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Histoire

  • 1000 raisons de croire en Jésus; une enquête sans précédent

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    Vous avez été des centaines de milliers à lire Dieu, la science, les preuves sorti en 2021. Le livre approche aujourd’hui les 500 000 exemplaires vendus et vient de paraître aux États-Unis.

    L’ambition était grande : montrer, à partir de la physique, de la biologie et de la philosophie, que l’existence de Dieu n’est pas une croyance irrationnelle, mais la conclusion la plus raisonnable. 

    Mais une question, pourtant, restait en suspens. Ce Dieu, qui est-il ?

     C’est à cette question que nous avons consacré notre nouveau livre, 1000 raisons de croire en Jésus, qui sort aujourd'hui.

    Pendant trois années, un collectif d’experts a examiné des faits scientifiques, historiques, archéologiques, philosophiques et théologiques. Cette enquête explore les fondements de la foi chrétienne, jusqu’à sa « raison de croire » fondamentale : la Résurrection.

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    La question à laquelle nous voulons répondre traverse toute l’histoire humaine : Jésus-Christ est-il vraiment ressuscité ? Car si c’est le cas, cela change tout.

    Au fil des chapitres, découvrez notamment :

    • les prophéties annonçant le Messie,
    • l’expansion extraordinaire du christianisme, 
    • la permanence de l’Église à travers les siècles,
    • la vie de milliers de saints,
    • les 2 400 apparitions mariales recensées à travers le monde,
    • les guérisons inexpliquées,
    • les miracles eucharistiques,
    • les conversions les plus marquantes,
    • les expériences de mort imminente,
    • et bien d’autres phénomènes documentés au fil des siècles. 
    •  Ce livre accessible à tous s’adresse aux croyants qui veulent mieux comprendre les raisons de leur foi, mais aussi à ceux qui doutent, cherchent ou veulent simplement savoir sur quoi repose réellement le christianisme.

    Chaque chapitre peut se lire séparément, selon les questions qui vous intéressent le plus.

    1000 raisons de croire en Jésus est désormais disponible en libraire et sur Amazon. Un livre de référence incontournable, à lire et à offrir.

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    Merci de nous accompagner dans cette nouvelle enquête.
    L’équipe de 1000 raisons de croire

  • Saint-Pierre : un film documentaire dévoile les origines de la basilique

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    La contribution la plus insolite de ce film est la participation de Léon XIV, qui a accepté de se montrer devant les caméras © VATICAN MEDIA

    Saint-Pierre : un documentaire dévoile les origines de la basilique

    Avec la participation exceptionnelle de Léon XIV et de l’acteur Chris Pratt, le film explore les découvertes archéologiques autour du tombeau de l’apôtre.

    ZENIT — 16 octobre 2026

    (ZENIT News / Cité du Vatican, 13 octobre 2026) — Une chambre funéraire cachée sous la basilique Saint-Pierre, des découvertes archéologiques s’étalant sur plusieurs décennies et une apparition exceptionnelle du pape Léon XIV à l’écran sont au cœur d’un nouveau documentaire explorant les origines de l’un des lieux saints les plus importants de la chrétienté.

    Intitulé Pétros ení : À la découverte des origines, le film sera projeté en avant-première le 16 octobre au Festival du film de Rome, à l’approche du 400e anniversaire de la consécration de l’actuelle basilique Saint-Pierre.

    Pétros ení : À la découverte des origines

    « Pétros ení : À la découverte des origines »

    Réalisé par la cinéaste espagnole Paula Ortiz et écrit par Andrea Tornielli, directeur éditorial de Vatican Media, ce documentaire mêle recherche historique, archéologie et foi chrétienne.

    L’acteur américain Chris Pratt guide les spectateurs à travers ce récit, les emmenant dans la nécropole vaticane située sous la basilique, où le tombeau traditionnellement identifié comme celui de saint Pierre demeure inaccessible aux visiteurs.

    Cette production est une collaboration entre AF Films, Vatican Media et la Fabrique de Saint-Pierre, l’institution chargée de l’entretien de la basilique.

    L’apport le plus original du film réside dans la participation de Léon XIV, qui a accepté de témoigner devant les caméras pour évoquer l’importance de l’apôtre et la signification de sa sépulture sous l’église construite en son honneur.

    Son intervention offre une perspective papale contemporaine sur une histoire qui relie les débuts du christianisme à Rome à l’architecture monumentale qui domine aujourd’hui le paysage du Vatican.

    Pratt a décrit l’opportunité de travailler avec le Pape et le Vatican comme un honneur extraordinaire, exprimant sa gratitude pour la confiance et l’accès accordés à la production. Il a déclaré que l’histoire de saint Pierre demeure fondamentale pour la foi chrétienne et qu’il était heureux de contribuer à porter l’héritage de l’apôtre à l’écran.

    Le récit historique du documentaire commence avec Pierre lui-même : le pêcheur de Galilée à qui Jésus confia la direction de l’Église naissante et qui, selon la tradition chrétienne, fut martyrisé à Rome lors des persécutions de l’empereur Néron.

    La colline du Vatican devint peu à peu un lieu de pèlerinage et de dévotion, et les premiers chrétiens cherchèrent des sépultures près du tombeau de l’apôtre.

    Cette dévotion a fini par transformer le paysage. Au IVe siècle, l’empereur Constantin, premier empereur romain à se convertir au christianisme, ordonna la construction d’une basilique majeure sur le site funéraire.

    Pour permettre l’édification, une partie du versant de la colline du Vatican fut nivelée, et le site associé au tombeau de Pierre fut intégré à la structure. La basilique actuelle, dont la colonnade monumentale fut conçue par Gian Lorenzo Bernini, s’inscrit dans cette histoire bien plus ancienne de culte et de commémoration.

    Chris Pratt

    L’acteur américain Chris Pratt guide les spectateurs dans la nécropole vaticane située sous la basilique.

