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"Génocide" : la démesure langagière du pape François

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De Joseph Facal sur Le Journal de Québec :

La démesure langagière du pape François

Qui va nier la cruauté et les injustices dont furent victimes les Autochtones au Canada, ou les abus physiques et psychologiques subis par nombre de leurs enfants dans les pensionnats ?

Mais un « génocide » ?

Faits

Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mot « génocide », quand il est utilisé sans qualificatif, renvoie globalement à une tentative planifiée et systématique pour faire disparaître physiquement toute une communauté.

Au 20e siècle, l’expression fut presque uniquement réservée à trois cas types : le martyre du peuple juif aux mains des nazis, le génocide des Tutsi par les Hutu au Rwanda, et celui des chrétiens arméniens aux mains des Turcs musulmans.

Évidemment, beaucoup voudraient étirer la notion.

Le pape va donc plus loin que la Commission de vérité et de réconciliation de 2015, qui parlait de « génocide culturel », écartant le génocide physique.

Il s’agissait, peut-on lire, d’« éliminer les peuples autochtones comme peuples distincts et de les assimiler contre leur gré à la société canadienne ».

Cruel ? Oui. Un génocide physique ? Non.

Les pensionnats n’étaient pas des camps de concentration, mais « des moteurs de changements culturels et spirituels », disait la Commission. 

Paternaliste et condescendant ? Évidemment.

Les enfants étaient arrachés à leurs familles contre leur volonté. Radical et inhumain ? Absolument.

Mais si vouloir effacer une culture heurte à juste titre notre sensibilité moderne, ce n’est pas la même chose que de vouloir liquider en masse tout un peuple.

Bien connu, le mot « ethnocide » serait plus approprié : il renvoie à la volonté de détruire l’identité culturelle d’un peuple sans le faire disparaître physiquement.

Comme le rappelait l’historien Jacques Rouillard, les communautés religieuses fondèrent des écoles, des hôpitaux, des asiles pour jeunes, vieillards, infirmes, orphelins, pauvres, etc.

Pourquoi de telles gens auraient voulu physiquement faire disparaître des peuples entiers de la surface de la Terre ?

La Commission de 2015 a estimé que le taux de mortalité dans les pensionnats entre 1945 et 1965 est comparable à la moyenne canadienne chez les enfants des mêmes tranches d’âge. 

Le taux de mortalité deux fois plus élevé que la moyenne canadienne entre 1921 et 1950 s’explique selon elle par la tuberculose. 

Les tombes étaient anonymes parce que seuls les riches pouvaient se payer des pierres tombales gravées. Quand on posait une croix en bois, elle se détériorait rapidement.

Les faits connus pour le moment n’autorisent pas à parler de « charniers », « fosses communes », « survivants », et autres termes tirés du vocabulaire génocidaire.

Le vocabulaire devrait être durci seulement si de nouveaux faits le justifient.

Rigueur

Introduire de la rigueur n’équivaut pas à nier les souffrances ou à manquer de sensibilité. 

C’est la condition de base à respecter pour ne pas dire n’importe quoi. 

Nous vivons une époque de démesure langagière. 

Je ne m’attendais pas à ce que le pape y contribue.

Commentaires

  • Tout à fait d accord, le mot génocide n est pas approprié, ,Le Pape François a fait une erreur de langage qu il devrait corriger, Nous avons connu une erreur de langage aussi du premier ministre Hongrois Orban ,il a parle d une race européenne alors qu il a voulu parler d une culture européenne, la nuance est importante

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