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Patrimoine religieux

  • Une méditation du XIIIe siècle sur le Coeur de Jésus

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    De saint Bonaventure, fêté aujourd'hui :

    saint bonaventure  3.jpg« Voyant que Jésus était déjà mort..., un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; il en sortit du sang et de l'eau » (Jn 19,33-34)

          Ils ont creusé non seulement ses mains et ses pieds (Ps 21,17), mais ont percé son côté et ont ouvert l'intérieur de son cœur très saint qui avait été déjà blessé par la lance de l'amour... Approchons-nous, et nous tressaillirons, nous nous réjouirons en toi, au souvenir de ton cœur. Oh qu'il est bon, qu'il est agréable d'habiter en ce cœur ! (cf Ps 132,2) Ton cœur, ô bon Jésus, est un vrai trésor, une perle précieuse, que nous avons trouvée en fouillant dans le champ de ton corps (Mt 13,44-45). Qui la rejetterait ? Bien plutôt, je donnerai tout ; en échange, je livrerai toutes mes pensées et tous mes désirs pour me la procurer, jetant toutes mes préoccupations dans le cœur du Seigneur Jésus, et sans nul doute ce cœur me nourrira.

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  • Édouard de Habsbourg-Lorraine : Pourquoi le christianisme demeure le fondement de l'Europe

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    De Jan-C Bentz sur le Catholic Herald :

    Édouard de Habsbourg-Lorraine : Pourquoi le christianisme demeure le fondement de l'Europe

    Eduard de Habsbourg-Lorraine est devenu l'un des plus éloquents défenseurs du christianisme, de la vie familiale et du patrimoine culturel d'Europe centrale. Membre de la maison de Habsbourg, diplomate, auteur et commentateur, il a été ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège et de l'Ordre souverain de Malte de 2015 à cette année. Outre ses activités diplomatiques, il est l'auteur de plusieurs ouvrages à succès, dont « La Voie des Habsbourg » , qui explore les vertus ayant façonné la dynastie des Habsbourg ; « Construire une famille saine dans un monde brisé » ; et, plus récemment, sa défense passionnée de la liturgie romaine traditionnelle dans « À la découverte de la messe latine » , où il s'interroge sur la portée culturelle et spirituelle de l'héritage liturgique de l'Église.

    Lors de la récente conférence ARC à Londres (Alliance for Responsible Citizenship), Habsbourg a évoqué la contribution particulière de l'Europe centrale à l'avenir de l'Europe, la relation entre la foi et le conservatisme, et le désir croissant des jeunes générations pour une vision politique et culturelle plus enracinée.

    Le Catholic Herald : Vous avez parlé de l’Europe centrale et de sa contribution à l’Europe. Que peut apporter l’Europe centrale au reste du continent ?

    Eduard Habsburg-Lothringen : Ce qui caractérise l'Europe centrale, c'est que ses nations connaissent très bien l'équilibre complexe entre souveraineté nationale et appartenance à quelque chose de plus grand que soi.

    Ils ont appris cela sous la monarchie des Habsbourg.

    Pendant des siècles, des peuples très différents ont vécu au sein d'un cadre politique plus vaste tout en conservant leurs identités, leurs langues et leurs traditions propres. Plus tard, après l'effondrement de l'Empire et à travers les douloureuses expériences du XXe siècle, ils ont réappris ces leçons sous d'autres formes.

    De ce fait, des pays comme la Hongrie, l'Autriche, la Slovaquie, la Slovénie, la République tchèque et même certaines régions des Balkans occidentaux possèdent une compréhension particulièrement fine des relations entre autorité centrale, subsidiarité, souveraineté et identité nationale.

    Il existe une remarquable continuité culturelle dans toute la région. Que l'on voyage à travers la Hongrie, la Slovaquie, certaines parties de la Croatie ou même l'ouest de l'Ukraine, on rencontre encore des traces d'une langue culturelle commune qui s'est développée au fil des siècles.

    Parallèlement, nombre de ces nations luttèrent âprement pour leur indépendance, parfois même contre les Habsbourg qui les avaient gouvernées. Cette expérience leur conféra un instinct particulièrement aigu pour le maintien de leur souveraineté tout en participant à des structures politiques plus vastes.

    C’est pourquoi l’Europe centrale est devenue une voix si importante au sein de l’Europe aujourd’hui. Ces pays comprennent à la fois la valeur de l’autonomie nationale et les avantages d’une coopération plus large.

    CH : L’Europe est-elle disposée à écouter cette voix ?

    EHL : Il existe toujours une tentation vers une plus grande centralisation.

    Lorsqu'une bureaucratie importante existe, elle tend naturellement à étendre son autorité. Les bureaucraties sont vulnérables à cette tentation. Face à cette tendance, plusieurs pays d'Europe centrale se sont fait les fervents défenseurs du principe de subsidiarité et de la responsabilité nationale. Ils rappellent que l'Europe est plus forte lorsque les nations souveraines contribuent librement à un projet commun, au lieu d'être réduites à de simples unités administratives.

    Je crois que l'importance de cette voix ne cessera de croître car l'évolution politique semble de plus en plus aller dans ce sens.

    CH : Quelle a été votre impression d’ARC jusqu’à présent ?

    EHL : Je dois dire que je suis sincèrement enthousiaste.

    Pour moi, c'est une expérience totalement inédite de me retrouver réuni avec quatre mille personnes dans un cadre pareil.

    J'ai passé beaucoup de temps à interroger les participants sur ce qui, selon eux, les unit tous ici. Après tout, ils viennent de pays différents, de religions différentes, de traditions politiques différentes et même d'interprétations différentes de ce que signifie être conservateur.

    La réponse que j'ai trouvée la plus convaincante, c'est l'espoir.

    Il règne un fort sentiment de volonté d'avancer dans la bonne direction. On observe une vision optimiste de l'avenir de la société. Je perçois très peu de pessimisme et de morosité. Au contraire, je vois des gens se demander ce qui peut être construit, ce qui peut être renforcé et ce qui peut être renouvelé. L'un des aspects les plus importants d'ARC réside non seulement dans les conférences, mais aussi dans les échanges qui s'ensuivent. Les participants retrouvent régulièrement d'anciens amis, font de nouvelles rencontres et discutent de projets d'avenir.

    Ce qui me frappe également, c'est que la conférence ne s'articule pas autour d'une poignée de personnalités charismatiques. On y ressent un esprit d'égalité et un objectif commun. Cela permet de privilégier les idées plutôt que les figures individuelles.

    CH : Tout au long de la conférence, les valeurs chrétiennes ont été largement abordées. En tant que catholique, quelle contribution particulière les catholiques peuvent-ils apporter à ce débat ?

