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L'esclavage : une réalité bien présente dans le monde d'aujourd'hui

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De Smart Reading Press :

ESCLAVAGE : QUITTER SON RÉTROVISEUR

De nombreux faits attestant l’existence actuelle de l’esclavage sous différentes formes sont recensés sur le site Global Slavery Index, spécialisé dans la dénonciation de cette pratique à travers le monde. Tenons-nous-en aux plus significatifs, en commençant par l’Afrique.

Selon ce site, environ 9,2 millions de personnes (hommes, femmes et enfants) sont actuellement réduites en esclavage en Afrique, contraintes au travail forcé, aux relations sexuelles forcées et au mariage forcé.

En mars 2019, le Time Magazine rapportait que «selon l’Organisation internationale du travail (OIT) de l’ONU, les personnes actuellement réduites en esclavage sont près de trois fois plus nombreuses que celles qui ont été capturées et vendues pendant les 350 ans qu’a duré la traite transatlantique. Selon l’OIT, 25 millions de personnes sont en servitude pour dettes et 15 millions ont subi un mariage forcé.

Esclaves en prison

En 2017, des images d’esclaves vendus aux enchères en Libye ont circulé sur les réseaux sociaux : on y voyait des passeurs mettant à prix des migrants et les proposant comme esclaves. Dans une propriété à l’extérieur de Tripoli, un reporter de CNN a vu une douzaine d’hommes passer sous le marteau en quelques minutes. En 2019, le Time Magazine donnait le témoignage d’un migrant africain capturé et vendu comme esclave alors qu’il se rendait en Europe : «Arrivé à la frontière sud de la Libye, [il] a rencontré un chauffeur de taxi très sympathique qui lui a proposé de le conduire gratuitement à Tripoli, la capitale. Sur le chemin, il a été vendu à un “Libyen blanc” ou à un Arabe, pour 200 dollars (180 euros). Il a été forcé de rembourser sa “dette” sur un chantier de construction, un schéma qui s’est répété chaque fois qu’il a été vendu et revendu.»

Une part considérable de l’esclavage est destiné à l’exploitation sexuelle. Selon le Washington Post, en 2019, la mafia sévissant au Nigéria a prostitué des femmes par dizaines de milliers : «Selon certains experts, pas moins de 20 000 Nigérianes, souvent mineures, sont arrivées en Sicile entre 2016 et 2018. Cette traite des femmes était organisée par des Nigérians déjà installés en Italie». Dans un rapport de juillet 2017, l’Organisation internationale des Nations Unies pour les migrations (OIM) déclarait : «Au cours des trois dernières années, les services de l’OIM en Italie ont enregistré une hausse de près de 600 % du nombre de victimes de la traite sexuelle arrivant par la mer. Cette hausse s’est poursuivie tout au long du premier semestre 2017. La plupart des victimes arrivaient en droite ligne du Nigéria». Dans le même rapport, l’OIM estime que 80 % des Nigérianes (souvent mineures) qui arrivaient étaient victimes des réseaux de prostitution.

Au Sahel, bien qu’interdit, l’esclavage, fait toujours partie de la culture traditionnelle. Selon certaines estimations, en 2013, au moins 250 000 personnes vivaient dans des conditions proches de l’esclavage au Mali. On peut voir sur le site The Observers un film de 2019 montrant un homme humilié publiquement, pieds et mains liés, dans le village de Krémis, situé dans la région de Kayes (sud-ouest du Mali) pour s’être opposé à l’esclavage traditionnel qui est toujours pratiqué dans la région. Un exemple parmi bien d’autres. Au Mali et en Mauritanie se pratique encore l’esclavage de descendance ou «de caste», qui transmet le statut d’esclave de génération en génération. En 2013, The Guardian publiait le témoignage d’une esclave malienne, Raichatou, devenue esclave à l’âge de sept ans, lorsque sa mère, elle-même esclave, mourut : «Mon père n’a rien pu faire, il n’a pu que regarder quand le maître de ma mère est venu me réclamer, moi et mes frères», a-t-elle expliqué. Elle a travaillé comme domestique sans salaire pendant près de vingt ans et a été forcée de se marier avec un autre esclave qu’elle ne connaissait pas, pour enfanter d’autres esclaves pour son maître.

