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Patrimoine religieux

  • Une Europe sans Dieu courra à sa perte

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    De Guido Horst sur le Tagespost :

    Une Europe sans Dieu courra à sa perte

    Un continent sans âme : ce que le pape Benoît XVI a déclaré à Ratisbonne au sujet du « 11 septembre » et que l’Occident n’a pas voulu entendre.

    3 septembre 2026

    Les premiers jours de septembre marquent l’anniversaire de deux événements qui ne pourraient être plus différents, mais qui témoignent de la même évolution, qui a marqué le premier quart de ce XXIe siècle qui n’est plus si jeune : Le 11 septembre, il y a 25 ans, les États-Unis ont subi l’attaque terroriste la plus grave de leur histoire. Des kamikazes du réseau Al-Qaïda ont précipité deux avions sur les tours jumelles de New York, en ont fait s’écraser un troisième sur le Pentagone, tandis qu’un quatrième s’est écrasé au sol en Pennsylvanie après une lutte avec les passagers.

    Et le 12 septembre, il y a 20 ans, dans le cadre de sa visite en Bavière, Benoît XVI a prononcé devant des universitaires, dans l’amphithéâtre de « son » ancienne université, un discours qui allait entrer dans les annales sous le nom de « Conférence de Ratisbonne ». La partie la plus controversée de son discours : une citation tirée d’un dialogue fictif entre l’empereur byzantin Manuel II Paléologue et un érudit persan de confession musulmane, qui abordait notamment le « djihad », la guerre sainte et la relation entre religion et violence, et dans laquelle le pape-professeur citait cette question de l’empereur qui, sortie de son contexte, allait ensuite semer le trouble dans le monde islamique : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu n’y trouveras que du mal et de l’inhumanité, comme le fait qu’il ait prescrit de propager par l’épée la foi qu’il prêchait. »

    Religion positive et religion détournée

    Les répercussions tant du « 11 septembre » que de la « conférence de Ratisbonne » ont été décrites à maintes reprises. S’ensuivirent la guerre en Afghanistan et celle contre l’Irak – et le Vatican lança une initiative de dialogue sans précédent avec le monde musulman. Les courants devenus militants au sein de l’islam sunnite (Al-Qaïda, le Hamas) et chiite (l’Iran, le Hezbollah) ont marqué, au tournant du siècle, le début d’une nouvelle ère qui continue aujourd’hui encore d’occuper la politique, les médias et les sociétés occidentales. Alors que le Turc musulman était autrefois très bien accueilli en tant que travailleur immigré, nombreux sont ceux qui voient aujourd’hui tout simplement un danger chez les migrants d’origine musulmane.

    Il n’est pas nécessaire d’apprécier l’ouvrage de Samuel Phillips Huntington publié en 1996 sur le futur « choc » ou « conflit des civilisations ». Mais le fait est que l’Occident se sent aujourd’hui menacé – notamment par un islam militant tel que celui des mollahs en Iran ou encore le wahhabisme et le salafisme. Or, comment l’Occident européen a-t-il réagi au défi islamiste que le pape Benoît XVI avait pris à bras-le-corps il y a exactement vingt ans, en le reliant à la relation entre religion et raison ainsi qu’à la juste compréhension de Dieu et de l’homme créé par Dieu ? En tout cas, pas en prenant conscience que le terrorisme à connotation religieuse touche également à la question de Dieu et qu’il faut – comme Benoît XVI – faire la distinction entre une religion égarée, qui provoque la haine et la violence, et une religion au service de l’homme. Une sorte de réaffirmation de soi aurait fait du bien aux Européens, sachant pertinemment que le « vieux » continent repose entièrement sur des fondements chrétiens qui ont créé les conditions indispensables à la vie de l’État libéral et laïc, sans que celui-ci puisse les garantir lui-même (Ernst-Wolfgang Böckenförde).

    Une communauté sans référence à Dieu

    Au lieu de cela, l’Union européenne est restée incapable de répondre à la question d’un Dieu bon et d’une religion bonne par une affirmation de sa propre identité : à savoir le christianisme. Lorsque la Convention européenne a élaboré en 2003 le projet de Constitution de l’Union européenne, elle n’est pas parvenue à ancrer une référence à Dieu dans le préambule, mais s’est contentée d’une vague allusion aux « traditions culturelles, religieuses et humanistes de l’Europe ». La Constitution européenne a ensuite échoué lors des référendums en France et aux Pays-Bas et n’a jamais acquis force de loi. Mais même le traité de Lisbonne, signé en 2007, ne mentionnait dans son préambule que « l’héritage culturel, religieux et humaniste de l’Europe », dont on puise l’inspiration, sans faire aucune référence au Dieu unique ni même au christianisme.

    Lorsque le pape Léon se rendra à Metz à l’issue de son voyage en France, notamment en mémoire de Robert Schuman, il rappellera sans doute, à l’instar de ses prédécesseurs, que pour les trois pères fondateurs de la Communauté européenne – Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer –, catholiques convaincus, l’Union était une œuvre de paix et non pas seulement une entreprise économique. Mais l’Europe postmoderne a systématiquement remplacé cet héritage chrétien par une conception laïque d’elle-même. Le monopole de la réflexion sur la « vocation chrétienne » de l’Europe est désormais dévolu aux papes.

    L'interdiction de penser de manière laïque

    Depuis le Concile Vatican II, ils ont présenté une riche doctrine sur une communauté humaine fondée sur les principes de subsidiarité, de solidarité et de bien-être, qui s'inspire de la tradition chrétienne tout en restant ouverte à toutes les personnes de bonne volonté – qu'elles croient ou non en Dieu, et quel que soit le Dieu auquel elles croient. Il suffit de penser aux encycliques « Redemptoris missio » et « Centesimus annus » de Jean-Paul II ou à la riche œuvre de Joseph Ratzinger sur l’identité et l’avenir de l’Europe. Tout cela n’est ni discuté ni pris au sérieux au niveau de l’Union – même si la situation est encore différente dans certains États membres. En ce qui concerne les racines chrétiennes, un immense processus de refoulement s’est opéré précisément au plus haut niveau des instances de la Communauté européenne, comme s’il n’y avait eu avant la Révolution française qu’un immense trou noir. La pensée dans l’esprit de Schuman, de Gasperi ou d’Adenauer n’a plus sa place.

    Au lieu de cela, on érige des murs et on a peur de l’étranger. Or, sans une âme européenne, l’homme européen ne survivra pas à la postmodernité. Les djihadistes se sentent « appelés » à intégrer l’Europe à la Oumma. Si les Européens ne savent plus à quoi ils sont appelés, ils seront trop faibles pour protéger durablement l’Europe vidée de son âme qui subsistera alors.

  • Le pape Léon se tient au-dessus des « guerres liturgiques »

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    De Larry Chapp sur le NCR :

    Le pape Léon se tient au-dessus des « guerres liturgiques »

    COMMENTAIRE : Il se dégage des propos du Saint-Père un calme qui invite les belligérants à s’éloigner du précipice liturgique et à commencer à penser de manière plus unificatrice.

    Le pape Léon XIV encense l’autel alors qu’il célèbre la messe pour la solennité des saints Pierre et Paul à la basilique Saint-Pierre, le 29 juin 2026. (photo : Daniel Ibáñez / EWTN News)

    3 septembre 2026

    Lors de son audience générale du 26 août, le pape Léon XIV a médité sur *Sacrosanctum Concilium*, le document du Concile Vatican II consacré à la liturgie, proposant ainsi sa catéchèse la plus détaillée à ce jour sur les réformes liturgiques mises en œuvre par le pape Paul VI et le soi-disant *Novus Ordo*.

