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Patrimoine religieux

  • Faire aimer l'Immaculée, le testament de saint Maximilien Kolbe

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    De Chiara Chiessi sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Faire aimer l'Immaculée, le testament du père Kolbe

    Militia of the Immaculata Custom Ink Fundraising

    13-08-2022

    Dans son "testament spirituel", prononcé à Rome en 1933, saint Maximilien Kolbe a légué à ses confrères la mission de répandre la dévotion à l'Immaculée, le chemin vers Jésus, "jusqu'aux extrémités de la terre". Pour y parvenir, il faut s'appuyer sur trois armes (prière, travail, souffrance) et utiliser tous les moyens, à commencer par la presse.

    A l'occasion de la fête de saint Maximilien Marie Kolbe (1894-1941), qui tombe le 14 août, nous approfondissons les enseignements de son "testament spirituel", prononcé à Rome en mai 1933. Nous voyons ici à l'œuvre toute sa grande et ardente âme d'apôtre marial, désireux d'amener l'humanité entière à Marie, jusqu'au bout du monde et jusqu'au martyre, dans le camp de concentration d'Auschwitz.

    Au retour de son voyage missionnaire au Japon, saint Maximilien est resté quelques jours à Rome, au Collège séraphique international. Là, après avoir convoqué tous les clercs dans l'Aula Magna, il prononce son testament spirituel. "Nous devons donc tous nous approcher de l'Immaculée Conception pour pouvoir nous approcher plus facilement de Jésus. [...] Nos pères ont lutté pour l'Immaculée Conception, et maintenant, après la victoire, il ne nous est pas permis de nous reposer, car c'est précisément maintenant que ce qui est connu en théorie doit être traduit en pratique".

    Auparavant, le saint polonais avait expliqué comment ses prédécesseurs franciscains s'étaient battus avec acharnement pour la définition du dogme de l'Immaculée Conception, et comment il appartient maintenant à la génération actuelle de faire en sorte que l'Immaculée Conception règne dans chaque cœur. On se souvient en effet de la querelle menée par le théologien franciscain Duns Scot, qui a vécu entre le 13e et le 14e siècle, originaire d'Écosse et surnommé le Thin Doctor en raison de la subtilité de sa pensée. Pour affirmer la doctrine de l'Immaculée Conception, Scot s'est opposé à la pensée thomiste de l'époque, à savoir que la Vierge a été sanctifiée pendant qu'elle était dans le sein de sa mère, mais après avoir été marquée par le péché originel. Scot a surmonté l'obstacle avec la thèse de la rédemption préventive : en prévision des mérites de son Fils, la Vierge a été rachetée par Jésus.

    Mais revenons au testament du père Kolbe, qui condense en quelques lignes les principaux enseignements que le saint a voulu transmettre à ses enfants : "Lorsque vous apprendrez ma mort, sachez que vous êtes, par testament, mes héritiers. Jusqu'à présent, nous avons tous travaillé ensemble pour l'Immaculée Conception ; lorsque je serai mort, rappelez-vous que c'est votre tour de continuer, c'est à vous que je recommande la Milice de l'Immaculée Conception. Sans limites et sans retenue, consacrez-vous à la cause de l'Immaculée Conception, affrontez pour elle tous les sacrifices, jusqu'à l'effusion de sang s'il le faut et vous devez répandre la Milice de l'Immaculée Conception jusqu'aux extrémités de la terre, car c'est une cause sainte et c'est la volonté de la divine Mère que nous, Frères Mineurs Conventuels, qui dans le passé avons prôné son Immaculée Conception, répandions maintenant aussi son culte. Voici mon testament".

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  • La France perdrait un édifice religieux chaque semaine

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    De Corrie Douglas-Young sur le Catholic Herald :

    La guerre contre la France catholique

    L'Église de France souffre de toutes parts. La faible fréquentation entraîne la fermeture d'églises dans tout le pays. Les attaques de plus en plus fréquentes contre ses bâtiments frappent les paroisses qui restent ouvertes. Là où elle connaît une croissance, notamment dans les formes traditionnelles du catholicisme, celle-ci témoigne d'un rejet catégorique de la nouvelle France, où l'Église semble de plus en plus indésirable.

    Ce mois-ci, trois églises ont été vandalisées dans l'archidiocèse de Tours. Ce n'était pas la première fois : en novembre 2024, quatre églises avaient été prises pour cible. La semaine dernière, cependant, la profanation du Saint-Sacrement a suscité une réaction qui a dépassé toute forme de résignation face aux atrocités que subissent régulièrement les églises du pays.

    Les bâtiments ont été pillés, des objets profanés et le tabernacle forcé avant la profanation. L’archidiocèse a déclaré que ces « événements douloureux et choquants » révèlent à quel point la société française est « imprégnée de violences, d’un manque de culture et d’un inquiétant manque de civilité ». Des messes de réparation ont été célébrées en réponse.

    Le maire de Chambray-lès-Tours, Michel Lamy, a déclaré que l'incident avait suscité une « profonde indignation » et l'a qualifié d'attaque contre « notre patrimoine ».

    Le patrimoine catholique de la France est bel et bien menacé. Un rapport publié en mai par le ministère de l'Intérieur français constate une augmentation des actes antichrétiens depuis plus de 15 ans. En 2025, on a dénombré 817 incidents anticatholiques, dont près de 90 % visaient des biens de l'Église.

    Ces attaques véhiculent un message implicite : l'Église est indésirable au sein d'une minorité non négligeable de la société française. Parfois, elles véhiculent également un message explicite. En décembre 2025, l'église Sainte-Marie-Madeleine, dans le diocèse de Marseille, a été vandalisée. On pouvait y lire, à travers un graffiti : « La seule église qui brille est celle qui brûle ».

    Ce même mois, une étude de l'Observatoire du patrimoine religieux a révélé que la France perd un édifice religieux chaque semaine, et que les deux tiers des incendies présentent des signes d'acte criminel.

    L’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination envers les chrétiens (OIDAC) a indiqué que le pays continue d’enregistrer le plus grand nombre d’incidents de ce type en Europe. Derrière ces actes de vandalisme se cachent divers motifs, notamment le laïcisme militant et l’islamisme.

