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Patrimoine religieux

  • Il aura fallu le Pape François pour abolir l’ancienne messe en latin; même von Balthasar n’y avait jamais pensé

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Il aura fallu le Pape François pour abolir l’ancienne messe en latin. Même von Balthasar n’y avait jamais pensé

    (s.m.) Les polémiques soulevées par le motu proprio « Traditionis custodes » du Pape François, qui signé l’arrêt de mort de la messe de l’ancien rite, ne semblent pas s’apaiser. Andrea Grillo, 61 ans, père de deux enfants, professeur à l’Athénée pontifical Saint-Anselme et l’un des liturgistes les plus connus et appréciés par le pape actuel, vient de justifier la justesse de cette condamnation en s’appuyant sur l’un des plus grands théologiens du vingtième siècle, Hans Urs von Balthasar (1905-1988), comme si ce dernier avait toujours voulu le faire.

    Mais cette relecture de von Balthasar par Grillo est-elle correcte ? D’après les experts, non. Parmi eux, on trouve Nicola Lorenzo Barile, historien de l’Église et spécialiste du Moyen-Âge, « fellow » Berkeley de la Robbins Collection de l’Université de Californie.

    Ce dernier explique, dans l’article qu’il a rédigé pour Settimo Cielo, que von Balthasar n’a jamais soutenu l’abrogation de l’ancien missel, et que celui-ci n’a été aboli ni par Paul VI, le pape de la réforme liturgique post-conciliaire, ni encore moins par Benoît XVI qui, au contraire, a déclaré qu’il n’avait « jamais été abrogé ». Et on connaît la proximité qu’il y avait entre Joseph Ratzinger et von Balthasar, dans le domaine de la théologie comme de la liturgie.

    *

    Von Balthasar « au-delà de S. Pie V » ? Note sur l’extinction présumée de l’ancien rite de la messe.

    de Nicola Lorenzo Barile

    Pourquoi est-il important de lire de vieux livres ? Parce que, selon C. S. Lewis, « chaque époque a sa perspective. Elle est particulièrement douée pour voir certaines vérités et particulièrement encline à commettre certaines erreurs. Nous avons donc tous besoin de livres qui corrigent les erreurs caractéristiques de notre période » (On The Reading of Old Books », 1944).

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  • Un hors-série du Figaro consacré à la Vierge Marie "Celle qui a dit oui"

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Au quotidien n°322 : quoi de neuf ? La Vierge Marie

    Au quotidien n°322 : quoi de neuf ? La Vierge Marie

    Dans un nouveau numéro exceptionnel, le Figaro hors série (janvier 2022), en partenariat avec l’Ecole biblique de Jérusalem, s’attache à la figure de la Vierge Marie, sous le titre de « Marie, celle qui a dit oui ». C’est aussi le titre de l’éditorial de Michel De Jaeghere

    Il n’est pas indifférent que les peuples l’aient appelée spontanément Notre Dame. C’était dire à quel point - selon l’ultime commandement du Christ la confiant du haut de la Croix au disciple qu’il aimait entre tous : « Voici ta mère » - ils avaient admis que la mère du Verbe incarné était aussi la leur. Par là, qu’ils avaient part au mystère de la Rédemption.

    Le 26 octobre 2021, et tandis que fleurissait sur les réseaux sociaux une campagne du Conseil de l’Europe exaltant le hijab comme le signe de l’émancipation de la femme, le commissaire européen à l’Egalité, Helena Dalli, présentait un guide sur la « communication inclusive » destiné à fixer les règles qui permettraient aux documents émanant des institutions européennes de « refléter la diversité » et d’éviter désormais les stéréotypes, afin que « chacun soit reconnu indépendamment de son sexe, de sa race ou de son origine ethnique, de sa religion ou de ses convictions, de son handicap, de son âge ou de son orientation sexuelle ». Elle y proposait rien de moins que de bannir - outre Noël ou le préambule « Mesdames et Messieurs », jugé stigmatisant, au début des discours - les prénoms à connotation religieuse, à commencer par celui de Marie.

    On hésite à savoir s’il faut pleurer devant ce déploiement technocratique d’une idéologie qui entend promouvoir l’union des peuples européens par le reniement de leur passé, le piétinement de leur identité, l’arasement de toute vie spirituelle ; ou rire de la bonne conscience inaltérable d’une élite déracinée qui fait voir, en même temps que le caractère mortifère de son propos, sa bêtise à front de taureau.

    Car le commissaire à l’Egalité (la commissair.e ? N’aggravons pas notre cas !) avait, quoi qu’il en soit, visé juste. S’il est un personnage qui est au cœur de l’histoire dont procède la civilisation occidentale, c’est bien la fille d’Israël, la Vierge Mère, l’Immaculée Conception. Des centaines de cathédrales (près de soixante-dix en France, à commencer par celle de Paris), des milliers d’églises, de monastères se réclament de son patronage. Toute l’Europe en est couverte. Cela ne doit rien au hasard : bien plutôt au caractère central que revêt sa personne dans la culture dont nous sommes les ultimes dépositaires, les insolvables débiteurs.

