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Patrimoine religieux

  • Triors : 43 moines et un abbé de 35 ans

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    Sur le site de La Nef, Christophe Geffroy interviewe Dom Louis Blanc, père abbé de Triors :

    Triors : une voie balisée par les siècles

    Triors a été fondé par Fontgombault en 1984 et érigé en abbaye en 1994 avec Dom Hervé Courau comme premier Abbé. Élu Père Abbé de Triors le 30 novembre 2021, Dom Louis Blanc, âgé de 35 ans, a reçu la bénédiction abbatiale le 2 février 2022.

    La Nef – Pourriez-vous d’abord nous brosser votre itinéraire et les raisons de votre entrée à Triors ?

    Dom Louis Blanc – Le Seigneur m’a fait naître en 1986 dans une famille chrétienne, aîné de nombreux frères et sœurs. Mes parents ont veillé à ce que notre religion s’enracine sur la conscience aimante que nous vivons en présence de Dieu. Le matin, cartable au dos, nous faisions une rapide prière commune, et le soir nous récitions ensemble le chapelet.

    Ma scolarité s’est déroulée en région versaillaise, à Saint-Jean de Béthune puis à Saint-Dominique. Pour le lycée et la prépa, j’étais dans le public, au contact du monde de l’incroyance, heureux et fier de témoigner de la joie d’être chrétien. J’avais le désir de servir mon pays comme officier de marine, et la voie s’ouvrait bien. Reçu, sans même y avoir rêvé, à l’École Polytechnique, je pus embarquer sur le porte-avions pour une mission dans la mer d’Oman. J’ai certes vu bien des belles choses, en mer et en escale, mais la messe quotidienne dans la microscopique chapelle sous le pont d’envol, et les oraisons auprès du tabernacle m’attiraient toujours plus. « Plus que la voix des eaux profondes, des vagues superbes de la mer, superbe est le Seigneur dans les hauteurs ! » (Ps 92, 4).
    Le désir du sacerdoce s’enracine dans mes jeunes années, peut-être au contact de mes deux oncles moines. Vers 15 ans, j’ai lu la Règle de saint Benoît et je m’émerveillais de la bonté du patriarche qui donne des directives claires, mais qui précise toujours qu’on les adaptera aux capacités de chacun. Je concevais une grande vénération pour cette vie où la sainteté est assurée à la fidélité. Et puis je me suis enthousiasmé pour l’Histoire d’une âme, et je désirais suivre la sainte de Lisieux.

    Mais le flou demeurait sur la destination, et la perspective du mariage ne me paraissait pas non plus fermée. Je demandais à Dieu un signe et en même temps j’investiguais. Un prêtre m’a proposé d’aller voir deux abbayes, mais je n’étais pas tenté : les deux noms m’étaient trop connus ! Je voulais une vie monastique cachée, ignorée. Alors il m’a indiqué l’abbaye Notre-Dame de Triors et cela m’a plu, parce que je ne connaissais pas ! J’avais pourtant déjà rencontré le Père Abbé, Dom Courau, lors d’une conférence qu’il était venu donner en 2004 aux responsables du mouvement de jeunes Missio.

    Après une courte semaine à l’abbaye, où je n’ai vu que cohérence avec mon éducation, je suis revenu à ma vie d’étudiant. Apprendre l’entrée de plusieurs de mes amis au service de Dieu a été le déclencheur final de ma ferme décision, prise dans la cathédrale de Chartres, un lundi de Pentecôte. Je n’ai jamais mis en doute cette résolution, engagement personnel dans l’appel. Les choses n’ont pas traîné : j’ai posé ma démission et je suis entré en octobre 2008, dans ma communauté drômoise.

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Liturgie : ce qu’aurait dû être la liturgie eucharistique après Vatican II (1965 et suite) (Denis Crouan) 

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    Liturgie 28 : Ce qu’aurait dû être la liturgie eucharistique après Vatican II (1965 et suite) (65 mn) 

    https://youtu.be/eHClmzqoBJ4   

    Le docteur Denis Crouan aborde maintenant l’après Concile. Et d’abord, ce qu’il aurait dû se passer. On l’a dit, en ce qui concerne l’Ordo de la messe, tout en gardant fidèlement la substance des rites, on les a simplifiés. Aucune rupture n’était demandée. La liturgie restait centrée sur l'union à Dieu. Nous abordons les quatre points suivants :  

    1. L’AMÉNAGEMENT DU SANCTUAIRE
    2. LA LANGUE LITURGIQUE, LES CHANTS, L’ORIENTATION.
    3. LES GESTES ET LES ATTITUDES
    4. LE DEROULEMENT D’UNE MESSE PAROISSIALE

     

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • L'église de Haid (Ciney) à vendre dans quelques mois ?

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    De Benjamin Mars sur matele.be

    L'église de Haid (Ciney) bientôt à vendre ?

    Dans quelques mois, l'église de Haid sera peut-être à vendre. La commune de Ciney, propriétaire du bâtiment, vient d'être sollicitée par la fabrique d'église d'Haversin pour une désaffectation de cet édifice religieux qui tourne au ralenti depuis plus de deux ans. Une bonne décision selon Jean-Marc Gaspar, échevin du Patrimoine à Ciney.

    La fabrique d'église a pris une sage décision de prendre cette initiative concernant l'édifice d'Haid, car il est encore en bon état. Et comme le bâtiment n'est plus chauffé, il risque de se détériorer plus rapidement, surtout l'hiver.

    Avant une possible vente de l'édifice religieux, la procédure de désaffectation est encore longue. Elle sera officiellement lancée lorsque la fabrique d'église d'Haversin en fera la demande écrite. Le dossier passera ensuite entre les mains de l'Evêché de Namur qui prendra une décision.

    La chapelle de Jannée vendue 130.000 euros

    Si la procédure de désaffectation va à son terme, l'église de Haid ne sera pas le premier édifice à être désacralisé dans la commune cinacienne. Dernièrement, la chapelle de Jannée a subi le même sort. Elle vient d'être revendue 130.000 euros à un privé qui compte y installer des bureaux.

    À la revente, la commune de Ciney s'était alors montrée assez exigeante quant à la future réaffectation du bâtiment désacralisé. Pour l'église de Haid, elle se montrera plus transigeant, annonce l'échevin du Patrimoine cinacien.

    Il est clair que nous ne pouvons accepter n'importe quel projet de transformation pour une église au coeur du village. Toutefois, pour la chapelle de Jannée, nous nous étions montrés assez restrictifs. Ce qui a probablement réduit le nombre de demandes. Pour l'église de Haid, nous ne fermerons plus la porte à des projets tels que la création d'un gîte par exemple.

    En ce qui concerne le mobilier, il ne sera pas compris dans la vente du bâtiment s'il vient à être désaffecté. Tout le mobilier sera transféré en priorité dans d'autres églises, si des fabriques se montrent intéressées.

  • Premier dimanche de l'Avent: ouverture de la nouvelle année liturgique ce 27 novembre 2022

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    Chant d’entrée de la messe 

    « Ad te, Domine, levavi animam meam:

    Deus meus, in te confido; non erubescam.

    Neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui sustinent te, non confundentur.

    Vias tuas, Domine, demonstra mihi, et semitas tuas edoce me. 

    Vers toi j'élève mon âme, mon Dieu, en toi je mets ma confiance, je n'aurai pas à en rougir. Que mes ennemis ne se moquent pas de moi, car tous ceux qui t'attendent ne seront pas confondus.

    Seigneur, fais-moi connaître tes voies, enseigne-moi tes sentiers »

    (Psaume 24, 1-4) 

    Ce tout premier chant de l'année liturgique est emprunté au psaume 24, un des psaumes les plus utilisés dans la liturgie. Quand le psalmiste chante sa peine, son angoisse, sa joie, sa confiance, ce n'est jamais une prière purement individuelle. Au contraire, c'est toujours une prière qui inclut les deux dimensions personnelle et communautaire. On ne se sauve pas tout seul, mais ensemble, en famille. On comprend pourquoi l'Église a su, avec son instinct d'épouse et de mère, recueillir en elle ce trésor unique de la prière biblique et le dispenser à ses enfants, notamment à travers la liturgie.

