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Patrimoine religieux

  • Da Pacem : Introït du XVIIIe dimanche après la Pentecôte

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    On célèbre le   dont l’introït est une antienne du VIe ou VIIe siècles fondée sur des versets bibliques :  

    Da pacem, Dómine, sustinéntibus te,
    ut prophétæ tui fidéles inveniántur:
    exáudi preces servi tui,
    et plebis tuæ Israël.
    Lætátus sum dans son quæ dicta sunt mihi :
    in domum Dómini íbimus.
    Da pacem, Dómine, sustinéntibus te,
    ut prophétæ tui fidéles inveniántur:
    exáudi preces servi tui,
    et plebis tuæ Israël.
     
    Donne la paix, Seigneur, à ceux qui ont espéré en toi,
    afin que vos prophètes soient trouvés fidèles.
    Écoute les prières de ton serviteur,
    et de ton peuple Israël.
    Je me suis réjoui des choses qui m'ont été dites :
    Nous entrerons dans la maison du Seigneur.
    Donne la paix, Seigneur, à ceux qui ont espéré en toi,
    afin que vos prophètes soient trouvés fidèles.
    Écoute les prières de ton serviteur,
    et de ton peuple Israël.

    Arvo Pärt (né à Paide en Estonie en 1935) propose aussi une belle composition sur ce thème de l’Ecriture que le chœur universitaire de Liège vient d’inscrire à son répertoire. A écouter ici :

  • Saint Jean Chrysostome, Père et Docteur de l'Eglise (13 septembre)

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    saintjeanchrysostome-e1302593197526.jpgJean Chrysostome est une des plus grandes figures de l'Eglise des premiers siècles. Les chrétiens d'Orient célèbrent la "Divine liturgie de Jean Chrysostome". Il est l'auteur d'une oeuvre considérable qui fait partie du patrimoine commun des chrétiens catholiques et orthodoxes. "Saint Jean Chrysostome, né à Antioche, est un contemporain de Saint Augustin, mais il est un Père éminent de l’Église grecque d’Orient et non pas de l’Église latine. Ce pasteur d’âme, apôtre du service des autres, est aujourd’hui unanimement salué comme docteur de l’Église ; on notera parmi ses œuvres très nombreuses, ses prédications et ses commentaires de livres bibliques. Grand orateur (d’où son nom qui signifie en grec « bouche d’or »), Chrysostome, qui mena une vie d’austérité et d’ascèse, devint patriarche et évêque de Constantinople. Il s’attaqua aux mœurs des prêtres et de la cour ; exilé une première fois par le pouvoir (impératrice Eudoxie), puis rappelé par la vox populi, chassé à nouveau, il mourra finalement en exil." (http://www.evangile-et-liberte.net/article_370_6-Jean-Chrysostome)

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  • Brève histoire de la messe dans le rite romain (Uwe Michael Lang) — partie XIV : le bas Moyen-Age: décadence et déclin ?

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    Du site "Esprit de la liturgie" :

    Une brève histoire de la messe dans le rite romain (Uwe Michael Lang) — partie XIV : le bas Moyen-Age: décadence et déclin ?

    Suite de la série d’articles du père Uwe Michael Lang, C.O., tiré cette fois-ci de la traduction de l’abbé Jean-Pierre Herman aux éditions Desclée de Brouwer, avec son aimable autorisation.


    Les manuels d’histoire de la liturgie ont souvent tendance à considérer la fin du Moyen Âge comme un temps de déclin. La messe, dit-on, s’était transformée en un exercice presque exclusivement clérical d’un système rituel envahissant dans une langue incompréhensible. En conséquence, la participation des laïcs a largement disparu, y compris la réception de la sainte communion. Les fidèles préféraient leurs dévotions privées1. Cette lecture s’inscrit dans le contexte général d’une Église en crise qui a presque inévitablement conduit à la Réforme protestante du XVIᵉ siècle. Au cours des dernières décennies, cependant, les historiens ont offert de nouvelles perspectives sur le christianisme de la fin du Moyen Âge et ont souligné que déclin et vitalité existaient côte à côte. Dans le domaine de la recherche liturgique, l’accent traditionnel mis sur les textes est aujourd’hui enrichi par des études pluridisciplinaires du culte dans le Moyen Âge tardif dans une perspective musicale, artistique, littéraire, sociale et religieuse plus générale.

    La participation du peuple

    L’usage du latin comme langue sacrée a certainement éloigné la liturgie de la grande majorité des fidèles laïcs, mais il n’a pas dressé une barrière infranchissable à la participation populaire, comme on le suppose souvent. Dans les pays de langue romane, où la langue vernaculaire s’est développée à partir du latin, il existait au moins une compréhension de base du sens des textes liturgiques2. En outre, la prière des fidèles en langue vernaculaire lors de la principale messe dominicale dans l’église paroissiale offrait aux laïcs une forme d’implication correspondant à leurs besoins spirituels et temporels. Le plus ancien exemple connu de ces bidding prayers en Angleterre précède la conquête normande et a été daté du début du XIᵉ siècle. Dans d’autres pays également, la prière des fidèles se faisait en langue locale, catalan, basque, breton, ainsi que dans les dialectes occitans et allemands3. Ce rite vernaculaire était inséré à un moment donné pendant l’offertoire, généralement après l’encensement des oblats et de l’autel et avant le lavement des mains du prêtre (lavabo).

