Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Défense de la Vie

  • «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort»; 10.000 personnes ont manifesté à Paris

    IMPRIMER

    D' sur le site du Figaro (extraits) :

    «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort» : à Paris, la «marche pour la vie» à l’épreuve du calendrier politique

    Pendant que les bénévoles terminent les préparatifs. Geneviève Bourgeois, gériatre et porte-parole de la «marche pour la vie», inscrit le sujet dans une lecture historique, et met en garde contre une pente qu’elle estime déjà observable ailleurs en Europe : «Plus on regarde l’histoire, que ce soit en France ou dans les autres pays d’Europe, plus on se rend compte que depuis plus de 50 ans un mouvement mortifère tente de s’emparer de la conscience collective et attire les politiques vers des décisions toujours plus contraires à la vie.»

    Marie-Lys Pellissier, autre porte-parole, assume la ligne politique du mouvement : «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort mais d’une société qui protège et accompagne les plus fragiles, à tous les moments de leur vie, quels que soient leur état de dépendance et le coût de leur existence.» Face à l’expression de «droit à mourir dans la dignité», elle oppose un autre impératif : «Nous demandons un droit effectif - et je dis bien effectif - à un accompagnement médical complet, c’est-à-dire aux soins palliatifs, seule solution légitime au problème de la fin de vie en France.» Le Sénat a remplacé «le droit à l’aide à mourir» par «une assistance médicale à mourir» : qu’en penser ? Marie-Lys Pellissier tranche : «Il est question d’assistance médicale, donc on considère le fait de donner la mort comme un soin.»

    «Là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté»

    À 14 heures, la place Vauban change de visage. Les arrivées s’accélèrent, par vagues. Des familles, des groupes de jeunes, des couples, des personnes âgées. Les pancartes se distribuent rapidement : «La souffrance se soigne, la vie se protège»«La dignité, pas la mort»«Soigner, pas supprimer ». L’ambiance est joyeuse, paisible, presque festive - une légèreté revendiquée, comme pour éviter de réduire la marche à une procession de contestation.

    Sur la scène, les discours prennent un ton plus martial. Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, dénonce : «Ce projet de loi est un dévoiement de la mission du corps médical, qui est de protéger la vie. L’histoire l’a montré, là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté.» Vient ensuite le témoignage de Maxence Clicquot de Mentque. 21 ans, étudiant à Toulouse, atteint de la myopathie de Duchenne, il dit sa joie de vivre malgré un corps très atteint. Un hommage suit, à Charlie Kirk«mort pour avoir défendu la vie», influenceur américain conservateur et représentant de la jeunesse pro-Trump, tué par balle sur un campus d’une université de l’Utah le 10 septembre 2025. Puis le cortège s’élance.

    La marche avance pour une boucle dans le quartier. Parmi les jeunes regroupés près de la tête, Gonzague, 23 ans, venu de Bourgogne, ne cache pas une forme de colère froide : «Malgré le fait que la loi avance dans son processus législatif, il faut ne rien lâcher. Même si la loi passe, le but est aussi d’influencer l’opinion, de montrer que la jeunesse se mobilise et que la vie doit être défendue quoi qu’il arrive.» Il poursuit : «Si l’euthanasie est inscrite dans la loi, ça ne nous empêchera pas de défendre la vie de sa conception jusqu’à sa fin. Les législateurs ne se rendent pas compte qu’ils ouvrent une boîte à toutes les dérives.» (...)

    Selon les organisateurs, la «marche pour la vie» 2026 a rassemblé 10.000 participants, et 7.300 selon la préfecture de police de Paris au plus fort de la manifestation. (...)

  • « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques français contre le projet de loi Fin de vie

    IMPRIMER

    De Famille Chrétienne (Angeline Desdevises / Hans Lucas) :

     
    « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques contre le projet de loi Fin de vie

    À la veille du débat dans l’hémicycle, les évêques de France rappellent leur opposition à l’aide à mourir et plaident pour un renforcement des soins palliatifs.

    « Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse », soulignent les évêques de France jeudi dans une tribune, alors que le débat parlementaire sur la fin de vie a repris depuis mercredi en commission au Sénat. Tout en rappelant leur « profond respect pour les personnes en fin de vie », ils rappellent que la France a fait depuis plus de 25 ans le « choix singulier et précieux » de « refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée ». Dans ce texte transmis à la presse et signé par les évêques du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), les prélats interrogent « la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort », et soulignent que leur motivation « n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle ».

    Un « mensonge »

    Les évêques rappellent que l’accès aux soins palliatifs demeure « très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts »« Nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes », appuient-ils. « Évoquer une loi de fraternité quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge », écrivent-ils. « Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques (…) Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité », souligne leur texte.

    Le Sénat a repris depuis mercredi l’examen de ce texte, souhaité par l’exécutif mais reporté à plusieurs reprises en raison des soubresauts politiques. La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.

  • « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes

    IMPRIMER

    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » : la Marche pour la vie descend dans la rue le 18 janvier

    15 janvier 2026
     

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » Dimanche, 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes à la veille de l’examen par le Sénat des propositions de loi relatives à la fin de vie, à compter du 20 janvier.

    « L’euthanasie n’est évidemment pas le seul thème de la Marche pour la vie, mais elle en constitue aujourd’hui l’enjeu central », explique Guillaume de Thieulloy, le président du mouvement. « Aujourd’hui, on parle de vie et de mort », souligne Marie-Lys Pellissier, porte-parole du collectif.

    « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas »

    « Il existe encore en France des personnes qui estiment que la dignité humaine tient à notre condition d’homme, et non à notre état, à notre âge, à notre santé ou à notre richesse », affirme le président de la Marche pour la vie. Parmi les intervenants prévus dimanche, un jeune homme atteint de la myopathie de Duchenne : « Pour toutes les personnes comme lui, qui seraient en soi éligibles à l’euthanasie ou au , cette proposition de loi est une véritable violence, puisque la mort leur est présentée comme un soin », s’indigne la porte-parole (cf. « Droit à l’aide à mourir » : « cette loi nous indique froidement la porte de sortie »).

    Afin d’encourager les Français à rejoindre la place du Trocadéro, le collectif a financé l’affrètement de plusieurs cars, en provenance de différentes villes de France. « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas », rappelle Guillaume de Thieulloy.

    Sources de la synthèse de presse : Famille chrétienne (14/01/2026) ; Valeurs actuelles, Bertille Vaur (13/01/2026)

  • Journées de prière pour les enfants à naître : Neuvaine « 9 jours pour la vie » aux États-Unis

    IMPRIMER

    Du Tagespost :

    9 Days for Life' To Unite Hundreds of Thousands in Prayer | Rhode Island  Catholic

    Journées de prière pour les enfants à naître : Neuvaine « 9 jours pour la vie » aux États-Unis

    Les évêques américains invitent les fidèles à une neuvaine de prière du 16 au 24 janvier. Elle consiste en une intention de prière quotidienne, une courte réflexion et une action concrète destinée à contribuer à une culture de vie.