    Ce phénomène ne se limite pas à la France. L’OIDAC a relevé, dans son rapport sur les crimes de haine antichrétiens en Europe : « De façon alarmante, 94 incendies criminels ont été recensés, soit près du double du total de l’année précédente. Un tiers de ces actes ont eu lieu en Allemagne, où la Conférence des évêques a récemment averti que “tous les tabous ont été brisés” concernant le vandalisme d’églises. »

    Le texte poursuivait : « Les pays les plus touchés en 2024 étaient la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. En novembre, un moine de 76 ans a été tué et plusieurs autres blessés lors d’une attaque contre un monastère espagnol. En janvier, un homme a été abattu lors d’une attaque liée à l’État islamique pendant la messe dominicale dans une église catholique d’Istanbul. En septembre, une église historique de Saint-Omer, en France, a été presque entièrement détruite par un incendie criminel. »

    Le rapport conclut à une « sous-déclaration importante » des agressions contre le clergé en Pologne et en Espagne. Près de la moitié des prêtres interrogés en Pologne ont déclaré avoir subi des agressions au cours de l'année écoulée, mais plus de 8 % n'ont pas porté plainte auprès de la police.

    Thibault van den Bossche, du Centre européen pour le droit et la justice, déclarait l'an dernier à Europe1 que les chrétiens « n'osent pas se plaindre. Ne pas porter plainte signifie qu'il n'y a pas de suite, les autorités ne peuvent pas intervenir et, par conséquent, ce phénomène, pourtant bien réel, dangereux et tragique, reste invisible ».

     « La difficulté réside dans le fait que les statistiques policières ne sont pas établies de manière homogène. Par exemple, en Allemagne, seuls les actes à motivation politique sont pris en compte, et non les actes à motivation religieuse. Cela fausse les statistiques produites par l'État », a-t-il déclaré.

    Il a souligné l'importance des attaques physiques islamistes ainsi que la contribution d'un « laïcisme exacerbé » qui vise non seulement la neutralité de l'État en matière de religion, mais aussi en matière d'espace public. Cette position laïque entre en conflit direct avec les racines chrétiennes de la France, un fait que van den Bossche a qualifié d'« indéniable ».

    « La traque des symboles chrétiens dans l’espace public contribue à alimenter le climat anti-chrétien », a-t-il déclaré.

    On a déjà remarqué l'existence de deux Frances. La distinction entre elles – l'ancienne France catholique et la nouvelle France laïque – n'a pas toujours été aussi nette qu'on pourrait le croire, mais elle est profondément ancrée dans la société, l'histoire et la conception même de la France. La laïcité française a été pionnière en la matière et dans sa rigueur. Elle est née du radicalisme de la Révolution française, qui visait à réduire l'influence de l'Église autant que possible. Elle subsiste aujourd'hui sous une forme atténuée et aseptisée.

    Une loi de 2004, présentée par le ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche afin de « réaffirmer le principe de laïcité » dans les écoles publiques, interdisait le « port de signes ou de vêtements permettant aux élèves de manifester ostensiblement une appartenance religieuse ». Elle n'autorisait que la possibilité de signes « discrets » d'appartenance religieuse.

    Le gouvernement français rappelle que si les fonctionnaires sont libres de pratiquer leur religion « à titre privé », ils sont tenus à une obligation de neutralité. Conformément à cette obligation, il leur est interdit d'afficher leurs convictions religieuses.

    Pourtant, l'ardeur avec laquelle la France revendique la laïcité est indissociable, comme le soulignait van den Bossche, de ses profondes racines catholiques. Ce sont ces racines qui engendrent la nécessité d'une neutralité religieuse absolue. Si la France perd tant d'églises, c'est en partie parce qu'elle en possède une telle profusion, un patrimoine architectural fruit de siècles de labeur et de dévotion.

    À mesure que les églises disparaissent, la France montre l'exemple à l'Europe, perdant peu à peu la mémoire culturelle de ce qui la définissait autrefois : la foi catholique. Face à ce processus, l'Église se retrouve dans la situation douloureuse de subir des abus tout en se demandant s'il est possible d'y mettre un terme.

  • Claire par son nom, plus claire encore par sa vie... (11 août)

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    Sans titre.jpg“Claire par son nom, plus claire encore par sa vie, très claire par son amour”: tels furent les premiers mots du pape Alexandre IV quand il canonisa Claire, deux ans après sa mort.   


    Née à Assise en 1193 d’une famille noble, Claire réalise la prédiction faite avant sa naissance: “Cette enfant sera une lumière plus resplendissante que le jour.”  Adolescente, elle est séduite par la vie de pauvreté et la prédication de François qui l’encourage dans son projet de se consacrer à Dieu.  La nuit des Rameaux 1212, laissant derrière elle sa maison et sa famille, elle se rend à la petite église de la Portioncule où François lui coupe les cheveux. L’Ordre des clarisses est né.  Claire a 18 ans.


    Non seulement les gens du peuple et les frères mineurs, mais aussi les papes et les cardinaux viennent prendre conseil auprès de soeur Claire et solliciter ses prières. Elle sera la première femme à rédiger une Règle, qu’elle appelle Forme de vie.  Elle osera même solliciter du Pape le privilège de pauvreté qui lui permet de refuser toute possession.

    Après 42 ans d’une vie de prière, de travail et de joyeuse pauvreté, Claire meurt en remerciant Dieu de l’avoir créée.  C’était le 11 août 1253.

    Aujourd’hui, c’est encore comme femme de lumière que Claire reste présente à notre monde. Femme réussie, sa vie jette une clarté d’Évangile sur notre génération en quête de sens.  Car toute la Forme de vie que sainte Claire a écrite tient en ces trois mots: observer le saint Évangile.

    http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-32268034.html

  • Saint Laurent, diacre et martyr (10 août)

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    Martyre de saint Laurent - Mausolée de Galla Placidia - Ravenne

    "Laurent serait né vers 210 ou 220 en Espagne, à Huesca, au royaume d'Aragon. Son père s'appelait Orence, et sa mère Patience. Afin de compléter ses études humanistiques et liturgiques il fut envoyé, tout jeune encore, dans la ville de Saragosse, où il fit la connaissance du futur pape Sixte II. Ce dernier, originaire de la Grèce, était investi d’une charge d’enseignant dans l’un des plus importants centres d’études de l'époque et, parmi ses maîtres, le pape était l’un des plus connus et des plus appréciés.

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  • Respice Domine in testamentum tuum (Introit du 19ème dimanche du temps ordinaire)

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    Respice, Domine, in testamentum tuum,
    et animas pauperum tuorum ne derelinquas in finem:
     
    Ayez égard à votre alliance, Seigneur,
    et les âmes de vos pauvres, ne les oubliez pas pour toujours.
     
