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  • Le Parlement européen condamne les massacres de chrétiens au Nigeria

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    De Thibault van den Bossche sur le site de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    Le Parlement européen condamne les massacres de chrétiens au Nigeria

    15 Juillet 2026

    Le Parlement européen a adopté, le 9 juillet 2026, une résolution consacrée aux persécutions visant les chrétiens au Nigeria après le massacre de Kawel, dans l'État du Plateau. Les députés condamnent l'impunité persistante, réclament des enquêtes indépendantes et reconnaissent que les chrétiens constituent le groupe religieux le plus persécuté au monde. Tout en maintenant une analyse multifactorielle des violences, les députés accordent une attention particulière aux persécutions visant les communautés chrétiennes et appellent à renforcer leur protection.

    Le 9 juillet 2026, le Parlement européen a adopté une résolution d'urgence consacrée aux persécutions des chrétiens au Nigeria, à la suite du massacre perpétré le 22 juin dans le village de Kawel, dans l'État du Plateau. Les députés condamnent fermement cette attaque et soulignent qu'elle ne constitue pas un fait isolé. Ils rappellent qu'elle s'inscrit dans un schéma plus large de violences frappant la Ceinture centrale du Nigeria, où des communautés agricoles majoritairement chrétiennes, des chefs religieux, des écoles, des établissements de santé et des lieux de culte sont régulièrement pris pour cible.

    Le Parlement met également en cause les autorités nigérianes, estimant qu'elles n'ont pas su prévenir ces attaques malgré les alertes répétées des communautés locales, des Églises et des organisations de défense des droits de l'homme. Il demande des enquêtes indépendantes et la fin de l'impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes.

    Quelques semaines avant le massacre de Kawel, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) avait soumis une contribution à la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, Nazila Ghanea, en préparation de sa visite officielle au Nigeria du 8 au 19 juin 2026. Fondée sur des témoignages recueillis sur le terrain, des registres hospitaliers et l'identité des victimes, cette contribution documentait déjà une longue série d'attaques visant spécifiquement des communautés chrétiennes du nord et du centre du Nigeria.

    Une reconnaissance nette de la persécution des chrétiens

    En rappelant que les chrétiens constituent aujourd'hui le groupe religieux le plus persécuté au monde et que l'absence de réponse à cette persécution compromet la protection de la liberté de religion, les députés européens inscrivent la situation au Nigeria dans le cadre plus large des persécutions religieuses. Cette analyse rejoint celle de la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction qui, à l'issue de sa visite officielle dans le pays, avait appelé les autorités nigérianes à mieux protéger la liberté de religion et dénoncé l'impunité persistante.

    Le Parlement européen attire également l'attention sur la situation particulièrement préoccupante des femmes et des filles, dénonçant l'augmentation des enlèvements ciblés, des rapts et des violences qui les frappent de manière disproportionnée. Le 8 juin 2026, plusieurs experts des Nations unies avaient aussi alerté sur les meurtres, enlèvements, conversions forcées, mariages forcés et violences sexuelles visant les communautés chrétiennes et d'autres minorités religieuses au Nigeria.

    Les données recueillies par l'ECLJ confirment cette aggravation de la situation. Selon le rapport 2026 de l'Observatory for Religious Freedom in Africa (ORFA), 28 551 chrétiens ont été tués entre 2019 et 2025, contre 13 224 musulmans. Une fois rapportées à la répartition religieuse des populations concernées, les communautés chrétiennes présentent un taux de mortalité 4,4 fois supérieur à celui des musulmans, confirmant qu'elles sont touchées de manière disproportionnée par les violences.

    Une résolution qui demeure prudente sur les causes des violences

    Malgré ces avancées, la résolution conserve une lecture multifactorielle des violences. Le Parlement européen les explique par une combinaison de tensions religieuses, ethniques et intercommunautaires, de conflits entre agriculteurs et éleveurs, de différends fonciers, de pressions climatiques, de criminalité organisée, d'activités extrémistes et d'impunité.

    Cette approche traduit la volonté des députés de tenir compte de la complexité du contexte nigérian. Elle tend toutefois à relativiser la dimension spécifiquement antichrétienne des attaques, pourtant de plus en plus documentée par les partenaires de terrain, les organisations de défense des droits de l'homme et plusieurs experts des Nations unies.

    Les violences ne se limitent pas à des affrontements pour le contrôle des terres ou des ressources. Elles visent de manière répétée des villages majoritairement chrétiens, des églises, des célébrations religieuses, des pasteurs, ainsi que des femmes et des enfants victimes de conversions et de mariages forcés. Les experts des Nations unies reconnaissent eux-mêmes que «la violence visant les chrétiens et d'autres minorités religieuses continue d'être endémique», tout en documentant des attaques spécifiquement dirigées contre ces communautés.

    Les informations recueillies récemment par les partenaires locaux de l'ECLJ montrent que cette persécution se poursuit. À la fin du mois de juin 2026, un nouvel enlèvement de masse dans l'État de Borno a porté à plus de 190 le nombre d'enfants chrétiens actuellement recensés comme captifs, un chiffre qui pourrait dépasser 200 selon les informations recueillies sur le terrain.

    Une résolution qui appelle désormais des actions concrètes

    La résolution du Parlement européen constitue un signal politique important, en invitant l'envoyée spéciale de l'Union européenne pour la liberté de religion ou de conviction à accorder une attention particulière à la détérioration de la situation des chrétiens et des autres communautés religieuses persécutées au Nigeria. Cette reconnaissance devra désormais se traduire par des mesures concrètes.

    Depuis 2013, l'ECLJ a saisi les Nations unies à plus de trente-cinq reprises sur les persécutions des chrétiens au Nigeria. Pourtant, les attaques continuent de se multiplier. La lutte contre l'impunité, la protection effective des populations civiles et la reconnaissance plus explicite à l’ONU et au Parlement européen de la dimension antichrétienne d'une partie de ces violences demeurent des conditions essentielles pour enrayer cette tragédie.

    Pour la défense des Chrétiens persécutés
    Lire le texte complet de la pétition et signer la pétition
  • Fin de vie : l'Église de France envisage des recours contre l'aide à mourir

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    De Jean-Charles Putzolu sur Vatican News :

    L'Église de France envisage des recours contre l'aide à mourir

    À Paris, l’Assemblée nationale a définitivement adopté, mercredi soir 15 juillet, la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Un texte auquel, tout au long des 4 dernières années de débat, l’Église s’est opposée, estimant qu’un frère ne peut donner la mort à d’autres frères.

    Mercredi soir, peu après l’adoption définitive de la loi sur le droit à l’aide à mourir, l’Église de France regrettait un choix en rupture avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d'accompagner chaque personne jusqu'au terme naturel de sa vie. Les évêques rappellent leur participation au dialogue autour de ce débat depuis 4 ans, soulignant l'expérience multiséculaire de l'Église dans l'accompagnement des malades, des mourants et de leurs familles. Ils estiment que les effets d'une telle législation modifieront le rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie. Mais ils ne baissent pas les bras, l’histoire n’est pas terminée, estiment-ils. Un nombre significatif de recours est possible. Entretien avec Mgr Mathieu Rougé, évêque de Nanterre et porte parole des évêques de France sur la fin de vie.

    Mgr Matthieu Rougé, concernant la clause de conscience, comment s'articule-t-elle pour les établissements catholiques?

    La loi, telle qu'elle est votée, prévoit une clause de conscience pour les médecins. Cependant, il est dommage qu'elle ne prévoit pas une clause de conscience pour les pharmaciens qui, en cas de suicide assisté à domicile, serviront bon gré mal gré de lieu de dépôt du produit létal. En revanche, le point le plus préoccupant, au-delà du fait même de l'autorisation d'euthanasie assistée, c'est que les établissements dont la charte éthique ou le passé confessionnel réprouve la pratique d'euthanasie, seront tenus de l'accueillir dans leurs murs. Il ne s'agit pas d'une clause de conscience parce que la conscience touche la personne. Il s'agit d'une clause d'établissement.

    Sur ce point, le gouvernement avait donné quelques assurances à l'épiscopat français qui n'ont pas pour l'instant été tenues. Il y a beaucoup de préoccupation de la part d'établissements congréganistes ou d'origine congréganiste. Je pense en particulier aux Petites Sœurs des pauvres, mais aussi aux sœurs de saint Thomas de Villeneuve, protecteur des maternités catholiques. Il y a aussi des établissements comme Jeanne Garnier à Paris. Il faut vraiment espérer que dans les semaines qui viennent, les différents recours permettront que soit effectivement établie une clause d'établissement, pour que les établissements dont l'histoire, le présent ou la charte éthique réprouvent la mort provoquée, puissent persévérer dans leur mission et dans leur éthique.

    Mercredi 15 juillet, la Conférence des évêques a publié un communiqué signé par le président et deux vice-présidents de la conférence, qui exprime à la fois notre tristesse et notre préoccupation. Dans ce genre de loi, on ne mesure pas toutes les conséquences en termes de fraternité, de vie en société, d'élargissement progressif des critères. Il faut donc une grande vigilance. Maintenant, il s'agit d'avancer, notamment en veillant sur la liberté effective des établissements, sur le respect de leur charte éthique, en encourageant et en suivant de très près tous les recours que j’ai mentionnés.

    Il y a des personnes en situation de solitude, de faiblesse, de vulnérabilité, qui sont isolées, seules et qui ne peuvent pas être accompagnées. Devant une question fondamentale de la vie humaine, ces personnes vont se retrouver seules face à un choix en fin de vie: vivre ou mourir…

    La réponse des chrétiens au vote d'une loi comme celle-ci n'est pas seulement une réprobation morale, c'est aussi une exigence d'engagement. Voilà pourquoi, dans le communiqué que nous avons publié mercredi soir et dans les différentes prises de parole des uns ou des autres, avant même le vote de la loi, mais plus encore après, nous encourageons au maximum les chrétiens à s'engager toujours davantage auprès des personnes en situation de fragilité, dans la solitude et la précarité. C'est d'abord par la fraternité active que nous répondrons au désir d'en finir, qui parfois traverse le cœur de personnes en grande difficulté et en grand isolement. Notre réponse n'est pas seulement de l'ordre de la posture morale, elle est fondamentalement de l'ordre de l'engagement fraternel. C'est vraiment cela que nous voulons dire. Que les chrétiens de France, au-delà de la loi qui n'est jamais que la loi, s'engagent toujours davantage sur un chemin de fraternité. C'est ce qui nous permettra d'éviter que la mort provoquée prenne une place démesurée dans notre pays.

    Mercredi 15 juillet a lieu en France le vote solennel sur la fin de vie. Un projet de loi qui est loin de faire l'unanimité au sein des chambres parlementaires car il pose de ...

    Dans deux mois, la France recevra la visite du Pape Léon XIV. Quelle parole de sa part attendez-vous sur cette question?

    Alors, je suis sûr que le Pape va nous dire des choses très importantes dans beaucoup de domaines, et notamment dans celui-là. Il a eu des paroles très fortes récemment à Rome, mais aussi en Espagne. J'ai beaucoup cité ces derniers jours une phrase très forte de don cyclique, Magnifica Humanitas, dans laquelle il déclare que le premier des droits, qui conditionne tous les autres, est le droit à la vie, et quand l’euthanasie est votée, ce droit à la vie est largement entamé. Je pense aussi à la déclaration du Saint-Siège, Samaritanus bonus, de 2020, qui est un texte très important sur ce sujet. Par conséquent, je suis sûr que le Pape va dire des choses fortes à la fois aux chrétiens, pour les aider à s'engager auprès des personnes en situation de fragilité, mais aussi à toute notre société. Bien sûr, nous aurions été heureux de l'accueillir dans un contexte législatif plus favorable, mais sa parole, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, va nous être très précieuse et nous l'attendons avec beaucoup d'impatience.

  • 7-8 octobre 2026 : Conférence internationale "De Maria numquam satis"; la Vierge Marie dans le dogme et le culte

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    De Maria numquam satis

    La Vierge Marie dans le dogme et le culte

    contributions théologiques et historiques

    Conférence internationale

    7-8 OCTOBRE 2026

    Institut patristique augustinien

    (Via Paolo VI, 25 – 00193 Rome RM)

     

    La conférence s'ouvrira officiellement par des vêpres solennelles en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire le 6 octobre à 18h45 dans la basilique Notre-Dame du Rosaire (Via Cernaia), présidées par Son Excellence Anthony Colin Fisher, archevêque de Sydney.

    La célèbre maxime De Maria numquam satis – « De Marie, on ne peut jamais en dire assez » – traditionnellement attribuée à saint Bernard de Clairvaux, résume parfaitement une conviction profonde de la tradition chrétienne : la réflexion sur la Vierge Marie est inépuisable, car la mission unique de Marie dans le mystère du Christ et de l’Église ouvre sans cesse de nouveaux horizons pour comprendre la foi.

    La conférence internationale De Maria numquam satis vise à apporter une modeste contribution à cette réflexion qui, précisément parce qu'elle n'est jamais achevée, est toujours nécessaire et féconde. D'une part, l'attention portée aux grands thèmes dogmatiques mariaux nous aide à comprendre le fondement doctrinal de la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Verbe incarné ; d'autre part, l'étude des formes historiques de la dévotion mariale éclaire la manière dont la foi de l'Église s'est exprimée, et peut s'exprimer, à travers l'histoire, sans jamais épuiser la richesse du mystère marial.

  • C'est maintenant à Jésus qu'ils s'en prennent : une militante anti-sectes admet vouloir détruire le christianisme

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    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Maintenant, ils s'en prennent à Jésus : une militante anti-sectes admet vouloir détruire le christianisme

    16 juil. 2026

    Dans un ouvrage exceptionnel (quoique déplaisant), la « chasseuse de sectes » Be Scofield s'en prend à Jésus, le qualifiant de « chef de secte » par excellence. Elle n'est pas la seule.

    Be Scofield et son nouveau livre.
    Be Scofield et son nouveau livre.

    Il m'arrive de rencontrer des chefs religieux respectés qui me reprochent de m'inquiéter outre mesure des campagnes accusant les « sectes » de « lavage de cerveau », de « manipulation » ou de « trafic d'êtres humains ». Après tout, selon eux, ces campagnes ne concernent que des organisations religieuses marginales. Les religions traditionnelles sont différentes et, par conséquent, sans danger. Certains chefs religieux pensent même pouvoir se prémunir contre les problèmes en s'alliant aux instances anti-sectes, à l'instar des instances officielles catholiques et évangéliques en France.

    Cet argument est aujourd'hui intenable. En Australie, une commission d'enquête de l'État de Victoria propose de légiférer contre le « contrôle coercitif » qui serait pratiqué par des groupes religieux, ciblant explicitement les églises chrétiennes , en particulier celles aux opinions politiques conservatrices. La Nouvelle-Galles du Sud vient de lancer une enquête ce mois-ci, visant spécifiquement un groupe baptiste conservateur et ses écoles, également accusés de « contrôle coercitif ». En Argentine, le parquet élargit la définition locale, très large, du « trafic d'êtres humains » pour y inclure le travail bénévole à vocation religieuse et poursuit l'Opus Dei ainsi que la grande organisation caritative évangélique internationale REMAR . Aux États-Unis, des affaires de trafic d'êtres humains sont en cours contre des églises pentecôtistes , et même les Sœurs de Maryknoll, congrégation catholique, ont été poursuivies au civil pour trafic d'êtres humains par une ancienne novice.

    Les deux dirigeantes de OneTaste, une organisation promouvant la spiritualité féminine et l'éveil sexuel, ont été frappées par la toute première condamnation aux États-Unis pour complot en vue de travail forcé visant les responsables d'une organisation de méditation et d'enseignement spirituel – sans aucune allégation de contrainte physique et uniquement fondée sur le « contrôle coercitif ». Bien que les racines de OneTaste soient davantage ancrées dans les spiritualités orientales que dans le christianisme, ces condamnations au premier degré constituent un précédent dangereux également pour les Églises chrétiennes.

    En réalité, l'argument selon lequel les religions traditionnelles ne seraient pas prises pour cible par les militants anti-sectes (surtout si elles les soutiennent dans leurs croisades contre les « sectes ») n'a jamais été valable. Malgré nos désaccords quasi constants, j'entretenais des relations respectueuses avec Johannes Aagaard, regretté luthérien danois engagé dans la lutte contre les sectes, et j'étais régulièrement invité chez lui à Aarhus. Dès 1991, il mettait en garde les parents de jeunes membres de nouveaux mouvements religieux qui brandissaient l'argument du « lavage de cerveau » contre les « sectes », car il savait que cet argument pouvait tout aussi bien être utilisé contre les Églises chrétiennes.

    Finalement, écrit-il, ces « parents contre les sectes sont aussi des parents contre le christianisme » (« Une rencontre chrétienne avec les nouveaux mouvements religieux et le Nouvel Âge », « Mise à jour et dialogue », I(1), 19-23).

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  • « Des prêtres mariés seraient un enrichissement pour l’Église. » (Mgr Terlinden)

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    De Hedro Munsterman sur le Nederlands Dagblad :

    Que faisait l'archevêque catholique romain de Belgique au synode anglican en Angleterre?