    15 janvier 2026

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) invite les fidèles à prier la neuvaine annuelle « Neuf jours pour la vie » en défense de la vie à naître. Cette initiative de prière de neuf jours, promue par le Secrétariat pour les activités pro-vie de l’USCCB, débutera le vendredi 16 janvier et se terminera le 24 janvier 2026. Elle s’inscrit dans le cadre d’un engagement particulier de l’Église en faveur de la vie au mois de janvier et est étroitement liée à la « Journée de prière pour la protection juridique des enfants à naître » du 22 janvier, que les évêques présentent comme une journée de prière et de pénitence.

    Les évêques américains promeuvent cette neuvaine depuis 2013, initialement pour commémorer le 40e anniversaire de l'arrêt Roe v. Wade (22 janvier 1973), qui a légalisé l'avortement dans tout le pays. Ils rappellent qu'à la suite de cette décision, « des millions d'enfants ont perdu la vie » et que de nombreuses femmes et familles ont souffert. Bien que la Cour suprême ait cassé l'arrêt Roe v. Wade en 2022 avec l'arrêt Dobbs v. Jackson, rétablissant ainsi la compétence des États américains en matière de réglementation de l'avortement, les évêques soulignent la nécessité de poursuivre et de maintenir des efforts soutenus pour protéger les enfants et leurs mères de la tragédie de l'avortement.

    Veuillez mettre fin à l'avortement

    L'objectif principal de la neuvaine est de plaider pour la fin de l'avortement. Parallèlement, chaque jour est consacré à une préoccupation particulière : des prières sont offertes pour les mères et les pères, pour les personnes qui subissent les conséquences d'un avortement, pour les responsables politiques et pour tous ceux qui s'engagent pour la protection de la vie.

    La structure quotidienne est volontairement simple, alliant prière et réflexion spirituelle à un exercice pratique : chaque intention est suivie de prières spécifiques (le Notre Père, trois Je vous salue Marie et un Gloire au Père), d’une courte méditation et d’une suggestion pour se racheter. Par exemple, une prière est proposée pour que toutes les personnes souffrant de leur implication dans un avortement trouvent pardon, espoir et guérison en Christ, ainsi qu’une invitation à prier un mystère du Rosaire pour les pères d’enfants à naître. Enfin, sous la rubrique « Pour aller plus loin », des suggestions permettent d’approfondir l’intention, notamment en s’informant sur les liens entre pauvreté et avortement.

    Le 22 janvier revêt une signification particulière. Les évêques l'ont désigné comme « journée spéciale de prière et de pénitence ». Dans les diocèses des États-Unis, cette journée est consacrée à la prière pour le rétablissement intégral du droit à la vie et à la pénitence pour les atteintes à la dignité humaine commises par l'avortement.

    Services religieux, jeûne ou abstinence de viande

    Pour célébrer ce jour, les évêques recommandent notamment la participation à la messe, le jeûne ou l’abstinence de viande, la récitation du chapelet ou de la dévotion à la Miséricorde divine, et la prière pour la vie devant le Saint-Sacrement. Sur le plan liturgique, la Présentation générale du Missel romain (PGMR) prévoit des célébrations spécifiques pour ce jour, telles qu’une messe d’action de grâce pour le don de la vie humaine ou une messe pour la préservation de la paix et de la justice.

    Les personnes intéressées peuvent s'inscrire ici pour recevoir les réflexions quotidiennes par courriel ou SMS ; la neuvaine est disponible en anglais et en espagnol. De plus, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) propose de nombreux supports – documents, modèles et ressources pour les responsables des paroisses, des écoles et des centres pastoraux qui souhaitent prier, promouvoir et partager la neuvaine ensemble. 

  • "Le corps dans tous ses états" : l'Université de la Vie de retour en Belgique

    IMPRIMER

    Bandeau ieb

    Evénement

    L' UNIVERSITE DE LA VIE DE RETOUR EN BELGIQUE !

    Photo par formulaire PxHere

    Comme chaque année depuis 2015, l'Institut Européen de Bioéthique diffuse et coordonne en Belgique l'excellente formation proposée par Alliance Vita : l'Université de la vie. 

    L’Université de la vie est un cycle de formation en trois séances qui présente et décrypte les enjeux actuels de la bioéthique pour agir en faveur de la protection et la défense de la dignité humaine.

    Sous forme de courtes vidéos et guidée par un fil rouge commun, chaque ville participante s'approprie la formation en la ponctuant de temps d'échange et de réflexion. Aux trois soirées, un témoin local est invité à s'exprimer. 

    Nous vous invitons chaleureusement à participer à l'UDV dans l'une de ces villes : Tournai, Bruxelles, Louvain La Neuve, Namur, Liège, Hannut, Banneux. 

    Les dates des séances ne sont pas identiques à toutes les villes, allant de fin janvier à fin mars. Pour toutes questions d'ordre pratique n'hésitez pas à prendre contact en répondant à ce courriel.

    Le thème de cette année : 

    LE CORPS DANS TOUS SES ETATS 

    3 séances de formation bioéthique : 

    1. PRENDRE CORPS – aux origines du corps, entre mystère et émerveillement  

    2. VIVRE EN CORPS – un corps qui vit, grandit, mûrit, ressent, vieillit… 

    3. FAIRE CORPS – de l’individu au corps social 

    Présentation vidéo de l'UDV

    UDV2026

    Les villes belges qui accueillent l'UDV :

    TOURNAI : lundi 16, 23 et 30 mars à 20H

    BRUXELLES : lundi 16, 23 et 30 mars à 20H

    LOUVAIN LA NEUVE : lundi 9, 16 et 30 mars à 19H30

    NAMUR : lundi 16, 23 et 30 mars à 20H

    LIEGE : Mercredi 11, 18 et 25 mars 19H

    HANNUT : Dimanche 8, 15 et 22 février 18H 

    BANNEUX : Dimanche 18, 25 Janvier, 1 et 8 Février à 17H

    Edito

    Anne-Charlotte Rimaud 

    PRÉSIDENTE D’ALLIANCE VITA

    Merveilleux et mystérieux, notre corps nous fascine autant qu’il nous questionne. Notre époque interroge profondément notre rapport au corps : à la fois célébré, sollicité, maîtrisé, et parfois même "rêvé" autrement. Les innovations scientifiques et technologiques nous émerveillent autant que leurs usages peuvent nous déstabiliser, et se retourner même contre l’homme, en son corps, en sa personne. Elles nous poussent plus que jamais à questionner, à revisiter ce que signifie être un être incarné, vulnérable, relationnel. En effet, tout part de là : pas de corps, pas de personne. 

    C’est dans ce contexte que nous avons choisi le thème de cette nouvelle Université de la vie : « Le corps dans tous ses états ». Nous voulons prendre le temps d’explorer ce lieu si essentiel où se joue toute notre humanité. Car c’est dans et par notre corps que la vie se donne, que les liens se tissent, que la fragilité s’exprime et que la solidarité prend forme. 

    Au fil des trois soirées de l’Université de la vie d’Alliance VITA, nous réfléchirons ensemble à ce qui fonde notre condition corporelle : le début de la vie et l’émerveillement qu’il suscite, les étapes de la vieillesse et de la fin de vie qui appellent tant de présence et de soin, et enfin cette dimension relationnelle qui nous unit au sein d’un même “corps social” : la solidarité. Alliance VITA, engagée auprès des plus fragiles, devait naturellement se saisir de ce thème essentiel. Que cette édition soit pour chacun une source de prise de conscience, d’espérance et d’engagement. Ensemble, redécouvrons la grandeur de notre vie incarnée et apprenons à vraiment faire corps. 

    Bonne Université de la vie ! 

    Université de la vie
  • Dé-fécondité; ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

    IMPRIMER

    Une recension sur gènéthique.org :

    Dé-fécondité. Ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

    13 janvier 2026

    Année après année, le constat est là : la natalité est en baisse. Abyssale.

    Les raisons sont diverses. Tantôt théoriques comme le « souci de la planète » qui confère au fait de ne pas engendrer « un tour responsable et altruiste », tantôt pratiques telle l’« évaporation des communautés » qui laisse les parents livrés à eux-mêmes. « La dénatalité exprimerait, faute de mieux, une forme de défection intérieure », analyse Olivier Rey.

    L’enfant viendrait-il restreindre la liberté de ses parents ? Mais en fait de liberté, il s’agit d’une « aliénation complète au mode de vie consumériste ». Dès lors, « l’enfant entre en compétition avec l’ensemble des biens de consommation dont, par le temps qu’il requiert et les dépenses qu’il occasionne, il barre l’accès ». Et, « au gré de cette compétition, il tend à devenir lui-même un bien de consommation, dont le rapport qualité/prix pourra paraitre dissuasif ». Dissuasive aussi la perspective d’une grossesse, cette « maladie » qu’il faudrait à tout prix éviter.

    Mais « aux raisons sérieuses qu’il y a de ne pas engendrer, peuvent être opposées des raisons au moins aussi sérieuses de le faire » et c’est à cela que s’emploie avec profondeur le philosophe et mathématicien dans cet essai.

    Olivier Rey le rappelle : « Péguy, quant à lui, écrivait il y a déjà un siècle : « Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui. Ils ne courent absolument aucun danger en comparaison de lui « ». Car « l’aventure dans laquelle père et mère (dont Péguy aurait aussi dû parler) d’enfants se trouvent embarqués est trop grande pour eux – c’est une caractéristique de l’humanité que d’être vouée à des tâches qui dépassent ses forces, affirme le philosophe. C’est ainsi qu’elle continue. »

    L’aventure est risquée, éprouvante, mais elle est nécessaire. Elle est belle. Et « les enfants qui naissent apportent avec eux la raison de leur présence. »

    Editeur : Gallimard, Collection Tracts

    Date de publication : 30/10/2025

    Nombre de pages : 64

  • Cinq points clés du premier discours du pape Léon XIV sur l'état du monde

    IMPRIMER

    D'Edgar Beltran sur le Pillar :

    Cinq points clés du premier discours du pape Léon XIV sur l'état du monde

    Léon XIV a exposé ses priorités diplomatiques pour l'année à venir.

    Ce discours, traditionnellement prononcé en début d'année, est souvent qualifié de discours papal sur « l'état du monde ». Celui de cette année revêtait une importance particulière : c'était la première occasion pour Léon XIV d'esquisser ses priorités diplomatiques et d'indiquer sur quels points il souhaitait poursuivre ou, au contraire, s'éloigner du pape François.

    Qu’a dit Léon dans son discours – et quel éclairage son allocution apporte-t-elle sur ses priorités et son style diplomatiques pour l’année à venir ?

    Venezuela

    La partie du discours qui a sans doute été la plus scrutée concernait le Venezuela, suite à la capture par les États-Unis du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas et aux frappes aériennes contre des cibles militaires dans la ville.

    Dans son Angélus du 4 janvier, le pape a adopté un ton prudent, déclarant que « le bien du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération et nous conduire à surmonter la violence et à emprunter les voies de la justice et de la paix, en sauvegardant la souveraineté du pays, en assurant l'état de droit inscrit dans la Constitution, en respectant les droits humains et civils de chaque personne et de tous. »

    Il a repris ces propos dans son discours aux diplomates, déclarant qu'il renouvelait son « appel au respect de la volonté du peuple vénézuélien et à la sauvegarde des droits humains et civils de tous, afin d'assurer un avenir de stabilité et de concorde.

    Il a cité l'exemple des deux saints vénézuéliens récemment canonisés, saint José Gregorio Hernández et sainte Carmen Rendiles.

    « Puisse leur témoignage inspirer la construction d’une société fondée sur la justice, la vérité, la liberté et la fraternité, et permettre ainsi à la nation de se relever de la grave crise qui la frappe depuis tant d’années », a-t-il déclaré.

    Il est à noter que la version espagnole du discours du pape comprenait un paragraphe supplémentaire qui a été lu par erreur par le traducteur espagnol pendant le discours, mais que le pape n'a pas lu et qui n'apparaissait dans aucune autre version écrite du discours.

    Ce paragraphe désigne le trafic de drogue comme l'une des causes de la crise vénézuélienne.

    « Parmi les causes de cette crise figure sans aucun doute le trafic de drogue, qui est un fléau pour l’humanité et exige l’engagement conjoint de tous les pays pour l’éradiquer et empêcher que des millions de jeunes à travers le monde ne deviennent victimes de la toxicomanie », indique le rapport.

    « Parallèlement à ces efforts, il est indispensable d’investir davantage dans le développement humain, l’éducation et la création d’emplois pour les personnes qui, bien souvent, se retrouvent impliquées dans le monde de la drogue sans le savoir », conclut le texte.

    La mention du Venezuela dans son discours s'inscrit dans la continuité de l'approche mesurée de Leo face à la crise dans le pays, puisqu'il marche sur un fil entre la défense de la paix et du dialogue et le risque de donner l'impression de faire le jeu de Maduro en critiquant ouvertement les attaques menées par les États-Unis.

    Cependant, la mention apparemment effacée du trafic de drogue pourrait être perçue par les observateurs comme une occasion manquée d'attribuer la responsabilité de l'effondrement du Venezuela d'une manière que de nombreux Vénézuéliens — et gouvernements occidentaux — reconnaîtraient aisément.

    Liberté de conscience

    Le pape a consacré plusieurs paragraphes de son discours à la défense de la liberté de conscience et de religion dans le monde entier.

    Tout d'abord, Léon XIV a critiqué ouvertement les restrictions politisées à la liberté d'expression dans les pays occidentaux, affirmant que « la liberté d'expression est garantie précisément par la certitude du langage et le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater à quel point, surtout en Occident, l'espace pour une véritable liberté d'expression se réduit rapidement. »

    « Parallèlement, un nouveau langage de type orwellien se développe qui, dans une tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’alimentent », a-t-il ajouté.

    Il a déclaré que cet « affaiblissement du langage » a contribué à la violation de la liberté de conscience.

    « L’objection de conscience permet aux individus de refuser des obligations légales ou professionnelles qui entrent en conflit avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans leur vie personnelle. Il peut s’agir du refus du service militaire au nom de la non-violence, ou du refus, de la part des médecins et des professionnels de la santé, de pratiquer des actes tels que l’avortement ou l’euthanasie », a-t-il déclaré.

    « La liberté de conscience semble être de plus en plus remise en question par les États, même ceux qui se disent démocratiques et respectueux des droits de l’homme… Une société véritablement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, prévenant les tendances autoritaires et promouvant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social », a-t-il ajouté.

    Le pape a également critiqué les attaques contre la liberté religieuse en Occident.

    « Parallèlement, il ne faut pas oublier une forme subtile de discrimination religieuse à l’encontre des chrétiens, qui se répand même dans les pays où ils sont majoritaires, comme en Europe ou en Amérique. »

    « Là-bas, leur capacité à proclamer les vérités de l’Évangile est parfois restreinte pour des raisons politiques ou idéologiques, notamment lorsqu’ils défendent la dignité des plus faibles, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille », a-t-il déclaré.

    Lire la suite

  • Le pape Léon XIV condamne l'avortement et la gestation pour autrui dans son discours adressé aux diplomates

    IMPRIMER

    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DU CORPS DIPLOMATIQUE 
    ACCREDITÉ PRÈS LE SAINT-SIÈGE 
    POUR LA PRÉSENTATION DES VŒUX POUR LA NOUVELLE ANNÉE

    Salle des bénédictions
    Vendredi, 9 janvier 2026

    _________________________________

    Excellences,
    Distingués membres du Corps diplomatique,
    Mesdames et Messieurs,

    je tiens tout d’abord à remercier Son Excellence l’Ambassadeur George Poulides, Doyen du Corps diplomatique, pour les paroles aimables et respectueuses qu’il m’a adressées en votre nom à tous, et je vous souhaite bienvenue à cette rencontre organisée pour échanger nos vœux au début de la nouvelle année.

    Il s’agit d’un événement traditionnel dans la vie du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, mais qui constitue une nouveauté pour moi qui ai été appelé il y a quelques mois à paître le troupeau du Christ. Je suis donc heureux de vous accueillir ce matin et je vous suis reconnaissant de votre forte participation, enrichie cette année par la présence des nouveaux Chefs de Mission résidents du Kazakhstan, du Burundi et de la Biélorussie. Je remercie les autorités gouvernementales respectives pour leur décision d’ouvrir des Représentations diplomatiques près le Saint-Siège à Rome, signe tangible des bonnes et fructueuses relations bilatérales. À travers vous tous, chers ambassadeurs, je souhaite adresser mes vœux de bonheur à vos pays et partager un regard sur notre époque tellement troublée par un nombre croissant de tensions et de conflits.

    L’année qui vient de s’achever a été riche en événements, à commencer par ceux qui ont directement touché la vie de l’Église, celle-ci ayant vécu un Jubilé intense et vu le retour à la Maison du Père de mon vénéré prédécesseur, le Pape François. Le monde entier s’est rassemblé autour de son cercueil le jour des funérailles, percevant la disparition d’un père qui a guidé le Peuple de Dieu avec une profonde charité pastorale.

    Il y a quelques jours, nous avons fermé la dernière Porte Sainte, celle de la basilique Saint-Pierre, que le Pape François avait ouverte lui-même la nuit de Noël 2024. Au cours de l’Année Sainte, des millions de pèlerins ont afflué à Rome pour accomplir le pèlerinage jubilaire. Chacun est venu chargé de son expérience, de ses questions et de ses joies, mais aussi de ses douleurs et de ses plaies, pour franchir les Portes Saintes, symbole du Christ lui-même, notre céleste médecin qui, en venant dans la chair, a pris sur lui notre humanité pour nous faire participer à sa vie divine, comme nous l’avons contemplé dans le mystère de Noël récemment célébré. Je suis convaincu que lors de ce passage, de nombreuses personnes ont pu approfondir ou redécouvrir leur relation avec le Seigneur Jésus, trouvant ainsi du réconfort et une espérance renouvelée pour affronter les défis de la vie.

    Je tiens ici à exprimer une particulière gratitude aux Romains qui, avec beaucoup de patience et de sens de l’hospitalité, ont reçu les nombreux pèlerins et touristes venus du monde entier dans la Ville éternelle.

    Je tiens à adresser une gratitude particulière au Gouvernement italien, à l’Administration capitoline et aux forces de l’ordre qui ont travaillé avec zèle et précision pour que Rome puisse accueillir tous les visiteurs et pour que les événements du Jubilé, comme ceux qui ont suivi le décès du Pape François, puissent se dérouler dans la sérénité et la sécurité.

    Le Saint-Siège et l’Italie partagent non seulement une proximité géographique, mais surtout une longue histoire de foi et de culture qui relie l’Église à cette magnifique Péninsule et à son peuple. En témoignent également les excellentes relations bilatérales scellées cette année par l’entrée en vigueur des modifications apportées à l’Accord sur l’assistance spirituelle des Forces Armées qui permettra un accompagnement spirituel plus efficace des femmes et des hommes exerçant leur service dans les Forces Armées en Italie comme dans leurs nombreuses missions à l’étranger, mais aussi par la signature de l’accord pour une installation agrivoltaïque à Santa Maria di Galeria, qui permettra d’alimenter la Cité du Vatican en électricité grâce à des sources renouvelables, confirmant ainsi l’engagement commun en faveur de la création. Je suis également reconnaissant pour les visites que m’ont rendues les hautes autorités de l’État au début de mon Pontificat et pour l’exquise hospitalité qui m’a été réservée au Palais du Quirinal par le Président de la République à qui je souhaite adresser mon cordial et reconnaissant souvenir.

    Au cours de l’année, répondant à l’invitation qui avait été faite au Pape François, j’ai eu la joie de pouvoir me rendre en Turquie et au Liban. Je suis reconnaissant aux Autorités des deux pays pour leur accueil. À İznik, en Turquie, j’ai eu l’occasion de commémorer, avec le Patriarche œcuménique de Constantinople et les représentants des autres confessions chrétiennes, les 1700 ans du Concile de Nicée, le premier concile œcuménique. Ce fut une occasion importante pour renouveler notre engagement sur le chemin vers la pleine unité visible de tous les chrétiens. Au Liban, j’ai rencontré un peuple qui, malgré les difficultés, est plein de foi et d’enthousiasme et j’ai perçu l’espoir émanant des jeunes qui aspirent à construire une société plus juste et plus soudée en renforçant l’entrelacement entre les cultures et les confessions religieuses qui rend le pays du Cèdre unique au monde.

    Lire la suite

  • Hérode et l'ère du système de gestion morale

    IMPRIMER

    Du Père Jerry J. Pokorsky sur le CWR :

    Hérode et l'ère du système de gestion morale

    Hérode n'est peut-être pas le monstre que nous imaginons, non pas parce que son crime était mineur, mais parce que nous avons perfectionné quelque chose de bien pire : tuer méthodiquement, sans passion, sans haine, sans honte et sans humanité.

    5 janvier 2026

    Chaque personne, du roi au roturier, vit selon un code moral. La théologie morale catholique est fondée sur les dix commandements et les principes de la loi naturelle.

    La loi de la jungle, en revanche, repose sur le pouvoir et les émotions. Cependant, l'époque moderne a vu l'émergence d'un système de gestion morale, qui recadre les questions morales en tant que problèmes techniques à résoudre à l'aide de tableurs, de projections et de modèles informatiques.

    L'Église catholique regroupe ses préceptes moraux (loi naturelle, loi positive de Dieu et discipline ecclésiastique) autour des Dix Commandements. La théologie morale catholique est raisonnable et régit les actes humains. La violation délibérée d'un précepte moral, en toute liberté et avec le plein consentement, rend une personne coupable. Bien que la plupart des péchés soient véniels et affaiblissent l'âme, certains péchés sont mortels et la privent de la grâce sanctifiante. Dieu accorde sa grâce et les sacrements pour restaurer cette grâce et nous ramener sur le chemin du salut.

    La loi de la jungle, en revanche, fait appel à l'intérêt personnel, au vice, aux émotions fortes et au pouvoir personnel ou tribal pour obtenir des biens de première nécessité, réels ou supposés. La littérature et le cinéma dépeignent ce code moral de manière vivante, y compris ses expressions modernes dans le crime organisé. L'Ancien Testament en offre également plusieurs exemples.

    Lorsque les objectifs sont atteints et que les émotions s'apaisent, la violence s'estompe souvent. Le roi Hérode vient à l'esprit.

    Hérode le Grand (vers 73-4 av. J.-C.) a régné sur la Judée de 37 av. J.-C. jusqu'à peu après la naissance de Jésus. Dirigeant brillant et impitoyable, il a agrandi le Second Temple et construit Massada et Césarée. Son règne a également été marqué par des impôts écrasants, la répression, la paranoïa et l'exécution de ses rivaux, y compris sa propre femme et ses fils.

    Césarée de Sébaste figurait parmi ses plus grandes réalisations. Construite là où il n'existait aucun port naturel, les ingénieurs d'Hérode ont coulé d'énormes brise-lames en béton dans la mer, transformant une côte exposée en un centre commercial méditerranéen. Ce fut un exploit étonnant, preuve que le génie technique et l'aveuglement moral coexistent souvent.

    Selon l'Évangile de Matthieu, Hérode, alors âgé, apprit par les mages qu'un enfant appelé « roi des Juifs » était né. Lorsque les mages ne revinrent pas, Hérode ordonna le massacre de tous les enfants mâles âgés de deux ans et moins à Bethléem et dans ses environs afin d'éliminer ce qu'il considérait comme un rival. Josèphe décrivit plus tard les dernières années d'Hérode comme marquées par la folie, la terreur et une maladie effroyable qui le consumait de l'intérieur.

    À certains égards, Hérode fait office de pont entre la loi de la jungle et un système moral résolument moderne.

    En mars 1970, la revue catholique Triumph publiait un article intitulé « Les Hérodiens ». Les rédacteurs y identifiaient une nouvelle morale qui ne fait ni référence aux Dix Commandements ni appel à la passion brute. Il s'agit de la morale des technocrates.

    Les rédacteurs avertissaient déjà à l'époque que les « partisans de l'avortement perdaient patience ». Pendant des années, la campagne pour la légalisation de l'avortement s'était insinuée dans les législatures des États, mais les progrès étaient « extrêmement lents » et dangereusement vulnérables à la résistance locale, en particulier celle des « anti-Hérodiens » catholiques et de leurs évêques.

    Triumph citait Roger O. Egeberg, directeur de la santé du président Nixon, dans une interview accordée en février 1970.

    Remarquez le ton. Pas de rage. Pas de panique. Pas de soif de sang. Juste de la gestion, traitant les êtres humains comme des populations à réguler en réponse à des pressions extérieures :

    De plus en plus, oui. J'ai toujours été plutôt conservateur sur la question [de l'avortement]. Mais je pense de plus en plus que nous devons considérer l'avortement comme un recours parmi d'autres méthodes de contraception qui ne sont pas parfaites. ... Je pense vraiment que faire face à une population en croissance constante est la chose la plus horrible à laquelle nous pouvons être confrontés. »

    L'avortement n'était pas présenté comme une horreur, mais comme un outil, un correctif pour des systèmes jugés inefficaces. C'était un problème bureaucratique à résoudre.

    Depuis lors, et en particulier après l'arrêt Roe v. Wade, l'avortement, utilisé comme instrument de gestion, a coûté la vie à plus de 70 millions d'Américains. La redoutable bombe démographique n'a jamais explosé. Au contraire, les nations sont désormais confrontées à un autre problème : l'effondrement des taux de natalité, des écoles vides et des populations vieillissantes qui se demandent qui paiera les factures.

    Triumph se termine par une phrase qui dérange encore aujourd'hui :

    Le crime d'Hérode avait quelque chose d'humain : une passion, une rage, une défense effrénée de son trône. Il n'avait rien contre les bébés, en réalité.

    Il ne s'agit pas de réhabiliter Hérode, mais d'établir un contraste. Hérode a tué par peur. Nous tuons à l'aide de tableurs. Hérode était enragé. Nous rassurons avec des statistiques et des prévisions. Son crime était soudain, personnel et choquant. Le nôtre est procédural, aseptisé et poliment défendu comme un progrès : tuer à distance, à l'aide de la technologie des jeux vidéo.

