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Le synode sur la synodalité : un pari risqué ?

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De Gérard Leclerc sur France Catholique :

Pourquoi le pape veut un synode

jeudi 23 septembre 2021

Conformément à la volonté du pape, l’Église tout entière est invitée à entrer dans une démarche synodale. Dimanche 10 octobre, c’est depuis Rome que sera initié ce mouvement, auquel se joindront, dès le dimanche suivant, tous les diocèses du monde autour de leurs évêques. Le caractère inédit d’une telle démarche réclame quelques explications. On se souvient qu’à la suite du concile, Paul VI avait décidé la convocation régulière d’assemblées synodales, réunissant les seuls représentants de toutes les conférences épiscopales. Il s’agissait de réfléchir ensemble sur un thème déterminant pour l’Église, en laissant au pape le soin d’en reprendre les résultats dans un document approfondi. C’est ainsi qu’en 1975 Paul VI avait publié Evangelium nuntiandi, un texte qui avait fait date, en énonçant les conditions de l’évangélisation dans le monde contemporain.

L’intention de François est cette fois d’élargir cette perspective synodale – où, selon l’étymologie, il s’agit de faire route ensemble – pour y associer le peuple fidèle dans sa totalité. On conçoit l’ambition du projet, puisque la consultation envisagée ne concerne pas seulement ce qu’on appelait autrefois le laïcat engagé, mais tous les catholiques de nos paroisses. L’expérience est nouvelle, puisque les fidèles sont invités à partager les soucis de toute l’Église. Et le pape d’insister sur la spécificité d’une entreprise qui est d’abord de nature spirituelle et, pourrait-on dire, charismatique. Car il s’agit bien de mettre en valeur les charismes, c’est-à-dire les dons des baptisés investis de la grâce divine : « Il ne s’agit pas de récolter des opinions, mais d’écouter l’Esprit, comme on le trouve dans le livre de l’Apocalypse. “Quiconque a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises” (Ap 2,7). (…) Il s’agit d’entendre la voix de Dieu, de saisir sa présence, d’accepter son passage et son souffle de vie. Il est arrivé au prophète Élie de découvrir que Dieu est toujours le Dieu des surprises, même dans la façon dont il passe et dont il se fait entendre.  »

Les risques de subversion

Pour ses fidèles diocésains de Rome, le pape a entrepris une relecture des Actes des apôtres, pour montrer comment cette écoute de l’Esprit Saint inspirait la naissance et le développement des premières communautés chrétiennes. On mesure ainsi l’ambition de cette mobilisation, qui requiert une adhésion profonde des cœurs. C’est assez dire que l’intention du pape suppose des conditions singulières, à l’opposé des habitudes intellectuelles sur les réseaux sociaux, faites de polémiques clivantes.

On mesure aussi les risques du projet, avec le danger d’introduction de pratiques politiques et d’utilisation sur le terrain des techniques de manipulation de groupe. On ne peut ignorer non plus les intentions de subversion de la doctrine et de la morale de certains groupes, qui avouent leurs orientations idéologiques en prenant prétexte de plusieurs intentions réformatrices du pontificat. C’est pourquoi on observera avec attention les débuts de cette expérience nouvelle, pour voir comment sont mises en œuvre les bonnes dispositions sur lesquelles le pape fonde ses espoirs. Sera-ce dans le sens d’une avancée spirituelle du peuple chrétien, qui démentirait toute instrumentalisation idéologique ?

Commentaires

  • Gageons que toutes les officines de la subversion se préparent à saisir cette opportunité pour faire avancer leurs funestes projets. Après, on dira que c'est l'Esprit-Saint qui l'a voulu.

  • Qui prend les paris ? On va gagner plein de sous.

    Quant à l'intérêt de la Foi et de l'Eglise... Si j'écrivais mon pronostic (posément, en toute vraisemblance, dans la sainte liberté des enfants de Dieu...) ce message serait impitoyablement scratché.

    Même dans notre Eglise, de nos jours, la liberté est morte.

  • Je vais vous dire un truc. Quand on fait le catalogue (aussi long que la bras d'une mer) qui a trait à l'animosité du pape actuel vis-à-vis de tout ce qu'il considère comme traditionnel, on finit par se demander si son unique but n'est pas de tuer les forces vives de l'Egli!se? Qu'espère t-il pour demain? Si c'est que nos futurs prêtres souscrivent à son idéologie dévastatrice, c'est peine perdue. Mais 68 aidant, on voit trop bien que les fruits récoltés suite à ce concile sont dévastateurs. Un chiffre parmi d'autres: de 1911 à 1961, 832 prêtres ont demandé de quitter le sacerdoce. Mais de 1961 à 1978, ils furent 36.000 à faire la même démarche. Vous avez dit "fruits du Concile"?..

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