    Entretien
     L’archevêque Luc Terlinden de Malines-Bruxelles était l’invité du synode général de l’Église anglicane à York le week-end dernier. Il a constaté que la synodalité y est structurée comme un parlement, mais estime que l’Église catholique doit emprunter une voie différente. « Des prêtres mariés seraient un enrichissement pour l’Église. »

    15 juillet 2026

    L'archevêque catholique romain Luc Terlinden (à gauche) avec l'archevêque anglican Stephen Cottrell (à droite) dans la salle synodale à York.
    L’archevêque catholique romain Luc Terlinden (à gauche) et l’archevêque anglican Stephen Cottrell (à droite) dans la salle synodale d’York. Photo : Archidiocèse de Malines-Bruxelles
     

    L’invitation adressée à l’archevêque Terlinden pour participer au synode général de l’Église d’Angleterre venait de Stephen Cottrell, l’archevêque anglican d’York, ville où se tient le synode chaque année en juin.

    « Cette invitation s'inscrit dans une longue tradition qui a débuté à Malines il y a plus d'un siècle », explique Terlinden. « C'était très exceptionnel pour l'époque, mais entre 1921 et 1927, se sont déroulés les pourparlers de Malines entre une délégation anglicane conduite par Lord Halifax et la délégation catholique dirigée par mon prédécesseur comme archevêque de Malines, le cardinal Mercier. »

    Terlinden souligne que ces conversations informelles – l’Église catholique n’ayant pas encore officiellement adhéré au mouvement œcuménique – étaient de nature théologique, mais constituaient aussi une expérience d’amitié. Cette amitié entre les archidiocèses d’York et de Malines-Bruxelles perdure encore aujourd’hui. 

    « Nous devons apprendre à vivre cette amitié œcuménique localement, dans l'hospitalité et le respect de l'identité de chacun », déclare Terlinden. Avec Stephen Cottrell, par exemple, il a discuté de projets d'organisation de pèlerinages œcuméniques.

    En tant qu'archevêque, vous vous êtes retrouvé au sein d'un synode anglican fonctionnant très différemment de la synodalité instaurée par le pape François dans votre propre Église catholique. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

    C'était très différent. Cela fonctionne vraiment comme un parlement. Cela fait partie de la longue tradition anglaise. Il y a un président et un secrétaire. À côté d'eux siège un avocat, qui porte une de ces perruques traditionnelles.

    Le synode est composé de trois chambres : les évêques, le clergé et les laïcs. Ils votent sur les motions. Celles-ci portent sur des sujets aussi variés que les règles juridiques régissant la nomination des évêques et la reconnaissance des unions entre personnes de même sexe.

    J'avais parfois le sentiment qu'il manquait de profondeur théologique et philosophique. De plus, un tel système ne laisse peut-être pas suffisamment de place à ce que nous, dans l'Église catholique, appelons « discernement dans l'Esprit ». Par ailleurs, plusieurs anglicans m'ont également confié avoir beaucoup à apprendre de notre expérience de la synodalité. 

    Mais en même temps, les participants jouissent d'une grande liberté. Ils peuvent, par exemple, poser des questions. Il y en avait deux cents cette fois-ci. Les évêques et autres responsables disposent ensuite d'une minute pour répondre. 

    Ce ne sera peut-être pas long, mais cela donne quand même l'occasion de parler de tout. D'ailleurs, c'était encore calme cette fois-ci, du moins c'est ce qu'on m'a dit. Parfois, les choses se compliquent beaucoup plus.

    Au sein de l'Église catholique, cette synodalité est encore en développement. Quel est votre avis à ce sujet ?

    Nous nous interrogeons sur le lien entre la synodalité – la participation de tous les croyants – et la collégialité des évêques. En tant qu’évêque, je suis convaincu qu’un équilibre doit être trouvé entre ces deux aspects. 

    Nous, évêques, avons une fonction spécifique au sein de l'Église et nous servons comme successeurs des apôtres. C'est important. L'évêque est au service de la proclamation de l'Évangile, du peuple de Dieu et de l'unité de l'Église. 

    Chez nous, l'évêque ou le pape a toujours le dernier mot. C'est logique. Mais en même temps, je partage pleinement les paroles que le pape Léon XIV a récemment adressées aux cardinaux : « Je dois écouter avant de diriger, apprendre avant d'enseigner. »

    Mais ces évêques sont actuellement choisis de manière très opaque, sans que les croyants ordinaires aient la moindre voix au chapitre. 

