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Famille

  • L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

    Le déclin démographique, ignoré par le G7 et le Conseil européen, touche non seulement l'Italie et l'Espagne, mais aussi les grandes puissances européennes : la France et l'Allemagne. Même l'arrivée d'immigrants ne compensera pas la baisse des naissances.

    19 juin 2026

    Le temps dont dispose l'Europe pour s'attaquer au défi prioritaire du déclin rapide de la natalité est de plus en plus court. Face aux prévisions statistiques alarmantes publiées dans plusieurs pays, ni le G7 ni le Conseil européen n'ont réfléchi à des mesures urgentes et coûteuses, ni même proposé d'actions concrètes pour lutter contre cette désertification du capital humain et de la démocratie que nous constatons. Tout continue comme si de rien n'était. Pourtant, cette « explosion démographique » ne peut qu'entraîner un appauvrissement économique, social et démocratique. Les données très récentes en provenance de France, d'Allemagne et d'Espagne sont sans équivoque et décourageantes. Chaque pays, pris individuellement, ne peut faire que peu de choses, comme le démontre l'Italie qui, malgré son engagement d'atteindre le 31 mars 2026 , a enregistré 83 000 naissances au cours des trois premiers mois, soulignant une nouvelle baisse du taux de natalité (-2,4 % par rapport à la même période en 2025). 

    D'après une étude sur les tendances démographiques récemment publiée par l'INSEE, l'Institut national de la statistique et des études économiques, si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, la France comptera 65,9 millions d'habitants en 2070, soit 3,2 millions de moins qu'en 2026. La population augmentera légèrement jusqu'en 2037, pour atteindre 69,8 millions. Cette croissance démographique sera due exclusivement au solde migratoire, l'accroissement naturel étant négatif à partir de 2025. Dès 2037, cependant, le solde migratoire ne compensera plus le déclin naturel, et la population commencera donc à diminuer. Par ailleurs, d'ici 2070, le nombre de personnes de moins de 45 ans devrait diminuer de 8,9 millions, tandis que le nombre de personnes âgées de 45 à 64 ans devrait rester relativement stable et le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus devrait augmenter de 5,8 millions. L'augmentation du nombre de personnes âgées sera principalement due à la hausse du nombre de personnes de 80 ans et plus (+4,6 millions), tandis que le nombre de centenaires pourrait quadrupler. En 2040, on compterait 49 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans, contre 40 en 2026. La solution des gouvernements libéraux de Macron ? Davantage d'avortements et d'euthanasies ; la recette de la gauche, en revanche, est un flux constant et continu d'immigrants sans intégration.  

    L'Espagne se dirige vers un déclin tout aussi profond . Dans 50 ans, sa population pourrait dépasser les 50 millions d'habitants et même atteindre 53,8 millions, une croissance démographique alimentée uniquement par l'immigration, comme le confirme l'Institut national de la statistique (INE) dans ses « Projections démographiques 2026-2076 », publiées le mercredi 17 juin. Si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, l'Espagne connaîtra une augmentation de plus de quatre millions d'habitants au cours des 15 prochaines années et de près de 3,4 millions d'ici 2076. Même dans ce scénario numériquement optimiste, la part des personnes nées en Espagne diminuerait pour atteindre 59,6 % dans 50 ans, contre 79,8 % aujourd'hui. Si, en revanche, le flux migratoire venait à diminuer, contrairement à la régularisation massive de 1,5 million d'immigrants encouragée par le gouvernement socialiste communiste de Pedro Sánchez, la population espagnole chuterait à 31,7 millions d'habitants. Ces projections indiquent que, dans tous les cas, un solde démographique négatif sera enregistré en raison de l'augmentation des décès parmi les Espagnols de souche, qui dépassera le nombre de naissances au cours des 50 prochaines années. 

    La tendance des prévisions démographiques allemandes est similaire. Selon un rapport publié mardi par l'office statistique gouvernemental Destatis, la population allemande devrait diminuer d'environ 110 000 personnes en 2025, soit la première baisse annuelle depuis 2020. Fin 2025, le pays comptait 83,5 millions d'habitants. Cela représente une baisse d'un peu plus de 0,13 %. La réduction du solde migratoire, avec 235 000 arrivées de plus que de départs, n'a pas suffi à compenser le fait que 352 000 personnes de plus sont décédées en Allemagne qu'il n'y a eu de naissances en 2025. L'année dernière, le taux de natalité en Allemagne a également atteint son niveau le plus bas jamais enregistré, le plus bas depuis 1946, avec un taux de remplacement de 1,35 enfant par femme, un niveau historiquement bas et bien inférieur au seuil de 2,1 nécessaire au maintien d'une population stable. Le taux de déclin démographique a été considérablement plus rapide dans les anciens Länder de l'Est, à 0,5 % (57 000 personnes au total), contre 0,1 % (68 000 personnes) dans les anciens Länder de l'Ouest, où vivent moins d'immigrants. La population a continué de vieillir et la tranche d'âge des 60-79 ans a continué de croître, atteignant 358 000 personnes. Commençons par le niveau européen avec les propositions de l'ancien président de l'ISTAT, Gian Carlo Blangiardo : « Pour inverser cette tendance, des interventions structurelles axées sur les quatre piliers de son modèle de soutien aux familles sont nécessaires : Coût, Soins, Conciliation et Culture. » 

  • Pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille

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    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    « Je vais vous expliquer pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille »

    Les conséquences de la société pandémique, le néo-malthusianisme, le déclin des nations occidentales, l’abandon de la loi naturelle, l’immigration, le nouvel ordre mondial et sa haine de la vie et de la famille. La Bussola interviewe Ettore Gotti Tedeschi, auteur de *Ainsi ne parlait pas Zarathoustra*.

    18/06/2026

    Nous vivons dans une société malade, nous nous sentons perdus et privés de notre identité. Nous en avons parlé avec Ettore Gotti Tedeschi, auteur du livre *Così non parlò Zarathustra* (Cantagalli), qui précise que la société est tombée malade depuis qu’elle a nié le « libre arbitre » et l’a progressivement remplacé par le « déterminisme scientifique ». On a oublié l’enseignement de Socrate, d’Aristote, de saint Thomas, tandis que l’on connaît et partage la pensée de Nietzsche et de Sartre, en se limitant à tenter de résoudre les effets et en perdant ainsi la capacité de rechercher et de comprendre les « causes » de toute chose, le sens de la vie, les valeurs essentielles.

    Pandémie et situation d’urgence : quelles sont les conséquences de la société pandémique et dans quelle mesure influencent-elles la crise économique ?

    Le confinement, considéré comme la solution à une « pandémie », outre les problèmes déjà bien connus d’ordre social, psychologique, etc., a eu un résultat vraiment considérable : accélérer le processus de numérisation (notamment grâce au télétravail) d’au moins 10 à 15 ans, voire 20 selon certains. Je me contenterai de résumer : la numérisation est un outil fondamental pour être compétitif dans un monde globalisé, où les anciens pays émergents (aujourd’hui les BRICS) représentent près de 50 % de la population mondiale et 50 % du PIB mondial. Le problème est complexe : l’Occident ne sait plus aujourd’hui comment rivaliser, il doit inventer un avantage concurrentiel. Une découverte technologique, cependant, dans un monde globalisé, se répercute sur son utilisation au sein du marché, qui détermine les modèles économiques à adopter, car marché mondial rime avec concurrence mondiale. Soit on sait être compétitif, soit on fait autre chose. L’interdépendance entre les pays du monde est extrêmement forte, tout comme la concentration des nouvelles matières premières (pensons à l’énergie), mais aussi des produits de haute technologie (pensons aux puces électroniques). Aucun pays n’est plus autonome et ne peut se passer des autres. Je pose donc la question : une forme de « souverainisme » est-elle possible aujourd’hui ?

    Le surhomme aujourd’hui : entre néo-malthusianisme, écologisme et syncrétisme religieux. Pouvez-vous nous en faire une analyse ?

    Le surhomme de Nietzsche devrait aujourd’hui se concrétiser grâce aux technologies et à l’intelligence artificielle, ou bien à l’aide de certaines substances psychotropes. En pratique, il s’agit de l’amélioration des facultés humaines grâce à la technologie. Pour moi, la véritable amélioration réside dans la prière et dans la grâce que Dieu m’accorde, mais il est évident que si l’homme se prend lui-même pour Dieu, il ne s’estimera qu’à l’aune de ses découvertes scientifiques, réduisant ainsi lui-même sa dignité d’enfant de Dieu. Nietzsche avait prophétisé la fin de la civilisation occidentale parce qu’elle était chrétienne, tout comme le fait que très bientôt, l’homme considérerait le péché non plus comme un péché envers Dieu, mais envers la Terre et l’environnement. Il a ainsi convaincu ses disciples d’accélérer le processus d’écologisme, seule raison certaine de redécouvrir le malthusianisme nécessaire pour réduire la population. Aujourd’hui, les néo-malthusiens « érudits » et « responsables » ont établi que la population mondiale doit être réduite pour « sauver la planète ». Le syncrétisme religieux est quant à lui une grande découverte faite par les secrétaires de l’ONU pour assurer le succès du soi-disant nouvel ordre mondial, en encourageant les migrations – inutiles et contre-productives d’un point de vue économique (et non humanitaire) – vers des pays à religion dogmatique afin de polluer les « croyances superstitieuses dogmatiques », les valeurs non négociables, la crédibilité de l’autorité morale, etc. Et il y a eu un pape [François, ndlr] qui a même applaudi.

    Déclin des nations occidentales, nouvel ordre mondial (mondialisation et immigration) et crise de l’Europe : quelles en sont les causes et quel rôle joue l’abandon de la loi naturelle et du sens moral ?

    Giacomo Leopardi attribuait au progrès des Lumières la perte du sens moral. Les Lumières avaient également réduit l’homme à de la « matière », entraînant ainsi une ignorance des lois naturelles. Il ne fait aucun doute que l’anthropocentrisme, où l’homme se substitue à Dieu (théocentrisme), né à l’époque humaniste et de la Renaissance, a contribué à convaincre l’homme de satisfaire ses propres besoins, grâce à une recherche technique appropriée et à un consumérisme toujours plus grand. Cette forme de matérialisme a entraîné une sécularisation progressive, très immanente et peu transcendante. De la métaphysique, l’homme passe à l’utilitarisme technocratique et individualiste, peut-être même encouragé par certains théologiens qui, pour ne pas perdre leur popularité dans le monde, ont même réussi à concilier l’évolution biologique avec l’évolution morale nécessaire. Personne ne parle plus de métaphysique ni d’utilitarisme. Comment prétendre qu’un relativisme éthique niant les valeurs objectives ne s’affirme pas de plus en plus ? L’immigration, qui est une contradiction absolue, ne sert qu’à effacer les racines de la civilisation chrétienne, tout comme cela a été le cas pour le nouveau « bio-droit », qui, avec le président Obama et l’OMS, a remplacé la bioéthique, notamment en matière d’avortement, d’euthanasie, etc. Combien ont aujourd’hui le courage d’aller à contre-courant sans crainte ?

    Le nombre de naissances diminue, la population âgée augmente et, avec elle, les dépenses de santé publique. L’euthanasie devient alors la « solution » au problème… Quel est le lien entre l’euthanasie et la dénatalité ?

