Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Un musée pour les victimes du communisme à Washington

IMPRIMER

De Marco Respinti sur Bitter Winter :

Un musée pour les victimes du communisme à Washington, D.C.

28/07/2022

Le musée inauguré le mois dernier par la Fondation pour le mémorial des victimes du communisme reconstitue la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité.

The wall of remembrance at the Victims of Communism Museum (all photographs by Marco Respinti).
Le mur du souvenir au Musée des Victimes du Communisme (toutes les photos sont de Marco Respinti).

Il est important que les spécialistes débattent des statistiques et des critères, mais une chose ne fait aucun doute : Le communisme est la catastrophe humaine la plus meurtrière de toute l'histoire, et le parti communiste chinois a tué à lui seul plus d'êtres humains que quiconque. Environ 1,5 milliard de personnes souffrent encore sous le régime communiste. De dures persécutions communistes se poursuivent dans plusieurs pays, dont un qui siège parmi les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine. Il est courant, et pas illégal, de voir des partis communistes dans des parlements démocratiques et des symboles communistes affichés sans aucune honte, alors que, bien entendu, une promotion similaire de l'idéologie nazie est interdite et impensable, à juste titre.

Un rappel fondamental de cette tragédie est le Musée des Victimes du Communisme à Washington, D.C. Une initiative de la Fondation du Mémorial des Victimes du Communisme (VCMF), il a été inauguré le 13 juin 2022.

Le compteur de victimes de la vidéo d'introduction de la première salle affiche des chiffres stupéfiants. " Révolution ", " guerre ", " persécution ", " génocide " : ces mots clés guident les pas des visiteurs au sol. Le rouge, comme le sang, prédomine sur toutes les autres couleurs dans les panneaux, les légendes et les photos. Enfin, dans la dernière salle, une supplique se substitue aux accusations. "Souvenez-vous de nous", disent les photographies accrochées aux murs. La plupart sont des héros et des victimes décédés, certaines sont des témoignages vivants. Parmi eux, je reconnais des amis de l'hiver amer comme Rushan Abbas, président de la Campagne pour les Ouïghours à Washington, D.C., et Dolkun Isa, président du Congrès mondial ouïghour à Munich, en Allemagne.

Le musée a un énorme mérite. Il ne s'agit pas d'une exposition de reliques des temps anciens, ni d'un dépôt d'invectives. C'est un film vrai et bouleversant, qui évoque le passé pour que, comme le disait l'écrivain et dissident russe Aleksandr I. Solženicyn (1918-2008), la mémoire puisse vivre. Mais surtout, il souligne la résilience du communisme. Beaucoup le disent, beaucoup le répètent, mais tous ont tort : Le communisme n'a pas disparu dans la nature. Il a évolué et s'est adapté à son temps, affinant ses méthodes de persécution et devenant encore plus malin. Les salles du musée consacrées à la Chine, à l'Indochine et à la Corée du Nord montrent bien cette vérité oubliée.

How Communism spread, as depicted in the Museum.
Comment le communisme s'est répandu, tel que décrit dans le musée.

Une autre force du musée est ce qu'il ne fait pas. Le musée ne raconte pas le conte de fées d'une "bonne idée mal mise en œuvre" et ne soutient pas le mensonge d'un supposé "bon Lénine" contre un "mauvais Staline" - comme si seul le "stalinisme" était "mauvais" dans toute l'histoire sanglante du communisme. Au contraire, il rappelle que la Russie léniniste est rapidement devenue un État répressif, oppressif et totalitaire. C'est Lénine qui a conçu le monstrueux système des goulags, un système qui n'est nullement accidentel mais essentiel au marxisme-léninisme et qui est toujours mis en œuvre dans toutes les variantes cyniques possibles partout où le communisme est au pouvoir.

Il est difficile de ne pas être ému par tant d'histoires et d'images. Après la visite, on pourrait résumer le communisme en disant qu'il s'agit d'une violation monstrueuse des droits et de la dignité de l'homme menée à l'échelle industrielle. La dimension antireligieuse de la persécution communiste dans le monde apparaît dans chaque coin et chaque histoire racontée dans le musée, entrelacée avec les autres aspects du régime communiste depuis ses débuts. En fait, le marxisme-léninisme a toujours considéré la religion comme une aliénation de l'esprit humain et sa persistance comme l'ennemi public n° 1. 1. Il a essayé d'éradiquer les sentiments religieux et spirituels, soit immédiatement, soit, lorsque les conditions pratiques n'étaient pas favorables, par un processus graduel.