    (…)

    Avec Marie, tout change, car, en elle, se récapitule l’héritage du judaïsme de l’Ancien Testament, se concentrent les vertus de Sarah, Judith et Esther. Ses caractères sont la pureté, la pauvreté, l’humilité, la douceur, la magnanimité, la persévérance, la piété, la force, la miséricorde. Vierge et mère à la fois, elle exalte une beauté sans tache, étrangère à l’appel des sens, et place l’amour maternel au cœur des mystères du Salut.

    On a pu dire qu’elle avait été la première chrétienne. Elle fut surtout la plus parfaite dans la manifestation des vertus de foi, d’espérance et de charité. Epouse virginale, elle est l’éducatrice du Dieu fait homme, la première à l’avoir servi et aimé, aussi bien que la dernière à rester, près de lui, au pied de la Croix. Elle a cru le plus difficile à croire : que l’enfant de sa propre chair était le Verbe incarné ; elle l’a aimé au-delà de toute mesure, elle a espéré au cœur du désespoir.

    Marie est la figure de l’obéissance chrétienne, en même temps que de la liberté de l’acte de foi. Elle n’a pas été prédestinée arbitrairement, choisie sans y avoir sa part. Sans doute a-t-elle été, en prévision des mérites du Calvaire, préservée du péché, mais pas plus en définitive que ne l’avaient été Adam et Eve, qui ont fait d’autres choix. Si elle a changé la face du monde, c’est parce qu’elle a dit oui dans un Fiat où se trouvaient incluses toute la déraison du christianisme, la folie de la Croix. Marie n’a rien pourtant d’une illuminée en proie aux transes. L’Evangile de Luc nous montre, dans son dialogue avec l’ange, cette toute jeune fille discutant pied à pied, au contraire, avec Dieu. « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Elle a accepté en toute conscience d’être la Vierge à laquelle Isaïe avait promis qu’elle serait la mère du Messie, et que toutes les nations diraient bienheureuse, mais entendu aussi l’oracle du vieillard Siméon lui annonçant, jeune accouchée, qu’un glaive de douleur lui transpercerait l’âme.

    (…)

    En lui donnant dès le Ve siècle, au concile d’Ephèse, le titre de Mère de Dieu, l’Eglise a reconnu la place centrale qu’elle avait tenue dans le mystère de l’Incarnation. Nul n’avait touché d’aussi près au Verbe incarné qui avait été, mystérieusement, le fruit de ses entrailles, qu’elle avait allaité de son sein. Nul n’avait joui d’une perfection qui faisait d’elle, humble vierge d’un petit bourg de Galilée, la préfiguration des gloires auxquelles l’humanité était promise. Marie est justement « bénie entre toutes les femmes » : parce qu’elle est la mère du Sauveur, mais aussi parce qu’elle est l’œuvre la plus accomplie de la Création. L’Incarnation a associé dans le Christ la nature humaine à la nature divine. Avec Marie, c’est la seule humanité de l’une des créatures qui a été exaltée, sanctifiée jusqu’à permettre que son corps abrite la divinité, que son âme s’associe à l’œuvre de la Rédemption. Tour de David, Tour d’ivoire, Maison d’or, Etoile du matin, elle est Porte du Ciel.

    Or, de la place donnée à Marie par le christianisme a dépendu celle qui a été donnée à la femme par la civilisation occidentale : l’amour courtois, l’exaltation de la monogamie, à l’imitation de la sainte Famille, n’ont pas d’autre origine, et si tant de femmes ont pu, dans notre histoire, jouer un rôle de premier plan - que l’on songe à sainte Clotilde, à Blanche de Castille, à Jeanne d’Arc, à Isabelle la Catholique, à Thérèse de l’Enfant-Jésus, à Edith Stein -, c’est à elle qu’elles le doivent.

    C’est d’elle que procède aussi, quoi qu’on pense, la place faite aux pauvres par la société chrétienne. Toute la littérature antique avait été imbue de l’idée que les riches et les meilleurs étaient une même chose : parce que seuls éduqués, ils avaient seuls accès aux subtilités de la vie morale. Avec Marie, dans la crèche, bergers et Mages sont réunis dans la prosternation, la contemplation devant ce signe de contradiction : un Dieu pauvre, nu, enfant, sans autre recours, aucune autre chance de survie en ce monde que les soins de sa mère, la protection d’un humble charpentier. C’est la pauvreté de cœur qui, sans même attendre les Béatitudes, en est comme anoblie. C’est à cette première vision de la Vierge que l’Eglise restera fidèle quand elle couvrira le monde de ses hospices, de ses congrégations dédiées aux malades, de ses œuvres de charité. Julien l’Apostat en témoignera, le premier, non sans irritation, dès le IVe siècle, s’agaçant que les « impies galiléens » nourrissent les mendiants, fussent-ils leurs adversaires (Lettre 84). Saint Louis s’en souviendra lorsque, maître du plus beau royaume d’Occident, il lavera les pieds des indigents dans son palais de la Cité, quand il touchera les écrouelles, quand il rendra la même justice pour tous.

    Avec Marie, les blessures de la vie prennent une valeur et un sens quand elles sont offertes : non par ce dolorisme que dénonceront la Renaissance et les Lumières comme un rejet morbide des joies de la Terre, mais comme un caractère de la condition humaine que transfigure l’union avec le Christ en croix et avec les souffrances des hommes d’ici-bas. Stabat mater, dolorosa.

    Mais ce qu’il y a de plus singulier, de plus décisif dans la place de Marie dans la spiritualité chrétienne, devenue par imprégnation l’imaginaire de notre civilisation, croyants et incroyants désormais confondus, c’est ce qui la distingue de tout ce qu’avait connu avant elle le monde antique : de tenir sa grandeur d’une vie cachée, offerte. D’avoir trouvé le sens de l’existence dans le don et le service. L’énergie qui a conduit les Occidentaux, pour le pire parfois mais, on l’oublie trop aujourd’hui, souvent pour le meilleur, a eu sans doute sa source dans la curiosité, la sève de la jeunesse, la soif de savoir ou de conquérir. A l’image de la chevalerie, ils l’ont trouvée aussi pour une large part dans l’idée d’une mission à accomplir, d’un appel à s’oublier et à se dépasser dans le don de soi-même.

  • Quel regard le pape porte-t-il sur les traditionalistes ?

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    De Loup Besmond de Senneville sur le site du journal La Croix :

    Comment le pape François voit les « tradis »

    En restreignant fortement l’utilisation du rite préconciliaire, le pape François a voulu contrer une menace pour l’unité de l’Église, craignant ce qu’il identifie comme une forme de « rigidité ».

    17/01/2022

    Que pense vraiment le pape sur les « tradis » ? Six mois après la publication deTraditionis custodes, du nom du motu proprio restreignant fortement l’utilisation de la forme préconciliaire de la messe, la question s’est imposée. Plus encore depuis la sortie, en décembre, d’un second document de la Congrégation pour le culte divin confirmant notamment l’interdiction de célébrer certains sacrements selon la forme ancienne.

    → ANALYSE. Après « Traditionis custodes », l’avenir incertain des instituts traditionalistes

    Signe de la sensibilité du sujet, la plupart de ceux ayant travaillé sur ce dossier à Rome préfèrent, quand ils répondent aux sollicitations, ne pas en parler. « La situation actuelle est telle que se taire est une obligation, en attendant des temps meilleurs et différents », écrit l’un. « Je n’ai aucune contribution à apporter pour le moment », écrit un autre. Un troisième, ayant quitté Rome, préfère – comme c’est souvent le cas au Vatican – ne pas en parler au téléphone.

    « Pour un jésuite argentin, c’est un débat picrocholin »

    Devant les évêques français, en visite ad limina en septembre, et avec qui il évoquait Traditionis custodes, le pape François avait notamment expliqué son inquiétude pour l’unité de l’Église, estimant que cette dernière lui semblait menacée par l’utilisation de la liturgie comme moyen pour contester Vatican II, particulièrement aux États-Unis et en Suisse. « Pour un jésuite argentin, c’est un débat picrocholin, relativise quant à lui un bon observateur de la Curie. Pour lui, ce qui compte, c’est la mission de l’Église dans les périphéries, auprès des plus pauvres. Avant la sacramentalité. »

    « Quand François est arrivé, beaucoup ont dit que la liturgie n’était pas sa priorité, mais qu’il laisserait faire, se souvient une source proche des milieux traditionalistes. Mais nous avons été détrompés. » Et de déplorer que « la Curie ait une connaissance superficielle des traditionalistes ». « La seule chose qu’elle voit, ce sont les excès sur les réseaux sociaux et YouTube, regrette-t-il. Mais parmi les cardinaux actifs, aucun ne vient voir de l’intérieur. »

    Un état d’exception liturgique ?

    Comment expliquer, dès lors, la relative clémence dont François a fait preuve avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, pourtant en dehors de l’Église catholique, en reconnaissant par exemple en 2016 la validité de la confession donnée par ses prêtres ? « Il les a vus parmi les pauvres à Buenos Aires », répond un bon connaisseur des milieux traditionalistes.

    « Avec les lefebvristes, il est dans le registre de la miséricorde, comme il l’est dans les relations œcuméniques ou interreligieuses, répond pour sa part le théologien italien Andrea Grillo. Mais avec les traditionalistes de l’intérieur, on est sur un autre registre, beaucoup plus exigeant. »

    « État d’exception liturgique »

    Ce professeur de l’Athénée pontifical Saint-Anselme, à Rome, avait publié dès janvier 2020 une lettre ouverte alertant contre un « état d’exception liturgique », dont certains développements réapparaissent dans le motu proprio. « Je n’ai jamais été en contact avec le pape, et je n’ai pas écrit ce document », clarifie ce laïc, spécialiste de la liturgie, tout en convenant que son texte « a sans doute été lu très largement ».

    Dès 2019, le pape François avait en réalité commencé à envisager la restriction de la liturgie préconciliaire après avoir appris que la Commission « Ecclesia Dei », chargée des relations entre le Vatican et le monde traditionaliste, avait autorisé certains instituts à utiliser des missels très antérieurs à 1962 pour les célébrations de la Semaine sainte. Une découverte qui, selon plusieurs sources, avait entraîné la suppression de la Commission par François.

    Dès 2016, il avait clairement exprimé ses interrogations sur la question. « J’essaie toujours de comprendre ce qui se cache derrière les personnes qui sont trop jeunes pour avoir vécu la liturgie préconciliaire mais la réclament, avait-il ainsi affirmé au jésuite Antonio Spadaro (1). Creusez, creusez, cette rigidité cache toujours quelque chose : l’insécurité, parfois même plus… La rigidité est défensive. Le véritable amour n’est pas rigide. » Un membre de la Curie résume : « Il voit les tradis comme des nostalgiques, mais ne comprend pas que des jeunes le soient. »

    D’autres textes en préparation

    Une autre source, parmi les collaborateurs du pape, explique aussi le calendrier de la publication du motu proprio : « Pour lui, ce sujet est important. Le pape a tout accéléré en juillet après son opération, car il a entrevu la possibilité de la fin de son pontificat. Je pense qu’il a eu peur de mourir. » Ce qui expliquerait la publication au cœur de l’été, et non pas mi-septembre, comme envisagé initialement.

    Selon nos informations, le Vatican travaillerait à d’autres textes sur la liturgie : un document plus large sur la liturgie post-conciliaire, remplaçant ainsi l’instruction Liturgiam authenticam publiée en 2001, serait en cours d’élaboration. Et un nouveau décret sur les instituts Ecclesia Dei serait en préparation pour mars.

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    (1) Auteur de Nei tuoi occhi è la mia parola, Éd. Rizzoli, 2016.

  • Notre soutien au site Aleteia victime d'une grave campagne de dénigrement

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    D'Eric de Legge sur Aleteia :

    Aleteia victime d’une grave campagne de dénigrement

    17/01/22

    Depuis quelques jours, Aleteia est victime d’une campagne de calomnies à la suite de la publication par un site web américain d’un long article sur le prétendu financement de Aleteia par “l’éditeur de pédopornographie Google, Georges Soros et Bill Gates”, rien de moins.

    Aleteia est victime depuis quelques jours d’une campagne de dénigrement visant à discréditer sa singulière liberté de ton et son souci de vérité dans la charité. L’article d’un site web américain, complaisamment relayé en France, nous accuse d’être financé par “l’éditeur de pédopornographie Google, Georges Soros et Bill Gates”, rien de moins, et d’être des promoteurs sans discernement de la vaccination contre le Covid. Confronté à ce tissu de mensonges et d’insinuations malveillantes, nous tenons à donner à tous nos lecteurs et tous nos donateurs, des informations fiables sur nos relations avec Google et sur le traitement par Aleteia des questions touchant aux fameux vaccins. Pour apprécier les procédés, aussi malins qu’insidieux, mis en œuvre dans cette “enquête”, vous pouvez lire ici un décryptage de la direction de Aleteia.

    Aleteia est “financé par l’éditeur de pédopornographique Google, le colporteur de vaccins Bill Gates et l’agitateur de gauche George Soros », assurent sans rire les auteurs de cette “enquête”. Cela est faux bien-sûr ! En 2021, Aleteia a mis en place un consortium de “fact checking” concernant le déploiement des vaccins face au Covid 19 et l’a présenté en toute transparence à ses lecteurs. Il nous apparaissait alors pertinent que des médias catholiques participent au concours mondial Google News Initiativeen fédérant une trentaine de titres catholiques de sensibilité diverses et de proposer ainsi une information vérifiée sur la vaccination, ses avantages et ses risques. Les digressions de l’article sur nos liens financiers avec Georges Soros ou Bill Gates tiennent du fantasme sinon du ridicule. Aleteia n’a aucun lien avec eux. Ni la Fondation Gates ni l’Open Society Foundation n’ont été invitées à donner un seul centime aux efforts du consortium, et ni l’une ni l’autre ne l’ont fait. De même, affirmer que Aleteia a conclu une alliance avec Google en 2013 prête à sourire dès lors que l’on s’intéresse à la presse en ligne. Cette année-là, Aleteia a fait le choix d’utiliser des services de Google, notamment liés à la publicité, tout comme l’immense majorité des sites d’informations à travers le monde. L’accumulation d’informations désordonnées produit ici un effet dévastateur. Elle nous fait clairement suspecter une volonté de nuire.

    Une accumulation de mensonges

    Alors, oui les coûts engagés pour faire fonctionner le consortium de médias catholiques rassemblés par Aleteia ont été en partie pris en charge par Google News Initiative. Mais ce financement n’a créé aucune dépendance idéologique des médias du consortium à l’égard de Google News Initiative, chacun préservant sa ligne propre. Jamais Google News Initiative n’est intervenu auprès de l’un de ses membres, de quelque manière que ce soit et pour quelque raison que ce soit. La trentaine de titres associés à cette initiative a des orientations éditoriales tout à fait représentatives de l’Église universelle, des “progressistes” aux  “conservateurs”. 

    En réalité, l’accumulation de mensonges et d’approximations sur Aleteia nous a d’abord fait hésiter à y répondre. De la composition du conseil scientifique entourant le consortium à la détention de Aleteia par Media-Participations, en passant par la réalité de notre couverture des actualités sur les vaccins… Tout ce qu’avance cet article est faux. Ce site ne s’embarrasse manifestement pas avec les faits et se révèle surtout un champion de l’association d’idées et des insinuations fallacieuses. Il affirme travailler pour la vérité mais il n’en a cure. Il ne prend même pas la peine de vérifier des informations pourtant publiques. Que reproche-t-il à Aleteia ? Son succès missionnaire qui en fait le site catholique le plus visité au monde ? Son parti-pris pour la bienveillance ?

    La liberté de Aleteia

    Le lancement de ce consortium de médias catholiques de vérification des faits a permis de mieux informer nos lecteurs, tout en demeurant parfaitement libre. Dans la centaine d’articles publiés par Aleteia sur la thématique vaccinale, ma rédaction peut garantir et prouver que cette couverture a été parfaitement équilibrée. Entre d’une part le soutien à la vaccination, notamment telle que promue par le Saint-Père et les principales conférences épiscopales, et d’autre part le souci de publier des informations vérifiées sur les promesses et les risques des vaccins.

    Oui, Aleteia a toujours été, est et sera toujours totalement libre de dire la vérité. Aleteia n’appartient à aucune chapelle. Aleteia n’est pas vendu à Google. Aleteia n’est pas un “média du Vatican” : nous n’avons aucun lien ni hiérarchique, ni financier, avec le Saint Siège. Aleteia cherche d’abord et avant tout à faire rayonner le message de l’Evangile. Avec bienveillance envers toutes et tous. Nous sommes un média profondément catholique. Cela signifie que nous respectons le Pape et l’Eglise. Nous savons que sur une question comme celle des vaccins, ils ne sont pas infaillibles. Mais leur parole compte pour nous et, de manière tout-à-fait factuelle, nous diffusons ce qu’ils disent. C’est un service, comme celui de la recherche de la vérité, que nous devons à nos lecteurs.

    Si vous souhaitez approfondir tous les points que j’évoque ici, je vous invite à lire le décryptage révélateur que l’équipe de direction a fait de tous les procédés fallacieux dont Aleteia est victime.

  • Eglises profanées, de la France à l'Amérique : un déferlement de violence

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    De Luca Volontè sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Eglises profanées, de la France à l'Amérique : un boom de la violence

    17-01-2022

    Depuis le début de l'année, la liste des églises détruites, des statues de la Vierge décapitées et des hosties profanées est longue. Et tout cela dans le silence des médias et la connivence des autorités. En France, il y a un cas par jour, et en Amérique latine, même les meurtres de prêtres restent impunis.

    Un "tsunami" de vandalisme frappe les églises de France, sous le silence des médias et les déclarations ironiques du gouvernement. Et après les incendies d'églises au Canada en juin dernier, la vague de violence, de sacrilèges et de profanations d'églises catholiques aux États-Unis et dans les pays d'Amérique latine ne s'est pas calmée. L'omertà, la connivence et la complicité des gouvernements et des médias nationaux et internationaux montrent comment l'antichristianisme passe désormais à la vitesse supérieure.

    La dénonciation publique par le cardinal Timothy Dolan du 14 janvier dernier, "Religious Freedom Day" aux Etats-Unis et reprise par la quasi-totalité des journaux catholiques anglophones, dans laquelle il dénonçait le nombre incroyable d'attaques contre les lieux de culte chrétiens au cours des deux dernières années, a fait sensation : "Depuis près de deux ans, les évêques des États-Unis ont signalé une tendance inquiétante à la vandalisation d'églises catholiques et à la destruction de statues...", a-t-il déclaré, rappelant comment "une attaque contre un lieu de culte est certainement une attaque contre la communauté particulière qui s'y rassemble". Il s'agit également d'une attaque contre le principe fondateur de l'Amérique en tant que lieu où tous les gens peuvent pratiquer librement leur foi".

    Ce n'est pas une coïncidence si la jeune Madeline Cramer a été arrêtée et inculpée de crimes haineux pour avoir vandalisé les portes de la cathédrale de Denver en octobre dernier, alors que des enquêtes sont toujours en cours pour identifier l'auteur de la décapitation de la statue de la Vierge Marie, qui a causé des dommages irréparables à la basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception à Washington le 5 décembre.

    La décapitation de la Vierge Marie est devenue une "mode" particulièrement suivie par les vandales satanistes de tout le continent américain si, la semaine dernière, la statue de l'Immaculée Conception a également été décapitée dans la cathédrale argentine de tous les saints à Santa Fe. En septembre dernier, toujours en Argentine mais dans la ville d'Añatuya, le cimetière de la ville a été vandalisé et la statue de la Vierge de la Médaille Miraculeuse a été décapitée. Au Chili, en revanche, le 10 janvier, des vandales satanistes ont mis le feu à l'une des églises les plus belles et les plus protégées du pays, San Sebastián de Curarrehue, dans le diocèse de Villarrica.

    Le climat de haine et de violence s'est également propagé l'année dernière au Mexique, un pays où un récent rapport de début d'année dénonçait la dissimulation des enquêtes contre les auteurs du meurtre de quatre prêtres en 2021 et "plus de 80% des cas de meurtres, d'extorsion, d'attaques et de vols contre des temples catholiques qui n'ont jamais été résolus". La Bolivie n'est pas en reste. Dans ce pays andin, les violences et les attaques contre les églises n'ont pas manqué ces derniers mois, suite à la prise de position des évêques contre la libéralisation de l'avortement et, là aussi, il n'y a toujours pas de suspects dans l'attentat à la bombe contre la cathédrale de la capitale Bogotà en novembre dernier.

    Laxisme ou complaisance ? Appelons cela de la complaisance, pour ne pas dire de la complicité, de la part des autorités françaises face à la vague de vandalisme et d'actes blasphématoires qui s'abat sur le pays depuis le début de l'année. Peut-être l'esprit diabolique s'était-il senti offensé par les protestations et les annulations des spectacles de sorcellerie et d'hymnes ésotériques que l'actrice suédoise Anna von Hausswolff devait donner le 8 décembre dans les églises de Nantes et de Paris. Peut-être que la farce du rapport CIASE, démasquée par la suite, a enflammé les esprits du pire jacobinisme. Le fait est que depuis le 1er janvier 2022, une douzaine d'églises ont été profanées, des autels attaqués, des images détruites et des bâtiments vandalisés dans tout le pays.

    Dans l'église Saint-Symphorien de Genouilly, des hosties sacrées ont été volées et profanées le week-end des 1er et 2 janvier. Le 4 janvier, plusieurs statues (saint Joseph, Antoine et la Vierge Marie) ont été détruites par un vandale armé de bâtons dans la basilique des Rois de France à Saint-Denis, au cœur de Paris ; le 5 janvier, la statue du Christ bénisseur a été brûlée dans l'église Saint-Porchaire de Poitiers ; le 7 janvier, dans l'église Saint-Germain de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), le calice et les hosties consacrées ont été volés, ainsi que des actes de vandalisme ; entre le 8 et le 9 janvier, les reliques de saint Jean-Paul II ont été volées dans le sanctuaire de Paray-le-Monial et des actes de vandalisme ont été commis dans l'église ; dans la nuit du 9 au 10 janvier, l'église Saint-Pierre de Bondy a été la cible de multiples vols et actes de vandalisme. Dans la nuit du 10 janvier, l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois de Romainville a vu son tabernacle détruit et son mobilier sacré saccagé. Le 11 janvier, la statue de la Vierge Marie de l'église Saint-Pierre de Strabourg a été retrouvée détruite. Le 12 janvier, toujours à Poitiers, les statues de la crèche de l'une des églises de la ville ont été détruites.

    La chaîne d'information I-Media a parlé d'"omerta" de la part de la presse et des autorités nationales, qui cachent le phénomène croissant des attaques et des profanations d'églises. La journaliste Charlotte d'Ornellas a été la seule à dénoncer le phénomène le 12 janvier sur la chaîne CNews, parlant d'"une épidémie d'attaques et d'une réaction inexistante des médias". Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmianin, qui avait promis d'enrégimenter l'Eglise dans les règles de la laïcité, s'est borné à affirmer un engagement vide de sens de la part du gouvernement. La France tire les ficelles de la laïcité intolérante et anti-chrétienne, mais le mauvais esprit est fort. Après avoir terrassé le Christ eucharistique et décapité sa Mère Marie, qu'adviendra-t-il des chrétiens ? Préparons-nous...

