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Ils sont revenus satisfaits de Rome mais que vont faire à présent les évêques belges ?

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D'Anton de Wit sur KN.nl :

Ils sont revenus satisfaits de Rome mais que vont faire à présent les évêques belges ?

29 novembre 2022

Les évêques belges se sont sentis "entendus" lors de leur visite ad limina à Rome, y compris sur la question controversée de la "bénédiction des homosexuels". Au niveau national, cependant, presque personne n'a été sensibilisé par cette visite, qui soulève une question fondamentale et encore sans réponse : comment annoncer l'Évangile dans une société largement sécularisée et indifférente ?

Auparavant, les similitudes entre les visites ad limina successives des évêques allemands et belges étaient particulièrement frappantes. Les deux pays semblent être devenus en quelque sorte les "gauches" du continent européen, avec des propositions progressistes sur des questions toujours épineuses telles que l'acceptation de l'homosexualité et l'ordination des femmes.

Les deux pays - contrairement aux "enfants les plus courageux de la classe" comme les Néerlandais - ont donc bénéficié d'une réunion supplémentaire dans le cadre du programme. Celle-ci semblait d'avance devoir être une tape pédagogique sur les doigts de la part des enseignants romains, de toute façon.

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé dans le cas de la "réunion inter-dicastère" des Allemands. Ils ont eu droit à une attaque contre leur "Voie synodale", ensuite mise par écrit par les enseignants en question, les cardinaux de la curie Luis Ladaria (Dicastère pour la doctrine de la foi) et Marc Ouellet (Dicastère pour les évêques).

C'est là qu'apparaît immédiatement la première grande différence entre les Allemands et les Belges. Il semble que la réunion inter-dicastère des évêques belges ait été beaucoup plus conviviale. Et contrairement aux Allemands, il n'y avait pas un seul sujet à l'ordre du jour, mais une série de sujets. Lors de la conférence de presse de clôture vendredi, le cardinal Jozef De Kesel en a énuméré quelques-unes : l'évangélisation, la pénurie de prêtres, l'engagement des laïcs et la présence des femmes dans l'Église.

Qu'en est-il de cette prière de bénédiction controversée pour les couples homosexuels, que les évêques belges, soit dit en passant, ne permettent pas d'appeler une "bénédiction gay" ? Oh oui, celle-là aussi est apparue, bien sûr. "Je me suis senti écouté et respecté", a déclaré De Kesel à ce sujet, selon Kerknet. "Cela ne veut pas dire que tout le monde était d'accord, mais on pouvait en parler. J'en suis très satisfait." Autrement, peu d'annonces substantielles ont été faites au sujet de la conversation, écartant la question avec la remarque plutôt curieuse : "Une visite ad limina ne sert pas à discuter de dossiers concrets."

De Kesel avait une mission différente, plus "personnelle" pour la visite ad limina. Il a voulu "expliquer dans chacun des dicastères notre situation de société pluraliste et sécularisée". Car à Rome, selon le cardinal, la situation belge est "parfois jugée avec des présupposés propres à une situation qui n'existe plus chez nous depuis les années 50, à savoir celle d'une Eglise de grand prestige et de grand pouvoir, dans une société chrétienne homogène".

C'est un thème familier de De Kesel, qu'il a également abordé l'année dernière dans son livre Faith and Religion in a Secular Society. Dans une interview accordée à l'époque au Katholiek Nieuwsblad, De Kesel conteste également la perception persistante "que l'Église est en déclin parce que les églises ne sont plus pleines. Mais elles ne peuvent pas être pleines car le nombre de sièges est calculé pour une culture religieuse". C'est précisément une culture sécularisée qui offre à l'Église de nombreuses occasions de témoigner de l'Évangile, a souligné Mgr De Kesel.

Cela contraste fortement avec les évêques néerlandais qui, dans leur rapport ad limina, ont abordé la sécularisation presque exclusivement comme un problème. Mais aussi rafraîchissant que cela puisse être, on est curieux de savoir où les évêques belges voient exactement les opportunités. Ils ne révèlent pas grand-chose à ce sujet. (...)

Mais la différence, et peut-être la plus importante, avec les Allemands, c'est qu'en Belgique, il ne semble plus y avoir de presse critique pour poser des questions à ce sujet, ni de public plus large attentif à ce que les évêques discutent ou non à Rome. Si l'on cherche des réactions à la visite ad limina dans les médias belges, on ne trouvera pas grand-chose de concret, à part dans la presse catholique spécifique. Cette situation ne peut pas être imputée unilatéralement à la sécularisation, car même dans les médias néerlandais, eux aussi largement sécularisés, la couverture du voyage à Rome (sans doute moins passionnant) des évêques néerlandais a été nettement plus importante.

Mais les journaux flamands de qualité semblent avoir largement ignoré la visite, et la VRT, la chaîne de télévision publique, y a consacré un article plutôt insignifiant lors du lancement. Dans cette séquence, un "expert en religion" autoproclamé a été autorisé à annoncer quelques coups d'éclat à l'antenne, après quoi il n'a jamais été vérifié s'ils s'étaient réalisés. (La réponse à cette question, soit dit en passant, est : non).

Au niveau international, la visite belge a été suivie avec un intérêt supérieur à la moyenne, précisément en raison de ses propositions progressistes sur la pastorale gay. Mais en Belgique même, nous trouvons surtout un journalisme paresseux et indifférent à l'égard de l'Église catholique - ce qui est vraiment bien pire qu'un journalisme critique.

La question qui se pose à l'Église belge (sans aucune intention cynique) est d'autant plus pressante : où sont donc ces "opportunités" dont parle le cardinal De Kesel ? Bien sûr, il ne s'agit pas d'abord de savoir si les rangées sont pleines, mais il ne s'agit pas non plus de savoir si le pastorat est "progressiste". Elle est en effet beaucoup plus essentielle : comment l'Église donne-t-elle une voix, des mains et des pieds à l'Évangile dans une culture aussi massivement indifférente ?

Lire également : German, Belgian visits to the Vatican a ‘Tale of Two Countries’

Commentaires

  • Ce qui se passe dans les milieux ecclésiaux allemand et belge pose deux questions :
    1. Quelle doit être l'attitude des prêtres engagés dans un diocèse dont l'évêque laisse clairement entendre qu'il n'est plus catholique que de nom ?
    2. Que doivent faire les fidèles qui refusent de suivre un évêque semant le trouble dans le diocèse dont il a la charge au lieu d'assurer le "munus sanctificandi" et l'unité de l'Eglise locale sur la base de la foi reçue des apôtres ?

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