    Ses propos ont depuis été décortiqués par divers observateurs à la recherche d’indices sur la direction qu’il compte prendre concernant les questions controversées qui agitent ce qu’on appelle les « guerres liturgiques ».

    Je pense que le message global qu’il a délivré est caractéristique de son style jusqu’à présent. Ses propos sont prudents mais clairs, indiquant que l’Église catholique ne s’engagera pas, sous son règne, dans une direction qui compromettrait son unité. Il ne laisse pas non plus entendre que de grands changements dans la pratique liturgique nous attendent. À ce titre, comme pour bien d’autres aspects de ce jeune pontificat, il y a dans ses propos un calme qui, selon moi, est délibérément choisi pour faire passer le message que les gens doivent s’éloigner du précipice liturgique et commencer à réfléchir de manière plus posée.

    Le pape Léon n’a absolument rien dit au sujet de la messe traditionnelle en latin, et il n’a donné aucun indice laissant entendre qu’il s’apprêtait à abroger *Traditionis Custodes*, la lettre apostolique du pape François qui imposait de fortes restrictions à sa célébration. Il n’a pas non plus mentionné le *motu proprio* antérieur du pape Benoît XVI, *Summorum Pontificum*, qui libéralisait l’accès à l’ancien rite de la messe et que le pape François a ensuite annulé.

    Par conséquent, ceux qui cherchaient dans ses propos une affirmation enthousiaste de l’une ou l’autre approche ont très probablement été déçus. Certains pourraient faire valoir que si son objectif est d’apaiser les tensions et de promouvoir l’unité ecclésiale, cette stratégie consistant à ignorer l’éléphant dans la pièce peut fonctionner à court terme, mais qu’à un moment donné, la question le mettra au pied du mur et qu’il devra abattre ses cartes.

    Mais si l’on lit attentivement ses propos, il y a un point incontournable, et c’est un point qui ne réjouira pas bon nombre de ceux que l’on appelle les « traditionalistes ». À savoir que la messe de Paul VI est là pour rester, qu’elle ne présente aucun défaut fondamental, qu’elle témoigne bel et bien d’une continuité avec la tradition et qu’elle met fidèlement en œuvre les principes liturgiques énoncés lors du Concile. Il ne dit pas ce qu’il adviendra de la messe traditionnelle en latin. Mais ce qu’il dit, c’est que la messe de Paul VI ne disparaîtra pas en tant que forme normative de la messe, et que toutes les autres considérations sont subordonnées à ce simple fait.

    Cela dit, au cœur de ses efforts pour apaiser les tensions se trouve son affirmation selon laquelle la messe de Paul VI est en parfaite conformité avec la tradition de l’Église et qu’elle incarne bel et bien bon nombre des réformes préconisées par le Concile. Il déclare :

    Le futur pape saint Paul VI a affirmé que les fidèles « ne peuvent et ne doivent plus rester silencieux et passifs. Leur présence physique ne peut se concilier avec leur absence spirituelle. »

    La similitude entre ces déclarations et celles qui figureront au n° 48 de la Constitution conciliaire est évidente : « L’Église […] désire vivement que les fidèles du Christ, lorsqu’ils assistent à ce mystère de la foi, n’y soient pas comme des étrangers ou des spectateurs silencieux. »

    Ce que Léon souligne dans ses remarques, c’est que le Concile avait compris qu’une réforme générale de la liturgie était nécessaire pour accroître la participation active des laïcs à la messe. Les laïcs ne doivent pas être « silencieux et passifs », comme s’ils n’étaient que de simples « spectateurs » d’un événement clérical au sein duquel ils ne jouent qu’un rôle minime. Il y a ici une allusion claire au fait que la liturgie préconciliaire favorisait effectivement une telle passivité silencieuse et que les laïcs n’étaient en réalité que trop souvent de simples spectateurs.

    De nombreux détracteurs de la réforme s'indignent face à de telles remarques et soulignent que la contemplation silencieuse pendant la messe est une forme de participation active ; par conséquent, l'accusation selon laquelle la messe tridentine favorisait la passivité est un argument fallacieux. Et même s’il y a une part de vérité dans cette observation, celle-ci est trop abstraite et fait abstraction de la réalité historique de la pratique dans de nombreuses paroisses d’avant le concile, où il était courant que les laïcs s’adonnent à diverses dévotions privées pendant la messe ou restent assis en silence, attendant passivement le moment de communier. 

    En d’autres termes, il y a une raison pour laquelle un mouvement liturgique fort existait au sein de l’Église bien avant le Concile. Et ce mouvement, porté par de nombreux papes et théologiens, n’était en aucun cas une tentative libérale extravagante visant à saper la messe. 

    Le pape Léon le précise clairement dans ses remarques et souligne les nombreuses modifications apportées à la messe qui avaient déjà été mises en œuvre par les papes précédents :

    De plus, le désir d’une « réforme générale » n’est pas apparu soudainement, mais s’était manifesté dans les actions des papes successifs depuis le début du XXe siècle, conformément aux exigences du Mouvement liturgique. L’affirmation selon laquelle les fidèles ne devaient pas assister aux célébrations « en tant qu’étrangers ou spectateurs silencieux » avait déjà été soulevée dans la constitution apostolique Divini Cultus du pape Pie XI.

    Par ailleurs, on peut rappeler les interventions de Pie XII concernant l’organisation des rites de la Semaine Sainte, qu’il a reprogrammés aux heures correspondant aux événements de Pâques, après qu’ils avaient été, pendant des siècles, avancés aux heures du matin. Il ne faut pas non plus oublier que saint Jean XXIII a jugé nécessaire de simplifier les rubriques du Bréviaire et du Missel, approuvant cette mesure par le motu proprio Rubricarum Instructum du 25 juillet 1960, dans lequel il faisait référence à la proposition de principes fondamentaux pour une réforme de la liturgie.

    Cette observation de Leo le conduit alors à une conclusion critique :

    La réforme liturgique promue par le Concile Vatican II est donc fermement enracinée dans la tradition vivante de l’Église. Une compréhension correcte de celle-ci nous permet également de rejeter les abus qui se sont produits dans certains secteurs de l’Église au cours de la période postconciliaire, et qui, malheureusement, se produisent encore de temps à autre aujourd’hui, là où certains des principes sous-jacents à la réforme elle-même ont été poussés à l’extrême ou mal compris.

    Beaucoup ne seront pas d’accord avec cette conclusion. Ils souligneront que le fait que le Concile n’ait plus exigé que le chant grégorien et le latin occupent une « place d’honneur » dans la messe constitue une preuve que la nouvelle messe n’était pas une mise en œuvre véritablement fidèle du Concile. Ils conviendront avec Léon que des « abus » sont effectivement apparus dans la pratique liturgique après le Concile, mais soutiendront que ces abus étaient rendus presque inévitables par l’abondance d’occasions, au sein des nouvelles rubriques, permettant à la « créativité » cléricale de se déchaîner. 