    Exsurge Domine, et iudica causam tuam:
    et ne obliviscaris voces quaerentium te.
     
    Levez-vous, Seigneur, et jugez votre cause:
    et n'oubliez pas les appels de ceux quit vous cherchent.
     
    Ps.  1
    Ut quid Deus repulisti in finem:
    iratus est furor tuus super oves pascuae tuae?
     
    Pourquoi, Dieu, nous avoir rejetés pour toujours:
    votre courroux s’est-il déchaîné sur les brebis de votre pâturage ?
  • D'après un chercheur péruvien, c'est une grave erreur de penser que « la foi catholique a été imposée aux Incas »

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    De Diego López Marina et Edy Rodríguez Morel sur EWTN News :

    D'après un chercheur péruvien, c'est une grave erreur de penser que « la foi catholique a été imposée aux Incas »

    L’auteur de « Les Incas catholiques » aborde « toute une histoire qui, malheureusement, n’est pas enseignée ».
    Chercheur et auteur Rafael Aíta. | Crédit : « EWTN Noticias »
     
     
    7 août 2026

    Le chercheur et auteur péruvien Rafael Aíta affirme que l'une des croyances les plus répandues concernant l'évangélisation du Pérou est aussi l'une des plus erronées : la croyance que le catholicisme a été imposé de force aux Incas.

    La période de domination inca au Pérou s'est étendue de 1200 à 1532, tandis que la domination espagnole a commencé en 1532 et s'est terminée en 1821, année de la déclaration d'indépendance du pays.

    Dans une interview accordée à « EWTN Noticias », le journal télévisé en langue espagnole de la chaîne, l'auteur du nouveau livre « Les Incas catholiques » a affirmé que la conversion de nombreux membres de la noblesse inca était un processus bien plus complexe, marqué par le dialogue et la découverte d'un terrain d'entente entre leurs croyances et le christianisme.

    « Je crois que la plus grande erreur, même parmi nous, catholiques, est de penser que notre foi nous a été imposée », a affirmé Aíta.

    « Les chiffres ne collent pas, car une poignée d’Espagnols ne peut convaincre des milliers, voire des centaines de milliers de personnes », a indiqué Aíta. « Ce que nous constatons dans ce processus historique, c’est une série de convergences qui s’apparentent davantage à la négociation qu’à l’imposition », a-t-il expliqué.

    Selon Aíta, également connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Capitán Perú (Capitaine Pérou), la rencontre avec le christianisme a suscité l'intérêt des panacas (les clans familiaux de la noblesse inca), qui ont trouvé des similitudes entre certains aspects de leur vision du monde et le message chrétien.

    « Les premiers à se convertir furent les Incas. Je ne parle pas seulement d'Atahualpa, dont beaucoup disent qu'il fut baptisé pour éviter de mourir brûlé vif. Après lui, d'autres Incas demandèrent volontairement le baptême », a-t-il déclaré.

    L'historien a également mis en lumière un épisode peu connu de l'histoire péruvienne : la fondation de la première paroisse à Cusco.

    « La paroisse San Cristóbal a été fondée par un Inca, fils de Huayna Capac. Elle n'a pas été fondée par un Espagnol, ni même par un prêtre. C'est un Inca qui a fondé la première chapelle, laquelle est devenue par la suite la première paroisse de Cusco », a souligné Aíta.

    Il a raconté que son intérêt pour une réévaluation de l'histoire du Pérou avait commencé lors de sa première visite au Machu Picchu. « C'est là que j'ai réalisé qu'il y avait bien plus à découvrir que ce qu'on m'avait enseigné en cours », s'est-il souvenu.

    De retour à Cusco, Aíta a commencé à lire des historiens tels que María Rostworowski, José Antonio del Busto et Donato Amado.

    « J’ai découvert toute une histoire qui, malheureusement, n’est pas enseignée. Si leurs écrits parvenaient aux écoles, cela ne changerait pas seulement l’histoire du Pérou ; cela changerait aussi notre façon de voir notre pays », a affirmé Aíta.

    Corpus Christi et les Incas catholiques

    Un exemple frappant présenté par Aíta dans « Les Incas catholiques » est l’ensemble des peintures traditionnelles du Corpus Christi conservées au palais de l’archevêque de Cusco.

    Aíta expliqua que l'un de ces tableaux représente le porte-étendard royal inca marchant derrière l'ostensoir contenant l'Eucharistie. Au lieu de porter le gland impérial traditionnel sur la tête, un serviteur le porte devant lui sur un coussin.

    « Il place la couronne inca aux pieds de Jésus-Christ, qui est le Soleil eucharistique », a-t-il expliqué.

    « Les Incas vénéraient le soleil, mais grâce à l’Évangile, ils ont découvert que le vrai Soleil est Jésus-Christ. Pour eux, la fête du Saint-Sacrement accomplissait pleinement l’ancienne fête du Soleil, car le Soleil était désormais présent parmi eux », a-t-il ajouté.

    Par conséquent, il a noté que la solennité de la Fête-Dieu était devenue l'une des fêtes religieuses les plus importantes de Cusco et qu'elle continue d'attirer une participation publique massive jusqu'à ce jour.

    L'historien a souligné que son ouvrage comprend des documents, des peintures et d'autres preuves historiques qui démontrent la présence d'une noblesse inca ayant pleinement embrassé la foi catholique.

    Parmi ceux-ci, il a cité le portrait de Marcos Inca, membre de la lignée royale Lloque Yupanqui, représenté portant les symboles de la noblesse inca ainsi que l'inscription « Inca, chevalier catholique par la grâce de Dieu ».

    Selon Aíta, ces éléments permettent d'expliquer pourquoi le catholicisme reste profondément enraciné au Pérou.

    « La foi demeure si importante au Pérou aujourd’hui encore, car elle fait partie intégrante de notre culture et n’a pas été imposée. Si elle l’avait été, nous aurions changé après le départ des Espagnols. Or, les Espagnols sont partis, et nous avons continué, peut-être même plus catholiques qu’eux », a-t-il conclu.

