De Hedro Munsterman sur le Nederlands Dagblad :
Que faisait l'archevêque catholique romain de Belgique au synode anglican en Angleterre?
15 juillet 2026

L’invitation adressée à l’archevêque Terlinden pour participer au synode général de l’Église d’Angleterre venait de Stephen Cottrell, l’archevêque anglican d’York, ville où se tient le synode chaque année en juin.
« Cette invitation s'inscrit dans une longue tradition qui a débuté à Malines il y a plus d'un siècle », explique Terlinden. « C'était très exceptionnel pour l'époque, mais entre 1921 et 1927, se sont déroulés les pourparlers de Malines entre une délégation anglicane conduite par Lord Halifax et la délégation catholique dirigée par mon prédécesseur comme archevêque de Malines, le cardinal Mercier. »
Terlinden souligne que ces conversations informelles – l’Église catholique n’ayant pas encore officiellement adhéré au mouvement œcuménique – étaient de nature théologique, mais constituaient aussi une expérience d’amitié. Cette amitié entre les archidiocèses d’York et de Malines-Bruxelles perdure encore aujourd’hui.
« Nous devons apprendre à vivre cette amitié œcuménique localement, dans l'hospitalité et le respect de l'identité de chacun », déclare Terlinden. Avec Stephen Cottrell, par exemple, il a discuté de projets d'organisation de pèlerinages œcuméniques.
En tant qu'archevêque, vous vous êtes retrouvé au sein d'un synode anglican fonctionnant très différemment de la synodalité instaurée par le pape François dans votre propre Église catholique. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
C'était très différent. Cela fonctionne vraiment comme un parlement. Cela fait partie de la longue tradition anglaise. Il y a un président et un secrétaire. À côté d'eux siège un avocat, qui porte une de ces perruques traditionnelles.
Le synode est composé de trois chambres : les évêques, le clergé et les laïcs. Ils votent sur les motions. Celles-ci portent sur des sujets aussi variés que les règles juridiques régissant la nomination des évêques et la reconnaissance des unions entre personnes de même sexe.
J'avais parfois le sentiment qu'il manquait de profondeur théologique et philosophique. De plus, un tel système ne laisse peut-être pas suffisamment de place à ce que nous, dans l'Église catholique, appelons « discernement dans l'Esprit ». Par ailleurs, plusieurs anglicans m'ont également confié avoir beaucoup à apprendre de notre expérience de la synodalité.
Mais en même temps, les participants jouissent d'une grande liberté. Ils peuvent, par exemple, poser des questions. Il y en avait deux cents cette fois-ci. Les évêques et autres responsables disposent ensuite d'une minute pour répondre.
Ce ne sera peut-être pas long, mais cela donne quand même l'occasion de parler de tout. D'ailleurs, c'était encore calme cette fois-ci, du moins c'est ce qu'on m'a dit. Parfois, les choses se compliquent beaucoup plus.
Au sein de l'Église catholique, cette synodalité est encore en développement. Quel est votre avis à ce sujet ?
Nous nous interrogeons sur le lien entre la synodalité – la participation de tous les croyants – et la collégialité des évêques. En tant qu’évêque, je suis convaincu qu’un équilibre doit être trouvé entre ces deux aspects.
Nous, évêques, avons une fonction spécifique au sein de l'Église et nous servons comme successeurs des apôtres. C'est important. L'évêque est au service de la proclamation de l'Évangile, du peuple de Dieu et de l'unité de l'Église.
Chez nous, l'évêque ou le pape a toujours le dernier mot. C'est logique. Mais en même temps, je partage pleinement les paroles que le pape Léon XIV a récemment adressées aux cardinaux : « Je dois écouter avant de diriger, apprendre avant d'enseigner. »
Mais ces évêques sont actuellement choisis de manière très opaque, sans que les croyants ordinaires aient la moindre voix au chapitre.
C’est vrai. Mais nous disposons désormais d’un rapport d’une commission d’étude du Vatican qui préconise également la consultation des fidèles dans le cadre des nominations épiscopales.
Une question cruciale que je me pose est de savoir qui, en définitive, compile le résumé de toutes ces consultations et l'envoie à Rome. En fin de compte, c'est le nonce apostolique qui s'en charge.