    La participation liturgique ne peut être réduite à la compréhension des textes, et Frank Senn a proposé une conception plus large qui inclut « d’autres “vernaculaires” que la langue, dont les bâtiments d’église eux-mêmes et l’art liturgique qui les décorait ne sont pas les moindres4 ». Dans une perspective similaire, Éric Palazzo a exploré les dimensions sensorielles de la liturgie : la stimulation de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du toucher et du goût, qui faisaient de la participation à la messe une expérience synesthésique5. Ainsi les fidèles étaient en mesure de participer à la messe de diverses manières qui ne sont pas faciles à saisir pour nous, précisément parce qu’elles n’étaient pas écrites. Paul S. Barnwell parle de « la nature méditative et affective d’une grande partie de la dévotion laïque de l’époque6 ». Les dimensions sensorielles de la liturgie du haut Moyen Âge offraient des stimuli importants pour une telle méditation.

    Les fidèles qui assistaient à la messe chaque semaine (et beaucoup d’entre eux quotidiennement) étaient familiers avec les chants habituels de l’ordinaire de la messe. Il est intéressant de noter que les laïcs trouvaient la messe paroissiale célébrée au maître-autel moins accessible, car ils se trouvaient à une distance physique considérable du prêtre et leur vue était limitée non seulement par le jubé, mais aussi par les servants et les chanteurs dans le chœur. Les messes « privées » à l’autel latéral offraient aux fidèles un moyen plus direct de s’engager dans l’action liturgique, à la fois visuellement et auditivement, ce qui a contribué à leur popularité. Les représentations de la messe gravées sur bois dans la littérature morale et dévotionnelle de l’époque montrent des hommes et des femmes laïcs à proximité du prêtre à l’autel latéral d’une église7.

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  • Comment la doctrine catholique peut être efficacement affaiblie sans qu’une seule vérité soit ouvertement niée

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    Le point de départ

    J'aborde avec rigueur une question qui touche de près à la transmission de la foi. Je ne rédige pas un pamphlet et ne porte aucune accusation contre des individus : je reconstitue patiemment une figure récurrente, que je nomme une loi sans règles , et que j'entends présenter, textes et dates à l'appui, afin de démontrer comment la doctrine catholique peut être efficacement affaiblie sans qu'une seule vérité soit ouvertement niée.

    Dans ce premier volet, j'expose les fondements de mon argumentation et la clé de sa compréhension : la perspective initiale, la définition de la foi sur laquelle repose l'ensemble, l'image de la loi préservée et de la réglementation tacite, et sa réapparition identique à cinq niveaux doctrinaux différents. Dans le deuxième volet, j'approfondirai la racine sotériologique et la crise actuelle ; dans le troisième, je montrerai où tout cela nous mène et pourquoi, sur le plan humain, la voie de sortie se révèle être une impasse, la seule clé qui nous échappe.

    Le regard du père

    Il me semble opportun de préciser d'emblée par où je commence, car le point d'observation est aussi important que les choses observées. Je ne suis ni canoniste ni historien : je suis un père, investi du devoir d'État de transmettre la foi catholique à mes trois filles. [1] C'est un titre qui, dans les débats savants, pèse moins qu'une chaire, mais qui, dans l'Église, prime, non par modestie, mais par nécessité. La loi et la doctrine, avec tout leur édifice de distinctions, existent en définitive pour rendre possible une chose très simple : qu'un père puisse transmettre à ses enfants la foi qu'il a lui-même reçue, intégralement, par le chemin commun, sans avoir à devenir ni théologien ni héros. Lorsque cette possibilité est compromise, ce n'est pas un détail marginal qui est ruiné : c'est le but même pour lequel tout l'appareil a été construit qui est touché.

    L'avantage de cette perspective réside dans son humilité. Ceux qui observent du haut de leur expertise possèdent les outils pour réparer eux-mêmes chaque déchirure et, de ce fait, sans s'en rendre compte, ne la perçoivent plus comme une déchirure. Ceux qui observent d'en bas, n'ayant pour seul outil que la transmission, perçoivent la déchirure dans son intégralité, car ils n'ont rien pour la réparer. C'est la même raison pour laquelle une fissure dans un mur est d'abord remarquée par le locataire qui y habite, et non par l'architecte de passage.

    Le chemin par lequel un enfant apprend la foi porte un nom précis et se compose de trois éléments ordinaires : un catéchisme clair, qui dit la vérité sans ambiguïté ; une messe qui exprime la foi, de sorte que par la prière on apprend à croire ; un enseignement qui distingue clairement le vrai du faux, le licite de l’illicite. L’enfant est formé sur ce fondement commun, car il n’a rien d’autre. Il n’a ni bibliothèques à consulter, ni le souvenir d’une époque plus faste auquel se référer : il reçoit ce que le présent lui offre, et rien de plus. Telle est la condition normale de l’enfance, et l’Église l’a toujours su ; c’est pourquoi, à travers les siècles, elle a soigneusement élaboré les instruments mêmes destinés aux simples et aux enfants, mettant entre les mains de chacun des formules sûres, brèves et éprouvées. [2] Cette clarté n’était pas une pauvreté de pensée, mais une charité envers les faibles.

    Nous abordons ici la différence fondamentale. [3] Un adulte averti, confronté à un texte ambigu, sait comment s'y prendre : il perçoit ce qui est sous-entendu, reconstruit lui-même la frontière manquante et poursuit sa lecture sans encombre. L'enfant, lui, n'a rien de tout cela : il reçoit ce qui lui est donné, et si ce qui lui est donné est ambigu, il accepte l'ambiguïté sans même s'en rendre compte. Cela crée une épreuve qui vaut bien plus que n'importe quelle dispute entre adultes. Les érudits peuvent débattre indéfiniment de la validité d'une formule tant qu'elle est lue avec la prudence requise ; mais l'enfant n'a pas cette prudence et recevra la formule telle quelle. La question pertinente n'est donc pas de savoir ce qu'un texte permet à quelqu'un qui sait déjà de penser, mais ce qu'il transmet réellement à celui qui ne sait encore rien. Nul besoin d'erreur explicite pour que le mal survienne : il suffit qu'une vérité soit sous-entendue ou voilée. Pour l'apprenant, le silence n'est pas une nuance manquante : c'est une part de vérité qui n'est pas encore révélée.

    « Mais beaucoup gardent la foi »

    C’est là que se pose l’objection la plus sérieuse, et il faut y répondre avec la plus grande fermeté. Malgré tout, d’innombrables prêtres et fidèles laïcs, plongés dans les mêmes conditions, conservent aujourd’hui la foi tout entière, demeurant pleinement unis à l’Église. Si les ressources ordinaires étaient véritablement épuisées, comment expliquer la survie si répandue de la foi ?

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  • Qu’est-ce que la tradition intellectuelle catholique ?

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    Du Dr. R. Jared Staudt sur le CWR :

    Qu’est-ce que la tradition intellectuelle catholique ?

    Voici quatre aspects de la tradition intellectuelle catholique qui reflètent la manière dont elle s’est développée au fil de l’histoire.

    10 septembre 2026

    « Pourriez-vous m’expliquer ce que signifie la tradition intellectuelle catholique ? »

    Cette question simple, posée par un surintendant, reflète le renouveau qui se produit actuellement à travers le pays. Nous avons enfin compris que l’éducation catholique ne peut pas se contenter de suivre les tendances du moment. Même si nous pouvons tirer profit des méthodes contemporaines, nous nous inscrivons dans une tradition inégalée qui remonte à plusieurs milliers d’années. La sagesse transmise de génération en génération est plus pertinente que jamais face aux nouveaux défis qui se présentent à nous.

    Comment saurons-nous quoi faire des nouvelles technologies si nous ne comprenons pas ce que signifie être un être humain et en quoi consiste l’épanouissement humain ? Sans un ancrage intellectuel solide, nous serons simplement emportés par le courant.

    Pour répondre à cette question qui m’a été posée, il faut d’abord réaffirmer que le mot « intellectuel » n’est pas un mot négatif (comme s’il pouvait être relégué au rang de quelque chose d’académique et d’obscur). L’intellect est ce qui nous rend humains : il nous donne la capacité de comprendre la nature des choses et de raisonner au-delà des sensations immédiates. Comme toute autre dimension de notre être, l’intellect a besoin d’être cultivé. Nous pouvons élargir notre esprit en nous confrontant aux idées nobles et difficiles que renferment les grandes œuvres de la culture humaine, ou bien rester dans les formules faciles, simplistes et superficielles qui laissent notre esprit informe.

    Il est trop facile de rejeter les textes anciens et difficiles comme hors de propos dans un monde utilitariste, mais ce serait manquer le cœur même de l’éducation : la formation de la personne.

    Voici quatre aspects de la tradition intellectuelle catholique qui reflètent la manière dont elle s’est développée au fil de l’histoire.

    Premièrement, elle est fondée sur la foi, reçue de la révélation de Dieu ; deuxièmement, elle s’appuie sur la raison en intégrant la tradition philosophique des Grecs ; troisièmement, elle s’étend à l’imagination, exprimant la foi et explorant la vie à travers la littérature et les arts ; quatrièmement, elle embrasse la totalité du réel, formant une vision du monde qui s’appuie également sur les mathématiques et les sciences pour constituer une conception cohérente de la vie humaine.

    La Bible se trouve au fondement de la vie intellectuelle catholique. Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance et nous attire en communion avec lui en nous parlant. Sa révélation doit être reçue et comprise : elle nous enseigne la vérité ultime sur la vie humaine. C’est pourquoi la Bible a toujours stimulé l’alphabétisation, nécessaire pour accueillir le message de Dieu et en explorer les profondeurs. Elle offre un récit qui nous situe dans l’histoire du salut et nous enseigne une manière de vivre ancrée dans la sagesse divine.

    Rien n’a plus de pouvoir pour former l’esprit que la Parole de Dieu, car elle nous introduit dans une relation vivante avec Dieu, qui conforme notre esprit au sien. Les élèves des écoles catholiques doivent posséder une culture biblique : savoir y accéder, connaître l’ossature générale de son récit, et comprendre les manières distinctes dont elle communique à travers ses différents genres.

    La Parole de Dieu n’est pas seulement écrite. Elle s’est faite chair dans un contexte culturel précis, marqué par la Pax Romana et la pensée philosophique grecque. L’harmonie de la foi et de la raison constitue un pilier inébranlable de la tradition intellectuelle catholique. Même dans la compréhension de la révélation divine, la philosophie grecque a fourni une méthodologie inestimable. Les Grecs ont appris aux premiers chrétiens à penser logiquement, à contempler l’intelligibilité de l’univers et à comprendre comment les vertus conduisent à l’épanouissement humain, d’une manière qui complétait la Bible. Aujourd’hui, nous avons un besoin urgent de cet élément de la tradition intellectuelle pour nous aider à contempler à nouveau plus profondément la vérité du réel, en portant attention à la nature de la personne humaine et à ce que signifie mener une vie bonne.

    Les éducateurs savent que la simple lecture de la Bible et la contemplation de la vérité ne marquent souvent pas durablement les élèves. C’est pourquoi l’engagement de l’imagination est également une composante essentielle de la tradition intellectuelle : elle utilise la beauté pour attirer l’esprit vers le vrai et le bien. L’imagination synthétise les diverses connaissances acquises avec l’expérience humaine pour former de nouvelles idées et rechercher le sens.

    La littérature et les récits ont souvent un impact plus fort sur les élèves : ils touchent leur cœur et éveillent en eux le désir d’apprendre. Les arts contribuent à former une imagination sacramentelle qui perçoit un sens plus profond derrière toutes les réalités du monde. L’Église a façonné la plus grande tradition artistique de l’histoire humaine, et nos élèves doivent absolument être formés par ce trésor comme partie essentielle de leur formation.

    À l’opposé de cette synthèse imaginative, le sécularisme cherche à tenir la foi à l’écart de la science, du droit et de l’économie, la réduisant à une opinion subjective. La dernière étape de la formation dans la tradition intellectuelle catholique consiste donc à forger une vision du monde entière en reliant la foi et la raison à l’ensemble du savoir et de la vie humaine. L’Église affirme avec hardiesse que la foi et la raison, y compris la science, ne peuvent se contredire. L’intellect formé par l’Écriture, la raison et les arts peut s’étendre hardiment à tout aspect de la vie humaine, en y apportant la sagesse de la grande tradition. Newman affirmait le « principe selon lequel tout savoir forme un tout et que les sciences particulières en sont les parties », et cette unité doit être retrouvée comme élément d’une formation intellectuelle cohérente.

    La tradition intellectuelle catholique existe comme une grande conversation qui se poursuit sans interruption depuis deux mille ans. Notre rôle est de la faire vivre, d’y entrer nous-mêmes et d’y introduire nos enfants. C’est une conversation qui continue de se déployer à travers le monde et qui ne cesse d’engager de nouvelles idées et de nouveaux défis. Nous pouvons tous être enrichis en entrant dans ce que Matthew Arnold appelait « le meilleur de ce qui a été pensé et dit », afin de connaître plus profondément la vérité, cette vérité qui nous rendra libres (Jean 8, 32).

     

    R. Jared Staudt, docteur en philosophie, est directeur de contenu pour Exodus 90 et enseignant à la section laïque du séminaire Saint-Jean-Vianney. Il est l'auteur de * Words Made Flesh: The Sacramental Mission of Catholic Education* (CUA Press, 2024), * How the Eucharist Can Save Civilization * (TAN), * Restoring Humanity: Essays on the Evangelization of Culture* (Divine Providence Press) et *The Beer Option* (Angelico Press), et directeur de publication de *Renewing Catholic Schools: How to Regain a Catholic Vision in a Secular Age* (Catholic Education Press). Marié à Anne, il est père de six enfants et oblat bénédictin.

  • Un moine de Solesmes dénonce l'ostracisme anti-latin et anti-grégorien

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    Qui n'en a déjà fait l'expérience : dès qu'il s'agit d'introduire un peu de latin ou de grégorien dans les célébrations liturgiques, on se heurte à l'opposition des responsables de l'animation liturgique de nos paroisses qui considèrent que de telles introductions constitueraient un retour en arrière totalement insupportable.

    L'opinion du Frère Patrice Mahieu, moine bénédictin de Solesmes, publié dans La Croix :

    « L’ostracisme anti-latin et anti-grégorien persiste en France malgré les textes clairs de Vatican II »

     

    À l’heure où le pape Léon XIV œuvre pour la communion ecclésiale, frère Patrice Mahieu, bénédictin de Solesmes, pointe un paradoxe : le latin et le grégorien, pourtant défendus par Vatican II, restent marginalisés dans de nombreux diocèses français. Il appelle à une pacification liturgique.

     

    Les réflexions et contributions visant à retrouver une unité liturgique suivent leur cours, avec bonheur. Il s’agit souvent d’analyses et de propositions approfondies, fondées sur une bonne connaissance de la science liturgique. Ces lignes seront plus modestes et s’en tiendront à une simple réflexion pastorale.

    Avant même de prendre en considération le rite utilisé pour la célébration de la messe, nombre de fidèles souhaitent trouver un climat de prière et d’adoration, une célébration qui aide à nourrir le sens du sacré qui permet une vie spirituelle profonde. Pour certains, les marqueurs principaux sont le latin et le chant grégorien ; il se peut même qu’ils ne distinguent pas bien les deux rites.

    Une attente de latin et chant grégorien

    Je me souviens d’un dimanche de juin, où je venais de concélébrer, avec un père abbé, la messe conventuelle dans un monastère de la congrégation de Solesmes. C’était le missel de Paul VI, intégralement en latin et chant grégorien, avec les seules lectures, l’homélie (!) et la prière universelle en langue vernaculaire. Nous avions pris le canon romain.

    Une fidèle me rejoignit à la sortie de la messe et, en me saluant chaleureusement, s’exclama : « Merci, mon père, pour cette très belle messe tridentine ! » Je lui répondis en lui disant ma joie qu’elle ait pu prier de façon à élever son cœur vers Dieu et lui demandai ensuite : « Qu’est-ce qui vous fait dire que c’était une messe tridentine ? » La réponse fut la suivante : « Vous avez pris le canon avec tous les saints… »

    Voilà ce qu’attendent des fidèles qui se tournent vers le missel tridentin. Certains fidèles n’en demandent pas plus. Leur attente est légitime. Si elle n’est pas accueillie, peut-être seront-ils tentés de trouver ce climat liturgique à n’importe quel prix, y compris dans une participation à la liturgie eucharistique même si le célébrant n’est pas en communion avec l’évêque de Rome.

    Un attachement légitime

    J’appartiens à une génération qui a vécu à la fin des années 1960 et durant les années 1970 un rejet du latin et du chant grégorien, alors même que les principes énoncés dans Sacrosanctum Concilium sont clairs : « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins » (SC 36,1) et « toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place ». (SC 36,2)

    Un peu plus loin, on lit : « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place » (SC 116).

    Ce n’est pas le lieu ici de revenir sur la façon dont la réforme liturgique a été mise en place, sur le rôle des commissions conciliaires et post-conciliaires, sur les interventions des autorités ecclésiastiques. Il y aurait certainement beaucoup d’enseignements à en tirer.

    Reste que certains fidèles ont toujours été attachés à la langue latine et au chant grégorien. Cet attachement est légitime, car sanctionné par des documents ayant le plus haut degré d’autorité. Une insatisfaction de ces fidèles, encore maintenant, devrait être prise en compte.

    Un certain ostracisme « anti-latin »

    Nous pourrions nous demander si en France, en juin 2026, chaque diocèse compte suffisamment de messes célébrées intégralement en latin, suivant l’ordo en vigueur, accompagné par le chant propre de l’Église romaine, le chant grégorien.

    D’autre part, les séminaristes qui le souhaitent peuvent-ils facilement être formés à la célébration de la messe conciliaire en latin ? N’y a-t-il pas encore des blocages qui rendent impossible, de façon habituelle, une célébration de la messe en latin telle qu’elle est prévue par le concile ?

    Il n’est évidemment pas question de revenir au tout latin, et l’on voit l’effet pastoral bienfaisant, et la légitimité, qu’a l’utilisation des langues vernaculaires, mais ne rencontre-t-on pas toujours un certain ostracisme « anti-latin » ? De telles attitudes, ou un manque d’initiatives dans le sens de l’accueil des textes du concile, favorisent-ils la communion à laquelle le Saint-Père Léon XIV est si attaché et qu’il cherche à affermir et à entretenir ?

    Pour une pacification liturgique

    Les interventions les plus importantes de l’abbé de Solesmes de l’époque, dom Jean Prou, au concile, concernèrent la restauration de la concélébration qu’il appelait de ses vœux, la défense de la langue latine et du chant grégorien. Le texte conciliaire sur la liturgie montre que la pensée de dom Prou fut largement partagée par les Pères.

    De même, saint Paul VI, durant son pontificat n’a cessé de donner des indications pour que le latin ne soit pas évacué de la liturgie, et que les fidèles de tout pays puissent continuer à chanter en latin certaines parties de l’ordinaire de la messe (gloria, credo, pater…).

    Le climat actuel n’indiquerait-il pas qu’il y aurait une fécondité à ce que ces points du concile soient de nouveau présentés et reçus ? Ne serait-ce pas une contribution importante à la pacification des cœurs, à une pacification liturgique ?

  • Le Linceul de Turin a été pendant des siècles le seul cliché en négatif au monde

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    D'Olivier Bonnassies sur 1000 raisons de croire :

    Le Linceul de Turin a été pendant des siècles la seule image en négatif au monde

    Le concept de « négatif photographique » n’a été inventé qu’au XIXe siècle, quand Nicéphore Niepce a pris la toute première photo. Sur le sel d’argent qu’il avait mis en face de la lentille recevant l’image de sa maison, s’est en effet imprimée une image tout à fait inattendue : les noirs étaient blancs, les gris clairs étaient gris foncé et inversement. On n’avait jamais vu ça, personne n’y avait jamais pensé, et il a fallu trente ans pour trouver un procédé permettant de retrouver une image en positif à partir de ce négatif. Ainsi, avant le XIXe siècle, on ne connaît, dans l’histoire du monde, aucune image d’aucune sorte qui soit en négatif, sauf une seule : celle qui est imprimée sur le Linceul de Turin. Comment expliquer cela ? D’où cette image peut-elle alors venir ? En réalité, seules la Passion et la Résurrection du Christ peuvent expliquer cette image qui est donc une preuve supplémentaire de la vérité de la foi chrétienne.


    Les raisons d'y croire

    • L’image en négatif ne peut avoir une cause humaine, puisque ne pouvant être conçue, elle était inconcevable.
    • Elle ne semble pas non plus avoir une cause naturelle commune, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, on retrouverait alors dans l’Histoire d’autres images proches ou comparables... Or, il n’y en a strictement aucune. Absolument rien.
    • N’étant ainsi a priori ni humaine, ni naturelle, la cause de production de l’image du Linceul est donc très logiquement surnaturelle. Et l’argument décisif est que cette représentation, absolument unique et singulière, implique impérativement une cause également unique et singulière.
    • On constate, en plus, que l’image est aussi la seule à décrire admirablement un grand nombre de détails de la Passion du Christ, dont beaucoup étaient inconnus ou inconcevables au Moyen Âge. Tout est donc cohérent avec l’explication de l’authenticité du Linceul.
    • En conclusion, l’événement de la Passion et de la Résurrection du Christ apparaît comme le seul événement absolument singulier qui explique de façon rationnelle, cohérente et logique la production de cette image unique.