    Les fouilles archéologiques ont permis de mieux comprendre cette histoire. Le pape Pie XII a fortement soutenu les fouilles entreprises pendant la Seconde Guerre mondiale et, en 1950, il a annoncé officiellement la découverte du site identifié comme la sépulture de Pierre dans la nécropole vaticane.

    Les recherches se sont poursuivies, conduisant finalement le pape Paul VI à annoncer en 1968 que les ossements de l’apôtre avaient également été identifiés grâce à ce qu’il considérait comme des preuves convaincantes.

    Paul VI a décrit ces restes comme les rares mais sacrées reliques corporelles du Prince des Apôtres.

    Il est essentiel de distinguer l’identification d’un site funéraire de celle de restes humains pour comprendre cette découverte. Le documentaire s’appuie sur des témoignages historiques et des découvertes archéologiques pour expliquer la démarche des chercheurs, avec l’apport de l’expert Pietro Zander, consultant archéologique et spécialiste reconnu de la nécropole vaticane.

    Le film promet également des images inédites, offrant aux spectateurs un accès à des parties de l’ancien complexe funéraire habituellement dissimulées sous la basilique.

    Sa sortie coïncide avec l’anniversaire de la dédicace de l’actuelle basilique Saint-Pierre, le 18 novembre 1626, soit exactement quatre siècles avant l’anniversaire de 2026.

    https://fr.zenit.org/2026/10/16/244155/

  • À l'occasion de l'exécution de la Reine Marie-Antoinette; un regard chrétien sur le chemin qu'elle a suivi vers la vie éternelle

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    16 octobre 1793 : À l'occasion de l'exécution de la Reine Marie-Antoinette. Un regard chrétien Sur le chemin Qu'elle a suivi vers la vie éternelle.

    L'ancienne reine de France Marie-Antoinette a été exécutée le 16 octobre 1793. Après avoir été condamnée à la peine capitale pour haute trahison par le Tribunal révolutionnaire au petit matin, elle a été guillotinée à 12h15 sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde) à Paris. 

    Jeune femme légère et peu préparée à assumer le rôle de reine de France, on la retrouve à l’âge de 36 ans confrontée à des épreuves qu’aucune femme au monde ne devrait vivre. Elles vont profondément changer son âme. Son martyre (Exécution de son mari, séparation de ses enfants, abandon de ses amis, cancer, accusation d’inceste, faux témoignages et calomnies, condamnation à mort) permet de comprendre la notion théologique de « purgatoire » de la Terre.

  • Sainte Marguerite-Marie, grand témoin de l'Amour divin (16 octobre)

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    marguerite.jpgSur le site du Secrétariat des oeuvres du Sacré Coeur :

    En la fête de Saint-Jean, le 27 décembre 1673, à Paray le Monial, une religieuse du monastère de la Visitation, Marguerite-Marie Alacoque (que l'on fête aujourdhui ndblg) fit la rencontre du Christ et s’est approchée du Cœur de Dieu. "Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son cœur qu’il m’avait toujours tenus cachés jusqu’alors". (Autobiographie n° 53).

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  • Ce que nous enseigne sainte Marguerite-Marie Alacoque

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    De Dawn Beutner sur le CWR :

    Plus qu'une image : Sur les autres leçons de sainte Marguerite-Marie Alacoque

    La religieuse et mystique française ne fut pas la première ni la seule catholique à promouvoir la dévotion au Sacré-Cœur, mais elle est certainement la plus célèbre.

    Détail d'un tableau du XIXe siècle représentant sainte Marguerite-Marie Alacoque. (Image : Wikipedia)
    Chaque statue, tableau, icône, médaille ou autre représentation de sainte Marguerite-Marie Alacoque comporte une représentation du Sacré-Cœur de Jésus. Ce n'est guère surprenant puisque ce sont en grande partie ses visions de Jésus-Christ qui ont fait que la dévotion au Sacré-Cœur s'est répandue dans le monde entier. Mais les révélations de cette religieuse française sont bien plus qu'une simple image. On pourrait dire que Dieu, par l'intermédiaire de Marguerite-Marie, a également fourni aux catholiques une arme de dévotion.

    Marguerite-Marie (1647-1690) est née dans une famille aisée de France, mais son père est décédé alors qu'elle n'avait que huit ans. Quelques années plus tard, elle est devenue alitée en raison d'une grave maladie. Elle a patiemment souffert pendant quatre ans, mais après avoir fait une promesse privée à Notre-Dame de devenir religieuse, elle a été instantanément guérie.

    À ce moment-là, sa famille était tombée dans la pauvreté. Un oncle cupide était devenu le tuteur des biens de son père, et il refusait d'utiliser ces fonds pour aider sa famille. Une sœur autoritaire prit le contrôle du foyer et força Marguerite et sa mère à devenir de simples servantes dans leur propre maison. Quelques années plus tard, les finances de la famille s'améliorèrent lorsqu'un frère fut en âge de se voir confier le contrôle légal des biens.

    L’ambiance familiale s’améliora également et Marguerite, âgée de dix-sept ans, fut encouragée par sa famille à se marier. Le mariage aurait été un moyen évident d’échapper à sa famille dysfonctionnelle et, pendant plusieurs années, elle aimait assister à des bals et à des événements sociaux. Mais, alors qu’elle revenait d’un bal un soir, elle eut une vision de notre Seigneur, couvert de sang et portant les marques de la Passion sur son corps. Il lui reprocha d’avoir oublié sa promesse d’entrer dans la vie religieuse et lui rappela son amour pour elle.

    Profondément émue, Marguerite entra bientôt au couvent de la Visitation à Paray-le-Monial, son frère fournissant la dot requise. Elle devint religieuse professe à l'âge de vingt-cinq ans.