  • Saint Antoine, père des moines

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    saint_26.jpgSource : Missel.free (Voir également le site "Hodie mecum eris in paradisio", notamment pour l'iconographie)

    Antoine, né vers 251 en Haute Egypte, avait dix-huit ans lorsque moururent ses parents, chrétiens à la fortune considérable, qui lui laissaient le soin d'élever sa petite sœur. Observant et pratiquant, il fut un jour vivement frappé par cette invitation de Jésus : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel : viens et suis-moi ! » (Mat, XIX 21). Il obéit, mais fit toutefois une réserve des ressources nécessaires à sa sœur. Bientôt il fut impressionné par une autre parole du Sauveur : « Ne vous mettez pas en peine du lendemain. » (Mat, VI 34). Il se débarrassa de sa réserve, confia sa sœur à une communauté de vierges, et se retira dans une solitude voisine de Qéman, entre Memphis et Arsinoé ; conduit par un vieil ascète, Antoine partagea son temps entre la prière et le travail. Cette demi-retraite ne lui suffit pas longtemps ; quand sa réputation lui amena trop des visiteurs, il se réfugia dans un des anciens tombeaux égyptiens de la montagne où, de temps à autre, un ami lui apportait des provisions. Là commencèrent ses tribulations : le démon lui livrait de furieuses attaques. Un matin l'ami charitable le trouva étendu inanimé sur le sol ; il le rapporta au village où, le croyant mort, on prépara ses funérailles. Antoine reprit ses sens et demanda à être ramené immédiatement dans sa grotte.

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  • Omnis terra adoret Te (Introit du 2e dimanche du TO)

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    Introitus Introït
    Ps. 65, 4 Ps. 65,4
    OMNIS terra adóret te, Deus, et psallat tibi: psalmum dicat nómini tuo, Altíssime. Ps. ibid., 1-2 Iubiláte Deo, omnis terra, psalmum dícite nómini eius: date glóriam laudi eius. Que la terre T'adore et chante en Ton honneur, qu'elle dise une hymne à Ton nom. Ps. Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière; chantez un psaume à Son Nom : rendez glorieuse Sa louange.
  • Suite du Motu Proprio « Traditionis Custodes » du pape François: les réponses de la Curie pontificale aux dubia exprimés signent-elles la mort du monde traditionnel ?

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    Retrouvez ici le Club des Hommes en Noir pour sa troisième saison. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc. Le Club reprend pour l'année 2022.

    Pour cette première émission les membres du Club se sont intéressés aux  « responsa ad dubia » données par la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements aux questions d'interprétation du motu proprio pontifical. Les échanges entre l'abbé Barthe, l'abbé Celier, l'abbé Guelfucci et Jean-Pierre Maugendre sont placés sous la direction de Philippe Maxence :

  • Chicago : manifestations contre le cardinal Cupich après les restrictions de la messe traditionnelle

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    Cupich 0uinqtsm9dn3y0waps8ljt142581kfp7yc5ziqq.jpgL'archevêque de Chicago a sévèrement restreint les options pour célébrer la « vieille » messe. Maintenant, la résistance s'agite dans l'archidiocèse. Lu sur le site web Kath net :

    « Un groupe de manifestants s'est rassemblé devant la cathédrale de Chicago le 8 janvier pour protester contre les restrictions imposées à la messe traditionnelle en latin par le cardinal Blaise Cupich, archevêque de Chicago. Ils tenaient une affiche adressée au pape François et à l'archevêque Cupich avec la demande suivante : « Mettre fin à la guerre contre notre foi intemporelle ».

    La manifestation faisait partie d'une campagne menée par la Coalition for Cancelled Priests, le Lepanto Institute et Regina Magazine . La campagne s'intitule « Sauvez la messe latine ».

    Le groupe a également manifesté lors de l'apparition de Cupich à la Marche pour la vie à Chicago, qui a eu lieu le même jour.

    Une pétition sur Internet appelant le cardinal Cupich à démissionner a désormais trouvé plus de 52 000 partisans.

    En décembre, Cupich a établi de nouvelles règles avec lesquelles les possibilités de célébrer l'ancienne messe ont été sévèrement restreintes. Ce sont les réglementations les plus strictes actuellement en vigueur aux USA en ce qui concerne la foi traditionnelle. Par exemple, les messes de l'ancien rite étaient interdites à Noël, le dimanche de Pâques et d'autres jours fériés.