    En savoir plus

    L’Association Marie de Nazareth a publié à ce sujet une petite étude, une vidéo YouTube et une présentation  montrant que tous les autres éléments du dossier (500 000 heures d’analyses scientifiques de haut niveau, les analyses historiques, le test au carbone 14, les témoignages, les raisonnements) collent parfaitement avec cette conclusion, et qu’aucune autre n’est possible. Cette singularité absolue du Linceul supposant une cause, elle aussi, absolument singulière permet vraiment de conclure avec certitude, au-delà de tout doute raisonnable.

    Avant le Linceul, bien des éléments attestaient déjà de la Résurrection du Christ  :

    • Le témoignage des apôtres qui n’ont jamais renié, jusqu’au martyre.
    • Le témoignage des cinq cents autres témoins, et de tous les disciples qui les ont suivis sans hésiter.
    • Toute la période de la naissance de l’Église jusqu’à la conversion de l’Empire romain, qui ne peut s’expliquer autrement que par la foi en la Résurrection du Christ.
    • Et les innombrables apparitions et interventions du Christ, de sa Mère et des saints, à chaque époque de l’Histoire, par lesquelles sans cesse Jésus se révèle toujours vivant, etc.

    Il n’y a cependant qu’une seule preuve matérielle et il ne pouvait y en avoir qu’une seule. Pourquoi ?

    • Parce qu’au moment décisif, et singulier entre tous, où le corps physique, terrestre, du Christ est transformé en corps glorieux, il n’y avait qu’un seul objet matériel à proximité immédiate du Christ : le Linceul qui l’entourait. Il ne pouvait donc y avoir d’autre élément matériel que celui-ci...

    En conclusion, ce Linceul est bien un signe matériel incontestable de la vérité de la Passion et de la Résurrection du Christ, qui est offert providentiellement à notre époque déboussolée. N’oublions pas ce cadeau de Dieu : parlons-en autour de nous et faisons-le connaître ! À lui seul, ce linge devrait changer le monde !

    Olivier Bonnassies


    Au delà

    Le Linceul de Turin est un miroir des souffrances et de la Passion du Christ : son étude est bouleversante, et beaucoup de ceux qui ont pris le temps de rechercher la vérité sur ce linge en ont été très touchés.


    Aller plus loin

    Jean-Christian Petitfils, Le Saint Suaire de Turin – l’enquête définitive, Tallandier, 2022. Celui-ci conclut de même, sans équivoque.


    En complément

    ... et aussi de nombreuses contributions sur ce site

  • Le critère d’embarras renforce la crédibilité historique des Évangiles

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    De Matthieu Lavagna sur 1000 raisons de croire :

    Le critère d’embarras prouve que les Évangiles ne peuvent pas être un mensonge

    Nous avons établi dans les articles précédents que les Évangiles sont précis et exacts quant aux informations objectives rapportées au sujet de la Palestine du Ier siècle. Face aux données historiques, topographiques,   archéologiques et onomastiques , on peut conclure que les évangélistes étaient suffisamment informés pour produire un récit historiquement fiable. En revanche, pouvons-nous être sûrs qu’ils n’ont pas menti délibérément pour que leur propagande religieuse se développe, tout en truffant leur récit de détails historico-géographiques exacts ? Le critère d’embarras, cher aux historiens, suffit à réduire cette thèse à néant. Lorsque l’on invente une histoire, on évite en général de s’auto-ridiculiser en relatant des détails gênants pour soi-même. Or, les évangélistes font exactement le contraire : ils racontent un bon nombre d’événements embarrassants qu’ils n’auraient sûrement pas mentionnés s’ils mentaient.


    Les raisons d'y croire

    Parmi les exemples qui remplissent le critère d’embarras, on peut citer :

    • La mort du Christ sur la croix, qui n’aurait pas pu être inventée par les évangélistes ; en particulier s’ils cherchaient à faire valoir leur religion auprès des Juifs et des païens.
    • Le discrédit total du témoignage des femmes à l’époque dans le contexte de la découverte du tombeau vide. Il aurait été parfaitement absurde de la part des premiers chrétiens d’inventer que les premiers témoins du tombeau vide de Jésus étaient des femmes (en particulier une pécheresse comme Marie-Madeleine). Cela ne pouvait que les décrédibiliser aux yeux des Juifs. Si les évangélistes voulaient mentir et inventer leur propre récit, ils auraient choisi de mettre en scène des hommes comme les apôtres afin de renforcer la crédibilité de leur fiction.
    • Le portrait ridicule de Pierre, chef des apôtres, qui se fait réprimander sévèrement par Jésus et qui le renie à plusieurs reprises. Si les Évangiles étaient un récit monté de toutes pièces dans l’unique but de faire valoir la religion chrétienne, jamais les premiers chrétiens n’auraient eu l’idée de dévaloriser leur chef ainsi.
    • Les nombreux détails embarrassants rapportés à l’égard des disciples : ils fuient devant les difficultés, ils doutent ( Mt 28,17 ) et ne comprennent pas toujours ce que dit Jésus ( Lc 24,11  ; Mt 16,23  ; Jn 14,9 ), etc. Cela n’aurait pas de sens que les disciples de Jésus ou les évangélistes aient inventé ces éléments embarrassants. Ces détails apparaissent dans les Évangiles parce que leurs auteurs ont été soucieux de rapporter ce qui s’était réellement passé.
    • Il est donc impossible de considérer que les Évangiles sont un tissu de mensonges conçus de toutes pièces. Ces écrits sont trop gênants pour les disciples et « contreproductifs » pour qu’il s’agisse de mensonges.