  • Saint Sixte II, le martyre d'un pape et de ses compagnons (7 août)

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    Saint Sixte II, le martyre d'un pape et de ses compagnons

     

    Aujourd'hui, nous célébrons la mémoire liturgique de saint Sixte II et de ses compagnons, martyrisés en 258 lors des persécutions de Valérien pour avoir refusé d'abjurer le Christ et d'offrir des sacrifices aux dieux païens. Nous lisons également la lettre de saint Cyprien et l'histoire de saint Jean Bosco.

    07/08/2026
    Sixte II (tableau de Sandro Botticelli, extrait)

    Pape et martyr : une association fréquente aux premiers siècles du christianisme. Sixte II, saint pape et martyr, est par exemple l'un des saints célébrés aujourd'hui. Il retourna à la maison du Père après moins d'un an de pontificat, précisément le 6 août 258, jour où il subit le martyre sous l'empereur Valérien. Le même jour, selon le Liber Pontificalis , six des sept diacres de Sixte II furent martyrisés : Agapitus et Felicissimus, Januarius, Magnus, Vincent et Étienne. La mémoire liturgique de ces six diacres, inscrite au calendrier romain général, est liée à celle de Sixte II et est célébrée aujourd'hui, le 7 août, au lendemain de leur martyre (elle ne coïncide donc pas avec la fête de la Transfiguration du Seigneur). Le 10 août de cette même année, le dernier diacre de l'Église de Rome encore vivant, et de loin le plus célèbre des sept, saint Laurent, supérieur du même collège de diacres, reçut la palme du martyre.

    Si ces traits essentiels sont effectivement inclus dans le Martyrologe romain (qui, outre celui du Pape, ne cite que les noms d’Agapitus et de Félicissime, mais parle néanmoins de quatre autres « diacres » martyrisés le 6 août), il faut dire que les sources ne s’accordent pas sur certains éléments, notamment sur les circonstances du martyre (pour une analyse critique, on peut consulter l’article rédigé par Francesco Scorza Barcellona et que Treccani, dans son Encyclopédie des papes, consacre à Sixte II).

    La plus ancienne source conservée est une lettre de saint Cyprien de Carthage (210-258), adressée à Successus, évêque d'Abbir Germaniciana. Ce document revêt une importance capitale, car il fut rédigé quelques jours après le martyre de Sixte II et de ses compagnons. Saint Cyprien y rapporte le retour de Rome de plusieurs hommes qu'il avait envoyés dans la Ville éternelle « afin qu'ils puissent s'enquérir de la vérité et nous la rapporter ». À quelle vérité faisait-il référence ? Plus précisément, au nouvel édit de Valérien contre les chrétiens, le second en l'espace d'un an. Dans le premier, en août 257, l'empereur avait interdit les rassemblements chrétiens, exigeant des évêques et des prêtres qu'ils abjurent leur foi sous peine d'exil. Le second édit, en 258, durcissait les mesures jusqu'à exiger la peine de mort pour les chrétiens qui refusaient d'abjurer. Saint Cyprien lui-même allait bientôt être victime de cette nouvelle persécution contre la foi, le 14 septembre 258. Dans cette lettre, écrite peu avant son martyre, il rapportait : « Valérien a envoyé un rescrit au Sénat dans lequel il a décidé que les évêques, les prêtres et les diacres soient immédiatement punis ( incontinenti animadvertantur ) ; que les sénateurs, les hommes de haut rang et les chevaliers romains perdent leur dignité et soient également privés de leurs biens ; et si, une fois privés de leurs biens, ils persistent à se déclarer chrétiens, ils doivent également perdre la tête ; que les matrones soient privées de leurs biens et envoyées en exil. » Etc.

    Poursuivant sa lettre, l'évêque de Carthage rapportait le martyre du pape : « Sixte a été martyrisé au cimetière le huitième jour des Ides d'août [c'est-à-dire le 6 août, ndlr ], avec quatre diacres. » Il est possible qu'en plus de ces quatre diacres martyrisés avec le pape et mentionnés par saint Cyprien, deux autres diacres aient également subi le martyre le même jour. Comme mentionné précédemment, parmi les diverses lectures, hagiographies et interprétations de l'événement, figure l'hypothèse retenue dans le Martyrologe, qui relate le 7 août : « Mémoire de saint Sixte II, pape, et de ses compagnons. Martyrs. Le pape Sixte, alors qu'il célébrait la messe et expliquait la loi divine aux fidèles, fut arrêté par des soldats et décapité sur-le-champ, conformément à l'édit de l'empereur Valérien, le 6 août. Quatre diacres subirent également le martyre avec lui et furent inhumés avec le pontife à Rome, au cimetière Saint-Calixte, sur la voie Appienne. Ce même jour, ses diacres, saints Agapit et Félicissime, furent également martyrisés au cimetière de Prétexte, où ils furent également inhumés. »

    Parmi les hagiographies du pape dont on se souvient aujourd'hui, celle de saint Jean Bosco mérite une mention particulière : Le Pontificat de saint Sixte II et les Gloires de saint Laurent le Martyr , publiée en 1860 par le fondateur des Salésiens. Ce texte, qui fait partie de la série de biographies des papes écrites par Don Bosco, présente le futur Sixte II comme un Grec de naissance (comme le décrit le Liber Pontificalis ), fils de Gentils et philosophe (cette dernière qualification a été contestée car elle est liée à un ouvrage, les Sententiae Sexti , un temps attribué à Sixte II mais plus tard jugé apocryphe par le Decretum Gelasianum ). Sixte, en quête de vérité, se serait converti puis serait arrivé à Rome, où il aurait fait de « grands progrès en doctrine et en vertu », au point d'acquérir une grande renommée auprès de tout le clergé romain. Un jour, sur le chemin du retour d'un concile à Tolède auquel il avait été envoyé par le pape, il fit halte dans ce qui est aujourd'hui Saragosse. Là, l'évêque Valère lui parla des vertus d'un jeune ecclésiastique nommé Lorenzo. Sixte fut tellement impressionné qu'il voulut le rencontrer et l'emmener avec lui à Rome.