The Guardian estimait en 2018 qu’en Mauritanie, 20 % de la population est asservie, bien que l’esclavage ait été officiellement aboli en 1981. La plupart des esclaves sont issus de la minorité noire africaine harratine, le reste de la population étant arabe ou berbère. Le journal explique : «L’esclavage a une longue histoire dans cette nation désertique d’Afrique du Nord. Des siècles durant, les Maures arabophones ont attaqué des villages africains et la mise en esclavage des uns par les autres a fini par produire un système de castes rigide au sein duquel des habitants à la peau sombre semblent éternellement redevables envers des maîtres à la peau plus claire». Le statut d’esclave est transmis de la mère à l’enfant. Régulièrement, le gouvernement mauritanien nie l’existence de l’esclavage en se félicitant publiquement de son éradication.

Plus surprenant peut-être, l’esclavage est une réalité actuellement présente au Royaume-Uni.

Le Rapport 2019 du département de la Justice du gouvernement britannique dénombrait 13 000 victimes potentielles de l’esclavage. En fait, ce chiffre remonte à 2014. Mais il est sujet à caution, car le Global Slavery Index de 2018 recense environ 136 000 esclaves modernes sur le sol britannique. L’esclavage y prend la forme du travail forcé et de l’exploitation domestique et sexuelle. Les Albanais et les Vietnamiens sont les victimes les plus nombreuses à le subir. Les médias britanniques (par exemple The Guardian) ont publié de nombreux articles sur les milliers de Vietnamiens de moins de 18 ans qui sont kidnappés, expédiés clandestinement au Royaume-Uni et contraints de travailler dans des fermes à cannabis sans percevoir aucune rémunération. Ils sont exploités par la «vaste machine criminelle qui alimente un marché clandestin du cannabis évalué à 2,9 milliards d’euros». D’autres travaillent comme esclaves dans des bars à ongles, des maisons closes et des restaurants, ou sont employés au travail domestique dans des résidences privées. Le 21 janvier dernier, la BBC publiait l’histoire d’un garçon vietnamien nommé Ba, kidnappé par un gang chinois, réduit en esclavage au Royaume-Uni, et que son patron chinois affamait et battait chaque fois qu’un problème surgissait à l’usine de cannabis.

L’esclavage moderne constitue une véritable économie parallèle. Il rapporte aux réseaux criminels environ 133 milliards d’euros par an, soit un peu moins que le trafic de drogue et le trafic d’armes. Selon le Time du 14 mars 2019, «les pays du G-20 importent chaque année quelque 315 milliards d’euros de produits qui ont toutes les chances d’avoir été fabriqués par des esclaves modernes».

Pour les «déboulonneurs» de statues historiques de personnages qui auraient été impliqués dans le trafic d’esclaves, «déboulonneurs» qui sévissent actuellement dans de nombreux pays en étant focalisés sur un triste fait du passé, il semble que la vie des 40 millions de victimes actuelles de l’esclavage do not matter, ou très peu… Le regard dans le rétroviseur, ils oublient qu’un esclavage bien réel sévit actuellement dans de nombreuses régions d’Afrique et du Moyen-Orient, mais aussi en Europe. Ces esclaves ne bénéficient d’aucune manifestation de rues, aucune pression n’est exercée en leur faveur au plan international et aucun média n’évoque leur sort. Il est certainement plus facile de détruire les monuments historiques que d’ouvrir le difficile chantier de l’abolition effective de l’esclavage moderne.

Rédaction SRP

Source : Gatestone Institute

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