    En savoir plus

    Avez-vous déjà menti pour sauvegarder votre image ou votre réputation ? C’est possible. En revanche, avez-vous déjà menti en faisant exprès d’entacher votre réputation aux yeux des autres ? Certainement non ! En effet, l’être humain n’aime pas se dénigrer lui-même par plaisir. S’il relate un fait gênant à son égard, c’est parce que ce fait lui est vraiment arrivé.

    Il en est de même lorsqu’on analyse les faits embarrassants présents dans les Évangiles. Les évangélistes présentent les leaders de l'Église comme ayant souvent l'air impulsifs, incompétents, vantards ou stupides. L’Évangile de Marc décrit les disciples comme étant parfaitement incrédules, si bien qu’à de nombreuses reprises, Jésus les accuse de manquer de foi ( Mc 9,17-19 ). Ils paniquent lorsqu'ils sont confrontés à une tempête sur le lac de Tibériade ( Mc 4,35-41 ), ils sont extrêmement lents à comprendre le véritable sens des paroles de Jésus ( Mc 4,13  ; 7,18 ). Lors des moments difficiles, ils agissent comme des couards et des incrédules apeurés. Au lieu de prier avec Jésus en vue de préparer sa passion, ils s’endorment ( Mc 14,37-42 ). Et, quand le Christ se fait arrêter par les grands prêtres, ils prennent la fuite ( Mc 14,50 ).

    L’Évangile est particulièrement humiliant à l’égard de Pierre, le chef de l’Église primitive , mentionnant ainsi que celui-ci se fait sévèrement réprimander par Jésus lorsqu’il s’oppose à sa future mise à mort. Quand Pierre dit au Christ « Cela ne t’arrivera pas, Seigneur ! » ( Mt 16,22 ) Jésus répond : « Passe derrière moi, Satan. Tu m'es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes »( Mt 16,23 ). Pire encore, Pierre affirme fièrement qu’il ne reniera jamais le Christ – « Quand il me faudra mourir avec toi, je ne te renierai pas » ( Mt 26,35 ) –, et les évangiles rapportent qu’il finira par le renier trois fois. Rien de plus humiliant pour le chef des apôtres ! Jamais les chrétiens n’auraient inventé un tel événement.

    On peut aussi ajouter que l’événement humiliant de la crucifixion n’a pas pu être inventé par les disciples. En clair, si vous pensez qu’un homme est le Messie, ou du moins si vous voulez le faire croire aux gens, il paraît tout à fait stupide de le faire crucifier et de l’humilier comme un moins que rien. Les Juifs de l’époque s’attendaient à un Messie fort et vaillant : l’idée d’une crucifixion était impensable pour eux. Pourquoi revendiquer haut et fort que Jésus est Dieu, et créer un scénario dans lequel ce dernier meurt lamentablement à coups de clous ? Au niveau de la crédibilité, il est difficile de faire pire si vous voulez convaincre les gens de la vérité de votre religion. D’ailleurs, au IIe siècle, le polémiste antichrétien Celse prenait un malin plaisir à ridiculiser les chrétiens à cause de ce fait même : « Vous nous donnez pour Dieu un personnage qui termina par une mort misérable une vie infâme » (Discours véritable contre les chrétiens).

    Enfin, les Évangiles affirment que ce sont les femmes qui ont retrouvé le tombeau vide. Or, le témoignage des femmes, à l’époque, n’avait aucune valeur devant les tribunaux juifs. Il n’était même pas recevable dans une affaire judiciaire. C’est typiquement le genre d’élément narratif qu’un récit inventé se voulant convaincant aurait préféré éviter car, dans la société de l’époque, rapporter un tel détail revenait à exposer son propre récit à la dérision et à la moquerie.

    En conséquence, si la découverte du tombeau vide était une légende, ceux qui auraient inventé une telle histoire auraient choisi de faire en sorte que les premiers témoins de la résurrection soient des hommes. Ils auraient ainsi évité d’ébranler la crédibilité de leur histoire auprès de cette culture largement patriarcale. C’est pourquoi l’historien N. T. Wright remarque : « En tant qu’historiens, nous sommes obligés de dire que, si ces histoires avaient été inventées cinq ans plus tard, [leurs auteurs] n’auraient jamais attribué la découverte du tombeau vide à Marie Madeleine. Pour des apologistes chrétiens, vouloir expliquer à un public sceptique que Jésus est ressuscité en invoquant des femmes serait comme se tirer une balle dans le pied. Mais pour nous, historiens, c’est le genre d’information en or. Les chrétiens n’auraient jamais pu inventer une telle chose » (cité dans Antony Flew, There is a God, HarperCollins, 2009, p. 207).