    Après le martyre du pape Étienne Ier , le clergé choisit comme successeur au trône de Pierre le saint que nous célébrons aujourd'hui, prenant ainsi le nom de Sixte II. Le nouveau pontife, poussé par Denys d'Alexandrie, dut faire face à l'hérésie de Sabellius et à la question du baptême administré par les hérétiques, qui, sous le pontificat précédent, avait engendré des tensions entre le Saint-Siège et certaines Églises africaines et asiatiques. Par ailleurs, la persécution qui avait causé la mort de son prédécesseur s'intensifia, suite au second édit de Valérien. Don Bosco, se référant à une version qui semble différente de celle figurant actuellement dans le Martyrologe, rapporte que saint Sixte II reçut l'ordre de se présenter, avec le clergé, devant l'empereur. Avant de se rendre auprès de Valérien, le pape souhaita s'adresser ainsi à ses prêtres et diacres : « Mes frères et compagnons, le temps de la persécution est de retour ; nous devons être mis à l'épreuve. Mais n'ayez pas peur, ne soyez pas terrifiés par les maux qui nous menacent. Souvenons-nous de l'exemple des saints martyrs qui nous ont précédés. Leur courage leur a permis d'endurer toutes sortes de tourments pour obtenir la palme du martyre et la vie éternelle. Notre Seigneur Jésus-Christ, avant tout, nous en a donné un exemple éclatant ; il a souffert la Passion la plus douloureuse pour nous donner le courage de souffrir. »

    Peu après, poursuit Don Bosco, des gardes arrivèrent et ligotèrent le pape et les diacres Agapitus et Félicissime, avant de les conduire devant l'empereur. Ce dernier tenta à plusieurs reprises, et avec insistance, de persuader Sixte II d'offrir un sacrifice aux divinités païennes, mais en vain. Même la prison ne put briser le pontife qui, de fait, avec ses compagnons de martyre, avertit les bourreaux (dont Valérien) de leur sort éternel. Finalement, Sixte fut conduit dans une catacombe près du temple de Mars et y fut décapité.

    D'après les écrits de Don Bosco , saint Laurent fut arrêté le 6 août, après avoir exécuté l'ordre que lui avait donné Sixte II de distribuer les biens de l'Église aux pauvres. Quatre jours plus tard, il connut le « triomphe le plus glorieux » et, par conséquent, le « martyre le plus douloureux » que le pontife, consolant Laurent qui souhaitait partager son sort, avait prophétisé.

  • Les 200 martyrs du monastère de Cardena

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    Du site "1000 raisons de croire" :

    La terre de Cardena de souvient du martyr des 200 moines

    L’Espagne des IX et Xe siècles est en pleine expansion mahométane. Les razzias des troupes musulmanes d’Abd al-Rahman III, au service du tout nouveau califat de Cordoue, font rage et détruisent tout sur leur passage. C’est dans ce contexte que le monastère Saint-Pierre de Cardena, proche de Burgos, immense et florissant avec ses quelque deux cents moines, est ciblé. Si les historiens ne s’accordent pas sur l’année du massacre, ils confirment tous que le martyre eut bien lieu, un 6 août, dans le courant du IXe ou début Xe siècle. L’atrocité des faits marque considérablement les esprits, autant que le courage du père abbé, Étienne, qui, par son exemple de foi, procure aux autres moines le courage de rester fidèles jusqu’au bout. Un miracle surprenant s’ensuit : chaque année, au jour anniversaire, le sol du cloître où sont morts les martyrs se recouvre mystérieusement de sang frais, qui disparaît le lendemain. La reconnaissance de ce miracle, ainsi que la canonisation des moines par le pape Clément VIII en 1603, s’accompagne de la diffusion de leur culte et de leurs reliques dans toute l’Espagne. Aujourd’hui, des moines trappistes font rayonner ce lieu et sont témoins du retour à la foi de nombreux fidèles par leur intercession.


    Les raisons d'y croire

    • Les faits sont suffisamment rares et d’une telle brutalité qu’ils ont marqué l’histoire chrétienne, ce qui exclut qu’ils soient le fruit de l’invention. Le nombre impressionnant de 200 moines (certaines sources parlent de 300) est connu grâce à un texte signé et paraphé par 204 moines à leur entrée au noviciat quelques années auparavant, à la Noël 921. Selon le Becerro (codex du monastère), il n’est en outre pas étonnant de constater autant de vocations dans le contexte de Reconquista de l’époque face à l’avancée de l’islam.
    • La première chronique chrétienne qui rapporte les faits vient du roi Alphonse X de Castille, en 1262. Il y est question de 300 moines massacrés : « Ils gisent tous ensevelis dans le cloître. » Deux pierres portant une épitaphe gravée en leur honneur y furent scellées.
    • Le miracle du sang est attesté à plusieurs reprises par les nombreux pèlerins qui viennent se recueillir au cloître du monastère, parmi lesquels le roi Henri IV de Castille. Dans un privilège royal (texte juridique), adressé en 1473 aux moines de San Pedro de Cardena, celui-ci confirme le miracle dans son préambule : « Par eux, chaque année, notre Seigneur fait un miracle, qu’au jour où ils furent égorgés, le sol du cloître où ils furent ensevelis apparaît de couleur de sang. » Ce prodige dure jusqu’à la fin du XVe siècle, jusqu’à l’expulsion des Arabes de la péninsule ibérique par les rois catholiques, ce qui augmente leur foi.
    • Le bref de canonisation émis par le pape Clément VIII en 1603 reconnaît la mort des 200 moines et le miracle du sang.
    • Plus tard, Francisco de Berganza, bénédictin et historien du XVIIIe, effectue un travail titanesque de recherches sur le monastère en écrivant Las antigüedades de España. Il insiste sur le caractère répété du signe : le cloître se couvre de ce liquide rouge le 6 août, jour de leur martyre, puis il sèche le lendemain, et ce chaque année.
    • On apprend par Berganza que le père abbé, prénommé Étienne, se sachant en danger, réunit ses moines pour une allocution émouvante, rapportée certainement par un survivant : « Réconfortés, les moines, par la doctrine et l’exemple du saint abbé, unanimes et conformes, attendirent les Maures pour recevoir la couronne du martyre. » C’est leur foi en Jésus-Christ, à la fois personnelle et commune, qui porte les moines à faire face à l’ennemi.
    • Du côté des Maures, on détient aussi un récit, publié en 1981, de Ibn Ḥayyan, grand historien musulman de Cordoue du Xe siècle, qui décrit les campagnes du calife Abd al-Rahman III, dont celle de 934 à Cardena. On prend la mesure del’horreur et de l’ampleur de l’attaque : les musulmans veulent piller des trésors qu’ils pensaient trouver là, mais le père abbé Étienne leur répond que le plus grand trésor est le cœur des moines. Cette réponse ne leur plaisant pas, « les moines furent criblés de flèches avec fureur et traversés par les alfanges, piétinés par les chevaux, le sang versé trempant le sol ».
    • Le Catéchisme de l’Église catholique explique que « le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi » (§ 2473). Suivre le Christ signifie le suivre également dans la douleur et accepter les persécutions par amour de l’Évangile (cf. Mt 24,9-14 Mc 13,9-13 Lc 21, 12-19 ) : « Vous serez détestés de tous à cause de mon nom » ( Mc 13, 13 Jn 15,21 ).
    • Il est également rapporté que le Cid, ce chevalier espagnol héros et figure de la Reconquista espagnole, venait se recueillir au monastère demander la force dans la prière à ces 200 saints.
    • Le père abbé de la communauté trappiste qui occupe aujourd’hui le monastère témoigne de l’impact du martyre sur l’ordre et sur ses moines, qui se sentent fortifiés et encouragés par leur exemple à offrir leur vie à Dieu sur le même lieu où l’ont fait les saints martyrs.

