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Patrimoine religieux

  • L’archevêque syrien de Homs : « Si cela continue, le christianisme disparaîtra de cette région. »

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    De kath.net/news :

    L’archevêque syrien : « Si cela continue, le christianisme disparaîtra de cette région. »

    24 juillet 2026

    L’archevêque syriaque catholique de Homs, Jacques Mourad, a fait un compte rendu lors d’une conférence de presse à Vienne sur la situation sécuritaire et économique désastreuse, critiquant la communauté internationale, notamment les États-Unis et l’UE, ainsi que le gouvernement syrien.

    Vienne (kath.net/KAP) – L’archevêque syrien Jacques Mourad évoque une situation sécuritaire et économique toujours désastreuse, ainsi qu’une catastrophe sociale et humanitaire dans son pays. Il tient pour responsables à la fois le nouveau gouvernement, au pouvoir depuis fin 2024, et la communauté internationale. Selon l’archevêque, qui s’est exprimé auprès de Kathpress et d’autres médias viennois, aucun d’eux ne se soucie du bien-être du peuple syrien. Par ailleurs, l’archevêque de Homs a souligné, en réponse à une question, qu’il ne conseillerait pas, compte tenu de la situation actuelle, à ceux qui ont fui la Syrie de rentrer chez eux.

    Jacques Mourad (58 ans) est l'archevêque syriaque catholique de Homs et l'un des représentants les plus éminents des Églises en Syrie. Il a acquis une notoriété internationale après son enlèvement par l'État islamique. Après plusieurs mois de captivité, Mourad, membre de l'ordre religieux Mar Musa, a réussi à s'échapper.

    L’archevêque se souvenait parfaitement du renversement du dirigeant de longue date Bachar el-Assad et du changement de pouvoir en Syrie. À Homs, c’était le 8 décembre 2024. « Tout le monde a célébré cet événement incroyable. Nous pensions avoir enfin conquis la liberté, et cette nuit-là, j’ai enfin pu dormir profondément. » À peine deux mois plus tard, les premiers affrontements armés et les premières attaques de milices islamistes contre les Alaouites ont éclaté à Homs. « J’ai compris à ce moment-là que nous n’étions toujours pas libres. Ce jour-là, mon combat pour la liberté a repris. »

    Le christianisme disparaît de la région

    L'archevêque a vivement critiqué la communauté internationale. Il a notamment cité les États-Unis et Israël, mais aussi l'Union européenne, qui, selon lui, ne semblaient pas se soucier de la stabilité au Moyen-Orient. Cette situation, a-t-il affirmé, a des conséquences désastreuses pour le nombre de chrétiens restants en Syrie. Sur les deux millions de chrétiens qui y vivaient autrefois, l'archevêque estime, avec optimisme, qu'il n'en reste aujourd'hui que 300 000 à 350 000. Il a ajouté : « Si cela continue, le christianisme disparaîtra de cette région. » 

    La Syrie est un pays extrêmement dangereux. « Il y a quelques jours à peine, une mère et ses deux enfants ont été assassinés. Et les incidents de ce genre sont légion. » Le gouvernement est incapable ou refuse d'endiguer la violence endémique qui sévit dans le pays. Les armes et les groupes sunnites violents sont omniprésents. Les actes de vengeance visent principalement les Alaouites et les Druzes, accusés de collaborer avec le régime d'Assad. Bien sûr, les milices savent que cette accusation généralisée est fausse. Mais c'est un prétexte commode pour cibler les minorités religieuses, que les islamistes accusent de s'être éloignées de la véritable foi musulmane. « Ces extrémistes haïssent les Alaouites et les Druzes encore plus que les chrétiens », a déclaré l'archevêque Mourad. 

    La liberté religieuse est menacée.

    Bien que les chrétiens soient actuellement moins visés par les islamistes, l'archevêque estime que la liberté religieuse en Syrie est précaire. Ce pays, autrefois largement laïque, s'islamise de plus en plus. La diversité de la société, y compris la diversité religieuse, n'a aucune valeur aux yeux du nouveau gouvernement, même s'il affiche parfois une image modérée sur la scène internationale. L'archevêque a appuyé ses propos en évoquant la composition du nouveau parlement syrien. « Pourquoi n'y a-t-il que six chrétiens et seulement cinq femmes au sein du nouveau parlement syrien ? », a-t-il demandé. La majorité des parlementaires sont des fondamentalistes islamistes, dont beaucoup sont originaires d'Idlib, bastion islamiste.

    L'économie syrienne est en ruine, le système de santé est catastrophique et de plus en plus de personnes n'ont plus les moyens de se procurer des produits alimentaires de base ni de payer les loyers exorbitants, a déclaré l'archevêque Mourad. Ce dernier a exhorté la communauté internationale à enfin prendre au sérieux des projets concrets de paix et de reconstruction. Il a exprimé l'espoir que les investissements soient prioritairement consacrés à l'éducation et aux écoles, élément crucial pour l'avenir du pays. L'emploi est tout aussi important.

    "On va te couper la tête."

    L'archevêque de Homs était à Vienne mercredi pour une brève visite et s'est entretenu avec les médias locaux au sujet de la situation dans son pays. Il a également visité la Fondation Pro Oriente. Mgr Mourad a attiré l'attention internationale en 2015 lorsque des terroristes l'ont enlevé de son monastère de Mar Elian en Syrie et retenu en otage pendant plusieurs mois. Le pape François est intervenu pour obtenir sa libération. 

    Il priait chaque jour pour ses ravisseurs, se souvient Mourad lors d'un entretien à Vienne. « Convertis-toi à l'islam, ou nous te décapiterons », lui avaient-ils dit. Sa foi et la Vierge Marie l'ont soutenu durant cette épreuve, a déclaré l'archevêque : « Chaque fois que la peur me gagnait, je récitais le chapelet, et elle disparaissait pour laisser place au courage. »

    Mourad a relaté son expérience dans le livre « Un moine en captivité ». Il y décrit notamment la visite d'un commandant islamiste venu discuter de sa foi. Au cinquième mois de sa captivité, le moine s'est évadé grâce à l'aide d'un musulman qui, avec d'autres, avait organisé l'évasion de dizaines d'otages de l'État islamique. Les complices de l'évasion ont ensuite été assassinés par des militants de l'EI.

    Communauté de Mar Musa

    Jacques Mourad, né à Alep, a prononcé ses vœux en 1993 au sein de la communauté monastique syrienne de Deir Mar Musa el-Habashi (Monastère Saint-Moïse l'Abyssin), qu'il a cofondée. Il a également été ordonné prêtre la même année. Le monastère de Mar Musa est situé sur les pentes orientales des monts Qalamoun, à environ 80 kilomètres au nord de Damas. Fondé dans les années 1980 par Paolo Dall'Oglio, il appartient à l'Église catholique syriaque depuis les années 1990. Le prêtre italien Paolo Dall'Oglio a disparu dans l'est de la Syrie durant l'été 2013, alors qu'il tentait de libérer des otages détenus par le groupe terroriste État islamique. On est sans nouvelles de lui depuis.

    La communauté Mar Musa a notamment réactivé le monastère Mar Elian (Saint-Élie) à Qaryatayn, près de Homs, grâce au rôle prépondérant du père Mourad. Ce dernier a dirigé le monastère de 2000 à 2015. Après son enlèvement, il a séjourné dans les monastères annexes de Cori (Italie) et de Souleimaniye (Irak). En 2020, il est retourné à son monastère, Mar Elian, en Syrie, et en est devenu le prieur. Le monastère, gravement endommagé par Daech, a été reconstruit en collaboration avec des musulmans.

    En janvier 2023, le pape François a confirmé l'élection de Jacques Mourad comme archevêque de Homs par le synode des évêques de l'Église syriaque catholique. Mourad a été consacré évêque début mars 2023. 

    L'Église catholique syriaque est issue, au XVIIe siècle, de l'Église orthodoxe syriaque d'Antioche. Elle compte aujourd'hui entre 150 000 et 200 000 fidèles à travers le monde, principalement au Liban, en Syrie, en Irak et aux États-Unis. Depuis 1920, son siège est à Beyrouth. Le patriarche Ignace Joseph III Younan est son chef actuel.

  • Va-t-on vers une extinction de la vie monastique en France ?