    C’est vrai. Mais nous disposons désormais d’un rapport d’une commission d’étude du Vatican qui préconise également la consultation des fidèles dans le cadre des nominations épiscopales. 

    Une question cruciale que je me pose est de savoir qui, en définitive, compile le résumé de toutes ces consultations et l'envoie à Rome. En fin de compte, c'est le nonce apostolique qui s'en charge. 

    Nous, évêques belges, avons suggéré d'associer les évêques à la phase finale de la synthèse. Et peut-être aussi d'autres personnes du pays. Autrement, le nonce aura une responsabilité et une influence considérables. 

    Il existe des prêtres mariés au sein de la communion anglicane. L'évêque Johan Bonny d'Anvers s'est également prononcé explicitement en faveur de cette possibilité au sein de l'Église catholique. Quelle est la position des évêques belges à ce sujet ? 

    Dans le cadre du synode de 2023, nous, évêques belges, avons clairement indiqué dans un document envoyé à Rome que nous sommes ouverts à une discussion concernant la possibilité d'ordonner des hommes mariés. 

    Dans ce contexte, nous plaidons également pour une certaine décentralisation. La position de l'évêque d'Anvers relève de sa propre initiative, mais il ne peut naturellement ordonner des prêtres mariés sans l'autorisation du pape. 

    À mon sens, des prêtres mariés seraient un enrichissement pour l'Église. Je le constate dans les Églises orientales. 

    J'ai parlé à un évêque gréco-catholique qui m'a dit que 90 % de leurs prêtres sont mariés. En Occident, nous ne respectons pas toujours suffisamment cette tradition orientale, qui est elle aussi catholique.

  • La générosité du pape Léon XIV envers la messe traditionnelle en latin « doit s'appliquer à tous les évêques » (Cardinal Sarah)

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    Du substack de Diane Montagna :

    Cardinal Sarah : La générosité du pape Léon XIV envers la messe traditionnelle en latin « doit s'appliquer à tous les évêques »

    Dans une nouvelle interview vidéo, cinq ans après Traditionis Custodes, le cardinal donne son avis sur l'avenir du vetus ordo et avertit que la « synodalité » et le paganisme rongent l'Église de l'intérieur.

    16 juillet
     

    (Photo : Photo de courtoisie / Cardinal Robert Sarah)

    Cet entretien a été mené en italien. La vidéo, sous-titrée en anglais, est disponible ci-dessous ; la transcription intégrale en anglais se trouve à la fin de cet article.

    CITÉ DU VATICAN, 16 juillet 2026 — Le cardinal Robert Sarah adresse un message aux évêques du monde entier : imitez la générosité du pape Léon XIV envers la messe traditionnelle en latin. Dans une nouvelle interview vidéo, le cardinal guinéen, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, affirme que la lettre récente du pape Léon XIV , exhortant les évêques français à l’ouverture envers les prêtres et les communautés attachés au vetus ordo, devrait s’appliquer à tous les évêques de rite romain, et non seulement à ceux de France. « Ce qui a été écrit aux évêques français doit s’appliquer à tous les évêques », déclare-t-il.

     

    Son appel intervient alors qu'une révélation vieille d'un an prend une nouvelle dimension : une enquête du Vatican auprès des évêques du monde entier contredit en réalité les arguments mêmes avancés par le pape François pour restreindre fortement la messe tridentine dans son motu proprio de 2021, Traditionis Custodes . « On ne peut pas dire que ce qui a été fait pendant 1 600 ans n'est plus valable aujourd'hui », déclare le cardinal Sarah, rejetant le fondement même de ces restrictions et appelant l'épiscopat mondial à suivre l'exemple du nouveau pape plutôt que de s'accrocher aux mesures imposées par son prédécesseur.

    Le cardinal Sarah va encore plus loin, remettant en question la légitimité même d'un décret qui annulerait des siècles de pratique liturgique : « Ce qui annule n'est pas un texte valide, car l'Église est une continuité. »

    L'entretien a eu lieu le 29 juin, solennité des saints Pierre et Paul, à la clôture du deuxième consistoire extraordinaire des cardinaux du pontificat du pape Léon XIV. Il a abordé des sujets bien plus vastes que la question du statut de la messe traditionnelle en latin.

