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Défense de la Vie

  • IVG sous contrainte: le malaise de la Commission européenne et des socialistes

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    Du site de l'ECLJ :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Le Planning familial porte bien mal son nom. 

    Charlène, comme tant d'autres femmes en a fait les frais: 

    elle est tombée enceinte sans le vouloir;

    elle voulait garder son bébé;

    son compagnon s'y opposait;

    alors elle est allée chercher de l'aide et du soutien au Planning familial.

    Le Planning familial ne lui a proposé que l'avortement

    Ils ne sont pas "pro-choix", ils sont pro-avortement et c'est tout. Cette association internationale financée par des milliardaires et les États occidentaux a un objectif principal: faire avorter un maximum de femmes. 

    Vous pouvez écouter plus en détails l'histoire de Charlène dans cette nouvelle vidéo que nous venons de publier, et surtout voir les réactions des députés du Parlement européen.

    C'est votre soutien, par vos contributions et à travers nos pétitions, qui a donné courage à Charlène et qui nous a permis de l'accompagner dans une procédure institutionnelle officielle. Aidez-nous, s'il vous plaît, à poursuivre notre action en faisant un don. Nous avons besoin de vous, merci.

    Le Parlement européen a été saisi, la Commission européenne est obligée de se prononcer sur cette réalité ainsi que tous les groupes parlementaires européens.

    Audience de Charlène au Parlement européen

    Leurs réactions sont instructives et encourageantes:

    La Commission européenne et le groupe "Socialistes et Démocrates" s'enferment dans l'aveuglement. Face à une femme qui est allée voir le Planning familial et qui a été contrainte d'avorter par son petit-copain, ils continuent de prêcher la "liberté d'avorter". Ils étaient cependant bien gênés de devoir dire cela à Charlène. La socialiste est vite partie après sa déclaration et les autres groupes du centre et de la gauche n'ont pas pris la parole.

    À droite, le soutien est général. Tous les groupes étaient présents et ont félicité Charlène pour son courage, ont pris acte de la réalité qu'elle décrit et comptent faire des propositions pour donner des alternatives aux femmes enceintes.

    Nous nous réjouissons particulièrement de l'appui du Parti populaire européen, par la voix du député maltais Peter Agius. Ce soutien du groupe le plus important du Parlement européen permet à la pétition de "rester ouverte", c'est-à-dire que le Parlement va continuer de l'étudier et de réfléchir aux réponses à apporter à ce problème.

    Cela signifie que toute personne peut se joindre à Charlène pour appuyer sa pétition, en se connectant au site du Parlement et en cliquant sur le bouton bleu pour soutenir la pétition:

    Lire et soutenir la pétition de Charlène

    Nous vous encourageons chaudement à le faire pour donner plus de visibilité à cette pétition officielle, cela va soutenir les députés et les encourager à agir.

    En 2024, rien qu'en France, il y a eu 251 270 avortements et ce nombre ne cesse d'augmenter. Parmi ces femmes, des milliers n'ont pas avorté par envie, mais par dépit. Il faut venir en aide aux femmes qui seront confrontées aux pressions de leur partenaire et du Planning familial.

    Vous pouvez également partager cette vidéo et pétition sur les réseaux sociaux:

    ­­­­­Audience de Charlène au Parlement européen

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  • En juillet, le Pape invite à prier pour le respect de la vie humaine

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    De Vatican News (Myriam Sandouno) :

    Dans un monde marqué par la «culture du déchet», comme l’affirmait François, Léon XIV consacre son intention de prière de ce mois-ci au respect de la vie humaine à toutes les étapes de son existence. À travers la campagne «Prie avec le Pape», il encourage à demander pardon au Seigneur «lorsque nous tombons dans l’indifférence, lorsque nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour».

    En ce début de juillet, les fidèles ainsi que toutes les personnes de bonne volonté sont invités à s’unir aux intentions du Pape, à travers la campagne «Prie avec le Pape», le Réseau mondial de prière pour le Saint-Père. Léon XIV exhorte à prier pour le respect de la vie humaine, car, comme déclarait-il devant le Congrès des députés espagnols, il y a quelques semaines, lors de son quatrième voyage apostolique en Espagne: «Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, quelles que soient les circonstances de son existence

    Un don sacré à protéger 

    Chaque personne, soutient le Souverain pontife dans sa vidéo mensuelle de prière, est «un don sacré qui reflète ton visage». Léon XIV demande au Seigneur la grâce de «reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain», en apprenant à «accueillir la vie sans conditions, à soutenir avec tendresse la fragilité, à accompagner avec respect chaque étape de l’existence et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix».

    L'Église une maison ouverte 

    Il implore le pardon de Dieu pour les attitudes «d’indifférence et la culture du déchet», et pour le fait que parfois, «nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour». Concluant sa prière, le Pape a prié pour que l’Église soit «une maison ouverte où toute vie est célébrée, où personne ne se sente de trop», et où «la dignité de chacun soit toujours respectée et protégée», insiste-t-il. Pour le directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le père Cristóbal Fones, «se respecter mutuellement et protéger ce don de la vie humaine est une mission qui commence par une conversion du cœur et nous ouvre à l’engagement envers les autres». 

    “Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes: avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes”

    Avortement, euthanasie et peine de mort

    Chaque année dans le monde, rapporte l’Organisation mondiale de la Santé, environ 73 millions d’avortements provoqués sont pratiqués, et le débat autour de l’euthanasie et l’aide médicale à mourir reste d’actualité dans de nombreux pays. L’évolution du recours à la peine de mort préoccupe également: au moins 2 707 exécutions ont été recensées dans 17 pays en 2025, soit le chiffre le plus élevé depuis 1981 et une augmentation de 78% par rapport à l’année précédente.

  • Fin de vie : CathoBel publie la prose inacceptable d'un moine de Maredsous

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    Alors que les évêques de France, avec le cardinal Aveline en tête, sont mobilisés contre le vote d’une loi libéralisant l’euthanasie et le suicide assisté, le portail officiel de l’Église catholique en Belgique francophone, CathoBel, publie complaisamment un texte du Frère Réginald-Ferdinand Poswick, moine bénédictin de l’abbaye de Maredsous. (1) Celui-ci plaide pour une libéralisation de ces pratiques, suggérant que certaines personnes âgées puissent volontairement mettre fin à leur vie et proposant même une ritualisation ecclésiale exceptionnelle de ce « départ ».

    Ces positions vont à l’encontre de l’enseignement constant de l’Église, qui refuse absolument de provoquer la mort par des moyens artificiels. Un moine, aussi érudit soit-il, ne peut faire prévaloir une opinion personnelle dans un organe officiel de l’Église (2), au nom d’un évangélisme dévoyé et d’un argumentaire contestable.

    La doctrine constante de l’Église

    L’enseignement officiel de l’Église catholique est clair et inchangé : l’euthanasie (acte qui provoque directement la mort pour supprimer la souffrance) et le suicide assisté sont inacceptables. Le Catéchisme (§2324) les qualifie de meurtre grave, contraire à la dignité de la personne et à la souveraineté de Dieu sur la vie. Jean-Paul II l’a solennellement rappelé dans Evangelium Vitae (1995), position confirmée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de nombreux documents ultérieurs, y compris sous le pontificat de François.

    L’Église promeut les soins palliatifs, l’accompagnement humain et spirituel, la sédation proportionnée (qui soulage sans viser la mort) et une spiritualité qui voit dans la souffrance et la mort un passage vers la vie éternelle. La dignité de la vie humaine demeure entière jusqu’à sa fin naturelle.

    Les évêques de France

    En cohérence avec cette doctrine, les évêques français alertent sur les risques de dérive : pression sur les vulnérables, banalisation de la mort provoquée et affaiblissement des soins palliatifs. Ils lancent des neuvaines et défendent une anthropologie de la fraternité qui accueille les fragiles plutôt que de les éliminer.

    Le cas belge

    En Belgique, l’euthanasie est légalisée depuis 2002 et n’a cessé de s’étendre (mineurs, troubles psychiatriques, etc.), avec une augmentation constante des cas. CathoBel a mis en avant les propositions du Frère Poswick sous le titre « proposition-choc », tout en précisant que celles-ci n’engagent que leur auteur et vont « à l’encontre de l’enseignement de l’Église ». Cette clause de style ne change rien au fait de donner une tribune à une rupture doctrinale.

    Un moine bénédictin, connu pour ses travaux sur la Bible, l’informatique et la spiritualité, n’a pas autorité pour proposer une telle évolution. Cette publication (désapprouvée par son supérieur) (1) interroge la gouvernance et la fidélité doctrinale de l’Église en Belgique, déjà mise en cause par d’autres affaires ayant nécessité des interventions vaticanes.

    Pourquoi cette divergence ?

    • Contexte culturel : forte sécularisation et tradition de « tolérance » pragmatique en Belgique et aux Pays-Bas. Une partie des catholiques, clercs inclus, s’aligne sur l’esprit du temps au nom d’une « miséricorde » ou d’une autonomie individuelle absolue.
    • Crise interne : difficulté de transmission doctrinale en Europe occidentale. Certains invoquent un « développement pastoral » qui contourne l’enseignement constant, au profit d’un subjectivisme moral.
    • Évangélisme dévoyé : ritualiser la mort provoquée reviendrait à transformer l’Église en aumônerie de la culture de mort, au lieu d’en être le sel et la lumière.

    Le magistère universel prime sur les initiatives locales. Rome a déjà corrigé des dérives similaires. Les fidèles ont le devoir, selon Donum Veritatis, de s’attacher à l’enseignement constant plutôt qu’à des propositions novatrices isolées.

    La réaction (ou l’absence de réaction) des évêques belges

    La Conférence épiscopale de Belgique a réaffirmé par le passé son opposition de principe à l’euthanasie, tout en privilégiant un ton nuancé et pastoral (« Je te prends par la main », 2019). Cependant, face à la banalisation sociale de l’euthanasie et à cette publication interne, une réaction ferme et claire fait défaut. Cette tiédeur contraste avec la position plus résolue des évêques français.

    Ce silence probable s’explique par la peur du conflit dans un pays très sécularisé, une culture du « dialogue » et de l’« accueil » qui l’emporte souvent sur la clarté doctrinale, et une certaine pusillanimité face à l’opinion publique majoritairement favorable.

    Conclusion

    Cette affaire révèle un défi plus large : celui de l’unité doctrinale face à la pression sociétale. Les évêques français ont raison de résister fermement. En Belgique, l’accommodement progressif affaiblit le témoignage prophétique de l’Église. Si les évêques belges restent silencieux, les fidèles attachés à la doctrine ont toute légitimité à rappeler la vérité et à s’adresser, si nécessaire, directement à Rome. L’accompagnement véritable des mourants passe par l’espérance et le respect inconditionnel de la vie, et non par l’administration de la mort.

    (1) Le Père Abbé de Maredsous vient (le 1er juillet en matinée) de publier une mise au point : Opinion de Fr. Poswick sur la fin de vie: la mise au point du Père Abbé de Maredsous

    (2) CathoBel précise "qu'un texte d'opinion publié sur le site cathobel.be n'a aucunement valeur de prise de position de l'Eglise en Belgique."

  • [Fin de vie] « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne » (Cardinal Sarah)

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    De  Tribune Chrétienne :

    29 juin 2026

    [Fin de vie] Cardinal Sarah : « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne »

    « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. Le mot démocratie est ainsi parfois brandi comme un prétexte pour interdire la notion de loi naturelle. » (En France) À la veille du vote solennel du 30 juin sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, cet avertissement du cardinal Robert Sarah résonne avec une force particulière

    Alors que les partisans de l’aide à mourir invoquent régulièrement la souveraineté du Parlement et la légitimité du vote démocratique, le cardinal Robert Sarah rappelle une distinction fondamentale : toutes les lois ne sont pas nécessairement justes. Dans son ouvrage 2050, le prélat guinéen développe une réflexion qui dépasse largement le seul débat sur l’euthanasie et interroge le fondement même de l’autorité politique. Pour lui, lorsqu’une démocratie cesse de reconnaître une vérité morale qui la dépasse, elle court le risque de devenir elle-même oppressive. « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée dans un Parlement démocratique qu’elle est en soi bonne. » Cette affirmation résume l’ensemble de son raisonnement. La démocratie constitue un mode de gouvernement légitime, mais elle ne crée pas le bien et le mal.

    Le vote d’une majorité ne peut transformer une injustice en justice. Le cardinal rejoint ici la grande tradition de la doctrine sociale de l’Église, pour laquelle la loi civile doit demeurer ordonnée à la loi naturelle.

    Il poursuit sa réflexion par une mise en garde d’une grande actualité : « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. » Derrière cette formule, le cardinal ne remet nullement en cause la démocratie elle-même ; il dénonce son absolutisation. Lorsque le pouvoir politique prétend devenir l’unique source du droit, il s’affranchit de toute référence supérieure à la dignité de la personne humaine. Cette conviction s’enracine dans une tradition philosophique et juridique bimillénaire. Le cardinal Sarah cite Cicéron : « Il est une loi véritable, la droite raison conforme à la nature, universelle, immuable, éternelle… On ne peut ni l’infirmer par d’autres lois, ni déroger à quelqu’un de ses préceptes. » Cette référence rappelle que certaines vérités fondamentales précèdent les États et les Parlements. Elles ne sont pas créées par les législateurs ; elles leur sont données comme une limite qu’ils ne peuvent franchir.

    Le cardinal fait également écho aux paroles prononcées par le pape Léon XIV devant les responsables politiques réunis à Rome à l’occasion du Jubilé des gouvernants. Le Saint-Père rappelait que « la loi naturelle, universellement valide au-delà d’autres opinions pouvant être discutées, constitue la boussole pour légiférer et agir ». Sans cette référence, avertit le cardinal Sarah, « la démocratie risque de s’enfoncer dans les marécages du relativisme destructeur ». L’enjeu dépasse donc le seul débat sur la fin de vie. Une société peut-elle décider, par un simple vote, que certaines vies ne méritent plus d’être protégées ? Pour le cardinal Sarah, une démocratie privée de fondements moraux risque de glisser vers ce que saint Jean-Paul II appelait déjà une « démocratie sans valeurs », laquelle « se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois ». Les procédures démocratiques demeurent, mais elles peuvent alors servir à légitimer des décisions contraires aux droits les plus fondamentaux.

    C’est pourquoi il cite une nouvelle fois saint Jean-Paul II : « Les lois, quels que soient les domaines dans lesquels le législateur intervient, doivent toujours respecter et promouvoir les personnes humaines. » Et d’en tirer une conclusion d’une grande fermeté : « Une loi qui ne respecterait pas le droit à la vie, de la conception à la mort naturelle, de l’être humain, quelle que soit la condition dans laquelle il se trouve, qu’il soit sain ou malade, encore à l’état embryonnaire, âgé ou en phase terminale, n’est pas une loi conforme au dessein de Dieu. » À la veille du vote du 30 juin, ces pages de 2050 rappellent que le débat sur l’euthanasie ne se limite pas à une question de procédure parlementaire ou d’évolution des mœurs. Il engage la conception même de la dignité humaine. Pour le cardinal Sarah, une civilisation se juge à la manière dont elle protège les plus fragiles. Et cette responsabilité ne saurait dépendre des fluctuations d’une majorité politique.

    Source : 2050 – Cardinal Robert Sarah – Nicolas Diat ( Fayard)

  • 5000 personnes à Paris ont manifesté contre l’euthanasie

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    D'Antoinette de la Roulière sur le site de Famille Chrétienne :

    5000 personnes à Paris contre l’euthanasie : « Face aux personnes fragiles, on répond par l'amour ou par la mort ? »

    <p>Une enfant brandit une pancarte avec écrit Aidez à vivre. Pas à mourir lors du rassemblement en opposition au projet de loi de fin de vie débattu en relecture au Parlement à Paris en France le 28 juin 2026.</p>

    Une enfant brandit une pancarte avec écrit "Aidez à vivre. Pas à mourir" lors du rassemblement en opposition au projet de loi de fin de vie débattu en relecture au Parlement à Paris en France le 28 juin 2026. - Quentin de Groeve/Hans Lucas

    5 000. C’est le nombre de Français venus manifester ce dimanche 28 juin place de Fontenoy à Paris contre la loi sur la fin de vie. Des bouteilles d’eau circulent entre les rangs, des bénévoles veillent sur les personnes les plus fragiles. Malgré la chaleur, les voix ne faiblissent pas. “Euthanasier n'est pas soigner ! Euthanasier, c'est abandonner !” Les slogans résonnent tandis que les pancartes s'élèvent dans la foule : “Tuer n'est pas un soin”, ou encore “L'euthanasie est un abandon”. Pour beaucoup, l'enjeu dépasse le débat politique : il s'agit de défendre la dignité humaine et le rôle de la médecine.

    « On est là pour accompagner, pas pour donner la mort »

    Les étudiants en médecine et des filières paramédicales sont venus en nombre. Blouse blanche sur les épaules pour certains, ils veulent rappeler ce qu'ils considèrent comme le cœur de leur futur métier : soigner et accompagner. Pour Clotilde, étudiante en quatrième année de médecine à Strasbourg, il était important de montrer que “certains soignants sont contre l'euthanasie”. “On est censés accompagner nos patients jusqu'au bout. En proposant la mort, on ne cherche plus ce qui pourrait les aider”, explique-t-elle. La future médecin s'inquiète aussi des conséquences de la loi sur la relation de confiance entre le patient et son médecin. “Les députés vont demander à des soignants d'injecter une substance létale. Cela va briser ce lien.”

    Autour d'elle, le même discours revient. “Administrer la mort n'est pas une solution, il faut accompagner les personnes”, affirme Camille, étudiante en orthophonie. “Au quotidien, je serai confrontée à des personnes en grande souffrance. Je suis là pour les aider, pas pour leur donner la mort”, ajoute Clarisse, future psychomotricienne.

    « La réponse, c'est d'aimer et de soulager »

    Pour beaucoup, la réponse à la souffrance passe d’abord par les soins palliatifs. Ergothérapeute, Élisabeth de Courrèges est venue témoigner de son expérience auprès des malades. “J'ai accompagné des personnes qui avaient envie de mourir puis qui ont changé d'avis en étant soulagées et considérées. Face aux personnes fragiles, est-ce qu'on répond par l'amour ou par la mort ? Moi, je crois à la première option.”

    Un témoignage qui fait écho à celui de Maxence de Mentque. Âgé de 22 ans et atteint d'une myopathie de Duchenne, il est venu “défendre la dignité des malades”. “On peut vivre malgré un handicap, avec une joie de vivre”, affirme-t-il. Même détermination chez Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la Vie, qui appelle les parlementaires à continuer de défendre une médecine qui “soigne jusqu'au bout, sans jamais proposer la mort”. Présente dans le cortège, Hanane Mansouri, députée UDR de l’Isère, martèle : “depuis le début de mon mandat, je lutte contre cette proposition de loi. Je suis heureuse de voir des citoyens et des soignants se mobiliser”. 

    Les manifestants ont désormais les yeux tournés vers l'Assemblée nationale. Le vote solennel sur la proposition de loi est prévu ce mardi 30 juin. Le texte sera ensuite examiné par le Sénat à partir du 7 juillet, avant une adoption définitive attendue le 15 juillet. 

     
  • Avortement : ce n'est pas la "science" qui décide et il ne lui appartient pas de le faire

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    Une opinion de Werner-Édouard de Saeger van Nattenhaesdonck, avocat au barreau de Liège-Huy, professeur de droit à l'université de Hasselt, affilié au Center for Bioethics de la Harvard Medical School, publiée en sur le site de la Libre :

    Avortement : la science ne décide pas, et il ne lui appartient pas de le faire

    Dans le débat actuel sur l'allongement du délai légal, l'invocation de "la science" masque un choix moral qui, en démocratie, revient au citoyen, non aux experts.

    Il n'existe pas de manière plus élégante de soustraire un choix moral au débat que de le déclarer fait scientifique. "Laissons la science décider, et non la politique" sonne comme un appel à la sobriété contre l'idéologie. C'est en réalité la phrase la plus idéologique de tout le débat sur l'avortement : elle déguise un choix de valeurs profondément contesté en simple résultat de mesure.

    Soyons précis. La science décrit comment l'embryon devient fœtus, à partir de quand un système nerveux fonctionne, quand la viabilité hors de l'utérus devient possible. Ce sont là des faits. Mais d'aucun fait ne découle, à lui seul, une norme. Aucune échographie, aucun rapport d'experts ne peut dire à partir de quel moment la vie à naître mérite la protection du droit : cette question n'est pas empirique, mais éthique et juridique. Qui l'ignore ne fait pas de la science : il fait, derrière son bouclier, de la politique sans oser l'avouer.

    Une "neutralité" qui n'en est pas une

    On met en garde, à juste titre, contre l'idée de légiférer à partir d'"une seule vision morale du monde déguisée en neutralité". Mais que l'on s'applique alors ce principe. Présenter l'avortement comme un simple "acte de soin sûr et de routine" n'est pas un résumé neutre de la médecine : c'est l'individualisme libéral déguisé en jargon médical. Que l'intervention soit sûre pour la femme, nul ne le conteste ; là n'est pas la question. Le mot "soin" présuppose qu'il n'y a qu'un patient. Or savoir s'il existe un second être humain dont les intérêts comptent est précisément la question disputée que ce terme fait mine d'avoir tranchée. La vision "neutre" que l'on dénonce chez l'adversaire, on la porte donc soi-même.

    De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui.

    La science, du reste, est moins unanime qu'on ne le prétend. Que le fœtus ne ressentirait la douleur qu'après vingt-deux semaines n'est pas un fait acquis, mais une interprétation que conteste une partie de la recherche, y compris des chercheurs qui défendaient naguère la thèse inverse et qui n'excluent pas une perception bien antérieure. Et la viabilité n'est pas une frontière morale : c'est une frontière technologique, qui recule à mesure que progresse la néonatologie. Un enfant qu'on ne savait pas sauver en 1990 et qu'on sauve en 2026 n'était pas moins humain hier.

    Le critère le moins arbitraire

    Si l'on veut faire parler la biologie, qu'on la laisse parler jusqu'au bout. Le critère le moins arbitraire qu'elle désigne est la conception : dès cet instant existe un organisme humain distinct, vivant, doté de son propre génome. Douze, quatorze, dix-huit semaines sont précisément les points où la nature ne trace aucune ligne de rupture, où rien n'apparaît soudain qui n'existait pas la veille. Les seuils gradualistes ne sont donc pas scientifiques : ce sont des compromis juridiques.

    Je ne m'en cacherai pas, car esquiver serait lâche : je me situe sur la ligne de la vie dès la conception. Non par sentiment, ni par la seule conviction religieuse (que je porte, en catholique, sans détour), mais parce que la raison elle-même n'indique aucun autre commencement où la dignité humaine s'ouvre sans arbitraire. De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui. Qui veut faire commencer la protection plus tard doit tracer une frontière que la nature ne trace nulle part, et la charge de la preuve lui incombe.

    Et le père ?

    Une figure, enfin, manque systématiquement : le père. La procréation est, par nature, une réalité partagée : il y a un enfant, et cet enfant a deux auteurs. Pourtant, le discours dominant réduit la décision à une affaire strictement privée, comme si le père, le couple et la famille n'existaient pas. Je ne plaide pas pour un droit de veto de l'homme : celle qui porte la grossesse porte un fardeau que l'autre ne porte pas, et c'est à elle que revient, à juste titre, la décision finale. Or notre droit ne traite pas le père comme une voix plus faible, mais comme une voix nulle. Et cela s'accorde mal avec un droit de la famille qui impose au même homme dix-huit années d'obligation alimentaire pour un enfant qu'il ne voulait pas, tout en lui refusant toute parole sur celui qu'il voulait. Une responsabilité sans voix : dans tout autre domaine, nous la dirions injuste.

    Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    Reste l'argument bien connu selon lequel une législation plus stricte pousse la pratique "dans l'ombre" ou "de l'autre côté de la frontière". Mais ce n'est pas un argument sur le droit ; c'est une prévision sur l'efficacité. Et il prouve trop : qu'une interdiction soit contournée n'a jamais démontré qu'elle fût injuste. On reconnaît du reste volontiers qu'il s'agit d'" un nombre inconnu" de femmes. On ne peut pas, dans la même phrase, brandir un chiffre comme décisif et avouer l'ignorer.

    À qui revient la décision

    L'objection la plus profonde demeure démocratique. Précisément parce que des citoyens raisonnables divergent ici fondamentalement, la question a sa place au parlement, chez le représentant élu, non dans une commission d'experts sans mandat pour juger de la vie et de la mort. Les experts doivent éclairer le législateur par les faits ; mais dès qu'ils "recommandent" un délai, ils sortent de leur compétence et deviennent des législateurs non élus. Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    La science décrit la vie. Que nous la protégions, et dans quelle mesure (et qui siège à la table lorsqu'on en décide : la femme, l'enfant, le père, la communauté), demeure un choix de la conscience et de la démocratie. Le mien est clair, et je ne le dissimule pas : la protection commence à la conception, parce que c'est là que commence l'homme. Que celui qui préfère une frontière plus tardive le plaide, dans un pays libre, mais comme le choix moral qu'il est, et non comme le décret d'une science qui, sur l'essentiel, garde le silence.

  • "Jamais un médecin ne devrait se permettre de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée !" (Léon XIV)

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DE LA FONDATION JÉRÔME LEJEUNE

    Salle du Consistoire
    Lundi 22 juin 2026

     

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
    La paix soit avec vous !

    Chers membres de la Fondation,
    chers parents du Vénérable Professeur Jérôme Lejeune,
    chers amis,

    c’est une joie de marquer le centenaire de la naissance de Jérôme Lejeune avec vous, membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre.

    Touché par la détresse des enfants porteurs d’handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur scientifique. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Mais il fut aussi un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait « les pauvres parmi les pauvres ». Il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière : « La médecine – aimait-il affirmer – c’est la haine de la maladie et l’amour du malade ».

    Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Par la suite, comme vous le savez, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie, que le Professeur Lejeune voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie.

    Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant la transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de « racisme chromosomique ». Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier. Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques.

    Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –, ainsi que cela se vérifie lorsque la technique échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !

    Chers amis, aujourd’hui, la Fondation Lejeune, dont vous êtes des membres actifs, poursuit l’œuvre initiée par le Professeur Lejeune dans les trois dimensions de la recherche, du soin et de la défense inconditionnelle de la personne humaine. Je me réjouis de la place que vous occupez au plan mondial dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Vous avez aussi créé et soutenez l’Institut Jérôme Lejeune, lequel reçoit en consultation des milliers de patients souffrant de différents handicaps mentaux.

    Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Je sais que vous intervenez régulièrement dans les débats de société afin de protéger chaque personne dans toutes les circonstances de son existence. Mais je vous sais également attentifs à développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine : soignants, juristes et philosophes. Soyez remerciés de cette formation que vous dispensez auprès d’hommes et de femmes, qui demain pourront ainsi contribuer à garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie.

    À vous, chers amis porteurs de trisomie 21 et à vos parents, à vous les enfants du Vénérable Professeur Lejeune présents ce matin, à vous tous, membres des Fondations Jérôme Lejeune d’Espagne, d’Argentine et des États-Unis, et enfin à vous, membres venus du Portugal, d’Italie, de Tunisie, de Côte d’Ivoire et de Corée, je souhaite vous exprimer ma satisfaction devant l’œuvre que, en tant que laïcs, vous poursuivez dans la charité de la vérité, sur les pas du Vénérable Jérôme Lejeune. Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun.  Il s’agit là du premier grand principe de l’enseignement social de l’Eglise, et de la « forme sociale » de la dignité reconnue à chacun (Magnifica humanitas, n. 59). Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

    Le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence ; puisse-t-il les aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.

    Je vous confie à l’intercession de Notre-Dame, en lui demandant de guider vos pas, de soutenir vos efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles. À vous tous ici présents, j’impartis de grand cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends à tous les membres de la Fondation, à leurs familles et aux « chers protégés » de Jérôme Lejeune. Merci.

  • Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

    Alors que le débat sur l’euthanasie s’était quelque peu apaisé en Belgique ces derniers temps, il semble revenir sur le devant de la scène à la suite de plusieurs cas particuliers qui ont fait la une de l’actualité.

    Par exemple, un homme – encore relativement jeune – atteint d’une maladie en phase terminale a choisi l’euthanasie. La semaine précédant l’événement, il a organisé une grande fête d’adieu pour tous ses amis, qui a bien sûr fait l’objet d’une large couverture médiatique, avec photos et interviews. Il a déclaré explicitement que les éventuels sentiments négatifs de ses amis à l’égard de sa décision lui étaient totalement indifférents et que cela ne regardait qu’eux.

    Puis, un médecin a affirmé que les gens dépensaient plus en frais médicaux au cours des trois dernières années de leur vie que pendant toutes les années précédentes, ce que l’on ne ferait jamais avec une vieille voiture. Une déclaration bizarre, qui cachait naturellement des intentions cachées.

    Peu de temps auparavant, même le président d’une caisse d’assurance maladie – une caisse aux racines chrétiennes, qui plus est – avait suggéré qu’il serait peut-être judicieux de promouvoir l’option de l’euthanasie auprès des personnes âgées afin de mieux maîtriser la hausse des coûts de l’assurance maladie. Ici, le lien entre l’euthanasie et les considérations financières était mis à nu sans la moindre hésitation, et il n’y avait pas besoin d’intentions cachées.

    On fait invariablement référence à l’accord de coalition conclu lors de la récente formation du gouvernement, qui stipule que, sur la base de données scientifiques solides, des efforts doivent être déployés pour étendre les directives anticipées en matière d’euthanasie aux personnes incapables de discernement en raison d’une démence, et que les conditions dans lesquelles cela est envisageable doivent être étudiées.

    Lorsque l’on écoute les arguments avancés par les défenseurs bien connus de l’euthanasie et de son extension, il est frappant de constater que, sous la bannière d’une société pluraliste, une seule vision de l’humanité est mise en avant, à savoir celle d’une personne capable d’exercer son libre arbitre de manière absolue, ce qui doit lui garantir une autodétermination absolue. Toute autre conception de l’humanité, dans laquelle, par exemple, la dimension sociale et la responsabilité mutuelle sont explicitement considérées comme une dimension inhérente à la condition humaine, est rejetée comme une vision dépassée de l’humanité. Tout semble se réduire à une conception entièrement individualiste de l’humanité, où prévaut le principe du « chacun pour soi ». La seule préoccupation est désormais de savoir comment, dans des situations complexes d’incapacité – qui sont déjà interprétées de manière plus large que les seuls cas de démence –, garantir à la fois le libre arbitre de la personne et la diligence professionnelle de celui qui doit pratiquer l’euthanasie.

    L’idée selon laquelle la vie en tant que telle, quelle que soit sa forme, peut avoir une valeur absolue, et que les êtres humains sont toujours des êtres sociaux – ce qui signifie que les décisions concernant la vie ont des répercussions sur les proches du défunt – est écartée comme étant tout à fait secondaire et hors de propos dans le débat actuel, qui vise à aboutir à une éventuelle extension de la loi. Tant les personnes concernées que leur entourage immédiat et, surtout, les soignants se trouvent ici confrontés à un dilemme moral dans lequel ils doivent, a priori, se conformer à une conception de l’humanité qui leur est imposée. Sous le prétexte de la liberté absolue, c’est en réalité la liberté elle-même qui est sapée, et le débat se déroule exclusivement dans un cadre éthique prédéterminé, fondé sur une conception de l’humanité qui n’est plus sujette à discussion ni à contestation.

    Alors que, dans certains pays où le débat sur l’euthanasie en est, pour ainsi dire, encore à ses balbutiements, et où de sérieuses questions morales sont soulevées précisément au sujet de ce caractère sacré absolu de la vie et de la responsabilité sociale que chaque personne a envers les autres, et où l’on se demande donc si l’euthanasie en tant que telle peut réellement être considérée comme le fruit d’une compréhension croissante d’une humanité en pleine évolution, il s’agit là, pour notre pays, d’un débat depuis longtemps oublié et relégué aux oubliettes, dans lequel on regarde avec pitié ceux qui n’ont pas encore atteint cette maturité morale. L’argument est alors très vite avancé selon lequel certaines opinions doctrinales doivent être totalement exclues d’une société qui s’est affranchie de toute forme de considération religieuse ou philosophique ne s’alignant pas sur la nouvelle vision de l’humanité qui vient d’être mise en avant.

    C’est ainsi que ceux qui tentent encore d’introduire une réflexion morale dans le débat, et s’efforcent à juste titre d’en faire le point de départ, sont très vite réduits au silence, accusés de cruauté inhumaine parce qu’on leur reproche d’être insensibles aux souffrances que d’autres doivent endurer. Car ce serait là une conception de l’humanité qui priverait les individus du droit de prendre des décisions autonomes concernant leur propre vie et qui permettrait à une idéologie de primer sur la situation concrète dans laquelle se trouve une personne.

    Selon eux, « l’humanité » exige que l’on emploie tous les moyens pour soulager la souffrance et, si cela s’avère impossible, pour l’éliminer complètement. Le véritable sens de la compassion est réduit et perverti à l’élimination radicale de la souffrance par le fait de tuer activement l’autre, plutôt que d’honorer ce mot dans son sens véritable, où l’attention bienveillante portée à ses semblables reste la priorité. L’euthanasie est élevée au rang de forme suprême de compassion, en tant qu’acte d’amour par lequel une personne est délivrée de ses souffrances.

    Ceux qui, en revanche, osent encore parler du caractère sacré absolu de toute vie – surtout lorsqu’il semble que ce soit avancé dans une perspective religieuse particulière et avec des connotations religieuses – semblent venir d’une autre planète. Ils deviennent des parias dans un pays qui s’est présenté à l’échelle mondiale comme un pionnier du débat éthique, où le seul objectif est désormais de promouvoir à la fois l’avortement et l’euthanasie en tant que droits humains fondamentaux.