    EHL : La première chose que je dirais, c’est que la mission de l’Église catholique n’est pas d’améliorer la société.

    Cela peut paraître surprenant, mais l'Église existe avant tout pour aider les gens à connaître Dieu, à vivre avec lui et, en fin de compte, à atteindre le ciel. Bien sûr, les catholiques peuvent apporter une contribution importante aux débats conservateurs. En fait, je pense que notre contribution la plus importante est de rappeler aux conservateurs que les valeurs dissociées de la foi s'érodent inévitablement.

    Les valeurs conservatrices ne peuvent perdurer sans les convictions religieuses qui les sous-tendent. Prenons l'exemple de la famille. L'idée d'une famille nombreuse n'a guère de sens si l'on n'a pas la foi. Rares sont ceux qui acceptent les sacrifices, les charges et les responsabilités liés à l'éducation des enfants par simple principe politique abstrait. Ces sacrifices sont consentis parce que l'on croit en quelque chose de plus profond.

    C’est pourquoi je souhaite voir une voix catholique plus forte et plus affirmée au sein du mouvement conservateur. Les catholiques peuvent rappeler à tous le fondement sans lequel tout finit par s’effondrer.

    CH : ARC rassemble des catholiques, des protestants, des orthodoxes et même des personnes d’autres confessions. Quel est votre avis sur cet aspect de la conférence ?

    EHL : C’est précisément ce que j’apprécie le plus.

    Le pape François a souvent parlé d’un « œcuménisme de sang ». Il voulait dire par là que ceux qui persécutent les chrétiens ne se soucient généralement pas de savoir si leurs victimes sont catholiques, protestantes ou orthodoxes. De son côté, ARC crée un espace de coopération constructive entre chrétiens de différentes traditions, voire entre croyants de différentes religions.

    Cela ne signifie pas faire comme si nos différences n'existaient pas. Je ne crois pas que l'œcuménisme fonctionne en estompant les distinctions doctrinales. Il s'agit plutôt de reconnaître nos préoccupations communes et les domaines où nous pouvons collaborer. À ARC, je peux discuter avec un évêque anglican, puis avec un responsable évangélique, puis avec une personne d'une tradition chrétienne totalement différente, et pourtant reconnaître un héritage commun et une préoccupation partagée pour l'avenir.

    Voilà, je crois, ce qu'est un véritable œcuménisme.

    CH : Enfin, quel serait votre message civilisationnel aux jeunes chrétiens ?

    EHL : Je perçois un attrait croissant pour les valeurs conservatrices chez les jeunes générations.

    Dans de nombreux domaines – au sein de l'Église, en politique et dans la culture en général – la jeune génération se montre en réalité plus conservatrice que les précédentes. Je pense que quelque chose d'important est en train de se produire.

    Des conférences comme ARC offrent des espaces où l'on peut reconnaître ce fait, en discuter ouvertement et se soutenir mutuellement. Après les nombreuses conversations que j'ai eues ici, je suis plus optimiste quant à l'avenir politique qu'avant mon arrivée. Mon plus grand souhait est que des jeunes animés de véritables convictions chrétiennes s'engagent en politique. Nos systèmes politiques ne facilitent peut-être pas encore cette démarche. La politique exige inévitablement des compromis, et l'hésitation de nombreux chrétiens est compréhensible. Mais je souhaite ardemment voir des jeunes hommes et femmes, profondément croyants et aux convictions claires, s'engager dans la vie publique et œuvrer avec courage pour la famille, la vie humaine et les valeurs chrétiennes.

    Pour l'instant, cela peut paraître presque irréaliste. Mais peut-être que cela aussi peut changer.

  • La messe traditionnelle en latin et les fins dernières

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    La messe traditionnelle en latin et les fins dernières

    13 juillet 2026

    J’ai récemment assisté aux funérailles d’un jeune homme décédé tragiquement. Il s’agissait d’une messe solennelle en latin traditionnel, tout à fait licite et même honorée par la présence de notre évêque local, de son prédécesseur à la retraite et d’une vingtaine de prêtres. Cette liturgie, cependant, était – toutes considérations extérieures mises à part – certainement pas quelque chose qui pouvait se réduire aux controverses entourant les récentes consécrations de la Fraternité Saint-Pie X, aux va-et-vient autour de *Traditionis custodes* (la restriction drastique de la messe traditionnelle par le pape François), ou aux répercussions à court et à long terme de *Sacrosanctum Concilium* (le document de Vatican II sur la liturgie). Tout était orienté vers la prière pour le destin éternel de l’âme de ce jeune homme et de nos âmes à tous, ce qui – malheureusement – semble faire l’objet de peu d’attention dans l’Église d’aujourd’hui, même lors des funérailles.

    Ce fut une expérience profondément émouvante, qui m’a amené à réfléchir, par la suite, à la raison pour laquelle les funérailles modernes ne le sont si souvent pas. On a assisté à un glissement massif au sein de l’Église vers ce que l’on appelle souvent – même lors de funérailles catholiques – des « célébrations de la vie » d’une personne décédée. Et il semble y avoir un courant sous-jacent tacite selon lequel, malgré tous les avertissements de Notre Seigneur concernant l’étroitesse de la porte, tout le monde finit par aller au Ciel. 

    (Soit dit en passant, il ne sert à rien de reprocher à Hans Urs von Balthasar ou, plus récemment, à des personnalités telles que Mgr Robert Barron, entre autres, d’encourager cette attitude. J’ai remarqué, pendant le rosaire précédant la messe, que la prière de Fatima contient la formule suivante : « Et conduis toutes les âmes au Ciel, en particulier celles qui ont le plus besoin de ta miséricorde. » Bien sûr. La prière ne dit pas que tous sont sauvés, ni même que beaucoup le sont. Et en vérité, à en juger par les Écritures, nous ne le sommes pas tous. Mais elle exprime certainement cet espoir, que nous devrions tous nourrir.)

    Pourtant, cette hypothèse simpliste selon laquelle tous ou presque tous sont sauvés n’est pas seulement une question théologique. Nous devons reconnaître qu’elle court-circuite fondamentalement toute la vie chrétienne, qui est au minimum un drame, et souvent une bataille spirituelle. Sinon, pourquoi Jésus a-t-il dû mourir sur la croix pour nous sauver ? Pourquoi, d’ailleurs, doit-Il nous dire de tout quitter et de Le suivre ? 

    Nous savons que l’œuvre missionnaire (aujourd’hui remplacée par le terme plus chic mais plus vague d’« évangélisation ») s’est également essoufflée ces dernières années. Est-ce exagéré de penser que les missionnaires ne sont désormais qu’une victime de plus de ce « dialogue » et de ce « respect » mous et stéréotypés envers les autres religions (et celles qui n’en ont aucune), qui semblent avoir supplanté le commandement de prêcher l’Évangile à toutes les nations ? Et n’est-ce pas là aussi une autre conséquence de cette étiquette actuelle selon laquelle tout le monde va éternellement bien, quelles que soient ses croyances ou, bien souvent, même ses actes ?  

    Il fut un temps où tout le monde au sein de l’Église, même les écoliers (comme moi), apprenait les « quatre dernières choses » : la mort, le jugement dernier, le paradis et l’enfer. On ne faisait pas preuve de délicatesse lorsqu’on abordait ces questions ultimes – mais c’était avant l’avènement des « chrétiens fragiles ». Tout cela figure toujours dans le Catéchisme de l’Église catholique (¶ 1020-1060). Mais y a-t-il encore quelqu’un pour prêcher ces vérités ou les prendre au sérieux ? Et combien de temps faudra-t-il avant qu’elles ne disparaissent complètement de la catéchèse, si l’on ne se concentre pas à nouveau sur l’essentiel ? 

    Il existe même des enseignements, des enseignements catholiques, dans le Catéchisme concernant le purgatoire. Un débat de longue date oppose catholiques et protestants sur la question de savoir si le purgatoire est mentionné dans la Bible. Si l’on accepte le texte de l’Ancien Testament utilisé par l’Église primitive, qui comprenait des prières pour les défunts (les Maccabées), le purgatoire en est la conséquence logique. Ce n’est pas le cas si l’on opte pour le canon restreint des Écritures juives, comme le font certains protestants, qui a connu une histoire complexe mais a probablement été défini quelques siècles plus tard par le judaïsme rabbinique après la destruction de Jérusalem et la dispersion des Juifs. 

    Si l’on y réfléchit un instant, à moins que le purgatoire n’existe, cela n’a aucun sens de prier pour les âmes des défunts. Les familles et les amis des défunts peuvent bien sûr se réunir pour faire leur deuil et se souvenir d’eux. Mais sans le purgatoire, il n’est pas étonnant que la prière pour les défunts – même longtemps après leur décès – ou les messes funéraires aient perdu la profondeur que leur confère encore l’ancienne messe tridentine. 

    Cela contraste fortement avec l’ensemble du passé chrétien, où le passage de cette vie à l’autre était l’essentiel, où il s’agissait littéralement de questions de vie et de mort éternelles. 

    Il existe encore certains endroits où ces vérités sont comprises. Et où l’on comprend également que cette perspective sur l’éternité a aussi des conséquences dans ce monde-ci.

    Dans un récent podcast de « Faith under Siege » (ici), je me suis entretenu avec Mgr Bashar Warda, archevêque catholique chaldéen d’Irbil, en Irak, où le christianisme est présent sans interruption depuis environ l’an 100 après J.-C. Parmi les propos marquants qu’il a tenus, il a parlé avec éloquence – nous n’avions pas prévu cela à l’avance – de la manière dont l’Église locale est confrontée à une réalité difficile, au-delà des tensions habituelles du Moyen-Orient. 

    Des musulmans viennent les voir après avoir rêvé de Jésus et souhaitent en savoir plus sur Lui (le vrai Jésus, et non la version islamique erronée d’un point de vue historique). C’est dangereux, comme il le dit franchement à ces personnes en quête de vérité – tant pour elles que pour l’Église, car l’apostasie de l’islam peut entraîner la mort de toutes les personnes impliquées. 

    Le bon archevêque gère ces situations du mieux qu’il peut, mais il a avoué craindre de se retrouver un jour devant saint Pierre et de devoir rendre compte de la manière dont il a traité les personnes venues vers lui à la recherche de Jésus-Christ. Et l’on entend des récits similaires concernant des musulmans en Europe occidentale, voire en Iran.

    C’est une bonne chose, mais relativement plus facile, que de rechercher la paix avec les autres religions, entre les nations, voire avec la Création.

    Mais combien d’entre nous qui lisons ces lignes – y compris l’auteur de ces lignes – prenons le risque plus grand de proclamer la Vérité ? On ne le fait que si l’on est capable de voir au-delà des choses présentes, qui passeront, et de comprendre que seules les fins dernières subsisteront en définitive.

  • Lorsque j’ai crié vers le Seigneur, Il a exaucé ma voix (Introït du 15e dimanche du T.O.)

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    Lorsque j’ai crié vers le Seigneur, Il a exaucé ma voix ; Il m’a délivré de tous ceux qui s’approchent pour me perdre. Lui qui est avant tous les siècles et qui subsistera éternellement, les a humiliés. Jette tes pensées dans le Seigneur et Lui-même te nourrira. Ps. Exauce, ô Dieu, ma prière, et ne méprise pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi.

  • Saint Benoît, père de l'Europe chrétienne

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    saint_Benoit.jpgJean-François Mangin résume, dans la notice reprise ci-dessous, l'apport de saint Benoît. Il rejoint notre concitoyen Léo Moulin, agnostique, qui avait une immense admiration pour la Règle de saint Benoît, véritable modèle d'équilibre. Benoît nous est proche : n'a-t-il pas vécu dans une époque de décomposition, celle qui suivit la chute de l'empire romain, et n'a-t-il pas, en ces temps troublés, jeté les bases d'une civillisation nouvelle dont les abbayes seront les noyaux? C'est ce qui lui a valu d'être proclamé patron de l'Europe. Cela devrait nous inciter, plutôt qu'à nous lamenter sur tous les symptômes de la décrépitude actuelle, à tourner le dos à ce qui meurt sous nos yeux pour semer de nouveaux germes de vie...