    Commentant le synode en cours sur la synodalité, le cardinal affirme sans ambages n'avoir « jamais compris » ce terme. Le rapport du Groupe d'étude n° 9 sur l'homosexualité, soutient-il, ne devrait pas être diffusé aux diocèses du monde entier sans avoir été préalablement examiné par le pape Léon XIV lui-même. Quant à la liturgie en général, il met en garde contre les conséquences d'une liturgie qui, selon lui, devient « une sorte de spectacle ».

    Le cardinal Sarah a approfondi sa critique de la synodalité dans ses remarques suivant l'entretien. « La synodalité », a-t-il déclaré, « est un terme abstrait, intraduisible dans nos langues africaines », sans fondement dans l'Écriture, l'histoire ou la Tradition de l'Église. Il a rappelé que lorsque Paul VI a rétabli le Synode des évêques, l'objectif était précis : permettre aux évêques de « mieux vivre la collégialité » et d'aider le Pape à accomplir sa mission de Pasteur universel « avec une plus grande fidélité ». Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, de toute urgence, c'est d'une définition claire du « sens exact, des compétences, des limites et de la mission » de la synodalité – une définition qui laisse intactes la doctrine, la morale, la nature et la structure de l'Église. L'Église, insiste-t-il, est Épouse, Mère et Corps mystique du Christ. « Il me semble inapproprié de la qualifier de “synodale” », a-t-il conclu.

    Dans notre entretien, nous abordons également son nouveau livre (disponible en français), 2050 , dans lequel il s'attaque de front à la crise de foi de l'Église et se demande si elle sera encore un phare dans un quart de siècle. « L'Église appartient au Christ ; elle n'est pas à nous », dit-il — pas quelque chose que nous « fabriquons », remodelons ou renommons pour l'adapter à l'époque.

    Il dénonce également ce qu'il considère comme une infiltration du paganisme au sein de l'Église. Dans une critique acerbe et sans détour de la présence de la Pachamama lors du Synode sur l'Amazonie de 2019 au Vatican, il déclare : « Nous l'avons portée en procession de la basilique jusqu'à la salle Paul VI, et elle est restée devant nous pendant toute la durée du synode. » Il souligne que les missionnaires conseillaient autrefois aux Africains convertis de brûler ces idoles. « Et maintenant, » déplore-t-il, « nous introduisons la Pachamama dans la basilique. »

    Interrogé directement sur la question de savoir si l'Église sera encore cette lumière en 2050, le cardinal Sarah ne tergiverse pas : « Oui… le Christ n'abandonnera pas son Église, affirme-t-il. Il restera jusqu'à la fin des temps. » Mais il insiste : « Nous devons nous convertir au Christ ; ce n'est pas le Christ qui doit se convertir à nous, à nos idées, à notre changement de paradigme. »

    Vous trouverez ci-dessous la transcription anglaise de mon entretien avec Son Éminence le cardinal Robert Sarah.


    Interview complète du cardinal Robert Sarah...
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  • La sainteté des carmélites de Compiègne guillotinées en 1794 est reconnue

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    Les martyrs de Compiègne de la Révolution française canonisés après avoir « marché ensemble »

    De Xavier Sartre sur Vatican News :

    Les carmélites de Compiègne, guillotinées en 1794, sont saintes

    Les carmélites déchaussées de Compiègne, guillotinées en 1794 en pleine Terreur pendant la Révolution française, sont saintes. Le Pape François a signé ce mercredi matin le décret reconnaissant leur canonisation équipollente. Deux autres religieux seront béatifiés après la reconnaissance de leur martyre pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Elles sont devenues le symbole de la haine antireligieuse qui a sévi en France pendant la Révolution et des excès de la Terreur. Les carmélites déchaussées de Compiègne sont maintenant saintes. Le Pape a décidé d’étendre à l’Église universelle le culte de la bienheureuse Thérèse de Saint-Augustin et de ses quinze compagnes de l’ordre des Carmélites déchaussées de Compiègne, martyres, tuées en haine de la foi le 17 juillet 1794 à Paris. Elles sont désormais inscrites au martyrologe romain. En d’autres termes, il s’agit d’une canonisation équipollente, c’est-à-dire qu’aucun miracle n’a été nécessaire pour qu’elles deviennent saintes. Ce fut déjà le cas pour leur béatification en 1906 par le Pape saint Pie X.

