PÈLERINAGE APOSTOLIQUE AU PORTUGAL
(12-15 MAI 1982)
SAINTE MESSE AU SANCTUAIRE DE LA VIERGE DE FATIMA
HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II
Fatima,
jeudi 13 mai 1982
1. « Et dès cette heure, le disciple la prit chez lui » ( Jn 19,27).
C’est sur ces mots que s’achevait l’Évangile de la liturgie du jour à Fatima. Le nom du disciple était Jean. C’est lui, Jean, fils de Zébédée, apôtre et évangéliste, qui entendit les paroles du Christ sur la croix : « Voici ta mère. » Auparavant, le Christ avait dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils. »
C'était un témoignage magnifique.
Lorsque le Christ quitta ce monde, il confia à sa Mère un homme qui serait comme un fils pour elle : Jean. Il le lui confia. Et, de ce don et de cette confiance, Marie devint la mère de Jean. La Mère de Dieu devint la mère de l’homme.
Dès lors, Jean « la prit chez lui » et devint le tuteur terrestre de la Mère de son Maître ; car il est du droit et du devoir des enfants de prendre soin de leur mère. Mais surtout, par la volonté du Christ, Jean devint le fils de la Mère de Dieu. Et en Jean, tout homme devint son fils.
2. « Il l’a emmenée hors de chez lui » peut aussi signifier, littéralement, dans sa maison.
Une manifestation particulière de la maternité de Marie à l'égard des hommes réside dans les lieux où elle les rencontre ; les maisons où elle vit ; les maisons où se fait sentir une présence particulière de la Mère.
Ces lieux et ces maisons sont innombrables. Ils sont d'une grande diversité : des oratoires dans les maisons ou le long des rues, où rayonne l'image de la Vierge Marie, aux chapelles et églises construites en son honneur. Il existe cependant des lieux où l'on ressent particulièrement intensément la présence de la Vierge. Parfois, ces lieux irradient leur lumière au loin, attirant des fidèles de loin. Leur rayonnement peut s'étendre à un diocèse, à une nation entière, voire à plusieurs nations et même à plusieurs continents. Ce sont des sanctuaires mariaux.
En tous ces lieux, le testament unique du Seigneur crucifié se réalise de façon admirable : l’homme se sent remis à Marie et confié à elle ; il affluent vers elle pour être avec elle comme avec sa propre Mère ; il lui ouvre son cœur et lui parle de tout : « il l’accueille chez lui », c’est-à-dire avec tous ses problèmes, parfois difficiles. Ses propres problèmes et ceux des autres. Les problèmes des familles, des sociétés, des nations, de l’humanité tout entière.
3. N’est-ce pas le cas du Sanctuaire de Lourdes, en France voisine ? N’est-ce pas le cas de Jasna Góra, en Pologne, le Sanctuaire de ma nation, qui célèbre cette année son six-centième anniversaire ?
Il semble que là aussi, comme dans de nombreux autres sanctuaires mariaux à travers le monde, ces paroles de la liturgie d'aujourd'hui résonnent avec une force particulièrement authentique :
« Tu es la glorieuse gloire de notre peuple » ( Juges 15, 10), et aussi les autres :
« Face à l'humiliation de notre lignée /... tu as relevé notre abattement / en te comportant avec droiture devant notre Dieu » ( Juges 13, 20).
Ces mots résonnent à Fatima comme un écho particulier des expériences non seulement de la nation portugaise, mais aussi de nombreuses autres nations et peuples à travers le monde : en effet, ils sont l'écho de l'expérience de toute l'humanité contemporaine, de toute la famille humaine.
4. Je suis venu ici aujourd'hui parce que, l'année dernière, jour pour jour, sur la place Saint-Pierre à Rome, a eu lieu une tentative d'assassinat contre le pape, coïncidant mystérieusement avec l'anniversaire de la première apparition à Fatima, qui a eu lieu le 13 mai 1917.
Ces dates coïncidaient de telle manière que j'ai ressenti un appel particulier à venir ici. Et voici, aujourd'hui je suis ici. Je suis venu remercier la Divine Providence en ce lieu que la Mère de Dieu semble avoir si tout particulièrement choisi. « Misericordiae Domini, quia non sumus consumpti » ( Lam 3, 22), je répète avec le prophète.
