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Inculturer la liturgie dans une anti-culture ?

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De l'abbé Jean-Marie Perrot sur Res Novae :

De l’inculturation liturgique dans une anti-culture

L’accélération des évolutions culturelles et sociales dans les pays occidentaux pose avec plus d’acuité une question lancinante depuis la réforme de la liturgie : celle, désirée voire demandée par le concile Vatican II, de son inculturation.

L’impossible inculturation dans une culture en mutation

Les essais ont été nombreux, dès avant le dit Concile. Ainsi, dans le cadre des mouvements d’Action catholique, avant la seconde guerre mondiale et surtout après, on vit s’organiser des processions d’offrandes, où les instruments de travail ainsi que leur produit, étaient présentés avec le pain et le vin qui feraient la matière du sacrifice eucharistique. Si l’on s’interrogea alors sur le bien-fondé de présenter ces objets comme matière « associée » du sacrifice alors que c’en sont plutôt des fruits, fruits d’une vie chrétienne œuvrant dans la création et la société, le moins que l’on puisse dire est que, nonobstant la solution à l’objection liturgique et théologique soulevée, la démarche a définitivement tourné court. Ne restent que des dessins d’enfants ou, dans les « messes des peuples », des danses et des fruits bien exotiques pour un européen. On est assez loin d’une ambitieuse incarnation de la liturgie dans la vie moderne, de son inculturation… Mais l’aurait-on poursuivie, qu’est-ce qu’une telle procession, après l’automatisation du travail, la désindustrialisation, la tertiarisation et actuellement son ubérisation, pourrait aujourd’hui apporter qui représente « le fruit de la terre et du travail des hommes » ? Le monde du travail a profondément changé, et change encore, rendant illusoire l’idée d’en tirer une symbolique durable.

Le langage a lui aussi changé et surtout, exerçant sur lui leur influence, les mœurs. Au risque de choquer quelque lecteur, mentionnons cette assemblée d’adolescents gloussant et se regardant goguenards en entendant le prêtre parler de la « vierge »… Plus profondément et surtout institutionnellement, la parole féministe a conduit à l’intégration aussi dans le langage liturgique de formules qui, si elles sont plus explicites, sont moins élégantes et alourdissent une rhétorique dont, en monde latin, on louait auparavant la finesse et la concision : « frères et sœurs… celles et ceux… », etc. Ces deux exemples illustrent ce à quoi la célébration en langue vernaculaire ne peut manquer d’être confrontée, car, dans ses mots, elle est inévitablement et immédiatement interprétée à l’aune de la langue telle qu’elle est parlée ici et maintenant. On peut certes, pour pallier les difficultés, aller de périphrases et de lourdeurs sémantiques en circonlocutions explicatives. Néanmoins, le processus ne s’annonce-t-il pas sans fin, et ne s’opère-t-il pas au détriment d’une langue liturgique qui a été l’honneur de l’Église latine ? Elle se meurt d’ailleurs, cette langue liturgique ; ne reste que le langage de tous les jours, qu’une certaine pastorale exige d’ailleurs, puisque « tout le monde » doit pouvoir comprendre…

L’impossible inculturation dans une société en déconstruction

Les sociétés modernes et postmodernes sont donc en décalage, grand et grandissant, par rapport à la foi et à son expression liturgique. Ce constat suffit-il, satisfait-il ? Ne doit-on pas, pour manifester davantage le rouet auquel l’inculturation de la liturgie se trouve mise, se demander si nos sociétés sont simplement capables d’être le lieu d’une inculturation ?

Prenons l’exemple simple et parlant de l’agenouillement et de la communion sur la langue. Ils ont été remplacés par la station debout et la communion dans la main : telle est l’attitude de l’homme moderne, du chrétien adulte, ont prôné les chantres de ces changements.

Qui ne voit la disparition de l’adoration qui en a découlé ? Comprenons bien de quoi il s’agit, en partant d’une parole papale récente : Le pape François, dans l’exhortation apostolique Desiderio desideravi, a dénoncé un sacré étranger au mystère chrétien, où l’on s’égarerait. Il lui a opposé, non pas un profane banal, mais l’Incarnation et la Présence réelle et, pour le croyant, l’émerveillement. En illustration de celui-ci, il a cité la belle exclamation eucharistique de saint François d’Assise contenant ces mots : « L’humanité entière tremble, l’univers entier tremble et le ciel se réjouit, quand sur l’autel, dans la main du prêtre, le Christ, le Fils du Dieu vivant, est présent. Ô hauteur admirable et valeur stupéfiante ! Ô sublime humilité ! Ô humble sublimité !… humiliez-vous aussi, afin d’être élevés par Lui. »

Dès lors, si l’on concède bien volontiers que l’hommage du vassal devant le seigneur féodal n’est plus d’actualité, on ne peut que tenir – s’appuyant sur toutes les autorités possibles, jusqu’à celle mentionnée à l’instant – que l’adoration est consubstantielle du culte de l’Église. Elle s’exprimait – et s’exprime encore – extérieurement par l’agenouillement, qui peut également signifier la pénitence. Dans une société qui achève la déconstruction de toutes les autorités, même moribondes ou évanescentes, en quelle réalité ou attitude actuelle, en quel sentiment communément connu et reconnu aujourd’hui pourrait-on couler, « inculturer » l’adoration, l’humilité, l’émerveillement du fidèle lorsque « le Seigneur de l’univers, Dieu et Fils de Dieu s’humilie au point de se cacher, pour notre salut, sous un petit semblant de pain » ? (François d’Assise à nouveau)

En fait, au milieu d’essais infructueux, il y a une dimension de notre société dans laquelle la liturgie réformée s’est aisément insérée, dont elle s’est inspirée : la mentalité démocratique. La participation des fidèles demandée par le concile, mais comprise selon une modalité extérieure et sensible, a effectivement trouvé en elle un modèle : convivialité sincère ou de commande (les messes « festives »), multiplication des interventions et des intervenants, partages en petits groupes se substituant à l’homélie, adaptation au plus près des caractéristiques de l’assistance et de ses supposées attentes… Peut-être l’échec partout ailleurs explique-t-il que cette inculturation-là soit si prégnante. Les autres – et les plus importants – aspects du culte butent contre une réalité « culturelle » qui ne se prête absolument pas à la rencontre, qui n’en est pas capable, voire s’y oppose en ses principes. Cette unilatéralité même force et dévie la prière publique de l’Église : souvent – les papes n’ont cessé de le dénoncer, sans beaucoup d’effet -, dans de telles assemblées, l’autocélébration de la communauté le disputant à la créativité et à l’émotivité, la cérémonie ne relève plus vraiment du culte, de la liturgie, puisqu’il n’y a plus alors ni rite, ni orientation vers Dieu.

L’impossible inculturation d’une liturgie déstructurée

Nombreux sont les prêtres et les fidèles qui rechignent à la démocratisation du culte. Fréquemment, si ce n’est toujours, ils se tournent alors, soit explicitement vers le vetus ordo, soit plus indistinctement vers les usages et les coutumes antérieurs à la réforme pour combler les trous et les silences du novus ordo. La marche vers le monde moderne et l’inculturation s’en trouve ralentie ou stoppée, à la mesure de l’ampleur de ces emprunts.

Ce fait-là amène une question subsidiaire à notre problème d’ensemble : inculturation, soit… mais que veut-on inculturer ? Quelle liturgie ?

L’inculturation, si l’on en admet la possibilité – et on ne saurait la refuser par principe – implique la rencontre de deux organismes, en quelque manière vivants et complexes, fruits d’une élaboration lente et en partie mystérieuse, de doctrines et de règles, de coutumes et de pratiques, de symboles et de mœurs, etc. (une forêt de symboles, selon le titre d’un ouvrage de l’abbé Barthe) ; rencontre lente elle aussi, faite d’ajustements et de transformations réciproques, que la coutume entérinera ou rejettera, que l’autorité permettra ou sanctionnera. Il y faut, de part et d’autre, de la santé, de la vigueur…

Or, lorsque le Concile demanda, en vue d’une réforme de la liturgie, qu’on distinguât entre éléments essentiels, intangibles et éléments qui, eux, pouvaient changer, cela se traduisit par une rapide, très rapide (en quelques courtes années) désarticulation du rite romain ancien, supprimant des cérémonies (les vertus qui les commandaient se trouvant alors sans expression ni support cérémoniel), simplifiant d’autres, ajoutant de nouvelles, qu’elles fussent extirpées de l’antiquité ou créées de toutes pièces. Un nouvel ensemble, où la pluralité de choix est posée en principe, fut ainsi proposé, le nouvel ordo, dont on peut justement se demander s’il mérite, au même titre que l’ancien, le titre d’ordo.