    En somme, les Évangiles contiennent des événements tellement embarrassants que leurs auteurs n’auraient jamais eu l’idée d’inventer de telles choses pour promouvoir leur religion et aller évangéliser les nations. Ils couraient le risque permanent de se ridiculiser aux yeux des Juifs et des païens. Ces faits ne nous sont connus que parce que les évangélistes ont fait preuve d’honnêteté et qu’ils ont voulu retranscrire méticuleusement les événements de la vie de Jésus, en dépit des conséquences humiliantes à leur égard.

    Bref, l’hypothèse d’un mensonge est intenable. Cela supposerait en outre que les apôtres eussent été des imposteurs masochistes, prêts à se rabaisser pour des choses qu’ils savaient fausses. La moindre des choses que nous pouvons leur accorder, c’est qu’ils étaient honnêtes et avaient l’intention de rapporter des faits exacts concernant la vie du Christ.

    Le critère d’embarras permet donc de renforcer la crédibilité historique des Évangiles, et constitue en cela une solide raison de croire au christianisme.

    Matthieu Lavagna, auteur de Soyez rationnel, devenez catholique !


    Aller plus loin

    Craig L. Blomberg, The Historical Reliability of the New Testament, 2016.

  • La Nativité de la Vierge Marie; historique de la fête

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    la Naissance de la Vierge - Giotto (XIVe s.) Padoue

    Historique de la fête de la Nativité de Marie (missel.free.fr)

    Il faut assurément chercher l'origine de la fête de la Nativité de la sainte Vierge en Orient où le synaxaire de Constantinople la marquait déjà au 8 septembre1, selon ce qu’avait décrété l’empereur Maurice (582 + 602).  Il est probable que l’Eglise de Jérusalem fut la première à honorer le souvenir de la Nativité de Notre-Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, serait née la sainte Vierge.

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  • Homélie de saint Jean de Damas pour la fête de la Nativité de la Vierge Marie (8 septembre)

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    La nativité de la Vierge par Uccello (XVe s.)

    Première homélie pour la nativité de la Vierge Marie, de saint Jean Damascène

    Neuf mois étant accomplis, Anne mit au monde une fille et l'appela du nom de Marie. Quand elle l'eut sevrée, la troisième année, Joachim et elle se rendirent au temple du Seigneur et, ayant offert au Seigneur des victimes, ils présentèrent leur petite fille Marie pour qu'elle habitât avec les vierges qui, nuit et jour, sans cesse, louaient Dieu.

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  • Deux cardinaux, des évêques et des milliers de fidèles au “Rosary Rally” du premier samedi à Amsterdam

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    De Jeanne Smits sur Réinformation-TV :

    Deux cardinaux, des évêques et des milliers de fidèles au “Rosary Rally” du premier samedi à Amsterdam

    Rosary Rally premier samedi
    © Radio Maria Netherlands

    L’église de Notre-Dame (Onze-Lieve-Vrouwekerk) à Amsterdam était comble samedi pour l’accomplissement des dévotions du premier samedi du mois, qui a pris cette année une envergure particulière aux Pays-Bas. Deux cardinaux et plusieurs évêques – à commencer par le seul cardinal néerlandais, le cardinal Willem Eijk, archevêque d’Utrecht – ont répondu à l’invitation de Radio Maria à ce « Rosary Rally » international, elle qui prépare depuis des mois cet événement fortement symbolique.

    Le concours des clergés et des fidèles, venus très nombreux, a été le premier aspect marquant de cet événement dans un pays presque entièrement sécularisé.

    Mais il y avait un deuxième aspect : cette messe pontificale célébrée par le cardinal Burke était en rite traditionnel, avec les textes de la messe votive de la Sainte Vierge. Toutes les exigences de Traditionis custodes ont été ignorées, sans bruit et sans état d’âme : une large publicité a été donnée à l’événement dans plusieurs diocèses néerlandais, la messe était célébrée selon le rite traditionnel dans une église paroissiale, l’épître et l’évangile ont été proclamés en latin. Mais cela a été fait sous l’autorité de l’évêque du lieu, Mgr Hendriks, avec son approbation et sa présence (dans une église qui n’est pas paroissiale, elle est un apostolat de l’Opus Dei, ce qui est remarquable en soi…). Ajoutez la nombreuse présence de prélats, y compris deux princes de l’Eglise : il s’agit là d’une affirmation tranquille et hiérarchique du « droit de cité » du rite tridentin dans l’Eglise, pour reprendre l’expression de la lettre de Benoît XVI accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum.

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  • Ce couple belge redonne vie aux chapelles oubliées

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    D'Aleteia.org :

    “C’est le projet d’une vie” : Tyron et Dalila redonnent vie aux chapelles oubliées

    Tyron et Dalila, jeune couple chrétien belge, se sont lancé un défi peu commun : rénover bénévolement des chapelles abandonnées. Pour Aleteia, Tyron raconte comment cette simple initiative est devenue une véritable mission.

    Il aurait pu continuer sa route, comme les fois précédentes. Sur le chemin de son travail, en Belgique, Tyron était déjà passé plusieurs fois devant cette petite chapelle sans vraiment s’y arrêter. Un jour pourtant, il décide d’en pousser la porte, avec l’idée d’y prier. À l’intérieur, il découvre un édifice presque oublié, marqué par des années d’abandon. "C’était dramatique", se souvient le jeune homme de 27 ans. Quelques semaines plus tard, il revient avec sa compagne Dalila et du matériel dans le coffre de leur voiture. Sans grande préparation, ils se mettent à nettoyer. Une première étape qui va donner naissance à un projet devenu, aujourd’hui, une mission de vie.

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