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Les saints Côme et Damien (26 septembre)

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Du site du Centre catholique des médecins français :

La decapitazione dei Santi Cosma e Damiano" di Beato Angelico

St-Côme et St-Damien

Histoire (IIIe siècle)

SAINT COME ET SAINT DAMIEN

Frères jumeaux, Côme et Damien étaient d'origine arabe. Ils étaient nés à Egée, en Cilicie (Asie Mineure), au IIIe siècle, et appartenaient à une famille noble et chrétienne. L'hagiographie conte qu'ils étaient "fort habiles dans l'art médical" et qu'ils parcouraient "villes et bourgades, guérissant les malades et délivrant, au nom de celui qu'on appelle le Christ, ceux qui sont possédés des esprits immondes". Or ils exerçaient leur art gratuitement: ils étaient ainsi devenus les Anargyres, "ceux qui repoussent l'argent". Battant en brèche l'autorité du proconsul Lysias, juge en la ville d'Egée, ils lui furent amenés. Après mille tortures qui ne parvinrent pas à les éprouver, ils subirent le martyre vers l'an 287. L'Église honore ces deux saints guérisseurs le 27 septembre; leurs noms sont inscrits parmi beaucoup d'autres dans les litanies des saints et, distinction plus rare et plus insigne, ils le sont aussi au canon de la messe.

Au VIIIe siècle, un diplôme de Charlemagne donnant l'église de Luzarches à l'Abbaye de Saint-Denis nous apprend qu'elle était déjà placée sous le vocable de Saint-Côme et Saint-Damien. Au XIIe siècle, Jean de Beaumont, seigneur de Luzarches qui avait été parmi les premiers à se croiser, reçut, lors de son retour par Rome, des reliques des saints Côme et Damien pour prix de ses hauts faits en faveur de la chrétienté. Il en fit deux parts, une pour Luzarches et une pour Paris. A Luzarches, ces reliques furent d'abord déposées dans une collégiale dont la construction commença en 1180 et dont seuls subsistent à l'heure actuelle quelques vestiges. Puis en 1320 elles furent transférées en l'église paroissiale au cours d'une procession solennelle dont la chronique a gardé le souvenir: "Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe V le Long, vient à Luzarches le jeudi 23 octobre 1320 honorer les reliques des deux martyrs. La translation de ces reliques dans des châsses d'argent donne lieu à l'évêque de Paris et au chapitre de Luzarches de mander de la capitale des chirurgiens pour faire leur rapport de ces saintes reliques ".

Les chirurgiens, dont la corporation est l'une des plus anciennes de France, s'étaient alors constitués en confrérie en se choisissant pour saints patrons Côme et Damien. Une confrérie de simple piété aurait d'abord été fondée à Luzarches au XIIIe siècle, puis une confrérie franchement professionnelle serait apparue à Paris. Les deux fusionnèrent lors de l'événement de 1320. C'était pour les chirurgiens, dont l'activité n'était pas considérée comme un "métier" et ne donnait pas accès à l'Université, la meilleure manière d'affirmer indépendance et dignité, et ils se placèrent sous la protection de l'Official (juridiction ecclésiastique dépendant de l'évêque). Ils furent alors à l'origine de l'une des plus anciennes et des plus durables traditions de cette région de l'Ile-de-France: celle des pèlerinages médicaux à Luzarches.

Le principal engagement que prenaient les confrères de Saint-Côme et Saint-Damien était la consultation gratuite aux pauvres, le premier lundi de chaque mois. Cette consultation s'effectuait dans le charnier voisin de l'église Saint-Côme et Saint-Damien, rue des Cordeliers à Paris, d'abord "dans un petit taudy" bâti par les chirurgiens, puis dans un bâtiment plus grand à partir de 1616. Et, deux fois l'an, le 26 septembre mais aussi le 28 octobre (jour de la Saint-Jude et Saint-Simon), deux (ou quatre) chirurgiens étaient "députés à Luzarches par leurs collègues pour assister au service divin, faire la visite aux pauvres malades et recevoir les aumônes volontaires des confrères". C'était précisément à cette condition que les deux confréries de Luzarches et de Paris avaient pu fusionner. Tandis que la Confrérie Saint-Côme des chirurgiens se transformait sous Louis XV en Académie Royale de Chirurgie, les pèlerinages à Luzarches se perpétuaient. Ils survécurent aux époques les plus troublées, et, au XIXe siècle, un savant aussi illustre que Laennec y prenait part. Pèlerinages des chirurgiens puis des médecins, ils devinrent aussi ceux des pharmaciens. Invité à prononcer l'homélie de la messe de pèlerinage qui eut lieu en l'église de Luzarches en 1986, le Révérend-Père Riquet se plut à rappeler que, jeune aumônier, il y conduisait avant guerre des pèlerinages d'étudiants en médecine. Jusque dans les années cinquante, il y eut encore des médecins pour consulter gratuitement la population les jours de pèlerinage.

ICONOGRAPHIE

Populaires, les saints anargyres Côme et Damien ont été fréquemment représentés depuis l'Antiquité: patrons des médecins, ils apparaissent dans les images de confréries, sur les sceaux et les jetons, dans la décoration des sanctuaires; thaumaturges, ils jouirent de la reconnaissance des malades guéris. Puissants protecteurs célestes, ils attirèrent d'innombrables dévots, dont certains furent riches et célèbres comme les Médicis. Côme l'Ancien (1389-1464) eut pour son saint patron une grande dévotion et contribua à la réalisation des peintures de son contemporain Fra Angelico de Fiesole ( 1376-1455). Non content de placer Côme et Damien en compagnie d'autres saints du paradis, Fra Angelico illustra plusieurs épisodes de leur légende. L'iconographie des saints Côme et Damien a retenu l'attention des historiens parce qu'on les a représentés tels que des médecins de la fin du Moyen Age ou de l'époque baroque. Ils portent les vêtements amples et le haut chapeau que les médecins portaient pour affirmer leur dignité. Mieux encore, les saints anargyres utilisent tous les instruments de médecine, de chirurgie et de pharmacie: la trousse, bourse ou étui, la lancette pour les saignées, la pince, la spatule, le mortier et son pilon, le pot d'onguent, l'urinal et, tant pour s'instruire que pour rédiger l'ordonnance, plume et encre, rouleau et livre. Ces connaissances ne les empêchent nullement de recourir aux plantes médicinales. (Extrait de "Histoire des saints et de la sainteté chrétienne" - Hachette, 1987)

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