    Ce sont les deux faces d’une même médaille. La dénatalité est présentée comme une meilleure qualité de vie sans enfants, tandis que l’euthanasie apparaît comme la solution miséricordieuse à une vie indigne d’être vécue. L’absence d’enfants engendre la pauvreté et des risques indicibles de considérer la vie comme « sans valeur » ; l’euthanasie confirme que la valeur de la vie est toujours et uniquement « nulle ». Pour comprendre, nous devrions avoir le courage de reconnaître qui hait la vie humaine et pourquoi, sans en avoir honte. Je vous invite à lire ce qu’a écrit à ce sujet le grand Jérôme Lejeune. Dans une économie mature, avoir des enfants est synonyme de richesse, ne pas en avoir est synonyme de pauvreté. Dans le soi-disant monde occidental, pour devenir plus riche, il faut avoir plus d’enfants. Personnellement, j’ai étudié et affirmé cela dès 1975. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, je lis que le problème de la natalité (avec ses conséquences) a été découvert par tous. Auparavant, on l’a nié, en se moquant de moi. Mais ce qui s’est passé depuis 1975, rien que dans le monde occidental riche et cultivé, a coûté très cher. Et aujourd’hui, éliminer 70 % de la population mondiale pour préserver la Terre est un choix idéologique qui coûtera bien plus cher encore.

    Vous affirmez que la famille incarne la vérité humaine et sociale et qu’elle constitue le noyau social. Quelles conséquences entraîne la désagrégation de la famille au sein de la culture mondialiste-nihiliste ?

    La famille est autant haïe que la vie elle-même, car elle accomplit quelque chose d’intolérable : elle met au monde, élève et éduque ses enfants de manière subjective, non pas de façon homogène, mais en fonction des besoins, du caractère, des aptitudes, des forces et des faiblesses de chacun, individuellement. Permettez-moi de dire qu’on comprend tout de suite si un jeune a été élevé de cette manière par sa famille. Pourrait-on envisager de soutenir la famille, ne serait-ce que dans ce rôle, dans un monde globalisé qui prétend uniformiser les cultures, les comportements, les valeurs et les religions ? Ce n’est pas facile, d’autant plus que la famille est en concurrence avec l’État en matière d’investissements scolaires et professionnels. Elle s’occupe des membres de la famille malades, des personnes âgées, et elle le fait avec soin et affection. L’État ne semble pas beaucoup apprécier cette concurrence, peut-être selon le même principe qui a conduit à l’expulsion des religieuses infirmières des hôpitaux ou des religieuses enseignantes des écoles maternelles ?

  • Comment l’imaginaire féminin a été dénaturé

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    Du Dr Marcus Peter sur le CWR :

    Comment l’imaginaire féminin est corrompu

    Seul le Seigneur, venu en tant qu’Époux, peut restaurer le génie féminin des décombres de l’idéologie et enseigner à une culture brisée que les hommes et les femmes ont été créés pour la communion plutôt que pour la conquête.

    14 juin 2026

    Le récent essai de Beatrice Scudeler sur le discours public concernant les femmes de la génération Z et la fascination d’Internet pour les « hommes qui aspirent à l’amour » met en lumière une vérité plutôt dérangeante pour une culture qui a passé soixante ans à dire aux femmes que le mariage est un esclavage, que la maternité est une mort sociale, que les tâches ménagères sont un gaspillage de talent, que la retenue sexuelle est une répression et que la dévotion masculine est probablement à deux doigts d’une microagression devant un tribunal universitaire.

    Cependant, elle souligne que l’étrange popularité d’hommes fictifs qui servent, protègent, se sacrifient et désirent une seule femme avec une constance disciplinée révèle que de nombreuses jeunes femmes aspirent encore à un amour fondé sur une alliance, même après avoir été conditionnées par la culture à mépriser les conditions mêmes qui rendent un tel amour possible.

    Le féminisme moderne a commencé par insister, à juste titre, sur l’égale dignité des femmes, car aucun chrétien sensé ne peut nier que la femme est créée à l’image de Dieu et qu’elle a la même destinée immortelle que l’homme. Pourtant, une grande partie du mouvement a progressivement troqué l’égalité contre l’uniformité, et cet échange s’est avéré désastreux car une femme ne gagne pas en dignité en étant mesurée selon des catégories industrielles masculines ou des habitudes sexuelles masculines (cf. Gn 1, 27 ; CEC, 2334 ; Mulieris Dignitatem, 6).

    Bon sens contre idéologie

    Christina Hoff Sommers, dans Who Stole Feminism? How Women Have Betrayed Women, a qualifié la vision plus ancienne et plus raisonnable de « féminisme d’équité », qu’elle a défini comme « la croyance en l’égalité sociale, juridique et politique totale des sexes », et le fait même qu’elle ait dû distinguer cette position sensée du féminisme idéologique de genre montre à quel point le débat s’est égaré dans un ressentiment théâtral déguisé en érudition.

    Le premier mensonge était que les femmes sont identiques aux hommes, ne se distinguant que par le conditionnement social. Une fois cette fiction entrée dans les veines de l’éducation, du droit, des médias et de la vie d’entreprise, la féminité elle-même a dû être traitée avec suspicion, car la fertilité, la maternité, la réceptivité, la différence incarnée et le génie féminin sont tous devenus des rappels embarrassants que la nature n’avait pas réussi à obtenir l’approbation du comité de la faculté.

    Camille Paglia, qui n’est certainement pas une porte-parole de la piété domestique catholique, l’a bien mieux compris que la plupart des bureaucrates ecclésiastiques. Elle a soutenu tout au long de son célèbre ouvrage *Sexual Personae* que la sexualité est liée à la nature, au pouvoir, à l’agressivité, à la beauté et à la vulnérabilité. Pendant ce temps, un féminisme puéril qui fait comme si les différences entre les sexes n’existaient pas expose les femmes à un monde qui les dépeint délibérément de manière erronée.

    Le deuxième mensonge était d’ordre économique et industriel ; on a dit aux femmes que leur valeur était déterminée par leur contribution mesurable au marché, ce qui signifie que la mère qui forme les âmes, régit l’atmosphère morale d’un foyer, transmet la langue, stabilise son mari, civilise ses enfants et crée la première école de l’amour est en quelque sorte moins importante que la femme qui répond à des courriels sous des néons pour une entreprise qui remplacera son mot de passe avant même que sa nécrologie ne soit imprimée (cf. Jean-Paul II, Laborem Exercens, 19 ; Mulieris Dignitatem, 18).

    C’est là que le monde moderne est devenu particulièrement ridicule, car il vante solennellement l’économie des soins dans ses documents d’orientation tout en méprisant discrètement la femme au foyer qui s’occupe réellement de ses proches, et il finance des conférences sans fin sur la fragmentation sociale tout en se moquant de la jeune mariée et de la mère dont la fidélité quotidienne empêche la civilisation de devenir un entrepôt de consommateurs solitaires avec des abonnements à des services de streaming et des factures de thérapie (Jean-Paul II, Familiaris Consortio, 42–46).

    Dans son ouvrage *Adam et Ève après la pilule : les paradoxes de la révolution sexuelle*, Mary Eberstadt soutient que la révolution sexuelle qui a suivi l’avènement de la contraception a rompu le lien entre sexualité, mariage, enfants, liens familiaux et religion. Son livre reste percutant précisément parce qu’il montre que la libération a engendré la solitude, l’instabilité familiale, la pornographie, la confusion relationnelle et l’étrange malheur de personnes qui ont obtenu le droit de tout faire mais ont perdu le sens de presque tout.

    Le troisième mensonge était l’arrogance éducative. On a dit aux femmes que l’éducation les libérerait de tout besoin des hommes, alors qu’une éducation digne de ce nom devrait préparer une personne à la vérité, à la sagesse, à la vertu, à la vocation et au service, plutôt que d’apprendre aux femmes à considérer la dépendance comme une dégradation et le mariage comme un programme de rattrapage pour celles qui sont trop sentimentales pour adorer l’autodépendance (cf. Jean-Paul II, Lettre aux femmes, 9 ; CEC, 2221–2231).

    La tragédie est que les femmes ont été encouragées à confondre le besoin avec la faiblesse, alors que tout être humain vient à l’existence par la dépendance, mûrit par la dépendance, survit par la dépendance et atteint la sainteté par la dépendance à l’égard de la grâce. Cela signifie que la guerre contre le besoin des hommes devient vite une guerre contre la condition humaine elle-même (Gn 2, 18 ; Jn 15, 5 ; CEC, 1996–2001).

    Le quatrième mensonge était celui de la libération sexuelle, qui promettait aux femmes la liberté par la disponibilité, alors qu’il a surtout appris aux hommes à rechercher le plaisir sans engagement et aux femmes à qualifier l’abandon d’émancipation. Ce doit être l’une des campagnes de marketing les plus réussies jamais conçues par l’irresponsabilité masculine sous une image de marque approuvée par les femmes (cf. Mary Eberstadt, Adam and Eve After the Pill, 23–49 ; Louise Perry, The Case Against the Sexual Revolution: A New Guide to Sex in the 21st Century, 1–18).

    Louise Perry, dans The Case Against the Sexual Revolution, expose la question avec une franchise admirable lorsqu’elle écrit que les hommes sont encouragés à adopter un « mode de “cavalière” », recherchant « tous les plaisirs du sexe facile sans aucune des responsabilités de l’engagement », et cette phrase à elle seule mérite d’être imprimée sur chaque dossier d’orientation universitaire dans le monde occidental.

    La pornographie et les applications de rencontre ont aggravé les dégâts en transformant l’imaginaire sexuel en un marché de nouveautés incessantes. L’industrie des médias a ensuite félicité les femmes de consommer et de produire du contenu explicite, tandis que les annonceurs monétisaient leur insécurité avec le sérieux moral d’un propriétaire de casino dispensant des conseils financiers.

    L’observation de Scudeler selon laquelle de nombreuses femmes de la génération Y ont été désensibilisées par les divertissements explicites est donc cruciale, car l’écran a endoctriné des générations entières à l’impatience sexuelle ; et une fois que le désir a été conditionné par la rapidité pornographique, l’âme perd le goût de la cour, de la modestie, de la patience, de la tendresse, du sacrifice et du drame profondément humain que représente le fait d’être choisie dans le cadre d’une alliance.

    Le cinquième mensonge était le ressentiment anti-masculin, qui a enseigné aux femmes que la masculinité elle-même est toxique, que le patriarcat explique toutes les blessures, que l’autorité conjugale est une domination, que la protection masculine est une oppression, et que la société doit être purifiée de toute structure paternelle par des experts qui, curieusement, ne remarquent jamais que les foyers sans père, l’effondrement des taux de mariage, la confusion sexuelle et l’isolement des femmes ont suivi leur parade de la victoire.

    Cette haine de la masculinité a nui aux femmes, car la plupart d’entre elles désirent des hommes forts sans cruauté, protecteurs sans possessivité, prêts au sacrifice sans faiblesse, et fidèles sans fragilité de façade ; c’est pourquoi le fantasme des « hommes qui aspirent » revient sans cesse dans la fiction, alors que la culture réelle a passé des décennies à humilier les vertus mêmes dont ces hommes ont besoin.

    La vision catholique

    La réponse catholique n’est ni la nostalgie ni la panique réactionnaire. L’Église ne demande pas aux femmes de devenir des objets décoratifs au sein d’un foyer masculin, et elle ne demande pas aux hommes de devenir des tyrans domestiques au vocabulaire baptisé. L’Écriture nous offre une vision nuptiale et d’alliance dans laquelle l’homme et la femme sont créés pour la communion, la fécondité, la fidélité et la sainteté devant le Dieu vivant (Gn 1, 27-28 ; 2, 18-24 ; Ep 5, 25-33 ; CEC, 1601-1605).

    La Genèse déclare que Dieu a créé l’humanité « homme et femme » et les a bénis de fécondité, tandis qu’Éphésiens révèle le mariage comme un mystère orienté vers le Christ et l’Église, et Proverbes 31 loue une femme dont la gestion du foyer, la prudence économique, la miséricorde, la force, la sagesse et la crainte du Seigneur font paraître les caricatures modernes de la féminité biblique douloureusement ignorantes (Gn 1, 27-28 ; Éph 5, 25-33 ; Prov 31, 10-31).

    Jean-Paul II apporte la correction finale car sa Théologie du corps considère le corps comme un signe sacramentel de la personne, puisque « le corps, et lui seul, est capable de rendre visible ce qui est invisible : le spirituel et le divin », ce qui signifie que le corps féminin n’est ni une matière première pour le commerce ni un costume pour l’invention de soi (Jean-Paul II, Audience générale, 20 février 1980).