    Marguerite-Marie était l’une de ces âmes enfantines qui apparaissent tout au long de l’histoire de l’Église, des femmes et des hommes qui sont pieux depuis leur enfance et qui promettent à Dieu qu’ils ne lui diront jamais non – et le pensent vraiment. C’est probablement pour cela que Jésus apparaissait à Marguerite depuis son enfance. Elle pensait simplement que cela arrivait à tout le monde. Le fait que Jésus lui soit apparu à plusieurs reprises après qu’elle soit devenue religieuse n’était pas si inhabituel. Ce qui était inhabituel, c’était le contenu de ses messages.

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  • Quel genre de pape fut Pie XII ?

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    De Dawn Beutner sur le CWR :

    Quel genre de pape fut Pie XII ?

    Pie XII eut la tâche peu enviable d’être pape à l’époque où l’un des hommes les plus maléfiques que la terre ait jamais portés tenta de conquérir le monde.

    8 octobre 2026 — Dawn Beutner — Essai, Dossiers, Histoire

    Le pape Pie XII apparaît sur une photographie d’archives du Vatican datée du 15 mars 1949. (Photo d’archives CNS)

    Le monde semble divisé en deux camps au sujet du pape Pie XII.

    Était-il un antisémite indifférent au sort des Juifs, un lâche incapable de prendre des décisions, un dirigeant si coupé des réalités de la Seconde Guerre mondiale qu’il aurait balayé les informations faisant état de la mort de Juifs en les jugeant exagérées ? Ou était-il un diplomate avisé qui sauva des milliers de Juifs de la mort grâce à un réseau clandestin de courageux catholiques, lesquels risquèrent leur vie pour protéger des personnes menacées par le fascisme ? Quelle version se rapproche le plus de la vérité ?

    Heureusement, il est facile de constater que la réalité penche davantage en faveur de la seconde interprétation que de la première. De nombreux auteurs ont réfuté les affirmations erronées¹ formulées à propos du 260ᵉ pape de l’Église. Les ouvrages de Michael Hesemann, The Pope and the Holocaust (Le Pape et l’Holocauste), et de Peter Bartley, Catholics Confronting Hitler (Les catholiques face à Hitler), en apportent une illustration récente. Nous savons que Pie XII se souciait réellement des Juifs, qu’il tenta d’arrêter Hitler par des moyens diplomatiques et qu’il contribua à sauver des vies en encourageant discrètement les catholiques — notamment les évêques, les prêtres et les religieux consacrés — à protéger ceux dont la vie était menacée pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Une question légitime

    Les adversaires de Pie XII ont cependant soulevé une question pertinente : pourquoi le pape n’a-t-il pas condamné plus vigoureusement les agissements d’Adolf Hitler et le nazisme ?

    Avant d’examiner le cas de Pie XII, il importe de replacer les choses dans une perspective historique et de rappeler les relations parfois difficiles que l’Église a entretenues avec les dirigeants politiques au cours des deux derniers millénaires. Même en laissant de côté les trente-deux papes² qui régnèrent avant que l’empereur romain Constantin promulgue son édit de tolérance envers l’Église, nombreux furent les papes confrontés à des souverains injustes, violents et malfaisants.

    La tentative d’assassinat de Jean-Paul II en 1981, vraisemblablement commanditée par des communistes, ne fut pas la première tentative de meurtre visant le chef de l’Église catholique. Si la mort de certains papes n’a éveillé que des soupçons,³ celle d’autres pontifes fut clairement le résultat de manœuvres criminelles.⁴ Il faut reconnaître que certains papes, loin d’être exemplaires en sainteté, périrent en raison des fréquentations dangereuses qu’ils entretenaient⁵ ou parce qu’ils exercèrent leur ministère à une époque particulièrement violente.⁶

    Comme nous le rappellent les documents de Vatican II, le pape, « en tant que Vicaire du Christ et pasteur de toute l’Église […] possède sur celle-ci un pouvoir plénier, suprême et universel ».⁷ Toutefois, les papes ont souvent dépassé le cadre strict de leur mission de pasteurs pour intervenir sur des questions importantes, notamment afin de protéger les innocents. L’un des exemples les plus célèbres de diplomatie pontificale réussie est celui de Léon Ier (440-461), qui convainquit Attila, roi des Huns, de renoncer à marcher sur Rome, à la piller et à en massacrer les habitants. Léon se montra cependant moins heureux quelques années plus tard, lorsque le roi vandale Genséric se présenta aux portes de la Ville.

    Aujourd’hui, l’État de la Cité du Vatican est un minuscule État indépendant. Au fil des siècles, cependant, les papes ont parfois gouverné de vastes territoires, contrôlé les trésors — ou les dettes — de l’Église et conduit des armées au combat. Tout au long de son histoire, l’Église a vu les papes privilégier les démarches diplomatiques, défendre les droits des catholiques et recourir à des arguments moraux et spirituels pour justifier leurs positions. D’une manière générale, les souverains pontifes ont cherché à conserver leur neutralité dans les conflits internationaux.

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  • Les 522 bienheureux martyrs de la guerre civile espagnole (13 octobre)

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    D'Evangile au Quotidien : 

    BBx 522 martyrs de la guerre d’Espagne († 1936-1939)

    Fête Le 13 Octobre

    Commémoration commune : le 13 octobre (jour de la béatification)

    Quand nous parlons des martyrs espagnols des années 1930, nous les appelons par erreur « les martyrs de la guerre civile ». Ce n’est pas le cas, car les premiers martyrs nous les trouvons en octobre 1934, au cours de la révolution des Asturies (neuf d'entre eux furent canonisés par St Jean-Paul II en 1999). Il manquait, alors, près de deux ans au début de la guerre civile, avec laquelle ces témoins n’avaient rien à voir.

    Dans ces années terribles beaucoup de membres du clergé et de consacrés furent assassinés simplement parce qu’ils appartenaient à l’Église ; et le martyre des hommes et des femmes de l’Action  Catholique et d’autres mouvements ecclésiaux était de même nature. Mais aucun d’eux ne fut impliqué dans des luttes politiques ou idéologiques. 