  • Liège : le samedi 3 décembre prochain à 8h00 : célébration de la « Messe aux Chandelles » en l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132)

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    Affiche 3 décembre 2022 Rorate-page-001.jpg

    Au temps liturgique de l’Avent annonciateur de Noël, dans les pays alémaniques, mais aussi en France, la tradition propose des messes « Rorate », célébrées avant l’aube à la seule lueur des bougies. Leur nom vient du premier mot de l’hymne grégorienne « Rorate caeli desuper » chantée à la messe et qui signifie : « Cieux, distillez d’En Haut votre rosée » (Es. 45,8).

    C’est un peu romantique et très beau, comme dans les tableaux en clair obscur de Georges de la Tour soulignant des détails inhabituels : une petite flamme prête à s’éteindre perce l’obscurité de la nuit. Cette obscurité a quelque chose de notre vie et la lumière symbolise la lumière qu’on attend : l’Enfant-Jésus est comparable à cette petite lumière que peu ont reconnue un peu plus tard dans la nuit de Bethléem.

    DSC00440.JPGDSC00425.JPG

    L’église du Saint-Sacrement a voulu s’associer à la restitution de cette belle symbolique religieuse: à (re) découvrir à Liège. Un petit déjeuner amical suivra la liturgie.

    Tous renseignements: Email : sursumcorda@skynet.be ou Gsm : 0470947005

  • Club des Hommes en noir : que vont devenir les tradis ?

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    De l'Homme Nouveau sur youtube :

    Quelles sont les décisions des évêques de France vis-à-vis des fidèles traditionnalistes ? Ces derniers pourront-ils avoir accès aux sacrements dans l'ancienne forme ? L'analyse du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence, les abbés Barthe, Célier et Guelfucci et le docteur Philippe de Labriolle.

  • Sainte Catherine d'Alexandrie (25 novembre)

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    catherineMemling1479.middle.jpgSouvent représentée (ici par Memling, XVe s.) à l'occasion de son mariage mystique avec le Christ, sainte Catherine d'Alexandrie symbolise l'union de la philosophie et de la religion. Plus que sur l'histoire, c'est sur la tradition que s'appuie la dévotion à cette sainte martyrisée au 4e siècle.

    "Alors âgée de dix-huit ans, Catherine s'opposera à Maximinus à l'origine de nombreuses persécutions. Incapable de répondre aux arguments de la jeune femme, l'empereur demandera à cinquante philosophes de lui fournir les arguments. Catherine les convertira. L'empereur les fera brûler sur un bûcher et demandera à Catherine de l'épouser. Celle-ci, qui avait reçu un anneau d'or du Christ, refusera. Battue et emprisonnée, Catherine sera sauvée par le Christ qui lui apparaîtra de nouveau et lui enverra une colombe blanche pour la nourrir. Elle convertira la femme de l'empereur, Faustina, et le chef de sa garde, Porphyrius, qui à son tour convertiront deux cents gardes impériaux. Ils seront tous exécutés. Catherine, qui subira le supplice d'une roue parsemée de clous et de rasoirs, sera libérée par miracle durant l'épreuve. Elle sera finalement décapitée. De l'huile recueillie sur ses ossements sera à l'origine de guérisons miraculeuses durant plusieurs siècles. Son corps sera transporté par des anges, au IXème siècle, au sommet du Mont Sinaï, dans le monastère de la Transfiguration du Christ fondé en 542, qui sera ensuite rebaptisé monastère Sainte Catherine. Sainte Catherine appartiendra aux visions de Jeanne d'Arc, avec sainte Marguerite." (insecula.com)

  • Liturgie : Le Concile Vatican II et la constitution « Sacrosanctum Concilium » (1962) (Denis Crouan)

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    Liturgie 27 : Le Concile Vatican II et la constitution « Sacrosanctum Concilium » (1962) (58 mn) 

    https://youtu.be/DfPfIYLO4yk 

    « Sacrosanctum Concilium... » C’est par ces deux mots latins que s’ouvre la Constitution qui entend donner les grandes lignes devant être suivies pour aboutir à une restauration de la liturgie romaine dans son ensemble. Le but de la restauration liturgique est clairement indiqué. 

    Le Docteur Denis Crouan analyse ce document précieux et précis, chapitre par chapitre, et montre la différence entre le texte du Concile et ce qu’on en a fait.  

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • Le Club des Hommes en noir reçoit Mgr Schneider

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    Dans ce Club des Hommes en noir exceptionnel, Philippe Maxence reçoit Mgr Schneider à l’occasion de la sortie de son livre : La messe catholique (Contretemps). Pour s’entretenir avec lui : les abbés de Tanouärn et Laurans, le père Thomas et Jean-Pierre Maugendre:

  • Le chant grégorien présenté sur "La foi prise au mot" (KTO)

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    De KTO Télévision sur Youtube :

    2022_11_21_08_47_48_Greenshot.pngLe chant grégorien est le chant propre de la liturgie de l'Église catholique romaine. Légué par une longue tradition, ce répertoire musical, que le concile Vatican II qualifie de "trésor d'une inestimable valeur", est composé principalement à partir de versets de la Bible dans sa version latine. Il est le fruit d'une longue tradition d'origine byzantine dont on peine à remonter le fil. Comment s'est-il formé ? Quelles sont ses caractéristiques ? Comment l'interpréter aujourd'hui ? A la veille de la sainte Cécile, le bibliste Régis Burnet reçoit François Polgàr, directeur artistique et musical de la Maîtrise de Sainte-Croix de Neuilly - The Paris Boys Choir - depuis 1983.

     

  • Flandre : 181 églises désacralisées depuis 2011

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    Du site de la RTBF :

    Depuis 2011, 181 églises ont été désacralisées en Flandre

    Depuis 2011, les évêques flamands ont désacralisé 181 bâtiments d’église, a rapporté mercredi l’hebdomadaire flamand Kerk & Leven.
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    Sur base de tous les plans de gestion des églises, 18,7% des églises flamandes seront réaffectées dans les prochaines années et 11,3% d’entre elles le seraient partiellement, selon Kerk & Leven. Au total, les projets de réaffectations totales ou partielles concernent près de 30% des églises, chiffre l’hebdomadaire catholique.

    C’est pourquoi le gouvernement flamand a récemment présenté un projet de décret visant à mieux encadrer ces réaffectations afin de mieux soutenir les villes et les communes dans la recherche d’un avenir pour les églises paroissiales, selon Bart Somers, ministre flamand des Affaires intérieures.

    Ce décret rend également les plans de gestion des églises obligatoires pour toutes les communes. En 2021, seules 236 des 300 communes flamandes disposaient d’un tel plan.

    Jonas Deckers, conseiller patrimoine religieux au PARCUM, le centre d’expertise flamand pour l’art et la culture religieuse a déclaré à Kerk & Leven que de nouveaux budgets pluriannuels devront être élaborés dès 2025.

  • L'Ancien Rite ne doit jamais être méprisé ni dévalorisé (Enzo Bianchi)

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    Du blog "Messa in latino" (MIL) :

    15 novembre 2022

    Enzo Bianchi sur Vita Pastorale défend l'Ancien Rite : "il ne doit jamais être méprisé ni dévalorisé" #traditioniscustodes

    Ces dernières années, il y a eu de nombreuses attaques (bien que préjugés, injustes et gratuits) contre l'Ancien Rite sur Vita Pastorale (...); cette fois, nous avons été vraiment agréablement surpris de voir une défense explicite du Vetus Ordo publiée dans le numéro 10 (Nov. 2022). Et notre étonnement incrédule a été encore plus grand en voyant que l'auteur est Enzo Bianchi, ancien prieur de Bose, sur la communion ecclésiale et la liturgie.

