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Défense de la Vie

  • Avortement : "nous ne laisserons pas intimider"; soutenons l'ECLJ

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    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Mercredi, au Parlement européen, des députés menés par Manon Aubry ont cherché à nous intimider, en manifestant bruyamment contre la conférence que nous organisions sur la politique européenne en matière d’avortement. La vidéo sur Instagram de leur altercation avec Grégor Puppinck a été vue plus de 6 millions de fois en 24 heures.

    L’objet de cette conférence était de lutter contre l’initiative européenne pro avortement "My Voice My Choice" qui vise à contourner la souveraineté des États pour faciliter « l’avortement transfrontalier » avec des fonds européens. Nous avons dévoilé aux députés le réseau de financement massif du lobby de l’avortement par de grandes fondations mondialistes, telles que l’Open Society, les fondations Gates, Ford, Rockefeller, et le Planning familial international. Ce réseau bénéficie de milliards de dollars. Il est aussi financé par l’Union européenne et les Nations Unies.

    ­La vidéo de la conférence­

    Ces attaques contre l’ECLJ ne sont pas nouvelles, et s’intensifient ; mais, cette-fois, elles se sont retournées contre leurs auteurs, car les commentaires publiés sur X sous la vidéo sont très favorables à la protection de la vie.

    Ces attaques confirment une chose : votre signature à l’appel pour la prévention de l’avortement dérange. Elle porte. Et elle inquiète ceux qui veulent réduire ce sujet à un simple slogan politique. Nous avons déjà été attaqués par des députés, dont Raphaël Glucksmann, en marge d’une précédente conférence au Parlement européen.

    Pourquoi ? Parce que la vérité est que l’avortement est un drame qu’il faut absolument éviter. Durant cette conférence, nous avons une nouvelle fois donné la parole à des femmes qui ont subi un avortement, qui en ont souffert et le regrettent. Elles ont le courage de témoigner.

    Ces femmes vivent ce que les statistiques révèlent :
    - 42 % des femmes ayant avorté avant 25 ans souffrent de dépression ;
    - la moitié des mineures ayant avorté ont des idées suicidaires ;
    - l’avortement est souvent lié à la précarité affective, financière ou psychologique.

    Ces voix authentiques et courageuses réfutent le discours dominant. Elles montrent que prévenir l’avortement consiste à protéger, soutenir, responsabiliser. C’est précisément cela que certains députés ont voulu empêcher hier soir.

    Nous ne nous laisserons pas intimider. À l’ECLJ, nous avons l’habitude des attaques.

    Nous continuerons parce que vous nous avez confié ce combat en signant l’appel.

    Votre signature a déjà permis :
    ✔ de rappeler aux élus européens les engagements internationaux de la France de réduire le recours à l’avortement,
    ✔ de plaider en faveur d'une politique de prévention,
    ✔ de donner une visibilité médiatique et institutionnelle aux femmes victimes de l'avortement, jusqu'alors ignorées.

    Vous pouvez soutenir notre action; nous avons besoin de moyens pour :
    - continuer à défendre publiquement la vie,
    - organiser d’autres conférences avec des femmes,
    - produire des rapports sourcés,
    - intervenir juridiquement auprès des instances nationales et européennes.

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    "Ma Voix Mon Choix": Une escroquerie juridique, morale et financière

  • Quand la monarchie prend le parti de la vie...

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    De Marc McGinness sur le Catholic Herald :

    26 novembre 2025

    Une histoire de la monarchie défendant la vie

    Par un simple acte de dissidence – son refus de consentir, le jour de la fête du Christ Roi, à un projet de loi légalisant l’avortement – ​​Albert, prince de Monaco, a-t-il sauvé sa principauté de l’étiquette de « lieu ensoleillé pour gens louches » ?

    Malgré le vote du Conseil national en mai (19 voix contre 2) autorisant les interruptions de grossesse jusqu'à 12 semaines, ou 16 semaines en cas de viol, et abaissant l'âge du consentement parental de 18 à 15 ans, le Prince a demandé à son gouvernement de ne pas appliquer cette mesure. Il a ajouté : « Je crois que le système actuel reflète nos valeurs, compte tenu du rôle de la religion catholique dans notre pays, tout en garantissant un accompagnement sûr et humain. »

    Sa décision faisait écho aux opinions de sa mère, Grace, qui avait déclaré en 1971 être fermement opposée à l'avortement, « quel qu'il soit, légal ou illégal ». Concernant le traumatisme psychologique lié à un avortement, elle avait affirmé : « Je le ressens profondément. Les médecins ont tendance à croire que tout est fini en une demi-heure. C'est bien plus complexe. Les conséquences psychologiques persistent pendant de nombreuses années. »

    Ce dernier acte de la dynastie Grimaldi, qui débuta en 1297 lorsque François Grimaldi, déguisé en moine franciscain, s'empara de la forteresse du Rocher de Monaco avec le soutien de son cousin Rainier Ier et de ses hommes, contribue à expliquer leur longévité et renforce le titre de « Souverain catholique ». L'octroi par le Vatican, en 2013, du privilège du blanc à Charlène, épouse d'Albert – privilège refusé à sa mère – l'a-t-il rapproché de l'Église ?

    Ces questions de conscience ont mis à l'épreuve les dirigeants de plusieurs maisons catholiques européennes au pouvoir au cours des trois dernières décennies, des questions majeures pour ce que les médias s'obstinent à appeler des « micro-États ».

    En 1990, le roi Baudouin des Belges, connu de longue date avec son épouse Fabiola pour leur engagement en faveur des droits des personnes handicapées, notamment des enfants handicapés, fut sollicité pour approuver la légalisation de l'avortement dans son royaume. Sa signature était indispensable, mais Baudouin s'y opposa, y voyant une violation du droit fondamental à la vie.

    Lorsqu'il a dit à Fabiola que son refus pourrait entraîner sa démission, elle a répondu : « Je sais faire une bonne journée de travail. J'ai encore mon certificat de secourisme de la Croix-Rouge. »

    Le 31 mars, Baudouin a adressé une lettre personnelle au Premier ministre Maertens, exprimant de « vives inquiétudes quant à la clause autorisant l’avortement au-delà de douze semaines si l’enfant à naître est atteint d’une anomalie particulièrement grave reconnue comme incurable au moment du diagnostic… En bref, je crains que cette loi ne contribue à une diminution palpable du respect dû à la vie des plus vulnérables. À ceux que ma décision pourrait choquer, je demande : est-il juste que je sois le seul citoyen belge contraint d’agir contre sa conscience dans un domaine aussi crucial ? La liberté de conscience est-elle sacrée pour tous, sauf pour le roi ? »

    Le Premier ministre Maertens proposa un ingénieux compromis à la belge. L'article 82 de la Constitution belge stipulait qu'en cas d'incapacité du monarque à gouverner, les pouvoirs royaux étaient dévolus au Conseil des ministres. Le roi abdiqua donc et, durant la période de vacance du trône, le Conseil des ministres ratifia et promulgua la loi sur l'avortement. Le 5 avril, 36 heures après l'abdication, le Premier ministre déclara que le roi était désormais apte à gouverner et celui-ci reprit ses fonctions.