Je suis venu avant tout confesser ici la gloire de Dieu lui-même :
« Béni soit le Seigneur Dieu qui a créé le ciel et la terre », dis-je en reprenant les paroles de la liturgie d’aujourd’hui ( Juges 13, 18).
Et vers le Créateur du ciel et de la terre, j'élève aussi cet hymne de gloire particulier, qui est elle-même, la Mère Immaculée du Verbe Incarné :
« Bénie sois-tu, ma fille, devant le Dieu Très-Haut plus que toutes les femmes qui vivent sur la terre… »
« Le courage qui vous a soutenus ne quittera jamais le cœur de ceux qui se souviendront toujours de la puissance de Dieu. Que Dieu accorde une issue heureuse à cette entreprise pour votre exaltation éternelle » ( Juges 13:18-20).
À la base de ce chant de louange, que l'Église entonne avec joie ici comme en tant d'autres lieux sur terre, se trouve le choix incomparable d'une fille du genre humain comme Mère de Dieu.
Et que Dieu soit donc adoré par-dessus tout : Père, Fils et Saint-Esprit.
Bénie et vénérée soit Marie, type de l’Église, comme « demeure de la Sainte Trinité ».
5. Depuis le moment où Jésus, mourant sur la croix, dit à Jean : « Voici ta mère », depuis le moment où « le disciple la prit chez lui », le mystère de la maternité spirituelle de Marie a trouvé son accomplissement dans l'histoire avec une portée infinie. Être mère, c'est se soucier de la vie de son Fils. Or, si Marie est la mère de tous les hommes, son souci pour la vie de chacun est universel. La sollicitude maternelle embrasse l'homme dans sa totalité. La maternité de Marie commence dans sa sollicitude maternelle pour le Christ. En Christ, elle a accueilli Jean au pied de la croix et, en lui, elle a accueilli tout homme dans sa totalité. Marie embrasse chacun avec une sollicitude particulière dans l'Esprit Saint. C'est bien Lui, comme nous le professons dans notre Credo, le « donateur de vie ». C'est Lui qui donne la plénitude de la vie ouverte à l'éternité.
La maternité spirituelle de Marie est donc une participation à la puissance de l’Esprit Saint, de Celui qui « donne la vie ». C’est aussi l’humble service de celle qui dit d’elle-même : « Voici la servante du Seigneur » ( Lc 1, 38).
À la lumière du mystère de la maternité spirituelle de Marie, essayons de comprendre le message extraordinaire qui a commencé à résonner dans le monde entier depuis Fatima le 13 mai 1917, et qui s'est poursuivi pendant cinq mois, jusqu'au 13 octobre de la même année.
6. L’Église a toujours enseigné et continue de proclamer que la révélation de Dieu trouve son accomplissement en Jésus-Christ, qui en est la plénitude, et qu’« aucune autre révélation publique ne doit être attendue avant la manifestation glorieuse du Seigneur » ( Dei Verbum , 4). L’Église évalue et juge les révélations privées selon le critère de leur conformité avec cette unique Révélation publique.
Si l’Église a accueilli le message de Fatima, c’est avant tout parce qu’il contient une vérité et un appel qui, dans leur contenu fondamental, sont la vérité et l’appel de l’Évangile lui-même.
« Repentez-vous, faites pénitence et croyez à l’Évangile » ( Mc 1, 15) : tels sont les premiers mots que le Messie a adressés à l’humanité. Le message de Fatima est, en son essence, un appel à la conversion et à la pénitence, conformément à l’Évangile. Cet appel a été lancé au début du XXe siècle et, de ce fait, il s’adresse tout particulièrement à notre époque. La Vierge Marie semble percevoir les signes des temps – les signes de notre temps – avec une perspicacité exceptionnelle.
L’appel à la pénitence est maternel et, en même temps, fort et décisif. La charité qui « se réjouit de la vérité » ( 1 Co 13, 6) peut être sincère et décisive. L’appel à la pénitence est uni, comme toujours, à l’appel à la prière. Conformément à la tradition séculaire, Notre-Dame du Message de Fatima nous invite à réciter le Rosaire, que l’on peut à juste titre définir comme la « prière de Marie » : la prière dans laquelle elle se sent particulièrement unie à nous. Elle prie elle-même avec nous. Cette prière embrasse les problèmes de l’Église, du Siège de saint Pierre et ceux du monde entier. De plus, elle porte en mémoire les pécheurs, afin qu’ils se convertissent et soient sauvés, ainsi que les âmes du purgatoire.
Le message s'adressait aux enfants de 7 à 10 ans. Les enfants, comme Bernadette de Lourdes, sont particulièrement privilégiés lors de ces apparitions de la Mère de Dieu.
C’est pourquoi son langage est simple et adapté à leur compréhension. Les enfants de Fatima devinrent les interlocuteurs et les collaborateurs de la Dame du Message. L’un d’eux est encore vivant.
7. Lorsque Jésus dit sur la Croix : « Femme, voici ton fils » ( Jn 19, 26), il ouvrit d’une manière nouvelle le cœur de sa Mère, le Cœur Immaculé, et lui révéla la nouvelle dimension et la nouvelle portée de l’amour, auxquelles elle était appelée dans l’Esprit Saint avec la puissance du sacrifice de la Croix.
Dans les paroles de Fatima, il semble que nous redécouvrions précisément cette dimension de l’amour maternel, qui embrasse tout le cheminement humain vers Dieu : celui qui traverse la terre et celui qui, par le purgatoire, s’étend au-delà. La sollicitude de la Mère du Sauveur est une sollicitude pour l’œuvre du salut : l’œuvre de son Fils. C’est une sollicitude pour le salut, pour le salut éternel de tous les hommes. Alors que nous commémorons aujourd’hui le 65e anniversaire de ce 13 mai 1917, il est difficile de ne pas voir combien cet amour salvifique de la Mère embrasse, d’une manière particulière, notre siècle.
À la lumière de l'amour maternel, nous comprenons pleinement le message de Notre-Dame de Fatima. Ce qui s'oppose le plus directement au cheminement de l'homme vers Dieu, c'est le péché, la persistance dans le péché et, en fin de compte, le reniement de Dieu. L'effacement délibéré de Dieu du monde de la pensée humaine. Le détachement de l'homme de toute activité terrestre. Le rejet de Dieu par l'homme.
En réalité, le salut éternel de l'homme ne se trouve qu'en Dieu. Le rejet de Dieu par l'homme, s'il devient définitif, conduit logiquement au rejet de l'homme par Dieu (cf. Mt 7, 23 ; 10, 33), c'est-à-dire à la damnation.
La Mère, qui, de toute la puissance de son amour, nourrie dans l'Esprit Saint, désire le salut de tout homme, peut-elle rester silencieuse face à ce qui sape les fondements mêmes de ce salut ? Non, elle ne le peut pas !
C’est pourquoi le message de Notre-Dame de Fatima, si maternel, est à la fois si fort et si décisif. Il paraît sévère. C’est comme si Jean-Baptiste parlait sur les rives du Jourdain. Elle nous invite à la pénitence. Elle nous met en garde. Elle nous appelle à la prière. Elle nous recommande le Rosaire.
Ce message s'adresse à tout homme. L'amour de la Mère du Sauveur atteint tous ceux qui œuvrent au salut. Elle se soucie de tous les hommes de notre temps, ainsi que des sociétés, des nations et des peuples. Des sociétés menacées par l'apostasie, menacées par la dégradation morale. L'effondrement de la morale entraîne l'effondrement des sociétés.
8. Sur la Croix, le Christ dit : « Femme, voici ton fils. » Par ces mots, il ouvrit le Cœur de sa Mère d'une manière nouvelle. Peu après, la lance du soldat romain transperça le flanc du Crucifié.
Ce Cœur transpercé devint le signe de la rédemption accomplie par la mort de l'Agneau de Dieu.
Le Cœur Immaculé de Marie, ouvert par ces mots : « Femme, voici ton fils », rencontre spirituellement le Cœur de son Fils transpercé par la lance du soldat. Le Cœur de Marie s’est ouvert par le même amour pour l’humanité et le monde que celui dont le Christ a aimé l’humanité et le monde, s’offrant pour eux sur la Croix, jusqu’à recevoir la flèche du soldat.
Consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie, c'est se rapprocher, par l'intercession de la Mère, de la Source même de Vie qui a jailli sur le Golgotha. Cette Source jaillit sans cesse de rédemption et de grâce. La réparation des péchés du monde s'accomplit continuellement en elle. Elle est une source intarissable de vie nouvelle et de sainteté.
Consacrer le monde au Cœur Immaculé de la Mère, c'est retourner au pied de la Croix du Fils. Plus encore, c'est consacrer ce monde au Cœur transpercé du Sauveur, le ramenant à la source même de sa Rédemption. La Rédemption est toujours plus grande que le péché humain et le « péché du monde ». La puissance de la Rédemption surpasse infiniment tout le spectre du mal au sein de l'humanité et du monde.
Le Cœur de la Mère en est conscient, comme nul autre dans tout le cosmos, visible et invisible.
Et c'est pourquoi il appelle.
Elle ne nous appelle pas seulement à la conversion, elle nous appelle à la laisser, elle, la Mère, nous aider à retourner à la source de la Rédemption.
9. Se consacrer à Marie, c’est la laisser nous aider à nous offrir nous-mêmes et l’humanité à Celui qui est Saint, infiniment Saint ; c’est la laisser nous aider – en nous tournant vers le Cœur de sa Mère, ouvert sous la Croix à l’amour de chaque homme, du monde entier – à offrir le monde, l’homme, l’humanité et toutes les nations à Celui qui est infiniment Saint. La sainteté de Dieu s’est manifestée dans la rédemption de l’homme, du monde, de toute l’humanité, des nations : une rédemption accomplie par le Sacrifice de la Croix. « Pour eux, je me consacre moi-même », avait dit Jésus ( Jn 17, 19).
Par la puissance de la rédemption, le monde et l'humanité ont été consacrés. Ils ont été consacrés à Celui qui est infiniment Saint. Ils ont été offerts et confiés à l'Amour même, à l'Amour miséricordieux.
La Mère du Christ nous appelle et nous invite à nous joindre à l’Église du Dieu vivant dans cette consécration du monde, dans ce dépôt par lequel le monde, l’humanité, les nations et chaque être humain sont offerts au Père Éternel par la puissance de la Rédemption du Christ. Ils sont offerts dans le Cœur du Rédempteur transpercé sur la Croix.
La Mère du Rédempteur nous appelle, nous invite et nous aide à nous unir à cette consécration, à ce dépôt du monde. Alors, en effet, nous nous trouverons au plus près du Cœur du Christ transpercé sur la Croix.
10. Le contenu de l’appel de Notre-Dame de Fatima est si profondément enraciné dans l’Évangile et dans toute la Tradition que l’Église se sent attachée à ce message.
Elle répondit à cela par l'intermédiaire du Serviteur de Dieu Pie XII (dont l'ordination épiscopale eut lieu précisément le 13 mai 1917), qui souhaitait consacrer le genre humain, et en particulier le peuple russe, au Cœur Immaculé de Marie. Par cette consécration, n'a-t-il pas, peut-être, répondu à l'éloquence évangélique de l'appel de Fatima ?
Le concile Vatican II, dans sa Constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium , et sa Constitution pastorale sur l'Église dans le monde de ce temps , Gaudium et Spes , a largement exposé les raisons du lien qui unit l'Église au monde d'aujourd'hui. Parallèlement, son enseignement sur la présence particulière de Marie dans le mystère du Christ et de l'Église a mûri dans l'acte par lequel Paul VI, appelant également Marie « Mère » de l'Église, a souligné plus profondément le caractère de son union avec l'Église et sa sollicitude pour le monde, pour l'humanité, pour chaque homme, pour toutes les nations : sa maternité.
Ainsi, la compréhension du sens de la consécration, à laquelle l’Église est appelée en recourant au secours du Cœur de la Mère du Christ et de notre Mère, s’est encore approfondie.
11. Avec quoi Jean-Paul II, successeur de Pierre, continuateur de l'œuvre de Pie, Jean, Paul et héritier particulier du Concile Vatican II, se présente-t-il aujourd'hui devant la Mère du Fils de Dieu, dans son sanctuaire de Fatima ?
Elle se présente à elle, relisant avec appréhension cet appel maternel à la pénitence, à la conversion : cet appel ardent du Cœur de Marie qui a retenti à Fatima il y a 65 ans. Oui, elle le relit avec appréhension, car elle voit combien d'hommes, combien de sociétés, combien de chrétiens, se sont détournés du message de Fatima. Le péché a pris une telle emprise sur le monde, et le reniement de Dieu s'est si largement répandu dans les idéologies, les conceptions et les projets humains !
Mais c’est précisément pour cette raison que l’appel évangélique à la pénitence et à la conversion, prononcé par la Vierge Marie, est plus que jamais d’actualité. Plus encore qu’il y a 65 ans. Et plus urgent encore. C’est pourquoi il sera au cœur du prochain Synode des évêques, l’année prochaine, Synode pour lequel nous nous préparons déjà.
Le successeur de Pierre se présente également ici comme témoin des immenses souffrances de l'homme, comme témoin des menaces quasi apocalyptiques qui planent sur les nations et l'humanité.
Il tente d'accueillir ces souffrances avec son faible cœur humain, en se plaçant devant le mystère du Cœur de la Mère, le Cœur Immaculé de Marie.
Au nom de ces souffrances, conscient du mal qui se répand dans le monde et menace l'homme, les nations, l'humanité, le successeur de Pierre vient ici avec une foi plus grande encore dans la rédemption du monde, dans cet Amour salvateur toujours plus fort, toujours plus puissant que tout mal.
Si donc le cœur est oppressé par le sentiment du péché du monde et par la multitude de menaces qui pèsent sur l'humanité, ce même cœur humain s'ouvre à l'espérance en accomplissant une fois encore ce que mes prédécesseurs ont déjà fait : consacrer le monde au Cœur de la Mère, et plus particulièrement les peuples qui en ont le plus besoin. Cet acte signifie consacrer le monde à Celui qui est la Sainteté infinie. Cette Sainteté signifie la rédemption, elle signifie un amour plus fort que le mal.
Aucun « péché du monde » ne pourra jamais vaincre cet Amour.
Une fois encore. En effet, l'appel de Marie n'est pas ponctuel. Il s'adresse à chaque nouvelle génération, au gré des « signes des temps ». Nous devons sans cesse y revenir. Nous devons le réaffirmer sans cesse.
12. L’auteur de l’Apocalypse a écrit :
« Et je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son époux. Et j’entendis une voix forte venant du trône : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux » ( Apocalypse 21, 2 et suivants).
L'Église vit de cette foi.
Le peuple de Dieu marche avec cette foi.
« La demeure de Dieu parmi les hommes » est déjà sur terre.
Et en elle se trouve le Cœur de l’Épouse et de la Mère, Marie, orné du joyau de l’Immaculée Conception : le Cœur de l’Épouse et de la Mère ouvert sous la Croix par la parole du Fils à un amour nouveau et immense pour l’humanité et le monde ; le Cœur de l’Épouse et de la Mère conscient de toutes les souffrances des peuples et des sociétés de cette terre.
Le peuple de Dieu est composé de pèlerins sur les routes de ce monde, en route vers l'avenir eschatologique. Ils accomplissent leur pèlerinage vers la Jérusalem éternelle, vers la « demeure de Dieu parmi les hommes ».
Là, Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux, et il n’y aura plus ni mort, ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (cf. Ap 21,4).
Mais aujourd'hui, « les choses d'avant » perdurent. Elles constituent l'espace temporel de notre pèlerinage.
C’est pourquoi nous nous tournons vers « celui qui siège sur le trône, qui dit : “Voici, je fais toutes choses nouvelles” » (cf. Ap 21,5).
Et avec l’évangéliste et l’apôtre, efforçons-nous de voir avec les yeux de la foi « le nouveau ciel et la nouvelle terre », car le premier ciel et la première terre ont déjà disparu…
Mais jusqu’à présent, « le premier ciel et la première terre » demeurent autour de nous et en nous. Nous ne pouvons l’ignorer. Cela nous permet toutefois de reconnaître l’immense grâce accordée à l’humanité lorsque, au milieu de ce pèlerinage, ce « grand signe : une femme » ( Ap 12,1) est apparu à l’horizon de la foi de notre temps !
Oui, nous pouvons vraiment le répéter : « Bénie sois-tu, ma fille, devant le Dieu Très-Haut plus que toutes les femmes qui vivent sur terre ! »
...en agissant avec droiture devant notre Dieu,
...vous avez dissipé notre abattement.
Vraiment ! Tu es bénie !
Oui, ici et dans toute l'Église, dans le cœur de chaque homme et dans le monde entier : bénie sois-tu, ô Marie, notre très douce Mère !