    À Rome ce mercredi, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort qui avait présenté au Pape en 2021 la demande d'une poursuite de leur processus de canonisation au nom des évêques des France, se réjouit de la canonisation équipollente de ces figures importantes de l'histoire de France, magnifiées par Georges Bernanos ou Francis Poulenc.

    La réaction de Mgr Éric de Moulins Beaufort, président de la Conférence des évêques de France :
    «Les carmélites de Compiègne sont de belles figures de la liberté chrétienne à vivre jusqu'au bout dans différentes circonstances historiques, a-t-il confié à Radio Vatican-Vatican News. Pour ma part, j'espère que cette canonisation contribuera un peu à un apaisement de notre mémoire française qui doit assumer des violences qui ont été dans notre histoire et qui font parties de celle-ci, mais à travers lesquelles des témoignages de foi, d'espérance et de charité ont été données, qui font aussi parties de la beauté de l'histoire française».

    Victimes de la Terreur

    Contraintes de quitter leur monastère le 14 septembre 1792, en pleine vague anticléricale, elles trouvent refuge dans des localités différentes et doivent revêtir des habits civils, le port des habits religieux étant interdits par les nouvelles autorités. Peu après, mère Thérèse de Saint-Augustin propose aux sœurs de sa communauté d’offrir leur vie pour le salut de la France. Le 27 novembre de la même année, elles récitent un «acte de don de soi» écrit par la prieure, plus tard complété par une intention pour que les exécutions au moyen de la guillotine et pour la libération des personnes incarcérées.

    Avec l’entrée en vigueur de la Terreur, les carmélites sont dans le viseur des révolutionnaires. Leurs logements sont perquisitionnés le 21 juin 1794, elles sont arrêtées le lendemain, accusées de poursuivre leur vie consacrée et de sympathie pour la monarchie. Le 12 juillet elles sont transférées à la prison de la Conciergerie. Le 16, elles célèbrent la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, élevant des hymnes de joie et profitent de ces quelques jours d’incarcération pour reprendre leur vie communautaire. Elles sont jugées le 17 et exécutées le même jour sur le site de l’actuelle place de la Nation.

    Sur le trajet les menant à l’échafaud, et alors qu’elles montent les unes après les autres les marches vers la guillotine, elles chantent des psaumes, entonnent le Veni creator renouvelant leurs vœux à la prière avant d’être décapitées. Leur dignité et leur dévotion lors de leur exécution imposa le silence à la foule impressionnée.

    Deux nouveaux bienheureux

    Au cours de son entretien avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère des Causes des saints, le Pape a autorisé la promulgation de plusieurs autres décrets. Le martyre du serviteur de Dieu Eduard Profittlich, jésuite, administrateur apostolique d’Estonie, mort en 1942 dans une prison soviétique a ainsi été reconnu. Autre martyr tué pendant la Seconde Guerre mondiale, le serviteur de Dieu Elia Comini, prêtre de Saint-François-de-Sales, tué en haine de la foi par les nazis en 1944 en Italie. La date de leur béatification sera communiquée plus tard. Par ailleurs, les vertus héroïques des serviteurs de Dieu Áron Márton, évêque d’Alba Iulia en Roumanie, mort en 1980, Giuseppe Maria Leone, prêtre italien mort en 1902, et Pierre Goursat, fidèle laïc français, fondateur de la communauté de l’Emmanuel, mort en 1991, ont été reconnues. Ils deviennent ainsi vénérables.

  • La véritable histoire des carmélites de Compiègne (KTO)

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    De KTO télévision sur youtube :

    Ce documentaire, s'appuyant sur les travaux récents de la recherche historique, raconte la véritable histoire des Carmélites de Compiègne et évoque l'écho actuel de leur offrande. Car ces religieuses, avant de monter à l'échafaud, « voulurent offrir leur vie pour que cette paix divine que le Fils de Dieu était venu apporter au monde fût rendue à l'Église et à l'État ». Dix jours, après leur exécution, prenait fin la Terreur (5 septembre 1793 - 27 juillet 1794). Le film suit le travail de la petite équipe carmélitaine qui ont oeuvré à la cause de canonisation, et offre des témoignages de personnes touchées par les Bienheureuses. Elles ont été canonisée à Rome le 18 décembre 2024 en présence du pape François. Une coproduction KTO/DE GRAND MATIN 2024 - Réalisée par François Lespés