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"Il y a un lien entre la confusion doctrinale et la dépravation d’un nombre relativement important de clercs"

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De Denis Crouan sur Pro Liturgia :

4 novembre 2021

Il est devenu de plus en plus évident, en apprenant la quantité incroyable de scandales de toutes sortes qui secouent l’Eglise, qu’il y a eu, dans les cinquante dernières années, de considérables défaillances quant au discernement des candidats au sacerdoce dans les séminaires. Il faut dire avec force que tous ces scandales trouvent leur racine dans un problème de spiritualité. Ce pourrait être facilement démontrable.

Ainsi donc, pour s’assurer que le « sacerdoce célibataire » ne devienne pas un refuge pour des hommes à la sexualité déviante ou rencontrant des problèmes affectifs, il faut un discernement des vocations qui doit être accompli par des supérieurs eux-mêmes équilibrés, et ce dès les premières années de séminaire.

Mais pour pouvoir discerner, encore faut-il avoir des critères de discernement : des critères objectifs, clairs et précis, qui permettent de savoir si tel ou tel candidat dispose ou pas des aptitudes requises. Ces critères doivent nécessairement reposer sur une vision claire de ce qu’est le sacerdoce, de ce qu’exige la vie sacerdotale. En effet : si l’on entretient une conception floue du sacerdoce, si la théologie du sacerdoce du Christ et de celui du prêtre comme “alter Christus”, chaste, pauvre et obéissant, dont la vocation première est d’offrir le Sacrifice eucharistique est relativisée ou n’est plus enseignée, si l’on remplace cette théologie par une conception très vague du prêtre dans lequel celui-ci n'est vu que comme une sorte d’animateur social débordant de générosité, comment tirer d’une telle conception de ce qu’est le prêtre des critères précis, clairs et exigeants ? C’est parfaitement impossible. Une saine théologie du sacerdoce est, comme l’a rappelé Benoît XVI lors de son voyage pastoral à Cologne, le fondement nécessaire sur lequel reposent les critères de discernement des vocations.

N’en déplaise aux progressistes de tous poils, il est donc clair qu’il y a un lien entre la confusion doctrinale et la dépravation d’un nombre relativement important de clercs. Mais allons plus loin : la théologie du sacerdoce, comme toute théologie vraiment catholique, ne peut se maintenir que si elle repose sur une spiritualité authentique dont le cadre d’expression par excellence reste la Liturgie. Or, la Liturgie est aujourd’hui dans le triste état que l’on sait...

La situation apparaît donc dans toute sa clarté : la crise de la foi et de la spiritualité s’exprime dans l’effondrement de la liturgie. Elle y a aussi, d’une certaine façon, sa source. Il en résulte un affadissement considérable de la théologie du sacerdoce, qui ne peut dès lors plus servir de base à l’élaboration de critères de discernement dignes de ce nom.

De ce fait, des individus qui n’auraient jamais dû l'être sont admis aux ordres sacrés, avec les conséquences que l'on sait. Spiritualité, liturgie, théologie, doctrine, discipline, morale : dans l’Eglise, tout est cohérent et tout se tient, tout « s’entre-tient ».

Commentaires

  • Comment peut on affirmer que ce genre de choses ne se passent que chez les " progressistes" il n'y pas pire aveugle qui ne veut pas voir

  • Allez voir les chiffres et autres données de la justice française et belge: presque tous les prêtres jugés coupables d'acte délictueux viennent du clergé diocésain "standard" et déformé par une théologie relativiste, en foi comme en morale, depuis des décennies.
    Les séminaires classique (Saint-Martin) ou traditionnels (Saint-Pierre et CRSP) sont loin de faire la une judiciaire......

  • L'article ne dit pas que les scandales n'arrivent que chez les progressistes. L'article dit simplement que la sécularisation de l'Eglise est une cause aggravante et qu'il y a donc une certaine hypocrisie à accuser l'Eglise alors que la fumée vient de la révolution culturelle qui a eu lieu à partir des années 1960 (initiée à partir des années 1950).

    Un prêtre aura toujours à combattre la concupiscence et les tentations du monde. En revanche, un prêtre "conservateur" aura l'aide puissante des sacrements, de la liturgie...contrairement à un prêtre progressiste qui mettra beaucoup d'obstacles à la grace.

  • " les séminaires classique s" ne font pas la une judiciaire...???? Ah non.... scandale à Bruxelles et en Suisse
    dans la communauté lefevriste ... scandale en France dans d'autres communautés tradi ou pas ...il suffit de taper sur internet pour en trouver par dizaines mais la plus grande discrétion est assurée par ces communautés...

  • Perso, Emilie, je n'ai que des exemples de prêtres vertueux, et qui font leur possible pour l'évangélisation, quand on les laisse s'exprimer pour le Bien de la vie spirituelle de chacun. Oui.

    Depuis 1960 on est devenu plus tactile, ce n'est pas leur faute. On peut très bien aimer son prochain sans devoir l'embrasser, le serrer tendrement... La pandémie nous a même obligés à ne plus nous toucher. Et ça passe ...
    Avant, on était moins démonstratif. Cela n'empêchait pas la générosité et le don de soi. Que d'exemples de Saints Prêtres et Saintes femmes.

  • Si vous avez bien lu, je ne mentionne pas, à dessein, les lefevristes, qui se sont coupés de l'Eglise, mais des séminaires classiques au sein de l'Eglise. Je ne sache pas que des prêtres issus de ceux-ci ont été condamnés par la justice .

  • Constatation facile à faire, mais qui s'appliquerait à n'importe quel domaine actuellement. Ce qui ne dédouane absolument pas le clergé catholique -ni non plus d'autres religions sensées être irréprochables moralement. Le bas blesse précisément là où la morale est dégénérée par le laxisme des moeurs de notre époque moderniste. La discipline de l'âme n'est plus requise dans l'éducation aujourd'hui, pas davantage hélas dans les séminaires que dans les familles, encore moins dans les écoles (à quelque étage que ce soit) ...

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