    Il enseigne également que l’homme devient l’image de Dieu dans la communion, car la personne humaine reflète Dieu à travers la « communion des personnes que l’homme et la femme forment dès le commencement », et cela démolit toute idéologie qui oppose les sexes l’un à l’autre comme des rivaux permanents au sein d’une lutte politique froide (Jean-Paul II, Audience générale, 14 novembre 1979).

    Par conséquent, les catholiques doivent remettre la société sur la bonne voie en formant des hommes capables de protéger sans convoitise et des femmes capables de recevoir l’amour sans mépris d’elles-mêmes, en honorant le travail domestique sans mépriser l’éducation, en louant la maternité sans réduire les femmes à leur biologie, en défendant le mariage sans slogans sentimentaux, et en proclamant Jésus-Christ comme l’Époux dont l’amour d’alliance guérit le cœur féminin blessé et restaure l’âme masculine au service sacrificiel (Familiaris Consortio, 11–17 ; Éph 5, 25–33 ; Ap 19, 7–9).

    Le monde a menti aux femmes à l’aide d’un mégaphone étonnamment coûteux et puissant, mais l’Évangile continue de parler avec une autorité divine. La femme n’est ni la copie de l’homme, ni son ennemie, ni son jouet, puisqu’elle est la fille du Père, l’épouse dans l’alliance, la mère selon la nature ou la grâce, et la sœur en Christ dont la gloire se trouve dans la sainteté plutôt que dans l’imitation des vices typiquement masculins que le féminisme prétendait autrefois mépriser (Gn 1, 27 ; Ga 3, 28 ; Lc 1, 38 ; Mulieris Dignitatem, 11).

    L’Église doit donc proclamer à nouveau que la liberté est ordonnée à l’amour, que l’amour est ordonné à l’alliance, que l’alliance est ordonnée à la vie, et que la vie est ordonnée à Jésus-Christ. Seul le Seigneur, venu en tant qu’Époux, peut restaurer le génie féminin des décombres de l’idéologie et enseigner à une culture brisée que les hommes et les femmes ont été créés pour la communion plutôt que pour la conquête (Jn 3, 29 ; Éph 5, 25-33 ; Ap 21, 2 ; Mulieris Dignitatem, 30).

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    Le Dr Marcus Peter est directeur théologique d’Ave Maria Radio et du Kresta Institute, animateur radio de l’émission quotidienne Ave Maria in the Afternoon diffusée sur EWTN à l’heure de pointe, animateur télévisé de Unveiling the Covenants et d’autres séries, auteur prolifique, théologien biblique, commentateur culturel et conférencier international. Suivez son travail sur marcusbpeter.com.

  • Pourquoi la baisse des taux de natalité devrait inquiéter tout le monde

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    De David Quinn sur le Catholic Herald :

    Pourquoi la baisse des taux de natalité devrait inquiéter tout le monde

    Un sujet qui commence enfin à recevoir l'attention qu'il mérite est la crise démographique imminente. La Grande-Bretagne, tout comme l'ensemble de l'Europe, est confrontée à une chute brutale de la natalité. Cette situation perdure depuis un certain temps. Elle est encore plus préoccupante en Asie de l'Est. Même en Inde, le taux de fécondité est récemment passé sous le seuil de renouvellement des générations.

    Les lecteurs du Catholic Herald seront peut-être surpris d'apprendre que l'Irlande, longtemps associée aux familles nombreuses, est elle aussi entrée dans l'ère des taux de fécondité inférieurs au seuil de renouvellement des générations. Notre taux de fécondité a chuté à 1,5 enfant par femme, un chiffre à peine supérieur à celui du Royaume-Uni. Un taux de fécondité aussi bas signifie que 100 personnes peuvent espérer avoir environ 75 enfants et 56 petits-enfants, et ainsi de suite. Parallèlement, la population continuera de vieillir.

    L'Institut Iona, un groupe de réflexion pro-religion et pro-famille dont je suis la directrice générale, vient de publier un rapport intitulé « Choix ou fatalité ? L'augmentation du nombre de femmes sans enfant en Irlande » . Ce rapport prévoit qu'une femme sur quatre de la génération Z en Irlande n'aura jamais d'enfant. Pour maintenir la population à son niveau actuel sans immigration, il faudrait que chaque personne du reste de la population ait environ trois enfants. Cela semble peu probable.

    Il existe de nombreuses théories pour expliquer la chute quasi généralisée et simultanée des taux de fécondité. L'ancienne théorie attribuait ce phénomène principalement au développement économique, et elle comporte une part de vérité. Les pays riches affichent depuis longtemps des taux de fécondité inférieurs à ceux des pays pauvres.

    Mais on observe aujourd'hui une chute des taux de fécondité dans des pays à revenu intermédiaire comme la Thaïlande. La Chine demeure un pays à revenu intermédiaire, et son taux de fécondité n'atteint que la moitié du seuil de renouvellement des générations. L'amélioration du niveau d'éducation des femmes joue également un rôle important, et est évidemment liée au développement économique. Le coût de la vie contribue aussi à cette situation. Le logement est devenu extrêmement cher dans de nombreux pays, notamment en Grande-Bretagne et en Irlande.

    Mais comment expliquer la baisse soudaine et assez marquée du nombre d'enfants par femme dans les pays économiquement développés, passant d'environ 1,8 enfant en moyenne à environ 1,5 ces dernières années ? Certains pointent du doigt la montée en puissance des smartphones. En effet, si nous nous rencontrons moins, nous nouons moins de relations, avons moins de rapports sexuels et, par conséquent, avons moins d'enfants.

    Le déclin de la pratique religieuse est également lié à la situation actuelle. Les personnes religieuses ont tendance à se marier plus souvent et à avoir plus d'enfants que les personnes non religieuses. Cela vaut aussi pour les conservateurs. La religion et le conservatisme social ont tous deux tendance à privilégier la famille à l'autonomie individuelle.

    Chaque pays confronté à ce problème doit se poser la question de savoir si la hausse du nombre de femmes sans enfants est due à un choix ou aux circonstances.

    Depuis des années, on entend parler de grossesses non désirées, mais qu'en est-il de l'infertilité non désirée ? Peu de gens semblent s'en préoccuper.

    De nombreux éléments indiquent que l'infertilité est souvent due à des circonstances particulières. On sait, par exemple, que beaucoup de femmes atteignent la fin de la trentaine sans enfant, alors même que nombre d'entre elles désirent en avoir un. Cela explique pourquoi beaucoup se tournent vers des techniques comme la FIV. Si elles étaient heureuses de ne pas avoir d'enfant, elles n'agiraient pas ainsi.

    On constate également que des personnes se tournent vers la FIV car elles ont déjà eu un enfant mais en désirent un autre, et qu'il est trop tard pour concevoir naturellement. Par conséquent, à la cohorte croissante de personnes qui n'auront jamais d'enfants, il faut ajouter une seconde cohorte qui n'en aura pas autant qu'elle le souhaiterait.

    Un sondage commandé par l'Institut Iona et cité dans notre rapport montre que l'Irlandais moyen souhaite toujours avoir deux ou trois enfants. Une étude récente du Family Education Trust en Grande-Bretagne indique que le Britannique moyen en souhaite environ deux. Dans aucun des deux pays, les jeunes n'atteignent ce but, et dans aucun des deux pays, on ne les incite à se méfier du fait de trop tarder à fonder une famille, car il sera finalement trop tard, à supposer qu'ils aient les moyens de s'installer.

    Face à l'ampleur croissante des situations de stérilité non désirée, ceux qui se réclament du droit à l'avortement doivent eux aussi en prendre conscience. Si les progressistes soutiennent réellement la liberté de choix, ne devraient-ils pas soutenir et faciliter le choix d'avoir des enfants au même titre que celui de ne pas en avoir ?

    La chute vertigineuse du taux de fécondité est l'un des phénomènes les plus importants et les plus inquiétants de notre époque. En théorie, conservateurs religieux et libéraux laïques devraient pouvoir unir leurs forces pour tenter d'inverser cette tendance. Y parvenir ne sera pas chose aisée, mais il est probable qu'aucun des deux camps ne souhaite voir des grossesses non désirées. Alors, pourquoi ne pas s'unir pour une fois ? Ce serait une alliance inédite et, espérons-le, très fructueuse, au sens le plus strict du terme.

    David Quinn est le directeur général de l' Institut Iona . Vous pouvez le suivre sur Twitter : @davquinn .

  • L'admirable discours du Pape au Parlement espagnol

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    Discours de Léon XIV au Congrès des députés, Madrid (Photo de groupe via AP via LaPresse)

    (Lettre du Figaro) Léon XIV a déclaré que la « dignité » de la personne « doit guider tout ordre juridique positif », lequel « ne peut être subordonné à des consensus sociaux changeants ni aux aléas des majorités du moment ». Concrètement, il a défendu le secret de confession comme oasis d’humanité, la famille traditionnelle comme havre de paix essentiel, redit un « non » définitif à l’euthanasie, plaidé pour la liberté éducative et d’enseignement, pour la réciprocité nécessaire dans les migrations et la nécessité de la paix.

    « Ce n’est pas une rupture avec le pontificat argentin, encore moins une restauration conservatrice, mais c’est un retour clair et net aux fondamentaux classiques de l’Église catholique » analyse Jean-Marie Guénois. Les parlementaires ont tous applaudi debout et chaleureusement son propos pendant huit minutes !

    RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DU PARLEMENT ESPAGNOL

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Congrès des députés (Madrid)
    Lundi 8 juin 2026

    Monsieur le Président du Gouvernement,

    Madame la Présidente du Congrès des Députés,
    Monsieur le Président du Sénat,
    Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,
    Madame la Présidente de la Cour suprême et du Conseil Général du Pouvoir Judiciaire,
    Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs,
    Mesdames et Messieurs,

    je remercie Madame la Présidente pour ses aimables paroles, ainsi que pour l’invitation que le Siège Apostolique a reçue à l’occasion de mon voyage dans ce pays, et pour l’honneur qui m’est fait aujourd’hui d’être accueilli dans ce Palais historique du Congrès des Députés, lieu éminent de la vie institutionnelle, juridique et démocratique du Royaume d’Espagne. Je me présente devant vous tous en tant qu’évêque de Rome et pasteur de l’Église catholique, conscient que la mission confiée au Successeur de l’apôtre Pierre, en tant que principe et fondement de l’unité des évêques et des fidèles (cf. Lumen gentium, 23), place le Saint-Siège, d’une manière particulière, en dialogue avec les peuples et les États.

    Ma présence parmi vous se veut un geste de proximité envers l’Espagne, dans le cadre de notre coopération mutuelle, et un message inspiré par le service de la personne humaine. L’Église « chemine avec l’humanité », partage ses espoirs et ses blessures, écoute les interrogations de chaque époque et se laisse interpeller « par tout ce qui concerne l’existence des hommes et des femmes d’aujourd’hui ». C’est pourquoi, lorsqu’elle intervient dans la vie publique, elle le fait en respectant la mission propre des institutions et la responsabilité légitime de ceux qui ont reçu le mandat de légiférer. Elle reconnaît « l’autonomie des réalités terrestres » et « la distinction entre communauté ecclésiale et communauté politique » ; et, précisément à partir de cette conscience, elle apporte une réflexion née du désir de servir le bien commun et de rappeler ce qui rend véritablement humaine la vie en société (cf. Magnifica humanitas, nn. 18-19).

    Dans cet hémicycle, la vie en société prend une forme juridique. Ici, les divergences sont écoutées, mises en ordre et, lorsque cela est possible, se transforment en décision commune. C’est pourquoi, au-delà de la légitime diversité des positions, toute tâche législative finit par se confronter à une question décisive : quelle conception de la personne humaine inspire les lois et quel type de société ces lois construisent-elles ?

