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  • Le Sénat de l'Ohio veut interdire l'avortement dès que les battements du coeur sont perceptibles

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    OHIO : LE SENAT INTERDIT L’IVG DÈS QUE LES BATTEMENTS DU CŒUR SONT DÉTECTABLES

     de genethique.org

    Le Sénat de l’Ohio a voté, à 18 voix pour et 13 voix contre, le projet de loi qui interdirait les IVG dès les premiers battements de cœur audibles. Le texte avait été voté par la chambre des représentants le mois dernier (cf. Ohio : une proposition de loi pour interdire les avortements de fœtus dont les battements cardiaques sont décelables). Le texte prévoit aussi la suppression de la licence des médecins qui passeraient outre l’interdiction, sans passer par la voie judiciaire. Les battements cardiaques d’un fœtus sont parfois décelables dès 6 semaines par échographie vaginale, mais plutôt vers 11 ou 12 semaines par échographie abdominale.

    La loi doit désormais être signée par le gouverneur sortant John Kasich, qui a déjà annoncé qu’il opposerait son veto. Mais les législateurs ont prévu de revenir en session pendant les vacances de Noël pour faire annuler le veto. Ils pourront faire signer la loi par le prochain gouverneur déjà élu, Mike DeWine, qui a manifesté son accord avec le projet de loi.

    Kasich avait déjà refusé un projet de loi similaire en 2016 (cf. Ohio : le gouverneur s'oppose au projet de loi interdisant l'avortement après détection d’un battement de cœur fœtal), la Cour Suprême américaine lui avait donné raison. Mais pour le sénateur Bill Coley, l’élection de Donald Trump et la composition plus favorable de la Cour Suprême « donne une chance réelle à une loi comme celle-ci ».

    Sources: Daily Beast, Emily Shugerman (12/12/2018) WVXU, Gabe Rosenberg (11/12/2018)

  • Faut-il toujours qu'un enfant ait un père ?

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    D'Aline Lizotte sur le site Smart Reading Press :

    FAUT-IL TOUJOURS QU’UN ENFANT AIT UN PÈRE ?

    «Sans père», telle est l’expression souvent accolée au mot PMA quand celle-ci est évoquée par ses opposants dans le cadre du projet d’ouverture de cette technique de procréation aux «couples» de femmes. La privation ainsi désignée est loin d’être anodine, car elle touche à un principe essentiel pour l’identité de l’enfant, sa filiation, sa construction personnelle et son rôle social.

    Monique est la fille de Jessica et de Marlène ; Jessica a donné un ovocyte et Marlène son utérus. Le spermatozoïde provient d’une banque de sperme qui conserve l’anonymat des donneurs. L’opération s’est faite en Belgique. La grossesse de Marlène a été normale ; les deux femmes attendent l’enfant que l’une et l’autre revendiquent secrètement comme étant le sien. Jessica veille sur le ventre de Marlène pour que sa gestation de l’enfant se passe dans les meilleures conditions possibles. Marlène est admise à la maternité, et Jessica l’accompagne ; elle assiste même à l’accouchement de cet enfant, qui est sa fille.

    De retour à la maison, les deux «mères» se disputent le soin de l’enfant. Marlène jouit d’un congé maternité puisque c’est elle qui a accouché ; Jessica a obtenu un congé «paternité et accueil de l’enfant1». Jessica ne peut faire autrement, mais elle trouve cela injuste. N’ont-elles pas toutes les deux les mêmes «droits» de mère sur l’enfant ? Si, évidemment, c’est Marlène qui allaite Monique puisque c’est elle qui l’a enfanté, c’est Jessica qui donne le bain, mais souvent Marlène lui «vole» son geste, surtout quand Jessica, ayant eu un congé plus court, est retenue par son travail. Car l’une et l’autre revendiquent les mêmes soins, les mêmes gestes maternels à donner à cette petite fille dont la relation au parent, même s’il y en a deux, est de même sorte.

    Cette petite fille a donc une double mère, et elle n’a pas de père. Sa double relation à la mère, comportant à peu près les mêmes gestes, entraîne que ce que fait l’une, l’autre le fait en double. Cependant, des petites différences existent : les cajoleries de Jessica ne sont pas celles de Marlène ; l’odeur de Jessica n’est pas l’odeur de Marlène ; la douceur ou l’agressivité des gestes de Jessica n’a rien à voir avec la douceur et l’agressivité de ceux de Marlène. Manifestement, Jessica ne comprend pas Monique comme Marlène la comprend. Monique, elle, en tant que bébé doit s’adapter à deux mères, mais de laquelle est-elle la fille ? Et à laquelle s’attacher ? Ce n’est pas la même chose que la relation à la directrice de la crèche, où les gestes sont répétés selon les besoins physiques à satisfaire et les conditions de sécurité. Ni les mêmes gestes faits par une infirmière de passage.

    Avec laquelle des deux femmes l’enfant formera-t-elle la relation fondamentale constructive de sa personnalité ? Quelle sera la femme qui, pour la vie, sera sa mère? Monique ne peut pas le déterminer elle-même. Peut-être finira-t-elle par accepter cette situation de non-identité personnelle. Elle ne sera, au fond d’elle-même, ni la fille de l’une, ni la fille de l’autre. En fait, n’ayant déjà pas de père, elle n’aura pas non plus de mère !

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