    MiL n'a jamais, dans le passé, ignoré les vues et opinions doctrinales et théologiques d'Enzo Bianchi les remettant en question. Mais cette fois, il faut l'admettre, il a écrit des mots étonnamment favorables aux fidèles traditionalistes et a critiqué la guerre contre eux et les accusations portées contre eux.  A LIRE !

    Il reprend quelque peu sa pensée bienveillante, en faveur de la communion liturgique et de la paix ecclésiale, déjà exprimée en décembre 2017 également dans les pages de Vita Pastorale. L'article que nous publions aujourd'hui n'est pas totalement agréable, mais il centre le propos sur la crise actuelle de la liturgie, sur la persécution immotivée et incohérente qui est faite au détriment des traditionalistes, et il y a, en outre, quelques ouvertures sur la liturgie traditionnelle qui nous ont, agréablement, étonnés. 

    "[...] les traditionalistes constituent une minorité bien établie, non négligeable et très efficace en termes de communication et de visibilité. Dans une diaspora catholique, parmi des catholiques toujours moins nombreux, leur présence apparaît significative et capable de s'exprimer avec un militantisme persévérant. [Pratiquer l'œcuménisme avec tant de communautés chrétiennes, parfois gravement appauvries du noyau de la foi dans le Christ, et ne pas savoir dialoguer et marcher aussi avec les traditionalistes n'est certainement pas un signe d'authentique charité fraternelle, ni de conscience d'être unis par l'unum baptisma, l'unique baptême, qui fait de nous des frères et des disciples de Jésus-Christ. [...] J'ai donc envoyé mes frères moines à l'abbaye française du Barroux, une communauté florissante, pour apprendre à faire du pain, et lors de mes séjours dans ce monastère et dans d'autres monastères traditionalistes, j'ai pu vérifier que même avec eux "il est beau et doux de vivre ensemble". J'ai senti qu'ils étaient simplement des frères, et j'avoue que je me sentais mieux parmi eux que dans certains monastères qui prétendent être fidèles à Vatican II mais vivent une vie de résidence religieuse non monastique. [...] A mon avis, la situation est dramatique et je comprends que les amoureux de la tradition ne parviennent jamais à accéder au nouvel Ordo mais restent ancrés au rite ancien qui ne doit jamais être méprisé et dévalorisé."

    Merci !

    La communion ecclésiale

    La messe ne peut être un lieu de contestation et de division fraternelle.
    Et la liturgie, si elle n'est pas une célébration de l'Évangile, ne peut attirer personne.
    Publié dans : Dossier Vita Pastorale - n 10 novembre 2022
    par Enzo Bianchi

    Le pape François écrit dans sa lettre apostolique Desiderio desideravi que les tensions, malheureusement présentes autour de la célébration, ne peuvent pas être jugées comme une simple divergence de sensibilité envers une forme rituelle, mais qu'elles doivent être comprises comme des divergences ecclésiologiques. C'est pourquoi il a senti le devoir d'affirmer que "les livres liturgiques promulgués par les saints pontifes Paul VI et Jean-Paul II, en comparaison avec les décrets du Concile Vatican II, sont l'unique expression de la lex orandi du Rite romain" (TC, art. 1).
    L'expression est forte et péremptoire, mais ne nie certainement pas que le Vetus Ordo en vigueur jusqu'à la Réforme Liturgique était dans ces siècles une expression de la lex orandi du Rite Romain.

    Certes, la liturgie catholique actuelle, qui a de toute façon toujours et continuellement besoin d'être réformée, car l'Eglise est semper reformanda, exprime la prière du rite romain, mais elle exprime surtout la foi de l'Eglise d'aujourd'hui, une foi dans la tradition, mais approfondie, enrichie, car la liturgie grandit avec sa célébration toujours renouvelée. Ce qui se passe pour la liturgie se passe pour la Parole de Dieu : Divina Scriptura cum legente crescit !

