dans un climat paisible, fraternel et charitable.

    Le texte que nous vous remettons n’est pas le ressassement stérile d’un groupe de nostalgiques, mais la nécessaire expression, paisible et résolue, de notre foi.

    « Non enim possumus aliquid adversus veritatem sed pro veritate. »
    « Car nous ne pouvons rien contre la vérité, mais seulement pour la vérité. »

    Et selon le Psalmiste, repris par saint Paul :

    « Et nos credimus propter quod et loquimur. »
    « Nous aussi nous croyons, c’est pourquoi nous parlons. »

    En vous remerciant de l’attention que vous daignerez porter à ce texte, nous vous assurons de notre prière constante pour vous et pour l’Église universelle.

    Menzingen, le 24 juin 2026, Nativité de saint Jean-Baptiste

    Davide Pagliarani 
    Supérieur général

    + Alfonso de Galarreta
    Premier Assistant général                     

    Christian Bouchacourt
    Second Assistant général

    + Bernard Fellay
    Premier Conseiller général
    Ancien Supérieur général 

    Franz Schmidberger
    Second Conseiller général
    Ancien Supérieur général

    Le texte de la "Profession de foi catholique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour éclairer les âmes face aux erreurs modernes" se trouve ICI

  • Voilà pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

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    De sur Boulettes Magazine :

    Pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

    Après plus de 450 ans de présence ininterrompue dans la Cité ardente, les Jésuites quittent Liège cette année. Plus que le départ d’une communauté religieuse, c’est une page majeure de l’histoire éducative, intellectuelle et sociale liégeoise qui se tourne. Leur absence prive en effet la ville d’un héritage vivant, qui a contribué à former des générations d’élèves, d’enseignants, d’ingénieurs et de citoyens.

    C’est que les Jésuites étaient présents à Liège depuis 1569. Mille cinq cent soixante-neuf, vous imaginez ? Quelques décennies seulement après la fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola, ils s’implantent en principauté, où ils développent rapidement une œuvre éducative d’envergure. Dès 1582, ils fondent le Collège en Isle, qui accueillera jusqu’à un millier d’élèves. Plus tard viendront le Collège des Anglais, le Collège Saint-Servais et le Collège Saint-Louis. L’Institut Gramme ? Encore eux, au début du XXe siècle.

    Peu d’institutions peuvent revendiquer une telle continuité dans l’histoire liégeoise. Pendant près de cinq siècles, les Jésuites ont accompagné les transformations de la ville. Traversé les bouleversements politiques, les révolutions industrielles et les mutations sociales. Et ce, sans jamais abandonner leur mission première : transmettre le savoir et former la personne humaine dans toutes ses dimensions.

    Disclaimer : l’auteure de ces lignes a été en première ligne pour en juger, ayant fait toutes ses humanités à Saint-Servais. Aujourd’hui encore, un lien bien plus fort qu’un CESS perdu depuis belle lurette unit ses alumni. « La mafia Saint-Servais » se rient certains, tant on se retrouve, rencarde et renseigne entre nous.

    Une conception exigeante de l’éducation

    Plus qu’en raison du prestige aujourd’hui terni d’une école dite d’élite, c’est parce que la contribution des Jésuites ne se mesure pas seulement au nombre d’écoles qu’ils ont fondées à Liège. Elle réside aussi dans une vision particulière de l’éducation.

    Depuis le XVIe siècle, la pédagogie ignatienne repose sur une conviction forte.

    L’école ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais aider chacun à développer son intelligence, son sens critique, sa liberté intérieure et son sens des responsabilités.

    Une approche qui a inspiré des générations d’enseignants (et d’élèves) à Liège.

    Lire aussi : Philippe Boxho (ex-Saint-Servais aussi, et oui) nous a partagé ses restos préférés à Liège

    La tradition éducative jésuite valorise l’excellence académique sans la dissocier de l’excellence humaine. Elle encourage la rigueur intellectuelle, certes. Mais aussi le respect de l’autre, l’écoute, la capacité de dialogue et le discernement.

    Dans une société souvent marquée par la polarisation et l’immédiateté, autant dire que cette culture de la réflexion et du respect apparaît plus précieuse que jamais.