    Face à cette question, l’Espagne possède une mémoire particulièrement riche. Son identité géographique et politique s’est tissée au fil d’une histoire où la foi et la raison, l’art et le droit, la tradition et la pensée ont su se rencontrer de manière féconde. Dans ses cathédrales et ses universités, dans sa littérature immortelle, dans ses institutions juridiques et dans l’esprit même de son peuple, demeure vivant un héritage qui a façonné une manière de vivre la liberté, de pratiquer la justice et d’ordonner la vie commune.

    Depuis les pages universelles du Don Quichotte, où Cervantes proclamait que « la liberté […] est l’un des dons les plus précieux que le ciel ait fait aux hommes » (Don Quichotte de la Manche, II, 58), jusqu’à la profondeur spirituelle de sainte Thérèse d’Ávila, et de la grande tradition juridique espagnole à l’inquiétude métaphysique d’Unamuno, qui rappelait que l’homme « ne se résigne pas à mourir tout à fait » (Du sentiment tragique de la vie, I), l’Espagne a su considérer l’être humain comme bien plus qu’un simple rouage de l’ordre social, économique ou politique : elle l’a reconnu comme une créature ouverte à la vérité, dotée de liberté et animée par une soif d’éternité qu’aucune réalité temporelle ne parvient à éteindre ; en un mot, comme quelqu’un dont la dignité précède toute utilité et au service duquel l’action législative est soumise.

    Pour cette raison, lorsque l’on évoque aujourd’hui la personne humaine, ce souvenir nous conduit naturellement à Salamanque et à la pensée qui y a mûri. La présence symbolique dans cette salle des rois Isabelle et Ferdinand renvoie à ce moment où l’Espagne s’est trouvée confrontée à des responsabilités historiques d’une portée universelle ; quelques années plus tard, Salamanque allait assumer, avec une lucidité singulière, la réflexion morale et juridique qu’exigeait ce contexte. Dans cette université, il y a cinq cents ans, alors que s’ouvraient de nouveaux mondes et d’immenses possibilités dans les relations entre les peuples, certains maîtres ont compris que la raison ne pouvait être invoquée pour légitimer tout ce que la force ou l’intérêt présentaient comme opportun. Ils ont ainsi introduit dans la réflexion historique la question de la valeur irréductible de tout être humain et des limites morales du pouvoir. Il faut reconnaître que la société et l’Église elle-même n’ont pas toujours été à la hauteur des intuitions qui trouvaient un écho dans leur propre tradition chrétienne.

    Cependant, cette interrogation a ouvert un horizon intellectuel et moral qui a dépassé son propre contexte historique. L’intuition du totus orbis, d’une communauté humaine plus vaste que n’importe quel pouvoir particulier, permettait d’affirmer l’existence de liens juridiques et moraux entre les peuples. Depuis l’Espagne, la réflexion de l’École de Salamanque — et en particulier celle de frère Francisco de Vitoria, ainsi que d’autres dominicains et jésuites — a contribué à forger une conscience juridique et morale capable de rappeler que l’autorité s’accompagne toujours d’une responsabilité et que tout être humain doit être reconnu comme sujet de droits et de devoirs. Cette aspiration continue de résonner aujourd’hui encore : que la dignité, la justice et le bien commun soient la mesure des relations sociales, tant au niveau national qu’international.

    C’est là l’un des grands héritages de l’Espagne : avoir su unir l’action historique à la lucidité de la raison morale. Cette contribution, née sur les rives du Tormes, a transcendé les salles de classe et les bibliothèques, pour s’inscrire dans une conscience plus large, partagée par la communauté internationale qui continue de se demander comment construire la paix sur la reconnaissance de la personne et non sur l’imposition de la force. Cet héritage vit également au sein de ces Cortes, chaque fois que le législateur se demande comment faire en sorte que le possible soit juste, que le légal soit véritablement humain et que la volonté de la majorité préserve les biens qui appartiennent à tous et respecte ce qu’aucune majorité ne peut légitimement enfreindre.

    La question de Salamanque continue d’accompagner la tâche de ceux qui servent la vie publique. Aujourd’hui, les nouveaux mondes qui s’ouvrent à nous ne se dessinent plus sur les cartes : ils se déploient dans la technique, l’économie, la biomédecine et l’univers numérique, où le pouvoir humain touche des domaines de plus en plus sensibles de la vie personnelle et sociale.

    Le progrès offre des possibilités admirables, et nous le voyons aujourd’hui de manière singulière dans le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Comme je l’ai rappelé dans ma récente Encyclique, la technologie en soi n’est pas neutre car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent (cf. Magnifica humanitas, n. 9) ; c’est pourquoi, face aux transformations de notre temps, notre discernement doit se concentrer sur la place qu’occupe la personne humaine dans nos décisions, et sur la manière dont se posent aujourd’hui, sous un jour nouveau, la dignité du travail, la solidarité, la politique sociale et le bien commun.

    Ce discernement part d’un postulat fondamental : toute société véritablement juste se fonde sur la reconnaissance de la dignité inviolable de la personne humaine. Cette dignité précède toute concession de l’État et ne peut être subordonnée à des consensus sociaux changeants ni aux aléas des majorités du moment (cf. Benoît XVI, Discours devant le Parlement fédéral allemand, 22 septembre 2011). Elle appartient à tout être humain du simple fait qu’il existe, et c’est pourquoi elle doit guider tout ordre juridique positif. La foi chrétienne la proclame à partir de la Révélation ; la raison humaine peut la reconnaître comme une exigence inscrite dans la vérité de l’homme (cf. ibid.). Lorsque cette conviction reste vivante, le droit devient une protection pour tous et une garantie face à l’imposition d’intérêts et d’agendas particuliers.

    Sur cette base, il m’appartient aujourd’hui de prononcer une parole sereine et ferme devant ceux qui ont la grave responsabilité d’organiser juridiquement la vie en société. Cette vie en société peut être menacée par la culture du rejet, comme l’a si souvent mis en garde le Pape François (cf. Discours à l’Assemblée plénière de l’Académie Pontificale pour la Vie, 27 septembre 2021). En ce sens, si la vie cesse d’être reconnue comme une valeur fondamentale, quel avenir nos sociétés peuvent-elles avoir ? Peut-on qualifier de pleinement juste une communauté qui laisse dans l’ombre l’enfant à naître, la personne âgée, le malade, celui qui souffre en silence ou celui qui dépend entièrement des soins d’autrui ? La défense de la vie humaine n’est ni une question partielle ni un intérêt confessionnel : c’est un objectif de civilisation. Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son déclin naturel, dans toutes les circonstances de son existence. Lorsque cette certitude s’estompe, les plus vulnérables sont les premières victimes et la loi perd son sens le plus profond : servir et protéger chaque personne. C’est pourquoi la grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacité à accompagner, protéger et aimer les vies qui traversent la plus grande fragilité.

    Le bien commun est, d'une certaine manière, “la forme sociale de la dignité humaine” (cf. Magnifica humanitas, n. 59). Il ne consiste pas en une simple somme d'intérêts particuliers, mais en « l'ensemble des conditions de la vie sociale qui permettent aux associations et à chacun de leurs membres d'atteindre plus pleinement et plus facilement leur propre perfection » (Gaudium et spes, n. 26). Lorsque le bien commun cesse d’être un horizon partagé, l’action publique risque de se fragmenter en intérêts partiels, incapables de préserver ce qui appartient à tous.

    Dans ce contexte, la famille revêt une importance particulière, en tant que première réalité humaine et fondement naturel de la communauté. C’est au sein du foyer que se côtoient les générations et que se transmet une mémoire vivante qui assure la continuité intérieure de la société. Là où la famille est soutenue, la stabilité spirituelle et sociale des nations s’en trouve également renforcée. La famille sera toujours la première école d’humanité où l’on apprend, avant tout autre lieu, la grammaire élémentaire de la vie en communauté : accueillir la vie, prendre soin de l’autre, pardonner, servir et appartenir.

    Les organismes éducatifs occupent eux aussi une place déterminante dans cette tâche. C’est là que les nouvelles générations peuvent apprendre à rechercher et à aimer la vérité, à s’interroger sur le sens de la vie et la dignité de chaque personne. C’est pourquoi de nombreux parents, désireux que leurs enfants apprennent à nouer des relations, à penser de manière critique et à acquérir des valeurs solides, placent en eux de grands espoirs, les considérant comme de précieux alliés dans l’éducation de leurs enfants. Cette collaboration doit toujours respecter le “droit premier et inaliénable” des parents de “choisir le type d’éducation et de formation que reçoivent leurs enfants, en cohérence avec leurs propres convictions morales, culturelles et religieuses” (cf. Magnifica humanitas, n. 143 ; cf. Pacte international relatif aux droits civils et politiques, art. 18. 4).

    L’affirmation de la dignité humaine ne peut rester abstraite alors que tant de personnes sont contraintes de tout quitter pour rechercher la paix, la sécurité et un avenir. Le drame tragique de la migration interpelle aujourd’hui la conscience des nations et les fondements éthiques de l’ordre international. De nombreux hommes, femmes et enfants sont contraints, par des circonstances souvent dramatiques, de quitter leurs communautés et de laisser derrière eux leurs proches, leur histoire et leurs liens. Cette réalité dépasse toute lecture purement démographique ou économique : elle constitue une question éminemment morale et juridique. Là où une personne est victime de discrimination en raison de son origine nationale, ethnique, religieuse ou linguistique, ou de sa condition économique ou sociale, le principe universel de l’égale dignité de tous les êtres humains est gravement bafoué.

    La situation des migrants et des réfugiés exige une réponse qui se concentre sur les personnes, s’attaque aux causes qui les obligent à partir et aille au-delà de la simple gestion des flux. Il en découle une double exigence de justice sociale : offrir des voies sûres et légales, un accueil respectueux et de réelles possibilités d’intégration ; et promouvoir, en même temps, le droit de rester sur sa propre terre, en œuvrant pour que personne ne soit contraint de quitter son foyer par manque de paix, de sécurité ou de conditions de vie dignes, en raison des inégalités économiques et des effets de la crise climatique (cf. Magnifica humanitas, n. 81).

    Ces dernières années, les itinéraires de plus en plus dangereux ont mis en évidence le coût extrêmement élevé de cette réalité si souvent occultée ou ignorée. De nombreuses personnes restent aux mains de trafiquants et de passeurs qui profitent de leur désespoir. Il est nécessaire de renforcer la prévention, le sauvetage et l’aide aux victimes, notamment dans le cadre d’une coopération régionale et multilatérale.

    Aucune nation ne peut relever seule un défi de cette ampleur. C’est pourquoi une réponse coordonnée, solidaire et efficace est indispensable, capable de garantir la protection, l’accueil et de réelles opportunités d’intégration à ceux qui émigrent. Lorsque la réponse institutionnelle est proche, juste et coordonnée, les frontières cessent d’être des lieux d’abandon et peuvent devenir des espaces de protection responsable de la dignité humaine.

    Mesdames et Messieurs,

    le monde traverse une profonde crise spirituelle et culturelle, qui se manifeste par de multiples formes de violence, de polarisation et de méfiance réciproque. Dans ce contexte, la paix apparaît comme une aspiration politique et, plus encore, comme une véritable exigence morale. Elle exige un discours public respectueux de ceux qui pensent différemment, des institutions au service de la rencontre, une mémoire historique en quête de vérité et de réconciliation, ainsi qu’une vie sociale capable de soutenir l’amitié civique et le respect mutuel au milieu des divergences.

    Sur le plan international, la paix exige du courage diplomatique, un sens des responsabilités éthiques et une vision d’avenir fondée sur le respect de l’identité de chaque peuple et sur l’obligation pour les États de régler leurs différends par les voies pacifiques qu’offre le droit international. Toute guerre constitue, en fin de compte, une douloureuse défaite de la capacité à négocier, mais aussi de cette conscience commune de l’humanité qui reconnaît les liens de justice entre les nations. Les armes peuvent imposer un silence temporaire, mais elles ne pourront jamais construire une paix authentique et durable.

    C’est pourquoi il est préoccupant de voir, en divers endroits du monde, et aussi en Europe, le réarmement se présenter à nouveau comme une réponse presque inévitable face à la fragilité du contexte international. La véritable sécurité, en revanche, naît de la justice, du dialogue patient, du respect du droit international et d’une politique capable de faire passer la vie des peuples avant les intérêts qui tirent profit de la guerre. Le développement des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire exige également une vigilance éthique rigoureuse, afin que les décisions concernant la vie et la mort ne soient jamais confiées à des automatismes ni soustraites à la responsabilité morale de la personne humaine (cf. Discours à l’Université « La Sapienza », 14 mai 2026).

    La communauté internationale est appelée à redécouvrir la valeur indispensable du dialogue comme voie patiente vers des accords justes et durables, fondés sur le respect des traités, sur la transparence de l’action diplomatique et sur la volonté sincère de faire passer la paix avant le recours à la force. C’est de là que naissent la confiance et l’espoir.

    Comme le rappelle la devise de l’Union Europeenne, In varietate concordia, la véritable unité n’uniformise pas, mais crée une cohésion dans la diversité, faisant des cultures, des sensibilités et des traditions une occasion d’enrichissement mutuel.

    Il est également urgent de construire une culture de la réciprocité au sein même des sociétés. La pluralité politique ne devrait pas dégénérer en une disqualification permanente de l’adversaire. Dans une coexistence mûre, même le conflit peut devenir un chemin vers la paix, lorsque les différences sont atténuées par l’écoute et orientées vers la reconnaissance des besoins, des aspirations et des capacités de chacun.

    Mais la paix n’est pas seulement une réalité politique ou institutionnelle. Elle naît aussi dans la conscience, là où la rancœur, l’indifférence et la haine cèdent la place à la réconciliation. C’est pourquoi elle s’instaure et se protège aussi à travers le langage. Les mots peuvent ouvrir des chemins ou les fermer ; ils peuvent éclairer la réalité ou la déformer jusqu’à rendre la rencontre impossible. Ceux qui exercent une responsabilité publique ont donc une obligation particulière de veiller sur la parole afin de « désarmer le langage » (Message pour le Carême 2026, 13 février 2026). La fermeté n’exige pas le mépris ; la divergence n’entraîne pas l’humiliation.

    De ce respect de l’autre découle également le devoir de préserver l’espace où mûrissent ses convictions, sa conscience et sa relation avec Dieu. L’attention portée à cette sphère intérieure permet de mieux comprendre une question décisive pour toute société véritablement démocratique : la liberté de pensée, de conscience et de religion, droit fondamental qui protège la sphère la plus intime des personnes. La liberté sur laquelle se fonde l’État contemporain, si elle est authentique, reconnaît la dimension religieuse de l’être humain, la respecte et la protège juridiquement ; elle évite que quiconque doive renoncer à contribuer à la société dans laquelle il vit en raison de sa foi.

    Sans confondre le plan juridique avec le plan moral, il convient également de rappeler que la liberté a besoin d’une pleine compréhension d’elle-même. Être libre ne signifie pas seulement être exempt de contraintes ou disposer de nombreuses possibilités de choix ; cela signifie pouvoir reconnaître le bien et y adhérer de manière responsable. C’est pourquoi toute société véritablement libre exige également une juste délimitation du pouvoir public, afin que la liberté des personnes, des communautés et des associations ne soit pas indûment restreinte (cf. Dignitatis humanae, n. 1). Dans cette perspective, l’autonomie légitime de l’ordre temporel ne doit jamais être interprétée comme une hostilité envers le phénomène religieux. La foi ne prétend pas s’imposer par des privilèges ou des contraintes ; cependant, elle ne peut pas non plus être reléguée au silence comme si elle était sans importance pour la vie publique.

    Dans ce contexte, le secret sacramentel de la confession revêt une importance particulière pour l’Église catholique. Il s’inscrit dans le cadre plus large de la liberté religieuse qui garantit aux communautés croyantes un espace propre de vie, d’organisation et de discipline interne (cf. Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, Acte final d’Helsinki, 1er août 1975, Principe VII). Le protéger juridiquement, comme c’est le cas de manière analogue dans certaines professions, signifie préserver un espace sacré de liberté intérieure, où le croyant peut ouvrir son âme à Dieu sans craindre de pressions extérieures, comme le reconnaissent également les normes internationales (cf. Cour pénale internationale, Règlement de procédure et de preuve, règle 73. 3).

    Mesdames et Messieurs,

    permettez-moi de m’attarder un instant sur certaines images qui ornent cette Assemblée. Dans cette Salle des Séances, la lumière naturelle pénètre par la verrière qui surplombe la salle. Cette lumière venue d’en haut peut nous rappeler que la politique doit elle aussi reconnaître une dimension qui la précède et la dépasse.

    De même, les peintures qui évoquent, en haut du mur principal, la réception de l’Évangile et du Décalogue, rappellent quelque chose d’essentiel. Sans confondre l’ordre politique avec l’ordre religieux, ces signes invitent à reconnaître que la liberté moderne a également été préparée par une longue éducation de la conscience, profondément marquée par la tradition chrétienne. Dans cette école intérieure, les peuples ont appris que le droit doit servir le bien, que la justice impose des limites à la force, que le pouvoir a besoin de légitimité, que les pauvres font pleinement partie de la communauté, que l’étranger doit être accueilli conformément à sa dignité et que la vie humaine ne peut jamais être traitée comme une marchandise.

    Une loi n’atteint pas sa véritable grandeur par le simple fait d’avoir été formellement approuvée ; elle l’atteint lorsque, en plus d’être valide dans sa forme, elle peut se présenter devant la dignité de la personne et sortir de cet examen sans honte.

    Je vous invite donc à lever les yeux : non pas pour vous éloigner de la réalité, mais pour vous rappeler que toute décision des autorités publiques touche des personnes en chair et en os, en particulier celles qui ont le moins de force pour se faire entendre. Car la hauteur de vue consiste précisément à regarder avec plus de profondeur ce qui est en jeu dans chaque décision publique. C’est pourquoi, outre les réponses techniques et les réformes juridiques, un renouveau moral s’impose également.

    L’Espagne a beaucoup à offrir sur cette voie. Elle possède une langue qui unit les continents ; une tradition culturelle, juridique et spirituelle qui a su mettre en dialogue la foi et la raison, le droit et la conscience, l’unité et la pluralité. Cette expérience historique rappelle également la valeur de la concorde et de l’effort patient pour construire une coexistence pacifique et juste.

    Que cette noble nation ne perde jamais la mémoire de ses racines ni l’audace de regarder vers l’avenir. Que l’Espagne continue d’être une terre de rencontre, de culture, de solidarité et d’espoir. Et que sa vie publique sache toujours allier la fermeté des convictions à la noblesse du dialogue et à la grandeur du service.

    Que Dieu accorde la paix à toutes les nations de la terre, la concorde aux familles et la sérénité aux consciences. Et que, sur le Royaume d’Espagne, marqué par l’empreinte apostolique de saint Jacques et par la présence maternelle de la Virgen del Pilar, descendent des jours de prospérité, de justice et de paix durable. Merci beaucoup.

  • Le pape exhorte les jeunes Espagnols à se marier et à fonder une famille

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    L’expression « N’ayez pas peur » est entrée dans l’histoire de l’Église avec Saint Jean-Paul II, qui l’avait lancée lors de sa messe d’inauguration du pontificat en 1978. Près d’un demi-siècle plus tard, le pape Léon XIV a repris ce thème devant des centaines de milliers de jeunes réunis à Madrid

    Devant une foule immense rassemblée place de Lima à Madrid, le pape Léon XIV a adressé samedi soir un message particulièrement remarqué à la jeunesse espagnole. Alors que l’Espagne connaît l’un des taux de natalité les plus faibles d’Europe et une crise démographique persistante, le Saint-Père a encouragé les jeunes à ne pas renoncer aux grandes vocations de la vie chrétienne. (Tribune Chrétienne)

    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN ESPAGNE

    (6-12 JUIN 2026)

    VEILLÉE DE PRIÉRE AVEC LES JEUNES

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Place de Lima (Madrid)
    Samedi 6 juin 2026

     

    (1) Nous savons que saint Augustin est très important pour vous, mais quels autres saints et quelles autres figures de référence vous ont aidé dans votre croissance personnelle en tant que chrétien ?

    (2) J’aimerais maintenant vous interroger sur vos années comme missionnaire au Pérou. Quel souvenir ou quelle expérience de ces années gardez-vous comme un trésor ?
     

    Eh bien, tout d’abord : bonjour à vous tous ! Merci d’être ici et merci de partager votre foi avec tout Madrid et toute l’Espagne. Pour répondre à la première question concernant certains saints qui ont été pour moi des modèles durant mon enfance et ma jeunesse, mais aussi en tant qu’évêque et en tant que Pape… On a déjà mentionné saint Augustin — et nous savons tous que saint Augustin est une figure très importante pour toute l’Église —, mais j’ai également pensé à l’un des Pères de l’Église orientale qui s’appelait saint Jean Chrysostome, son nom signifie “bouche d’or”, un titre que ce Père de l’Église a mérité parce qu’il avait une très belle éloquence. Avant son baptême, qui eut lieu en 368 après J.-C., il étudiait la philosophie. Il se consacra ensuite à l’exégèse des Saintes Écritures, en compagnie d’autres jeunes d’Antioche, sa ville natale. Après une expérience d’ermite, il se mit au service de l’Église comme prêtre et ensuite comme évêque. Et j’en profite pour vous dire à tous : n’ayez jamais peur d’envisager un appel à la vie sacerdotale, à la vie religieuse ou à d’autres services au sein de l’Église ! Car Jean Chrysostome, qui portait dans son cœur cet amour pour la Parole de Dieu, après être devenu prêtre puis évêque, a donné un témoignage extraordinaire, surtout par la cohérence de sa vie. S’il prêchait, c’était parce qu’il vivait ce message. Personnellement, j’ai été particulièrement impressionné par ses catéchèses, ses sermons, ses homélies et ses écrits, qui allient l’amour de la vérité et la droiture de sa vie. Mais il faisait aussi preuve d’un grand courage. Il n’avait pas peur de parler devant l’Empereur, de dire des choses en faveur de la justice et non pas seulement pour plaire à autrui. C’était un homme de parole.

    Un autre saint auquel j’ai pensé est saint Thomas de Villanueva, un augustin, qui fut appelé à devenir, aussi, pasteur de l’Église. Il était espagnol. Il étudia à l’université d’Alcalá et, par sa sagesse il gagna l’estime de l’empereur Charles Quint. Il fut ensuite nommé évêque de Valence et il entreprit un intense travail de réforme de l’Église, surtout du clergé, exhortant ses frères à la persévérance dans la prière, la vie de chasteté et l’obéissance. En raison de sa charité ardente, il est encore connu aujourd’hui comme “l’évêque des pauvres”. C’est cette charité qui m’a soutenu dans les moments d’épreuve et dans les moments de service.

    Un autre compagnon de route est saint Toribio de Mogrovejo, lui aussi espagnol. Au XVIe siècle, il fut missionnaire au Pérou, où il se consacra avec un grand zèle à l’évangélisation, en étudiant les langues locales. Saint Toribio sut allier une vie intense de prière à un engagement en faveur de la justice, en particulier face aux abus et à la corruption de son époque. C’est pourquoi il est pour moi un modèle de dévouement envers le peuple, en particulier les plus pauvres, au nom du Christ.

    En contemplant la vie de ces saints, comme saint Augustin, je me suis dit : s’ils en ont été capables, pourquoi pas moi ? (cf. Confessions, VIII, 27). C’est une question que je vous confie volontiers, en vous invitant à choisir de bons exemples de vie qui soient attrayants tant pour vous que pour les autres.

    Quant aux années passées au Pérou, en tant que missionnaire et ensuite comme évêque, je me souviens surtout du témoignage de foi des gens, marqués par de nombreuses difficultés, mais pleins d’espoir. C’est précisément la rencontre avec les souffrances comme avec les joies du peuple qui m’a fait grandir sur le chemin à la suite de Jésus. Tout en l’annonçant, j’étais moi aussi transformé par l’Évangile, transformé par la vie et la foi de ces peuples, souvent matériellement très pauvres, mais riches en foi. Et en faisant l’expérience de cette foi dans la parole du Seigneur, j’ai vu comment la Parole de Dieu peut transformer le conflit en paix. Elle peut être une source de réconciliation, de paix et de justice.

     

    (3) Selon vous, comment pourrions-nous reconnaître la voix de Dieu parmi tant d’autres voix ?

    (4) Comment pouvons-nous, nous qui sommes en chemin, accompagner les autres dans leur cheminement vers la découverte de la beauté de la foi ?
     

    Tout d’abord, nous pouvons parler de la manière d’écouter cette voix de Dieu, comment discerner si c’est vraiment Dieu qui nous parle ou autre chose, une autre tentation, une autre difficulté.

    Pour reconnaître la voix de Dieu, le silence peut avant tout nous aider, je pense qu’il est très important que chacun d’entre nous s’efforce de développer sa capacité à rester en silence. Souvent, nous avons nos écouteurs, nous écoutons de la musique, nous nous laissons distraire et nous ne savons pas rester en silence. Je crois que c’est souvent précisément dans cette expérience du silence que Dieu peut nous parler ou que nous pouvons discerner la voix de Dieu. Lorsque nous recherchons le silence, nous décidons de ce que nous ne voulons pas entendre et des bruits qui ne doivent pas nous distraire. En nous libérant du vacarme de mille voix, nous reconnaissons que certaines trompent nos désirs, d’autres nous achètent sans nous nourrir, d’autres encore parlent par intérêt. Dans le silence, nous comprenons que les idéologies passent, tandis que la vérité demeure. Je voudrais également souligner ici l’importance de la recherche de la vérité, car de nombreuses voix et de nombreuses informations sur les réseaux sociaux nous trompent et nous racontent des mensonges. Recherchez toujours la vérité ! Dieu est la vérité ! Si cela vous éloigne de Dieu, ce n’est pas la vérité ! Ne l’oubliez pas !

    Deuxièmement, soyez certains que Dieu connaît bien ta voix, votre voix : Il vous écoute et vous répondra. Ne craignez pas d’exprimer ce que vous ressentez dans votre cœur. Il y a un psaume qui dit : « Lui qui forma l’oreille, Il n’entendrait pas » (Ps 94, 9). Notre dialogue intérieur se transforme en prière, en louange et en supplication lorsqu’il est confié à Celui seul qui peut l’entendre. La prière est une voix libre précisément parce qu’elle ne s’exprime pas pour rendre des comptes, pour prouver que nous sommes prêts ou pour nous donner de l’importance. Lorsque nous nous faisons nous-mêmes prière, le Seigneur nous répond par son Verbe, qui s’est fait homme pour nous, en affirmant qu’Il nous aime de tout son être.

    Troisièmement, pour reconnaître la voix de Dieu, il faut écouter la Parole. La Parole de Dieu est vivante parce qu’elle est le Christ, dont la voix continue de résonner dans l’Église qui est son Corps. Il accomplit toutes les Écritures, cet ancien et ce nouveau Testament donnés aux hommes comme promesse de salut. L’adoration eucharistique aussi, que nous vivons ensemble ce soir, est précisément le lieu idéal pour garder le silence, libérer notre cœur et “être” nous-mêmes devant le Seigneur, en dialoguant avec Lui, de sorte qu’Il s’exprime avec éloquence dans son amour devenu nourriture pour toute l’humanité.

    En outre, chers jeunes, pour accompagner les autres à découvrir la beauté de notre foi, rappelez-vous qu’aucun de nous n’est né maître, et que devant le Seigneur, nous sommes tous des disciples. Partagez donc votre cheminement spirituel, témoignez-en par la cohérence de votre vie : la volonté de suivre Jésus vous renouvellera constamment, surtout dans les moments de lassitude. À cet égard, il est important de comprendre que personne n’est seul à croire en Jésus. Regardez combien vous êtes nombreux ici ! Et de la même manière, au sein de la communauté, dans les groupes de jeunes, au sein de la famille, nous pouvons tous découvrir la beauté de notre foi. Car en partageant votre cheminement spirituel la volonté de suivre Jésus vous renouvellera sans cesse. Il marche à notre rythme et éclaire notre chemin. À l’exemple du Maître : c’est ainsi que je vous invite à agir, en tant que pasteurs, éducateurs et comme des amis. Si vous priez avec amour, les jeunes apprécieront l’importance de la prière. Si vous brûlez de foi, vous transmettrez son feu vivant. Cherchez tous dans vos cœurs ce feu de l’amour de Dieu ! Car c’est là que se trouve la présence de Jésus, et la présence proche de Jésus se fait sentir même dans les moments où nous tombons, car Jésus ne nous abandonne pas. C’est aussi lorsque nous devenons une main tendue, une étreinte fraternelle, lorsque nous cherchons des occasions de servir les autres et lorsque nous cherchons comment toucher la vie de l’autre à travers ses blessures, sa tristesse, ses difficultés. C’est là que la foi en Jésus-Christ prend vie, et c’est là que Jésus nous aidera à nous soutenir mutuellement sur le chemin.

     

    (5) Comment pouvons-nous, jeunes chrétiens engagés, vivre au sein de cette société ?

    (6) Quelle est la mission concrète que vous nous confiez, à nous, les jeunes de l’Église ?
     

    Eh bien, félicitations pour ton mariage, Fernando ! J’ai vu ici d’autres couples qui vont se marier : félicitations et que Dieu vous bénisse ! Car, si j’ai dit tout à l’heure « n’ayez pas peur d’envisager une vocation », le mariage est lui aussi une vocation. N’ayez pas peur du mariage et de fonder une famille !

    Au cours des siècles d’histoire de l’Église, nous, chrétiens, avons vécu dans toutes sortes de sociétés, traversant les changements des cultures que nous avons partagées et contribué à façonner. Il y a un texte ancien, qui s’appelle la Lettre à Diognète, qui nous offre à ce sujet une belle intuition : « Les chrétiens sont au monde ce que l’âme est au corps » (VI). Telle est notre manière de vivre : les disciples de Jésus sont toujours contemporains, mais jamais prisonniers du temps qui passe. Nous sommes libres en Christ ! Et le Christ nous a libérés par son amour. Grâce à cet amour, nous sommes toujours libres face à toute contrainte et à toute tromperie. Nous sommes libres des modes, car nous sommes disciples de la vérité ; nous sommes ouverts à l’avenir, car nous savons que la mort ne nous attend pas. Au contraire, le sens de l’histoire culmine dans la communion éternelle de vie que Dieu prépare pour tous. Dans cette perspective, vous surtout, les jeunes, êtes appelés à donner une nouvelle orientation à la société, en devenant les protagonistes du changement à partir de vos liens quotidiens, de ce que vous vivez en famille, à l’université et au travail. En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motivé par la foi, je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique, pour communiquer les valeurs et la beauté de l’Évangile (cf. Christus vivit, n. 105 ; Salutation lors du Jubilé des missionnaires numériques, 29 juillet 2025).

    Je vous invite donc tous à être ensemble le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13). Pour vivre ainsi, il faut avant tout comprendre la société actuelle, en vivant avec sagesse, afin de pouvoir ensuite la transformer en tant que témoins de l’Évangile. Le jeune chrétien, en effet, rayonne tant dans la joie que dans l’épreuve, donnant du goût à la réalité parce qu’il l’habite comme une personne qui savoure la vie en son for intérieur, sans attendre que la richesse, le plaisir ou le pouvoir lui en donnent la saveur. Telle est notre liberté, qui trouve sa source dans la foi, capable de donner lumière et saveur à toute société, à toute expérience humaine. En revanche, quand la vie n’a plus de goût, c’est comme si elle nous était arrachée : nous ne la sentons plus comme la nôtre. Face au vide de l’indifférence et du conformisme, face à la violence de la guerre et du mensonge, soyez vous-mêmes l’étincelle d’une humanité nouvelle.

    C’est pourquoi je voudrais vous confier à tous une mission : soyez humains. Oui, soyez humains ! : des hommes et des femmes de chair et d’os. Pas des apparences mais des visages fiables. Des personnes qui recherchent la justice parce qu’elles en ont faim, comme du pain quotidien. Des personnes qui désirent une vie honnête et droite, parce qu’elles font volontiers aux autres ce qu’elles voudraient que les autres leur fassent. Soyez humains comme l’est le Christ, l’homme parfait, le Ressuscité qui partage avec nous l’histoire en tout temps. En cultivant cet engagement, regardez les Apôtres, les premiers chrétiens, habitants d’un monde païen. À leur exemple, soyez des missionnaires de l’Évangile face aux pauvretés matérielles et spirituelles de notre temps, sachant bien que notre foi est un style de vie qui s’accomplit dans la charité (cf. Ga 5, 6). Telle est, chers jeunes, la vertu qui change l’histoire plus que toute autre. Vous pouvez changer le cours de l’histoire ! Faites-le avec amour ! Merci beaucoup.

  • Le pape affirme que le rejet des racines chrétiennes par l'UE a conduit à une « stérilité dramatique »

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    De Fionn Shiner sur CruxNow :

    Le pape affirme que le rejet des racines chrétiennes par l'UE a conduit à une « stérilité dramatique ».

    27 mai 2026

    Le pape Léon XIV a déclaré que la crise démographique en Europe peut s'expliquer en partie par le rejet du christianisme par l'Union européenne (UE) et par des politiques familiales « contradictoires » qui promeuvent l'avortement et discriminent la maternité.

    S'adressant lundi aux membres de l'intergroupe Démographie du Parlement européen, le pape a souligné que la mise à mal du christianisme avait largement contribué au problème démographique.

    « Au cours des dernières décennies, nous avons pu constater que le rejet de l’inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions de l’UE a conduit à une période de stérilité extrême, non seulement parce que trop d’enfants ont été privés du droit de naître, mais aussi parce qu’il y a eu un échec dans la transmission des outils matériels et culturels dont les jeunes ont besoin pour affronter l’avenir », a-t-il déclaré.

    « De ce fait, nous sommes fréquemment confrontés aux affirmations contradictoires de politiques prétendument favorables à la famille, qui, simultanément, promeuvent la discrimination à l’égard de la maternité, érigent l’avortement en droit et sapent le fondement même du désir de fonder une famille. Heureusement, il existe aujourd’hui de merveilleuses exceptions ! » a ajouté le pape.

    D'après le dernier rapport démographique d'Eurostat, l'âge médian dans l'UE atteignait 44,9 ans en 2025 et le taux de natalité était de 7,9 naissances pour 1 000 habitants en 2024. Depuis 2004, tous les pays de l'UE enregistrent une baisse de leur taux de natalité.

    Dans ce contexte, le pape Léon a cité le défunt pape François, qui disait que l'Europe est un « vieux continent » qui ne l'est plus « non plus à cause de sa glorieuse histoire, mais à cause de son âge avancé ».

    « Les problèmes engendrés par la stagnation démographique sont nombreux et complexes, et comprennent notamment la pandémie de solitude. De plus, les données démographiques ne sont pas de simples statistiques ; elles parlent de paternité, de maternité et d’enfants. Et les enfants sont l’avenir ! » a déclaré le pape Léon XIV.

    Le rôle de la famille

    Le pape a déclaré que toute solution à la crise démographique devait placer la famille au cœur de ses préoccupations, laquelle est fondée sur le mariage entre un homme et une femme.

    « Au cœur de ces défis urgents, et dans la clé des solutions, se trouvent la dignité fondamentale de toute personne et le rôle de la famille dans la société. Comme nous l’a rappelé saint Jean-Paul II, la famille est « la première et irremplaçable école de la vie sociale » et se fonde sur le mariage entre un homme et une femme, une réalité qui unit les dimensions personnelle et publique », a-t-il déclaré.

    « Car ce n’est qu’en respectant et en promouvant cette place centrale de la famille, et en appliquant le principe de subsidiarité, qu’il est possible d’éviter les deux extrêmes que sont l’interventionnisme étatique excessif et l’individualisme », a-t-il ajouté.

    Le pape Léon XIV s'exprimait lors de la Conférence sur la famille et la démographie qui se tenait à Rome. Étaient également présentes la commissaire européenne pour la Méditerranée, Dubravka Šuica ; la ministre italienne de la Famille, de la Naissance et de l'Égalité des chances, Eugenia Roccella ; et la représentante spéciale de l'OSCE pour les changements démographiques et la sécurité, Gudrun Kugler.

    Il a chargé les personnes présentes de « promouvoir la responsabilité partagée et le rôle actif des familles dans la vie sociale, politique et culturelle ».

    Avoir hâte de

    Le pape a déclaré qu'un « renouveau printanier » était nécessaire pour la famille, qui pourrait être induit par des changements de politique, de philosophie et de culture.

    « Enfin, cette approche ne consiste pas à revenir aux modèles sociaux du passé, mais à offrir aux hommes et aux femmes de notre époque les principes immuables qui peuvent assurément les guider pour répondre aux questions fondamentales posées à chaque époque : quel est le sens et la valeur de la vie humaine ; qu’est-ce qu’une société humaine authentique ; et quel genre de monde voulons-nous léguer aux générations futures », a-t-il déclaré.

    « À cet égard, les politiques nationales et européennes doivent être élaborées et formulées en partenariat avec la société civile », a-t-il ajouté.

    Le pape a souligné comment des groupes comme la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) et la Commission des conférences épiscopales de l'Union européenne (COMECE) ont collaboré avec l'Intergroupe sur la démographie, démontrant ainsi comment des groupes ayant chacun leur « domaine de compétence » peuvent « travailler ensemble pour garantir un changement efficace qui améliorera la qualité de vie de tous ».

    « C’est cette impulsion que les chrétiens apportent au projet européen, afin que les politiques prennent en compte la personne humaine dans son intégralité et promeuvent toujours la dignité humaine », a déclaré le pape Léon XIV.

    « De cette manière, une voie véritablement humaine peut être ouverte pour résoudre la crise démographique, orientée vers le bien commun et le bien-être des générations futures. En effet, seul un renouveau familial peut dissiper la morosité hivernale de nos populations vieillissantes ! » a-t-il ajouté.

  • "Le mariage est une union durable entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l’amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d’une communauté familiale" (les évêques de Pologne)

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    Du site de la Conférence épiscopale de Pologne :

    Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour les affaires familiales sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage

    Le mariage entre une femme et un homme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat sur sa place dans l'ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, calme et un souci sincère du bien commun – appellent les évêques dans la Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour la famille sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage.

    Les membres du Conseil pour la famille de la Conférence épiscopale polonaise observent avec préoccupation et inquiétude les actions et interprétations juridiques ultérieures relatives à la définition du mariage, notamment suite aux récentes décisions des tribunaux administratifs concernant la transcription des certificats de mariage étrangers entre personnes de même sexe. Ils rappellent que l'article 18 de la Constitution de la République de Pologne dispose que « le mariage est l'union d'un homme et d'une femme et, à ce titre, est placé sous la protection et la tutelle de l'État ».

    « En tant que chrétiens, nous considérons le mariage non seulement comme une institution légale, mais aussi comme une réalité ancrée dans le droit naturel et le dessein révélé de Dieu pour l’humanité », écrivent les évêques. Ils soulignent également que « l’enseignement de l’Église catholique a toujours montré, depuis ses origines, que le mariage est une union durable entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l’amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d’une communauté familiale. »

    Les membres du Concile soulignent qu’en défendant le mariage, entendu comme l’union d’un homme et d’une femme, ils ne souhaitent « prendre position contre quiconque ni priver quiconque de sa dignité ». Ils ajoutent également que « le respect de chaque personne ne signifie pas renoncer à la vérité sur le mariage, que l’Église proclame depuis ses origines ».

    Les évêques appellent toutes les personnes de bonne volonté à « être responsables de la loi, de l’avenir de la famille polonaise et de la préservation des fondements constitutionnels et moraux de la République de Pologne ». « Le mariage entre un homme et une femme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat concernant sa place dans l’ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, calme et un souci sincère du bien commun », peut-on lire dans la déclaration de position.

    Nous publions le texte intégral de la position :

    Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour les affaires familiales sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage

    À la lumière des récentes décisions des tribunaux administratifs concernant la transcription des certificats de mariage étrangers entre personnes de même sexe, nous suivons avec préoccupation et inquiétude les actions et interprétations juridiques en cours relatives à la définition du mariage. Celles-ci touchent en effet à l'une des réalités les plus fondamentales qui façonnent la vie sociale et familiale en Pologne.

    L’article 18 de la Constitution de la République de Pologne stipule que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme et, à ce titre, relève de la protection et de la tutelle de l’État. Il ne s’agit pas d’une simple disposition formelle. Derrière ces mots se cache une conception particulière de l’humanité, de la famille et de la responsabilité envers les générations futures, ainsi que la conviction que la communauté durable formée par un homme et une femme, par essence ouverte à la transmission de la vie et à la création d’un environnement sûr pour l’épanouissement des générations futures, constitue la cellule fondamentale de la société et l’un des piliers du bien commun.

    Nous vous rappelons également que, conformément à l'article 8 de la Constitution de la République de Pologne, celle-ci est la loi suprême du pays. Aucune loi ni interprétation juridique ne peut lui être contraire. L'article 91 de la Constitution prévoit expressément la primauté des accords internationaux ratifiés sur les lois, mais cela n'implique pas que la conception constitutionnelle du mariage, telle qu'exprimée à l'article 18, puisse être ignorée. Dès lors, les interprétations juridiques émergentes qui tentent de donner un nouveau sens à l'article 18 soulèvent de sérieuses questions quant aux limites de l'interprétation juridique et au respect de l'ordre constitutionnel de l'État.

    En tant que chrétiens, nous considérons le mariage non seulement comme une institution légale, mais aussi comme une réalité ancrée dans le droit naturel et le dessein révélé de Dieu pour l'humanité. Depuis ses origines, l'enseignement de l'Église catholique a toujours affirmé que le mariage est une union indissoluble entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l'amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d'une famille.

    Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : « L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme établissent entre eux une communauté de toute leur vie, ordonnée par sa nature au bien des époux et à la procréation et à l’éducation des enfants, a été élevée par le Christ Seigneur entre les baptisés à la dignité de sacrement » (CEC 1601).

    Saint Jean-Paul II, dans son exhortation apostolique Familiaris consortio, a également souligné que l’avenir de l’humanité passe par la famille et que la protection du mariage est l’une des missions fondamentales de la société et de l’État. Le pape François, dans Amoris laetitia, a rappelé qu’« il n’y a aucun fondement pour comparer ou établir une analogie, même ténue, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu pour le mariage et la famille » (AL 251). Tout en demeurant fidèle à sa conception du mariage, l’Église rappelle simultanément la dignité inaliénable de chaque personne et l’obligation de respecter, d’être sensible et d’éviter tout langage de mépris ou d’exclusion.

    Nous sommes de plus en plus préoccupés par le fait que des interprétations extensives de la loi puissent entraîner un affaiblissement de la conception constitutionnelle du mariage. Des questions aussi fondamentales ne sauraient être résolues par des interprétations qui soulèvent de graves préoccupations sociales et constitutionnelles, surtout lorsqu'elles concernent une réalité si profondément ancrée dans le système juridique polonais, la tradition culturelle et la conception chrétienne du mariage et de la famille, qui ont façonné pendant des siècles la conception européenne de l'humanité.

    En défendant le mariage, entendu comme l’union d’un homme et d’une femme, nous ne souhaitons nous opposer à personne ni porter atteinte à sa dignité. Nous désirons au contraire rester fidèles à la vision de l’humanité et de la famille qui, depuis des siècles, fonde la conception chrétienne de l’amour, de la parentalité et de la responsabilité sociale. Toute personne, quelles que soient son histoire, ses sensibilités ou son vécu, mérite le respect, la protection de sa dignité et un langage exempt de mépris. Le respect de chaque personne ne signifie toutefois pas renoncer à la vérité sur le mariage, proclamée par l’Église dès ses origines.

    Nous lançons donc un appel à toutes les personnes de bonne volonté afin qu'elles assument leurs responsabilités envers la loi, l'avenir de la famille polonaise et la préservation des fondements constitutionnels et moraux de la République de Pologne. Le mariage entre un homme et une femme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat relatif à sa place dans l'ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, sérénité et un souci sincère du bien commun.

    L’archevêque Wiesław Śmigiel,
    président du Conseil pour les affaires familiales de la Conférence épiscopale polonaise

    Varsovie, le 22 mai 2026

  • L'Europe prise au piège démographique

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    De Stephan Baier sur le Tagespost :

    L'Europe prise au piège démographique

    Le pape Léon XIV a lancé un appel aux hommes politiques pour un « nouveau printemps pour la famille », mais cela nécessiterait une conversion radicale.

    26 mai 2026

    Depuis un demi-siècle, la quasi-totalité des sociétés européennes se précipitent à une vitesse croissante vers une impasse démographique. Les experts tirent la sonnette d'alarme depuis des décennies, mais les responsables politiques persistent dans leur attitude. La pyramide des âges est inversée, et tandis que la pénurie d'enfants et de jeunes devient le principal défi sociétal, la politique et la société entravent de plus en plus la formation de véritables familles, tant sur le plan financier que sur celui du climat social.

    Le pape Léon XIV a abordé un sujet sensible dans un discours adressé aux responsables politiques européens. Il critique les « affirmations contradictoires de politiques prétendument favorables à la famille qui, simultanément, favorisent la discrimination envers les mères, glorifient l'avortement comme un droit et sapent le désir même de fonder une famille ». Emmanuel Macron en est un exemple frappant : le président français, sans enfant, a récemment plaidé pour un « réarmement démographique », mais milite depuis des années pour un « droit à l'avortement » à l'échelle européenne. Afin de lutter contre la faible natalité en France, il recommande aux femmes âgées de 29 à 37 ans de faire congeler leurs ovocytes gratuitement (donc aux frais du contribuable).

    Une nouvelle prise de conscience est nécessaire.

    Tant que les sociétés européennes ne redécouvriront pas l'essence de la famille et la valeur de la vie, un bouleversement démographique restera inconcevable. Personne ne conçoit ni ne donne naissance à des enfants simplement pour fournir à l'État davantage de contribuables ou à l'économie plus de travailleurs, ni parce qu'un président instrumentalise la question du « réarmement démographique ». Par conséquent, tant que les fondements de la famille seront ébranlés et son essence érodée idéologiquement, tant que la vie, à son commencement comme à sa fin, sera menacée par l'érosion progressive de l'État de droit, les États et les sociétés continueront de s'enfoncer toujours plus profondément dans un piège. Et cela a des conséquences dramatiques pour la société dans son ensemble, sa prospérité et son État-providence .

    Comme Léon XIV l’a justement souligné dans son message du lundi de Pentecôte, il ne s’agit pas d’un retour aux modèles sociétaux du passé, mais de la viabilité future de l’Europe. Pour se préparer à l’avenir, les Européens doivent dépasser l’hypocrisie et l’égocentrisme qui caractérisent le présent et développer une nouvelle conscience du bien commun des générations futures. Dans la lignée de ses prédécesseurs, le Pape a rappelé aux responsables politiques que seul un renouveau familial peut dissiper le froid hivernal du vieillissement de notre population.

