D'Harrison du Bus sur 21News :
Le PS ne veut plus du Te Deum mais se presse aux iftars de rupture du jeûne (édito)
Au nom de la neutralité de l'État, le PS souhaite mettre fin à la participation officielle des autorités belges au Te Deum du 21 juillet. Pourquoi certains symboles religieux seraient-ils devenus incompatibles avec la neutralité publique tandis que d'autres continuent de bénéficier d'une large bienveillance politique ?
Neutralité sélective ? Le PS veut supprimer le Te Deum officiel de la Fête nationale tout en participant activement aux iftars musulmans. Un double standard étonnant.
Le Te Deum fait partie du cérémonial national belge depuis l'origine du Royaume. Bien au-delà de sa dimension religieuse, il constitue un rendez-vous institutionnel, culturel et historique auquel participent traditionnellement la famille royale, les autorités civiles et militaires, les ambassadeurs accrédités en Belgique ainsi que les représentants des différents niveaux de pouvoir. Il se pratique aussi dans énormément de communes du pays. Les élus locaux, les citoyens, croyants ou non y participent avec plaisir car le Te Deum est une cérémonie à la fois religieuse mais est une tradition liée à la fête nationale à laquelle beaucoup de Belges sont attachés.
Beaucoup de socialistes y participent sans le moindre souci à travers tout le pays à l’échelon local, tout comme Elio Di Rupo à l’échelon nationale lorsqu’il était Premier Ministre. Un député PS, inconnu du grand public, Christophe Lacroix, veut changer aujourd’hui les règles et supprimer cette tradition dans une proposition de loi déposé à la chambre : « Notre Royaume est un État laïque. Notre Constitution organise la séparation entre l'État et les religions. Ce principe implique que les autorités publiques doivent être neutres dans les relations qu'elles entretiennent avec les cultes ».
Le paradoxe est que de nombreux élus socialistes participent régulièrement à des iftars et à toutes des fêtes religieuses liées à la religion musulmane sans le moindre souci, se prenant en photo, en vidéo et poussant parfois au maximum le communautarisme. Des élus PS (surtout bruxellois) comme à Molenbeek-Saint-Jean ne verraient même parfois aucun souci avec le port du voile par des fonctionnaires dans l’administration.
Dès lors, une interrogation s'impose : pourquoi la présence à un Te Deum serait-elle contraire à la neutralité de l'État alors que la participation à un iftar ou le port du voile des fonctionnaires ne poserait aucun problème ?
C’est une curieuse conception de la neutralité que celle du PS à savoir vouloir effacer toutes les références chrétiennes tout en se pressant aux manifestations liées à d'autres religions. Une telle approche nourrit le sentiment d'un double standard qui fragilise la crédibilité du discours politique.
À travers cette remise en cause du Te Deum, c'est finalement une certaine conception de l'identité belge qui est visée. Comme si les traditions héritées de l'histoire nationale devaient être progressivement effacées de l'espace public pour satisfaire une vision idéologique de la neutralité. Nous n’avons dû déjà abandonner le nom de nos congés scolaires. Allons-nous devoir sous pression des socialistes abandonnés le Te Deum ? Cette idée reste pour l’instant minoritaire mais reflète bien la volonté d’effacement de nos traditions par les socialistes.