Depuis plusieurs décennies, particulièrement après le concile Vatican II (1962-1965) et son application souvent chaotique dans les années 1970-2000, voilà ce qu'on observe dans de nombreux diocèses occidentaux :
- Une liturgie improvisée : Des messes où le rite est largement adapté, avec des lectures modifiées, des prières eucharistiques personnelles, des gestes non prévus, ou une musique et une esthétique très "années 70-80". Le Missel romain de 1970 prévoyait déjà une certaine flexibilité, mais beaucoup d'évêques et prêtres l'ont étendue bien au-delà.
- Une discipline ecclésiastique relâchée : Peu de sanctions pour des hérésies publiques, des prêtres ou théologiens qui contestent ouvertement des points de doctrine (divorce-remariage, morale sexuelle, etc.) sans conséquence claire. Le contraste avec l'Église des siècles précédents (où les sanctions - ou la suspension - étaient plus courantes) est frappant. Beaucoup de catholiques pratiquants expriment une réelle lassitude face à la vie peu édifiante d’un certain nombre de clercs : double vie sexuelle, carriérisme, goût du luxe, manque de piété visible, ou simplement une tiédeur spirituelle qui contraste avec ce qu’on attend d’un homme consacré. Ce n’est pas une perception fantasmée.
- Un discours doctrinal flou : Sur la vie (avortement, euthanasie, bioéthique), la famille, ou le péché, on voit parfois une insistance plus forte sur l'accompagnement et la miséricorde que sur la norme objective. Le Synode sur la synodalité et Fiducia Supplicans (bénédictions des couples irréguliers) ont amplifié ces débats.
- La célébration des sacrements : Baptêmes, confessions et mariages parfois traités de façon très légère, avec une catéchèse minimale. Des aumônier(e)s laïcs d'hôpital n'hésitent pas à administrer les sacrements des malades, etc.
- La disparition (ou plutôt l’atténuation très marquée) du sens du sacré est l’un des aspects les plus visibles et les plus tristes de la crise actuelle de l’Église en Occident. C’est un sentiment largement partagé : on entre dans beaucoup d’églises modernes comme dans une salle polyvalente, et la messe ressemble parfois plus à une réunion conviviale qu’à un acte de culte adressé au Dieu trois fois saint.
Ces phénomènes sont documentés par des observateurs comme le sociologue Christophe Guéguen, des prêtres "orthodoxes", ou divers sites sur le Net. Les enquêtes sur la pratique (IFOP, etc.) montrent aussi une chute massive de la fréquentation et une perte de transmission chez les jeunes.
Causes profondes
- Sécularisation culturelle : L'Église en Occident est imprégnée par l'air du temps (individualisme, subjectivisme, psychologisation de la foi). Beaucoup de clercs ont absorbé les idées de Mai 68 ou de la théologie de la libération.
- Crise des vocations et formation : Dans certains séminaires, la formation doctrinale et liturgique a été affaiblie pendant des décennies.
- Centralisation romaine paradoxale : Sous Jean-Paul II et Benoît XVI, il y avait une volonté de recentrage, mais avec des résistances internes. Sous François, la priorité donnée à la "synodalité" et aux périphéries a parfois accentué la perception de relativisation de la norme.
- Effet "grenouille bouillie" : Les changements progressifs rendent difficile de pointer un moment précis où "ça a basculé".
L'Église a connu des crises graves auparavant (Arianisme au IVe siècle, schisme d'Occident, Réforme protestante, Révolution française, modernisme au début du XXe). Elle s'en est toujours relevée, souvent par des mouvements de réforme venant de la base ou de saints (Cluny, François d'Assise, Thérèse d'Avila, etc.).
Perspectives actuelles
Il existe aujourd'hui un clivage clair :
- Courant traditionnel (TLM - messe traditionnelle, catéchisme solide, doctrine classique) : en croissance relative chez les jeunes pratiquants (surtout en France, aux USA, en Afrique). Les communautés Ecclesia Dei et les instituts comme FSSP ou ICKSP en sont l'expression. Cependant, Traditionis Custodes (2021) a restreint la messe traditionnelle.
- Courant "pastoral-progressiste" dominant dans beaucoup d'institutions : priorise l'inclusion, le dialogue avec le monde, au risque d'estomper les contours.
- Afrique et Asie : généralement beaucoup plus orthodoxes doctrinalement et disciplinés.
Le successeur de Pierre joue un rôle majeur, mais l'Église n'est pas uniquement le pape : elle est aussi faite des évêques, des prêtres, des ordres religieux et surtout des laïcs.
Ces manquements sont réels et graves pour la transmission de la foi. Ils ne remettent pas en cause les promesses du Christ ("les portes de l'enfer ne prévaudront pas"), mais ils exigent lucidité et fidélité personnelle. L'histoire montre que l'Église se réforme souvent dans l'épreuve.
Commentaires
Quel pessimisme malodorant ce texte.
Et de plus est sans mention d'auteur!
Comme s'il n'y avait que "ça" dans la Saint Eglise romaine!!!
Bravo et merci pour cet article juste et clairvoyant qui montre à la fois la rupture qui existe entre le christianisme deux fois millénaire qui a donné tant de saints et de saintes et celui d'aujourd'hui qui s'enfonce dans la perte de la foi avec les conséquences désastreuses que l'on connaît. La parole qui nous dit qu'il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes est à présent inversée. Plaire au monde plutôt qu'à Dieu, semble être devenu le maître mot des clercs qui bafouent la doctrine et la liturgie pour nous imposer un pseudo-christianisme qui n'a plus rien à apporter sinon des églises vides et des séminaires devenus des déserts. Il paraît qu'on doit juger l'arbre à ses fruits. Quand com:prendra t-on en haut lieu que ceux-ci sont à présent pourris autant qu'inexistants?
Dans son encyclique Spe Salvi du 30 novembre 2007 ( https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20071130_spe-salvi.html ) , le Saint Père Benoit XVI nous décrit une cause majeure de destruction de la foi. Il écrit (au n° 17) :
”Cette vision programmatique a déterminé le chemin des temps modernes et influence aussi la crise actuelle de la foi qui, concrètement, est surtout UNE CRISE DE L’ESPERANCE CHRÉTIENNE.”
Effectivement, où, quand et comment entend-on encore parler de l’espérance chrétienne ? Lors d’un enterrement ? Même plus ! Çà fait ringard, çà fait peur, et il faut veiller à ne pas vexer ceux qui ne croient pas en Jésus-Christ et en son Église, qui ne croient qu’en l’Homme, qu’en l’Humanité, qu’en la ”Terre mère ”. Le communisme et l’athéisme pratique se sont répandus dans le monde entier et se sont même infiltrés au Vatican (”Les fumées de Satan” - selon Paul VI) en substituant l’humanisme religieux à la véritable espérance chrétienne.
Pourtant :
▪︎ L’espérance chrétienne est la raison suprême, l’objectif suprême de la foi, la motivation essentielle de la charité. Sans quoi, l’Église catholique ne serait plus qu’une O.N.G.
▪︎ L’espérance chrétienne est le dernier projet qui peut réconforter des millions de personnes âgées souvent confrontées à l’abandon ainsi qu’à la conscience et la certitude de la mort.
▪︎ L’espérance chrétienne est la consolation de ceux qui souffrent de la perte d’un étre cher. Et ils sont nombreux en ces temps de fin d’un temps antichrist.
Va-t-on nous ammener à chanter comme Léo Ferré :
”Avec le temps, va, tout s'en va ...... Alors vraiment, Avec le temps on n'aime plus.”
https://youtu.be/vIVafGRu6K4?si=zB_MJQUUgp7WrDyi
Un article remarquable qui pointe bien les diverses erreurs qui ont été semées puis se sont propagées de manière très étendue dans l'Eglise. Il est intéressant (et tragique) de savoir qu'au 19e siècle (et même avant), de nombreux ouvrages écrits par des prêtres, papes, évêques, ont tiré la sonnette d'alarme sur les courants, idées et hérésies qu'ils voyaient en germes et dont ils savaient que cela détruirait la foi si on ne renversait pas la vapeur immédiatement. Tout était dit sur ce que nous constatons maintenant.
Hélas, ils ont crié dans le désert car les personnes et mouvements promouvant tout cela étaient trop puissants. Aujourd'hui, ils sont toujours plus puissants et plus nombreux.. La majorité des catholiques ayant adopté cette nouvelle foi qui s'oppose sur de nombreux points à la Doctrine de l'Eglise sont aveuglés et ne voient pas dans quel état spirituel désastreux se trouve l'Eglise.
Comme dans toute l'histoire Sainte, il faudra une intervention magistrale de Dieu pour purifier l'Eglise, et bien sûr le monde. Penser que l'homme va mettre en place des moyens qui vont faire refleurir la foi ( la vraie) c'est vraiment être naïf. On n'a pas écouté les nombreux avertissements du Ciel par la Vierge Marie. Il faudra en subir les conséquences. Mais l'Enfer ne prévaudra pas. Gloire à Dieu !
A quand une vraie et grande réforme de l'Eglise avec des évêques réformateurs des paroisses, des séminaires, des écoles, des universités?
Cela passera essentiellement par des communautés classiques avec la liturgie usus antiquior et une liturgie fidèle à Sacro Sanctum Concilium , des prêtres zélés formés correctement. , des maîtres vraiment catholiques , des laïcs qui se laissent enseigner et qui jouent vraiment leur rôle.
Il y a déjà en ce moment , des belles promesses de renouveau un peu partout. Du bon grain au milieu de l'ivraie...
Dans tous les domaines, notre monde a besoin de gens passionnés, éveillés à la présence de Dieu, courageux, patients, bienveillants, pour travailler au chantier de Notre Seigneur Trinité Sainte.
"C'est en forgeant que l'on devient forgeron."
"C'est en priant, que l'on devient aimant envers notre Dieu Père Créateur, Jésus Christ Sauveur, Esprit Saint Sanctificateur."
"C'est en priant pour nos frères et nous même que l'on arrive à vouloir leur bien et aussi le nôtre, et à nous aimer."
"C'est en exerçant notre volonté que nous éviterons les addictions de toute sorte "
La Vie Éternelle est notre objectif ...
C'est personnel et communautaire, pour la Gloire de Dieu ...