    Il est attesté que la persécution a commencé bien avant la guerre civile et qu’elle n’était pas la conséquence d’une prise de position de l’Église qui, seulement à partir de juillet 1937, appuya ouvertement une des parties en conflit parce l’autre avait cessé d’exister et on continuait de tuer les ecclésiastiques et les catholiques pratiquants.

    Le dimanche 13 octobre 2013, le cardinal Angelo Amato s.d.b., préfet de la congrégation pour les causes des saints, a béatifié cinq cent vingt-deux nouveaux martyrs au cours d'une messe célébrée à Tarragone en Catalogne. Une cérémonie exceptionnelle à laquelle ont participé de très nombreux prêtres, religieux et religieuses, des familles des martyrs et près de 25.000 personnes.

    Parmi ces martyrs figurent trois évêques, 97 prêtres, 3 séminaristes, 412 consacrés et 7 laïcs provenant de différents diocèses espagnols. Ils ont été tués pour la plupart entre 1936 et 1939 par les forces républicaines. Sept d'entre eux étaient étrangers: trois Français, un Cubain, un Colombien, un Philippin et un Portugais... « Louons le Seigneur pour leurs courageux témoignages, et par leur intercession, supplions-le de libérer le monde de toute violence » a dit le pape François à l'issue de l'angélus ; il a également enregistré un message vidéo qui a été retransmis au cours de la cérémonie espagnole dans lequel il demande aux nouveaux martyrs d’intercéder pour que nous ne soyons pas des chrétiens « sans substance », eux qui étaient des chrétiens « jusqu’au bout ».

    Liste des 522 martyrs selon les 33 causes de béatification (en bleu entre parenthèses) et par nom ou groupe avec en tête (par ordre alphabétique) le premier membre du groupe.

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  • Le jour où le Soleil dansa (1917) (1000 raisons de croire)

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    D'Yves de Lassus sur 1000 raisons de croire :

    Le jour où le Soleil dansa (1917)

    Ce samedi 13 octobre 1917, à Fatima, petit village perdu dans la campagne à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne, le temps est maussade : le ciel est complètement couvert et il pleut de façon continue depuis le début de la matinée. Pourtant, à la Cova da Iria, un champ situé à quatre kilomètres du village, une foule considérable d’environ 70 000 personnes est massée, attendant depuis quelques heures de voir un miracle dont elle ne sait rien, mais annoncé depuis trois mois par trois petits bergers affirmant avoir vu plusieurs fois la Sainte Vierge en ce même lieu. Au cours de la matinée, rien ne se passe : la foule attend, immobile et trempée. Enfin, vers 13 h 30, à l’heure de la culmination du soleil ce jour-là, toutes les personnes présentes observent un phénomène exceptionnel : pendant une dizaine de minutes, elles voient le soleil tourner sur lui-même, lancer des rayons de lumière de toutes les couleurs, puis se rapprocher de la terre en zigzaguant, faisant croire qu’il allait l’écraser.

    Ce phénomène céleste défie toutes les lois de la nature. Il faut remonter aux temps apostoliques pour en trouver un analogue. De mémoire d’homme, avant celui de Fatima, on n’en recense que trois : le déluge, l'arrêt du soleil pendant la bataille de Josué contre les Amorrhéens à Gabaon et les ténèbres du Vendredi Saint.


    Les raisons d'y croire

    • Le lieu, la date et l’heure du miracle ont été annoncés trois mois à l’avance, le 13 juillet 1917, par trois petits bergers.
    • Sur place, le phénomène solaire extraordinaire a été vu par environ 70 000 personnes, dont au moins un tiers étaient initialement venus pour se moquer de la religion, persuadés qu’il ne se passerait rien. Pourtant, a posteriori, il a été impossible de trouver ne serait-ce qu’une personne affirmant n’avoir rien vu.
    • Les photos montrent bien que tous les témoins regardent un même point très haut dans le ciel. Étrangement, ils ont pu fixer le soleil pendant une dizaine de minutes sans être éblouis.

    Ce ne peut pas être une supercherie :

    • On voit mal comment il serait possible de mettre sur pied un artifice aussi formidable. Les pouvoirs en place n’ont jamais pu prouver qu’il y avait eu supercherie, alors qu’ils avaient tous les moyens pour enquêter : police, justice, presse …
    • Personne, ni les voyants, ni les membres de leur famille, n’a tiré un quelconque bénéfice de l’événement, et on ne voit aucun motif pour lequel ils auraient monté cette histoire.
    • Ce ne peut pas être une hallucination collective :
    • On n’a jamais observé d’hallucination collective simultanée sur des milliers de personnes.
    • Une hallucination collective suppose au préalable une longue mise sous stress, ce qui ne fut pas le cas à Fatima. Les photos montrent une foule calme et paisible, regardant dans la même direction, loin d’unequelconque hystérie.
    • Un tiers des personnes sur place, incroyantes, étaient convaincues qu’elles ne verraient rien d’ordre miraculeux, mais elles virent malgré elles : le phénomène n’est donc pas le fruit d’une autopersuasion.
    • Personne en tout cas ne s’attendait à quoi que ce soit lié au soleil : on pensait plutôt à un événement d’un autre type (fin de la guerre par exemple) et beaucoup, voyant l’heure de midi passée, étaient persuadés qu’il ne se passerait rien.
    • Après la danse du soleil, les 70 000 personnes, trempées jusqu’aux os, constatèrent que leurs vêtements étaient complètement secs – phénomène impossible à attribuer à une hallucination.
    • De nombreuses personnes, éloignées de Fatima de plusieurs dizaines de kilomètres, observèrent le même phénomène, ce qui met à mal aussi bien l’hypothèse d’une hallucination collective que celle d’une supercherie.

    Ce ne peut pas être un phénomène météorologique naturel :

    • Un phénomène météo peut créer des jeux de lumière, comme pour un arc-en-ciel, mais ne peut pas provoquer de mouvements désordonnés du soleil, ni des changements de couleur uniformes sur tout l’environnement.
    • Ce fut un phénomène très local, ce qui rend sa prévision précise trois mois à l’avance très improbable, voire impossible.