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    Du site du magazine La Vie :

    « Il y a une accélération des fermetures de monastères » : une étude inédite dresse un état des lieux pour la France

    [Exclusif] La sociologue Isabelle Jonveaux, spécialiste de la vie monastique à l’université de Fribourg (Suisse), a mené une étude sur les fermetures de communautés monastiques.

    Interview Sixtine Chartier

    21/07/2026.

    Va-t-on vers une extinction de la vie monastique en France ? Depuis quelques années, les annonces de fermeture de lieux emblématiques se multiplient : la Grande-Trappe de Soligny (Orne), le carmel de Compiègne (installé à Jonquières, dans l’Oise), Notre-Dame du Port du Salut (Mayenne), pour la seule année 2026. Ce n’est que la face visible d’un vaste mouvement qui touche tous les ordres monastiques contemplatifs, souvent nés au Moyen Âge, et relancés aux XIXe et XXe siècles.

    Dans la grande famille de la vie religieuse catholique, ces ordres dits « monastiques » se définissent par la présence d’une clôture, qui sépare les moines et moniales (de monos, « seul ») du monde extérieur. On les appelle aussi des ordres contemplatifs. Il ne faut pas les confondre avec les ordres dits « apostoliques », dont la vocation est d’être présents « dans le monde », qui n’entrent pas dans cette étude, même s’ils sont également touchés.

    La sociologue Isabelle Jonveaux a travaillé ces chiffres dans le cadre d’une recherche dans une revue anglophone spécialisée en urbanisme sur la réutilisation des anciens lieux religieux. Elle dévoile le fruit de son travail en avant-première à La Vie.

    Les fermetures de monastères sont un phénomène massif. Pourtant, on peine à trouver une étude chiffrée globale. Quelle a été votre méthodologie pour obtenir ces chiffres ?

    La vie religieuse catholique est foisonnante, et il est difficile de la faire entrer dans des recensements statistiques. Hormis les annonces au compte-gouttes dans la presse locale, il n’existait pas d’étude indépendante chiffrée. Je me suis basée sur un catalogue de la Fondation des monastères datant de 2007, en me concentrant uniquement sur les monastères contemplatifs catholiques.

    91 monastères ont fermés entre 2007 et 2026

    • Création La Vie

    Avec l’aide de mon assistante, nous avons cherché quels monastères existaient toujours en 2026 et lesquels avaient fermé ou annoncé leur fermeture. Le constat principal, c’est l’ampleur du phénomène, massif : sur ces 20 dernières années, près d’un tiers des monastères (environ 30 %) ont fermé.

    Les communautés féminines sont nettement plus touchées que les hommes. Pourquoi ?

    Les monastères de femmes sont proportionnellement plus touchés : 32 % d’entre eux ont fermé, contre 21 % des monastères d’hommes. Il faut rappeler qu’il y avait, ces derniers siècles, beaucoup plus de monastères féminins (dans la base de 2007, on comptait 249 monastères de femmes pour 56 d’hommes). La vie religieuse féminine est davantage en crise, car elle est moins adaptée au profil des jeunes femmes d’aujourd’hui que par le passé. Autrefois, la vie religieuse était une voie d’émancipation pour les femmes, leur permettant de se former ou d’échapper à l’autorité patriarcale.

    Aujourd’hui, en Europe, les femmes qui entrent au monastère ont souvent la trentaine, elles ont fait des études et sont autonomes ; par conséquent, la grande distance au monde ou ce qui est perçu comme une forme d’infantilisation dans certaines structures ne fonctionnent plus pour elles.

    Quels sont les ordres les plus touchés ?

    Les carmels sont particulièrement frappés, avec 40 % de fermetures en 20 ans (34 carmels ont fermé sur les 85 existants). Les proportions sont similaires chez les Clarisses (environ 40 % de fermeture) et les Visitandines (30 %). Les Trappistes connaissent également un taux élevé (36,4 %). En revanche, les Dominicaines (8 %) et les Bénédictins et Bénédictines (hommes et femmes confondus, 18 %) sont moins touchés.

    Étude réalisée par Isabelle Jonveaux sur les monastères qui ont fermé ou annoncé leur fermeture entre 2007 et 2026 ; une marge d'erreur est possible car les données sont partielles

    • Création La Vie

    De manière générale, ce sont les ordres avec une clôture sévère, comme les Trappistes ou les Carmélites, ou dont le charisme est aujourd’hui moins bien compris, comme les Visitandines ou les Clarisses, qui peinent le plus à recruter.

    Pourtant, les communautés qui attirent le plus de jeunes sont aussi des communautés avec une clôture stricte…

    Oui, mais il faut en préciser les raisons : ces monastères attirent aujourd’hui parce qu’ils ont un type de positionnement vis-à-vis de la société qui est très clair. Ils sont conçus comme une forteresse contre la sécularisation. Une blague circule parmi les abbés et les abbesses disant que les monastères qui recrutent sont ceux qui appliquent la recette des 3G : le grégorien, la grille et la guimpe (la grille est la matérialisation d’une clôture stricte ; la guimpe est un voile qui entoure le visage et le cou des religieuses, ndlr).

    La langue de la liturgie est un indicateur intéressant de ce point de vue.

    Oui, même s’il faut l’interpréter avec prudence, car les échantillons ne sont pas de la même taille. En 2007, il existait 244 monastères de langue française, 36 mêlant français et latin et 23 monastères pour le latin exclusivement. D’autre part, ce critère n’est pas le seul élément explicatif ; il est un élément parmi d’autres, mais il est particulièrement frappant.

    Dans la grande famille de la vie religieuse catholique, ces ordres dits « monastiques » se définissent par la présence d’une clôture, qui sépare les moines et moniales du monde extérieur

    • Création La Vie

    Parmi les monastères dont la langue de l’office était le français en 2007, 34 % ont fermé. Ce chiffre descend à 19 % pour ceux qui utilisaient le français et le latin, et tombe à 0 % pour ceux dont l’office était exclusivement en latin. Cela montre que les communautés qui revendiquent une certaine tradition attirent aujourd’hui un certain public.

    Observe-t-on aujourd’hui un nouveau modèle de monachisme émerger, peut-être plus strict, mais en tout cas plus visible ?

    C’est paradoxal. On observe des communautés qui revendiquent une coupure avec le monde, une orthopraxie et une clôture très stricte, mais qui sont en même temps extrêmement présentes dans les médias ou sur Internet, et technologiquement compétentes.

    Cela correspond aux attentes d’un public jeune revendiquant son identité catholique dans une société sécularisée. Un recrutement dynamique n’est toutefois pas toujours le signe d’une communauté en bonne santé interne.

    Concrètement, que deviennent les communautés et leurs bâtiments lorsqu’ils ferment ?

    Sur le plan humain, c’est extrêmement lourd, car les moines et moniales ont fait un vœu de stabilité. Quitter le lieu où ils s’étaient engagés pour la vie est douloureux. Du point de vue statistique, les données sont partielles. Sur les cas que j’ai pu recenser, dans environ la moitié des cas, la communauté se regroupe avec une autre du même ordre monastique.

    Pour l’autre moitié, la communauté est dispersée, soit vers d’autres communautés, soit en Ehpad… Certains moines et moniales peuvent retourner à la vie civile. Concernant les bâtiments, c’est une question également très sensible.
     

    Régulièrement, des bâtiments ayant fermé entre 2007 et 2026 sont repris par d'autres communautés

    • Création La Vie

    Sur les cas que j’ai pu identifier (47 au total), un peu plus d’un quart sont repris par une autre communauté religieuse, souvent des communautés nouvelles ou des communautés monastiques plus récentes (comme le Chemin neuf, les cisterciennes de Boulaur ou les bénédictins du Barroux). On trouve ensuite 21 % de projets sociaux (logements sociaux, accueil de personnes en difficulté), 13 % d’acquisitions publiques, 13 % de logements privés, 11 % pour d’autres projets religieux et 6 % pour des projets éducatifs.

    Assistons-nous à une accélération de ces fermetures ?

    Oui, il y a une véritable accélération depuis la fin des années 2010. Jusqu’en 2015, nous avions généralement moins de quatre fermetures par an. Le chiffre moyen tourne aujourd’hui autour d’une petite dizaine par an. La France a une situation un peu particulière car elle comptait énormément de monastères (un niveau comparable à l’Italie) ; il y a donc aujourd’hui une offre beaucoup trop importante par rapport au nombre de personnes intéressées.