     

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  • De plus en plus de cardinaux ne maîtrisent plus le langage de l'Église

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    D'InfoVaticana :

    Une Église sans langage : de plus en plus de cardinaux ne maîtrisent plus le langage de l'Église.

    Nous (Infovaticana) reproduisons ici, en raison de son intérêt, cet article de David Berger, initialement publié en allemand sur le blog Philosophia Perennis, dans lequel le théologien allemand s'interroge sur les conséquences d'un fait révélateur : selon une étude de Francesco Capozza, expert du Vatican, plus des deux tiers des cardinaux maîtrisent à peine le latin, langue officielle de l'Église.

    Plus des deux tiers des cardinaux maîtrisent à peine le latin. Ce qui, à première vue, semble n'être qu'une remarque marginale pour les philologues classiques pourrait en réalité révéler l'une des crises les plus profondes de l'Église catholique. Car quiconque perd la langue dans laquelle la foi, la liturgie et le droit canonique ont été formulés pendant des siècles finit par perdre l'accès direct à sa propre tradition.

    Francesco Capozza, expert italien du Vatican pour le journal Il Tempo, a conclu, après des mois de recherches, que plus de 65 % des cardinaux actuels ne possèdent pas une connaissance approfondie du latin. Ceux qui connaissent Capozza savent qu'il ne fait pas d'affirmations sensationnelles à la légère. Considéré depuis de nombreuses années comme l'un des observateurs du Vatican les mieux informés d'Italie, ses analyses se révèlent souvent justes. Son diagnostic met en lumière un problème qui couve au sein de l'Église depuis des décennies et dont les conséquences sont désormais difficiles à ignorer.

    Il ne s'agit nullement de nostalgie romantique pour un passé supposément glorieux, ni de la préférence de ceux qui affectionnent la liturgie classique. La question est bien plus fondamentale : une Église peut-elle préserver son unité lorsque ses plus hauts représentants ne maîtrisent plus la langue dans laquelle sa théologie, son droit canonique et ses enseignements ont été formulés pendant des siècles ?

    Une vérité immuable protégée par un langage immuable

    Le latin n'a jamais été une simple relique historique pour l'Église catholique. Il est, à proprement parler, sa langue officielle. Depuis près de deux mille ans, les textes législatifs pontificaux, le droit canonique et de nombreux documents magistériels sont promulgués en latin, dans leur forme contraignante. Et ce, à juste titre : une langue immuable préserve la précision des concepts théologiques mieux que toute langue véhiculaire moderne. Ses mots ne sont pas soumis aux bouleversements idéologiques et sociaux auxquels les langues vivantes sont constamment exposées. C'est précisément pour cette raison que le latin est particulièrement apte à exprimer les vérités avec précision et pérennité.

    Le pape Jean XXIII l'a formulé avec une remarquable clarté dans sa Constitution apostolique Veterum Sapientia . Le latin, disait-il, est une langue qui, par sa dignité, sa stabilité et son universalité, est particulièrement apte à rendre visible l'unité de l'Église. Elle appartient, pour ainsi dire, à l'essence même d'une Église universelle, car elle ne privilégie aucune nation et est également ouverte à tous les fidèles. Il est également remarquable que cette conviction n'ait nullement été remise en cause par le Concile Vatican II. Bien au contraire. Dans la constitution sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium , il est expressément affirmé que l'usage du latin doit être préservé dans les rites latins. Parallèlement, le Concile a exigé que le clergé soit formé à bien comprendre les textes latins et à les utiliser à bon escient. Les Pères conciliaires n'ont donc pas entendu bannir le latin de la vie de l'Église. Ils partaient plutôt du principe que chaque prêtre et chaque évêque maîtriserait cette langue.

    L'accès direct aux sources de la foi est quasiment impossible.

    L’évolution de ces dernières décennies est d’autant plus étonnante. Dans de nombreux séminaires, le latin n’occupe plus qu’une place marginale. Nombre de candidats à la prêtrise ne découvrent cette langue que dans les cours d’introduction, sans jamais acquérir la capacité de lire les documents ecclésiastiques ou les Pères de l’Église dans leur langue originale. Il en résulte non seulement une lacune dans la formation classique, mais surtout la disparition d’un accès direct aux sources de la foi catholique.

    Car la théologie s'épanouit grâce à des concepts précis. Saint Thomas d'Aquin lui-même savait qu'un léger changement de perspective peut avoir des conséquences profondes sur la compréhension d'une doctrine. Des concepts tels que la grâce , la personne , la substance , la nature ou la charité ne peuvent être traduits qu'approximativement dans les langues modernes. Toute traduction comporte nécessairement une interprétation. C'est pourquoi l'Église a toujours rédigé ses textes sacrés dans une langue dont le sens demeure stable à travers les siècles.

    La pertinence de ce problème est apparue clairement avec la première encyclique du pape Léon XIV. Pour la première fois, un document magistériel d'une telle importance n'était pas publié à partir d'un texte latin original, mais paraissait directement en diverses versions dans les langues modernes. Si cela peut sembler pratique, cela soulève néanmoins des questions considérables. Peu après sa publication, des débats ont surgi autour de concepts centraux, par exemple lorsqu'il est question d'« humanité ». De quoi s'agit-il exactement ? Des espèces biologiques ? De la famille humaine ? De l'humanité entière ? Ou de la nature humaine commune sur laquelle repose le droit naturel ? Les différentes versions linguistiques suggèrent des interprétations différentes. Un texte latin original faisant autorité aurait, à tout le moins, fourni un point de référence herméneutique sans équivoque.