    Ce ne peut pas être un phénomène physiologique :

    • Certains ont voulu expliquer le phénomène par le phosphénisme (persistance rétinienne d’une image survenant après la fixation d'une source lumineuse ponctuelle). Mais il n’y eut pas d’exposition au soleil avant le phénomène puisque le ciel était resté couvert toute la matinée.
    • Un phénomène de phosphénisme n’aurait d’ailleurs pas déclenché, exactement au même instant, les mêmes réactions sur des milliers de personnes, dont certaines situées à plusieurs kilomètres de là.

    Ce miracle du soleil, unique dans l’histoire, ne s’est jamais produit auparavant et ne s’est jamais reproduit depuis. Il ne s’agit pas d’un phénomène naturel ou humain. Tout indique une intervention divine, comme l’avait en effet annoncé l’apparition de la Sainte Vierge aux trois bergers.


    En savoir plus

    Le contexte historique.

    Après l’assassinat du roi Charles 1er en 1908, puis l’expulsion de son successeur Manuel II en 1910, un régime républicain, profondément anticlérical, fut instauré, qui entreprit de violentes persécutions contre l’Église.

    Le 13 mai 1917, trois petits bergers, Lucie dos Santos (dix ans), François Marto (neuf ans) et sa sœur Jacinthe (sept ans) affirment à leurs parents avoir vu la Sainte Vierge au-dessus d’un petit chêne vert à la Cova da Iria, ajoutant qu’elle a promis de revenir le 13 des cinq prochains mois. Après l’apparition du 13 juillet, les trois petits voyants annoncent que la Sainte Vierge fera un miracle le 13 octobre à midi, en ce même lieu, et que tout le monde pourra le voir. Ils le confirment après les apparitions du 19 août et du 13 septembre.

    La journée du 13 octobre.

    Depuis la veille, 70 000 personnes, de toutes conditions et de toutes classes sociales, des croyants comme des incroyants, convergent vers la Cova da Iria. Parmi elles, des journalistes et un photographe. Nombreux sont venus, absolument convaincus qu’il ne se passera rien, mais curieux de voir comment se terminera le canular. C’est une affluence record dans toute l'histoire des apparitions, affluence d'autant plus exceptionnelle qu'à l'époque, les moyens de communication et de transport étaient beaucoup moins développés qu’aujourd’hui.

    Depuis tôt le matin, le ciel est couvert et il pleut continuellement. Tout le monde est trempé jusqu’aux os. Vers 13 heures, comme il ne s’est toujours rien passé, la curiosité commence à s’émousser, et les anticléricaux crient à la supercherie. Peu après, les petits voyants voient la Sainte Vierge. À la fin de l’apparition, Lucie s’écrie : « Elle s’en va. », puis : « Regardez le soleil. » Il est environ 13 h 30, ce qui correspond à midi à l’heure solaire, c’est-à-dire le moment où le soleil culmine (l’heure légale est en avance de deux heures – le Portugal ayant adopté l’heure en vigueur en Europe). D’après la compilation des déclarations unanimes de tous les témoins interrogés, voici ce qui se passe ensuite.

    La danse du soleil.

    La pluie s’arrête subitement. Les nuages se déchirent et le soleil commence à percer l’épaisse couche nuageuse. Le ciel se dégage presque complètement, prenant une teinte gris perle, le soleil se détachant sur un ciel parfaitement pur. Les nuages restants semblent passer derrière lui sans le voiler, donnant l’impression qu’il s’est rapproché à la hauteur des nuages.

    Le soleil prend une couleur s’apparentant à celle de l’argent mat, mais plus claire et plus riche, avec des nuances semblables à l’orient d’une perle. Il ressemble à un disque taillé dans de la nacre, avec un contour très net. Tout le monde peut le fixer sans être ébloui. Sa lumière ne fait pas mal aux yeux. Il semble avoir pâli comme s’il était derrière un voile. Mais il n’y a pas de brume, et le disque d’argent ne paraît ni voilé ni brouillé. Malgré cela, il reste lumineux et l’on voit tout très clairement, contrairement à ce qui se passe lors d’une éclipse.

    Après quelques instants, le soleil se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, projetant dans toutes les directions des gerbes de lumièrede toutes les couleurs, comme ferait une roue de feu d’artifice. À un moment, il s'arrête quelques instants, puis reprend sa danse de lumière de manière encore plus éblouissante. Il s'arrête à nouveau pour recommencer une troisième fois son fantastique feu d'artifice, qu'aucun artificier n'aurait pu imaginer.

    Pendant tout le phénomène, tout prend successivement les mêmes couleurs que le soleil, comme si sa lumière arrivait à travers les vitraux d’une immense cathédrale. Le firmament, les nuages, la terre, les arbres, les rochers, les visages, les vêtements des petits voyants et de la foule silencieuse apparaissent successivement teintés de bleu, de jaune, de rouge, de violet... Tout a la même couleur, quelle que soit la direction dans laquelle on regardait. Lorsque la lumière passe au jaune, les gens paraissent laids et disgracieux, comme atteints par la jaunisse. Cette lumière colorée se répand de façon parfaitement uniforme jusqu’à l’infini, sur les chênes verts, sur les pierres, sur toute la campagne environnante.

    Soudain, tout en conservant son mouvement rapide de rotation, le soleil paraît se détacher du ciel, et, comme une roue de feu, s’avance vers la terre en zigzaguant, dégageant une forte chaleur, comme s’il allait tomber sur la foule et l’écraser. Un cri de frayeur sort de toutes les poitrines. Enfin, après avoir ainsi dansé et tremblé quelques instants, le soleil reprend sa place dans le ciel. Le phénomène a duré dix minutes.

    Des faits inexplicables.

    Tous les témoins ont dévrit le phénomène de façon identique, et il a été impossible de trouver ne serait-ce qu’une personne affirmant n’avoir rien vu. Le phénomène a été vu également par de nombreuses personnes situées dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres de Fatima, en particulier par les habitants du village d’Albiturel, situé à une dizaine de kilomètres, ainsi que par le poète Alfonso Lopez Vieira qui se trouvait dans sa résidence de São Pedro de Muel, au bord de l’océan, à quarante kilomètres de là. Les jours suivants, de nombreux journaux rapportèrent l’événement.

    Autre fait surprenant : après la danse du soleil, tous les témoins constatèrent que leurs vêtements étaient secs !

    Jusqu’à présent, aucune explication naturelle n’a été trouvée. De plus, le phénomène est unique dans l’histoire. Il ne s’est jamais produit avant et ne s’est jamais reproduit depuis.

    La marque d’une intervention divine.

    Cette danse du soleil n’a donc aucune explication naturelle. Comment trois petits bergers sans instruction ont-ils pu prévoir trois mois à l’avance le lieu, la date et l’heure d’un tel phénomène, non seulement unique dans l’histoire, mais qui défie les lois de la nature ? Certains ont avancé que le phénomène était dû à des « esprits » qui auraient prévenu les enfants. Mais pourquoi des « esprits », et dans quel but ? La seule véritable explication est qu’une personne céleste, dotée d’un pouvoir considérable, a prévenu les enfants et qu’au jour dit, elle a déclenché ce phénomène. Cette personne, c’est la Sainte Vierge, qui a authentifié sa venue par un miracle extraordinaire. Aucune apparition n’a été authentifiée d’une façon aussi extraordinaire. Ce miracle exceptionnel est non seulement la marque irréfutable d’une intervention divine, mais aussi le signe de l’importance du message délivré par Notre Dame : Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur immaculé de Marie.

    Yves de Lassus, animateur du site Cap Fatima et président de l’ Action Familiale et Scolaire .


    Aller plus loin

    Le chapitre 20 « Fatima, illusion, supercherie ou miracle », pages 449 à 488, dans le livre de Michel-Yves Boloré et Oliver Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, Guy Trédaniel éditeur, 2021.


    En complément

    • Les Mémoires de sœur Lucie, Secretariado dos Pastorinhos, 2001.
    • Chanoine Barthas, Il était trois petits enfants, Résiac, 1997.
    • Les trois livres du frère Michel de la Sainte Trinité Toute la vérité sur Fatima, Contre-réforme catholique édition, 1986.
    • Le site de Cap Fatima : https ://fatima100.fr .
    • Joseph de Belfont, Mystères et vérités cachées du troisième secret de Fatima, NEL, 2016.
  • Le 13 octobre 1917, à Fatima

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    Lu ICI :

    Le 13 octobre 1917, soit 33 ans, jour pour jour, après la vision de Leon XIII, fut pour Fatima la journée décisive. C’était le jour annoncé à Lucie, Jacinta et François, par la Dame qu’ils étaient les seuls à voir, que non seulement un miracle allait avoir lieu mais qu’elle allait dévoiler qui elle était et ce qu’elle voulait.

    RAPPEL : Le 13 octobre 1884, LEON XIII qui venait de célébrer la Sainte Messe dans la chapelle vaticane, resta alors immobile pendant 10 minutes. Puis, il se précipita vers ses bureaux, livide, pour composer aussitôt une prière à saint Michel Archange, avec instruction qu’elle soit récitée partout après chaque Messe basse. Plus tard, le Pape donnera son témoignage racontant (en résumé) qu’il entendit satan et Jésus avant d’avoir une vision terrifiante de l’enfer : « j’ai vu la terre comme enveloppée de ténèbres et d’un abîme, j’ai vu sortir légion de démons qui se répandaient sur le monde pour détruire les œuvres de l’Eglise et s’attaquer à l’Eglise elle-même que je vis réduite à l’extrémité. Alors, saint Michel apparut et refoula les mauvais esprits dans l’abîme. Puis, j’ai vu saint Michel Archange intervenir non à ce moment, mais bien plus tard, quand les personnes multiplieraient leurs prières ferventes envers l’Archange. »

    Le matin même du 13 octobre, le grand journal libre penseur de Lisbonne, « O Seculo », publiait sous la signature de son rédacteur en chef, Avelino d’Almeida, un article ironique sur les apparitions de Fatima, où il ne voyait que superstition et supercherie, tout en reconnaissant que le clergé y gardait une attitude correcte : correcte « au moins en apparence », ajoutait-il malicieusement !

    Mais aucune de ces manœuvres d’intimidation et de moquerie n’eut de prise sur la foule : dès la veille, toutes les routes, tous les chemins de Fatima étaient déjà encombrés de voitures, de bicyclettes et d’une foule immense de pèlerins qui allaient passer la nuit dehors, sur le lieu d’apparitions, et qui marchaient en récitant le chapelet et en chantant des cantiques. La journée du samedi 13 octobre commençait pourtant mal : le temps était pluvieux, triste et froid. Mais cela n’arrêta nullement la foule qui affluait de partout. Il n’y manquait même pas les représentants des grands journaux et leurs photographes. 

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  • L'Arménie et le devoir de mémoire

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    L'Arménie et le devoir de mémoire

    « Une mort est une tragédie ; un million de morts, une statistique. »

    Cette phrase est généralement attribuée à Joseph Staline, un maître des massacres, bien qu'elle soit probablement antérieure de plusieurs décennies.   Ces mots n'en restent pas moins vrais.   L'esprit ne peut appréhender qu'une certaine quantité de souffrance.   Plus le crime contre l'humanité est grave, plus il se réduit rapidement à un simple chiffre – et plus la sauvagerie personnelle qui le sous-tend paraît irréelle.