Nous, évêques belges, avons suggéré d'associer les évêques à la phase finale de la synthèse. Et peut-être aussi d'autres personnes du pays. Autrement, le nonce aura une responsabilité et une influence considérables.
Il existe des prêtres mariés au sein de la communion anglicane. L'évêque Johan Bonny d'Anvers s'est également prononcé explicitement en faveur de cette possibilité au sein de l'Église catholique. Quelle est la position des évêques belges à ce sujet ?
Dans le cadre du synode de 2023, nous, évêques belges, avons clairement indiqué dans un document envoyé à Rome que nous sommes ouverts à une discussion concernant la possibilité d'ordonner des hommes mariés.
Dans ce contexte, nous plaidons également pour une certaine décentralisation. La position de l'évêque d'Anvers relève de sa propre initiative, mais il ne peut naturellement ordonner des prêtres mariés sans l'autorisation du pape.
À mon sens, des prêtres mariés seraient un enrichissement pour l'Église. Je le constate dans les Églises orientales.
J'ai parlé à un évêque gréco-catholique qui m'a dit que 90 % de leurs prêtres sont mariés. En Occident, nous ne respectons pas toujours suffisamment cette tradition orientale, qui est elle aussi catholique.
Commentaires
L'Eglise catholique est hiérarchique et cette structure est de droit divin. Vouloir la transformer en pseudo régime parlementaire, ce qui est un des objectifs du synode, revient à s'opposer à la volonté de Dieu sur l'Eglise qu'il a voulu fonder sur l'autorité des apôtres, dont Monseigneur Terlinden, quoiqu'il en pense, est un successeur.
Qu'il demande à Dieu des saints prêtres pour son diocèse qui défendront la foi catholique. Des prêtres mariés et des évêques élus par les fidèles, nous n'en voulons pas ! Ceux qui en veulent peuvent toujours se faire protestant.
Cher Mathieu
Je dirais pour ma part que l'Église est certainement hiérarchique mais qu'elle n'est pas que cela :
Et que le gouvernement tel que le Christ l'a institué dans l'Église implique tous les éléments que le philosophe Aristote voyait dans la constitution la plus parfaite à savoir :
1° Un élément démocratique à travers le Sensus Fidei et qu'on retrouve au niveau des monastères à travers le chapitre des moines
2° Un élément aristocratique à travers les évêques autour du pape
3° Et un élément royal à travers la papauté qui prend les décisions ultimes en matière doctrinale, liturgique et pastorale
Mais vous remarquerez qu'en matière pastorale, le pape utilise le "principe de subsidiarité", c'est à dire que chaque communauté, autours de son évêque, est première juge de ses décisions locales, sauf si elle engage le bien commun universel. Et ça c'est un élément qui modère Le caractère hiérarchique de l'Église, sauf à certaines époques Comme à celle du pape innocent III.
"En Occident, nous ne respectons pas toujours suffisamment cette tradition orientale, qui est elle aussi catholique." Mais commence par respecter ta propre tradition sur le célibat sacerdotal, la pastorale auprès des personnes homo, la structure hiérarchique... qui n’en sont pas moins catholiques!
Ils viendront dire qu'ils respectent la Tradition et ne change rien ...et que la FSSPX serait schismatique !
Dans une entreprise va-t-on donner un préavis sans solde à des ouvriers qui performent et attirent davantage de nombreux clients satisfaits, confiants, rassurés, fidèles ? Non.
Ne va-t-on pas plutôt mettre dehors le responsable qui a effectué ce blâme, cette disqualification arbitraire. fût-il PDDF ?
C'est pourtant le bon sens... Aussi dans notre Église.
On le constate, l'ordination des hommes mariés, des femmes "prêtres" et même "évêques", la bénédiction des couples LGBT (et j'en passe) sèment le désastre, la division et le désert au niveau des vocations et de la pratique religieuse. dans les protestantes libérales et anglicanes mais aussi en Allemagne. Est-ce cela que voudrait Mgr Terlinden pour le "bien" de notre Eglise? .Non, ce n'est pas en écoutant l'esprit du monde plutôt que l'Esprit Saint et en voulant plaire aux médias plutôt que d'être fidèles à l'enseignement de l'Eglise catholique que nos prélats pourront rejoindre ceux qui, à bon droit, recherchent une foi solide, fidèle à 2000 ans d'histoire et centrée avant tout sur le salut éternel des âmes.