    Comment expliquez-vous l’apparent engouement du grand public pour les monastères et les retraites spirituelles dans ce contexte ?

    C’est le grand paradoxe du XXIe siècle. Il y a une véritable désaffection pour l’Église institutionnelle, souvent liée aux scandales, mais le grand public ne l’associe pas directement aux monastères. Depuis au moins 20 ans, ces lieux fascinent par leur côté exotique et alternatif : on y voit une vie écologique, proche de la nature, proposant des produits sains et traditionnels. Les influenceurs participent à cette forte romantisation de la vie monastique, qui attire un public non croyant en quête de spiritualité alternative.

    Néanmoins, cet intérêt ne se traduit pas par de véritables vocations ; ceux qui entrent au monastère le font pour la qualité de la vie spirituelle et fraternelle, ce que les communautés devenues vieillissantes peinent désormais à offrir.

  • Quand sainte Brigitte défendait le célibat des prêtres

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    Du Père Simon Noël sur son blog :

    Sainte Brigitte et le célibat des prêtres

    Les controverses sur le célibat des prêtres ne datent pas d'aujourd'hui. Elles avaient déjà cours au Moyen-Âge. Devant la triste réalité de la dépravation de certains clercs, concubinaires ou sodomites, certaines personnes de bonne volonté émettaient l'idée qu'il eût été préférable que les prêtres puissent être mariés. J'ai donc trouvé intéressant de vous offrir ce qu'écrit sur le sujet sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l'Europe, dans le livre des Révélations, livre qui rapporte les extases et les locutions de cette grande mystique, livre approuvé par le concile de Bâle et par trois papes. Il s'agit du chapitre 10, du livre 7, dans la traduction de la comtesse de Flavigny :

    Défense que les prêtres soient mariés.

    Réjouissez-vous éternellement, ô précieux corps de Dieu, en un honneur perpétuel, en continuelle victoire, en éternelle puissance, avec votre Père et le Saint-Esprit, avec la Vierge Marie, votre très-digne Mère, et avec toute la cour céleste! Louange vous soit, ô Dieu éternel, et actions de grâces infinies, parce qu’il vous a plu de vous faire homme, et avez voulu que le pain fût transubstantié en votre corps, par vos saintes paroles, et l’avez donné en viande comme par un excès d’amour pour le salut de nos âmes!

    Il arriva une fois à une personne qui était profondément plongée en l’oraison, qu’elle ouït une voix qui lui disait : O vous à qui sont faites les faveurs d’ouïr et de voir les choses spirituelles, écoutez maintenant ce que je vous veux manifester de cet archevêque qui a dit que, s’il était pape, il donnerait licence à tous les prêtres de se marier, croyant et pensant que cela serait plus agréable à Dieu que de voir les prêtres vivre avec tant de dissolution; il disait encore que, par ce mariage, s’éviteraient tant de péchés charnels; et bien qu’en cela il n’entendît pas la volonté de Dieu, néanmoins il était ami de Dieu. Or, maintenant, je vous déclarerai la volonté de Dieu sur cela, car j’ai engendré le Dieu même, et vous signifierez cela à cet archevêque, lui parlant en ces termes : A Abraham fut donnée la circoncision longtemps avant que la loi fût donnée à Moïse, et au temps d’Abraham, les hommes étaient gouvernés selon qu’ils entendaient et selon qu’ils voulaient, et néanmoins plusieurs étaient lors amis de Dieu.

    Mais après que la loi fut donnée à Moïse, lors il plut plus à Dieu que les hommes vécussent selon la loi que selon leur volonté. Il en fut de même du précieux corps de mon Fils, car quand il eut institué le saint Sacrement de l’autel, qu’il fut monté au ciel, lors cette loi ancienne était encore gardée, savoir, les prêtres de Jésus-Christ vivaient en un mariage charnel, et néanmoins plusieurs d’iceux étaient amis de Dieu, d'autant qu’ils croyaient en simplicité que cela était agréable à Dieu, comme il lui fut agréable au temps des Juifs, et cela fut observé plusieurs années par les apôtres chrétiens. Mais cette coutume et observance était abominable et odieuse à toute la cour céleste, et à moi, qui ai engendré le corps de mon Fils, de voir que des mariés touchassent de leurs mains le corps précieux de mon Fils au saint Sacrement, car les Juifs, en leur ancienne loi, n’avaient que l’ombre et la figure de ce sacrement; mais les chrétiens ont maintenant la vérité même, savoir, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme en ce sacrement sacro-saint.

    Mais après quelque temps que les prêtres anciens observaient cela, Dieu, par l’infusion de son Esprit, le versa au cœur du pape, pour qu’il ordonnât que désormais les prêtres qui consacreraient le corps précieux de Jésus-Christ ne seraient point mariés ni ne jouiraient des délices infâmes de la chair. Et partant, par l’ordonnance divine et par son juste jugement, il a été justement ordonné que les prêtres vivraient en la chasteté et continence de la chair, autrement qu’ils seraient maudits et excommuniés devant Dieu, et dignes d’être privés de l’office de prêtres, néanmoins que ceux qui s’amenderaient véritablement avec résolution de ne plus pécher, obtiendraient miséricorde de Dieu.

    Sachez aussi que si quelque pape donne aux prêtres licence de se marier charnellement, lui-même sera damné de Dieu par la même sentence, comme celui qui aurait grandement péché, à qui on devrait, selon le droit, arracher les yeux couper les lèvres, le nez et les oreilles, les pieds et les mains, et le corps duquel devrait être tout ensanglanté et congelé de froid; et d’ailleurs qu’on devrait donner ce corps mort aux oiseaux et aux bêtes sauvages : il en arriverait de même à ce pape qui voudrait donner licence aux prêtres de se marier, contre la susdite ordonnance divine, car ce pape serait soudain privé de la vue et ouïe spirituelle, de la parole, des œuvres spirituelles, et toute sa sapience spirituelle défaudrait spirituellement; et d’ailleurs, son âme descendrait en enfer pour y être éternellement tourmentée et être la proie des démons. Voire si saint Grégoire le pape eût établi cette loi, il n’eût jamais obtenu miséricorde de Dieu, s’il n’eût révoqué une telle sentence.

    Les papes ont toujours défendu le célibat sacerdotal. Le pape François a lui aussi récemment manifesté sa haute estime pour ce trésor de l’Église latine, en citant Paul VI : « Je voudrais donner ma vie pour le célibat des prêtres ! ». S'il y a des exceptions, il s'agit toujours d'hommes déjà mariés au moment de leur ordination, comme les prêtres catholiques-orientaux ou les prêtres anglicans devenus catholiques. Tout au plus, le pape envisagerait d'autres exceptions de ce type pour des régions manquant cruellement de prêtres, par exemple en appelant au sacerdoce des diacres mariés. Mais rien n'est encore décidé. Prions pour le Saint-Père afin que Dieu l'éclaire et qu'il discerne ce que Dieu veut, dans la ligne de la Tradition multiséculaire de l’Église romaine. Gageons cependant que l’Église, si elle adopte ces exceptions, prendra aussi toutes les mesures pour que le niveau spirituel du clergé ne soit pas menacé. Enfin, j'aimerais citer le cas d'un grand saint russe orthodoxe, Jean de Kronstadt, un prêtre marié, qui dans son évolution spirituelle vers la sainteté, en vint à la fois à célébrer quotidiennement la divine liturgie et à choisir une stricte continence dans sa vie conjugale. Cet exemple est à méditer dans le contexte actuel.

  • Cotignac : les sapeurs-pompiers ont réussi à sauver le monastère Saint-Joseph et le sanctuaire Notre-Dame

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    Lu ICI :

    L'incendie dans le Var "s'est approché dangereusement" de trois villages dans la nuit

    "La nuit ne fut pas calme", explique le contrôleur général Éric Grohin, directeur départemental du Sdis du Var. "Le feu a progressé encore toute la nuit et s'est approché assez dangereusement des villages de Cotignac, de Montfort-sur-Argens et de Correns."Les sapeurs-pompiers ont réussi à sauver le monastère Saint-Joseph et le sanctuaire Notre-Dame, situés à proximité des flammes. Le monastère avait été évacué dans l'après-midi hier et les sœurs et l'aumônier ont été mis à l'abri dans le village de Cotignac, a précisé l'évêque de Fréjus-Toulon sur Facebook.

    Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

    et Monastère Saint-Joseph ont été épargnés de justesse.

    Nous remercions les sapeurs pompiers du Sdis83 officiel - Sapeurs-Pompiers du Var et d’ailleurs, et Préfet du Var pour son attention et monsieur le maire de Cotignac.

    Nous prions pour les personnes ayant perdu leur maison, leur vendange à venir…

    Je célébrerai la messe du 15 août sur place en action de grâce aux pieds de Notre-Dame.

    +FT

    Peut être une image de talon de billet et texte

  • Aujourd'hui, on fête sainte Marie-Madeleine

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    images.jpgA la suite de la sortie d'un mauvais fillm (déjà oublié), transposé d'un roman (médiocre) qui a constitué un succès de librairie (inconcevable), le personnage de Marie-Madeleine est devenu l'objet de toutes les affabulations possibles et imaginables, totalement dénuées de fondements historiques mais d'autant plus appréciées par les faiseurs d'opinion qu'elles semblaient mettre à mal l'approche catholique de cette grande sainte.

    Documents sur Marie Madeleine

    Les métamorphoses de Marie-Madeleine (évangiles synoptiques, évangile de St Jean, évangiles gnostiques) par le Père JEAN-MARIE SEVRIN, Franciscain
      http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=187885  
     

    Jésus a-t-il épousé Marie-Madeleine ?    http://www.opusdei.fr/art.php?p=15400    

    Jésus et Marie-Madeleine   http://dominique-le-tourneau.hautetfort.com/archive/2006/02/16/jesus-et-marie-madeleine.html  

    Benoît XVI nous rappelle l'histoire de Marie de Magdala

  • FSSPX : Les véritables raisons du schisme; le discours prophétique de Ratzinger en 1988

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Les véritables raisons du schisme. Le discours prophétique de Ratzinger en 1988

    (s.m.) Settimo Cielo n’a rien publié jusqu’à présent sur cette affaire largement relayée par les médias du monde entier à propos du schisme et de l’excommunication qui ont frappé la Fraternité sacerdotale Saint-Pie‑X, fondée en 1970 par l’archevêque Marcel Lefebvre, en raison de l’ordination, ce 1er juillet, de quatre évêques sans autorisation du pape (photo).

    Un schisme analogue, assorti d’une excommunication, avait déjà frappé la Fraternité le 30 juin 1988, cette fois encore pour l’ordination de quatre évêques sans mandat pontifical.

    Et, quelques jours plus tard, le 13 juillet de cette même année, celui qui était encore Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger, alors en visite au Chili, prononçait à Santiago un discours en espagnol aux évêques chiliens qui analysait les « causes les plus profondes » de la rupture.

    Avec plusieurs années de recul, cette analyse de Ratzinger est d’une actualité saisissante. Settimo Cielo la propose à ses lecteurs comme clé d’interprétation des faits, avec ses remerciements à celui qui l’a redécouverte et transmise le premier, le Chilien Luis Badilla Morales, qui a été l’une des grandes voix de Radio Vatican à l’époque où elle était dirigée par le P. Federico Lombardi, après avoir, dans sa jeunesse, été un opposant actif à la dictature de Pinochet.

    Parmi les raisons du schisme, on ne s’étonnera pas que Ratzinger pointe du doigt le rejet par les lefebvristes de la réforme liturgique conciliaire et leur repli sur la liturgie en rite ancien. Il s’agit d’une question toujours sans solution, qui concerne une grande partie de l’Église catholique à travers le monde et qui a vu s'engager, avec des tentatives de solution diamétralement opposées, tant Benoît XVI que le pape François — un dossier épineux sur lequel Léon a d'ores et déjà laissé présager la voie d'un savant rééquilibrage.

    La voie entreprise par le pape Robert F. Prevost n’en est qu’à ses prémisses, mais elle a déjà récolté les faveurs de plusieurs hommes d’Église importants dans le camp de ceux qui sont davantage attentifs à la Tradition.

    L’un d’entre eux n’est autre que le cardinal Robert Sarah, l’ancien Préfet du Dicastère pour le Culte divin, qui a consacré son dernier livre – publié aux États-Unis en 2025 chez Ignatius Press et dernièrement en Italie chez Cantagalli – précisément à la musique sacrée et à la liturgie.  Il s’agit d’un dialogue avec Peter Carter, qui est directeur du Catholic Sacred Music Project, intitulé : « Le Chant de l’Agneau ».

    Un ouvrage aux accents très proches de ceux du Ratzinger théologien, liturgiste et pape.

    *

    Réflexions sur les causes les plus profondes de l’affaire Lefebvre

    de Joseph Ratzinger

    Santiago du Chili, 13 juillet 1988

    Sans aucun doute, le problème soulevé par Mgr Lefebvre ne s'est pas éteint avec la rupture du 30 juin. Il serait trop commode de se réfugier dans une espèce de triomphalisme et de penser que cette question a cessé d'être pertinente dès l'instant où le mouvement de Lefebvre s'est séparé de façon nette de l'Église. Un chrétien ne peut jamais, ni ne doit jamais, se réjouir d'une rupture. Même si la faute ne saurait incontestablement être imputée au Saint-Siège, il est de notre devoir de nous interroger : quelles erreurs avons-nous commises, quelles erreurs commettons-nous encore ? Les critères qui permettent de juger le passé, à commencer par le décret sur l'œcuménisme du concile Vatican II, doivent logiquement être applicables pour appréhender le présent également.

    L'une des découvertes fondamentales de la théologie de l'œcuménisme, c’est que les schismes ne se produisent que lorsque, au sein de l'Église, certaines vérités et certaines valeurs de la foi chrétienne ne sont plus ni vécues ni aimées. La vérité qui est marginalisée acquiert alors son autonomie, se détache de la totalité de la structure ecclésiale, et c'est autour d'elle que se forme un mouvement nouveau. Le fait qu'un si grand nombre d'hommes, pourtant éloignés du cercle restreint de la fraternité de Lefebvre, voient en cet homme une sorte de guide, ou pour le moins un allié utile, doit nous faire réfléchir. Il ne suffit pas d’attribuer tout cela à des motifs politiques, à la nostalgie ou à d'autres raisons secondaires d'ordre culturel. De telles causes ne suffiraient pas à attirer, en particulier, des jeunes issus de pays très différents et appartenant à des contextes politiques et culturels totalement différents. Bien entendu, leur vision étroite et unilatérale saute aux yeux où que l’on regarde ; pourtant, le phénomène dans son ensemble demeurerait inimaginable s'il n'y avait également en jeu des éléments positifs qui, ne trouvent en général plus suffisamment d’espace vital dans l'Église d'aujourd'hui.

    Pour toutes ces raisons, nous devons considérer cette situation en premier lieu comme l'occasion d'un examen de conscience. Nous ne devons pas redouter d’examiner avec sérieux les manquements de notre pastorale qui transparaissent à travers tous ces faits. C'est ainsi que nous pourrons offrir un espace à ceux qui le recherchent et le réclament au sein même de l'Église, et parvenir ainsi à rendre le schisme, de l'intérieur de l'Église, parfaitement superflu.

    Je voudrais examiner trois aspects qui, à mon sens, jouent un rôle important dans cette situation.

    A. Le sacré et le profane

    De nombreuses raisons peuvent expliquer pourquoi de nombreuses personnes pourraient avoir cherché refuge dans l'ancienne liturgie. L'une des principales, et non des moindres, est qu'elles y trouvaient intacte la dignité du sacré.

    Après le Concile, beaucoup ont intentionnellement érigé la « desacralisation » en programme, nous en expliquant que le Nouveau Testament avait aboli le culte du Temple : le voile du Temple déchiré au moment de la mort du Christ sur la croix signifiait — selon eux — la fin du sacré. La mort de Jésus hors des murs, c'est-à-dire dans la sphère publique, constituait désormais la véritable adoration ; l’adoration, si elle doit exister, s'accomplit dans la non-sacralité de la vie quotidienne, dans l'amour vécu. C’est sur la base de tels arguments que l’on a relégué les ornements sacrés au second plan ; les églises ont été dépouillées, autant que possible, de la splendeur qui évoque le sacré ; et la liturgie a été réduite, autant que faire se peut, au langage et aux gestes de la vie ordinaire, à travers des salutations, des signes communs d'amitié et d’autres choses semblables.

    Cependant, de telles théories et pratiques ont totalement fait fi du véritable lien unissant l'Ancien et le Nouveau Testament ; on a oublié que ce monde n'est pas encore le Royaume de Dieu et que « le Saint de Dieu » (Jn 6, 69) demeure en contradiction avec le monde ; que nous avons besoin de purification pour nous approcher de Lui ; que le profane, même après la mort et la résurrection de Jésus, n'est pas devenu saint. Le Ressuscité ne s'est manifesté qu'à ceux dont les cœurs s'étaient ouverts à Lui, au Saint : Il ne s'est pas révélé au monde entier. C'est à partir de ce monde-là que s’est ouvert le nouvel espace d'adoration vers lequel nous sommes désormais tous orientés ; cette adoration consiste à s'approcher de la communauté du Ressuscité, aux pieds duquel les femmes se sont prosternées pour l'adorer (Mt 28, 9).

    Je ne souhaite pas approfondir davantage ce point ici, mais simplement en venir directement à la conclusion : nous devons reconquérir la dimension du sacré dans la liturgie. La liturgie n'est pas un festival, ni une réjouissance conviviale. Peu importe si un curé parvient à mettre en œuvre des idées séduisantes ou des spéculations fantaisistes. La liturgie est la mise en présence au milieu de nous du Dieu trois fois saint, elle est le buisson ardent, elle est l'Alliance de Dieu avec l'humanité en Jésus-Christ mort et ressuscité. La grandeur de la liturgie ne repose pas sur sa capacité à offrir un divertissement captivant, mais sur son pouvoir à nous mettre en contact avec le Tout-Autre, que nous ne saurions évoquer par nos propres forces. Il vient parce qu'Il le veut. En d'autres termes, l'essence de la liturgie est le mystère, qui s'accomplit dans le rite commun de l'Église ; tout le reste ne fait que l'amoindrir. Les fidèles en font l'expérience poignante, et ils se sentent trahis lorsque le mystère se mue en divertissement, lorsque le protagoniste de la liturgie n'est plus le Dieu vivant, mais le prêtre ou l'animateur liturgique.

    B. Le caractère non arbitraire de la foi et sa continuité

    Défendre le concile Vatican II — à l'opposé de Mgr Lefebvre — comme un événement valide et contraignant pour l'Église reste et continuera à rester une nécessité. Néanmoins, il existe une posture de vision étriquée qui isole Vatican II et qui a provoqué cette opposition. Plusieurs interprétations donnent l'impression qu'après Vatican II, tout a basculé et que ce qui a précédé ne saurait plus être valable, ou, au mieux, ne le serait qu'à la lumière de Vatican II. Le concile Vatican II n'est pas considéré comme une composante de la totalité de la Tradition vivante de l'Église, mais plutôt comme le terme de la Tradition et un complet recommencement à zéro. La vérité est que le Concile lui-même n'a défini aucun dogme et s'est efforcé consciemment de s'exprimer sur un mode plus modeste, simplement comme un concile pastoral ; pourtant, beaucoup l'interprètent comme s'il s'agissait presque d'un super-dogme frappant d'insignifiance tout le reste.

    Cette impression se trouve surtout renforcée par ce qui se passe dans la vie quotidienne. Ce qui était jadis considéré comme la chose la plus sacrée — la forme transmise par la liturgie — est soudain devenue la plus proscrite et l'unique chose qu'il faille impérativement rejeter. Les critiques à l'égard des nouveautés de la période post-conciliaire ne sont pas tolérées ; en revanche, lorsqu'il s'agit des règles anciennes ou des grandes vérités de la foi — par exemple la virginité corporelle de Marie, la résurrection corporelle de Jésus, l'immortalité de l'âme, etc. —, il n'y a aucune réaction, ou tout au plus une réaction extrêmement timorée. J'ai moi-même été témoin, du temps où j'étais professeur, de la manière dont un évêque qui, avant le Concile, avait congédié un professeur irréprochable sous prétexte d'un franc-parler un peu rude, s'est trouvé incapable, après le Concile, de licencier un autre professeur qui niait ouvertement certaines vérités fondamentales de la foi. Tout cela amène beaucoup de fidèles à se demander si l'Église d'aujourd'hui est vraiment encore la même que celle d'hier, ou si elle n'a pas simplement été remplacée par une autre à leur insu. La seule manière de rendre Vatican II crédible est de le présenter clairement pour ce qu'il est : un maillon de l'unique et entière Tradition.

    C. L'unicité de la vérité

    En mettant la question liturgique de côté, les points névralgiques du conflit résident actuellement dans l'attaque portée contre le décret sur la liberté religieuse et contre le prétendu esprit d'Assise. Sur ces points, Mgr Lefebvre trace une ligne rouge entre sa position et celle de l'Église catholique d'aujourd'hui. Il n'est nul besoin de réaffirmer explicitement que ses thèses en la matière sont inacceptables. Mais nous ne nous attarderons pas ici sur ses erreurs ; nous souhaitons plutôt nous demander où réside notre propre manque de clarté.

    Pour Mgr Lefebvre, il s'agit d'un combat contre le libéralisme idéologique, contre la relativisation de la vérité. À l'évidence, nous ne saurions partager son avis lorsqu'il affirme que le texte conciliaire sur la liberté religieuse ou la prière d'Assise, selon les intentions exprimées par le Souverain Pontife, constituent des relativisations [de la vérité]. Il n'en demeure pas moins vrai que, dans le climat spirituel de l'époque postconciliaire, la question de la vérité a souvent été éclipsée, voire étouffée ; et c'est peut-être là que nous touchons au problème crucial de la théologie et de la pastorale contemporaines.

    La « vérité » est soudain apparue comme une prétention excessive, un « triomphalisme » intolérable. Ce processus s'observe de manière particulièrement évidente dans la crise qui a frappé l'idéal et la pratique missionnaires. Si nous ne recherchons pas la vérité lorsque nous annonçons notre foi, et si cette vérité n'est plus essentielle au salut de l'humanité, alors les missions perdent leur raison d'être. De fait, on en est venu, et on en vient encore, à conclure qu'à l'avenir, le seul objectif devrait être que les chrétiens soient de bons chrétiens, les musulmans de bons musulmans, les hindous de bons hindous, et ainsi de suite. Mais comment savoir quand quelqu'un est un « bon » chrétien ou un « bon » musulman ? L'idée que toutes les religions sont, à proprement parler, de simples symboles de l'Incompréhensible en dernière analyse, gagne rapidement du terrain, y compris en théologie, et se trouve déjà profondément enracinée dans la pratique liturgique. Partout où se manifeste ce phénomène, la foi en tant que telle finit par être abandonnée, car elle consiste précisément à s'en remettre à la vérité dans la mesure même où celle-ci est reconnue. C'est pourquoi nous avons certainement toutes les raisons de revenir au bon sens dans ce domaine également. Si nous parvenons à montrer et à vivre à nouveau la totalité du catholicisme dans ces milieux, nous pourrons alors espérer que le schisme de Mgr Lefebvre ne s'éternise pas.

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    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Comment lisait-on la bible au Moyen Age ? (KTO)

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    Contrairement aux idées reçues, le Moyen Âge n’est pas la période obscurantiste que l’on a pu nous présenter. L’une des plus belles expressions de sa richesse était la lecture, la traduction et le commentaire de la Bible. Dans cette émission d’Au Risque De l’Histoire, Christophe Dickès s’appuie sur le travail d’étude des exégèses bibliques dans l’Occident chrétien, mené par Gilbert Dahan, Directeur de recherche au CNRS et à l’EPHE, assisté par l’expertise de Xavier Laurent Salvador, maître de conférences en langues et littératures médiévales. L’occasion de découvrir les multiples facettes que recouvre la lecture de la Bible au Moyen Âge et les travaux que cela a suscité, jusqu’à la préfiguration de l’humanisme de la Renaissance.

  • Histoire : la mort subite de l'Église d'Afrique du Nord

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    La mort subite de l'Église africaine

    20 juillet 2026

    L'effondrement total d'une civilisation est rare. En Occident, une continuité existe entre le passé romain et nos États contemporains, malgré les invasions de groupes « barbares ». Les Francs, ce peuple antique qui s'est installé en Gaule romaine, ont été façonnés par la culture romaine pour devenir le peuple que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Français. Mais qu'en est-il des cas où il n'y a aucune continuité, où une civilisation disparaît complètement et où il ne reste qu'une couche de cendres ? C'est ce qui est arrivé à l'Afrique du Nord romaine, une civilisation florissante, singulière mais pleinement intégrée au vaste monde romain. Le cœur battant de cette civilisation, l'Église africaine, n'a plus de descendant vivant.

    L'Église africaine comptait parmi les plus brillantes intellectuellement du christianisme primitif. On dit que Carthage abritait des chrétiens dans ses rues à l'époque apostolique. Et pour cause : Carthage était un centre névralgique de l'empire d'Occident, peut-être surpassée seulement par Rome en termes de cosmopolitisme. L'Église primitive y trouva un terreau fertile. Carthage nous a donné Tertullien et saint Cyprien, géants intellectuels qui ont contribué à définir l'orthodoxie de l'Église naissante.

    Contrairement à une grande partie de l'empire romain de langue latine, l'Afrique du Nord était marquée par un mélange d'influences culturelles contradictoires. La culture romaine dominante y était toujours présente, tout comme l'ancienne civilisation punique sur laquelle Rome s'était construite quelques siècles auparavant. Saint Augustin d'Hippone illustre parfaitement cette dualité culturelle, avec son père romain, Patricius, et sa mère punique, sainte Monique.

    Augustin fut la figure marquante de l'Église africaine, régnant comme évêque d'Hippone mais exerçant une influence bien au-delà de son diocèse. Par les synodes et les conciles d'Hippone et de Carthage, le canon occidental de la Bible fut adopté et ne fut plus remis en question pendant onze siècles. Les enseignements de l'Église sur le péché originel, la relation entre l'Église et l'État, le monachisme occidental et la morale furent développés par Augustin au sein de l'Église africaine, puis diffusés dans le reste du monde latin.

    À l'époque d'Augustin, l'Afrique du Nord était une civilisation profondément chrétienne. Elle comptait des centaines d'évêchés, de fréquents synodes et un sens aigu de la discipline ecclésiastique. Dans la petite ville de Thagaste, le monachisme occidental naquit sous la règle de saint Augustin. Augustin participa à des dizaines de conciles et entretint une correspondance abondante avec des évêques, des moines, des représentants impériaux et des papes. L'Église africaine était profondément catholique dans sa tradition et sa théologie sacramentelle, mais marquée par un paroissialisme farouche et une rigueur morale.

    La mort d'Augustin en 430, lors du siège d'Hippone par les Vandales, offre une analogie pertinente avec la situation de l'Église africaine au Ve siècle, cernée par ses ennemis et bientôt à la merci des aléas politiques de la région. Les Vandales soumirent la ville par la confiscation des biens de l'Église, l'expulsion du clergé catholique et l'imposition de l'hérésie arienne. Une fois l'Afrique du Nord occupée par les Vandales, les fidèles survivants de l'Église africaine se réfugièrent en Italie et en Gaule méridionale.

    Mais la tyrannie barbare fut de courte durée. Les Vandales, peuple germanique, comprenaient mal l'économie de l'Afrique du Nord et trouvaient la gestion d'un État-nation en territoire étranger bien trop complexe. L'Empire romain d'Orient reprit la région en 533, avec un nombre de victimes limité. Mais le mal était fait. L'Afrique du Nord était largement dépeuplée, et le déclin démographique et la désorganisation économique rendirent la région méconnaissable. Contrairement aux persécutions romaines antérieures, qui avaient souvent renforcé l'identité chrétienne, l'arianisme vandale rongea l'Église africaine de l'intérieur, en s'attaquant à ses dirigeants et à la vitalité de sa vie sacramentelle.

    De plus, les principales controverses théologiques de l'empire, notamment les disputes sur la christologie, se déroulaient principalement dans le monde grec, loin de l'Occident latin. Le christianisme africain devint marginalisé au sein du nouvel Empire romain, où le grec remplaça le latin comme langue officielle en 620. L'Église africaine, liée à la langue latine, ne put participer à la vie intellectuelle de la chrétienté.

    Le coup de grâce fut porté à la fin du VIIe siècle avec l'essor des armées arabes, qui déferlèrent des plaines d'Arabie vers l'Égypte et la Syrie. Les armées du califat conquirent l'Afrique romaine en 647, mais furent repoussées par les Romains, avant de revenir triomphalement en 698. Les Arabes s'emparèrent des institutions de Carthage et de ses environs, satisfaisant ainsi l'ancienne revendication de Caton l'Ancien : « Carthago delenda est ». Carthage, l'antique cité de Didon et d'Hannibal, fut détruite, ainsi que tous ses palais, archives et églises. Les armées arabes établirent leur quartier général dans la ville voisine de Tunis, utilisant les matériaux provenant des ruines de Carthage pour leurs constructions. Malgré sa destruction, Carthage conserva un siège titulaire au sein de l'Église catholique jusqu'en 1964, date à laquelle ce statut fut définitivement supprimé.

    Après l'invasion arabe, il ne subsiste aucune trace de l'Église d'Afrique du Nord. C'est comme si les lumières de toute une civilisation s'étaient éteintes subitement et définitivement. Aucune lettre ne nous est parvenue. On trouve quelques mentions d'un évêque africain exilé à la cour de Charlemagne ou à Rome. Mais le chroniqueur médiéval ne semblait pas juger nécessaire de s'attarder sur le sort de l'Église africaine. Sans réseaux épiscopaux solides, sans monastères ni institutions éducatives, l'Église dépérit. Les conversions à l'islam, souvent sous la pression économique et culturelle, réduisirent inexorablement le nombre de chrétiens. Avec le temps, la culture chrétienne latine disparut complètement, ne laissant que de faibles traces archéologiques.

    Dans certaines anciennes villes romaines d'Afrique du Nord, des stèles latines gravées de bénédictions pour les défunts subsistent, derniers vestiges matériels de l'Église africaine et de la civilisation romano-punique. Les lettres papales sont les derniers textes à éclairer l'état final de l'Afrique romaine à la fin de son règne. Quelques correspondances nous sont parvenues du Xᵉ siècle, et plus significativement du XIᵉ siècle, lorsque des lettres latines furent adressées aux deux derniers évêques connus de Carthage. Elles décrivent une Église en ruine, avec seulement cinq évêques africains après trois siècles d'occupation. Un siècle plus tard, le calife almohade Abd al-Mu'min ordonna aux juifs et aux chrétiens de la région de se convertir sous peine d'exécution. La suite de l'histoire de l'Église africaine demeure perdue.

    L'Église africaine de la fin du XIe siècle a donné naissance à une dernière figure marquante, un médecin que nous connaissons sous le nom de Constantin l'Africain. Réfugié carthaginois devenu moine bénédictin à l'abbaye du Mont-Cassin, en Italie centrale, Constantin aurait introduit en Occident le corpus des textes médicaux arabes et joué un rôle déterminant dans la renaissance de la médecine occidentale en Europe. Bien que son biographe, Pierre le Diacre, le décrive comme un Sarrasin, il est surtout connu pour sa parfaite maîtrise du latin, langue dans laquelle il traduisit l'ensemble de ses œuvres. Il est donc probable que Constantin ait été l'un des derniers représentants de l'Église africaine.

    En définitive, le déclin de l'Église africaine nous confronte à une vérité troublante : la fragilité de la culture et de son partenaire pédagogique, l'Église. Tertullien demandait déjà au IIIe siècle : « Quel rapport y a-t-il entre Athènes et Jérusalem ? » Autrement dit, quel est le lien entre la culture et l'Église ? L'Église africaine a contribué à définir le christianisme occidental et a doté le monde latin de son langage doctrinal, disciplinaire et spirituel. Pourtant, cette même Église africaine qui a si fermement façonné l'Occident chrétien démontre aussi combien la vitalité naturelle de l'Église est intimement liée à la culture, à la langue et aux institutions sociales.

