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Suspension / limitation des cultes : quelques réflexions

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D'un ami :

En Belgique, les catholiques, singulièrement les évêques et une partie du clergé semblent timorés à l’extrême quand il s’agit de demander la reprise du culte public.

Pourtant c’est une très grave erreur (et dans le cas de certains, probablement un péché très grave).

  • Notons qu’en demandant la reprise DES cultes, les catholiques ne demandent pas un privilège mais un droit pour toutes les religions.
  • Réclamer la reprise du culte public revient, du point de vue humain et juridique, à demander le respect de la Constitution du peuple belge, qui stipule

« article 19 - La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l'occasion de l'usage de ces libertés. »

Les catholiques sont moralement tenus de se montrer solidaires du reste de la population en exigeant le strict respect des libertés constitutionnelles, qui ne peuvent être restreintes que des lors qu’une forme de leur exercice présente un trouble pour l’ordre public.

  • Etant moralement tenus d’être soucieux de la santé de tous et d’être solidaire avec le personnel soignant, les catholiques doivent, en tout lieu, respecter les gestes sanitaires demandés tels que le port du masque, pratiquer une grande hygiène des mains (lavage et désinfection) et respecter la distance physique entre personnes, en ce compris dans les églises.
  • La plupart des lieux publics sont aujourd’hui ouverts, seuls sont interdites les activités qui ne permettent a priori pas de se tenir à moins de 1,5 mètre l’un de l’autre et avec le masque (impossible pour le coiffeur de se tenir à 1,5 mètre de son client, ou pour des clients de boire ou manger dans l’horeca en portant le masque, de même pour les repas entre membres de ménages différents, etc)

Il est considéré comme sanitairement non dangereux d’être dans un magasin, de quelque nature qu’il soit, du moment que les clients se désinfectent les mains à l’entrée, portent le masque, se tiennent à 1,5 mètres les uns des autres et qu’il y ait n’importe quel nombre de personnes au total du moment que ce ne soit pas plus de 1 par 10 m².

Il n’y a aucune raison scientifique pour penser que le virus se propage plus vite dans une église que dans un magasin, bien au contraire, puisque les fidèles restent à leur place alors que les clients d’un magasin bougent sans cesse.

Pire encore, les églises restent ouvertes pour la prière personnelle sous réserve du respect des normes générales (les même que dans les magasins), de sorte qu’une cathédrale peut accueillir 100 personnes simultanément pour la prière personnelle mais pas plus de 15 pour la messe. Ceci est évidemment absurde.

Notons que certains prêtre prétendent faussement qu’il est interdit d’être à plus de 4 dans une église pour la prière personnelle : les arrêtés ministériels des 28 octobre 2020, 1 novembre 2020, 28 novembre 2020 n’en touchent mot et autorisent la prière personnelle dans les lieux de culte quel que soit le nombre total de personne présentes (dans la limite de 1 par 10 m²). L’arrêté ministériel du 23.10.2020 prévoyait la possibilité de célébrer le culte public moyennant le respect des normes générales et le respect d’un protocole de sécurité, avec maximum 200 personnes). L’arrêté du Ministre-Président de la région de Bruxelles-Capitale prévoit l’interdiction du culte public mais permet la prière personnelle dans les lieux de culte selon les normes habituelles, avec une limite de 100 personnes

Si 100 personnes peuvent se trouver simultanément dans une église, il n’y a aucune raison de penser que le risque de propagation du corona virus augmente si un prêtre célèbre la messe. L’argument qu’il y aurait nécessairement plus de monde à la messe ne tient pas la route. Dans ma paroisse, il y a bien des années qu’il n’y a plus 100 personnes à l’unique messe dominicale. Dans d’autres paroisse, les fidèles sont plus nombreux, mais le clergé y est parfois aussi plus nombreux. Si chaque prêtre nommé en paroisse célèbre 2 ou 3 messes les dimanches (multipliées éventuellement par 2 ou 3 là où il y a 2 ou 3 prêtres disponibles), cela permet de répartir les fidèles, avec éventuelle inscription à l’avance

Pour le jour de Noël (y compris le 24 au soir), objet de plus d’affluence, on pourrait faire appel à des prêtres réguliers ou des prêtres aux études, voire quelques prêtres retraités pour assurer l’une ou l’autre messe publique supplémentaire là où le besoin d’en ferait sentir.

  • Tout catholique qui n’en est pas empêché par un motif raisonnable est tenu de participer à la messe dominicale.
  • Dès lors que la suspension du culte public ne peut raisonnablement être justifiée par des raisons liées à l’épidémie, l’Eglises et ses ministres peuvent-ils renoncer à la célébration publique du culte. Bien évidemment : non. Leur première charge est la célébration liturgique et la dispensation des sacrements aux fidèles. L’évêque ou le prêtre qui renonce à l’exercice ce ministère sans motif impérieux commet un péché grave car il empêche les fidèles de satisfaire à leurs obligations.
  • L’eucharistie ne se reçoit pas par les ondes ou le câble, fût-il en fibre optique. Notre Seigneur Jésus Christ se rend réellement et substantiellement présent dans les espèces eucharistiques … mais pas dans les écrans. Assister à la célébration eucharistique par le biais de la télé ou d’internet ne présente donc aucun intérêt, sauf si cela aide la prière personnelle. Cela permet l’accès aux lectures bibliques du jour, mais on peut aussi les trouver dans une bible, un lectionnaire pour les fidèles, voire sur divers sites internet.
  • L’absence de la messe peut-elle être l’occasion de développer la prière personnelle, la lectio divina, …  ?

Il y a 2 objections majeures à cela. Tout d’abord, là où ces éléments sont déjà présents, à quoi bon supprimer la messe ? Le concile Vatican II enseigne que les célébrations liturgiques sont très supérieures en valeur à ces pieuses pratiques, qui sont recommandées en plus de la liturgie. En outre, la vertu surnaturelle de la liturgie est de nature à développer les pieuses pratiques … la suspension de la liturgie risque au contraire de faire reculer les pieuses pratiques dans le peuple chrétien.

  • Certains prétendent qu’il vaudrait mieux participer à des actions utiles et charitables qu’au culte. Rappelons que c’est une opinion qui a poussé aux pires excès de la révolution française (qui a fait des milliers de martyrs canonisés ou béatifiés), des régimes communistes et de d’autres régimes totalitaires. La charité est certes la première vertu théologale, mais sans la piété et la prière, la charité s’essouffle. La charité chrétienne, quoiqu’elle se développe à des niveaux héroïques chez les saints, n’est pas un héroïsme philanthropique. Elle s’enracine dans l’union au Christ et prend sa source dans l’amour que Dieu a pour les hommes.
  • Proposer, à la place de la liturgie, de participer à des œuvres de charité ? Tout d’abord, pourquoi ne pas pratiquer, en temps ordinaire, les deux ? Ensuite, les visites aux malades, aux personnes isolées, etc, sont largement interdites par les temps qui courent. De nombreuses association accueillant  des sans-abris pour la nuit se sont vu interdire leurs activités, de même que  les restaurants sociaux etc. Ces activités sont également interdites, les proposer en substitut est donc absolument hypocrite.
  • Lorsque les célébrations publiques sont suspendues, les évêques et prêtres diocésains n’exercent pas leur mission principale, de gré ou de force. Même s’il sont obligé de suspendre cet aspect principal de leur ministère, force est de constater qu’ils sont dans la situation des personnes mises en disponibilité ou en chômage pour force majeure. La morale, sinon le droit, les oblige donc à renoncer à 40% de leur traitement (et de la valeur du loyer de l’éventuel logement occupé à titre gratuit à la cure) pour les périodes concernées. Puisque le SPF Justice n’effectuera pas cette retenue, la simple justice humaine, veut qu’il y ait rétrocession des dites sommes à la fabrique d’église, à l’AOC ou au denier de Saint Pierre …

Commentaires

  • C'est "évidemment absurde".
    Mais faire obéir à des injonctions "évidemment absurde" c'est une manipulation consciente, volontaire, calculée des populations : c'est le but.
    Après quoi, vous serez mûrs, par exemple pour vous faire (soi-disant) vacciner par un produit composé à la va-vite, sans aucun recul sérieux sur les conséquences.
    Ainsi Big-pharma gagnera beaucoup de sous, et ça va ruisseler aux alentours.

  • Les complotistes antivaccins sont de dangereux personnages ....par exemple ils ne se font pas vacciner pour la rougeole et les épidémies de rougeole reviennent en force dans les hôpitaux en Europe car la vaccination n'étant pas totale par exemple en Afrique le virus revient via l'immigration massive de population non vaccinée...et actuellement les médecins s'inquiètent de voir revenir des cas de tuberculose !!!
    Arrêtez donc de voir des complots partout une fois la franc maçonnerie , une fois Big pharma

  • voici la réponse du Chanoine de Beukelaer http://ericdebeukelaer.be/2020/12/13/coup-de-gueule-contre-de-charitables-donneurs-de-lecons/

  • Dans une société libre, les débats publics, polémiques ou autres, ont leur place. Reste un moment où il faut trancher.

    Le Conseil d’Etat serait-il un donneur de leçon de plus lorsqu’il invite les pouvoirs publics à mettre fin à une disproportion flagrante entre le confinement sanitaire rigoureux qu’ils infligent aux cultes et le respect de la liberté qui est garantie aux adeptes de ces cultes par la Constitution et les Conventions internationales souscrites par l’Etat belge. Question pour la Cour européenne des Droits de l’Homme.

    Il y a en effet lieu de s’interroger sur le sort actuellement réservé aux lieux de culte des croyants par les pouvoirs publics belges, au moment où l’on assiste à la réouverture, par les mêmes pouvoirs, des musées, piscines, échoppes et autre lieux moins essentiels: pour qui a eu l’idée d’arpenter, tout dernièrement encore un samedi après-midi, la médiacité, lieu clos et couvert à Liège, l’inégalité de traitement tombe sous le sens.

    En d’autres termes, quelles sont alors les raisons sanitaires objectives justifiant de telles discriminations entre citoyens égaux devant la loi ? Le pouvoir du dernier mot sur ce genre de question n’appartient ni aux clercs, ni aux politiciens, mais à la justice.

  • A tout le moins, la Conférence épiscopale eut dû réagir vivement face à cette discrimination. inacceptable tant juridiquement que moralement ! Son silence n'a pas de raison d'être . Elle est la première concernée par toute violation des droits des fidèles. et à tout à perdre à garder pareil silence !

    Nous sommes désolés devant un tel manque de courage et de dynamique. Les chrétiens et a fortiori leurs pasteurs et responsables de communauté auraient intérêt à revenir aux sources, aux origines de l'Eglise face aux prétentions des empereurs romains..

    Que l'héroïsme des chrétiens persécutés aujourd'hui en Chine et dans de nombreux états musulmans inspire la Hiérarchie dans la conduite à tenir face à l'Adversaire.

    MARANA THA ! viens, Seigneur Jésus ! Oui, reviens vite car le bateau coule !

  • "quelles sont alors les raisons sanitaires objectives justifiant de telles discriminations" ?
    Le ministre Vdb nous l'a dit, il n'y en a pas.

    La "pandémie" est très classique, mais elle a été aggravée par les imprévoyances et les impérities des pouvoirs publics sous les prescriptions (économiques et sanitaires) de l'union germano-européenne ,

    Il s'agit donc seulement de distraire le vulgum pecus. par sidération : dramatiser et faire obéir le populo...

    Dans ce contexte, par passivité, l'Eglise n'a pas raté une marche mais toute une volée d'escalier.

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