  • Démographie et famille en Europe: Léon XIV en appelle à un «nouveau souffle»

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    De Jean-Paul Kamba, SJ sur Vatican News :

    Démographie et famille en Europe: Léon XIV appelle à un «nouveau souffle»

    Le Pape a reçu ce lundi 25 mai les membres de l’Intergroupe du Parlement européen sur la démographie. Il les a exhortés à affronter sans attendre la crise démographique qui touche le continent. Défendant le rôle central de la famille et la solidarité entre générations, Léon XIV a dénoncé une «stérilité dramatique» de l’Europe contemporaine et plaidé pour des politiques fondées sur la dignité humaine et le bien commun.

    Devant les responsables politiques européens, Léon XIV a souligné l’importance d’un engagement politique commun face au déclin démographique qui frappe l’Europe. Il a rappelé que cette question représente «un défi urgent ayant des implications pratiques pour des millions de personnes et leurs familles». Citant son prédécesseur immédiat, il a évoqué «le Vieux Continent, non plus en raison de sa glorieuse histoire, mais de son âge avancé».

    Au-delà des chiffres, le Pape a insisté sur la dimension profondément humaine des données démographiques indiquant que les données démographiques «ne sont pas seulement des statistiques, mais elles parlent de paternité, de maternité et d’enfants… les enfants, c’est l’avenir!», a-t-il fait remarquer en mettant en garde contre les conséquences sociales du vieillissement et de la baisse des naissances. Le Saint-Père a également évoqué notamment «la pandémie de la solitude» qui touche de nombreuses sociétés européennes.

    La solidarité entre générations au cœur de l’avenir européen

    Tout projet d’avenir pour l’Europe, a souligné le Saint-Père, devrait reposer sur une véritable solidarité intergénérationnelle. Or, a-t-il expliqué, évoquant la doctrine sociale de l’Église, «parler d’avenir implique un développement intégral et durable, qui se heurte à de sérieux obstacles en l’absence de solidarité entre les générations».

    Le Pape a en outre déploré le fait que le rejet de l’inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions de l’Union européenne ait conduit à «une période de stérilité dramatique». Cette stérilité, a-t-il précisé, ne concerne pas seulement la natalité, mais aussi «l’échec à transmettre les outils matériels et culturels dont les jeunes ont besoin pour affronter l’avenir».

    Le Saint-Père a ainsi dénoncé des contradictions dans certaines politiques contemporaines, évoquant des mesures «prétendument favorables aux famillesqui, dans le même temps, encouragent la discrimination à l’égard de la maternité, exaltent l’avortement comme un droit et sapent les fondements mêmes du désir de fonder une famille».

    La famille, «première école de la vie en société»

    La famille, a encore expliqué Léon XIV, joue un rôle fondamental dans la construction sociale et politique de l’Europe. Citant saint Jean-Paul II, il a rappelé que la famille est «la première et irremplaçable école de la vie en société». Il a également réaffirmé l’enseignement de l’Église selon lequel la famille est fondée sur «le mariage entre un homme et une femme», une réalité qui unit «la dimension personnelle et la dimension publique». L’évêque de Rome a encouragé les responsables politiques à promouvoir davantage la responsabilité et la participation active des familles dans la vie sociale, culturelle et politique.

    Un engagement commun pour le bien commun

    Le Pape a enfin insisté sur la nécessité d’une coopération entre institutions politiques, universitaires, sociales et religieuses afin de répondre efficacement à la crise démographique. Il a salué la collaboration entre l’Intergroupe du Parlement européen sur la démographie, la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (Fafce) et la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne (Comece), qu’il a présentée comme «un excellent exemple» de coopération au service du bien commun. Les politiques, a-t-il affirmé, doivent prendre en compte la personne humaine dans sa globalité et promouvoir toujours la dignité des êtres humains»«Seul un nouveau souffle printanier pourra transformer la froideur hivernale de nos populations vieillissantes!», a-t-il conclu.

  • Le Vatican prépare un document sur la « transmission de la foi ».

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le Vatican prépare un document sur la « transmission de la foi ».

    Le cardinal Fernández a déclaré que des évêques du monde entier avaient exprimé leur « inquiétude » face à la rupture de la transmission de la foi et « proposé une étude sur le problème et les moyens possibles de le résoudre ».

    Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) prépare un nouveau document majeur sur la transmission de la foi, en s'appuyant sur une vaste consultation avec les conférences épiscopales du monde entier.

    Le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF), a révélé l'existence de ce document au Register le 15 mai, précisant que le texte à venir est en cours d'élaboration « en dialogue avec le Dicastère pour l'Évangélisation ». Le cardinal n'a pas indiqué de date de publication.

    Le cardinal Fernández a indiqué que les origines du document remontent en partie à l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium (La Joie de l'Évangile) du pape François, publiée en 2013. Le défunt pontife « accordait une grande importance à la piété populaire et à la famille comme moyens de transmission de la foi », a déclaré le cardinal, mais il avait affirmé dans Evangelii Gaudium — bien que pas exactement en ces termes — « que cette transmission avait été interrompue ».

    Le cardinal Fernández a déclaré que les travaux sur le document ont pris de l'ampleur après que des évêques du monde entier, lors de diverses visites ad limina au Vatican, ont « exprimé cette préoccupation et proposé une étude sur le problème et les moyens possibles de le résoudre ».

    L'initiative a pris une importance accrue lorsque les cardinaux et évêques membres de la DDF ont été consultés lors de deux de leurs réunions mensuelles, appelées Feria IV. Au cours de la première de ces réunions, la nécessité d'un tel document a été confirmée et un dialogue fructueux s'est instauré. Plusieurs consultations ont ensuite été menées auprès d'experts et une première ébauche a été préparée, qui constitue la base du document en cours d'élaboration.

    Le cardinal a déclaré que lors de visites ad limina ultérieures, la portée du sujet a été élargie et que lors de la deuxième réunion de la Feria IV, le DDF a décidé de « mener une très large consultation avec toutes les conférences épiscopales, divers spécialistes et centres de recherche ».

    « La réponse a été considérable », a observé le cardinal Fernández, ajoutant que « de nombreuses conférences ont déjà transmis leurs avis et des ressources utiles ». Il a noté que le dicastère a été « surpris tant par la quantité que par la longueur des réponses reçues » et a prédit qu’il faudra « beaucoup de temps pour lire et exploiter tous ces documents ».

    Le cardinal argentin a ensuite souligné que l'ampleur de la consultation garantissait « une perspective universelle, englobant une grande variété de points de vue », et a mis en évidence d'importantes différences régionales dans la manière dont est vécu le défi de la transmission de la foi.

    « Il suffit de constater que, même parmi les pays à majorité musulmane, les points de vue des évêques sur cette question varient considérablement », a-t-il poursuivi. « L’expérience pastorale des épiscopats d’Afrique du Nord diffère de celle du Mali ; la perspective de la Turquie diffère de celle du Pakistan. En Europe, la Pologne diffère de l’Allemagne, et l’Italie de l’Angleterre. En Amérique latine, l’Argentine diffère de la Colombie, et le Brésil du Pérou. »

    Le cardinal Fernández a souligné que « la préparation d’un texte sur la transmission de la foi aujourd’hui exige clairement de dépasser un cadre européen ou italien et de puiser dans l’étendue, la variété et la richesse de l’Église universelle. »

    Dans ces conditions, il a déclaré que le document « ne peut pas être un texte proposant des recettes uniques ou des solutions universelles, mais il doit reconnaître toute l’ampleur du problème et proposer des pistes susceptibles d’inspirer chacun d’une manière ou d’une autre. »

    Il a déclaré qu'il considérait comme une « bonne nouvelle que ce sujet suscite autant d'intérêt » et a ajouté que, pour cette raison, la DDF ne jugeait pas « utile de se distraire avec d'autres sujets pour le moment – ​​d'autant plus que, pendant un certain temps, nous devrons nous concentrer sur la réception de la prochaine encyclique. »

    Le cardinal faisait référence à la publication, annoncée comme imminente, de la première encyclique du pape Léon XIV, portant principalement sur le sujet de l'intelligence artificielle.

    Sous le pontificat de Léon XIV, le DDF du cardinal Fernández a publié beaucoup moins de textes majeurs que sous celui du pape François, qui avait initialement nommé l'Argentin à la tête de cet influent bureau en 2023.

    Le cardinal Fernández a indiqué que non seulement le texte sur la transmission de la foi est actuellement le seul document majeur en préparation au dicastère, mais a également déclaré que la DDF reste « concentrée sur le travail quotidien, qui est accablant ».

    « Chaque matin, des montagnes de courrier arrivent à mon bureau », a-t-il déclaré. « Rien que les parcourir rapidement prend plusieurs heures. Ensuite, pour chaque problème, il faut procéder à une analyse. »

  • L'European Centre for Law & Justice réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

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    L'ECLJ réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

    12 Mai 2026

    Le 4 mars 2026, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (le «CEDAW») a publié le projet de recommandation générale sur les stéréotypes de genre (le «projet») et a invité toutes les parties intéressées à soumettre leurs observations sur son contenu. Le projet, qui interprète la portée et la nature des obligations des États au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, aborde plusieurs questions sensibles, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes, le droit à la vie, le droit au respect de la vie privée et familiale et la liberté de religion.

    Les recommandations du CEDAW visant à lutter contre les «stéréotypes de genre» reposent sur une vision déformée de l’égalité qui perçoit la féminité et la masculinité comme deux forces antagonistes plutôt que comme des ensembles de qualités complémentaires. Une telle vision de l’égalité, qui aspire à l’élimination des différences naturelles entre les femmes et les hommes, porte atteinte à l’essence même du droit à la dignité humaine.

    En outre, dans ses observations concernant les mesures relatives à la santé, le CEDAW recommande aux États parties «d’[a]dopter des mesures visant à dépénaliser l’avortement et à garantir un accès abordable et complet à des services d’avortement sûrs et de qualité, à des services et informations post-avortement, ainsi qu’à des contraceptifs modernes, sans discrimination intersectionnelle ni stéréotypes de genre» (paragraphe 56(c) du projet). Cette recommandation, qui n'a de fondement ni dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ni dans aucun autre texte contraignant de droit international, va à l’encontre des obligations des États en matière de protection du droit à la vie. Au-delà de l’incompatibilité entre l’élargissement de l’accès à l’avortement et le droit à la vie ainsi que d’autres engagements internationaux des États parties (tels que la protection de la maternité), sa dépénalisation et sa facilitation constituent de graves menaces pour la santé des femmes concernées ainsi que pour le fonctionnement de la société dans son ensemble.

    Enfin, le projet contient de multiples recommandations qui vont clairement à l’encontre du droit au respect de la vie privée et familiale et de la liberté religieuse. Tout au long du projet, les institutions familiales et religieuses sont présentées comme étant principalement les cadres dans lesquels les «stéréotypes de genre» sont inculqués et façonnés. Plus précisément, un ensemble de recommandations relatives à la sphère de l’éducation constitue un risque sérieux pour le droit des parents d’éduquer et d’élever leurs enfants conformément à leurs convictions et croyances religieuses. Plusieurs propositions, telles que celle concernant la promotion de «l’inclusion des femmes au sein du clergé des institutions religieuses» et de «leur participation active aux processus de direction et de prise de décision» (paragraphe 61(e) du projet), constituent une ingérence flagrante dans le principe d’autonomie des institutions religieuses.

    Dans ses observations soumises au CEDAW le 6 mai 2026, l’ECLJ dénonce son incompatibilité manifeste avec le droit international des droits de l’homme. Il invite le Comité à réexaminer et à modifier la recommandation générale afin d’assurer sa pleine conformité avec les obligations internationales des États parties.

    Le texte intégral des observations de l’ECLJ soumises au CEDAW est disponible ici en anglais uniquement.