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« Traditionis custodes » : un camouflet lancé à la figure du pape émérite Benoît XVI ?

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De Denis Crouan sur ProLiturgia.org :

Les fidèles attachés aux rites liturgiques en usage avant Vatican II vont un peu vite lorsqu’ils affirment que le Motu proprio « Traditionis custodes » du pape François est un camouflet lancé à la figure du pape émérite Benoît XVI. Ces fidèles oublient, en effet, que pour Joseph Ratzinger il a toujours été très clair que « l’église romaine ne devra avoir qu’un seul rite » et que « célébré en latin ou en langue populaire. » (Cf. Lettre du Cardinal Ratzinger au prof. Barth, juin 2003.)

On ne saurait donc nier que le Motu proprio « Traditionis custodes » - quoi qu’on puisse penser de son style et de la méthode employée par François - est parfaitement dans la ligne qu’avait tracée Joseph Ratzinger avant qu’il ne devienne pape et qu’il suivra après son accession sur le trône de saint Pierre.

Relisons bien la lettre au professeur Lothar Barth : « Le rite romain de l’avenir devrait être un seul rite ». C’est exactement ce qui est sous-entendu dans la lettre aux évêques de Benoît XVI qui accompagne « Summorum pontificum ». Il y est question de « manifester, dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien « et de faire en sorte que « le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales ».
Pour Benoît XVI, l’union des communautés paroissiales n’est donc pas envisagée sous l’angle d’une coexistence de deux « formes » du rite romain l’une, l’ « extraordinaire », étant respectée tandis que l’autre, l’ « ordinaire », étant sans cesse livrée à la fantaisie des célébrants avec la tacite approbation des évêques. Elle n’est pas davantage assurée par l’emploi du Missel de saint Pie V.

D’autre part, on lit toujours sous la plume de représentants du courant attaché à la forme « extraordinaire » que « la diversité des rites fait la richesse de l’Église ».

La « diversité des rites », oui sans aucun doute (elle n’a d’ailleurs jamais été remise en cause) ; mais tout autre chose est la « diversité d’un même rite ».

Celui qui étudie sérieusement l’histoire de la liturgie sait qu’au cours des siècles, le souci d’unifier le rite romain a été constant dans l’Église : il fut le souci de saint Pie V qui voulut mettre fin à l’ « atomisation » de la liturgie usuelle des paroisses et il fut, au XIXe siècle, le souci de Dom Guéranger qui, avant de restaurer Solesmes, avait vu dans quelles impasses conduisait la « diversité » du rite romain engendrée par les multiples usages diocésains.

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