    Ce sont là des critiques importantes, qu’il ne faut pas prendre à la légère. En effet, une personnalité aussi éminente que le pape Benoît XVI s’est elle aussi montrée critique à l’égard de certains aspects de la réforme liturgique. Et même le pape Léon XVI affirme que certains abus liturgiques ont encore lieu aujourd’hui. De plus, si la messe tridentine, vieille de plusieurs siècles, a pu être modifiée de manière aussi radicale, pourquoi ne pourrions-nous pas admettre que la messe de Paul VI, qui n’a que 57 ans, est elle aussi susceptible de nouvelles réformes, comme l’ont proposé de nombreux théologiens partisans d’une « réforme de la réforme » ? 

    Il est toutefois important de noter ce que le pape Léon ne dit pas. Il ne dit pas qu’une nouvelle réforme de la réforme est hors de question. Il ne dit pas que la mise en œuvre de la nouvelle messe a été parfaite et qu’il n’y a désormais plus de place dans l’Église pour l’ancienne messe. Mais ce qu’il dit, et je suis d’accord avec lui, c’est que la nouvelle messe est parfaitement orthodoxe, conforme à la tradition, conforme à l’appel conciliaire en faveur d’une liturgie réformée, et qu’elle constitue la forme ordinaire de la messe pour 99 % des catholiques du monde. Ainsi, toute idée fantaisiste selon laquelle elle aurait besoin d’être remplacée n’est qu’une entreprise vouée à l’échec. 

    La messe de Paul VI n’est pas le fruit d’une infiltration maçonnique ni d’un désir secret de la rendre protestante. C’est la messe de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, promulguée par un pape et réaffirmée par plusieurs autres. Elle est orthodoxe et remplie des grâces nécessaires au salut, non pas en dépit d’elle-même, mais grâce à son orientation tout à fait louable vers la langue vernaculaire et la participation active des fidèles.

    Tel est le message du pape Léon. Et c’est un message dont nous devons tous tenir compte.

    Larry Chapp a obtenu son doctorat en théologie à l’université Fordham en 1994, avec une spécialisation dans la théologie de Hans Urs von Balthasar. Il a enseigné la théologie pendant 20 ans à l’université DeSales, près d’Allentown, en Pennsylvanie, avant de prendre une retraite anticipée pour fonder la ferme « Dorothy Day Catholic Worker » près de Wilkes-Barre, en Pennsylvanie, avec son épouse Carmina et son ami et ancien étudiant, le père John Gribowich. Auteur de nombreux articles et ouvrages, il est également le fondateur et l'auteur principal du blog Gaudiumetspes22.com.

    Lire aussi : Benoît était une exception en matière de liturgie

  • Saint John Henry Newman demeure une référence essentielle pour les questions de conscience, de foi et de développement doctrinal

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    Saint John Henry Newman demeure une référence essentielle pour les questions de conscience, de foi et de développement doctrinal.

    Proclamé Docteur de l’Église le 1er novembre 2025 par le pape Léon XIV lors de la messe de la solennité de la Toussaint, dans le cadre du Jubilé du monde de l’éducation, saint John Henry Newman (1801-1890) a rejoint le cercle restreint des 38 Docteurs de l’Église. Il a également été nommé co-patron de l’éducation catholique aux côtés de saint Thomas d’Aquin. Cette reconnaissance solennelle souligne l’influence durable de ce convertisseur anglican devenu cardinal sur la théologie contemporaine, particulièrement en matière de conscience, d’autorité ecclésiale et d’évolution des dogmes.

    La 36e Académie théologique internationale d’été, organisée du 31 août au 2 septembre 2026 à Haag (Basse-Autriche, diocèse de Saint-Pölten), et non à La Haye aux Pays-Bas, a précisément été consacrée à ce nouveau Docteur. Dirigée par Helmut Prader, théologien moral et directeur de l’académie, cette rencontre de trois jours a rassemblé une soixantaine de participants sur place (dont l’archevêque Mieczysław Mokrzycki de Lviv, président de la Conférence des évêques d’Ukraine, et l’évêque auxiliaire suisse émérite Marian Eleganti) et autant en ligne. Le changement de lieu, après des décennies à Aigen im Mühlkreis, s’explique par de meilleures liaisons, des coûts plus modérés et la disponibilité d’une salle paroissiale. Elle s’est tenue en collaboration avec la Société Cardinal Scheffczyk.

    Une biographie marquée par la quête de vérité

    Né à Londres le 21 février 1801, Newman connaît une première conversion religieuse à 15 ans. Étudiant brillant à Oxford, il devient fellow d’Oriel College à 21 ans, est ordonné prêtre anglican et joue un rôle central dans le Mouvement d’Oxford à partir de 1833. Son étude approfondie des Pères de l’Église et de l’histoire de la doctrine le conduit progressivement à la conviction que l’Église catholique est la véritable continuation de l’Église apostolique. « Ce sont les Pères qui m’ont fait catholique », résumait-il. Il se convertit en 1845, perd ses fonctions anglicanes et une grande partie de son statut social et universitaire. Ordonné prêtre catholique, il fonde l’Oratoire de Birmingham, tente de créer une université catholique à Dublin (expérience qui inspire ses conférences de 1852 sur The Idea of a University), et est créé cardinal par Léon XIII en 1879. Il meurt le 11 août 1890 à Edgbaston. Canonisé en 2019 par le pape François, il est aujourd’hui célébré pour l’unité de son œuvre, anglicane puis catholique.

    Sœur Birgit Dechant, du centre international de la Newman Society à Littlemore près d’Oxford, a rappelé lors de l’académie que « l’appel de la conscience était plus fort » que les attachements personnels. Cette trajectoire illustre le lien intime, chez Newman, entre recherche théologique de la vérité et décisions de conscience personnelles.

    La conscience : « vicaire aborigène du Christ »

    Helmut Prader a souligné que la conception newmanienne de la conscience est celle qui a été reprise et consacrée dans Gaudium et spes (n. 16) au concile Vatican II : au plus profond de sa conscience, l’homme découvre une loi qu’il ne se donne pas lui-même, mais à laquelle il doit obéir ; cette voix l’appelle à aimer le bien et à fuir le mal. Pour Newman, la conscience n’est ni pure subjectivité ni simple sentiment, mais « la voix de Dieu dans la nature et le cœur de l’homme », « le témoin interne de l’existence et de la loi de Dieu », le « vicaire aborigène du Christ ».

    Dans sa célèbre Lettre au duc de Norfolk (1875), répondant aux critiques de Gladstone sur l’infaillibilité pontificale, Newman écrit : « Je boirai à la santé du Pape, si vous voulez, mais à la conscience d’abord, et au Pape ensuite. » Cette formule, souvent détournée pour justifier un subjectivisme, signifie en réalité le contraire. La conscience a des droits parce qu’elle a des devoirs : elle est appelée à être formée, éclairée par la Révélation et le Magistère. Newman refuse absolument de l’opposer à l’autorité de l’Église. La conscience bien formée et le Magistère convergent vers la même vérité objective. Cette tension féconde entre conviction personnelle et autorité demeure d’une actualité brûlante dans les débats contemporains sur la liberté religieuse, la morale et le discernement.

    Le développement des dogmes

    Autre pilier de sa pensée, l’Essay on the Development of Christian Doctrine (1845) explique comment la doctrine peut croître organiquement sans se corrompre, à la manière d’un germe qui se déploie. Newman propose sept « notes » pour distinguer un développement légitime d’une corruption : préservation du type, continuité des principes, pouvoir d’assimilation, anticipation anticipée, séquence logique, action conservatrice sur le passé, et vigueur chronique. Cette théorie a profondément marqué la théologie du XXe siècle et le concile Vatican II. Le père Johannes Nebel a insisté lors de l’académie sur le fait que la tradition est un développement continu, mais toujours dans la continuité de l’Écriture et de la tradition apostolique, et non selon l’opportunisme social.