    Baudouin écrivit plus tard dans son journal : « Si je n'avais pas fait cela, j'aurais été malade toute ma vie pour avoir trahi le Seigneur. »

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  • L'audience générale du Pape : une ode à la Vie

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    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Place Saint-Pierre
    Mercredi 26 novembre 2025

    __________________________________

    Cycle de catéchèse – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance IV. La résurrection du Christ et les défis du monde actuel. 6. Espérer dans la vie pour générer la vie

    Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

    La Pâque du Christ éclaire le mystère de la vie et nous permet de le regarder avec espérance. Cela n'est pas toujours facile ni évident. Partout dans le monde, beaucoup de vies semblent difficiles, douloureuses, pleines de problèmes et d'obstacles à surmonter. Et pourtant, l'être humain reçoit la vie comme un don : il ne la demande pas, il ne la choisit pas, il en fait l'expérience dans son mystère, du premier jour jusqu'au dernier. La vie a une spécificité extraordinaire : elle nous est offerte, nous ne pouvons pas nous la donner nous-mêmes, mais elle doit être nourrie constamment : il faut un soin qui la maintienne, la dynamise, la préserve, la relance.

    On peut dire que la question de la vie est l'une des questions abyssales du cœur humain. Nous sommes entrés dans l'existence sans avoir rien fait pour le décider. De cette évidence jaillissent comme un fleuve en crue les questions de tous les temps : qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens ultime de tout ce voyage ?

    Vivre, en effet, implique un sens, une direction, une espérance. Et l'espérance agit comme une force profonde qui nous fait avancer dans les difficultés, qui nous empêche d'abandonner dans la fatigue du voyage, qui nous rend certains que le pèlerinage de l'existence nous conduit à la maison. Sans l'espérance, la vie risque d'apparaître comme une parenthèse entre deux nuits éternelles, une brève pause entre l'avant et l'après de notre passage sur terre. Espérer dans la vie, c'est plutôt anticiper le but, croire comme certain ce que nous ne voyons ni ne touchons encore, faire confiance et nous en remettre à l'amour d'un Père qui nous a créés parce qu'il nous a voulus avec amour et qu'il nous veut heureux.

    Très chers amis, il existe dans le monde une maladie répandue : le manque de confiance dans la vie. Comme si l'on s'était résigné à une fatalité négative, à un renoncement. La vie risque de ne plus représenter une opportunité reçue en don, mais une inconnue, presque une menace dont il faut se préserver pour ne pas être déçu. C'est pourquoi le courage de vivre et de générer la vie, de témoigner que Dieu est par excellence « l'amant de la vie », comme l'affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd'hui un appel plus que jamais urgent.

    Dans l'Évangile, Jésus confirme constamment sa diligence à guérir les malades, à soigner les corps et les esprits blessés, à redonner vie aux morts. Ce faisant, le Fils incarné révèle le Père : il restitue leur dignité aux pécheurs, accorde la rémission des péchés et inclut tout le monde, spécialement les désespérés, les exclus, les éloignés, dans sa promesse de salut.

    Engendré par le Père, Christ est la vie et il a engendré la vie sans compter jusqu'à nous donner la sienne, et il nous invite également à donner notre vie. Engendrer signifie donner la vie à quelqu'un d'autre. L'univers des vivants s'est étendu grâce à cette loi qui, dans la symphonie des créatures, connaît un admirable “crescendo” culminant dans le duo de l'homme et de la femme : Dieu les a créés à son image et leur a confié la mission de donner la vie à son image, c'est-à-dire par amour et dans l'amour.

    Dès le début, l'Écriture Sainte nous révèle que la vie, dans sa forme la plus élevée, celle de l'être humain, reçoit le don de la liberté et devient un drame. Ainsi, les relations humaines sont également marquées par la contradiction, jusqu'au fratricide. Caïn perçoit son frère Abel comme un concurrent, une menace, et dans sa frustration, il ne se sent pas capable de l'aimer et de l'estimer. Et voilà la jalousie, l'envie, le sang (Gn 4, 1-16). La logique de Dieu, en revanche, est tout autre. Dieu reste fidèle pour toujours à son dessein d'amour et de vie ; il ne se lasse pas de soutenir l'humanité même lorsque, à l'instar de Caïn, elle obéit à l'instinct aveugle de la violence dans les guerres, les discriminations, les racismes, les multiples formes d'esclavage.

    Donner la vie signifie donc faire confiance au Dieu de la vie et promouvoir l'humain dans toutes ses expressions : tout d'abord dans la merveilleuse aventure de la maternité et de la paternité, même dans des contextes sociaux où les familles ont du mal à supporter le poids du quotidien, souvent freinées dans leurs projets et leurs rêves. Dans cette même logique, donner la vie signifie s'engager pour une économie solidaire, rechercher le bien commun dont tous puissent profiter équitablement, respecter et prendre soin de la création, offrir du réconfort par l'écoute, la présence, l'aide concrète et désintéressée.

    Frères et sœurs, la Résurrection de Jésus-Christ est la force qui nous soutient dans cette épreuve, même lorsque les ténèbres du mal obscurcissent notre cœur et notre esprit. Lorsque la vie semble s'être éteinte, bloquée, voici que le Seigneur Ressuscité passe encore, jusqu'à la fin des temps, et marche avec nous et pour nous. Il est notre espérance.

  • Le prince de Monaco bloque un projet de loi visant à légaliser l'avortement.

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    Du Catholic Herald :

     
    24 novembre 2025

    Le prince de Monaco bloque un projet de loi visant à légaliser l'avortement.

    Un monarque catholique européen refuse de signer une loi qui aurait légalisé l'avortement dans son pays catholique.

    Le prince Albert II de Monaco a refusé de signer une loi votée par le Conseil national qui aurait légalisé l'avortement dans la Principauté.

    La décision du Prince suspend la réforme proposée et laisse la loi actuelle inchangée. Dans un entretien accordé au quotidien Monaco-Matin , il a expliqué que le projet de loi ne sera pas examiné et a exposé les motifs de sa décision.

    Il a souligné : « Je crois que le système actuel reflète qui nous sommes, compte tenu du rôle de la religion catholique dans notre pays, tout en assurant un soutien sûr et humain. »

    Selon la législation en vigueur, l'avortement reste formellement illégal à Monaco, bien qu'il soit dépénalisé depuis 2019. L'interruption de grossesse n'est autorisée que dans trois cas : viol, risque grave pour la vie de la mère ou malformation fœtale importante.

    Le projet de loi, présenté au Conseil national en mars 2025 et adopté par 19 voix contre 2 en mai, visait à autoriser l'interruption volontaire de grossesse jusqu'à 12 semaines (16 semaines en cas de viol) et à abaisser l'âge du consentement parental de 18 à 15 ans.

    Il y a deux semaines, Christophe Mirmand, ministre d'État, a toutefois informé le président du Conseil, Thomas Brezzo, que le gouvernement renonçait à cette mesure. Le prince a demandé au gouvernement d'en informer formellement le Conseil.

    Il a reconnu la sensibilité du sujet, déclarant : « Je comprends à quel point ce sujet est sensible, les émotions qu'il peut susciter. »

    Il a également évoqué les mises à jour législatives de 2009 et 2019, observant que Monaco avait déjà atteint « un cadre équilibré, respectueux des principes constitutionnels, de l’identité culturelle et des femmes concernées ».

    Pour Sa Majesté, cette décision doit en définitive être interprétée à la lumière de la Constitution monégasque, qui reconnaît le catholicisme comme religion d’État. Comme il l’a souligné, elle confirme « la place qu’occupe le catholicisme dans notre pays ».

    La loi monégasque sur l'avortement était parmi les plus restrictives d'Europe. La loi de 2009 limitait l'interruption de grossesse aux trois cas exceptionnels mentionnés précédemment, et la réforme de 2019 a supprimé les sanctions pénales pour les femmes ayant recours à l'avortement à l'étranger, notamment en France voisine.

    La décision du prince Albert trouve des échos dans l'histoire des monarchies européennes. En 1990, le roi Baudouin de Belgique refusa de promulguer une loi légalisant l'avortement jusqu'à douze semaines de grossesse. Le gouvernement le déclara « temporairement inapte à régner » pour une journée, et durant ces 36 heures, le Conseil des ministres signa collectivement la loi, la rendant valide sans son approbation. Le lendemain, le Parlement le rétablit sur le trône.

    De même, en 2008, le grand-duc Henri de Luxembourg a refusé de signer une loi légalisant l'euthanasie. Contrairement à la Belgique, le Luxembourg a modifié sa constitution afin que le monarque ne « sanctionne » plus les lois, mais se contente de les « promulguer ».

    Hans-Adam II, prince de Liechtenstein, a également clairement indiqué qu'il opposerait son veto au résultat de tout référendum proposant de légaliser l'avortement dans le pays.

    Cependant, le souverain de Monaco semble être un rare exemple où l'intervention d'un monarque a directement stoppé une tentative d'introduire des lois anti-vie.

  • « La tragédie des 73 millions d'avortements pratiqués chaque année dans le monde est devenue la norme. »

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    De kath.net/news :

    « La tragédie des 73 millions d'avortements pratiqués chaque année dans le monde est devenue la norme. »

    19 novembre 2025

    Argüello, président de la Conférence épiscopale espagnole : « Un groupe de médecins peut être déterminé à sauver un fœtus de cinq mois et demi, tandis qu’un autre groupe, juste à côté, tue délibérément un bébé du même âge. » Par Petra Lorleberg

    Madrid (kath.net/pl) « Dans un même hôpital, un groupe de médecins peut décider de sauver un fœtus de cinq mois et demi, tandis qu'un autre groupe, dans la pièce voisine, tue délibérément un bébé du même âge. Ceci est parfaitement légal. De même, la loi peut punir la destruction d'un œuf d'aigle d'une amende de 15 000 euros et d'une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison, mais autorise l'avortement d'un enfant atteint de trisomie 21 jusqu'à la fin de la grossesse. » C'est ce qu'a expliqué le président de la Conférence épiscopale espagnole, Luis Javier Argüello García, archevêque de Valladolid, dans son discours d'ouverture de la 128e Assemblée plénière à Madrid, mardi.

    kath.net documente intégralement, la section « 6. L’inhumanité de l’avortement : derrière la fumée, les miroirs et les stratégies » du discours d’ouverture de l’archevêque Argüello :

    Ces dernières semaines, la question de l'avortement a refait surface sous diverses formes : la tentative d'inscrire ce prétendu droit dans la constitution ; l'objection de conscience du personnel médical ; la divulgation aux mères de toutes les conséquences de l'intervention ; et les données du ministère de la Santé faisant état de 106 173 avortements et de 322 034 naissances pour 2024. La croissance démographique était négative, avec un déficit de 114 937 personnes.

    Le débat a été critiqué – non sans raison – comme une manœuvre de diversion et un outil de polarisation. Qu’il s’agisse d’un repli sur soi ou d’un questionnement stratégique, il existe, en tout cas, une réticence sociétale et politique à aborder la question dans toute sa complexité dramatique. Comme le souligne Matthieu Lavagna, dont je m’appuie sur la pensée dans cette analyse, l’avortement demeure un sujet sensible et délicat dans notre société actuelle. En parler publiquement est devenu tabou, presque une atteinte à la vie privée. Quiconque déclare publiquement que l’avortement est objectivement immoral parce qu’il met fin à la vie d’une personne autre que ses parents s’expose à une sévère condamnation personnelle, sociale et politique : « Remettre en question ce acquis ? Douter de ce droit ? C’est le comble de la pensée fasciste et autoritaire et mérite d’emblée d’être qualifié d’extrême droite. » 

    Pire encore : l’idée même qu’il puisse exister des arguments non religieux contre l’avortement est inconcevable. Après tout, ne nous répète-t-on pas sans cesse que les opposants à l’avortement sont d’abominables obscurantistes qui veulent imposer leurs convictions religieuses à tous ? Fournir des informations aux femmes enceintes est considéré comme une maltraitance, et prier devant une clinique d’avortement est perçu comme une menace. Pourquoi ce refus de penser rationnellement et de laisser la science – ADN, génome, échographie, etc. – parler d’elle-même, nous informer et révéler la vérité ?

    Un être humain est « un organisme vivant de l'espèce Homo sapiens ». Selon cette définition, le fait qu'un fœtus ou un embryon soit un être humain est un simple fait biologique. Il suffit de consulter n'importe quel manuel d'embryologie médicale pour constater que les scientifiques s'accordent à dire que, dès la fécondation, un organisme humain vivant et indépendant, doté de son propre patrimoine génétique, se développe dans le corps de la mère. Nul besoin de se référer à la Bible pour cela, bien qu'elle nous enseigne que la dignité humaine est sacrée et que les êtres humains possèdent une âme immortelle.

    Peter Singer, philosophe de renommée mondiale et défenseur du droit à l'avortement, a au moins l'honnêteté intellectuelle de reconnaître que l'embryon est un être humain : « Il ne fait donc aucun doute qu'un embryon conçu à partir d'un ovule et d'un spermatozoïde humains est un être humain dès le premier instant de son existence. » Cependant, il néglige le fait que tous les êtres humains, indépendamment de leur taille, de leur sexe, de leur stade de développement ou de leur degré de dépendance, possèdent la même valeur intrinsèque. Ceci ouvre la voie à l'effondrement de l'humanisme et à l'égalité radicale du droit à la vie pour chaque individu. Y parvenir exigerait des efforts argumentatifs similaires à ceux déployés par ceux qui défendent l'avortement comme une expression des droits de la femme. Or : « Si le fœtus n'est pas un être humain, aucune justification n'est nécessaire pour légaliser l'avortement. Si, en revanche, le fœtus est un être humain, aucune justification n'est suffisante pour le légaliser. »

    Mattheu Lavagna cite Kelsey Hazzard, militante athée anti-avortement : « Je suis une athée de 29 ans, ayant reçu une bonne éducation dans des institutions laïques, et je défends des opinions progressistes sur de nombreux sujets, comme le mariage homosexuel et le changement climatique. Je suis également une militante anti-avortement engagée, qui œuvre pour que l’avortement devienne impensable. L’industrie de l’avortement veut nous faire croire que les personnes comme moi n’existent pas. Elle veut nous faire croire que le mouvement anti-avortement est composé presque exclusivement d’hommes blancs âgés et de quelques pratiquants récitant leur chapelet. Cette caricature est offensante pour les jeunes comme pour les moins jeunes. […] Nous ne considérons pas l’avortement comme un enjeu de guerre culturelle ou de guerre religieuse, mais comme une question de droits humains. »

    La société occidentale a totalement occulté la question de l'avortement. La tragédie des 73 millions d'avortements pratiqués chaque année dans le monde, dont 100 000 en Espagne, est devenue la norme. Nous avons atteint un point d'irrationalité extrême en matière de bioéthique, qui sert les intérêts de la biopolitique.

    Dans le même hôpital, une équipe de médecins peut décider de sauver un fœtus de cinq mois et demi, tandis qu'une autre, dans la pièce voisine, tue délibérément un bébé du même âge. Ceci est parfaitement légal. De même, la loi peut punir la destruction d'un œuf d'aigle d'une amende de 15 000 € et d'une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison, mais autorise l'interruption de grossesse d'un enfant atteint de trisomie 21.

    Toutefois, une perspective catholique ne saurait se contenter de réaffirmer la protection de la vie prénatale et de lutter contre l’avortement. Elle doit prendre en compte la mère, le père, ainsi que les circonstances environnementales, sociales et économiques qui accompagnent la grossesse, la naissance et les premières années de vie.

    Nombreuses sont les femmes qui désirent des enfants, mais leur souhait se heurte à divers obstacles, notamment des barrières structurelles identifiées dans le rapport FOESSA : précarité de l’emploi, difficultés d’accès au logement, prédominance des femmes dans les soins aux enfants et insuffisance du soutien public à la maternité et aux familles. S’y ajoutent des facteurs culturels liés aux modes de vie, comme la faible valeur accordée à la maternité, voire son rejet catégorique dans certaines idéologies de genre. Il convient également de tenir compte des circonstances propres à chaque grossesse.

    Rien ne justifie l'interruption de la vie prénatale, mais un véritable soutien à la vie exige la prise en compte de toutes les circonstances. L'Alliance sociale pour l'espérance et la naissance, initiée par cette Conférence des évêques, défend tous les facteurs pertinents et offre un soutien indéfectible à la vie humaine naissante.

    Je tiens à exprimer ma solidarité avec toutes les femmes enceintes et à les encourager à ne pas hésiter à demander de l'aide face aux difficultés d'une grossesse potentiellement non désirée. L'interruption de grossesse ne saurait être la solution à une situation si souvent difficile à supporter seule. Je réaffirme l'engagement de l'Église, ainsi que de nombreuses femmes et de nombreux hommes de bonne volonté et de bonne volonté, à apporter leur aide dans cette situation. Les autorités ne doivent pas détourner le regard et, même si elles réglementent et facilitent l'accès à l'avortement, elles ne doivent pas se soustraire à leur devoir indispensable de protéger les plus vulnérables. La prétendue solution à des problèmes qui exigent des politiques favorables à la famille et à la vie est symptomatique de l'affaiblissement moral de notre démocratie.

    Photo de cet événement (c) Conférence des évêques espagnols/Capture d'écran

  • Mgr Rey : ses choix, ses combats et ce qu'il croit

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    Du Forum Catholique (DumVolviturOrbis) :

    Le Figaro Magazine publie des extraits exclusifs du livre de Mgr Dominique Rey intitulé « Mes choix, mes combats, ce que je crois ».

    Ce texte revient sur les raisons de sa démission demandée par Rome, ainsi que sur plusieurs controverses ayant marqué son épiscopat, notamment les questions de gouvernance, de séminaire, de finances, mais aussi son engagement sur les sujets de société et sa vision anthropologique.

    L’article original est ici :
    https://www.lefigaro.fr/vox/societe/ma-demission-a-ete-une-experience-crucifiante-les-extraits-exclusifs-du-livre-de-mgr-dominique-rey-ancien-eveque-de-frejus-toulon-20251116

    Mgr DOMINIQUE REY
    « Mon combat pour ce que je crois »

    Évêque emblématique et peu conformiste de Fréjus-Toulon de 2000 à 2025, Mgr Dominique Rey a fini par démissionner sur fond de tensions avec le Saint-Siège. Dans « Mes choix, mes combats, ce que je crois », livre au titre en forme de profession de foi, il s’exprime sur ce départ vécu, selon ses mots, comme une expérience « crucifiante ». Extraits exclusifs de ce livre écrit avec les journalistes Samuel Pruvot et Henrik Lindell.

    LES RAISONS DE SA DÉMISSION

    À la demande du pape François, Dominique Rey a envoyé sa démission à Rome le 7 janvier 2025. La fin définitive de cet épiscopat long d’un quart de siècle a été accompagnée par des cris de victoire et des soupirs de soulagement de ceux qui le critiquaient [...] Pourquoi, au juste, Dominique Rey devait-il démissionner ? Contrairement à ce que suggèrent nombre d’enquêtes journalistiques orientées ou serviles à l’égard de l’évêque, une réponse précise et objective à cette question est difficile à obtenir. Le rapport de la visite apostolique n’a pas été rendu public et ne le sera jamais. Mais l’homme n’a pas convaincu ses adversaires et n’a jamais été admis à la justice pour les faits qu’ils auront avancés. Si sa gestion était parfois critiquée en interne, par exemple pour une organisation normative « bordélique », et si certaines nominations et ordinations pouvaient surprendre plus d’un, y compris au Vatican, il nous semble difficile de prouver que Dominique Rey a commis de véritables fautes graves nécessitant son départ.
    Samuel Pruvot et Henrik Lindell

    Mgr Dominique Rey :

    « Fin 2024, le nonce m’a informé que le pape François me demandait de déposer ma charge d’évêque diocésain de Fréjus-Toulon. Par fidélité au successeur de Pierre, j’ai accepté de remettre la charge qui m’avait été confiée en l’an 2000 par Jean-Paul II. Au moment même où j’écris, j’aurais déjà fait mes adieux au diocèse lors de la messe d’action de grâce célébrée le 1er février au domaine de La Castille. Que m’a-t-on reproché ?

    La critique la plus sévère qui m’a été faite concernait l’accueil trop large, dans le diocèse, de communautés et de personnes par lesquelles beaucoup venaient de l’étranger. J’aurais fait preuve d’un manque de prudence et d’un excès de décision, jugent le nonce, Pierre, et, certainement, certains évêques qui, venant de l’extérieur, sont peu révélés. Certaines de ces réceptions portaient surtout sur des prêtres externes et de groupes issus du monde traditionaliste, ce qui aurait fragilisé l’unité du diocèse.

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  • One of Us sur le front européen pour défendre la vie

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    Du site de la Fondation Jérôme Lejeune :

    One of Us sur le front européen pour défendre la vie

    13 Nov 2025
    One of Us sur le front européen pour défendre la vie

    Alors qu’une initiative citoyenne demande à l’Union européenne de financer les avortements transfrontaliers, la fédération One of Us rappelle que l’Europe doit respecter la dignité de la vie humaine.

    Une initiative qui menace la souveraineté des États

    Depuis avril 2024, une nouvelle initiative citoyenne européenne (ICE) intitulée My Voice My Choice (MVMC) cherche à faire financer par l’Union européenne le déplacement et l’avortement des femmes dont le pays restreint cette pratique. L’ICE permet aux citoyens européens d’interpeller la Commission en collectant un million de signatures dans au moins 7 États.

    Lancée en Slovénie avec un soutien financier indirect de la Commission européenne, cette initiative a rassemblé un peu plus d’un million de signatures validées, déposées auprès de la Commission européenne le 1er septembre 2025.

    Ses organisateurs réclament désormais un « accès égal et sûr à l’avortement » dans toute l’Union, et demandent que les fonds européens couvrent les frais de voyage et d’intervention des femmes concernées. Celles-ci pourraient dès lors bénéficier gratuitement de la législation la plus permissive, grâce à un financement commun. Une telle mesure reviendrait à imposer à des pays de financer, via leur contribution au budget européen, des actes contraires à leurs législations nationales. Celles-ci varient beaucoup : en Pologne, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de viol ou de danger pour la santé ; aux Pays-Bas, il est permis jusqu’à 24 semaines. 

    La réponse d’une Europe fidèle à la vie

    Face à cette offensive, la fédération européenne One of Us, dont la Fondation Lejeune assure actuellement la vice-présidence, a pris la parole avec force le 15 octobre 2025. Née elle-même d’une initiative citoyenne européenne, One of Us avait recueilli 1.89 million de signatures – un tiers de plus que MVMC – avec un budget cinq fois moindre.