Éclairons la parenthèse ci-dessus : on a déjà parlé de l’adoration et de l’humilité ; signalons deux autres vertus essentielles du culte, la dévotion et la révérence : la suppression de la précision des rubriques concernant la célébration par le prêtre laisse ces vertus sans support concret et aisément repérable, non que ces vertus soient absolument attachées à tel geste ou tel moment (ce serait une forme de rubricisme), mais l’âme du prêtre se trouvait – se trouve – favorisée dans son attention et son élévation par ces mentions. Il en va de même du rôle des servants, des attitudes des fidèles dans l’assemblée. Si rien n’est dit, pourquoi, quand et comment faire quelque chose ? Ne finira-t-on pas par ne faire que ce que le cœur nous en dit ? On ne saurait se satisfaire de cela.

* * *

Au terme de cette rapide analyse, la gageure de l’inculturation, non seulement du côté d’une culture qui n’en est plus une, mais aussi du côté d’un rite incomplet et fluide, paraît bien aventureuse.

Commentaires

  • Depuis que je suis enfant (j'ai 54 ans), je souffre à cause des chants de messe qui ont remplacé le chant OFFICIEL de l'Eglise depuis des siècles: le chant grégorien. Oui, c'est très dur à supporter car je suis musicienne depuis petite et ces chants ont tout au plus une valeur musicale de mélodie de spots publicitaires. Quant aux paroles on est submergé de logorrhées ad nauseam!
    Le tout donne un agglomérat d'une niaiserie sans pareille qui m'a souvent donné l'impression que la liturgie était devenue une blague qui se moque des gens.
    C'est un "tue-amour de la liturgie" pour les vrais musiciens.
    Une poignée d'auteurs, de compositeurs, voire les deux, parfois, ont eu le "passe-droit" de devenir les chantres officiels de la liturgie avec un grand "L".
    Pourquoi?
    La déliquescence musicale n'est peut-être pas ce qu'il y a de plus préoccupant. Les paroles sont très limite (elles frôlent parfois l'hérésie) et sont bien souvent empreintes d'humanisme poétiquo-romantique bien plus que du message de la foi catholique dans toute sa splendeur, beauté, sa pureté et sa dimension éminemment sacrée.

    Exemple qui personnellement me donne la nausée:

    https://www.youtube.com/watch?v=sc_EFqBNw4s&list=PLEw7Ybq1Sf_r0poCi9qbImIjP_fEGJrjV&index=51

    On me dira que je suis dure, injuste, que je ne respecte pas les goûts et les couleurs, intégriste allons-y... , mais désolée, c'est véritablement du sabotage, c'est très douloureux car cela touche à la relation de l'homme avec Dieu, c'est grave, et...je suis en colère!
    Ce ne sont pas les gens qui pensent comme moi qui font que les églises sont vides puisque les "chantres liturgiques officiels autoproclamés" ont eu le tout le temps et tout l'espace de faire leurs preuves pendant 50 ans.

    Allez, je vous offre ceci pour l'Avent et avec vous, je m'en délecte:

    https://www.youtube.com/watch?v=PAmusgcBd_s

  • Je pense que vous êtes effectivement dure et injuste car des progrès indéniables ont été réalisés, même s'il restera toujours nécessaire de trier le bon grain et l'ivraie sans attendre, dans ce domaine, la Parousie.
    Quant au chant grégorien, comme vous je l'apprécie. Mais il faut reconnaître qu'il ne se prête pas au chant d'assemblée. Encore faut-il pour en tirer profit disposer du texte sous les yeux sauf quand on le connaît de mémoire et posséder au moins quelques rudiments de latin.
    Enfin pour ce qui est du Rorate caeli, je préfère infiniment une version chantée par un chœur monastique à celle, très artificielle, dont vous vous délectez.