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  • Benoît, père des moines d'Occident (11 juillet)

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    fondazione-agraria-celebrazioni-120-events-images-san-benedetto.pngLors de l'audience générale du mercredi 9 avril 2008, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à l'évocation du père des moines d'Occident : saint Benoît de Nursie :

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais parler aujourd'hui de saint Benoît, fondateur du monachisme occidental, et aussi Patron de mon pontificat. Je commence par une parole de saint Grégoire le Grand, qui écrit à propos de saint Benoît:  "L'homme de Dieu qui brilla sur cette terre par de si nombreux miracles, ne brilla pas moins par l'éloquence avec laquelle il sut exposer sa doctrine" (Dial. II, 36). Telles sont les paroles que ce grand Pape écrivit en l'an 592; le saint moine était mort à peine 50 ans auparavant et il était encore vivant dans la mémoire des personnes et en particulier dans le florissant Ordre religieux qu'il avait fondé. Saint Benoît de Nursie, par sa vie et par son œuvre, a exercé une influence fondamentale sur le développement de la civilisation et de la culture européenne. La source la plus importante à propos de la vie de ce saint est le deuxième livre des Dialogues de saint Grégoire le Grand. Il ne s'agit pas d'une biographie au sens classique. Selon les idées de son temps, il voulut illustrer à travers l'exemple d'un homme concret - précisément saint Benoît - l'ascension au sommet de la contemplation, qui peut être réalisée par celui qui s'abandonne à Dieu. Il nous donne donc un modèle  de  la  vie  humaine  comme ascension vers le sommet de la perfection. Saint Grégoire le Grand raconte également dans ce livre des Dialogues de nombreux miracles accomplis par le saint, et ici aussi il ne veut pas raconter simplement quelque chose d'étrange, mais démontrer comment Dieu, en admonestant, en aidant et aussi en punissant, intervient dans les situations concrètes de la vie de l'homme. Il veut démontrer que Dieu n'est pas une hypothèse lointaine placée à l'origine du monde, mais qu'il est présent dans la vie de l'homme, de tout homme.

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  • 11 juillet : fête de saint Benoît

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    250px-HeisterbachDialogusDetail.jpgLa fête de saint Benoît, célébrée le 11 juillet, est celle de la translation de ses reliques. Le corps de saint Benoît reposa d’abord au Mont Cassin qui, après le passage des Lombards, resta vide de moines. En 672, l’abbé de Fleury, Mummolus, envoya au Mont Cassin une troupe de moines, sous la conduite d’Aigulphe, pour récupérer les reliques de saint Benoît. Petronax ayant restauré le Mont Cassin, le pape Zacharie, en 750, demanda la restitution du corps de saint Benoît dont l’abbé de Fleury ne rendit qu’une part, entre 755 et 757.

    La fête de saint Benoît ne devrait pas être pour nous un simple fait d'une histoire fort ancienne, tant l’esprit de saint Benoît est toujours présent et à l'œuvre dans l'Eglise. La Règle qu'il nous a laissée et dont on a pu dire qu'elle nous donnait un reflet particulièrement pur de l'Evangile, comme le témoignage de sa vie sont pleinement actuels non seulement pour ses fils et ses filles, les moines et les moniales, mais aussi pour tous les fidèles. C'est, pour chacun d'entre nous une invitation à la prière, à la médiation des textes saints et à la charité fraternelle.

    Prologue de la règle de St Benoît

    «… Avant tout, demande à Dieu par une très instante prière qu'il mène à bonne fin tout bien que tu entreprends. Ainsi, celui qui a déjà daigné nous admettre au nombre de ses enfants n'aura pas sujet, un jour, de s'affliger de notre mauvaise conduite. Car, en tout temps, il faut avoir un tel soin d'employer à son service les biens qu'il a mis en nous, que non seulement il n'ait pas lieu, comme un père offensé, de priver ses fils de leur héritage, mais encore qu'il ne soit pas obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n'auraient pas voulu le suivre pour entrer dans la gloire. Levons-nous donc enfin, l'Écriture nous y invite : l'heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil. Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise. Ayons les oreilles attentives à l'avertissement que Dieu nous adresse chaque jour : Si vous entendez aujourd'hui sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs, et ailleurs : Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises. Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.

    Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple à laquelle il fait entendre ces appels, dit encore : Quel est celui qui désire la vie et souhaite voir des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu lui réponds : « C'est moi », Dieu te réplique: Si tu veux jouir de la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres de toute parole trompeuse ; détourne-toi du mal et fais le bien; recherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux veilleront sur vous et mes oreilles seront attentives à vos prières, et avant méme que vous ne m'invoquiez, je vous dirai : Me voici. Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ; Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie. Ceignons donc nos reins par la foi et la pratique des bonnes œuvres; sous la conduite de l'Évangile, avançons dans ses chemins, afin de mériter de voir un jour Celui qui nous a appelés dans son royaume. Si nous voulons habiter dans le tabernacle de ce royaume, sachons qu'on n'y parvient que si l'on y court par les bonnes actions.

    Comme il y a un zèle amer, mauvais, qui sépare de Dieu et conduit en enfer, de même il y a un bon zèle qui éloigne des vices, et conduit à Dieu et à la vie éternelle. C'est ce zèle que les moines doivent pratiquer avec une ardente charité, c'est-à-dire : Ils s'honoreront mutuellement de leurs prévenances. Ils supporteront très patiemment les infirmités d'autrui, tant celles du corps que celles de l'esprit. Ils s'obéiront à l'envi les uns aux autres. Nul ne recherchera ce qu'il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l'est pour autrui. Ils se rendront chastement les devoirs de la charité fraternelle. Ils auront pour Dieu une crainte inspirée par l'amour : ils auront pour leur abbé un amour humble et sincère. Ils ne préféreront absolument rien au Christ, qui veut nous conduire tous ensemble à la vie éternelle.

     Réf : Saint Benoît

  • Lire en été : “Les mutations de l’Eglise catholique au XXème siècle” de Marcel De Corte

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    Du site de la FSSPX :

    Lecture d’été : “Les mutations de l’Eglise catholique au XXème siècle” de Marcel De Corte

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    Pour le troisième volume de la collection « Marcel De Corte », les éditions Hora Decima proposent les textes et les analyses du célèbre philosophe sur la crise traversée par l’Église après le concile Vatican II, telle qu’il a pu la vivre à son rang de laïc engagé et d’intellectuel catholique intervenant dans les débats de l’époque. Après d’autres, il s’agit là d’un témoignage historique sur une époque difficile pour l’Église.

    Professeur de philosophie à l’Université de Liège en Belgique, Marcel De Corte 1905-1994 était un catholique convaincu et engagé, qui nourrissait un profond amour de l’Église. Il montra une inquiétude très vive devant l’évolution qu’elle connaissait dans la deuxième moitié du XXe siècle, ce qui l’amena à publier de nombreux articles dans diverses revues pour en rendre compte : ItinérairesCourrier de RomeL’Ordre français...

    Cet ouvrage réunit pour la première fois une anthologie raisonnée de ses analyses des bouleversements survenus dans l’Église à partir des années 1960. Le présent recueil offre ainsi une synthèse de la pensée religieuse de Marcel De Corte.

    Il s’honore d'une préface de Mère Marie-Geneviève Rivière qui fut durant trente ans (1993-2023), prieure générale de la Congrégation des dominicaines enseignantes du Saint-Nom-de-Jésus de Fanjeaux.

    Référence de l’ouvrage

    Marcel De Corte
    Les mutations de l’Église catholique au XXᵉ siècle – Où en est le catholicisme ?
    Préface de Mère Marie-Geneviève Rivière.
    Collection Marcel De Corte.
    Éditions Hora Decima, 2025.
    536 pages – Format : 13,5 × 22 × 2,8 cm.
    ISBN/EAN : 9782915844245.
    Prix : 25,50 € TTC.

    Présentation par Mère Marie-Elisabeth sur TV Libertés

    (Sources : TV Libertés - FSSPX Actualités)
  • Gardons la Tradition et continuons !

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    De Dom Alcuin Reid sur AdVaticanum :

    Gardons la Tradition et continuons !

    5 juillet 2026

    À la suite de la déclaration du Vatican selon laquelle les évêques de la Fraternité Saint-Pie X se sont excommuniés eux-mêmes, Dom Alcuin Reid appelle à redoubler d’efforts en faveur de l’unité catholique

    + Ad te Domine, clamabo, Deus meus, ne sileas a me ; ne quando taceas a me, et assimilabor descendentibus in lacum : c’est ainsi que l’Église chante l’introït de cette sainte messe. « Vers toi, ô Seigneur, je crie ; mon rocher, ne reste pas sourd à ma voix, de peur que, si tu me fais taire, je ne devienne comme ceux qui descendent dans la fosse. »

    Par ces premiers mots du Psaume 27, la Sainte Liturgie exprime avec justesse la détresse de nombreuses âmes face aux événements ecclésiaux de ces derniers jours. Que l’on admette ou non que la désobéissance de conscience à une loi positive (c’est-à-dire humaine, et non divine) (en ce qui concerne la consécration des évêques) soit ou ait été justifiée dans les circonstances actuelles, et que l’on puisse donc tolérer une désobéissance matérielle mais non formelle (c’est-à-dire en réalité un péché grave) à l’autorité ecclésiastique, nous sommes désormais confrontés à une nouvelle crise — d’ordre pastoral —, dans laquelle les fidèles dont le seul désir est d’être fidèles à l’Église et de sauver leur âme ainsi que celles de leur famille sont menacés par le péché de schisme et la peine d’excommunication. Leur détresse est réelle et elle est aggravée par des commentaires souvent loin d’être exacts et dépourvus de la précision pastorale nécessaire. À juste titre, ils ont le sentiment que tout cela est tout simplement trop. C’est à juste titre que beaucoup s’écrient ce matin : « C’est vers toi, ô Seigneur, que j’appelle ; mon rocher, ne reste pas sourd à ma voix, de peur que, si tu me réponds par le silence, je ne devienne comme ceux qui descendent dans la fosse. »

    Soyons donc clairs : il n’y a aucun péché (de schisme ou de toute autre nature) à rechercher simplement le salut de son âme à travers les rites liturgiques traditionnels de l’Église, comme en témoignent les prières pour le pape et l’évêque diocésain qu’ils contiennent. Ces prières témoignent en effet exactement du contraire du schisme. Elles constituent, au cœur même de notre culte public, des manifestations de l’unité et de la communion catholiques, et non d’une division sectaire.

    Et l’on n’est pas excommunié parce que l’accès aux rites liturgiques plus anciens se fait parfois ou habituellement par l’intermédiaire d’une communauté qui, devant Dieu, estimait n’avoir d’autre choix que de se livrer à une désobéissance matérielle de conscience au droit ecclésiastique afin de survivre et de rester fidèle à sa vocation et à sa mission. Quelle que soit la culpabilité des ecclésiastiques — et ce n’est pas ici le lieu d’en discuter —, même les documents officiels cités ces derniers jours par le Saint-Siège indiquent clairement que les fidèles laïcs qui cherchent simplement à adorer Dieu Tout-Puissant et à recevoir les sacrements n’encourent pas pour autant la peine d’excommunication. (voir : Note explicative, Conseil pontifical pour les textes législatifs, 24 août 1996)

    Face au tollé actuel, on pourrait bien dire : « Restez fidèles à la tradition et continuez ainsi. » Car il reste vrai que « ce que les générations précédentes considéraient comme sacré reste sacré et grand pour nous aussi, et cela ne peut pas, du jour au lendemain, être entièrement interdit ni même considéré comme nuisible. » (Benoît XVI, Lettre aux évêques, 7 juillet 2007)

    Bien sûr, cette vérité a fait l’objet d’une attaque orchestrée par le biais de ce scandaleux complot idéologique ourdi en coulisses, alimenté par la paranoïa de libéraux ecclésiastiques vieillissants et fondé sur des mensonges éhontés qui ont manipulé sans vergogne la volonté des évêques du monde entier, comme nous ne le savons que trop bien : le désastre pastoral, liturgique et ecclésial que constitue Traditiones Custodes (16 juillet 2021), qui visait à mettre fin au culte paisible de Dieu selon les rites anciens qu’un nombre croissant de fidèles avait appris à aimer de manière fructueuse, poussant ainsi les catholiques fidèles à la clandestinité ou à s’éloigner des paroisses et des diocèses, voire parfois à sortir de la communion visible de l’Église. Le fait que les orchestrateurs de ce scandale et les grands prêtres de sa mise en œuvre impitoyable restent à ce jour au cœur du pouvoir est une source de très profonde inquiétude. Cela peut également expliquer en partie la sévérité technocratique avec laquelle le Vatican a agi ces derniers jours. 

    Le fait que *Traditionis Custodes* n’ait pas encore été écarté — discrètement ou non — et que les évêques diocésains continuent de s’en servir pour interdire la célébration des rites liturgiques anciens est un cri de justice qui monte jusqu’au ciel. C’est à juste titre que nous chantons ce matin : « Vers toi, ô Seigneur, j’appelle ; mon rocher, ne reste pas sourd à ma voix, de peur que, si tu me réponds par le silence, je ne devienne comme ceux qui descendent dans la fosse. »

    La sévérité sans détour avec laquelle le Vatican a réagi aux événements de ces derniers jours, et même le silence du Saint-Père à leur suite, constituent en effet une autre source de grave préoccupation. Depuis quelque temps déjà, nous ne cessons de répéter les paroles du pape Benoît XVI — un pape qui a œuvré avec ferveur et succès pour l’unité ecclésiale et la paix liturgique :

    « En jetant un regard rétrospectif sur le passé, sur les divisions qui, au fil des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a sans cesse l’impression que, aux moments critiques où ces divisions se produisaient, les responsables de l’Église n’ont pas fait assez pour maintenir ou rétablir la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de la part de l’Église ont leur part de responsabilité dans le fait que ces divisions ont pu se cristalliser.  Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : tout mettre en œuvre pour permettre à tous ceux qui désirent sincèrement l’unité de demeurer dans cette unité ou de la retrouver. » (Lettre aux évêques, 7 juillet 2007)

    Ce matin, malheureusement, ses paroles sont d’autant plus pertinentes. On aurait pu et dû faire davantage au cours des derniers mois, des dernières semaines et des derniers jours. Il faut en faire davantage pour jeter des ponts et ouvrir des portes. L’enseignement de la parabole de la brebis perdue (Mt 18, 12-14) s’applique quelle que soit l’opinion que l’on ait de la brebis en question ou quel que soit le degré d’obstination que l’on lui attribue. 

    Dans sa quête de l’unité de l’Église, le pape Benoît XVI a levé en 2008 les excommunications qui pesaient sur les quatre évêques (à l’époque) de la Fraternité Saint-Pie X. Selon ses propres termes, « ce geste discret consistant à tendre la main a suscité un immense tollé, devenant ainsi exactement le contraire d’un geste de réconciliation ». À tel point que le pape a jugé nécessaire de rédiger une apologie sans précédent à l’intention des évêques du monde entier. Les questions qu’il y soulevait sont plus que pertinentes aujourd’hui :

    « Était-ce, et est-ce, vraiment une erreur, dans ce cas précis, d’aller à la rencontre du frère qui “a quelque chose contre toi” (cf. Mt 5, 23 et suivants) et de rechercher la réconciliation ? … Peut-on considérer comme une erreur totale de s’efforcer de briser l’obstination et l’étroitesse d’esprit, et de faire de la place à ce qui est positif et récupérable pour l’ensemble ? 

    … Pouvons-nous rester totalement indifférents face à une communauté qui compte 733 prêtres, 264 séminaristes, 5 séminaires, 94 écoles, 2 instituts de niveau universitaire, 144 frères religieux, 250 sœurs religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devrions-nous les laisser dériver sans sourciller toujours plus loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 733 prêtres… Je ne pense pas qu’ils auraient choisi la prêtrise s’ils n’avaient pas eu l’amour du Christ et le désir de le proclamer, ainsi que, avec lui, le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, en tant que représentants d’une frange radicale, de notre quête de réconciliation et d’unité ? Que deviendraient-ils alors ? [statistiques mises à jour selon celles publiées en 2025]

    Certes, depuis un certain temps déjà, et une fois encore en cette occasion précise, nous avons entendu de la part de certains représentants de cette communauté bien des propos déplaisants – arrogance et présomption, obsession pour des positions unilatérales, etc. Mais la grande Église ne devrait-elle pas aussi se permettre d’être généreuse, consciente de sa grande ouverture d’esprit, consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions-nous pas, en tant que bons éducateurs, être également capables de fermer les yeux sur divers défauts et de tout mettre en œuvre pour ouvrir des perspectives plus larges ? Et ne devrions-nous pas admettre que certaines choses déplaisantes ont également émergé dans les milieux ecclésiastiques ?

    …À l’époque où m’est venue pour la première fois l’idée d’écrire cette lettre, par hasard, lors d’une visite au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter Galates 5, 13-15. J’ai été surpris par la franchise avec laquelle ce passage nous parle du moment présent : « Ne vous servez pas de votre liberté comme d’un prétexte pour satisfaire la chair, mais, par amour, soyez au service les uns des autres. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde à ne pas vous détruire les uns les autres. » … Malheureusement, ce « se mordre et se dévorer » existe aussi aujourd’hui dans l’Église, comme l’expression d’une liberté mal comprise. Faut-il s’étonner que nous ne valions pas mieux que les Galates ? Qu’à tout le moins, nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours réapprendre à faire bon usage de la liberté ? Et que nous devions toujours réapprendre la priorité suprême, qui est l’amour ? » (Lettre aux évêques, 10 mars 2009)

    Le but de ces observations n’est pas de prendre parti pour ou contre un groupe ou une personne, et encore moins de les juger ou de chercher à les exclure. N’oublions pas que si le fils prodigue a péché sans vergogne, son frère aîné, qui se croyait sans péché, a lui aussi péché (cf. Lc 15, 11-32). Tous deux se sont rendus coupables de fautes graves dont ils devaient se repentir. 

    Et il ne s’agit certainement pas là d’une attaque contre notre Saint-Père — nous ne connaissons ni ses motivations ni ses intentions, et même si son silence laisse un vide considérable, nous lui devons la patience qui fait partie du respect filial. Prions avec ferveur pour le Saint-Père en ces jours !

    Le but de ces observations est uniquement de rappeler certaines vérités fondamentales et d’insister sur le fait que nous sommes tous appelés à prier et à œuvrer, de toutes les manières possibles, pour leur reconnaissance, ainsi que pour la réconciliation et l’unité catholique. 

    Même si nous partageons la détresse et la crainte du psalmiste, qui redoute que tout soit perdu et que nous sombrions de plus en plus rapidement dans l’abîme (ou que nous y ayons déjà été précipités), la Sainte Liturgie nous élève maintenant vers l’autel de Dieu, où, par les mérites infinis du sacrifice du Christ sur la croix, tout ce qui semble perdu peut être retrouvé, et tout ce qui était mort peut renaître à une vie nouvelle (cf. Lc 15, 32). Aussi lourd que soit notre cœur, aussi blessés, angoissés, voire abandonnés que nous puissions nous sentir, ne doutons jamais que, si nous sommes fidèles, le Seigneur entendra notre supplication et nous sauvera. Pour obtenir la grâce de cette fidélité et pour que grandisse en nous et chez les autres la grâce de l’espérance surnaturelle, prions avec ferveur au cours de cette Sainte Messe. +

  • "Suscepimus, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui" (Introït du 14e dimanche du TO)

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    Introitus Introït
    Ps. 47, 10-11  
    SUSCÉPIMUS, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui: secúndum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terrae: iustítia plena est déxtera tua. Ps. ibid., 2 Magnus Dóminus, et laudábilis nimis: in civitáte Dei nostri, in monte sancto eius. ℣. Glória Patri. Nous avons reçu, ô Dieu, Ta miséricorde au milieu de Ton temple : comme Ton nom, ô Dieu, Ta louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre, Ta droite est pleine de justice. Ps. Le Seigneur est grand et très digne de louange : dans la cité de notre Dieu, sur Sa sainte montagne.
  • Cardinal Müller : « Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. »

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    De kath.net/news

    « Il faut laisser coexister l’ancien et le nouveau rite. Interdire le latin ? Cela fait le jeu des rebelles »

    3 juillet 2026

    Le cardinal Gerhard Müller : « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif… Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, une certaine tolérance est tout à fait possible. »

    Vatican (kath.net/pl) « Les mesures restrictives ont en fait servi de propagande aux partisans de Lefebvre, qui ont pu s’en servir pour diffuser leurs arguments. » C’est ce qu’explique le cardinal émérite de la Curie Gerhard Ludwig Müller dans un entretien avec Nico Spuntoni publié dans le journal italien « Il Giornale ». Les mesures restrictives devraient être levées « notamment parce que », selon Müller, « les partisans de Lefebvre peuvent faire de ces interdictions un symbole de résistance contre Rome ». Spuntoni décrit le préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi comme l’un « des plus éminents théologiens vivants » et comme « un membre très respecté du Collège cardinalice ». L’interview publiée dans « Il Giornale » est intitulée : « Laissez coexister les anciens et les nouveaux rites. Interdire le latin ? « Cela fait le jeu des rebelles ». Müller plaide pour que l’on mette fin à l’ère des restrictions imposées à la messe tridentine – qui a débuté en 2021 avec la publication de *Traditionis Custodes* – et que l’on revienne à la libéralisation de l’ancienne liturgie, dans l’esprit même de Ratzinger.

    Selon l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, « Traditionis Custodes n’a pas eu d’effet positif. Exiger une obéissance aveugle par des méthodes autoritaires ne correspond pas à notre style – ce n’est pas la voie chrétienne. Certes, il ne peut y avoir de compromis sur les dogmes, mais dans la pastorale pratique, il peut tout à fait y avoir une certaine tolérance. »

    Benoît XVI aurait « trouvé une bonne solution avec Summorum Pontificum, en reconnaissant pleinement l’ancien rite », ce qui aurait apporté une grande paix au sein de l’Église. Une fois de plus, le cardinal rappelle « que l’Église dispose de différents rites, qui prennent également des formes variées. On ne peut pas simplement interdire le rite dans sa forme traditionnelle. »

    Depuis *Traditionis Custodes*, « l’attitude autoritaire de nombreux évêques, qui ne pensaient qu’à imposer des interdictions », n’a certainement pas aidé, explique Müller ; cela ne correspond pas non plus « au style d’un bon berger. Je pense qu’un peu d’autocritique s’impose ici. L’affirmation selon laquelle quiconque préfère le rite traditionnel rejette le Concile Vatican II est fausse. Selon la même logique, on pourrait dire que tous ceux qui préfèrent le Novus Ordo n’acceptent pas pour autant le Concile : il suffit de penser à la situation en Allemagne, où certains évêques aiment certes se référer au Concile, mais en rejettent systématiquement l’enseignement. »

    Spuntoni a demandé comment il fallait répondre à ceux qui estiment que la soi-disant messe en latin nuit à l’unité ? Le cardinal Müller a répondu : « Comment pourrait-elle nuire, alors que les saints et les Pères de l’Église la célébraient sous cette forme ? Et le Concile Vatican II n’a jamais déclaré que la forme célébrée jusqu’alors était erronée ! Si l’on compare les deux formes, on constate d’un seul coup d’œil qu’il s’agit du même rite, qui ne diffère que par de très légères nuances. »

    Le préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a ajouté dans une interview accordée à « Il Giornale » : « Je célèbre la liturgie selon la nouvelle forme, mais je n’ai eu aucune hésitation à accepter des invitations pour célébrer pour ces groupes et associations qui sont pleinement fidèles à l’Église. Il y a quelques années, j’ai célébré la messe de clôture du pèlerinage traditionnel à Chartres devant 22 000 jeunes. Comment pourrions-nous leur dire de rester chez eux s’ils préfèrent la messe selon la forme traditionnelle ? »

    Interrogé sur la question, Mgr Müller apporte des précisions sur les idées fausses : « Il existe déjà au sein de l’Église des associations et des groupes qui célèbrent légitimement la forme traditionnelle tout en reconnaissant pleinement le Concile – en union avec le pape et le collège épiscopal. En effet, je dirais que l’autorisation sans réserve de cette forme liturgique et la promotion de l’acceptation du Concile offrent une solution à ceux qui – après la désobéissance liée aux ordinations de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X – souhaitent revenir à la pleine unité avec le pape, qui est le principe permanent de l’unité et le fondement de l’Église. »

  • Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir

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    De Clément Harold sur le Catholic Herald :

    Sept réformes liturgiques que tous les catholiques peuvent soutenir

    L'usage anglican conserve de nombreux éléments distinctifs de la messe traditionnelle en latin, tels que les prières au pied de l'autel, le double Confiteor et le dernier Évangile. Bien que la langue soit vernaculaire, il s'agit d'un anglais soutenu où « your spirit » devient « thy spirit », « It is right and just » devient « It is meet and right to do so to do », et où les impératifs tels que « vouchsafe » abondent.

    Le rite anglican comprend également plusieurs éléments absents du rite ancien. Parmi ceux-ci figurent la prière d'humble accès, récitée par le prêtre et les fidèles avant la communion, ainsi qu'une prière d'action de grâce magnifiquement construite, récitée après la communion.

    Bien que je fréquente une paroisse du Novus Ordo, ma participation annuelle à la messe anglicane me rappelle régulièrement que, de nos jours, l'expérience de la messe pour la plupart des catholiques est, pour le moins, appauvrie. Quelles qu'aient été ses intentions, la révolution liturgique des années 1960 et 1970 a abouti à une situation où la grande majorité des fidèles assistent à des messes qui leur paraissent irrévérencieuses et banales.

    Heureusement, je n'ai pas à résoudre la crise liturgique actuelle. Mais si tel était le cas, je commencerais sans doute mes efforts de restauration par sept réformes de bon sens qui permettraient au Novus Ordo de mieux glorifier Dieu et de sanctifier les âmes.

    1) Exiger que le prêtre se tourne vers l'orient

    Bien que la pratique de célébrer la messe ad orientem n'ait jamais été universelle, elle fut la norme en Orient comme en Occident pendant plus de mille ans. L'obligation pour le prêtre de se tourner dans la même direction que le peuple renforce l'idée qu'il le guide dans un sacrifice de louange fondamentalement théocentrique.

    En revanche, dès que le prêtre se trouve face au peuple , sa personnalité devient plus facilement le centre de l'attention, alimentant ainsi un cléricalisme malsain. Puisqu'il n'existe aucun argument valable pour célébrer la messe face au peuple , il est tout à fait logique de rétablir l'ancienne pratique de la célébrer face à l'Orient .

    2) Réinstaller les bancs de communion

    Malgré six années d'études en théologie, je n'ai jamais entendu d'explication convaincante quant à la raison pour laquelle les fidèles devraient recevoir la sainte communion debout, dans la main, plutôt qu'à genoux et sur la langue. J'ai même du mal à imaginer à quoi pourrait ressembler une telle explication.

    L'explication la plus plausible serait que, dans l'Église primitive, certains communiaient dans la main et que, dans la liturgie orientale, on ne s'agenouille pas pour recevoir la communion. Cependant, ces arguments ne sont pas convaincants. L'Église primitive n'avait pas non plus de crucifix, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions les retirer de nos autels.

    Comme pour les crucifix, il en va de même pour la réception de la communion : au fil du temps, l’Église a approfondi sa compréhension de ce qui est le plus respectueux et le plus salutaire. Recevoir la communion sur la langue nous rappelle que l’Eucharistie n’est pas un aliment ordinaire et nous enseigne que l’Église est notre mère spirituelle qui nous nourrit comme une mère oiseau nourrit ses oisillons. Cela réduit également le risque de sacrilège. Quant à la génuflexion, c’est la manière habituelle pour les chrétiens occidentaux d’exprimer leur hommage et leur vénération ; dès lors, pourquoi ne pas l’exiger des fidèles lorsqu’ils s’approchent du Roi des rois ? Des exceptions doivent bien sûr être faites pour ceux qui, en raison de leur âge ou de leur infirmité, ne peuvent s’agenouiller.

    3) Restaurer le respect eucharistique

    Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, mais je me limiterai à trois suggestions.

    Premièrement, rétablissons la génuflexion du prêtre immédiatement après les paroles de la consécration. Dans le Novus Ordo, le prêtre élève d'abord les espèces consacrées, puis seulement ensuite il s'agenouille. Sur ce point, l'Ancien Rite est à la fois plus respectueux et plus pédagogique : dès que le miracle de la transsubstantiation a lieu, le prêtre rend hommage à Dieu car il est présent sur l'autel. Ce n'est qu'après s'être génuflé qu'il élève l'hostie ou le calice.

    Deuxièmement, exigez l'utilisation de plateaux de communion à chaque messe où un acolyte sert. Ces plateaux ont une utilité pratique évidente : éviter que les hosties consacrées ne tombent au sol. De plus, ils contribuent à restaurer le caractère sacré de la messe. Il n'y a aucune raison valable de ne pas utiliser de plateaux de communion.

    Troisièmement, il convient de limiter le recours aux ministres extraordinaires de la communion. Si je ne suis pas opposé en principe à leur fonction, c'est leur transformation progressive en simples distributeurs de la sainte communion qui me pose problème, ainsi qu'à de nombreux autres catholiques. Dans de nombreuses paroisses, on pourrait se passer complètement de ministres extraordinaires en limitant la communion à une seule espèce.

    4) Exiger le canon romain

    Lorsque j'ouvre mon application Universalis et que je consulte l'Ordre de la messe du 1er juillet (Saint Oliver Plunkett), je découvre pas moins de dix options pour la prière eucharistique : quatre prières standard, deux pour la réconciliation et quatre autres pour diverses intentions. Sans compter les trois prières eucharistiques supplémentaires prévues pour les messes avec enfants. Pourtant, personne n'a jamais su m'expliquer l'intérêt de laisser le prêtre choisir chaque matin une prière eucharistique différente, selon son inspiration du matin.

    Avant la révolution liturgique, le Canon romain (« Prière eucharistique I ») était utilisé dans chaque messe de rite romain depuis plus de mille ans. Il semble donc légitime de se demander pourquoi la Sainte Messe a cédé au penchant moderne pour la nouveauté et la personnalisation à outrance. Pourquoi avons-nous touché au Canon romain ? Qu’avons-nous gagné, au juste, à le modifier ? Qu’apporte la Prière eucharistique II que le Canon romain n’a pas ? La seule réponse plausible est la brièveté. Mais cet argument est peu convaincant quand on sait que le Canon romain ne compte que 453 mots – soit à peine trois minutes de récitation – de plus que la Prière eucharistique II. 

    5) Standardiser le rite pénitentiel

    Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il était judicieux de rendre le Confiteor facultatif, je suis tout ouïe. Qu'est-ce qui, précisément, rend cette ancienne prière pénitentielle (bien que modifiée) appropriée le mardi mais inutile le mercredi ? Et pourquoi l'inclusion d'une partie aussi essentielle de la messe devrait-elle être laissée à la discrétion du prêtre ?

    Selon la pratique actuelle, le célébrant a la liberté de passer sous silence le Confiteor et de le remplacer par une série d'invocations – au moins sept ensembles d'options différents sont disponibles aux États-Unis – dont la plupart ne mentionnent même pas le mot péché.

    6) Déplacer (ou retirer) le signe de paix

    J'essaie de faire un effort avec le signe de paix, mais force est de constater que la forme actuelle du rituel est devenue irrémédiablement mièvre. C'est une distraction inopportune pendant l'un des moments les plus solennels de la messe.

    Une solution possible serait de suivre le rite ambrosien et de placer le signe de paix juste avant l'offertoire. Une autre serait de le placer immédiatement après le rite pénitentiel, bien que cette option soit moins courante historiquement. On pourrait aussi tout simplement le supprimer.

    7) Introduire davantage de silence

    Le silence et le chant sont les deux plus hautes expressions du culte. Le premier est incarné dans la messe basse traditionnelle. Le second est omniprésent dans la messe solennelle traditionnelle et la liturgie divine orientale. Un défaut majeur de la plupart des célébrations contemporaines du Novus Ordo réside dans le chant, souvent déplorable, tandis que le silence est presque totalement absent. Une solution serait que le prêtre récite les prières de l'offertoire en silence. Une autre serait que l'assemblée s'abstienne de chanter des hymnes après la communion, pendant la purification des vases sacrés par le prêtre.

     

    Il va sans dire que les recommandations ci-dessus ne sont ni les réflexions d'un expert ni celles d'un ecclésiastique, mais simplement celles d'un laïc catholique (je l'espère, réfléchi) qui fréquente l'Église selon le Novus Ordo et en perçoit les imperfections. Si l'une de ces prescriptions devait être adoptée, il serait essentiel de l'appliquer avec toute la délicatesse et la sensibilité pastorales requises.

    De l'avis général, l'abandon de la messe traditionnelle dans les années 1960 et 1970 a provoqué une crise de foi généralisée parmi les fidèles. Du jour au lendemain, la messe des siècles a été brutalement abandonnée. Pour beaucoup, ce bouleversement a soulevé une question fondamentale : si la liturgie de l'Église peut être si facilement remise en cause, pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant avec ses enseignements moraux ?

    Si nous voulons éviter de répéter les erreurs du passé, toute future réforme de la liturgie doit être menée avec soin et progressivement, et accompagnée d'une catéchèse solide.