    L’idée d’université

    Wolfgang Klausnitzer a présenté la vision newmanienne de l’université : elle ne doit pas se réduire à une formation professionnelle utilitaire, mais offrir une éducation libérale complète, favorisant le dialogue entre les disciplines et empêchant qu’aucune science ne s’érige en vérité unique. L’université forme l’esprit à une « habitude philosophique » : curiosité, capacité de penser au-delà des frontières disciplinaires, ouverture. Oxford représentait pour Newman l’idéal de cette culture intellectuelle. Ses conférences de Dublin restent parmi les textes les plus importants sur le sujet.

    Une actualité qui ne se dément pas

    Newman n’était pas un théologien systématique, mais un auteur d’essais, de sermons et d’une correspondance abondante. Sa force réside précisément dans cette approche existentielle et historique de la vérité. Dans un monde marqué par le relativisme, le subjectivisme et les tensions entre conscience individuelle et institutions, sa pensée offre des ressources précieuses pour articuler fidélité à la tradition et ouverture au développement authentique, autorité et liberté responsable, foi et raison.

    L’académie de 2027 portera sur la pertinence de Jésus-Christ pour la société, en lien avec le centenaire de la naissance de Joseph Ratzinger (grand admirateur de Newman). En attendant, la proclamation de Newman comme Docteur de l’Église confirme ce que l’académie de Haag a mis en lumière : sa théologie de la conscience et du développement doctrinal reste un guide sûr pour l’Église et pour tout chercheur de vérité.

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  • Quand les cathédrales historiques d'Angleterre se transforment en discothèques

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Les cathédrales historiques d'Angleterre se tournent vers les concerts pop et les silent discos

    Alors que les cathédrales de l'Église d'Angleterre sont confrontées à de graves difficultés financières, des lieux autrefois centraux dans l'histoire chrétienne de la Grande-Bretagne accueillent des spectacles de reprises, des « raves dans la nef » et se transforment en boîtes de nuit, ce qui suscite des accusations de profanation.

    La silent disco de la cathédrale de Canterbury aura lieu le 15 août 2026.
    La silent disco de la cathédrale de Canterbury a débuté le 15 août 2026. (Photo : Cristina Ruiz)

    CANTERBURY, Angleterre — Des « concerts aux chandelles » ont lieu chaque semaine cet automne dans de nombreuses cathédrales anciennes, historiques et autrefois catholiques de Grande-Bretagne, mais il ne s'agit pas de représentations solennelles de musique sacrée ou même classique. 

    Dans la cathédrale de Worcester, fondée en 680, reconstruite par saint Wulfstan et où repose le roi Jean, auteur de la Magna Carta, les plus grands succès de la regrettée chanteuse Whitney Houston seront interprétés . D'autres soirs, la nef, jadis sacrée, accueillera des groupes de reprises jouant des chansons des Eagles, de Coldplay et de Tina Turner.

    L'abbaye de Selby dans le Yorkshire, qui a survécu à la dissolution des monastères par Henri VIII et est célèbre pour sa « fenêtre de Washington » du XIVe siècle, qui a inspiré le drapeau américain, accueillera en octobre des groupes hommage aux Beatles et à Queen. 

    Un imitateur de Luther Vandross s'est produit en septembre dans la nef de la cathédrale de St Albans, le plus ancien lieu de culte chrétien continu en Grande-Bretagne, qui se dresse sur le lieu de sépulture du premier martyr britannique, saint Alban. 

    Par ailleurs, la cathédrale de Wells, fondée en 1175 et première cathédrale entièrement de style gothique en Grande-Bretagne, accueillera le 21 novembre un concert imitant David Bowie.

    Toutes les cathédrales médiévales d'Angleterre semblent accueillir ces concerts , à l'exception de deux : l'abbaye de Westminster et la cathédrale Christ Church d'Oxford. Ces événements, destinés principalement à générer des fonds indispensables, sont gérés commercialement par une société espagnole nommée « Fever », qui les a lancés début 2021 avec de la musique classique. Un an plus tard, les concerts se sont diversifiés et proposent désormais des reprises pop et rock. Le journal The Register a contacté la société pour obtenir des commentaires, mais celle-ci n'avait pas répondu au moment de la publication.

    Plus controversées encore que les concerts aux chandelles sont les « silent discos », organisées par la société londonienne MEGA Events, qui se tiennent depuis quelques années dans certaines des cathédrales les plus historiques d'Angleterre. L'une des plus récentes a eu lieu à Canterbury, cathédrale mère de l'Angleterre depuis des siècles, où saint Thomas Becket a subi le martyre, à l'occasion de la solennité de l'Assomption. Le principe ? Danser sur des tubes pop des années 80 et 90 au-dessus des tombeaux de nobles défunts, casques sur les oreilles et lumières stroboscopiques à la main.

    La dernière discothèque organisée à la cathédrale de Canterbury proposait plusieurs bars et stands dans les bas-côtés de la nef, vendant alcool et autres produits dérivés. Le doyen a insisté sur le fait que l'événement se déroulait loin du lieu du martyre de saint Thomas Becket en 1170. Les cathédrales historiques de St Albans, Truro, Durham et Salisbury organisent également ce type de soirées disco, qualifiées de « raves dans la nef » par leurs détracteurs. La société MEGA Events a été contactée pour obtenir un commentaire. 

    Les réactions en ligne à la récente soirée disco de Canterbury — la deuxième depuis 2024 — ont été majoritairement négatives, y compris de la part des anglicans. 

    « Je déteste cela », a déclaré Adrian Hilton, commentateur anglican, en réaction à la discothèque de Canterbury diffusée sur X. « C’est la profanation d’un lieu sacré. » Tim Dieppe, responsable des politiques publiques de Christian Concern, un groupe de défense des intérêts chrétiens évangéliques, a commenté que l’Église d’Angleterre « ne croit plus au pouvoir d’attraction de l’Évangile et se tourne vers la musique profane ». 

    L'opposition s'affaiblit

    En 2024, une pétition contre les premières silent discos a recueilli plus de 3 000 signatures et une veillée de prière a été organisée devant la cathédrale de Canterbury. Mais l’opposition s’est depuis estompée et ces événements sont désormais devenus monnaie courante, déplore Cajetan Skowronski, qui avait organisé ces manifestations. 

    « On nous invite maintenant à transformer la cathédrale Saint-Paul en boîte de nuit et à danser sur les tombeaux de héros nationaux comme Nelson, Wellington, Wren et Fleming », a-t-il déploré, faisant référence à l' annonce du 1er septembre selon laquelle Saint-Paul, église mère du diocèse anglican de Londres, avait signé un contrat de quatre ans avec un propriétaire de boîte de nuit londonien pour y organiser des événements musicaux. Cette cathédrale anglicane baroque anglaise du XVIIIe siècle, conçue par Sir Christopher Wren, a été le théâtre de nombreux événements d'importance historique nationale. 

    « Combien de temps faudra-t-il avant que, ivres, nous profanions les tombes de la reine Élisabeth II à la chapelle Saint-Georges de Windsor, à l'invitation de l'Église d'Angleterre ? » s'est interrogé Skowronski. « Aucune nation digne de ce nom ne se comporte ainsi avec ses lieux sacrés. Nous sommes comme des gobelins descendants de géants, semant le chaos dans leurs temples glorieux. » Les descendants de Lord Horatio Nelson ont dénoncé un affront à sa mémoire et un « triste constat sur l'état actuel de l'intégrité spirituelle et du christianisme ».

    Le père Gerald Murray, canoniste à l'église Saint-Joseph de New York, a déclaré que l'usage « profane » de ces églises, dont beaucoup appartenaient autrefois à l'Église catholique, est « scandaleux et regrettable ». « Un édifice religieux est un lieu de culte, et non un endroit agréable pour danser, dîner ou écouter de la musique profane », a-t-il déclaré au Register. « Ces églises ont été construites pour promouvoir la pratique religieuse et cela doit être respecté. » 

    La raison principale de l'organisation de ces événements est, de l'aveu même de l'Église d'Angleterre, de générer des fonds pour assurer leur pérennité. « Les cathédrales ne reçoivent aucun financement régulier de l'État et très peu de l'Église d'Angleterre. Nous devons donc faire preuve d'imagination et de proactivité pour préserver ces lieux anciens et précieux pour l'avenir, tout en poursuivant nos prières et louanges quotidiennes », a déclaré la révérende Jo Kelly-Moore, doyenne de St Albans et présidente de l'Association des cathédrales anglaises. « Les cathédrales sont confrontées à d'importantes difficultés financières, et environ les trois quarts d'entre elles fonctionnent à déficit », a-t-elle indiqué au Register. 

    Andrea Tadiwala, assistante du doyen de la cathédrale de Canterbury, a affirmé que les discothèques permettaient à un public qui n'y serait jamais entré auparavant de découvrir la cathédrale. Elle a également souligné que la nef était utilisée depuis le Moyen Âge pour « de nombreuses activités autres que le culte », même si les historiens insistent sur le fait que ces activités étaient souvent contestées par les évêques et surtout par les Pères de l'Église . Les retours reçus ont été « extrêmement positifs », a-t-elle déclaré au Register.  

    Interrogée sur la possibilité que Dame Sarah Mullally, l'archevêque de Canterbury, partage son point de vue sur ces événements, une porte-parole a déclaré au Register qu'elle était « absente et ne ferait donc aucun commentaire à ce sujet ». 

    Dans un article publié sur son blog Substack , Gavin Ashenden, converti au catholicisme et ancien vicaire anglican, a déclaré que ces discothèques constituaient une profonde profanation, découlant d'une divergence fondamentale de conception du temps et de l'espace entre catholiques et protestants. Selon la théologie sacramentelle catholique, explique-t-il, la messe rend présent le sacrifice du Christ – une « invasion du temps par l'éternité » – tandis que la conception protestante perçoit le culte et les édifices sacrés principalement comme des lieux de mémoire, de rencontre et d'usage. 

    Ashenden a ensuite opposé l'iconoclasme de la Réforme, qui détruisait ouvertement images et reliques pour des raisons théologiques, à ce qu'il appelle l'iconoclasme moderne, plus subtil : conserver l'édifice de la cathédrale tout en le vidant de sa signification sacrée et en le transformant en un lieu de divertissement. Ce dernier, selon lui, est pire, car il équivaut à « la profanation de l'esprit et de la sainteté » de la cathédrale, « polluant le lieu d'un autre esprit, celui de Dionysos, le dieu païen du sexe et de la danse ». 

    Il a ajouté que nous vivons à une époque « qui a perdu le sens du respect pour les choses de Dieu et qui considère que le divertissement, et non la foi et le culte de Dieu, est le principal intérêt et la principale préoccupation de l'homme ». D'autres, comme Riccardo Cascioli, rédacteur en chef du quotidien catholique La Nuova Bussola Quotidiana, ont lié ces événements à une grave crise de foi qui touche l'ensemble du monde chrétien, y compris les catholiques.  

    Évêques catholiques : Aucun commentaire

    Les évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles ont préféré ne pas commenter cette utilisation d'anciens lieux de culte catholiques. 

    « Sur ce sujet, nous ne prétendons pas parler au nom de l’Église d’Angleterre, dont les membres et les dirigeants sont les mieux placés pour expliquer leur propre position », a déclaré une porte-parole au Register.

    Une question se pose : ces concerts, aussi profanes que beaucoup les considèrent, sont-ils aussi sacrilèges que les communions simulées qui ont longtemps eu lieu dans ces cathédrales devenues catholiques à la Réforme ? Des canonistes ont déclaré au Register que, d’un point de vue catholique, les rites anglicans étant invalides et enracinés dans le sacrilège persistant de la Réforme, ils ne simulent pas les sacrements catholiques, car les anglicans demeurent hors de l’Église et ne sont donc pas soumis au droit canonique.

    En revanche, des abus comparables au sein des églises catholiques peuvent constituer à la fois des péchés graves et des infractions au droit canonique, même si la discipline est parfois négligée. La distinction essentielle, soulignent-ils, reprenant l'argument d'Ashenden, réside dans le fait que l'enseignement catholique considère encore ces abus comme des déviations, tandis que la pratique anglicane accepterait un usage profane comme normal, révélant une perte croissante de foi, de respect et de transcendance qui remonte à plusieurs siècles. La société Fever organise, de manière ostentatoire, uniquement des concerts de musique classique aux chandelles dans les cathédrales catholiques espagnoles, et non des concerts de groupes pop ou rock.

    Et pourtant, malgré les contraintes canoniques, l'Église catholique n'a pas été à l'abri de tels événements, et ce, tout au long de son histoire. La différence, du fait qu'ils sont reconnus comme des déviations et des violations du droit canonique, réside dans le fait qu'ils ont souvent été rapidement réprimés. 

    L’historienne de l’art religieux Elizabeth Lev a rappelé comment, au XVIIe siècle, des artistes flamands organisaient des fêtes en toge au-dessus du mausolée de Sainte-Constance, le prenant pour le tombeau de Bacchus, dieu romain du vin, de l’agriculture et de la fertilité. « Cela nous montre que les mauvaises manières et la bêtise ne sont pas l’apanage de notre époque », a-t-elle déclaré au Register, tout en précisant que le pape Clément XIV « y a mis fin en 1720 ». 

    Plus récemment, Lev a relevé que la basilique Santa Croce in Gerusalemme à Rome avait été temporairement fermée en 2011, suite à des soirées en boîte de nuit organisées dans ses locaux pour des « amis de Santa Croce », parmi lesquels la chanteuse Madonna. Après cette brève fermeture, le Vatican a destitué la communauté cistercienne qui gérait la basilique. 

    D'autres cathédrales catholiques ont également été le théâtre d'événements profanes, notamment en 2019, lorsque la cathédrale Saint-Étienne de Vienne a autorisé un concert d'activistes homosexuels dans sa nef. « Je crains que ce phénomène ne prenne de l'ampleur et ne s'arrête pas, y compris dans les églises catholiques », a déclaré le père Murray. 

    Pour Lev, le meilleur moyen de mettre un terme à ces événements serait peut-être que les gens « retournent soutenir leurs églises, les fréquenter, et cessent de fréquenter l'espace sacré devenu profane et d'expliquer pourquoi ce n'est "pas cool" de le faire ».

    « Je pense que si nous voulons que les autres respectent notre espace, nous devons le respecter nous-mêmes », a-t-elle ajouté. « Rares sont les mosquées qui se transforment en discothèques. »

  • Saint Gilles (1er septembre)

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    saint_gilles_biche.jpgSaint Gilles est à l'honneur dans nos régions. Voici la légende de saint Gilles (par Jacques de Voragine) (source) :

    Aegidius vient de e, sans, geos, terre, et dyan, illustre ou divin. II fut sans terre en méprisant les choses terrestres, illustre par l’éclat de sa science, divin par l’amour qui assimile l’amant avec l’objet aimé.

    (Aegidius), Gilles, né à Athènes, de lignée royale, fut, n'es son enfance, instruit dans les belles lettres. Un jour qu'il se rendait à l’église, il donna sa tunique à un malade gisant sur la place et demandant l’aumône : le malade s'en revêtit et fut aussitôt guéri. Après quoi, son père et sa mère étant morts dans le Seigneur, il fit J.-C. héritier de son patrimoine. Une fois, en revenant de l’église, il rencontra un homme qui avait été mordu par un serpent. Saint Gilles alla au-devant de lui, fit une prière et expulsa le venin. Il y avait dans (église un démoniaque qui troublait les fidèles par ses clameurs, saint Gilles chassa le démon et rendit cet homme à la santé. Or, comme le saint redoutait le danger de la faveur humaine, il s'en alla en cachette sur le rivage de la mer, où ayant vu des matelots luttant contre la tempête, il fit une prière et calma les flots. Les matelots abordèrent et ayant appris que Gilles allait à Rome, ils le remercièrent de sa bienfaisance et lui promirent de le transporter sans frais.

    Après être arrivé à Arles, où il resta deux ans avec saint Césaire, évêque de cette ville, il y guérit un homme attaqué de la fièvre depuis trois ans mais conservant toujours le goût du désert, il s'en alla secrètement et demeura longtemps avec un ermite d'une sainteté remarquable, appelé Vérédôme : et il mérita de faire cesser la stérilité de la terre.

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  • Un saint patron des femmes enceintes et des enfants qu'elles portent

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    Saint Raymond Nonnat, fêté le 31 août (source)

    Peut être une image de texte

    "Raymond, né à Portel, au diocèse d'Urgel, en Catalogne, en 1204, fut surnommé « Nonnat » (non natus) parce que sa mère mourut avant de lui donner le jour, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes et de l'enfant qu'elles portent. Sa mère était morte d'une grave maladie dont elle se vit attaquée au septième mois de sa grossesse ; les médecins assuraient que l'enfant était mort aussi, et que c'était même sa mort qui avait provoqué celle de sa mère ; le père, néanmoins, ne put jamais se résoudre à la voir conduire en terre sans avoir la connaissance de ce qu'elle portait dans ses entrailles ; un de ses parents, qui le vit dans cette perplexité, eut la hardiesse de tirer un poignard de son sein pour en fendre le côté gauche de la défunte, et l'on vit paraître aussitôt un bel enfant plein de vie, contre toute espérance humaine et au grand étonnement de tous ceux qui étaient présents. Son père était de la noble famille des Sarrois, depuis appelée Segers, alliée aux maisons de Foix et de Cardone. Enfant pieux et studieux, fort dévôt à Vierge Marie, il était bouleversé par la misère physique et morale...

    Entré dans l'Ordre des Mercédaires[1], récemment fondé par Pierre Nolasque[2] pour venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des musulmans, Raymond Nonnat fut chargé d'aller à Alger pour racheter ceux que les barbaresques avaient réduits à l'esclavage. Quand il n'eut plus d'argent, il se livra lui-même contre quelques captifs. D'abord traité durement, il obtint ensuite la permission de circuler pour encourager ses compagnons d'infortune et, comme il avait profité de cette relative liberté pour enseigner quelques musulmans qui se convertirent et qu'il baptisa, il aurait été condamné à être empalé si ceux qui lui servaient de caution n'étaient intervenu ; il fut fouetté dans les rues, puis on lui perça les lèvres avec un fer rouge pour y placer un cadenas dont le gouverneur avait la clef.

    Saint Pierre Nolasque finit par rassembler la rançon de Raymond qui, bien qu'il eût voulu rester pour soulager les esclaves chrétiens, obéit à l'ordre de rentrer en Espagne. Peu après, le pape Grégoire IX qui l'appela auprès de lui, le créa cardinal, au titre de Saint-Eustache, sans lui imposer de quitter l'habit de son Ordre. Raymond Nonnat mourut près de Barcelone, avant que d'avoir rejoint le Souverain Pontife. Dès que Raymond Nonnat fut entré dans la maison du comte de Cardone qui était à deux journées de Barcelone, il fut saisi d'une fièvre très-violente, accompagnée de convulsions et de tous les symptômes qui pouvaient être les marques d'une mort prochaine. Il voulut s'y disposer par les moyens ordinaires que l'Eglise présente à tous les fidèles. Mais les religieux de la Merci dépendaient du curé du lieu qui était absent ; il fallut l'attendre pour lui administrer les derniers Sacrements. Alors Raymond, qui craignait de mourir sans être muni du saint Viatique, éleva les yeux au ciel et pria Dieu de ne pas permettre qu'il fût privé de ce bien qu'il désirait avec tant d'ardeur, quoiqu'il s'en reconnût indigne ; et aussitôt il entra, par la porte de la salle où il était couché, en présence du comte, des religieux et de plusieurs autres personnes qui l'assistaient, une belle procession d'hommes inconnus, revêtus d'habits blancs, comme les religieux de la Merci, et tenant chacun un flambeau allumé à la main. Notre-Seigneur les suivait ayant un saint ciboire entre ses mains ; mais la lumière qu'il répandait était si grande, que tous ceux de l'assemblée en furent éblouis : de sorte que personne ne put voir ce qui se passa dans la suite d'une action si miraculeuse qui dura une bonne demi-heure ; après quoi la procession s'en retourna dans le même ordre qu'elle était venue, avec cette différence seulement, qu'en venant, les religieux n'avaient paru que depuis la porte de la chambre jusqu'autour du lit, et, au retour, ils prirent le chemin de la rivière qui arrose le pied du village, et la passèrent à pied sec, marchant sur les eaux comme sur la terre ferme, et disparurent ensuite. Le comte et tous les assistants, qui étaient sortis pour voir la fin de cette merveille, trouvèrent à leur retour le saint cardinal, les genoux en terre, les yeux baignés de larmes, le visage et les mains levés vers le ciel, et comme sortant d'un profond ravissement ; on lui demanda ce qui s'était passé ; mais il ne dit que ce mot de David : « Que le Dieu d'Israël est bon à ceux qui ont le cour droit et innocent[3] ! » Enfin, il avoua qu'il avait reçu le très-auguste Sacrement de nos autels. Ainsi, tous ses désirs étant accomplis, peu de temps après il rendit son esprit à son Créaleur, en prononçant ces paroles du Sauveur expirant sur la croix : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »

    Son visage, après sa mort, devint beau et éclatant comme celui de Moïse, quand il descendit de la montagne où il venait de parler avec Dieu ; et, bien que la chaleur de la saison fùt extrême, et qu'elle fût encore augmentée par le grand concours du peuple qui venait de tous côtés, pour honorer ses précieuses dépouilles, son corps néanmoins ne donna jamais aucune marque de corruption ; il répandait au contraire, par toute la salle, une odeur plus suave que le baume et que les parfums les plus précieux, et il se fit même beaucoup de guérisons surnaturelles, en faveur de ceux que la piété y avait amenés et qui avaient le bonheur de le toucher. Cependant il fallut penser au lieu où l'on mettrait en dépôt un si précieux trésor, et il s'éleva à ce sujet un nouveau ditférend entre le comte de Cardonne qui le voulait retenir, et les religieux de la Merci, qui le voulaient emmener dans leur couvent. Pour apaiser leur contestation, on convint que le saint corps serait mis dans une châsse et ensuite chargé sur une mule aveugle qui ne serait guidée que par son propre instinct, et que le lieu où elle s'arrêterait serait choisi pour cette sépulture. Cet accord fut fidèlement exécuté : car la mule, ayant marché quelque temps, alla s'arrêter enfin proche de l'ermitage de Saint-Nicolas où le serviteur de Dieu avait vu naître sa dévotion envers la sainte Vierge et où cette bonne Mère lui avait fait goûter ses faveurs. Jamais il ne fut possible de faire aller plus avant cette bête : elle fit trois fois le tour de l'ermitage, et ensuite elle tomba morte à la porte de la chapelle.


    [1] Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.

    [2] Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d'Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l'ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d'Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l'exemple de sa piété et de sa charité.

    [3] Psaume LXI 1.

    La suite ICI : http://missel.free.fr/Sanctoral/08/31.php

  • Miserere mihi Domine; introit du 22ème dimanche du temps ordinaire

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    Introitus

    Miserere mihi Domine,
    quoniam ad te clamavi tota die :
    quia tu Domine suavis ac mitis es,
    et copiosus in misericordia
    omnibus invocantibus te.
     
    Ayez pitié de moi, Seigneur,
    car j’ai lancé vers vous mon appel tout au long du jour :
    car vous, Seigneur, vous êtes doux et bon :
    et abondant en miséricorde
    pour tous ceux qui vous invoquent.
    Ps.  1

    Inclina, Domine, aurem tuam,
    et exaudi me :
    quoniam inops, et pauper sum ego.

    Inclinez l’oreille, Seigneur,
    et exaucez-moi :
    car livré à moi-même, je suis sans ressource et malheureux.

  • Le Nouveau Testament : l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés

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    Les plus anciens manuscrits du Nouveau Testament

    Nous le savons tous : aucun original de la Bible n’a survécu. Ce que nous possédons, ce sont uniquement des copies. Pour le Nouveau Testament, ces copies sont particulièrement nombreuses et, pour certaines d’entre elles, remarquablement anciennes. De quand datent les plus anciens manuscrits ? Voici un panorama plus complet et nuancé.

    Les tout premiers témoins ne sont pas de grands livres reliés, mais de petits fragments de papyrus, découverts principalement en Égypte. Leur datation repose exclusivement sur la paléographie (l’étude comparative des écritures). Il s’agit donc de fourchettes approximatives, parfois discutées par les spécialistes, et non de dates précises.

    Le plus célèbre, et généralement considéré comme le plus ancien, est le Papyrus 52 (ou Papyrus Rylands). C’est un minuscule fragment de la taille d’une carte de crédit, contenant quelques versets du chapitre 18 de l’Évangile selon Jean (18,31-33 et 37-38). On l’a longtemps daté vers l’an 125. Des études plus récentes élargissent prudemment la fourchette à environ 125-175, voire un peu plus tard. Même avec cette nuance, il reste l’un des plus anciens, sinon le plus ancien fragment connu du Nouveau Testament.

    Un peu plus tardif, le Papyrus 90, daté de la fin du IIe siècle (environ 150-200), contient également des portions de l’Évangile selon Jean (18,36-19,7). Contrairement à ce que l’on peut parfois lire, il ne comporte pas de texte de Matthieu.

    Vers l’an 200 apparaissent des manuscrits nettement plus substantiels. Le Papyrus 46 (Chester Beatty II) est un codex qui contenait originellement une grande partie des épîtres de saint Paul ainsi que l’Épître aux Hébreux. Il nous en reste environ 86 feuillets, avec de larges portions de Romains, des deux Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens et Hébreux. Sa datation se situe autour de 200 (souvent 175-225).

    À la même époque, le Papyrus 66 (Bodmer II) offre une large portion de l’Évangile selon Jean : presque complet jusqu’au chapitre 14, puis des passages jusqu’au chapitre 21. On le date généralement du début du IIIe siècle, avec une fourchette allant de 150 à 250.

    D’autres papyri importants complètent ce tableau. Le Papyrus 104 (IIe siècle) conserve un fragment de Matthieu. Le Papyrus 45 (début-milieu du IIIe siècle) contient des portions des quatre Évangiles et des Actes. Le Papyrus 75 (début du IIIe siècle) offre de larges extraits de Luc et de Jean, et se révèle très proche textuellement du célèbre Codex Vaticanus.

    Malgré la richesse de ces fragments, il faut attendre le IVe siècle pour disposer de manuscrits presque complets du Nouveau Testament. Après la légalisation du christianisme par Constantin (édit de Milan, 313), les chrétiens ont pu faire copier de grands codex sur parchemin. Deux d’entre eux se distinguent particulièrement :

    • Le Codex Vaticanus, daté d’environ 325-350, contient presque tout le Nouveau Testament (il manque la fin d’Hébreux, les épîtres pastorales, Philémon et l’Apocalypse).
    • Le Codex Sinaiticus, daté d’environ 330-360, est le plus ancien manuscrit connu contenant l’intégralité du Nouveau Testament. Il renferme également une grande partie de l’Ancien Testament (version grecque de la Septante), ainsi que l’Épître de Barnabas et le Pasteur d’Hermas.

    Trois cent cinquante ans après les événements rapportés dans le Nouveau Testament, c’est à la fois court et long. Court, si l’on compare avec les œuvres des philosophes ou des historiens de l’Antiquité : pour Platon, Aristote ou la Guerre des Gaules de César, les plus anciennes copies complètes datent souvent de huit cents à quatorze cents ans après la rédaction originale. Long, si l’on imagine que le plus ancien récit des apparitions de la Vierge à Beauraing (1932-1933) ne daterait que de 2280 ou 2300.

    Parallèlement à la transmission des textes, la question du canon se pose : quels livres font autorité ? La première liste qui correspond exactement aux vingt-sept livres du Nouveau Testament tel que nous le connaissons apparaît en 367, dans la 39e lettre festale de saint Athanase d’Alexandrie. Cette liste est ensuite confirmée au concile de Rome de 382 sous le pape Damase Ier, puis aux conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397 et 419). Ce n’est toutefois qu’au concile de Trente, en 1546, que l’Église catholique a solennellement défini ce canon (Ancien et Nouveau Testament) comme un dogme, en réaction aux contestations de la Réforme.

    Aujourd’hui, on dénombre plus de 140 papyri du Nouveau Testament, dont une soixantaine antérieurs à l’an 300, et plus de 5 800 manuscrits grecs au total. Cette abondance exceptionnelle, combinée à la relative proximité chronologique des plus anciens témoins, fait du Nouveau Testament l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés.

    (avec l'IA)

  • Décollation de saint Jean-Baptiste (29 août)

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    Décollation de saint Jean-Baptiste par le Caravage (Malte - La Valette - Musée de Saint-Jean)

    "Saint Jean-Baptiste, inspiré par l'Esprit de Dieu, se retira au désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé. Il y vécut, depuis son enfance jusqu'à trente ans, dans la pénitence, la prière et la contemplation. Sa trentième année, il parut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d'où lui est venu le nom de Baptiste ou Baptiseur. Déjà le Sauveur Lui-même avait reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste, et celui-ci avait rendu à l'Agneau de Dieu les plus glorieux témoignages.

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  • L’opposition à la messe traditionnelle en latin disparaîtra avec la génération de 1968 (cardinal Sarah)

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    De Diane Montagna sur son substack :

    Cardinal Sarah : L’opposition à la messe traditionnelle en latin disparaîtra avec la génération de 1968.

    Dans une nouvelle interview, le cardinal qualifie les restrictions imposées par le pape François à l'ancien rite de « ni sages ni respectueuses » envers Benoît XVI.

    Dans un nouvel entretien accordé au journaliste italien Nico Spuntoni et publié aujourd'hui dans Il Giornale , l'ancien préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements affirme que l'opposition à la liturgie traditionnelle se limite à des « cercles culturels repliés sur eux-mêmes », davantage ancrés dans la psychologie que dans le fond. Il prédit qu'une fois l'influence de la génération de 1968 passée, les « positions unilatérales et sans fondement » qui ont nui au rayonnement culturel du catholicisme latin disparaîtront également – ​​un changement qu'il entrevoit pour la messe traditionnelle en latin et pour la tradition en général.

    Le cardinal porte également un jugement sévère sur les restrictions imposées en 2021 par le pape François à l'ancien rite. Il juge l'encyclique Traditionis Custodes peu judicieuse et irrespectueuse envers Benoît XVI, qui, selon lui, a accepté cette décision avec la douceur d'un agneau, même lorsqu'elle lui a été imposée de son vivant. L'accès aux formes rituelles « reconnues et utilisées depuis des siècles », insiste le cardinal Sarah, ne saurait être légitimement restreint par décret. Il condamne sans équivoque l'hostilité envers les catholiques attachés à la tradition, la qualifiant de « myope », de « purement idéologique » et, en définitive, de « nuisible et destructrice pour l'Église ».

    Voici la traduction anglaise de l'intégralité de l'interview, publiée avec l'aimable autorisation de l'auteur.


    « Mais c’est la messe traditionnelle qui aide les prêtres à mieux célébrer. »

    par Nico Spuntoni

    La dénonciation des abus liturgiques excessifs est l'un des thèmes de prédilection du cardinal Robert Sarah, ancien préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. Il revient sur ce sujet dans son dernier ouvrage, Le Cantique de l'Agneau : Musique sacrée et liturgie céleste , coécrit avec Peter Carter et publié aux éditions Cantagalli.

    Éminence, croyez-vous qu'il existe une aversion pour le chant latin et grégorien dans certaines parties de l'Église ?

    Il me semble qu'il s'agit d'une aversion confinée à quelques cercles culturels autoréférentiels — davantage une question de psychologie que de fond — et je pense qu'il s'agit simplement d'un problème générationnel : une fois que la génération de 1968 aura disparu, ces positions unilatérales et sans fondement, qui diminuent la stature culturelle même du catholicisme latin, disparaîtront avec elle.

    Benoît XVI était convaincu que la forme extraordinaire — la messe en latin — pouvait influencer positivement les célébrations de la forme ordinaire qui manquaient de sens du sacré. Avait-il raison ?

    Parmi les effets de la libéralisation de la forme extraordinaire, on note une influence positive – que je qualifierais même de correctif – sur les éventuels abus dans la célébration de la forme ordinaire. Ces abus sont des actes extrêmement graves, mais il ne faut jamais les confondre avec la forme ordinaire elle-même. De nombreux prêtres témoignent que la découverte de la forme extraordinaire les a aidés à mieux célébrer. Je crois que l’intention de Benoît XVI reflétait aussi un instinct profondément humble et démocratique : garantir l’accès le plus large possible à cette forme, afin que, au fil des décennies, le peuple de Dieu puisse choisir lui-même celle qui incarnait le mieux sa foi vécue. Mais tout cela a été anéanti par Traditionis Custodes , du vivant même du pape émérite.

    Comment jugez-vous cela ?

    Cela ne me semblait ni sage ni respectueux. Mais Benoît, humble comme un agneau, s'est laissé aller à l'humilité et, dans le silence et la prière, a offert ses souffrances à Dieu, afin de mieux participer aux souffrances du Christ pour son Église et de la purifier.

    Que pensez-vous des appels à abroger ces restrictions ?

    L'accès aux formes rituelles reconnues et utilisées depuis des siècles ne saurait être artificiellement restreint par décret. Si un rite cessait de servir la foi, il disparaîtrait de lui-même ; mais s'il la préserve et la nourrit, ne le limitons jamais, car ce faisant, nous entraverions la préservation et la diffusion de la foi elle-même.

    Que diriez-vous aux nombreux fidèles attirés par l'ancienne liturgie et qui doivent parfois parcourir des kilomètres pour assister à une messe ?

    Je ne peux qu'admirer cette profonde expression d'amour pour Dieu. Ce phénomène se répand. Si la hiérarchie se montre capable de véritablement déchiffrer les signes de notre époque — plutôt que ceux de 1968, qui arrivent une fois de plus trop tard —, alors un dialogue fraternel et pacifique pourra s'instaurer.

    En tant qu'Église, nous ne pouvons pas condamner ceux qui assistent fidèlement à la messe simplement parce qu'ils préfèrent une forme de messe à une autre. Ce serait une position à courte vue, purement idéologique, non pastorale et non chrétienne. Elle serait nuisible et destructrice pour l'Église.

  • Le combat chrétien selon saint Augustin, père de l'Eglise (28 août)

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    003.jpgA consulter : http://peresdeleglise.free.fr/Augustin/augustin.htm

    Le combat chrétien

    La couronne de la victoire n'est promise qu'à ceux qui combattent. Dans les divines écritures, nous trouvons continuellement que la couronne nous est promise si nous sommes vainqueurs. Mais pour ne pas abuser des citations, on lit en toutes lettres dans l'apôtre Paul : « J'ai parfait mon oeuvre, j'ai achevé ma course, j'ai conservé la foi, je n'ai plus à attendre que la couronne de justice. »

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  • Monique : la sainteté d'une mère

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    On célèbre aujourd'hui la fête de sainte Monique, mère de saint Augustin. Elle occupe une large place dans les Confessions. Nous reproduisons ci-dessous un entretien entre cette mère et son fils sur le bonheur de la vie éternelle (chapitre X):

    A l’approche du jour où elle devait sortir de cette vie, jour que nous ignorions, et connu de vous, il arriva, je crois, par votre disposition secrète, que nous nous trouvions seuls, elle et moi, appuyés contre une fenêtre, d’où la vue s’étendait sur le jardin de la maison où nous étions descendus, au port d’Ostie. C’est là que, loin de la foule, après les fatigues d’une longue route, nous attendions le moment de la traversée.

    Nous étions seuls, conversant avec une ineffable douceur, et dans l’oubli du passé, dévorant l’horizon de l’avenir ( Philip. III, 13), nous cherchions entre nous, en présence de la Vérité que vous êtes, quelle sera pour les saints cette vie éternelle « que l’oeil n’a pas vue, que l’oreille n’a pas entendue, et où n’atteint pas le cœur de l’homme (I Cor. II, 9). » Et nous aspirions des lèvres de l’âme aux sublimes courants de votre fontaine, fontaine de vie qui réside en vous (Ps. XXXV, 10), afin que, pénétrée selon sa mesure de la rosée céleste, notre pensée pût planer dans les hauteurs.

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