Bien entendu, chaque visiteur du musée en ressort avec des impressions personnelles différentes. Rares sont ceux qui oublieraient les yeux de l'archevêque hongrois persécuté József Mindszenty (1892-1975), dont la noble résistance au totalitarisme rouge est devenue la conscience d'une nation. Ou le capitaine de cavalerie polonais Witold Pilecki (1901-1948), qui est entré volontairement à Auschwitz pour documenter les atrocités commises par les nazis, puis a fait de même avec les crimes soviétiques, et a fini par être tué par les communistes soviétiques pour cette "intrusion". Ou la véritable histoire du "Miracle sur la Vistule", la rivière qui traverse Varsovie où, en 1920, l'Armée rouge soviétique a subi sa seule défaite militaire avant l'Afghanistan dans les années 1980. Ou encore les patriotes de la rébellion anticommuniste de 1956 à Budapest.

Les visiteurs n'oublieront jamais l'expérience d'entendre les voix en direct du père polonais Jerzy Popiełuszko (1947-1984), tué par le gouvernement communiste de son pays, et du pape Jean-Paul II (1920-2005), dénonçant avec audace l'inhumanité du communisme.

Les images du génocide communiste massif du peuple cambodgien en hanteront plus d'un, et la quantité stupéfiante de mensonges sur lesquels reposait la présentation du "faux paradis" de Cuba communiste déconcertera tout le monde.

Ensuite, les visiteurs monteront au deuxième étage, salués, en montant les marches, par la "déesse de la démocratie". C'est un symbole que le VCMF utilise souvent. Les étudiants chinois qui manifestaient pour la liberté sur la place Tiananmen en juin 1989 se sont rassemblés autour d'une statue blanche ayant la forme d'une "déesse" moderne. Lorsque l'armée du PCC les a écrasés dans le sang, elle a détruit à la fois leurs vies et le monument qu'ils avaient érigé à la démocratie. VOCF a recueilli leur héritage. Une réplique se trouve au musée, une autre peut être admirée près de l'Union Station à Washington D.C. Elle a été inaugurée par le président George W. Bush le 12 juin 2007, à l'occasion du 20e anniversaire du célèbre discours du président Ronald Reagan (1911-2004) à la Porte de Brandebourg, appelant le dirigeant soviétique Michail S. Gorbačëv à abattre le mur de la honte de Berlin. Les visiteurs peuvent entendre ce même discours dans le musée.

Le deuxième étage est en effet consacré au massacre de la place Tiananmen, survenu le 4 juin 1989. Des documents, dont certains sont originaux, et des reliques sont exposés. Les bandeaux que portaient les étudiants, et une tente utilisée par les manifestants pacifiques. Un objet est particulièrement touchant. Il s'agit de la chemise portée par Jiang Lin, trempée dans son propre sang. Ancienne soldate de l'Armée populaire de libération, elle documentait la manifestation pour le journal de l'APL lorsque des militaires l'ont sauvagement frappée à la tête. Elle a survécu pour témoigner, quelque trente ans plus tard, de la vérité sur cette nuit horrible dont le PCC nie toujours l'existence.

The blood-stained shirt of Jiang Lin.
La chemise tachée de sang de Jiang Lin.

Le communisme a prospéré grâce à la tromperie, aux mensonges, aux abus et à la violence depuis ses débuts. Je vous recommande de vous rendre au musée et de plonger dans cette vérité très rarement racontée. Le musée s'adresse à tous et ne fait aucune concession. Et la visite est gratuite.

Commentaires

  • Et un musée du socialisme en Wallonie, c'est pour quand? C'est urgent. Bon, c'est vrai, on a l'embarras du choix quant à la "ville lumière" qui accueillera cette encombrante institution. Mais on pourrait installer le musée permanent à Charleroi, ville éternelle berceau de la bonne pensée, avec exposition itinérante sur l'assistanat forcé, le tout véhiculé par les bus de la médiathèque de la cocommunauté française, pardon Wallonie-Bruxelles.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel