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Dieu n'a pas disparu de la littérature

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Des Propos recueillis par Christophe Geffroy sur le site de La Nef :

Ce monde est tellement beau - broché - Sébastien Lapaque - Achat Livre ou  ebook | fnac

Dieu et la littérature

Sébastien Lapaque, chroniqueur au Figaro Littéraire, romancier, a récemment publié Ce monde est tellement beau (1). Il nous parle ici de ce roman inspiré et du rapport entre la littérature et la foi.

La Nef – Pourquoi un tel roman contant une conversion ? Est-ce pour vous une façon de témoigner de votre foi, d’être « missionnaire » ?

Sébastien Lapaque – Le romancier allemand Thomas Mann, prix Nobel de littérature en 1929 et auteur d’une tétralogie biblique intitulée Joseph et ses frères, considérait qu’il n’y avait que deux sujets de roman : l’ascension d’un homme et la chute d’une famille. L’ascension et la chute sont des motifs obsessionnels des romans au long cours du XXe siècle. La descente aux enfers et la remontée vers la lumière ont fourni le motif de nombreux livres, souvent sur un mode prosaïque, avec des éléments empruntés à la mythologie grecque : Hadès, Perséphone, Orphée, etc. Hanté moi aussi par le couple contraire de la chute et de l’ascension, j’ai ressenti le besoin de le mettre en scène sous le regard du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, avec un dispositif allusif biblique et évangélique appartenant à ma tradition et à ma foi. C’est une façon de témoigner, comme vous le dites, mais d’abord d’être en accord avec moi-même.

« Ce monde est tellement beau », écrivez-vous ; pourtant la description que vous en faites de façon détaillée, avec tous les travers de la société moderne, conduit votre héros à nommer cette société « l’immonde » : alors, qu’est-ce qui l’emporte, la beauté ou l’immonde ?

Ce monde est tellement beau est la première phrase du roman. Dans cette phrase qui donne son titre au livre, l’on peut entendre un écho de Genèse 1,31 : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon (tov meod). Il y eut un soir, et il y eut un matin : sixième jour. » Mot à mot, « tov meod » signifie « bon et beau beaucoup ». Autrement dit « tellement beau ». Mais la première phrase de mon roman est un peu plus longue : « Ce monde est tellement beau, cependant ». L’adverbe, après la virgule, marque une opposition, une restriction. Qu’est-ce qui s’est passé pour que la splendeur de la Création et la beauté du Sixième Jour nous soient devenues invisibles et même indisponibles ? Un monde s’est glissé sur le nôtre, il l’a littéralement enveloppé. Ce monde artificiel et sans regard, Lazare, le narrateur, le nomme « l’Immonde ». Qui finit par l’emporter ? C’est toute l’intrigue d’un livre que l’on peut dévorer comme un roman policier théologique qui poserait la question « Who done it ? » : « Qui a fait le coup ? » A cette question, Lazare, en écoutant un sermon sur les tentations du Christ dans la cathédrale de Chartres, est tenté de répondre avec le titre d’un film de Robert Bresson : Le diable probablement…

(1) Sébastien Lapaque, Ce monde est tellement beau, Actes Sud, 2021, 330 pages, 21,80 € (cf. notre recension dans La Nef n°334 de mars 2021, p. 37).

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