    Quatre-vingt-dix ans après l' Holodomor, la famine meurtrière perpétrée par Staline en Ukraine, quatre-vingts ans après Auschwitz, et malgré des dizaines de génocides et de guerres ethniques et religieuses survenus depuis, nous avons presque perdu notre capacité à nous indigner.   Nous sommes habitués à l'inhumanité à grande échelle.   Mais il n'en a pas toujours été ainsi.   Le goût moderne pour les massacres a eu un commencement.   Il a débuté en Turquie il y a un peu plus d'un siècle.   À ce jour, il demeure l'un des plus grands crimes de l'histoire, resté impuni.

    À la fin du XIXe siècle , l'Empire ottoman était en proie à un déclin avancé.   Sur le plan politique, il n'était qu'un acteur mineur dans la lutte pour la domination régionale qui opposait les Français, les Britanniques, les Allemands et les Russes.   Un sultanat corrompu entravait les réformes et ruinait les finances impériales.   Dans les Balkans, les peuples chrétiens, autrefois conquis, accédaient à l'indépendance.   Même parmi les fidèles de l'Empire, la nécessité de réformes devenait évidente.

    Dans ce contexte de bouleversements, la place des chrétiens au sein de l'empire devint de plus en plus précaire.   La loi islamique tolérait les chrétiens et leur accordait une certaine autonomie,   mais en contrepartie, une discrimination permanente s'installa.   Celle-ci se manifestait par des taxes spécifiques, des violences arbitraires, des codes vestimentaires et comportementaux humiliants, et une exclusion du pouvoir politique.   Les chrétiens subissaient également le devchirmé, ou « collecte des garçons », pratique par laquelle les autorités ottomanes arrachaient systématiquement les garçons à leurs familles, les convertissaient à l'islam et les enrôlaient de force dans l'armée ou la fonction publique.

    Les Arméniens formaient l'une des plus importantes communautés chrétiennes de l'empire. Dans les années 1890, leurs villes s'étendaient sur la plaine anatolienne, cœur de l'actuel État turc.   Ils y vivaient depuis des siècles, bien avant l'arrivée des Turcs.   L'Arménie antique devint la première nation formellement chrétienne au début du IVe siècle.   Le roi arménien Léon II était un ami de Richard Cœur de Lion et, comme lui, un croisé.

    L'Arménie médiévale entretenait des liens étroits avec l'Europe chrétienne jusqu'à ce que ceux-ci soient rompus par sa conquête musulmane en 1375.   Avec l'arrivée des missionnaires protestants américains et la montée en puissance régionale de la Russie orthodoxe au XIXe siècle , les contacts avec le monde extérieur sont devenus plus fréquents, mais aussi plus dangereux pour les minorités chrétiennes de l'empire.

    Prince Levon (le futur roi Levon II) par Toros Roslin, vers 1250
    [Matenadaran (Institut des manuscrits anciens), Erevan, Arménie]

    Dans les années 1890, alarmé par le mécontentement croissant et les pressions en faveur de réformes politiques parmi ses sujets arméniens, le sultan Abdul Hamid II, mentalement instable, décida de s'attaquer de front à la « question arménienne ».   En 1894-1895, il encouragea le massacre de 100 000 Arméniens et laissa 100 000 autres mourir de faim.   Les violences anti-arméniennes se poursuivirent pendant des années, même après l'instauration d'un gouvernement constitutionnel.   Elles culminèrent avec le massacre brutal d'Adana en 1909, au cours duquel une ville entière fut incendiée, y compris des églises et des écoles remplies d'enfants chrétiens.   Mais ce n'était qu'un prélude au programme d'extermination planifié et financé par l'État, qui fit plus d'un million de victimes arméniennes en 1915.

    De nouveaux massacres en 1920 et 1922 ont fait des dizaines de milliers de victimes supplémentaires.   Des milliers d'autres se sont convertis à l'islam pour sauver leurs familles.   Les autorités turques ont délibérément entrepris d'anéantir le peuple arménien et d'effacer toute trace de sa présence.   La destruction du patrimoine culturel arménien – églises, monastères et monuments – se poursuit encore aujourd'hui dans les campagnes turques.

    Si les ressentiments politiques et ethniques ont alimenté le génocide, celui-ci comportait également une dimension religieuse, marquée par un profond courant de haine antichrétienne.   Les chefs musulmans ont encouragé la violence, appelant au djihad « contre les infidèles et les ennemis de la foi ».

    Il y a quelques années, l'érudit Peter Balakian constatait que « les religieux musulmans ont joué un rôle constant dans le massacre des Arméniens ; les imams et les softas [étudiants en théologie islamique] ralliaient souvent la foule en chantant des prières ; et les mosquées étaient fréquemment utilisées comme lieux de mobilisation des foules, notamment lors de la prière du vendredi.   Des chrétiens ont été assassinés au nom d'Allah… [et] le massacre des Arméniens [était] considéré comme une pratique courante, cautionnée aussi bien par l'islam que par le gouvernement. »

    Il nous reste deux leçons à tirer.

    Premièrement, la Turquie n'a jamais reconnu sa culpabilité dans le génocide arménien.   Aujourd'hui encore, malgré des preuves accablantes, elle consacre un temps et des ressources considérables à nier la réalité de ce massacre.   La Turquie est l'exemple type d'une nation sûre de ses mensonges, de son déni du génocide et de sa réécriture de l'histoire.   Le harcèlement des quelques minorités chrétiennes restantes dans le pays se poursuit quotidiennement.

    Deuxièmement, pendant quarante ans, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle , les États-Unis ont défendu la cause arménienne en apportant un soutien financier aux réfugiés et en exprimant leur indignation face aux massacres.   Mais à mesure que les intérêts américains au Moyen-Orient se sont développés, les décideurs politiques américains ont abandonné les Arméniens et courtisé les Turcs.   Cette situation perdure encore aujourd'hui.   De ce fait, nous assistons au spectacle absurde d'un allié de second rang (et de plus en plus ambigu) – la Turquie – qui fait pression sur une superpuissance pour qu'elle ignore ses propres politiques en matière de droits de l'homme et minimise un crime contre l'humanité abominable.