    Hérode n'est peut-être pas le monstre que nous imaginons, non pas parce que son crime était mineur, mais parce que nous avons perfectionné quelque chose de bien pire : tuer méthodiquement, sans passion, sans haine, sans honte et sans humanité. Paradoxalement, les passions de la haine et de la honte sont peut-être les freins mêmes qui empêchent les crimes contre l'humanité. Les émotions surchauffées finissent par s'épuiser. Les calculs froids, en revanche, sont codifiés, institutionnalisés et perpétués.

    Pourtant, personne ne peut échapper à l'ordre moral catholique, car nous sommes inévitablement l'œuvre de Dieu. Le même Dieu qui établit les lois de l'univers établit également les lois morales qui régissent le comportement humain. En Jésus-Christ, Dieu et l'homme sont réconciliés, et la loi de Dieu est révélée en paroles et en actes.

    Quiconque meurt dans la grâce sanctifiante gagne l'éternité, et aucun tribunal humain ne peut juger les réalités invisibles d'une âme. Même des tyrans comme Hérode, dont les actes nous horrifient à juste titre, ont peut-être réussi à entrer dans la Terre promise. Il ne s'agit pas ici de défendre les crimes d'Hérode, mais d'examiner le raisonnement moral par lequel nous excusons aujourd'hui les nôtres. Peut-être Hérode apprenait-il déjà à penser comme nous.

    Avez-vous vu des images satellites de la Terre la nuit, avec des villes illuminées au milieu d'une obscurité immense ? Supposons que Dieu nous ait donné des lentilles capables de détecter la grâce sanctifiante plutôt que l'électricité. Que révéleraient les grandes villes ? Qu'en serait-il des campagnes tranquilles, des recoins cachés de la jungle ? Et quelles vérités nous regarderaient en retour si nous tournions ces lentilles vers l'intérieur, vers le miroir de notre propre âme ?

  • Soutenons la NEF

    IMPRIMER

    2025, une année où La Nef a continué à soigner ses articles et à nourrir le débat de fond. Florilège ci-dessous. 

    Nous avons besoin de votre soutien pour prolonger ce travail en 2026 !

    Chers amis,

    Vous trouverez ci-dessous quelques articles de cette année écoulée. 

    Chaque mois, La Nef prend part au débat, et s’efforce de remplir ses pages de beaux articles, en tenant une ligne d’exigence intellectuelle pour appréhender au mieux les réalités naturelles et surnaturelles, en restant fidèle au Magistère de l’Église et en cultivant l'amour des choses de l’esprit. 

    Nous sommes convaincus que tout ce travail est capital, qu’il participe fortement à former les catholiques et à faire entendre une voix catholique au-delà des frontières de l'Église.

    C’est pourquoi il est si important que La Nef continue d’exister et d'exercer sa mission ! Or, pour cela, elle a grandement besoin de votre soutien : aidez-nous, participez à notre campagne de dons !

    Nous vous en sommes d’avance très reconnaissants, et vous remercions.

    Christophe et Élisabeth Geffroy 

    ­Soutenez la presse catholique indépendante,
    soutenez La Nef 

    Lire la suite

  • Plus de cent millions de vies innocentes fauchées chaque année : des chiffres que le monde préfère ignorer

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Plus de cent millions de vies innocentes fauchées chaque année : des chiffres que le monde préfère ignorer

    Le 28 décembre, jour de la fête des Saints Innocents, l'Église commémore les enfants assassinés par Hérode, victimes de la crainte de la naissance d'un roi. Deux mille ans plus tard, la violence contre les innocents prend d'autres formes : plus cliniques, plus techniques, plus invisibles, mais non moins réelles. Aujourd'hui, des millions de vies humaines sont délibérément interrompues avant la naissance, que ce soit par l'avortement, par des mécanismes pharmacologiques empêchant le maintien d'une grossesse précoce, ou par l'élimination silencieuse d'embryons humains créés en laboratoire.

    Ce texte n'a pas pour vocation de susciter la polémique, mais de donner des chiffres et de situer ce drame non pas comme une simple pièce d'un ensemble cohérent, mais comme le centre du débat anthropologique contemporain.

    Espagne : plus de cent mille avortements légaux par an

    En 2024, selon les données officielles du ministère de la Santé, 106 172 avortements légaux ont été pratiqués en Espagne . Cela représente en moyenne plus de 290 vies humaines interrompues chaque jour . Ce chiffre n'est ni exceptionnel ni isolé : depuis des années, l'Espagne enregistre environ 100 000 avortements par an, avec une tendance à la hausse.

    L'Europe et le monde : des millions d'avortements chaque année

    Si l'on élargit notre perspective, l'ampleur du phénomène devient difficile à appréhender. À travers l'Europe, les estimations démographiques situent le nombre d'avortements à environ 3,3 millions par an . L'Espagne n'est pas une exception, mais s'inscrit plutôt dans une tendance continentale à normaliser l'avortement comme une solution courante.

    À l'échelle mondiale, le chiffre est encore plus alarmant. L'Organisation mondiale de la santé et divers instituts de démographie s'accordent à dire qu'environ 73 millions d'avortements provoqués ont lieu chaque année dans le monde . Cela représente plus de 200 000 vies humaines fauchées chaque jour, année après année.

    Nous sommes confrontés à une réalité sans précédent historique : aucune guerre, aucun régime totalitaire, aucune catastrophe naturelle n'a éliminé autant de vies humaines de manière aussi continue et silencieuse.

    La pilule du lendemain : le maillon le moins visible

    Parallèlement à l’avortement chirurgical ou pharmacologique, il existe un phénomène beaucoup moins débattu mais extrêmement répandu : l’utilisation de la pilule du lendemain .

    En Espagne, des centaines de milliers d'unités sont délivrées chaque année (les estimations courantes situent ce chiffre entre 700 000 et 800 000), et il s'agit d'un médicament largement normalisé, vendu sans ordonnance et socialement perçu comme une « contraception d'urgence ».

    D'un point de vue médical, la pilule du lendemain agit principalement en inhibant ou en retardant l'ovulation. Cependant, la littérature scientifique indique que, lorsque l'ovulation a déjà eu lieu, elle empêche ou entrave la nidation de l'embryon.

    Il n'existe pas de chiffre définitif ni de consensus absolu, mais des estimations prudentes évaluent cet effet potentiel à environ 5 % (selon le stade du cycle et le médicament utilisé). Appliqué à des volumes de consommation très élevés, même un faible pourcentage pourrait se traduire par des milliers d'embryons qui ne s'implantent pas chaque année.

    Il s'agit d'une perte statistiquement invisible, mais moralement importante.

    Reproduction assistée : des embryons humains sans avenir

    Le troisième grand axe de ce drame est la fécondation in vitro .

    En Espagne seulement, plus de 167 000 cycles de fécondation in vitro (FIV) sont pratiqués chaque année (selon des données récentes). Chaque procédure consiste à créer plusieurs embryons humains, dont un seul, parfois deux, est transféré dans l’utérus. Les autres sont congelés, éliminés pour des raisons techniques ou conservés pendant des années dans un réfrigérateur industriel.

    Il n'existe pas de statistiques officielles consolidées indiquant le nombre d'embryons détruits chaque année en Espagne. Cependant, les données relatives à l'activité et à la pratique clinique permettent d'aboutir à une conclusion sans équivoque : des dizaines de milliers d'embryons humains ne sont jamais transférés chaque année , et une proportion importante finit par être éliminée, abandonnée ou détruite.

    En Europe, plus d'un million de traitements de procréation médicalement assistée sont pratiqués chaque année. À l'échelle mondiale, ce chiffre se chiffre en millions. Il en résulte inévitablement l'existence de centaines de milliers, voire de millions, d'embryons humains dont le développement est interrompu ou interrompu.

    La grande blessure de notre temps

    L’avortement, la pilule et l’interruption de grossesse ne sont pas des phénomènes isolés ou marginaux. Ils ne constituent pas non plus un simple élément parmi d’autres débats moraux. Ensemble, ils représentent la grande plaie anthropologique de notre époque.

    Jamais auparavant l'humanité n'a créé et détruit autant de vies humaines dans leur période la plus vulnérable. Jamais auparavant il n'a été aussi facile de nier l'humanité d'autrui précisément au moment où il dépend le plus de notre protection.

    Mais la Journée des Saints Innocents n'est pas seulement un jour de dénonciation. C'est aussi un jour d'espoir. L'espoir que la vérité, exprimée clairement et sans agressivité, retrouve sa place centrale dans le débat. L'espoir que la science et la technologie soient mises au service de la vie, et non l'inverse. L'espoir qu'une culture qui aujourd'hui rejette ses innocents puisse à nouveau les reconnaître, les accueillir et les défendre.

    Car une civilisation ne se mesure pas à sa puissance ni à son progrès, mais à la façon dont elle traite ceux qui ne peuvent se défendre . Et c’est là, précisément, que réside l’avenir moral de notre époque.

  • Le président élu du Chili revient sur la décision qui a changé sa vie à jamais

    IMPRIMER

    De Julieta Villar sue ACI Prensa via CNA :

    Le président élu du Chili revient sur la décision qui a changé sa vie à jamais.bouton de partage par e-mailbouton de partage ShareThis

    Dans une interview exclusive accordée en 2024 à Goya Producciones pour le documentaire « Valientes » (Les Courageux), le président élu du Chili, José Antonio Kast, a abordé des sujets tels que la défense de la vie, son histoire familiale et le problème de l'imposition idéologique de gauche sur la société.

    Évoquant son parcours personnel et sa carrière politique, Kast a affirmé que les jeunes « ont le pouvoir d’apporter le changement » et de mettre fin aux sociétés individualistes qui mènent à la solitude.

    La décision qui lui a permis de naître

    Fervent défenseur de la vie dès la conception, Kast — le benjamin d'une fratrie de dix enfants — a partagé une histoire personnelle « très importante » qui a façonné l'avenir de sa famille : « Lorsque ma mère a eu son deuxième enfant, elle a souffert d'éclampsie [une grave complication de grossesse], et on a évoqué la possibilité qu'elle ne puisse plus avoir d'enfants », a-t-il raconté.

    Son père estimait que ce n'était pas juste et, malgré le danger pour la vie de sa femme, il lui dit : « Je crois que Dieu ne veut pas cela pour nous. » Cette détermination leur permit d'avoir huit autres enfants, dont Kast. Sans cette décision, « je ne serais pas né », a-t-il souligné.

    « Mes parents sont des immigrants allemands, et nous avons une famille nombreuse de près de 200 personnes. Les deux premiers enfants de ma mère sont décédés. Par conséquent, rien de tout cela n'aurait été possible, et cela marque profondément dès le plus jeune âge », a-t-il souligné.

    « Grâce à cette décision, je suis là aujourd'hui ; grâce à cette décision, j'ai rencontré ma femme. Grâce à cette décision, nous avons pu avoir neuf enfants. Grâce à elle, nous attendons aujourd'hui notre troisième petit-enfant », a-t-il commenté.

    « C’est incroyable de voir comment une seule décision peut affecter la vie de tant de personnes », a-t-il réfléchi.

    Avec son épouse, María Pía Adriasola, il a neuf enfants, nés de la conviction d’« être ouvert à la vie ». « Dieu nous a accompagnés dans cette décision, et aujourd'hui nous sommes les heureux parents de neuf enfants », a-t-il déclaré, « et nous ne pourrions imaginer la vie sans aucun d'eux. »

    trajectoire politique

    À ses débuts en politique, se souvient-il, il n'était pas « un grand communicateur », mais grâce à un travail acharné, il est devenu membre du Congrès, chef de parti et candidat à la présidence, « toujours très clair sur les choses, sans jamais tromper les gens, sans jamais falsifier ma position », et dans le but de « gagner le cœur des gens, quel que soit le résultat ».

    Son engagement continu en politique était une décision familiale qu'il avait discutée avec sa femme et ses enfants, fondée sur le principe que « celui qui a une mission doit l'accomplir ».

    En analysant le paysage sociopolitique chilien de l'époque (avant les élections de 2025), Kast a souligné que « l'idéologie de gauche gagnait une influence croissante au sein des gouvernements, promouvant des lois qui vont à l'encontre de la vie et de la famille telle que constituée par un homme et une femme ».

    Il a mis en garde contre l'imposition d'un programme qui, dans le cas du Chili, a légalisé l'avortement pour trois motifs et « vise à modifier la constitution » en dépénalisant l'avortement jusqu'au neuvième mois, en se fondant sur une interprétation erronée du concept d'autonomie de la femme sur son propre corps. « Elle n'est pas propriétaire du corps d'un autre être qui se trouve en elle », a expliqué Kast.

    « D’une manière générale, je n’utilise pas d’arguments religieux pour défendre la position pro-vie, car il existe de nombreuses preuves tirées de la nature humaine, de la science et du fait que la vie commence dès la conception », a-t-il déclaré, exprimant l’espoir que « l’avenir dépend de nous » car « la nature humaine est de notre côté ».

    Dans ce contexte, Kast a été confronté à la violence, à l'intolérance et à la censure de la part de ceux qui pensent différemment. « Au début de ma carrière politique, j'étais surtout victime de violence verbale de la part de ceux qui pensaient différemment », se souvient-il.