    Le fait que cela ait déjà été réalisé en France dans le domaine de l’avortement pourrait bien être considéré par certains Belges comme un échec à rester à l’avant-garde de la libération de toute forme d’ingérence morale dans les décisions concernant la vie et la mort, fondée sur un triomphe absolu de l’autodétermination que personne ni rien ne peut remettre en cause. C’est ainsi que le respect absolu de la vie a été relégué aux oubliettes et est finalement devenu tabou. La véritable question n’est pas de savoir si nous sommes devenus plus libres, mais si nous sommes devenus plus humains.

  • La protection de la maternité dans l'Union européenne

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    Du site de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    La protection de la maternité dans l'Union européenne

    18 Juin 2026
    Le 15 octobre 2025, la Fédération européenne «One of Us» a organisé au Parlement européen une conférence intitulée «Real Choice means Real Support».

    Cet événement a rassemblé près de 300 participants: membres de la société civile, représentants d’associations et jeunes citoyens, venus de 17 États membres de l’Union européenne (UE). Huit députés européens appartenant aux groupes politiques PPE (Parti Populaire Européen) et ECR (Conservateurs et Réformistes Européens) ont également pris la parole lors de cette rencontre.

    L’objectif de cette conférence était de donner la parole à des femmes ayant vécu une grossesse difficile ou un avortement, afin de leur permettre de faire entendre leur voix et de mettre en lumière que derrière le recours à un acte banalisé se cache très souvent une situation de vulnérabilité sociale, matérielle ou psychologique susceptible d’influencer le parcours de grossesse. Les témoignages recueillis ont convergé vers un même constat : l’insuffisance des dispositifs d’aide psychologique, matérielle et médicale destinés aux femmes enceintes en situation de vulnérabilité conduit nombre d’entre elles à considérer l’avortement non comme un choix libre, mais comme une solutionpar défaut.

    Parmi les femmes ayant accepté de témoigner, Charlène, Française, a livré un récit poignant des pressions qu’elle a subies.

    À l’âge de 27 ans, Charlène est tombée enceinte de manière imprévue. Elle souhaitait la poursuivre, d’autant qu’elle est déjà mère. Son compagnon, lui, en revanche, exerça une pression constante pour qu’elle avorte. Cherchant un appui extérieur, elle a consulté un médecin en présence de son conjoint. Ce praticien lui opposa une incompréhension face à sa volonté de garder l’enfant. Charlène se heurta donc à un premier jugement moral, non à une aide professionnelle.

    Elle se tourne ensuite vers une psychologue, au sein d’un centre de conseil conjugal et familial affilié à la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF). Elle espérait y trouver un tiers neutre capable de faciliter le dialogue avec son compagnon et de l’éclairer sur ses options. Or, selon son témoignage, la prise en charge fut radicalement inverse : lorsqu’elle évoquait le « bébé à venir », les professionnels lui rétorquaient qu’il ne s’agissait que d’un « amas de cellules ». Un psychologue du centre prit même l’initiative de programmer une consultation en vue d’un avortement, « au cas où » elle céderait.

    Malgré ces pressions, Charlène résiste et refuse de prendre la pilule abortive préparatoire. Toutefois, la pression conjugale atteint son paroxysme lorsque son compagnon lui enfonce de force la pilule abortive dans la bouche. Légalement, nous sommes là face à un avortement forcé caractérisé.

    Les conséquences sur sa santé mentale furent sévères: rupture avec son compagnon, épisode dépressif profond, puis une longue reconstruction. Aujourd’hui mariée et mère de trois enfants, elle déclare: «On ne peut qu’apprendre à vivre avec», formule qui traduit les traces indélébiles laissées par cette expérience.

    Au Parlement européen, Charlène lance un message fort: «En Europe, une femme qui dit “je ne veux pas avorter” doit être protégée.»

    Cette déclaration met en évidence un paradoxe des politiques européennes de santé et de droits des femmes: alors que l’avortement est présenté comme un droit relevant de la liberté individuelle, les femmes qui souhaitent ne pas y recourir se trouvent souvent dépourvues d’un accompagnement adapté. L’absence de soutien matériel (logement, revenu, emploi) et psychologique (conseil non directif, écoute) peut, dans certaines situations, réduire concrètement la capacité des femmes à exercer un choix pleinement libre et éclairé.

    Le cas de Charlène n’est pas isolé. Selon l’enquête VIRAGE 2015 (Violences et Rapports de Genre) et l’enquête nationale Enveff 2000, des violences physiques sont constatées dans 3 à 8 % des grossesses. Ce taux serait trois à quatre fois supérieur en cas de grossesse non désirée par le partenaire.

    Cette réalité apparaît également dans les données disponibles. Selon une enquête IFOP (Institut français d’opinion publique) réalisée pour le Planning familial en septembre 2024, 29% des femmes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse déclarent avoir ressenti une forme de pression en faveur de cette décision lors de leurs échanges avec un professionnel de santé.

    Ces données révèlent aussi l’ampleur d’une réalité ignorée: la grossesse est une période de vulnérabilité accrue face aux violences conjugales, et les femmes qui souhaitent poursuivre une grossesse contre la volonté de leur partenaire sont exposées à un risque spécifique.

    Ce constat donne toute sa portée au droit européen en vigueur. La directive (UE) 2024/1385 du Parlement européen et du Conseil sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée sur le fondement des articles 82, paragraphe 2, et 83, paragraphe 1, du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), énumère explicitement l’avortement forcé parmi les comportements criminels constitutifs d’une violence à l’égard des femmes, aux côtés du viol, de la stérilisation forcée et des mutilations génitales féminines.

    Le considérant (3) de cette directive rappelle que ces actes constituent «une violation des droits fondamentaux tels que le droit à la dignité humaine, le droit à la vie et à l’intégrité de la personne». La reconnaissance de l’avortement forcé comme forme de violence à l’égard des femmes met l’accent sur l’importance de développer des mécanismes de prévention et d’accompagnement adaptés pour les femmes susceptibles d’être confrontées à de telles pressions.

    Cest pourquoi Charlène a déposé en janvier 2026 une pétition au Parlement européen enregistrée sous le numéro 0194/2026. La pétition déposée par Charlène poursuit un triple objectif.

    Premièrement, elle invite la Commission européenne à examiner la faisabilité de programmes pilotes ou d’initiatives ciblées destinés à renforcer le soutien médical, psychologique et social aux femmes enceintes, en particulier celles en situation vulnérable ou à haut risque. Cette demande s’inscrit dans le cadre des objectifs posés à l’article 33 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui dispose que «La protection de la famille est assurée sur le plan juridique, économique et social». Bien que la Charte ne fonde pas de compétence autonome pour l’Union, elle doit guider l’action de la Commission dans le déploiement de ses programmes existants. Concrètement, de telles initiatives pourraient prendre la forme d’aides au logement, de services de conseil en maternité, de lignes d’écoute spécifiques ou de financements pour les associations d’accompagnement à la naissance.