    La Journée de commémoration du génocide arménien est célébrée chaque année le 24 avril en Arménie et au sein de la diaspora arménienne à travers le monde.   Pourtant, des millions de chrétiens, pourtant fervents et engagés, ignorent encore la catastrophe qui a frappé des croyants qui leur ressemblaient profondément.

    Le peuple juif n'a jamais permis au monde d'oublier la Shoah et, par sa vigilance, il a servi et défendu l'humanité de tous.   Oublier le génocide arménien est un luxe que nul ne peut se permettre, car il en coûte notre âme.

    Lire aussi : Le courage indomptable de l'Arménie

  • Le « Pasteur d’Hermas » : quand un livre d’édification chrétienne faisait autorité dans l’Église primitive

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    De kath.net/news :

    Le « Pasteur d’Hermas » : quand un livre d’édification chrétienne faisait autorité dans l’Église primitive

    Dans les premiers siècles du christianisme, les Pères de l’Église tenaient le « Pasteur d’Hermas » en haute estime et le recommandaient comme une lecture précieuse. Cet ouvrage décrit notamment le rôle des anges gardiens et les suggestions des esprits mauvais, tout en proposant un enseignement concret sur le discernement spirituel.

    Au cours des trois premiers siècles de l’histoire de l’Église, de nombreuses lettres et divers écrits circulaient dans les communautés chrétiennes, bien avant que l’Église ne fixe définitivement le canon des Saintes Écritures. Parmi les textes les plus remarquables de cette époque figure le Pasteur d’Hermas, un ouvrage que plusieurs Pères de l’Église influents tenaient en très haute estime.

    Selon la Catholic Encyclopedia, ce livre jouissait d’une autorité considérable dans l’Église ancienne, au point d’être parfois placé presque au même rang que les Écritures. Eusèbe de Césarée, l’historien de l’Église, rapporte qu’il était lu publiquement dans les assemblées chrétiennes. Si certains le considéraient comme un écrit non canonique, d’autres le jugeaient « extrêmement nécessaire ».

    Saint Athanase lui-même mentionne le Pasteur aux côtés de la Didachè et des livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament. Sans le considérer comme canonique au sens strict, il le présente parmi les ouvrages que les anciens recommandaient expressément pour l’instruction des catéchumènes, c’est-à-dire de ceux qui se préparaient au baptême. Le texte figure également dans certains anciens manuscrits du Nouveau Testament, notamment à la suite des Actes des Apôtres.

    Un ouvrage consacré à la vie chrétienne et au discernement spirituel

    Rédigé au IIᵉ siècle, le Pasteur d’Hermas demeure d’attribution incertaine : l’identité exacte de son auteur fait encore débat parmi les chercheurs. L’ouvrage se compose principalement d’une série de visions et accorde davantage de place à la conduite morale du chrétien qu’aux subtilités de la doctrine.

    Un passage mérite particulièrement l’attention. Consacré à l’observance des commandements de Dieu, il expose de manière détaillée l’action de deux anges qui influencent la vie intérieure de l’homme : l’un est appelé l’« ange de la justice », l’autre l’« ange de l’injustice », autrement dit l’ange mauvais.

    Le texte propose ainsi une véritable initiation au discernement des esprits, en décrivant les pensées et les dispositions intérieures par lesquelles se manifeste l’influence de chacun.

    L’ange de la justice est présenté comme doux, humble, paisible et vertueux. Lorsqu’il touche le cœur de l’homme, il lui inspire des pensées de pureté, de chasteté et de crainte de Dieu.

    L’ange de l’injustice, au contraire, se reconnaît à la colère, à l’amertume, au désir de luxe, aux débordements, à l’orgueil et aux convoitises impures. L’auteur exhorte avec insistance les fidèles à apprendre à reconnaître ces différentes inspirations, à discerner leurs fruits et à renoncer aux tentations suscitées par l’esprit mauvais.

    L’enseignement est concret : il invite le chrétien à ne pas considérer toutes ses pensées et toutes ses impulsions comme moralement équivalentes, mais à examiner leur origine et leur orientation. La vie spirituelle suppose donc une vigilance intérieure et un effort constant pour choisir le bien.

    Pourquoi le Pasteur d’Hermas n’a-t-il pas été retenu dans le canon biblique ?

    Bien que de nombreux chrétiens des premiers siècles aient considéré le Pasteur d’Hermas comme un écrit inspiré, le livre présentait certaines difficultés. Plusieurs passages soulevaient des interrogations théologiques et n’offraient pas toujours la même clarté doctrinale que les écrits finalement reconnus comme appartenant au Nouveau Testament. Des incertitudes subsistaient également quant à son origine apostolique et à l’identité de son auteur.

    Pour ces raisons, l’ouvrage ne fut finalement pas retenu dans le canon du Nouveau Testament, dont les contours se précisèrent progressivement au cours des premiers siècles et furent largement établis au IVᵉ siècle.

    Il serait toutefois réducteur d’en conclure que le Pasteur d’Hermas aurait été dépourvu de valeur spirituelle ou théologique. Son importance historique témoigne au contraire de l’intérêt que les premières communautés chrétiennes portaient à l’instruction morale, à la conversion personnelle et au combat intérieur du croyant.

    Le Pasteur d’Hermas demeure ainsi un témoignage particulièrement intéressant de la spiritualité chrétienne des origines. Il nous ouvre une fenêtre sur la manière dont les premiers chrétiens comprenaient la vie de foi, les tentations et la nécessité du discernement spirituel. Son histoire rappelle enfin une distinction essentielle : un écrit peut avoir été profondément estimé, lu dans les assemblées et recommandé pour l’édification des fidèles sans pour autant être reconnu comme faisant partie des Saintes Écritures.

  • Saint John Henry Newman, un chemin de vérité (9 octobre) (KTO)

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    De KTO sur youtube :