    Le christianisme ne se réduit jamais à la culture, mais il n'existe pas non plus en vase clos. L'Église africaine a prospéré grâce à son ancrage dans un monde dynamique de villes, d'écoles, de réseaux civiques et d'une langue commune, permettant ainsi la diffusion et la transmission de ses enseignements. Lorsque ces structures se sont effondrées, lorsque l'alphabétisation en latin a décliné, la transmission épiscopale est devenue impossible à assurer. Et lorsque la vie chrétienne a été coupée de ses racines sacramentelles et éducatives, l'Église a rencontré le cheval blanc tant attendu de l'Apocalypse. La leçon à en tirer pour notre époque est claire : l'orthodoxie seule n'a pu préserver l'Église africaine. La sainteté héroïque des martyrs n'a pu la sauver. Sans continuité de la vie culturelle et communautaire, la vie de foi deviendra une relique du passé.

  • Le dernier espoir des chrétiens de Terre sainte

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    Du Dr sur The European Conservative :

    Le dernier espoir des chrétiens de Terre sainte

    Le berceau du christianisme risque de perdre ses communautés chrétiennes autochtones. Un récent voyage à Jérusalem et en Cisjordanie a révélé la gravité de leur situation et les solutions concrètes qui permettent encore de les aider.
    L’archevêque Mor Anthimos Jack Yakoub, vicaire patriarcal de l’Église syriaque de Jérusalem, ainsi qu’un certain nombre d’autres dirigeants chrétiens palestiniens, m’ont assuré qu’ils avaient besoin de notre amour et de nos prières, mais aussi d’un soutien concret si l’on ne veut pas que le christianisme meure de notre vivant sur la terre qui a vu naître notre religion commune.

    L'Église syriaque orthodoxe, qui compte aujourd'hui un peu plus de 2 000 fidèles entre Bethléem et Jérusalem, illustre à merveille la situation critique de l'ensemble de l'Église en Terre sainte. À moins d'un retour massif et rapide des pèlerins et des touristes, elle ne pourra pas survivre ; ses écoles et ses églises devront fermer leurs portes, faute de ressources financières suffisantes.

    Il en va de même à Bethléem (la Cité du Pain), où non seulement les orphelinats français et polonais, mais aussi l'ensemble de la communauté chrétienne dépendent littéralement de la boulangerie salésienne pour leur pain quotidien. L'église de la Nativité de Bethléem, administrée conjointement par l'Église orthodoxe grecque, l'Église apostolique arménienne et l'Église catholique romaine, est vide. Le foyer franciscain voisin est fermé, tout comme les boutiques de souvenirs alentour, tandis que la place de la Mangeoire est si déserte qu'elle semble tout droit sortie d'une ville fantôme.

    La ville entièrement chrétienne de Taybeh, située à un peu plus d'une heure de route au nord de Ramallah, est elle aussi au bord du gouffre. La famille Khoury a fermé son hôtel, sa brasserie est déficitaire et, comme pour le reste du village, les barrages routiers et les actes de vandalisme des colons les empêchent d'accéder à leurs récoltes. Face à cette situation, les chrétiens continuent de fuir via la Jordanie pour demander le statut de réfugié au Portugal. Et personnellement, je ne les blâme pas.

    Bien que les chrétiens soient affaiblis, ils ne sont pas encore vaincus. Le père Bashar Fawadleh, curé de la paroisse catholique de Taybeh, s'active non seulement pour collecter des fonds, mais sa paroisse est désormais le plus gros employeur de la ville, grâce aux différentes écoles, dispensaires et associations qu'elle gère. La famille orthodoxe Khoury est plus entreprenante, mais pour l'instant, elle ne peut que tenir bon et espérer, malgré ses réticences, que des jours meilleurs reviendront avant que la présence chrétienne à Taybeh – qui remonte à Jésus lui-même – ne disparaisse définitivement.

    On peut dire la même chose des Salésiens, qui maintiennent une présence massive à Bethléem , où ils continuent non seulement à fabriquer leur fameux pain, mais aussi à former des générations d'adolescents aux compétences techniques qui leur garantiraient un emploi si jamais l'économie se redressait. 

    Le verre des chrétiens est à moitié vide, mais aussi à moitié plein, notamment grâce à la Pologne. Wiesław Kuceł, le représentant polonais en chef à Ramallah, m'a confié que des milliers de pèlerins polonais attendent de pouvoir se rendre à Bethléem. Cependant, tant que l'UE et ses États membres maintiendront leurs avertissements aux voyageurs, les agences de voyages, piliers du tourisme et du pèlerinage, ne pourront pas obtenir l'assurance nécessaire auprès d'Allianz ni d'autres assureurs, qui doivent déjà faire face à de nombreuses critiques mal informées.

    Cela ne signifie pas pour autant que les Polonais ou l'Église catholique en général soient inactifs à Bethléem et dans ses environs. Les Sœurs polonaises de Sainte-Élisabeth de Hongrie dirigent l'orphelinat polonais de Bethléem, également connu sous le nom de Maison de la Paix. Tout comme pour l'orphelinat La Crèche , bien plus ancien et géré par l'ordre français des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, elles ne manquent pas d'enfants abandonnés à prendre en charge.

    Comme la plupart des organisations chrétiennes, elles dépendent principalement des dons. Les deux orphelinats ont de plus en plus besoin du pain que les Salésiens préparent chaque matin et leur offrent. Le point culminant de l'année a été la préparation de pizzas par Elias, du foyer de Bethléem, grâce à des dons venus d'Australie. Le père Jesudoss Arockiam, recteur et directeur de l'Institution salésienne de Bethléem, a longuement expliqué le travail concret que les Salésiens accomplissent dans toute la ville. Pour ma part, je me suis concentré sur la manière de collecter des fonds pour eux en ces temps difficiles, alors que beaucoup de ceux qu'ils aident n'ont pas un sou.

    J'ai trouvé une mine d'or pour eux en Australie, mais l'Australie seule est loin d'être suffisante. Lorsque les militants pro-palestiniens ont lancé leur récente flottille du Ṣumūd, ils ont dépensé plus de 10 millions de dollars sans obtenir le moindre résultat, si ce n'est quelques gros titres et une appropriation inappropriée du concept de Ṣumūd. Le terme « Ṣumūd » désigne la détermination palestinienne à s'accrocher à sa terre natale, quelles que soient les chances de succès.

    Les Palestiniens à qui j'ai parlé étaient unanimes : un gaspillage inadmissible. S'il y a bien des personnes qui font preuve d'un véritable Ṣumūd, ce sont celles qui s'accrochent à leur terre et celles qui y demeurent, ainsi que des personnalités comme le patriarche latin, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, l'archevêque Mor Anthimos Jack Yakoub et les Australiens de bonne volonté qui les soutiennent, non seulement à Gaza, Bethléem et Taybeh, mais dans toute la Terre sainte. Le Patriarcat latin de Jérusalem dispose également d'une page de dons .

    Bien sûr, de nombreux groupes chrétiens européens et australiens se joignent à eux. Pourtant, nulle part ailleurs l'appel de Jésus dans Matthieu 9, 35-38 – « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » – n'est plus pertinent que sur la terre même où il a vécu. Cette terre a aujourd'hui besoin non seulement de notre amour et de nos prières, mais aussi de toute l'aide concrète que nous pouvons lui apporter.

    Le Dr Declan Hayes est un professeur de finance irlandais à la retraite, qui s'est récemment rendu à Jérusalem et en Cisjordanie pour voir comment il pouvait au mieux aider leurs communautés chrétiennes en difficulté.
  • Les vacances papales ne suffiront pas à apaiser les tensions latentes

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    De Michael Haynes sur le Catholic Herald :

    Les vacances papales ne suffiront pas à apaiser les tensions latentes.

    Peu après la saison des ordinations dans les diocèses du monde entier, le calme relatif des vacances d'été se poursuit au Vatican, les vacances du pape Léon ne devant se terminer que le week-end prochain, et seule la requête de la Fraternité Saint-Pie-X menaçant d'interrompre son repos.

    Le retour de Léon XIV à la villa papale de Castel Gandolfo pour ses vacances d'été a été accueilli avec une grande joie. La décision du pape François de ne pas utiliser cette résidence d'été et de l'ouvrir aux touristes a privé cette ville perchée non seulement de son visiteur papal annuel, mais aussi des revenus touristiques essentiels liés aux vacances papales.

    Pour le pape américain, Castel Gandolfo est devenu un lieu de prédilection. Il s'y rend chaque semaine pendant un jour et séjourne ce mois-ci pendant un peu plus de trois semaines dans la villa. L'année dernière, il avait passé les vacances d'été à la Villa Barberini, mais cette année, il est installé dans la villa principale, la résidence d'été traditionnelle des papes.

    Les habitants d'Albano sont si heureux d'accueillir Léon XIV qu'ils ont organisé un concert en son honneur samedi soir. Organisé par le diocèse d'Albano en guise de cadeau au Pape, l'événement s'est tenu dans la cour du palais papal et proposera une sélection de musique classique. Selon l'évêque d'Albano, Vincenzo Viva : « La présence renouvelée du Saint-Père sur notre territoire diocésain a comblé de joie notre Église locale et ses fidèles. »

    La pause papale s'accompagne inévitablement d'un ralentissement de l'actualité papale et vaticane. Mais s'il y a bien un sujet susceptible de perturber cette torpeur estivale, c'est celui de la FSSPX.

    La Fraternité a annoncé le 13 juillet avoir déposé un « recours préliminaire » auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) contre le décret d'excommunication prononcé par le DDF le 2 juillet. Aucun détail précis n'a été donné sur le contenu du recours, ni sur l'identité de l'autorité qui l'a émis, mais s'il s'agit d'un recours contre le décret du DDF, il s'agirait de contester la sanction d'excommunication infligée aux six évêques de la Fraternité.

    La FSSPX a déclaré que le recours remplit les conditions requises pour être « l’étape préliminaire obligatoire avant l’éventuelle introduction d’un recours hiérarchique » et, à ce titre, « a pour effet de suspendre l’exécution du décret, conformément au canon 1353 du Code de droit canonique ».

    En émettant le recours préliminaire, la FSSPX admet ainsi la légitimité du Code de droit canonique de 1983 et entreprend également une démarche canonique que l'archevêque Marcel Lefebvre n'a pas entreprise après les consécrations de 1988.

    Il est peu probable que la DDF revienne sur sa décision concernant la Fraternité Saint-Pie-X, notamment au vu des déclarations publiques faites par cette dernière après les consécrations, dont celle affirmant que « l’Église a connu sa révolution d’octobre avec le concile Vatican II ». Étant donné que le « processus de réconciliation » proposé par la DDF implique que les membres quittant la Fraternité Saint-Pie-X signent un texte s’engageant à interpréter Vatican II positivement, la DDF répondra vraisemblablement que la Fraternité n’a manifesté aucun changement d’esprit.

    Plusieurs évêques diocésains ont réagi à la question soulevée par la FSSPX en mettant en garde leurs fidèles contre la participation aux messes de la Fraternité Saint-Pie-X et en les exhortant à assister uniquement aux messes traditionnelles approuvées. Or, cette réaction met en lumière un point essentiel du problème soulevé par la FSSPX : les restrictions imposées à la messe traditionnelle, qui ne semblent pas près d’être levées.

    Cette situation a relancé les appels d'évêques et de commentateurs demandant à Léon XIV de lever les restrictions punitives de Traditionis Custodes et de revenir à une disposition semblable à celle énoncée par le pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum . L'archevêque Salvatore Cordileone fut l'une de ces voix.

    « Prions pour qu’un effort ardent en faveur d’un dialogue sincère et honnête s’engage bientôt », a-t-il écrit , « et qu’un accès plus facile à la forme traditionnelle de la messe soit offert à notre peuple, afin qu’il ne se sente pas contraint de chercher sa nourriture spirituelle en dehors de la famille unie à Rome. »

    Il n'est pas seul. Les cardinaux Gerhard Müller, Raymond Burke et Robert Sarah, ainsi que l'archevêque Georg Gänswein, ont tous relancé leurs appels à la levée des restrictions sur la messe en latin lors de plusieurs entretiens. « Je dirais : laissons disparaître progressivement le traité Traditionis Custodes », a déclaré Robert Sarah à Diane Montagna. « Le pape Léon XIV n'a pas besoin d'écrire un texte l'abrogeant. Non, qu'il le laisse tel quel et dise simplement "continuez", et ce texte disparaîtra peu à peu. »

    Ce texte problématique, Traditionis Custodes, a fêté cette semaine son cinquième anniversaire et, résumant son impact sur l'Église, le Dr Joseph Shaw a déclaré dans le Herald que « la vie spirituelle et liturgique de plusieurs milliers de catholiques fidèles à la papauté a été gravement affectée, et celle de dizaines, voire de centaines de milliers, a été publiquement condamnée comme source de désunion au sein de l'Église ».

    C’est un « gâchis » que même ceux qui n’ont pas d’attachement particulier à la messe traditionnelle ont déploré. Le cardinal Gerhard Müller a déclaré à notre correspondant que Traditionis Custodes « était superflu et ouvrait de nouveaux fronts non pas sur des questions dogmatiques, mais uniquement sur la discipline liturgique ».

    En effet, si le Vatican souhaite réellement freiner l'influence de la FSSPX et prévenir ce qu'il perçoit comme une montée du schisme, alors élargir l'accès à la messe traditionnelle est une mesure que beaucoup considèrent comme absolument nécessaire. « Si l'on interdit aux catholiques d'assister aux messes de la FSSPX et aux autres sacrements, la charité pastorale exige qu'on leur offre des lieux légitimes de culte », a déclaré le canoniste, le père Gerald Murray. « Avant Traditionis Custodes , nous disposions de nombreux lieux légitimes de culte . »

    C’est le deuxième été de Léon en tant que pape, et si l’on s’attendait l’an dernier à ce que la pause estivale lui permette de préparer des changements au Vatican pour l’automne, cette attente est encore plus forte aujourd’hui.

    Le Vatican se trouve dans une situation quasi intenable : en interdisant aux catholiques d’assister aux messes de la FSSPX tout en réprimant fermement la messe traditionnelle, il risque de voir un grand nombre de fidèles ignorer de plus en plus Rome, non seulement sur ce point, mais sur tous les points à venir. Traditionis Custodes est désormais au cœur d’un débat sur l’unité interne de l’Église, et il s’agit d’une question qu’il est impératif d’aborder sans délai.

    Michael Haynes est un journaliste anglais accrédité auprès du Saint-Siège. Il est correspondant au Vatican pour le Catholic Herald , et vous pouvez le suivre sur Per Mariam et sur Twitter (@MLJHaynes ).

  • Ecce Deus adiuvat me (Introit du 16ème dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus

    Ps 53
    6 Voici que Dieu vient à mon aide,
    le Seigneur est mon appui entre tous.
    7 Que le mal retombe sur ceux qui me guettent ;
    par ta vérité, Seigneur, détruis-les,
    Seigneur, mon protecteur.

    3 Par ton nom, Dieu, sauve-moi,
    par ta puissance rends-moi justice.

  • 7-8 octobre 2026 : Conférence internationale "De Maria numquam satis"; la Vierge Marie dans le dogme et le culte

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    De Maria numquam satis

    La Vierge Marie dans le dogme et le culte

    contributions théologiques et historiques

    Conférence internationale

    7-8 OCTOBRE 2026

    Institut patristique augustinien

    (Via Paolo VI, 25 – 00193 Rome RM)

     

    La conférence s'ouvrira officiellement par des vêpres solennelles en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire le 6 octobre à 18h45 dans la basilique Notre-Dame du Rosaire (Via Cernaia), présidées par Son Excellence Anthony Colin Fisher, archevêque de Sydney.

    La célèbre maxime De Maria numquam satis – « De Marie, on ne peut jamais en dire assez » – traditionnellement attribuée à saint Bernard de Clairvaux, résume parfaitement une conviction profonde de la tradition chrétienne : la réflexion sur la Vierge Marie est inépuisable, car la mission unique de Marie dans le mystère du Christ et de l’Église ouvre sans cesse de nouveaux horizons pour comprendre la foi.

    La conférence internationale De Maria numquam satis vise à apporter une modeste contribution à cette réflexion qui, précisément parce qu'elle n'est jamais achevée, est toujours nécessaire et féconde. D'une part, l'attention portée aux grands thèmes dogmatiques mariaux nous aide à comprendre le fondement doctrinal de la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Verbe incarné ; d'autre part, l'étude des formes historiques de la dévotion mariale éclaire la manière dont la foi de l'Église s'est exprimée, et peut s'exprimer, à travers l'histoire, sans jamais épuiser la richesse du mystère marial.