  • Bonsoir, Anne,

    Quel bonheur de vous lire dans ce désert liturgique qu'on nous impose depuis des décennies. ! J'ai vécu le même genre de parcours que vous depuis le temps où j'étais à la chorale du collège durant mes humanités; La liturgie.d'alors , la seule qui existât pratiquement, sauf par exemple les psaumes de Gélineau en français, nous transportait de bonheur, et élevait notre âme au)-dessus des soucis quotidiens : une sorte de catharsis à la gloire du seigneur.

    Et puis est arrivée la Réforme, comme au temps de Luther ou de Calvin, et tout est devenu plus "démocratique" et plus pragmatique, plus"laïque", si l'on préfère. Autrement dit, plus on s'est rapproché du profane et plus on s'est éloigné du sacré.
    Et vive la kénose qui rabaisse Dieu au niveau, voire en-dessous, de l'homme , au lieu de l'élever à Lui.

    Bref, ce qu'on a tué, c'est le caractère sacré de la liturgie qui en faisait le sens spirituel et l'attrait des sens supérieurs qui font que nous sommes des êtres évolués.

    Ayant quitté l'Eglise pendant une quarantaine d'années après mes vingt ans, j'ai perdu tous mes repères à la messe et, malgré vingt ans d'efforts, j'en suis toujours écoeuré. Qu'il s'agisse de ritournelles d'école maternelle, de banalités à la J.S.Bach protestante, de rap ou de rock à la sauce Sart-Tilman, ou de n'importe quelle variété inspirée de Star Academy ou d'Eurovision ou que sais-je encore, tout cela n'est que rabaissement et trahison face à la Grandeur divine.
    Quitte à être enterré laïquement, jamais on ne me fera avaler pareille trahison liturgique. Sûr que le Diable m'en voudra...

    Voilà, soeur Anne, ce que je voulais partager avec vous. Merci de m'y avoir. incité par votre courage et par votre conviction. J'espère pouvoir vous lire encore à l'avenir. Soyez bénie et comprise.

  • Bonjour Arnaud,
    Ce que j'exprime dans mon premier commentaire ne concerne pas les "goûts et les couleurs" musicaux de chacun Contenter tout le monde ferait de la liturgie une cacophonie. Trouver un chant sacré plus accessible que le chant grégorien, pourquoi pas, mais personnellement je réprouve la manière dont cela a été tenté depuis 50 ans: sans règles musicales, sans règles non-plus au niveau des paroles. Les auteurs et compositeurs de cette périodes ont été choisis sur je ne sais quel critère, sont-il même évalués officiellement? (paroles, musique?) C'est quand même capital la liturgie!!!
    Je suis musicienne, eh bien si je composais des chants chrétiens et qu'une commission me disait qu'ils n'étaient pas acceptés pour la liturgie pour x raisons qui ne conviennent pas, je l'accepterais sans aucun problème.
    Je ne suis pas excessive, je suis excédée!
    Peut-être êtes-vous plus jeune que moi, mais vraiment, j'ai souffert toute ma vie des chants gnan-gnans comme vous n'imaginez pas.
    Ceci dit, je respecte pour vos goûts et vos couleurs.
    Bien à vous

  • Bonjour Eleison,
    Oui, c'est très très dur à supporter ce parasitage dans les oreilles au cours de la messe.
    Ce qui est douloureux, c'est exactement ce que vous exprimez si justement:

    "Bref, ce qu'on a tué, c'est le caractère sacré de la liturgie qui en faisait le sens spirituel et l'attrait des sens supérieurs qui font que nous sommes des êtres évolués."

    Cela perturbe notre intimité la plus profonde: notre relation à Dieu au moment où nous Le rencontrons en Présence Réelle: la messe .