    Pour et avec les autres

    L’une des formules les plus connues de la tradition jésuite ? La volonté de former des « femmes et des hommes pour les autres et avec les autres ». Une expression qui dénote d’une philosophie profondément humaniste.

    Les Jésuites ont en effet toujours considéré que l’éducation devait préparer les jeunes à contribuer au bien commun.

    La réussite individuelle n’a de sens que si elle s’accompagne d’un souci des plus fragiles et d’une attention à la société dans laquelle chacun évolue.

    Une vision qui a marqué durablement la culture de nombreuses institutions liégeoises. Et a encouragé l’engagement social, le sens du service et la responsabilité citoyenne. Bien sûr, le départ des Jésuites ne signifie pas la disparition de ces valeurs essentielles. Mais il prive la ville de ceux qui en furent pendant des siècles les porteurs directs et les témoins quotidiens. Et franchement ? Quel gâchis.

    On ne citera pas de noms, on sait que certains POs ont le bras long. Mais ceux qui ont refusé de trouver un compromis pour garder les Jésuites restants ? Vous savez qui vous êtes. Et dans les mots d’une autre icône de la religion, la nonne Unella : honte, honte honte !

    Liège sans Jésuites ? Un sacré vide

    La capacité à créer des ponts entre la foi, la culture, la science et la société a constitué l’une des richesses de leur présence. Dans une époque où les institutions peinent parfois à dialoguer entre elles, les Jésuites représentaient une tradition de médiation intellectuelle et humaine dont Liège bénéficiait encore.

    Bien sûr, les écoles fondées par les Jésuites vont continuer d’exister. Les œuvres qu’ils ont inspirées poursuivront leur mission.

    Mais une institution n’est jamais plus tout à fait la même lorsqu’elle perd ceux qui lui ont donné naissance – et qui ont incarné son esprit pendant des siècles.

    Oui, décidément, ce départ est une perte. Parce qu’il met fin à une présence qui reliait la ville à une histoire exceptionnelle de transmission, de culture et d’engagement. Il rappelle aussi qu’un patrimoine ne se résume pas à des bâtiments ou à des archives. Il vit à travers des femmes et des hommes qui portent une vision du monde.

    Pendant plus de 450 ans, les Jésuites ont contribué à faire de Liège un lieu d’éducation, de réflexion et de service.

    Leur héritage demeure. Mais leur absence laisse incontestablement un vide dans le paysage humain et intellectuel de la Cité. Et pas seulement parce que désormais, plus personne ne va patrouiller le Carré crucifix au cou sur le temps de midi pour récupérer les brebis égarées.

    Au-delà de la religion, une question de patrimoine et de diversité

    On vous entend, noter que gnignignagnagna, Saint-Servais, grenouille de bénitier, tout ça. Ce n’est pas déraisonnable, mais ce n’est pas non plus toute la vérité. Déjà, parce qu’en ce qui concerne l’auteure de ces lignes (toujours elle !), une de ses dernières messes date probablement de sa fin de rhéto. Comment faire mieux qu’une reprise bof réussie de One of Us en pleine église Saint-Christophe ?!

    Mais plus sérieusement, regretter le départ des Jésuites ne relève pas nécessairement d’une adhésion religieuse ni même d’une pratique de la foi. La question dépasse largement le cadre confessionnel.

    Elle touche au patrimoine vivant de Liège et à la diversité des institutions qui composent son identité.

    Une ville s’enrichit de la coexistence d’acteurs porteurs d’histoires, de traditions et de visions différentes du monde. Et les Jésuites, bien que toujours moins nombreux au gré des années, faisaient partie de cette pluralité. Leur présence apportait une sensibilité éducative, culturelle et humaniste particulière, forgée au fil des siècles.

    Dans une époque clivée, la disparition d’une telle singularité constitue une perte collective. Que l’on ait ou non la foi, difficile de nier la valeur d’un héritage qui a contribué à la richesse intellectuelle et sociale de la cité. Préserver la diversité d’une ville, c’est aussi préserver les traditions qui l’ont façonnée. Amen.

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    Journaliste pour Le Vif Weekend & Knack Weekend, Kathleen a aussi posé sa plume dans VICE, Le Vif ou encore Wilfried, avec une préférence pour les sujets de société et politique. Mariée avec Clément, co-rédacteur en chef de Boulettes Magazine, elle a fondé avec lui le semestriel SIROP, décliné à Liège et Bruxelles en attendant le reste du pays.

  • Quand la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X présente une série documentaire consacrée à la vie et à l'apostolat de ses prêtres à travers le monde (mise à jour)

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    Du site de la FSSPX :

    Réalisé sur une période de deux ans par deux jeunes étudiants de Suisse et d'Allemagne en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX, ce documentaire ouvre une série en trois volets retraçant l'apostolat de la Fraternité à travers le monde.

    Sous-titres disponibles en plusieurs langues. Cliquez sur ⚙️ puis sur « Sous-titres » pour sélectionner votre langue. 

  • La Fraternité Saint-Pierre atteint un record historique avec l'ordination de nouveaux prêtres en 2026

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    D'InfoVaticana :

    La Fraternité Saint-Pierre atteint un record historique avec l'ordination de nouveaux prêtres en 2026.

    La Fraternité Saint-Pierre atteint un record historique avec l'ordination de nouveaux prêtres en 2026.
    Photo : FSSP Wigrtzbad

    La cérémonie finale s'est déroulée dans l'église paroissiale de Lindenberg, en Bavière, où Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a conféré le sacerdoce à treize séminaristes originaires de divers pays européens.

    La Fraternité a annoncé la nouvelle par ses canaux officiels, soulignant le nombre record d'ordinations réalisées cette année et exprimant sa gratitude envers Dieu pour ces nouvelles vocations.

    Treize nouveaux prêtres de dix nationalités différentes

    Les ordinations célébrées à Lindenberg témoignent du caractère international de la Fraternité de Saint-Pierre.

    Parmi les nouveaux prêtres, on compte trois Français, deux Portugais, deux Tchèques, un Autrichien, un Croate, un Hongrois, un Italien, un Polonais et un Suédois.

    Ces ordinations s'ajoutent aux douze ordinations sacerdotales qui ont eu lieu le 28 mai à la cathédrale d'Omaha, dans le Nebraska, où la confrérie possède le séminaire Notre-Dame de Guadalupe.

    Avec ces ordinations, la FSSP atteint 25 ordinations sacerdotales en une seule année, le nombre le plus élevé depuis sa fondation en 1988.

    Une année historique pour la fraternité

    Les cérémonies organisées à Omaha et à Lindenberg constituent une étape importante pour la Fraternité de Saint-Pierre, qui n'avait jamais enregistré auparavant un nombre aussi élevé d'ordinations sacerdotales en une seule année.

    En annonçant la nouvelle, la fraternité a confié tous ses prêtres aux prières des fidèles et a rendu grâce pour les nouvelles vocations reçues.

    « Rendons grâce à Dieu », concluait le message publié après les ordinations.

  • Le christianisme, nouvelle contre-culture ? Pourquoi des jeunes hommes se tournent vers l’Église

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    De Liv Klingert sur The European Conservative :

    Le christianisme, nouvelle contre-culture : pourquoi des jeunes hommes se tournent vers l’Église

    « Les générations précédentes ont donné des réponses insuffisantes, issues de la dictature du relativisme, en affirmant : “C’est bien si c’est vrai pour toi ; mais ce n’est tout simplement pas vrai pour moi.” C’est superficiel », déclare le père Daniel Ebert Steiner.

    21 juin 2026

    Au Royaume-Uni, un rapport controversé de 2025 — dont la méthodologie a depuis été sérieusement remise en question — fait état d’une multiplication par quatre du nombre de 18-34 ans fréquentant l’église au moins une fois par mois, 20 % des jeunes hommes de moins de 34 ans y assistant régulièrement, contre seulement 4 % il y a six ans.

    Pourtant, il est encore difficile de nier un intérêt pour le christianisme et un renouveau — très discret. À Pâques 2026, 21 000 adultes et jeunes ont été baptisés en France, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2025, année qui avait déjà connu une hausse de 32 % des baptêmes par rapport à l’année précédente. À titre de comparaison, en 2021, on comptait environ 4 100 baptêmes d’adultes.

    Environ 45 % des jeunes Espagnols (âgés de 15 à 29 ans) se déclarent catholiques. Cela marque un revirement spectaculaire ces dernières années, l’identification catholique chez les jeunes Espagnols ayant augmenté de près de 50 % par rapport à 2020.

    Une tendance similaire s’observe au Danemark. Mais la question est la suivante : pourquoi ces jeunes hommes ont-ils commencé à fréquenter l’église ?

    Pour le prêtre catholique Daniel Steiner Ebert, qui exerce au Danemark, cela s’explique par un manque de profondeur dans la vie :

    « Notre société propose depuis longtemps aux gens une vie vide de sens. Le christianisme était ennuyeux ; nous l’avons essayé, alors les gens ont voulu tenter autre chose, et pendant un certain temps, tout le monde a voulu devenir bouddhiste ou adepte du New Age, tandis que d’autres se sont tournés vers le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Mais aucune de ces choses n’apporte de profondeur. Même le bouddhisme, en tant que philosophie, offre le vide : le but est de ne faire qu’un avec le néant, ce qui entre en conflit avec la perception que l’humanité a d’elle-même, car, au fond de nous, nous savons que nous sommes plus que rien. Les gens sentent qu’on ne peut pas vivre avec l’idée du néant. Les êtres humains sont en quête ; ils sont religieux, et cela les pousse vers une rencontre avec le christianisme. »

    Un sondage d’opinion a montré que la majorité des catéchumènes français s’étaient intéressés à la religion à la suite d’une épreuve de la vie ou d’une forme de maladie, tandis que d’autres avaient vécu une expérience religieuse. D’autres encore se sont tournés vers l’Église après avoir fait l’expérience de la beauté. 

    Le père Daniel Steiner Ebert estime que ces tendances sont l’expression d’une rébellion qui trouve ses racines dans les expériences de vie des jeunes eux-mêmes.

    « Ils ont grandi auprès de parents laïques. Ils ont goûté au fruit de la laïcité et, à travers leur propre expérience, l’ont trouvé insatisfaisant. Ils appartiennent à une génération qui a été durement touchée par l’adversité. Combien d’entre eux n’ont pas été touchés par le divorce au sein de leur famille ? Nous vivons dans une société où les troubles mentaux et la santé mentale en général n’ont jamais été aussi mauvais, et la jeune génération en ressent les conséquences dans sa propre vie. »

    Il ajoute que les réponses apportées par les générations précédentes à ces problèmes ne fonctionnent pas.

    « Les êtres humains cherchent des réponses. Les générations précédentes ont donné de mauvaises réponses, issues de la dictature du relativisme, exprimées ainsi : c’est bien si c’est vrai pour toi ; ce n’est tout simplement pas vrai pour moi. C’est superficiel. »

    Une rupture avec le progressisme

    Selon le père Ebert, ce sont les jeunes hommes qui sont à l’origine de ce regain d’intérêt pour le christianisme, car le monde laïc a mené un programme d’endoctrinement remarquable ciblant les femmes. Une forme malsaine de féminisme a cherché à éradiquer les femmes et la féminité traditionnelle, et de nombreuses femmes ont été éblouies par cette idéologie et piégées par son influence, a déclaré le père Ebert.

    « C’est un féminisme toxique qui s’en prend également aux hommes. Il incite les femmes à se libérer des hommes, ce qui est tout à fait contraire à l’esprit chrétien. Dieu nous dit qu’il n’est pas bon pour l’être humain d’être seul. Mais les hommes sont laissés pour compte tandis que la société adhère à l’idée que les hommes sont des porcs stupides. »

    Lorsque la société s’en prend à la masculinité, de nombreux hommes se replient sur eux-mêmes et cherchent autre chose — malheureusement, parfois vers des formes extrêmes de masculinité, notamment sur Internet, incarnées par des influenceurs en ligne tels qu’Andrew Tate. Cependant, d’autres continuent à chercher et trouvent le christianisme, ajoute le prêtre.

    « Le christianisme implique un amour sacrificiel — se sacrifier pour les autres. C’est là que réside la véritable masculinité. »

    « C’est profondément ancré chez les hommes. Les femmes, bien sûr, font aussi des sacrifices, mais cela prend une forme différente. Les garçons adorent jouer aux gendarmes et aux voleurs ou aux soldats, où il s’agit de combattre le mal et de se sacrifier. Et c’est précisément ce vers quoi tend le christianisme : se sacrifier pour ce que l’on aime. »

    Dans les milieux catholiques, un débat a lieu sur le nombre d’hommes qui se sont détournés de l’Église parce qu’elle s’est féminisée, en particulier parmi les écrivains catholiques américains. Ebert se montre réceptif à cette analyse.

    « Le clergé a sans doute été influencé par la société laïque, et tous les prêtres n’ont pas eu le courage d’aller à contre-courant. Beaucoup ont davantage abordé des sujets qui ne prêtaient pas à controverse plutôt que ceux qui en suscitaient. Mais de plus en plus de prêtres de l’Église catholique commencent aujourd’hui à se rendre compte que cela ne fonctionne pas et qu’il faut dire les choses telles qu’elles sont et rester fidèle à l’Évangile. Pendant longtemps, on n’a pas osé parler de l’enfer, par exemple, alors même que c’est Jésus qui en parle le plus dans les Écritures. Jésus avait d’autres facettes que celle d’un homme doux et amoureux des fleurs. Cela a été ignoré – et c’est ainsi qu’une image incomplète du Seigneur a été prêchée –, mais peu à peu, un changement s’opère. »

    Ce changement intervient alors que de nombreux jeunes manifestent un intérêt accru pour des formes plus traditionnelles de christianisme. Les jeunes sont particulièrement attirés par le catholicisme et l’orthodoxie, car ces confessions exigent davantage des croyants sous la forme de sacrements et de jeûne, ce qui séduit ceux qui recherchent davantage de discipline. 

    De nombreux jeunes catholiques sont enthousiastes à l’égard de la messe selon la forme extraordinaire (la messe traditionnelle en latin ou messe tridentine), et le père Ebert n’en est pas surpris.

    « Cette tendance est liée à la beauté. On entend souvent dire que la beauté est relative, mais ce n’est pas vrai : elle est objective et reflète la beauté de Dieu. Personne ne contemple un coucher de soleil en se disant qu’il est affreux à regarder. La musique classique est universelle parce que la beauté est objective. Ainsi, lorsque les jeunes assistent à la messe traditionnelle, il s’agit pour eux de vivre un culte aussi parfait que possible – authentique et solennel – et de vouloir que la beauté fasse partie intégrante de la liturgie. Cela attire tout particulièrement une génération qui a grandi dans une société dépourvue de beauté. »

    La foi dans une société laïque

    L’intérêt croissant pour le christianisme se manifeste également au Danemark. Une enquête Verian, menée par le journal danois Berlingske Tidende en 2025, a établi qu’au moins 10 % des jeunes Danois âgés de 18 à 35 ans se rendent régulièrement à l’église. Ce n’est le cas que de 7 % des personnes âgées de 36 à 59 ans. Parallèlement, l’enquête montre que les jeunes constituent le groupe qui fréquente le plus régulièrement l’église. Selon l’enquête, 7 % des 18-35 ans déclarent aller régulièrement à l’église. En 2010, une enquête similaire avait révélé que seuls 3 % des Danois de cette tranche d’âge fréquentaient l’église. Le nombre de fidèles a donc plus que doublé.

    Le prêtre estime que l’intérêt n’est pas aussi fort que dans d’autres régions connaissant un renouveau discret, en partie à cause de la « loi de Jante », une norme scandinave qui encourage le conformisme. 

    « Au Danemark, il y a cette éternelle loi de Jante, une véritable dictature qui ne cesse de rabaisser les gens, et qui affecte la communauté religieuse. Cela signifie qu’il est encore dangereux de parler de foi au Danemark. Même si les jeunes générations en ont envie, il existe une culture, véhiculée par les générations plus âgées, selon laquelle la religion n’est pas quelque chose que l’on affiche en public. La société est en réalité quelque peu schizophrène, car nous avons une Église populaire qui est une Église d’État – et donc publique – mais qui ne doit pas l’être trop ouvertement. »

    Mais est-il important de s’exprimer publiquement ? L’ancien pasteur danois Morten Dahlin a déclaré que tant qu’on croit, peu importe qu’on fréquente régulièrement l’église.

    « Croire sans aller à l’église est contradictoire », affirme le père Ebert : 

    « Si vous êtes chrétien, vous l’êtes dans toutes vos actions, pas seulement en privé. Tout le monde est faible et sujet au péché, mais être chrétien, c’est se battre et lutter aux côtés du Seigneur et de Sa grâce. Le fait d’être chrétien ne devrait pas être un grand secret. Nos ancêtres ont maintes fois donné leur vie pour cela en tant que martyrs. Il est tout à fait anti-chrétien de penser que la foi relève exclusivement de la sphère privée. »

    La foi des jeunes chrétiens implique une rupture avec la culture, poursuit-il :

    « La culture danoise n’est plus une culture chrétienne, même si nous nous fondons sur des valeurs chrétiennes. Le Danemark est fortement influencé par le socialisme, et nous nous sommes éloignés du véritable christianisme pour tout confier à l’État. Cela crée une société froide où les gens n’aident pas leurs semblables, car cette tâche est laissée à l’État. C’est un système mort. »

    Le père Ebert ajoute que Jésus nous enseigne que chacun doit s’entraider ici et maintenant, et ne pas simplement laisser cette tâche à quelqu’un d’autre. Il poursuit :

    « Nous nous disons chrétiens, mais il y aurait un tollé si quelqu’un remettait en cause l’avortement. Ce n’est tout simplement pas un sujet de débat au Danemark, même si l’on compte aujourd’hui environ 15 000 avortements par an. Ce n’est en aucun cas un pays chrétien. De surcroît, nous sommes une société de consommation qui fait croire aux gens qu’ils ont droit à quelque chose simplement parce qu’ils le veulent. C’est un état d’esprit très différent de la culture chrétienne d’origine. »

    Ce renouveau discret tient en grande partie à la quête des jeunes, qui recherchent quelque chose de plus que ce qu’offre la culture actuelle. La question est toutefois de savoir si ce renouveau discret perdurera chez les jeunes qui ont trouvé la foi.

    « Le christianisme n’est pas une idée politique ; il ne s’ancrera donc durablement que s’ils ont fait l’expérience du Dieu vivant et compris que Jésus est véritablement ressuscité des morts et nous a sauvés — alors, je crois qu’il s’ancrera. »

    Aux jeunes hommes qui s’intéressent au christianisme et qui recherchent un sens à leur vie ainsi que des modèles plus positifs en dehors de la politique, le prêtre lance un appel mobilisateur :

    « Tournez-vous vers saint Joseph. Il incarne l’homme parfait — à l’exception de Jésus, bien sûr — et si l’homme moderne se laisse inspirer par Joseph, c’est là qu’il trouvera la voie pour sortir de la situation dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui. Il entretenait une relation parfaite avec la Vierge Marie et sa famille. Ses priorités et sa volonté de sacrifice ont été déterminantes, et nous pouvons en tirer des enseignements. »

    Liv Klingert est une journaliste et chroniqueuse danoise spécialisée dans la culture, la religion et les idées. Elle a écrit pour des médias à travers toute l’Europe.

  • Dominus fortitúdo plebis suæ (Introït du 12ème dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus Introït
    Ps. 27, 8-9  
    DÓMINUS fortitúdo plebis suæ, et protéctor salutárium Christi sui est: salvum fac pópulum tuum, Dómine, et bénedic hereditáti tuæ, et rege eos usque in sǽculum. Ps. ibid. 1 Ad te, Dómine, clamábo, Deus meus, ne síleas a me: ne quando táceas a me, et assimilábor descendéntibus in lacum ℣. Glória Patri. Le Seigneur est la force de Son peuple, et le protecteur qui ménage les délivrances à Son oint. Bénis Ton héritage; conduis-le à jamais. Ps. Je crierai vers Toi, Seigneur mon Dieu, ne garde pas le silence à mon égard, de peur que, si Tu ne me réponds pas, je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse. ℣. Gloire au Père.