De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur Diakonos.be :
Historiciser le concile Vatican II. Voici comment le monde de cette époque a influé sur l’Église
(S.M.) La controverse qui est en train d’enflammer l’Église sur la façon de juger Vatican II ne doit pas en rester à un plan purement théologique. Parce qu’avant tout, il convient d’analyser le contexte historique de cet événement, surtout pour un concile qui, dans son programme, a déclaré vouloir « s’ouvrir au monde ».
C’est ce qu’essaye de faire, dans cet essai publié pour la première fois sur Settimo Cielo, Roberto Pertici, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Bergame et spécialiste des rapports entre État et Église, rédacteur prestigieux à « L’Osservatore Romano » pendant les années où Giovanni Maria Van était directeur.
Le professeur Pertici dégage les caractéristiques fondamentales de l’époque de Vatican II, annoncé le 25 janvier 1959, qui s’est ouvert le 11 octobre 1962 et qui s’est conclu le 8 décembre 1965. Il analyse la perception que les protagonistes de l’aventure conciliaire ont eue de ces caractéristiques et les réponses qui en sont ressorties.
À l’issue de la lutte triangulaire qui s’était déroulée pendant le conflit, la victoire alliée contre le nazisme avait fermé un front mais le problème de fond restait ouvert : quel type d’organisation sociale et quelle forme d’État la société moderne devait-elle adopter, en Europe et ailleurs ?
Après la débâcle de l’État national fasciste, les protagonistes et les antagonistes qui restaient étaient la démocratie libérale anglo-américaine et le communisme soviétique.
Et ce sont précisément ces trois questions que le professeur Pertici analyse l’une après l’autre :
- la défaite du nazisme et du fascisme et l’éclipse du « paradigme conservateur » ;
- la montée de la démocratie en Europe occidentale et la diffusion d’un nouvel éthos démocratique ;
- le communisme soviétique et la tentation de la « coexistence pacifique » avec ce dernier.
Chacune de ces trois questions a eu une influence importante sur le déroulement du Concile et sur l’église en général. Et donc la dispute théologique sur son interprétation, si elle veut être féconde, doit les prendre en compte.