    Surtout cher Eleison, ne vous découragez pas!
    Que Dieu vous bénisse également

    https://www.youtube.com/watch?v=y9p0-NSirQA
    (copier-coller ce lien dans youtube)

  • Merci, chère Anne, pour vos encouragements. Hélas, malgré votre sollicitude, je ne trouve guère de motifs d'espérer une remise en question de cette tragique déviation. Un demi-siècle de déculturation du sacré vaut bien un demi-siècle de déculturation civilisationnelle à la façon de mai '68. Dans les deux cas, ce sera très difficile de revenir en arrière, avant que ne s'accomplisse la
    promesse du Retour.

    Mais peut- être, comme le suggérait un récent article de ce blog, faudrait-il songer à remettre à plat l'idée même du concile dont il est désormais évident qu'il a fait faillite, sans espoir de sauveur : en effet, qui voudrait encore miser son crédit sur ce cygne noir ? La platitude ne séduit pas les investisseurs du spirituel.

    En attendant, on peut toujours se demander comment a pu germer cette initiative conciliaire , avec le soutien de qui, selon quels motifs et objectifs précis, avec quel consensus des autorités ecclésiastiques d'une part et du peuple des fidèles d'autre part et quel bilan final et quelles conséquences à plus ou moins long terme ( j'en passe ). Pour une Eglise modernisante, qui se voulait démocratisante et donc à l'écoute de son peuple, on ne voit nulle trace d'une vaste consultation "populaire" qui aurait pourtant dû être la priorité des casseurs de traditions.
    Bref, l'impression qui se dégage de cette aventure est celle d'une improvisation impardonnable ou d'une trahison injustifiable.

    Mais j'avoue que je devrais bien, n'était-ce le temps que cela demande, de relire les remarquables enseignements de Denis CROUANT en la matière.

    Une question intéressante que vous posez, chère Anne, est celle de savoir qui sont les "compositeurs" de ces horreurs liturgiques (pour la plupart), par qui ils sont désignés et selon quels critères ils sont approuvés. Pour le choix des critères, je crois qu'on peut faire confiance encore à Denis CROUANT.
    Un flou très artistique plâne sur ce type de question. L'affaire s'avère complexe car il n'y a pas de directives générales en la matière. Il semble que les paroisses décident chacune plus ou moins de leurs choix liturgiques , quoique beaucoup s'en réfèrent à une institution parisienne qui semble influencer tout le monde francophone par la diffusion d'un bulletin dont j'ai malheureusement perdu la référence. Démagogie d'une part et influenceurs de l'autre. Une sorte de manipulation, à défaut de transparence.

    Une autre question essentielle se pose à propos de ce concile. Comment expliquer , en effet, que seule, l'Eglise catholique Romaine ait éprouvé, au siècle dernier, le"besoin" de réformer sa liturgie ? Qui s'en plaignait jusque là ? Personne, à ma connaissance, d'autant que j'étais élève d'un collège catholique qui pratiquait encore le rite ancien ( j'ai 83 ans ). Mais, même à la paroisse,
    personne ne se plaignait du latin, chacun possédant, depuis sa communio,n solennelle, son " Missel Romain" avec traduction juxtaposée page par page. L'argument de la langue est donc faux, archi-faux et je dirais même, malhonnête. A ce tître, l'usage actuel de la langue anglaise devrait être condamné à plus forte raison., dans le domaine culturel, base de notre civilisation.

    Enfin , on peut quand-même se demander pourquoi seule l'Eglise Romaine a cru bon , au temps des bouleversements post-modernistes, d'adopter des postures de style hollywoodien incompatibles jusqu'alors avec la tradition catholique.

    Aucune autre Eglise catholique, il y en a des dizaines , qu'elles soient byzantines, slavonnes, syriaques, araméennes, éthiopiennes, croates,syriaque, corses ou que sais-je, n'a jamais cru bon de se rallier à cette nouvelle invasion culturelle. Comment expliquer une telle singularité ?
    Je ne vois , hélas, qu'une seule explication : toutes ces liturgies folkloriques et donc traditionnelles ne sont que des reliques d'une mentalité primitive. Seule l'Eglise Romaine a compris le sens du progrès. Sauf qu'elle a oublié son latin : progresser signifie "aller vers" mais ne dit pas vers quoi on va. Les statistiques peuvent peut-être nous aider à comprendre..