    D'autre part, il faut rappeler à tous que la tradition est ce qui transmet le fondement de la foi. Le danger est de s'accrocher à la tradition et non à ce qu'elle transmet. Une tradition ne vit pas si elle n'est pas renouvelée.

    C'est pourquoi le pape François, dans Desiderio desideravi, réaffirme que le mandat qu'il a reçu en tant que successeur de l'apôtre Pierre lui impose de sauvegarder et de confirmer la communion ecclésiale catholique dans une recherche incessante de l'unité. Mais il n'échappe à personne que cette unité à laquelle toute l'Eglise doit tendre, et qui ne sera pleine qu'à l'éschaton, est contredite par des portions de fidèles qui se veulent et se disent fidèles à la tradition, et enfin brisée par la réalité née du schisme de Mgr Marcel Lefebvre. Il est vrai qu'en Italie cette présence des traditionalistes est très limitée et circonscrite, et pour cette raison l'Eglise italienne n'y prête pas beaucoup d'attention, mais nous savons bien que dans d'autres pays - surtout en France, en Allemagne et aux Etats-Unis - les traditionalistes constituent une minorité bien établie, pas petite et très efficace en termes de communication et de visibilité. Dans une diaspora catholique, parmi des catholiques toujours moins nombreux, leur présence apparaît significative et capable de s'exprimer avec un militantisme persévérant.

    Il faut préciser d'emblée qu'il s'agit d'une présence bigarrée, présentant différents visages, différents styles, différentes manières d'être dans la communion ecclésiale, avec des manières très différentes de lutter pour continuer à exister : d'une critique pondérée et légère, à une contestation presque continue, à une délégitimation de l'Église catholique, du pape François et des évêques. Parfois, nous assistons à la transformation d'une critique consciencieuse et filiale en une accusation dure et convaincue de trahison de la foi, et donc en une accusation d'hérésie.

    La situation est grave, et il est temps de cesser de sourire de cette partie de l'église, voire de la railler et de la mépriser. Pratiquer l'œcuménisme avec tant de communautés chrétiennes, parfois gravement appauvries du noyau de la foi en Christ, et ne pas savoir dialoguer et marcher aussi avec les traditionalistes n'est certainement pas un signe d'authentique charité fraternelle, ni de conscience d'être unis par l'unum baptisma, l'unique baptême, qui fait de nous des frères et des disciples de Jésus-Christ.

    Pouvons-nous arriver à un discernement serein et doux de cette réalité ? Dans mon existence de moine et de chrétien catholique, toujours attentif à la vie très différente des églises, de même que j'ai toujours fréquenté des églises et des monastères de communautés chrétiennes non pas catholiques mais orthodoxes ou réformées, de même j'ai toujours fréquenté des communautés ou des monastères qui, désireux de rester fidèles à la tradition antérieure à la réforme liturgique, ont pu continuer à vivre la liturgie en la célébrant avec le Vetus Ordo. Il ne m'a certainement pas suffi de contempler, de participer et d'apprécier la beauté des rites et du chant grégorien, mais j'ai regardé de près la vie humaine et spirituelle de ces communautés, et j'ai toujours observé un amour sincère pour la liturgie, une fidélité sérieuse et profonde à la tradition monastique, vécue avec une intention évangélique, riche d'initiatives et de travail pour vivre la condition de tous les hommes, une vie commune capable d'une grande charité. J'ai donc envoyé mes frères moines à l'abbaye française du Barroux, une communauté florissante, pour apprendre à faire du pain, et lors de mes séjours dans ce monastère et dans d'autres monastères traditionalistes, j'ai pu vérifier que même avec eux "il est beau et doux de vivre ensemble". J'ai senti qu'ils étaient simplement des frères, et j'avoue que je me sentais mieux parmi eux que dans certains monastères qui prétendent être fidèles à Vatican II, mais vivent une vie de résidence religieuse non monastique.

    L'interview que le nouvel abbé de Solesmes a donnée après l'audience avec le pape François le 5 septembre 2022 reste significative. Dom Geoffroy Kemlin est à la tête d'une congrégation de monastères dans laquelle certains célèbrent avec le Vetus Ordo préconciliaire tandis que d'autres suivent la réforme de Paul VI, en vigueur dans toute l'Eglise catholique latine. Il lui incombait donc de faire connaître au pape les réactions à Traditionis custodes en France et de lui demander comment il devait agir dans l'application du Motu proprio dans ses monastères. Le pape François lui aurait dit à ce propos que c'est à lui, l'abbé de Solesmes, de faire le discernement, et non à lui, même s'il est le pape, parce qu'il vit à deux mille kilomètres. Littéralement : "Tu es un moine, et le discernement est propre aux moines. Je ne vous dis ni oui ni non, mais je vous laisse discerner et prendre une décision". Un conseil, celui-là, que le Pape a également donné à certains évêques français, et cela nous dit que ce que le Pape veut vraiment, c'est l'unité, ce qui n'empêche pas une diversité de rite tant que la foi catholique du mystère eucharistique est honorée.

    Lors d'une audience avec le pape François en 2014, le pape m'a demandé ce que je pensais des traditionalistes, et je lui ai dit : " Votre Sainteté, s'ils acceptent le concile Vatican II, s'ils acceptent vraiment votre ministère en tant que successeur de Pierre, s'ils déclarent valides la réforme liturgique et l'eucharistie réglementée par Paul VI, laissez-les vivre... L'église doit accepter une communion plurielle, elle ne peut plus être monolithique dans ses formes.

    Je reste du même avis après toutes ces années où l'Eucharistie, de lien d'unité, est devenue une cause de division. Et pour cela il est nécessaire que non seulement ceux qui rechutent dans la nostalgie du passé - les "indietristes", comme les appelle le Pape - prennent leur responsabilité, mais aussi ceux qui n'ont pas été clairs avec les traditionalistes, ils ont été duplicites et ambigus, les poussant sans en avoir l'air sur des positions de contestation et de rupture avec l'Église.

    L'Ecclesia Dei a-t-elle toujours agi avec véracité, loyauté, transparence en tissant un dialogue avec ces parties de l'Eglise ?

    Et de quel côté se trouvaient certains cardinaux et évêques après le Concile : en adhérant à Vatican II et à la réforme qui s'en est suivie ou en la critiquant au point d'en diminuer l'autorité ?

    Nous connaissons déjà tellement de tensions et d'oppositions dans l'Eglise aujourd'hui que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ne serait-ce que la paix eucharistique. La messe ne peut être un lieu de contestation et de division fraternelle, et pour que s'ouvre un chemin de vraie communion, il est plus que jamais nécessaire que la célébration du Novus Ordo soit pratiquée en évitant le laisser-aller, la banalité, la laideur. Actuellement, la situation fait qu'il est vraiment difficile pour de nombreux catholiques d'assister à la liturgie pour en tirer des fruits spirituels. Trop de mise en avant de la part de l'officiant, trop de verbiage, des chants mal édités et indignes, des homélies qui se nourrissent désormais presque exclusivement de sciences humaines, de psychologie, d'histoire de l'art : tout cela enchante tout le monde mais ne convertit personne.

    A mon avis, la situation est dramatique, et je comprends que les amoureux de la tradition soient toujours incapables d'accéder au nouvel Ordo mais restent ancrés au rite ancien, qui ne doit jamais être méprisé ou dévalorisé. La liturgie, si elle n'est pas un mystère ordonné, si elle n'est pas belle même dans sa simplicité, si elle n'est pas une célébration de l'Évangile, ne peut attirer personne, pas même par la grâce. L'unité catholique ne peut et ne doit donc pas être une uniformité, mais une harmonie multiforme, une communion plurielle, dans laquelle chacun et tous trouvent la possibilité d'une participation vivante. Traditionis custodes et Desiderio desideravi doivent être une invitation pour tous à renouveler la foi eucharistique à travers une belle célébration de l'Eucharistie vécue comme une communion et non comme une occasion de division ecclésiale.