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La junte birmane cible les lieux de culte : une nouvelle église catholique détruite à Thantlang

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Du site des Missions Etrangères de Paris :

Une nouvelle église catholique détruite par la junte birmane à Thantlang, dans l’État Chin

30/11/2021

Le 27 novembre, l’église catholique Saint-Nicolas de Thantlang, dans l’État Chin (dans l’ouest de la Birmanie), a été détruite par la junte birmane. La veille, le 26 novembre, au moins 49 bâtiments de la ville ont été ciblés par les militaires. Selon l’ONG CHRO (Chin human rights organization), plus de 300 habitations, dont quatre églises, y ont été détruites depuis septembre dernier. De nombreux dirigeants et responsables religieux, dont le pape François, ont appelé en vain les militaires à ne pas cibler les lieux de culte dans le cadre des conflits opposant la junte aux groupes de résistance armée.

À Hakha, capitale de l’État Chin, à près de 35 km à l’est de la ville de Thantlang où de nombreux bâtiments ont été bombardés par l’armée, dont l’église Saint-Nicolas.

L’armée birmane continue de cibler des églises dans les régions majoritairement chrétiennes, en ignorant les appels lancés par l’Église catholique et par la communauté internationale. L’église Saint-Nicolas, dans la ville désertée de Thantlang, dans l’État Chin (dans l’ouest de la Birmanie), a été incendiée le 27 novembre par les militaires, selon les médias locaux. Selon le groupe CHRO (Chin human rights organization), une ONG locale, beaucoup de maisons de Thantlang avaient déjà été incendiées la veille par la junte. Les habitations ont continué de brûler durant trois jours alors que les soldats poursuivaient leurs attaques. Selon l’organisation, l’église fait partie des quelques dizaines de bâtiments détruits par le feu.

Cette dernière attaque est survenue quelques jours après la destruction d’au moins 49 autres bâtiments de Thantlang, dont une église baptiste incendiée. Plus de 300 habitations de la ville, dont quatre églises, ont été détruites par les militaires depuis septembre dernier. Dans l’État Chin, au moins 22 églises et plus de 350 habitations ont également été incendiées ou détruites par l’armée entre août et novembre, selon le groupe CHRO.

Depuis le coup d’État du 1er février, la région est l’un des fronts de résistance armée contre la junte, avec des attaques violentes lancées par les militaires birmans dont des frappes aériennes, des tirs d’artillerie lourde et des attaques visant également les civils. Plusieurs centaines de personnes ont été détenues arbitrairement dans la région, sans compter plusieurs dizaines de victimes. En septembre, plus de 10 000 habitants de Thantlang avaient déjà fui leurs maisons, ciblées par les militaires.

Plus de 130 000 civils réfugiés dans les églises, les couvents et des camps de fortune

De nombreux responsables chrétiens, dont le pape François, ont appelé les militaires birmans à ne pas cibler les bâtiments religieux en tant que lieux de culte, ceux-ci étant la propriété culturelle de communautés couvertes par des protocoles internationaux. Mgr Pierre Hla, évêque de Pekhon dans le sud de l’État Shan, a également appelé la junte à ne pas s’en prendre aux cathédrales et aux autres lieux de culte. L’évêque est intervenu après un bombardement de la cathédrale du Sacré-Cœur de Pekhon par les militaires, à trois reprises en cinq mois. « Attaquer la cathédrale, cela revient à frapper le cœur-même des fidèles, et tous les croyants se sentent attristés par ces attaques », a déclaré Mgr Hla dans une lettre.

Le diocèse de Pekhon est l’une des zones les plus affectées dans le pays, avec le diocèse de Loikaw (État Kayah), en raison de l’escalade des conflits depuis le mois de mai. Au moins cinq églises catholiques, rien que dans le diocèse de Loikaw, ont été ciblées par les militaires à ce jour. Le 23 mai, notamment, une attaque a entraîné quatre morts et huit blessés parmi les catholiques du diocèse. Le même jour, dans le diocèse de Pekhon, d’autres attaques ont ciblé la cathédrale, un sanctuaire marial et un couvent. Plus de 130 000 civils ont été forcés de trouver refuge dans les églises, les couvents et des camps de fortune.

Les militaires ont également ciblé les prêtres et les pasteurs, en bombardant et vandalisant les églises, dans les régions majoritairement chrétiennes de Kayah et de Chin. La dernière attaque des militaires contre les chrétiens, dans une région majoritairement indigène, n’est pas la première visant une minorité dans le pays. Les chrétiens birmans y ont subi plusieurs décennies de guerre civile et de persécutions de la part des militaires, au pouvoir durant plus de cinq décennies.

(Avec Ucanews)

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