    En bref, osons dire, malgré les bonnes intentions, que l'Eglise est au bord du schisme. La liturgie n'est qu'un des aspects de la fracture mais il est .révélateur. Bien d'autres questions font rupture mais qui s'en soucie ? Peut-être aurons-nous des réponses ?

    Grâce à vous, chère Anne , que je salue fraternellement.

  • Taizé ? André Gouze ? les chants de l' Emmanuel ?
    En Flandre nous utilisons " Zingt Jubilate " ( chants anciens, chants modernes ) Je précise que je n'ai pas eu d'éducation religeuse ( statistiquement c'est de plus en plus fréquent). Je me suis convertie ( catechumenat, sacrements) vers mes trente ans .

  • S'il fallait revenir au seul grégorien, les chants de Taizé, de L' Emmanuel, du mouvement charismatique international etc... me manqueraient beaucoup. Récemment 1200 jeunes se sont réunis à l' Abbaye de Mardesous afin de préparer les prochaines JMJ. Laissons les vivre .....

  • Bonjour Muriel Lehembre,
    Faisons abstraction de nos goûts et de nos couleurs personnels, aussi respectables soient-ils!
    Des règles très précises existent en ce qui concerne la liturgie (gestes, paroles, chants....). Elles ont été bafouées, dénaturées, liquéfiées.
    Pourquoi imaginer d'emblée qu'une messe respectueuse du sacré, car fidèle à la lettre de ce que l'Eglise a prévu, serait d'un ennui repoussant?
    Sur le plan sportif (et c'est d'actualité), tout le monde comprend que si l'on autorisait les joueurs de foot à se faire des passes de main en main, ce ne serait plus du football....
    La liturgie, chacun veut la modeler à sa façon et les gens ont un mal fou à accepter qu'un règlement officiel y soit légitime comme ailleurs.
    Des beaux chants chrétiens qui élèvent l'âme tels que ceux que vous citez existent, bien évidemment. Je pense qu'il sont tout à fait indiqués pour des moments de prière commune, personnelle, des concerts.
    Quant à leur place dans la liturgie, pourquoi pas, mais ce n'est pas à n'importe qui d'en décider, je pense qu'auparavant, ils devraient faire l'objet d' une évaluation officielle sérieuse, puis d' une autorisation officielle, elle-aussi.
    Bien à vous
    Bon week-end

    Cher Eleison,
    Merci de tout coeur pour votre compréhension!
    Tout semble "contraire" en ce monde à la dérive.
    Mais je vous le redis: ne perdez pas courage!
    Soyez assuré de ma prière affectueuse.
    Bien fraternellement

  • Bonsoir Anne, " Voyez comme ils s'aiment " disaient les païens du deuxième siècle en parlant des chrétiens
    Si l'amour de Dieu et du prochains doit passer par tant de bureaucratie, de hiérarcchie, de filtrage de moucherons .... que restera t-il de cet amour ? J 'aime beaucoup la messe de semaine, une messe basse . Le dimanche j 'aime aller à la paroisse où Dieu m' a mis , où nous faisons du bénévolat et où je serai enterrée. La messe y est fervente , respectueuse ..... .parfois mystique si on se laisse porter . Nous y utilisons le "Zingt Jubilate " dont j'ai parlé plus haut, encouragés par un choeur et son dirigeant, tous bénévoles. Parfois, au hasard des horaires, je me rends à une messe dominicale avec dess chants grégoriens. Je m'y crois au paradis mais pense, au sortir de la messe, que je dois redescendre sur terre. Je ne suis ni moderniste, ni tradi . J'aime mon Eglise où je suis une pauvre pécheresse parmi de pauvres pécheurs. Tous les " Credo " sincères me font pleurer. Y compris et sutout celui de " Missa Criola " chanté par José Carreras.

  • Bonsoir Muriel, je suis contente pour vous que vous ayez trouvé des endroits respectueux, fervents, mystiques...
    Mais la désolation liturgique et le "n'importe quoi" qui laissent une foultitude de paroissiens dans un désert douloureux n'est pas une légende.
    Je ne suis ni sédévacantiste, ni tradi, ni moderniste.

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