    La conférence a réuni à Bruxelles près de 300 personnes. Huit députés PPE et ECR ont appelé l’Union à soutenir la maternité, rappelant que la véritable liberté passe par la possibilité d’accueillir la vie. Les témoignages de femmes ayant vécu une grossesse difficile ou un avortement douloureux ont bouleversé l’assemblée : toutes ont affirmé qu’avec un vrai soutien social, matériel ou psychologique, elles auraient choisi de garder leur enfant.

    L’événement a aussi rappelé que, juridiquement, aucun traité européen ne fonde un “droit à l’avortement”, tandis que la maternité figure, elle, parmi les compétences de l’Union.

    La déclaration finale invite la Commission à respecter la Charte des droits fondamentaux, qui protège la dignité humaine et appelle les institutions à mieux soutenir les femmes enceintes.

    Agissez avec One of Us !

    La Commission européenne dispose désormais d’un an, jusqu’en septembre 2026, pour répondre à MVMC. Le collège des 27 Commissaires devra se prononcer.

    Tout citoyen européen peut écrire à chacun des Commissaires pour rappeler que l’UE n’a pas compétence pour financer l’avortement, mais doit protéger la vie et de soutenir la maternité.

    Faites entendre votre voix auprès du Commissaire français : envoyez-lui un message à cab-sejourne-contact@ec.europa.eu

    Si vous souhaitez être accompagnés dans la rédaction de votre lettre, contactez One of Us : info@oneofus.eu

    L’Europe ne sera fidèle à elle-même qu’en protégeant la vie humaine.

  • Quel est le profil du nouveau président de la conférence des évêques des Etats-Unis ?

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    D'InfoVaticana :

    Profil du nouveau président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis : Mgr Paul S. Coakley

    L'élection de l'archevêque Paul Stagg Coakley à la présidence de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) marque une continuité dans l'orientation doctrinale de l'épiscopat américain et offre, en même temps, un aperçu intéressant des sensibilités liturgiques et spirituelles du prélat qui guidera l'Église américaine pendant les prochaines années.

    Né en 1955 à Norfolk, en Virginie, et ordonné prêtre en 1983 pour le diocèse de Wichita, Paul S. Coakley a exercé son ministère au Kansas avant d'être nommé évêque de Salina en 2004. En 2010, il a été nommé archevêque d'Oklahoma City, archidiocèse qu'il dirige depuis. Fort de nombreuses années d'engagement au sein des comités de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), d'une implication dans des initiatives caritatives internationales et d'une réputation de prudence doctrinale, Coakley s'est imposé comme l'une des voix les plus stables de l'épiscopat conservateur américain. Sa devise épiscopale, « Duc in altum » , résume parfaitement son style pastoral : sobre, axé sur le rétablissement des fondements et la prévention des ruptures inutiles.

    Mgr Coakley est connu pour ses positions fermes sur les questions centrales de la doctrine sociale de l'Église. En matière de défense du droit à la vie, il a dénoncé à plusieurs reprises l'avortement comme un mal intrinsèque, sans ambiguïté. Parallèlement, il a souligné que l'application de la peine de mort contribue à la déshumanisation de la société et a exprimé une réserve claire quant à son utilisation, sans toutefois recourir à des comparaisons hasardeuses. Concernant l'immigration, il a mis en garde contre les effets déshumanisants des politiques d'expulsion massive et a rappelé que la tradition américaine s'est construite sur le labeur de générations d'immigrants venus chercher une vie meilleure. Sa position publique maintient un juste équilibre entre la défense de principes non négociables et l'accompagnement pastoral des personnes vulnérables, sans pour autant sombrer dans une polarisation purement idéologique.

    Au-delà de ce que révèlent ses biographies officielles, Coakley possède des aspects formateurs rarement abordés dans les médias traditionnels, mais qui permettent de mieux comprendre sa sensibilité spirituelle. Des sources proches du prélat confirment que l'archevêque fut un disciple de John Senior, le célèbre penseur qui influença plusieurs générations de catholiques américains par sa défense de la tradition, de la culture classique et de la place centrale de la vie monastique comme fondement de la civilisation chrétienne. Il passa également un court séjour à l'abbaye de Fontgombault, l'un des monastères bénédictins les plus influents du renouveau liturgique traditionnel du XXe siècle. Ces détails, généralement passés sous silence dans ses biographies publiques, expliquent son aisance et sa familiarité dans les milieux où la tradition liturgique est pratiquée sans tension idéologique.

    Concernant la liturgie traditionnelle, Mgr Coakley est décrit par ceux qui le connaissent comme très favorable à la messe traditionnelle en latin. Il n'est pas un « évêque traditionaliste » au sens médiatique du terme, mais plutôt un prélat qui ne confond pas la forme extraordinaire du rite romain avec des divisions ou des « guerres culturelles », et qui la considère comme une composante légitime de la richesse liturgique de l'Église. Il la célèbre occasionnellement et entretient des liens étroits avec les communautés qui vivent la tradition liturgique en pleine communion avec l'Église. L'année dernière, lors du célèbre pèlerinage de Clear Creek, Mgr Coakley a assisté à la messe de clôture célébrée par Mgr Athanasius Schneider, au sein du chœur. Sa présence, discrète, modeste et sans publicité, a été grandement appréciée des fidèles, qui l'ont interprétée comme un geste de proximité avec ce monde spirituel, dénué de toute intention d'instrumentalisation.

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) traverse une période complexe, marquée par des tensions internes concernant les priorités pastorales, des débats sur le rôle de la tradition liturgique, des défis en matière de bioéthique, d'éducation catholique et de liberté religieuse, ainsi que des relations délicates avec Rome sur les questions doctrinales et disciplinaires. L'élection de Coakley témoigne d'un épiscopat qui aspire à la stabilité doctrinale et à la sérénité stratégique. Il n'est ni un agitateur ni un administrateur purement technocratique ; il est avant tout un pasteur aux convictions profondes, doté d'une vie spirituelle intense et de la sensibilité nécessaire pour comprendre que le renouveau de l'Église repose autant sur la mission que sur la tradition.

    Le nouveau président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) offre une combinaison rare d'orthodoxie doctrinale sans véhémence, de rigueur intellectuelle ancrée dans la tradition classique et d'une véritable affinité pour la liturgie traditionnelle et la vie monastique. Son leadership sera crucial dans les années à venir, notamment dans un pays où l'Église fonde une grande partie de son identité sur d'intenses pressions culturelles et politiques. La discrétion de Mgr Coakley ne doit pas induire en erreur : son parcours et son expérience laissent penser que, sous sa direction, l'USCCB recherchera la clarté sans confrontation et, peut-être, un regain d'intérêt pour le trésor spirituel de la tradition catholique, mis à mal par le mouvement Traditionis Custodes et une vague d'interdictions et de persécutions.

  • Pourquoi il faut boycotter Amnesty International

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    Synthèse de grok.com (IA) :

    Les défenseurs de la vie (pro-life) appellent au boycott d'Amnesty International en raison de la position de l'organisation sur l'avortement, qu'ils considèrent comme incompatible avec la défense des droits humains, notamment le droit à la vie dès la conception. Voici les principales raisons invoquées, basées sur des critiques publiques et des événements historiques.

    1. Soutien à la dépénalisation de l'avortement

    Amnesty International a officiellement adopté en 2007 une politique favorable à la dépénalisation de l'avortement, le considérant comme un droit humain essentiel pour l'autonomie reproductive des femmes. Cela se manifeste encore aujourd'hui. Les pro-life y voient une promotion de la fin de vie des enfants à naître, qualifiant cela de violation fondamentale des droits humains. Par exemple, des groupes comme le Life Institute en Irlande ont protesté contre cette stance, affirmant qu'on ne peut pas défendre les droits humains tout en militant pour "mettre fin brutalement à la vie d'enfants innocents". Une pétition signée par plus de 140 000 personnes a même appelé Amnesty à cesser son plaidoyer en faveur de l'avortement.

    2. Critiques de l'Église catholique et d'organisations religieuses

    L'Église catholique, autrefois un soutien majeur d'Amnesty, a réagi fortement en 2007 en exhortant les catholiques à ne plus faire de dons à l'organisation et en retirant son financement mondial. Le Conseil pontifical pour la justice et la paix a déclaré que cette position sur l'avortement rendait Amnesty incompatible avec les valeurs catholiques. Des critiques comme Elyssa Koren, de l'ADF International, accusent Amnesty de dénaturer les droits humains en affirmant que les protections commencent "à la naissance", alors que, selon eux, le droit à la vie s'applique dès la conception, comme indiqué dans des textes internationaux comme la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant. Cela a conduit à une perte de membres (estimée à moins de 200 sur 400 000) et à une aliénation de partenaires potentiels.

    3. Promotion active des droits à l'avortement

    Amnesty continue de militer pour un accès universel à l'avortement "aussi tôt que possible et aussi tard que nécessaire", s'opposant aux restrictions comme les consents parentaux ou conjugaux, et qualifiant les interdictions d'avortement de violations des droits humains. Les pro-life arguent que cela ignore les risques pour la santé des femmes (comme les hémorragies dans les pays en développement) et détourne l'attention des solutions alternatives, comme l'amélioration de l'accès à l'éducation, au logement et à la sécurité pour réduire les recours à l'avortement. Des rapports récents d'Amnesty sur les attaques contre les défenseurs de l'avortement renforcent cette perception d'un biais pro-avortement.

    En résumé, pour les défenseurs de la vie, boycotter Amnesty signifie rejeter une organisation qu'ils accusent de prioriser un agenda pro-avortement au détriment de la protection de la vie innocente, sapant ainsi sa crédibilité en matière de droits humains. Ces critiques persistent depuis 2007 et ont conduit à des actions concrètes comme des retraits de fonds et des manifestations.

  • BXL (Woluwé-Saint-Pierre), 13 novembre : "Sexualité et Culture de Vie" avec Catherine Jongen

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    Du site de Clara Life :

    Bonjour  !

    Nous avons le grand plaisir de vous inviter le jeudi 13 novembre à 20h à notre grande conférence :

     Sexualité et Culture de Vie 
    réconcilier désir, responsabilité et dignité

    Pour explorer ce sujet aussi passionnant que délicat, nous aurons la joie d’accueillir Mme Catherine Jongen, thérapeute de couple, sexothérapeute, fondatrice de l’ASBL CoeuraCCord et élue locale à Wavre.

    Elle tentera d’expliciter pourquoi, aujourd’hui, il est urgent de "réconcilier", "d’accorder à nouveau" :

    • Le désir (le corps) ;
    • La responsabilité (le cerveau) ;
    • La dignité (le cœur).
    Pour une meilleure compréhension de ce qui se vit aujourd’hui, elle commencera par un rapide historique du pourquoi, dans les universités et les milieux intellectuels, beaucoup se réjouissent d’avoir enfin scindé amour (dignité) / sexe (désir) / reproduction (responsabilité).

    Elle continuera en donnant des balises de compréhension de la construction très complexe de la sexualité. Enfin, elle proposera de répondre aux questions (en passant éventuellement par l’écrit pour préserver la pudeur, vu l’intimité du sujet).font
    • 13 novembre 2025 à 20h00
    • Lieu : Rue du Duc 40, 1150 Woluwé-Saint-Pierre ;
    • Participation : gratuite ;

    À l’issue de la conférence, nous vous proposerons de rester boire un verre pour prolonger la discussion dans une ambiance conviviale. 

    Plus d'information et inscription sur notre site

    Je m'inscris

  • One of us demande à l’Union Européenne de soutenir les mères

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    De Pauline Darrieus sur le site de Valeurs Actuelles (accès offert) :

    Avortement : One of us demande à l’Union européenne de soutenir les mères

    Ce 15 octobre, des associations pro-vie organisaient une conférence aux côtés de membres du Parlement européen, à Bruxelles. L’objectif ? Défendre les femmes vulnérables qui souhaitent poursuivre leur grossesse, quand une initiative citoyenne tente de contourner le droit national.

    « La maternité n’est pas seulement un choix personnel, c’est un sujet qui concerne toute la société », introduit Ségolène du Closel, déléguée générale de One of us, une fédération d’associations européennes unies pour la vie et la dignité humaine. Des associations telles que l’ECLJ, ou la Marche pour la vie étaient présentes ce jour à Bruxelles, pour soutenir et accompagner les femmes qui venaient témoigner de leur parcours devant les députés européens.

    Cette conférence se tenait en réponse à l’initiative citoyenne « My Voice, My Choice », reconnue valide par le Parlement européen le 1er septembre 2025. Cette requête déposée auprès des institutions européennes en avril 2024, après avoir reçu plus d’un million de signatures, explique que le manque d’accès à l’avortement dans de nombreuses parties de l’Europe expose les femmes à un risque de préjudice physique, économique et psychologique. Et demande donc à la Commission européenne de « présenter, dans un esprit de solidarité, une proposition de soutien financier aux États membres qui seraient en mesure de réaliser des interruptions de grossesse pour toute personne en Europe qui n’aurait toujours pas accès à un avortement sans danger et légal ». Concrètement, il s’agirait que l’Union européenne prenne en charge les frais de déplacements et de santé des personnes qui doivent aller dans un autre État membre pour recourir à l’IVG. 

    Une initiative « contraire au principe de subsidiarité »

    Une opération qui vise directement des pays comme Malte et la Pologne, qui ont restreint le droit à l’avortement, ou encore l’Italie, qui, grâce à un amendement adopté en 2024 par Giorgia Meloni, a autorisé l’accès aux centres d’IVG pour les groupes pro-vie. En effet, à écouter des associations telles qu’Oxfam, l’avortement serait « un droit menacé en Europe ». Alors même que le droit à l’avortement est rentré dans la Constitution française en mars 2024 et que la clause de conscience des médecins est encore contestée par certains. 

    « Si vous êtes ici aujourd’hui, c’est que vous voulez créer une prise de conscience chez les Européens sur la beauté de la maternité », affirme Tonio Borg, le président de One of us. Cette initiative citoyenne suscite également un questionnement en termes légaux. « C’est contraire au principe de subsidiarité », souligne le président de la fédération pro-vie. Un principe selon lequel une action ne doit être réalisée au niveau de l’Union que si les objectifs de l’action ne peuvent être réalisés de manière suffisante par les États membres, et si l’Union est plus efficace à agir.

    « J’ai eu l’impression de me rendre à l’abattoir »… L’ECLJ veut mettre en lumière les angles morts du débat sur l’avortement

    L’UE veut imposer l’avortement à des pays qui le refusent

    De nombreux politiques européens étaient présents pour défendre le droit des femmes à choisir la vie, et pour demander à l’Union européenne de mieux aider celles qui se retrouvent seules face à ce choix. « Si les associations ‘pro-choix’ sont financées par l’UE, pourquoi ne pas financer aussi celles qui défendent la maternité ? », s’interroge Tonio Borg. Laurence Trochu, du parti Identités-Libertés, Peter Agius, député maltais, ou encore la députée Slovaque Myriam Lexmann, ont pris la parole en faveur de ces femmes souvent esseulées, qui pensent que l’avortement est la seule voie possible. 

    Nous recevons beaucoup de haine, mais cela importe peu, car nous savons que nous défendons le Bien.

    « Je suis très triste de voir les institutions européennes que j’aime, vouloir imposer l’avortement à des pays qui n’en veulent pas », déclare Peter Agius. « La dignité humaine est désormais protégée dans la Constitution slovaque : les lois bioéthiques appartiennent à la souveraineté nationale. Nous recevons beaucoup de haine, mais cela importe peu, car nous savons que nous défendons le Bien », ajoute la députée slovaque Myriam Lexmann. « Nous lançons un appel solennel à l’Union européenne pour défendre la vie, mieux protéger les femmes vulnérables et leur permettre de faire un choix éclairé », affirment-ils.

    Permettre un choix éclairé

    Parce que les partisans de l’avortement oublient généralement de consulter les premières concernées, One of us a souhaité donner la parole à plusieurs femmes, originaires de pays différents, qui ont subi des IVG, ou bien, ont été confrontées à ce choix. Charlène, 39 ans, française, raconte avoir avorté à 27 ans, alors qu’elle était dans une relation sérieuse, sous la pression de son conjoint. « Le planning familial m’a dit que ce n’était pas un bébé, mais un amas de cellule. Et lorsque j’ai fait part de mes doutes à propos de l’avortement au médecin, il m’a demandé si ça avait un rapport avec mes convictions religieuses », explique la jeune femme. « J’ai mis des années à comprendre ce que j’avais vécu », conclut celle qui souhaiterait que le personnel médical soit mieux former à déceler les pressions de l’entourage.

    Des années après, ces femmes demeurent bouleversées par cette étape de leur vie qu’elles qualifient toutes de « traumatisme ». Évoquer cette épreuve est toujours difficile. Nirvana, âgée 34 ans, est aujourd’hui mère de 4 enfants âgés de 15 à 2 ans. Elle tombe enceinte la première fois alors qu’elle n’a que 18 ans. Elle n’en parle pas à ses parents. Elle aussi est abandonnée par le père de l’enfant. Elle avorte, faute d’autres perspectives. Aujourd’hui, elle regrette que les femmes enceintes ne soient pas mieux accompagnées. « J’ai dû travailler pendant mes grossesses, j’ai élevé mes enfants seule. Mais j’aurais aimé être mieux accompagnée », parvient-elle à dire entre deux sanglots.

    La personne au téléphone m’a écoutée, sans jugement. Elle m’a redonné confiance en moi. Cet échange a joué un rôle crucial dans ma décision.

    Malgré tous les obstacles, Ana Mafalda, une portugaise, mère de triplés âgés de six ans, montre qu’un autre chemin est possible. Livrée à elle-même lorsqu’elle tombe enceinte, elle a la chance de trouver le contact d’une association alors qu’elle se trouve dans la salle d’attente d’un médecin qui la destinait probabelement à l’avortement. « La personne au téléphone m’a écoutée, sans jugement. Elle m’a redonné confiance en moi. Cet échange a joué un rôle crucial dans ma décision », raconte-t-elle. Le jour de l’avortement arrive, et alors qu’on lui tend le médicament : « J’ai réussi à dire ‘non’. Sans cette association, j’aurais surement pris une autre décision. » La jeune mère souhaiterait que de telles associations soient plus nombreuses pour épauler les mères en devenir : « Mes filles sont le plus grand cadeau de ma vie. »

  • Le discours du Pape Léon XIV lors de sa visite officielle au Président de la République italienne

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    VISITE OFFICIELLE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE, SERGIO MATTARELLA

    DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

    Palais du Quirinal
    mardi 14 octobre 2025

    Monsieur le Président ,

    Je vous remercie pour vos aimables paroles et pour l’invitation à venir ici, au Quirinal, un palais si étroitement lié à l’histoire de l’Église catholique et à la mémoire de nombreux papes.

    En tant qu’Évêque de Rome et Primat d’Italie, il est important pour moi de renouveler, par cette visite, le lien fort qui unit le Siège de Pierre au peuple italien que vous représentez, dans le cadre des relations bilatérales cordiales qui existent entre l’Italie et le Saint-Siège, profondément marquées par une amitié sincère et une collaboration mutuelle efficace.

    Il s'agit, après tout, d'une union heureuse, ancrée dans l'histoire de cette péninsule et dans la longue tradition religieuse et culturelle de ce pays. On en voit les signes, par exemple, dans les innombrables églises et clochers qui parsèment le paysage, souvent de véritables trésors d'art et de dévotion, où la créativité innée de ce peuple, alliée à sa foi authentique et solide, nous a laissé un témoignage d'une grande beauté : artistique, certes, mais surtout morale et humaine.

    Je saisis l'occasion de notre rencontre pour exprimer la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce que les autorités italiennes ont fait et continuent de faire à l'occasion de divers événements ecclésiaux difficiles, centrés sur Rome et de résonance universelle.

    Je voudrais exprimer ma gratitude particulière pour les efforts déployés à différents niveaux après le décès de mon vénéré prédécesseur, le pape François.  Ici même, au Quirinal, il déclarait : « Mes racines sont dans ce pays » ( Discours lors de la visite officielle au Président de la République italienne, 10 juin 2017), et son amour pour la terre et le peuple italiens a certainement trouvé ces jours-là un écho touchant et chaleureux, qui s'est également manifesté dans l'engagement profond et réfléchi qu'il a pris lors du conclave qui a suivi pour l'élection du nouveau pontife.

    Je voudrais une fois de plus vous exprimer mes sincères remerciements, Monsieur le Président, ainsi qu'à tout le pays, pour le bel exemple d'hospitalité et d'organisation efficace que l'Italie offre depuis des mois durant l'Année jubilaire, sous divers aspects – logistique, sécurité, préparation et gestion des infrastructures et des services, et bien plus encore –, ouvrant les bras et montrant son visage hospitalier aux nombreux pèlerins qui affluent du monde entier. L'Église universelle célèbre le  Jubilé de l'espérance. Le pape  François , dans la bulle  Spes non confindit , par laquelle il l'a annoncé en mai 2024, a souligné l'importance de « prêter attention au grand bien présent dans le monde afin de ne pas céder à la tentation de se croire submergé par le mal et la violence » (n. 7). Je pense que la belle synergie et collaboration que nous vivons ces jours-ci constitue déjà un signe d’espérance pour tous ceux qui viennent avec foi franchir la Porte Sainte et prier sur les tombeaux de Pierre et des Apôtres.

    Dans quelques années, nous célébrerons le centenaire des  Accords du Latran. À cet égard, il me paraît d'autant plus opportun de réaffirmer l'importance de la distinction mutuelle entre ces domaines. C'est pourquoi, dans un climat de respect cordial, l'Église catholique et l'État italien collaborent pour le bien commun, au service de la personne humaine, dont la dignité inviolable doit toujours primer dans les processus de décision et dans l'action, à tous les niveaux, pour le développement social, en particulier pour la protection des plus vulnérables et des plus démunis. À cette fin, je salue et encourage l'engagement mutuel à fonder toute collaboration sur le  Concordat  de 1984 et dans son plein respect.

    Comme il est malheureusement évident, nous vivons une époque où, à côté de nombreux signes d’espoir, de nombreuses situations de grave souffrance affectent l’humanité dans le monde entier et nécessitent des réponses urgentes et clairvoyantes.

    Le premier engagement que je voudrais rappeler à ce propos est celui en faveur de la paix. De nombreuses guerres ravagent notre planète, et en regardant les images, en lisant les nouvelles, en écoutant les voix, en rencontrant les personnes qui en sont douloureusement affectées, les paroles de mes  prédécesseurs résonnent avec force et force. Comment oublier l'avertissement irréfutable, mais ignoré, de  Benoît XV pendant la Première Guerre mondiale (cf.  Lettre aux chefs des peuples belligérants, 1er août 1917) ? Et, à la veille de la Seconde, celui du vénérable  Pie XII  (cf.  Message radiophonique aux gouvernements et aux peuples en danger imminent de guerre, 24 août 1939) ? Regardons les visages de ceux qui sont bouleversés par la férocité irrationnelle de ceux qui planifient sans pitié la mort et la destruction. Écoutons leur cri et rappelons-nous, avec saint  Jean XXIII , que « tout être humain est une personne, c'est-à-dire une nature douée d'intelligence et de libre arbitre ; il est donc sujet de droits et de devoirs qui découlent immédiatement et simultanément de sa nature même : droits et devoirs qui sont donc universels, inviolables, inaliénables » (Lettre encyclique  Pacem in terris , 11 avril 1963, n. 5). Je renouvelle donc mon appel pressant à continuer d'œuvrer pour le rétablissement de la paix dans toutes les parties du monde et à cultiver et promouvoir toujours davantage les principes de justice, d'équité et de coopération entre les peuples, qui en sont le fondement indispensable (cf. saint Paul VI,  Message pour la célébration de la Première Journée mondiale de la paix, 1er janvier 1968).

    À cet égard, je tiens à exprimer ma gratitude au gouvernement italien pour son engagement à répondre aux nombreuses situations difficiles liées à la guerre et à la pauvreté, en particulier celles des enfants de Gaza, notamment en collaboration avec l'hôpital Bambino Gesù. Ces efforts constituent des contributions fortes et efficaces à la construction d'une coexistence digne, pacifique et prospère pour tous les membres de la famille humaine.

    À cette fin, l'engagement commun que l'État italien et le Saint-Siège ont toujours manifesté et continuent de manifester en faveur du multilatéralisme est certainement bénéfique. Il s'agit d'une valeur très importante. Les défis complexes de notre époque rendent en effet plus que jamais nécessaires la recherche et l'adoption de solutions communes. Il est donc essentiel de mettre en œuvre ces dynamiques et ces processus, en rappelant leurs objectifs initiaux, visant principalement à résoudre les conflits et à favoriser le développement (cf.  François , Lettre encyclique  Fratelli tutti , 3 octobre 2020, 172), en favorisant un langage transparent et en évitant les ambiguïtés susceptibles de provoquer des divisions (cf. Ibid.,  Discours aux membres du Corps diplomatique , 9 janvier 2025).

    Nous nous apprêtons à célébrer, l'année prochaine, un anniversaire important : le huitième centenaire de la mort de saint François d'Assise, saint patron de l'Italie, le 3 octobre 1226. Cet événement nous offre l'occasion de souligner l'urgence de prendre soin de notre « maison commune ». Saint François nous a appris à louer le Créateur dans le respect de toutes les créatures, lançant son message du « cœur géographique » de la Péninsule et le transmettant de génération en génération jusqu'à nous, à travers la beauté de ses écrits et le témoignage de lui-même et de ses frères. C'est pourquoi je crois que l'Italie a reçu de manière particulière la mission de transmettre à ses peuples une culture qui reconnaît la terre « comme une sœur avec laquelle nous partageons notre existence, et comme une belle mère qui nous accueille dans ses bras » ( François , Lettre encyclique  Laudato Si' , 1).

    Ces dernières décennies, comme nous le savons, l'Europe a connu une baisse significative de la natalité. Cela exige un engagement à promouvoir des choix favorables aux familles à différents niveaux, en soutenant leurs efforts, en promouvant leurs valeurs et en protégeant leurs besoins et leurs droits. « Père », « mère », « fils », « fille », « grand-père » et « grand-mère » sont, dans la tradition italienne, des mots qui expriment et évoquent naturellement des sentiments d'amour, de respect et de dévouement, parfois héroïque, pour le bien de la communauté familiale et, par conséquent, pour celui de la société dans son ensemble. Je voudrais en particulier souligner l'importance d'assurer à toutes les familles le soutien essentiel d'un emploi digne, dans des conditions équitables et en tenant compte des besoins de la maternité et de la paternité. Faisons tout notre possible pour redonner confiance aux familles, en particulier aux jeunes familles, afin qu'elles puissent envisager l'avenir avec sérénité et grandir en harmonie.

    Dans ce contexte, nous voyons l'importance fondamentale, à tous les niveaux, de respecter et de protéger la vie, à toutes ses étapes, de la conception à la vieillesse, jusqu'au moment de la mort (cf.  François,  Discours à l'Assemblée plénière de l'Académie pontificale pour la Vie, 27 septembre 2021). Je souhaite que cette conscience continue de croître, également en ce qui concerne l'accessibilité des soins médicaux et des médicaments, selon les besoins de chacun.

    Je remercie ce pays pour l'aide généreuse qu'il offre aux migrants, de plus en plus nombreux à frapper à sa porte, ainsi que pour son engagement dans la lutte contre la traite des êtres humains. Ce sont des défis complexes de notre époque, auxquels l'Italie n'a jamais renoncé. Je vous encourage à toujours maintenir une attitude dynamique d'ouverture et de solidarité. Je tiens également à souligner l'importance d'intégrer de manière constructive les nouveaux arrivants aux valeurs et aux traditions de la société italienne, afin que le don mutuel qui naît de cette rencontre entre les peuples soit véritablement enrichissant et bénéfique pour tous. À cet égard, je souligne combien il est précieux pour chacun d'entre nous d'aimer et de transmettre sa propre histoire et sa propre culture, avec ses signes et ses expressions : plus nous nous reconnaissons et nous aimons sereinement, plus il est facile de rencontrer et d'intégrer les autres, sans peur et avec un cœur ouvert.

    À cet égard, on observe aujourd'hui une certaine tendance à sous-estimer, à divers niveaux, les modèles et les valeurs qui se sont développés au fil des siècles et qui façonnent notre identité culturelle, tentant parfois même d'en effacer la pertinence historique et humaine. Ne dédaignons pas ce que nos ancêtres ont vécu et ce qu'ils nous ont transmis, même au prix de grands sacrifices. Ne nous laissons pas séduire par des modèles massifiants et fluides, qui ne favorisent qu'un semblant de liberté, mais qui rendent les personnes dépendantes de formes de contrôle telles que les modes passagères, les stratégies commerciales ou autres (voir Cardinal Joseph Ratzinger,  Homélie lors de la messe d'élection du Pontife romain, 18 avril 2005). Préserver la mémoire de ceux qui nous ont précédés, préserver les traditions qui ont fait de nous ce que nous sommes, est important pour envisager le présent et l'avenir avec conscience, sérénité, responsabilité et perspective.

    Monsieur le Président, pour conclure, je voudrais vous adresser mes vœux les plus chaleureux de réussite, à vous et, à travers vous, à tout le peuple italien. L'Italie est un pays d'une immense richesse, souvent humble et cachée, qui a donc parfois besoin d'être découverte et redécouverte. C'est dans cette merveilleuse aventure que j'encourage tous les Italiens à se lancer, à y puiser de l'espoir et à affronter avec confiance les défis présents et futurs. Merci.