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La Chine et l'Église des Trois-Autonomies se préparent à appliquer les nouvelles réglementations en matière de propagande.

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De sur Bitter Winter :

La Chine et l'Église des Trois-Autonomies se préparent à appliquer les nouvelles réglementations en matière de propagande.

5 février 2026

L'Église, contrôlée par le gouvernement, s'empresse d'adopter le nouveau règlement idéologique du Parti, prouvant une fois de plus que son credo le plus profond est l'obéissance politique.

Une église entièrement intégrée au système de propagande du PCC. Générée par IA.
Une église entièrement intégrée au système de propagande du PCC . Générée par IA.

Le nouveau « Règlement sur le travail idéologique et politique » du Parti communiste chinois a été présenté avec le sérieux habituellement réservé aux réformes constitutionnelles ou au lancement d'une nouvelle station spatiale. Comme l'a souligné « Bitter Winter » , ce document constitue un appel solennel à la mobilisation idéologique totale. Chaque secteur, chaque institution et chaque citoyen doit désormais se faire le porte-parole de la pensée de Xi Jinping .

Comme d'habitude, l' Église des Trois-Autonomies, contrôlée par le gouvernement, s'est empressée de se mobiliser, prête à montrer qu'elle est la chaîne la plus docile de toutes.

Dans une interview du 21 janvier , Shan Weixiang, vice-président du Mouvement patriotique des Trois Autonomies , s'exprime comme s'il rendait hommage non pas au Christ, mais au Comité central. Interrogé sur le nouveau Règlement, il affirme avec assurance qu'il s'agit d'une « étape importante », d'un « principe directeur » et d'un « nouveau sommet » dans la conception que le Parti se fait du travail idéologique. On pourrait s'attendre à ce qu'il déclare que le Saint-Esprit est venu bénir le document, mais il s'en abstient sagement.

L'entretien met en lumière la manière dont la théologie politique est imprégnée de caractéristiques chinoises. Shan explique que l' Église des Trois Autonomies a fait de la pensée de Xi Jinping le « premier point à l'ordre du jour » de ses réunions. Les séminaristes y apprennent non seulement la théologie, mais aussi une « conscience politique », afin de s'aligner sur la ligne du Parti. Les églises sont tenues d'arborer le drapeau national, de chanter l'hymne national, de présenter la Constitution, de mettre en avant les valeurs socialistes fondamentales et même de présenter l'artisanat traditionnel. L'objectif est de créer des « espaces idéologiques immersifs », quoi que cela puisse signifier.

L'entretien souligne comment les séminaires intègrent désormais d'importants modules idéologiques et politiques à leurs programmes. Les étudiants doivent maîtriser à la fois les enseignements chrétiens et la culture et le contexte national chinois. Le séminaire théologique de Fujian est salué pour l'élaboration de ses propres manuels politiques, garantissant ainsi que la sinisation du christianisme soit à la fois enseignée et documentée.

Des églises sont également transformées en centres d'éducation patriotique. Certaines ont aménagé des « bases à la chinoise », avec des salles d'exposition à dominante rouge. D'autres proposent des cours de calligraphie, des expositions d'artisanat et des conférences sur les classiques confucéens. Le message est clair : le christianisme peut subsister, mais seulement comme un élément accessoire d'une culture plus large, approuvée par le Parti.

Les membres du clergé sont désormais tenus de participer à des « mois d'étude du droit et des politiques » réguliers, durant lesquels ils apprennent à reconnaître « l'extrémisme religieux » et « l'infiltration étrangère ». Ces termes englobent opportunément tout, des églises de maison non enregistrées aux missionnaires étrangers, et probablement même l'apôtre Paul. Ils doivent « rectifier les pratiques de l'Église », « renforcer leur autodiscipline » et présenter une « image pure et solennelle », ce qui revient concrètement à éviter toute expression religieuse indépendante.

Ses projets futurs sont encore plus ambitieux. L' Église des Trois Autonomies s'engage à bâtir un nouveau système idéologique adapté au christianisme, à élaborer une méthode d'évaluation de la loyauté politique liée au financement, et à produire des « ouvrages idéologiques de grande qualité » qui réinterprètent la doctrine pour l'aligner sur les valeurs socialistes. Elle promet également d'approfondir l'immersion culturelle par le biais des arts traditionnels, de développer l'éducation à la sécurité nationale pour aider les croyants à résister à « l'infiltration étrangère », et de fusionner la foi chrétienne avec « le grand rêve de renaissance nationale ».

On pourrait presque oublier que, dans sa forme originelle, le christianisme n'était pas destiné à servir d'outil pour stimuler les stratégies de développement national.

Ce que l'interview révèle en définitive, c'est à quel point l' Église des Trois-Autonomies a pleinement embrassé son rôle d'instrument politique. Les nouveaux règlements exigent une conformité idéologique totale, et la direction des Trois-Autonomies y répond avec un enthousiasme frôlant le fanatisme.

Le spectacle est singulier : une église qui prétendait jadis représenter le protestantisme chinois s’efforce désormais de surpasser les institutions laïques par sa loyauté à la doctrine du Parti. Le langage de la foi demeure, mais il est vidé de son sens, détourné et imprégné de slogans communistes.

En définitive, le message de l' Église des Trois-Autonomies est le suivant : « Nous sommes loyaux. Nous sommes utiles. Nous sommes en sécurité. » 

Dans la Chine d'aujourd'hui, c'est la seule croyance qui compte.

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