    Expression de la catholicité de l'Église

    À l’heure même où les concepts anthropologiques fondamentaux sont de plus en plus remis en question par les idéologies de genre, le transhumanisme et les progrès technologiques, la précision conceptuelle n’est pas une question académique secondaire. Elle est essentielle à la compréhension des déclarations de l’Église et de leurs conséquences. Le pape Benoît XVI a souligné à maintes reprises que l’Église ne peut préserver son identité qu’en entretenant vivante la mémoire de sa propre tradition. Dans son exhortation Sacramentum Caritatis, il a explicitement rappelé aux prêtres et aux fidèles qu’ils devaient également connaître les textes liturgiques les plus importants en latin. Pour Benoît XVI, le latin n’était pas une fin en soi, mais l’expression de la catholicité de l’Église, de son unité à travers le temps, les cultures et les nations.

    Une langue qui appartient à tous les catholiques

    Dans cette perspective, les propos de Capozza sonnent comme un avertissement. Une Église dont les plus hauts dignitaires ne maîtrisent plus leur langue officielle perd un instrument essentiel à sa compréhension théologique. Elle devient plus dépendante des traductions, des sphères linguistiques nationales, des différentes écoles théologiques et, finalement, des courants dominants de chaque époque. Or, le latin incarne précisément une liberté souvent négligée aujourd'hui. Contrairement à l'anglais, il n'est pas la langue d'une puissance politique ou économique mondiale. Il n'appartient à aucun peuple en particulier. Un évêque africain, asiatique, américain ou européen rencontre un autre évêque sur un même terrain linguistique. C'est pourquoi le latin n'a jamais été l'expression d'une supériorité culturelle, mais bien le lien même d'une Église universelle.

    Il est peut-être temps de relire l’avertissement de Jean XXIII. Il était convaincu que l’Église ne garantit pas son avenir en renonçant à ses traditions, mais en redécouvrant leur valeur pérenne. Cela vaut également pour son langage. Car quiconque perd le langage de l’Église perd bien plus que du vocabulaire et de la grammaire : il perd l’accès direct à un trésor spirituel qui a façonné la pensée occidentale pendant près de deux millénaires. Et une Église qui ne connaît ses sources que de seconde main risque un jour d’être incapable de faire entendre sa propre voix, inimitable.

  • L’Eucharistie et la Liturgie des Heures sont le « souffle » de la vie de l’Église (Catéchèse de Léon XIV)

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    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Basilique Saint-Pierre
    Mercredi 5 août 2026

    ________________

    Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II III. La Constitution dogmatique Sacrosantum Concilium 5. La prière de l'Église

    Frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Dans cette catéchèse, nous reprenons la réflexion sur la Constitution conciliaire sur la liturgie Sacrosanctum Concilium (SC). Aujourd’hui, nous nous attardons sur la dimension ecclésiale de la prière liturgique.

    Comme le suggère l’apôtre Paul, c’est l’Esprit Saint qui nous enseigne à prier. Depuis le jour de la Pentecôte, l’Esprit habite l’Église, inspirant chacune de ses activités et, en particulier, la prière. La vie de la première communauté, née à Jérusalem après la Pâque de Jésus, est une vie dans l’Esprit donné par le Seigneur ressuscité. « Depuis lors – dit le Concile –, l’Église n’omit de se réunir pour célébrer le mystère pascal ; en lisant « dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24, 27), en célébrant l’Eucharistie dans laquelle « sont rendus présents la victoire et le triomphe de sa mort » et en rendant en même temps grâces « à Dieu pour son don ineffable » (2 Co 9, 15) dans le Christ Jésus « pour la louange de sa gloire » (Ep 1, 12) par la puissance de l’Esprit Saint. (SC, 6).

    À notre époque, dans des contextes dominés par une mentalité axée sur l’efficacité et la consommation, la prière peut sembler inutile et dérisoire. Dans un monde où la science et la technique prétendent apporter toutes les réponses, prier peut apparaître comme une forme d’évasion. De plus, même dans de nombreuses familles chrétiennes, la tradition de la prière ne se transmet plus, tandis que beaucoup de personnes risquent de la confondre avec une technique parmi d’autres, de nature psychologique et visant le bien-être personnel. La prière, en revanche, en tant que dimension fondamentale de notre humanité, mérite d’être redécouverte dans sa vérité.

    La Constitution Sacrosanctum Concilium a pris cette exigence au sérieux. Et cela réjouissait profondément le pape saint Paul VI qui, en promulguant ce premier document approuvé par le Concile Vatican II, affirmait : « Dieu à la première place ; la prière, notre première obligation ; la liturgie, première source de la vie divine qui nous est communiquée, première école de notre vie spirituelle » (Discours, Basilique Saint-Pierre, 4 décembre 1963).

    Dans la Constitution, en effet, le terme « la prière » désigne l’ensemble de la liturgie. Cette perspective est déterminante, car elle a orienté la réforme liturgique en plaçant la participation active des fidèles au cœur de celle-ci. La liturgie est présentée avant tout comme le lieu de la rencontre, de l’initiative de Dieu qui se fait proche de l’humanité en son Fils, « le Verbe fait chair, oint par le Saint-Esprit » (SC, 5), à laquelle nous pouvons répondre « par le Christ, avec le Christ et dans le Christ, dans l’unité du Saint-Esprit », c’est-à-dire grâce à la « prière que le Christ, uni à son Corps, élève vers le Père » (SC, 84).

    C’est pourquoi saint Paul VI désirait ardemment que la Liturgie des Heures, c’est-à-dire la prière publique quotidienne de l’Église, inséparable de l’Eucharistie, imprègne profondément, ravive, guide et exprime toute la prière chrétienne et alimente efficacement la vie spirituelle du peuple de Dieu (cf. Const. ap. Laudis canticum).

    Pour que ce désir se réalise, la Liturgie des Heures demande à être de plus en plus accueillie et vécue dans la vie quotidienne des baptisés et des communautés. À tant de personnes qui veulent apprendre à prier, en particulier aux catéchumènes, elle peut offrir le chemin et l’école de la prière chrétienne.