    « Certains ont fait des confusions en disant : “Non, vous parlez d’un point de vue religieux.” Et je leur répondais : “Je ne parle pas d’un point de vue religieux ; je parle d’un point de vue scientifique, de la nature humaine, car dès votre conception, à cet instant précis, les caractéristiques que vous présentez aujourd’hui à la société étaient déjà présentes.” » Il se souvient que cela « a suscité une vive polémique au Parlement. »

    « Par la suite, ils ont commencé à étendre leur influence à d’autres milieux. Et à certaines occasions, j’ai subi de graves violences physiques », a-t-il raconté, détaillant des situations où il a eu des fractures et a dû être placé sous protection policière. « On a toujours peur, mais je n’ai jamais eu l’intention de céder. »

    Kast déplorait que les jeunes qui commettent ces actes d'agression « soient des instruments entre les mains d'un idéologue ». Par conséquent, disait-il, « je ne ressens ni ressentiment, ni haine ; je ressens parfois de la frustration de ne pas pouvoir être avec ces personnes individuellement pour leur expliquer la joie que l'on éprouve à se donner pour sauver autrui, et qu'elles ressentiraient la même chose si elles avaient l'occasion de faire l'expérience de la richesse qui existe dans la nature humaine. »

    Reconnaître la lutte entre le bien et le mal

    Kast a ensuite dénoncé « une sorte d’empire qui commence à dominer les actions de la société », coordonné avec de vastes ressources financières, de sorte que « la violence est utilisée pour créer un nouveau type d’être humain ».

    Bien qu’il ait constaté un « totalitarisme idéologique » visant à anéantir l’individu, Kast a fait remarquer que l’idéologie « ne pourra jamais vaincre la nature de l’être humain, qui aspire à la liberté, à la transcendance, à la préservation de la vie et à l’amour entre les personnes ».

    « Nous n’avons pas les ressources, mais nous avons une voix, nous avons du cœur… et cette force est plus puissante que l’argent », a-t-il souligné, souhaitant ardemment que les gens se réveillent et « réalisent que nous devons occuper tous les espaces où nous pouvons agir, qu’avec la puissance de l’Esprit, on peut vaincre l’esprit du mal, car en fin de compte, il s’agit d’une lutte entre le bien et le mal. »

    Les preuves sont bien plus convaincantes que l'idéologie.

    « Il n’existe aucune valeur louable qui prône la mort d’autrui. Il n’existe aucune valeur louable qui prône la désintégration de la famille, noyau fondamental de la société », a souligné Kast. « Deux femmes peuvent s’aimer. Deux femmes peuvent vivre ensemble. Deux femmes peuvent travailler ensemble. Mais deux femmes seules ne peuvent procréer. Il en va de même pour deux hommes », a-t-il expliqué.

    « Ce que je propose et que j’essaie de promouvoir, c’est que les gens prennent en compte les preuves. Et ces preuves sont bien plus convaincantes que l’idéologie », a-t-il indiqué.

    La gauche a été « très habile » pour s'approprier des causes.

    Kast a reconnu que la gauche avait fait preuve d'une grande habileté en s'appropriant des causes comme l'environnement, les droits des femmes et la santé, et en les utilisant à son avantage. Il a toutefois demandé : « Qui se soucie le plus de l'environnement ? L'idéologie de gauche ou ceux d'entre nous qui croient en la vie ? Nous. »

    « Qui défend le mieux les personnes handicapées ? Qui se soucie vraiment d'elles ? Ceux d'entre nous qui croient en la vie. Les autres instrumentalisent leurs souffrances pour dire : "Ils sont victimes de discrimination" », a-t-il déclaré.

    « La cause autochtone est instrumentalisée par la gauche idéologique pour prétendre avoir été opprimée et réprimée, ce qui était peut-être vrai il y a 100, 200 ou 300 ans, mais aujourd'hui, nous appartenons tous à la même nation. Nous avons tous la même valeur. Aujourd'hui, il y a plus d'esclaves dans le monde qu'à l'époque où l'esclavage était légal. Qui lutte contre l'esclavage de ces enfants dont les droits sont bafoués ? Qui lutte contre l'esclavage des femmes victimes de la traite des êtres humains ? Nous, car nous croyons en la vie et en la liberté. »

    « N’attendez pas que quelqu’un d’autre fasse ce que vous pouvez faire. »

    À ceux qui, bien à l'abri chez eux, déclarent « Il faut bien que quelqu'un fasse quelque chose », le dirigeant chilien a répondu : « N'attendez pas que quelqu'un d'autre fasse ce que vous pouvez faire. Que faites-vous de vos enfants ? Leur consacrez-vous du temps, ou êtes-vous toujours occupés ? Car le fond du problème se trouve au sein de la famille », a-t-il souligné, exhortant chacun à réserver du temps exclusivement à son conjoint et à ses enfants.

    Dans ce contexte, il a mis en lumière une tradition chilienne appelée « rendez-vous amoureux du mardi », qu’il pratique lui-même avec sa femme chaque semaine, et qui consiste en « deux heures par semaine de conversation directe, face à face, en se regardant dans les yeux, sans personne d’autre autour ».

    Ainsi, « on construit des bases solides pour ce qui est au cœur de la famille : l’union du couple. Si le couple est épanoui, il est plus probable que les enfants et leur environnement le soient également », a-t-il résumé. « Et il est alors plus facile d’inspirer les autres, car on ne peut donner ce que l’on ne possède pas », a-t-il ajouté.

    « L’avortement, c’est assassiner une personne innocente. »

    « Au Chili, on voit bien que ce que je disais il y a 20 ans est toujours d'actualité », a déclaré Kast. « Je maintiens ce point de vue. Et c'est pourquoi je parviens plus facilement à convaincre les gens aujourd'hui. »

    « Dans les années à venir, combien de personnes réaliseront que l'avortement est un meurtre ? Combien, dans 20 ans, diront : « Qu'avons-nous fait à ces enfants en les confiant à l'adoption à des couples de même sexe ? » Ces enfants ont le droit de connaître leur identité. »

    « De même que la gauche radicale, par son idéologie, séduit souvent les jeunes, nous, sans chercher à les contrôler, mais en faisant appel à leur liberté, sommes convaincus qu’ils seront le moteur du changement. Car ces sociétés individualistes mènent à la solitude. Or, l’homme est un être social qui aspire au lien social, qui aspire à la joie », a souligné Kast.

    « Ce sont les jeunes qui se rebellent les premiers contre le totalitarisme d'État. Ce sont eux qui, les premiers, prennent conscience que les systèmes de protection sociale modernes, ces gouvernements qui s'emparent progressivement du pouvoir absolu, transforment leurs citoyens en esclaves de l'État-providence », a-t-il affirmé. Il a donc exprimé l'espoir « que ce soient les jeunes qui inverseront la situation actuelle ».

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa, partenaire hispanophone de CNA. Il a été traduit et adapté par CNA.