    « Les restrictions visent à renforcer l'unité de l'archidiocèse de Chicago et à donner à tous les catholiques de l'archidiocèse la possibilité de professer le Concile Vatican II et ses livres liturgiques, a ‘expliqué’ le cardinal Cupich. »

    Curieuse argumentation…

    Ref. manifestations contre le cardinal Cupich après les restrictions de la messe traditionnelle

  • France : une épidémie de profanations d'églises

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  • L’histoire des reliques sous la loupe

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    De Christel Juquois sur le site du journal La Croix :

    « Les reliques du Christ », de Nicolas Guyard : entre le réel et le merveilleux 

    À travers l’histoire des reliques, c’est celle de toute la chrétienté que raconte ce livre qui fourmille de détails et d’anecdotes

    12/01/2022« Les reliques du Christ », de Nicolas Guyard : entre le réel et le merveilleux

    Les reliques du Christ. Une histoire du sacré en Occident

    de Nicolas Guyard

    Cerf, 312 p., 24 €

    Évoquer les reliques appelle aujourd’hui le sourire indulgent ou l’ironie grinçante. Mais réveille aussi, parfois, la fascination pour ces objets merveilleux qui ont traversé bien des époques et bien des lieux. Maître de conférences à l’université de Montpellier, spécialiste du sacré, l’auteur interroge dans ce livre l’histoire des reliques. Pourquoi tant de rois, d’empereurs ou d’abbés ont-ils acquis autant de ces objets et à de tels prix ? Quelles relations y a-t-il entre les reliques et la construction religieuse, politique et culturelle des sociétés chrétiennes ?

    Terre Sainte

    La légende de « l’invention » (c’est-à-dire de la découverte) des reliques de la Passion au IVe siècle par la mère de l’empereur Constantin à Jérusalem, diffusée notamment par Ambroise de Milan, renforce et valorise le goût naissant pour les pèlerinages en Terre sainte. Elle assoit aussi le pouvoir de l’empereur : « Le couple Hélène-Constantin, mère-fils, (…) devient, sous la plume d’Ambroise, un écho de celui formé par la Vierge et son Fils. »

    De nombreux pèlerins rapportent alors en Occident des objets de Terre sainte. Quand Jérusalem est menacée par les conquêtes musulmanes, les plus précieux sont mis à l’abri à Constantinople, qui les offrira ou les revendra plus tard aux princes d’Occident. C’est ainsi que peu à peu, avec les reliques, « l’essentiel de la puissance sacrale de Jérusalem » se déplace vers Rome, Aix-la-Chapelle ou Paris, légitimant le pouvoir des empereurs et des rois.

    « Saint Sang »

    Les reliques se multiplient à profusion. Le XIIe siècle s’emballe pour le « Saint Sang » du Christ, invitant les fidèles à « associer la matérialité d’une relique et la spiritualité d’une dévotion centrée autour des mystères de l’Eucharistie ». L’acquisition à grands frais par Louis IX de la couronne d’épines témoigne aussi des évolutions de la dévotion chrétienne : « Si la relique de la Vraie Croix renvoyait depuis Constantin à l’image d’un Christ victorieux accompagnant l’empereur dans ses succès, la Couronne d’épines possède une connotation beaucoup plus doloriste, insistant sur les souffrances et la mort de Jésus. »

    → À LIRE. Pourquoi met-on des reliques dans les autels ?

    « Au début du XVIe siècle, l’Occident chrétien est saturé de sacré en général, et de reliques du Christ en particulier. » La Réforme protestante, qui promeut une religion « intériorisée et spiritualisée », n’y voit que superstition et idolâtrie. L’Église catholique n’a pas d’arguments théologiques à lui opposer. Mais, au XVIIe siècle, quelques jésuites prennent la défense des reliques. Ils cherchent à en retracer l’histoire et à prouver leur authenticité, qui devient « désormais autant affaire d’érudition que d’engagement d’une autorité ecclésiastique ».

    Polémiques érudites

    Cependant, « cette production massive d’histoires de reliques et de sanctuaires ouvre la porte à des polémiques érudites, autour notamment des méthodes de production de connaissances historiques et authentiques », mettant en cause l’authenticité qu’elle voulait prouver. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières verront dans les reliques « la preuve éclatante des ténèbres apportées par le monde ecclésiastique sur les esprits de leurs fidèles ».

    La Révolution française provoquera quelques destructions, mais aussi le déplacement et le sauvetage de nombreux objets sacrés. Même si le culte des reliques connaît un certain regain au XIXe siècle, le clergé s’en désintéresse peu à peu et les relègue au rang de la piété populaire. Quant au XXe siècle, c’est à la science que les ardents défenseurs des reliques s’adressent désormais pour les authentifier, pendant que certains objets quittent les églises pour rejoindre les musées. Tendant ainsi à effacer « la frontière entre cultuel et culturel ».

    Ce livre se lit comme une épopée. Fourmillant de détails et d’anecdotes sans prétendre à une impossible exhaustivité, richement sourcé, il dessine à travers l’histoire des reliques celle de toute la chrétienté. Interrogeant notre rapport au sacré, et les relations qu’entretiennent le matériel et le spirituel dans une religion de l’Incarnation, qui croit en un Dieu qui s’est vraiment fait homme.

  • France : les profanations d'églises se multiplient

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    Voir, sur Aleteia :

    et sur Vatican News :