    Chaque semaine et chaque jour, l’Eucharistie et la Liturgie des Heures sont le souffle de la vie de l’Église qui fait circuler l’Esprit Saint dans son Corps. Dans cette prière, le Christ « s’adjoint toute l’humanité et se l’associe dans ce divin cantique de louange. » (SC, 83) ; ainsi, jour après jour, nous sommes toujours plus associés au mystère pascal et conformés à Lui.

    Saint Augustin affirme : « Lorsque nous parlons à Dieu dans la prière, nous ne devons pas séparer de lui le Fils ; et lorsque le corps du Fils prie, qu’il ne se sépare pas de sa propre tête ; que ce soit donc le même et unique Sauveur de son corps, notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, celui qui prie pour nous, qui prie en nous et qui est prié par nous. Il prie pour nous comme notre prêtre ; il prie en nous comme notre chef ; il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc en lui notre voix, et sa voix en nous » (Enarr. in psalmum LXXXVPL 37, 1081).

    Liée à l’Eucharistie, dont elle prolonge la lumière, la Liturgie des Heures sanctifie le temps de notre vie quotidienne : le matin, nous commençons la journée avec foi et gratitude ; à midi, nous demandons la force de rester fidèles au milieu des épreuves ; le soir, une fois le travail terminé, les Vêpres accompagnent le moment du coucher du soleil ; la nuit, nous nous endormons en nous en remettant à la paix de Dieu. Chaque heure est un acte d’espérance : au cours de notre pèlerinage terrestre, nous veillons en attendant, avec toute l’Église, le retour glorieux du Seigneur.

  • 5 août : fête de la dédicace de la basilique Sainte-Marie-Majeure

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    banner_storia.jpgPrésentation sur le site de la Basilique :

    "La Basilique Patriarcale de Ste Marie Majeure est un authentique bijou riche en beautés d'une valeur inestimable. Elle domine la ville de Rome depuis prés de seize siècles: temple marial par excellence et berceau de la civilisation artistique, elle représente une référence pour les "civites mundi" qui arrivent de toute les parties du globe dans la Ville Eternelle pour y apprécier ce que la Basilique offre à travers sa monumentale grandeur.

    Elle est la seule, parmi les basiliques majeures de Rome, à avoir conservé les structures originales de son temps. A l'intérieur, certaines particularités la rendent unique: les mosaïques de la nef centrale et l'Arc de triomphe qui remonte au Vème siècle, réalisé durant le pontificat de Sixte III (432-440), et celles de l'Abside dont l'exécution fut confiée au moine Fransiscain Jacopo Torriti sur ordre de Pape Nicolas IV (1288-1292); le pavement cosmatesque offert par les cavaliers Scoto Paparone et leurs fils, dans les années 1288; le plafond à caissons en bois doré dessiné par Giuliano San Gallo (1450); la Crèche du XIII siècle de Arnolfo di Cambio; les nombreuses chapelles (Borghèse, Sixtine,  Sforza, Cesi, "du Crucifix", de Saint Michel); le Maître-autel, œuvre de Ferdinando Fuga et successivement enrichi par le génie de Valadier; et finalement, la Relique de la Crèche et le Baptistère. Chaque colonne, chaque cadre, chaque sculpture, chaque tasseau de cette Basilique récapitulent l'histoire et les sentiments religieux.

    Du pèlerin fidèle en prière au simple passioné d'art, ému par les œuvres des génies artistiques, tous pourront goûter les émotions que des lieux aussi sacrés leur offriront. La rencontre avec la Basilique Libérienne, nom du Pape Liberio, est une expérience qui enrichit humainement et spirituellement: il n'est pas rare, en effet, de surprendre les visiteurs en attitude d'admiration devant l'imposante beauté de ses œuvres, d'autre part de constater la dévotion de toutes ces personnes devant l'image de Marie, ici vénérée avec le doux nom de "Salus Populi Romani", cherchant du réconfort et du soulagement. Le 5 août de chaque année est évoqué, à travers une célébration solennelle, le "Miracle de la Neige" face aux participants émus une pluie de pétales blancs tombe du plafond recouvrant l'hypogée en créant presque une union idéale entre l'assemblée et la Mère de Dieu." ..."

  • La dédicace de la Basilique Sainte Marie Majeure (5 août)

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    NPOyHwoJlrCvLDbPjEAI4tlpe80@401x299.jpgDe missel.free.fr :

    Depuis sa fondation, « Santa Maria Maggiore » est la principale basilique de Rome et de toute la Chrétienté consacrée au culte de la Vierge Marie. Si l'image de la Vierge qu'on y vénère et que la légende attribue au saint évangéliste Luc, est dite « Salus Populi Romani » (Salut du Peuple Romain), le pape Eugène III (1145-1153), dans une inscription qu'il fit mettre au-dessus du portail de l'église, invoquait Marie « comme via, vita, salus, totius gloria mundi » (voie, vie, salut, gloire du monde entier).

    Une très belle légende médiévale raconte que le saint pape Libère (352-366) construisit une église au sommet de l'Esquilin, sur le lieu où la neige était tombée, dans la nuit du 4 au 5 Août, pour indiquer au patricien Giovanni, à son épouse et au Pontife lui-même l'emplacement sur lequel devait s'élever une basilique dédiée à la Vierge. La basilique actuelle fut, en réalité, construite au cinquième siècle par le pape Sixte III (432-440), au lendemain de la définition dogmatique de la maternité divine de Marie par le concile d'Ephèse (431) contre l'hérésie nestorienne qui admettait qu'on appelât Marie « Mère du Christ-homme », mais non pas « Mère de Dieu. »

    Les pèlerins peuvent encore admirer les magnifiques mosaïques commandées par Sixte III pour illustrer la très haute dignité de Marie Mère de Dieu : celles qui se trouvent de chaque côté de la nef centrale, au-dessus des colonnes, représentent des scènes de l'Ancien Testament, tandis que celles de l'arc triomphal montrent certains épisodes de l'Enfance du Christ, représenté comme Dieu aux côtés de sa Mère ; au centre, on voit l'inscription apposée par Sixte III : « Xystus episcopus plebi Dei » (Sixte, évêque, au peuple de Dieu). Dès cette époque, l'église fut appelée basilique de Santa Maria et aussi dite, à partir du sixième siècle, ad Præsepe (de la Crèche), puis ad Nives (des Neiges) ou Liberiana, à partir du douzième siècle où l'on commença de l'intituler Santa Maria Maggiore, pour indiquer qu'il s'agit de la plus vénérable et de la plus précieuse des églises consacrées à la Sainte Vierge.

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