    Deuxièmement, la pétition demande à la Commission européenne de procéder à un réexamen des instruments de financement et des communications politiques existants (notamment le Fonds social européen plus (FSE+) et le programme EU4Health), afin de s’assurer qu’ils priorisent effectivement le soutien à la maternité. Leur mise en œuvre ne doit pas générer des pressions indirectes poussant les femmes à recourir à l’avortement. Il faut évaluer dans quelle mesure ces instruments prennent effectivement en compte les besoins des femmes souhaitant poursuivre leur grossesse, notamment lorsqu’elles se trouvent en situation de vulnérabilité sociale ou économique.

    Troisièmement, la pétition réaffirme le principe de neutralité de l’Union dans ses actions et ses priorités de financement, en cohérence avec le principe de subsidiarité. Conformément à ce principe, l’Union européenne doit veiller à préserver une approche équilibrée et non directive dans l’utilisation de ses instruments financiers lorsqu’ils concernent des domaines relevant principalement de la compétence des États membres, en l’occurrence l’avortement. En revanche, il lui incombe de garantir un environnement favorable à l’exercice de tous les droits, y compris celui de mener une grossesse à terme.

    La pétition n°0194/2026 a été déclarée recevable par la commission des pétitions du Parlement européen. Elle bénéficie du soutien de plusieurs groupes politiques, notamment le PPE, ECR, PfE et ESN.

    Lors d’une réunion de la commission des pétitions le 23 juin 2026, Charlène sera auditionnée par les députés et la pétition sera examinée. Celle-ci devrait ensuite être transmise aux commissions compétentes, notamment la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) et la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres (FEMM).

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  • Trois bonnes nouvelles (ECLJ)

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    Un courriel de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Nous avons trois bonnes nouvelles à vous communiquer!

    La première nous vient de Luxembourg: la Cour de justice a pris une décision salutaire dans la lutte contre la pornographie en ligne.

    Depuis un an, la France oblige les sites pour adultes à vérifier correctement l'âge de leurs visiteurs. Or, tous les pays membres de l'Union européenne n'ont pas encore mis en place de telles obligations pour protéger les mineurs de la pornographie en ligne.

    Ainsi, certains sites internet s'implantent dans les pays ayant la législation nationale la plus laxiste et invoquent ensuite la liberté de circulation des services dans l'Union européenne pour ne pas respecter la loi française.

    La Cour de justice de l'Union européenne vient de trancher: la France a le droit d'imposer ses propres règles plus protectrices des personnes qui accèdent à ces sites depuis la France. 

    C'est une bonne nouvelle pour nos enfants et pour la protection de la souveraineté des États. 

    Les résultats de notre loi commencent déjà à apparaître: «On constate une baisse moyenne de 24% de l’audience des mineurs» affirme la directrice générale adjointe de l’Arcom, Pauline Combredet-Blassel, dans Libération.

    Pour aller plus loin: le communiqué et l'explication de l'arrêt de la CJUE

    La deuxième bonne nouvelle nous vient de Genève.

    Le Rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes a publié un nouveau rapport sur «la violence à l'égard des mères» dénonçant l'avortement pour cause économique et l'avortement sous contrainte.

    L'ECLJ est fier d'avoir contribué à l'élaboration de ce rapport, d'être cité nommément dans ce dernier, mais surtout heureux de voir émerger la notion d'avortement contraint.

    Des milliers de femmes n'avortent pas "librement" sans être pour autant physiquement "forcées" de le faire. Ce sont les circonstances familiales et économiques qui poussent ces femmes à ne voir qu'une solution à la grossesse, celle que leur propose systématiquement et uniquement le Planning familial: l'avortement. Elles avortent par dépit, suite à des pressions, des incitations, en étant poussées par des proches ou leur conjoint, sans qu'on leur présente aucune alternative.

    Le Rapporteur recommande aux États de: 

    • Veiller à ce que les femmes qui envisagent un avortement reçoivent des informations précises et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l'accès à des services d'accompagnement" 
    • d'ériger en infraction pénale l'avortement sous contrainte ou forcé, y compris l'avortement sélectif fondé sur le sexe ou le handicap.

    À notre connaissance, c'est la première fois que l'avortement sous contrainte est dénoncé en droit international et c'est véritablement grâce à notre action institutionnelle depuis des années aux Nations unies.

    Pour aller plus loin: lire le rapport complet

    ­Je soutiens l'action de l'ECLJ­

    La troisième bonne nouvelle vient de Bruxelles:

    Charlène, une jeune femme qui a avorté sous la contrainte va être officiellement auditionnée mardi prochain par une commission du Parlement européen.

    Charlène avait témoigné de ce qu'elle avait vécu auprès de députés européens, pendant l’examen de l’initiative "Ma Voix Mon Choix". Elle a ensuite voulu poursuivre son action et a déposé une pétition officielle auprès de l'Union européenne, toujours avec notre soutien.

    Sa pétition a été examinée et retenue: elle va donc pouvoir témoigner de son expérience et dire aux députés européens que, face au fléau du nombre d'avortements et de ses conséquences psychologiques et sociales, ils doivent proposer autre chose aux femmes que l'avortement.

    L'ECLJ est heureux d'avoir invité de nombreuses femmes à témoigner de leur expérience traumatique de l'IVG. Nous l'avons fait pour dés-idéologiser le débat sur l'avortement en laissant parler les femmes de ce qu'elles ont réellement vécu.

    conference YT

    Grâce au courage de Charlène et de toutes les autres femmes, nous avons pu organiser des rencontres, des conférences comme celle ci-dessus, initier des pétitions et pousser effectivement les hommes politiques à l'action.

    Pour aller plus loin: la protection de la maternité dans l'Union européenne

  • Trisomie 21 : « Qui sommes-nous pour décider qui peut vivre ou non ? »

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    De gènéthique.org :

    Trisomie 21 : « Qui sommes-nous pour décider qui peut vivre ou non ? »

    16 juin 2026

    Amazon.fr - Ti-Prince - de Reynal, Emmanuel - Livres

    Emmanuel de Reynal signe Ti Prince, l’histoire d’un petit garçon qui traverse l’existence avec une capacité surnaturelle à aimer (cf. Ti Prince – Emmanuel de Reynal). Ti Prince est porteur de . Emmanuel de Reynal est son frère. Rencontre avec l’auteur d’un ouvrage joyeux, simple et tendre.

    « J’ai toujours voulu écrire son histoire », confie Emmanuel de Reynal. Son frère Richard alias « Ti Prince » et lui n’ont qu’un an d’écart. Sans occulter la trajectoire difficile, le parcours de vie singulier marqué par le handicap et de grands moments de solitude parfois, l’objectif de l’auteur avec cet ouvrage était aussi – surtout ? – de témoigner de la richesse de la présence d’une personne porteuse de trisomie 21 au sein d’une famille. Grâce à son pouvoir de transformer les gens proches comme plus éloignés, Richard a « bonifié sa famille », affirme Emmanuel de Raynal.

    Il n’est pas facile de pénétrer l’intériorité d’une personne porteuse de trisomie 21. Aussi l’auteur a fait le choix de faire parler son frère à la première personne, parfois dans un langage soutenu, pour rétablir Ti Prince dans sa pleine humanité et « intégrité ».

    Face aux préconisations visant à généraliser le dépistage prénatal non invasif de la trisomie 21 (cf. Dépistage prénatal, IVG et stérilisation forcées : l’ONU épingle les pratiques eugénistes de l’Europe) ou à autoriser le  des aneuploïdies (cf. « Promouvoir le DPI-A aujourd’hui, c’est ignorer les progrès de la recherche »), Emmanuel de Reynal considère : « Si la société laissait tout le monde avoir sa juste place, nous n’en serions pas là ». Et dénonçant une « dictature de la norme », il interroge : « Qui sommes-nous pour décider qui peut vivre ou non ? ». Car c’est bien la diversité humaine qui « fait la richesse d’une société ».

    « Ubuntu », « je suis ce que je suis grâce à ce que tu es », souligne un proverbe africain cher à l’auteur. Nous avons tous une véritable responsabilité les uns vis-à-vis des autres. Et « côtoyer la différence, c’est ce qu’il y a de plus beau dans le projet humain ».

  • Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

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    De Donald De Marco sur le NCR :

    Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

    COMMENTAIRE : C’est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne vaut rien.

    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants »
    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants » (photo : Domaine public)

    Dans la société nord-américaine actuelle, peu de choses suscitent autant de crainte que la perspective d'avoir un enfant. Aux États-Unis et au Canada, les taux de natalité sont inférieurs au seuil de renouvellement des générations, et le taux d'avortement ne cesse d'augmenter. (... mais ce n'est pas différent en Europe ndB). L'enfant, innocent, est perçu comme un obstacle majeur à la réussite matérielle et à une vie confortable. 

    En revanche, l’Écriture sainte présente l’enfant comme un don précieux de Dieu. Jésus a dit à ses disciples : « Laissez venir à moi les petits enfants » (Matthieu 19, 14). En bénissant les enfants, il a insisté sur leur humilité, affirmant qu’il faut leur ressembler pour entrer dans le royaume des cieux (Matthieu 18, 2-4). 

    Par conséquent, nous lisons dans 3 Jean 1:4 : « Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité. » 

    Les enfants sont considérés comme une source de joie immense et un modèle d'humilité pour tous. Le châtiment réservé à ceux qui nuisent spirituellement à un enfant est des plus sévères : « Si quelqu’un fait tomber dans le péché un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu’on le jette au fond de la mer » (Matthieu 18,6).

    Dans le monde contemporain, on oublie souvent que les enfants sont une bénédiction. Il faut peut-être faire preuve d'humilité pour saisir toute l'importance que l'humilité d'un enfant apporte au monde. 

    Saint John Henry Newman, qui n'était nullement naïf au sujet des enfants, nous a offert des aperçus précieux sur l'enfance, prouvant qu'il n'est pas nécessaire d'être parent pour observer les qualités particulières de l'enfant. Il notait « la simplicité des manières et des idées de l'enfant, sa propension à croire tout ce qu'on lui dit, son amour innocent, sa confiance sincère, son aveu d'impuissance, son ignorance du mal, son incapacité à dissimuler ses pensées, son contentement, son oubli rapide des soucis, son admiration sans convoitise ; et, surtout, son esprit respectueux, qui voit en tout ce qui l'entoure une merveille, comme autant de signes de l'Invisible, autant de preuves qu'il est… un visiteur dans un état supérieur ».

    En observant l'enfant ainsi, nous prenons conscience de combien nous avons besoin, dans nos propres vies, des qualités qu'il possède. L'enfant suscite notre sourire et notre admiration. Il nous donne envie de l'enlacer. En l'enlaçant, nous accueillons tout ce qu'il est. Nous pouvons nous demander, à l'instar de Platon, si les enfants ne viennent pas d'un monde meilleur pour nous apporter un message important que nous avons presque oublié. William Wordsworth suggérait, comme Platon, que les enfants viennent effectivement d'un monde supérieur, « non pas dans un oubli total, ni dans une nudité absolue, mais traînant derrière eux des nuages ​​de gloire venant de Dieu qui est notre demeure ».

    Nous avons perdu la capacité de voir que tout dans le monde est « revêtu de lumière céleste ». L'enfant nous ressource, nous rajeunit et nous reconnecte à nos racines. L'enfant, en un mot, nous humanise. L'importance de l'enfant se mesure à la gravité de sa disparition.

    Trois semaines avant l'investiture de Franklin Pierce à la présidence, lui et sa femme perdirent leur fils unique, Benny, âgé de 11 ans, dans un terrible accident de train. Le chagrin qu'ils ressentirent fut dévastateur. Il submergea la Maison-Blanche et compromit profondément l'efficacité de Pierce en tant que 14e président des États-Unis. L'histoire nous apprend que l'alcoolisme virulent de Franklin Pierce était lié à la perte de ses trois fils durant leur enfance. Perdre un enfant, c'est subir une amputation.

    C'est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne l'est pas. Les gens ignorent ce qu'ils ont perdu en ayant recours à l'avortement. De même, ils ignorent ce qu'ils ont perdu en reniant Dieu.

    La comparaison faite par Newman entre l'enfant et « un visiteur dans un état supérieur » est tout à fait pertinente. Il est remarquable qu'un enfant, si jeune et si peu expérimenté, puisse, d'une manière mystérieuse, être plus sage que les parents qui l'accueillent dans leur vie. Ces derniers s'émerveillent de sa gentillesse et de sa générosité. Ils finissent par croire que sa prodigalité ne peut s'expliquer que par le fait qu'il soit un don de Dieu. 

    « Le ciel nous entoure dès notre plus jeune âge. » Nous vieillissons trop vite et avons besoin d'un enfant pour retrouver la vision que nous avons perdue. « Un enfant est un rayon de soleil », disait le prédicateur américain Lyman Abbott, « venu de l'Infini et de l'Éternel, porteur de vertus et de vices, mais encore pur. » Don de Dieu, un enfant nous ramène à Lui.

    L'idée qu'un nouveau-né est un don de Dieu se reflète dans les prénoms donnés aux enfants. Il en existe des centaines, répartis dans de nombreuses langues. Citons par exemple Dorothy, Theodora, Eudora et Thea (grecs) ; Abisai, Addai et Zebedee (hébreu) ; Donato (latin) ; Dorek (polonais) ; Fedyenka et Fyodor (russe) ; Maceo (espagnol) ; Hanni (finnois) ; Jarshika (tamoul) ; Siobhán (irlandais) ; Tanaquil (étrusque) ; Itzae (maya) ; et Bogdan et Todor (slave).

    Ces noms, à travers le monde et au fil de l'histoire, témoignent de l'intuition humaine selon laquelle un enfant est, en effet, un don de Dieu.