Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La "logique de Vatican II"

IMPRIMER

Du site de l'Homme Nouveau, dans la rubrique "Au quotidien" :

Au quotidien n° 127 : dans la logique de Vatican II

Au quotidien n° 127 : dans la logique de Vatican II

L’Osservatore romano, en langue française (12 janvier) présente (ci-dessous) le motu proprio Spiritus Domini par lequel François ouvre aux femmes les ministères du lectorat et de l’acolytat. On remarquera que l’argument utilisé consiste à rendre légal ce qui était jusqu’ici interdit sous prétexte que cette interdiction n’était pas respectée. Les croyants fidèles sont donc pris au piège d’un droit évolutif déterminé par ceux qui ne le respectent pas. C’est une constante de l’action révolutionnaire, dans la société civile comme dans l’Eglise, que d’obliger le droit à reconnaître la fraude du droit. Pour sa part, François donne des motifs théologiques. Ces motifs s’appuient clairement sur le Concile Vatican II dont il estime que l’une des conséquences logiques est l’ouverture de ces ministères aux femmes.

Le Pape François a établi avec le Motu Proprio Spiritus Domini, rendu public lundi 11 janvier 202, l’ouverture aux femmes des ministères du lectorat et de l’acolytat sous une forme stable et institutionnalisée, avec un mandat spécifique. Les femmes qui lisent la Parole de Dieu pendant les célébrations liturgiques ou qui accomplissent un service à l'autel, comme servantes d’autel ou dispensatrices de l'Eucharistie, ne sont bien sûr pas une nouveauté : dans de nombreuses communautés à travers le monde, c’est désormais une pratique autorisée par les évêques. Mais jusqu'à présent, tout cela s'est fait sans véritable mandat institutionnel, par dérogation à ce qui avait été établi par saint Paul VI, qui, en 1972, tout en abolissant les « ordres mineurs », avait décidé de maintenir théoriquement réservé aux hommes l'accès à ces ministères, parce qu'il les considérait comme préparatoires à un éventuel accès aux ordres. Dans le sillage du discernement qui s'est dégagé lors des derniers synodes des évêques, le Pape a voulu rendre officielle et institutionnelle cette présence féminine près de l'autel. Ce Motu Proprio modifie donc le premier paragraphe du canon 203 du Code de droit canonique de 1983. Le Pape établit l’accès des femmes à ces ministères, aussi à travers un acte liturgique qui les institutionnalise. Le Motu Proprio est accompagné d'une lettre adressée au préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Luis Ladaria Ferrer, dans laquelle François explique les raisons théologiques de son choix. Le Pape écrit que « dans l'horizon de renouveau tracé par le Concile Vatican II, il y a aujourd'hui un sentiment d'urgence croissant pour redécouvrir la coresponsabilité de tous les baptisés dans l'Eglise, et en particulier la mission des laïcs ». Et citant le Document final du synode pour l'Amazonie, il observe que « pour toute l'Eglise, dans la variété des situations, il est urgent que les ministères soient promus et conférés aux hommes et aux femmes... C'est l'Eglise des baptisés, hommes et femmes, que nous devons consolider en promouvant le ministère et, surtout, la conscience de la dignité du baptême ».

Commentaires

  • Pour appeler un chat un chat : de l’aveu même de l’Osservatore Romano, le pape actuel a donc donné un autre sens à la mesure prise à l’époque par le pape Paul VI qui, en 1972, tout en abolissant les « ordres mineurs » de l’acolytat et du lectorat, avait décidé de maintenir théoriquement réservé aux hommes l'accès à ces ministères, parce qu'il les considérait comme préparatoires à un éventuel accès au sacrement de l’ordre : très clairement le pape actuel les a détournés maintenant de leur origine historique pour en faire un instrument de promotion du sacerdoce universel des fidèles, tous sexes confondus. Il légalise de la sorte une pratique abusive, répandue jusqu'ici sans droit, au nom de "l’esprit" du Concile Vatican II.

  • ... j'avais compris qu'il y avait une différence entre les Ordres mineurs c.à.d. le Ministère "Ordonné" : Evêque-Presbytre-Diacre
    et
    le Ministère laïc "non-ordonné", appelé "charisme" : Lectorat et Acolytat accessible aux motivés (ées) engagés (ées) dans l'Eglise ...
    Il semblerait que François exclurait la possibilité d'ordonner des femmes "diacres". Mais je ne suis pas sûre...

  • Les ministères INSTITUES sont des créations de l'Eglise et non des institutions du Seigneur. Ils ont varié au cours des temps. Le Canon de l'Eglise de Rome en envisageait cinq au IV°s (Portier, exorciste, lecteur, acolyte, sous-diacre). A un certain moment, ils tombèrent en désuétude et devinrent de simples étapes vers le sacerdoce.

    Le Canon de saint Ambroise avait une autre liste.

    Ils sont passé à deux ministères INSTITUES lors du Concile Vatican II (Lectorat, acolytat).

    L'Eglise en fait ce qu'elle veut et peut en instituer d'autres. Je pense que dans ce domaine qui est de la libre initiative de l'Eglise, il faut simplement obéir.

    Par contre, et de manière définitive, les ministère ORDONNES (Prêtre, évêque) sont réservés aux seuls hommes, qui sont sacramentellement l'image du Christ. Voici le texte de Jean-Paul II : LA LETTRE APOSTOLIQUE ORDINATIO SACERDOTALIS, 22 mai 1994 - Le dernier paragraphe porte: "C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l'Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église."

    Restera le cas du diaconat. Il semble que le diacre homme est un ministère ORDONNE (donc réservé aux seuls hommes) tandis que la diaconnesse femme est un ministère INSTITUE selon l'Ecriture : "Romains 16, 1 Je vous recommande Phébée, notre soeur, diaconesse de l'Eglise de Cenchrées".

    Cela promet de belles discussions. Mais gageons que les féministes se désintéresseront vite de cette question lorsqu'elles comprendront que "diaconesse" signifie en grec "servante" et non "pouvoir" ou "carrière".

  • Reçu ce matin dans mes email : "

    Ca fait partie du charme de François. Pour les traditionalistes de la FSSPX, il a donné la licéité de la confession et ne désespère pas d'un accord. Pour les divorcés remariés, il a simplifié grandement la procédure de vérification de la validité de mariage. Pour les communistes, il a écrit fratelli tutti. Pour les progressistes, il y a désormais acolytat et lectorat des femmes. Cohérent avec lui-même, il garde la même ligne droite : aller aux confins récupérer les brebis perdues, et ouvrir grand les portes de la miséricorde, en allant systématiquement à l'extrême limite de ce qui est compatible avec le dogme catholique... Et appeler à la prière."

  • En l’occurrence, je ne crois pas que, selon son slogan favori, le pape régnant s’applique à «lever des barrières » : dans tous les exemples choisis, elles le sont déjà. En fait, il normalise plutôt des pratiques existantes : à la manière d’un politicien. Une éminence du parti socialiste belge (Paul-Henri Spaak dans les années 1950) disait déjà : « je suis leur chef, donc je les suis ». C’est une manière d’asseoir son autorité.

  • Magnifique synthèse Arnaud Dumouch. Charme. Charisme ?

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel