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Traditionis Custodes : le cri de détresse des supérieurs « tradis » aux évêques

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« Les supérieurs des communautés « Ecclesia Dei » ont adressé le 1er septembre une lettre aux évêques de France pour solliciter leur soutien « dans leur désir de paix et d’unité » après la publication du motu proprio Traditionis Custodes sur la messe tridentine. L’hebdomadaire « Famille Chrétienne » rend compte ici de cette démarche que les autorités ecclésiastiques, romaines ou autres, auraient tort de mésestimer.

« Alors que cette rentrée devrait être marquée par des échanges dans plusieurs diocèses sur l’application du motu proprio Traditionis Custodes restreignant l’usage de la messe tridentine, les supérieurs généraux des principales communautés « Ecclesia Dei » ont pris les devants. Réunis le 31 août septembre à Courtalain, dans la maison générale de l’Institut du Bon Pasteur (Eure-et-Loir), ils ont adressé une lettre aux évêques de France que Famille Chrétienne retranscrit dans son intégralité. Cette lettre, qui a été remise aux représentants des évêques français mercredi 1er septembre, est co-signée par les supérieurs de douze de ces principaux instituts – neuf masculins, trois féminins.

Une lettre « filiale et confiante »

Il s’agit d’une lettre « filiale et confiante pour solliciter [l’] aide [des évêques] dans [notre] désir de paix et d’unité », a écrit sur Facebook la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, publiant le 1er septembre une photo des membres présents à la réunion. Dans la lettre, les signataires réaffirment leur fidélité au Saint Père et leur « adhésion au magistère (y compris à celui de Vatican II et à ce qui suit) selon la doctrine catholique de l’assentiment qui lui est dû ». Si des fautes ont été commises, ils se disent « prêts, comme l’est tout chrétien, à demander pardon si quelques excès de langage ou de la défiance vis-à-vis de l’autorité ont pu s’introduire chez tel ou tel de nos membres. Nous sommes prêts à nous convertir si l’esprit de parti ou l’orgueil a pollué nos coeurs. »

Les signataires appellent à un véritable dialogue, « humain, personnel, plein de confiance, loin des idéologies ou de la froideur des décrets administratifs », et demandent de pouvoir « rencontrer une personne qui sera pour nous le visage de la Maternité de l’Eglise. » Par cette phrase, ils font entendre qu’ils espèrent la nomination d’un médiateur entre Rome et les Instituts ‘’Ecclesia Dei’’, précise une source à Famille Chrétienne. Pour la France, la CEF avait nommé avant l’été et avant la parution du motu proprio, deux évêques responsables du dialogue avec les communautés « Ecclesia Dei », et une réunion avait été organisée le 14 juin.

Une lettre qui traduit aussi une « grande souffrance »

Appelant à l’unité et au dialogue, les Supérieurs des communautés ''Ecclesia Dei'' font aussi part de leur profond désarroi face aux mesures du motu proprio et à la dureté de la lettre qui l’accompagne. « Cet amour filial [qu’ils renouvellent explicitement au Saint-Père dès le début de la lettre, ndlr] se teinte aujourd’hui d’une grande souffrance. Nous nous sentons soupçonnés, mis en marge, bannis. Cependant, nous ne nous reconnaissons pas dans la description donnée par la Lettre d’accompagnement du motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021. » Répondant à l’un des reproches qui leur sont faits, ils assurent : « Nous ne nous considérons aucunement comme la « vraie Église ». Au contraire, nous voyons en l’Eglise catholique notre Mère en qui nous trouvons le salut et la foi ».

Ils rappellent les promesses qui leur ont été faites par Rome à plusieurs reprises, et voudraient « pouvoir raconter » au médiateur qu’ils espèrent voir nommé « la souffrance, les drames, la tristesse de tant de fidèles laïcs du monde entier, mais aussi de prêtres, religieux, religieuses qui ont donné leur vie sur la parole des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI », et à qui on avait « promis que ‘’ toutes les mesures seraient prises pour garantir l’identité de leurs Instituts dans la pleine communion de l’Église catholique [1]’’ ».

Une ombre plane sur ces Instituts, alors que des rumeurs circulent sur des « visites apostoliques pour nos Instituts ». « Nous demandons des rencontres fraternelles où nous puissions expliquer qui nous sommes et les raisons de notre attachement à certaines formes liturgiques. Nous désirons avant tout un dialogue vraiment humain et miséricordieux : « Sois patient envers moi ! », supplient les signataires.

Les membres présents à la réunion

Concrètement, qui était présent à cette réunion ? Les représentantes des instituts féminins ont participé en visio, ainsi que certains représentants masculins. Sur la photo de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, on voit plusieurs responsables de l’Institut du Bon Pasteur ou IBP (Le Supérieur du District d’Europe l’abbé Mateusz Markiewicz et les deux assistants du Supérieur général l’abbé Matthieu Raffray et l’abbé Yannick Vella), des représentants de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre ou FSSP ( le supérieur général l’abbé Andrzej Komorowski et le supérieur du district de France de la FSSP l’abbé Benoit Paul-Joseph), des membres de l’Institut du Christ Roi Souverain prêtre ou ICRSP ( le prieur général Monseigneur Gilles Wach et le provincial de France le chanoine Louis Valadier), le prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier (le très révérend père Louis-Marie de Blignières), le père-abbé de l’abbaye Sainte Madeleine du Barroux (le Très révérend père Louis-Marie de Geyer), le très révérend père Marc Guillot de l’abbaye Sainte Marie de la Garde ou encore le prieur de l’abbaye de Lagrasse (le révérend père Michel).

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Au moment même où se tenait cette réunion, le pape François revenait pour la première fois sur le Motu proprio depuis sa parution, dans un entretien diffusé le 1er septembre sur la radio espagnole Cope. Il a déclaré : « Si vous lisez bien la lettre [accompagnant le Motu proprio]  et si vous lisez bien le décret, vous verrez qu’il s’agit simplement d’une remise en ordre constructive, avec une attention pastorale. » Avant cette explication, il a salué la décision de Benoît XVI lorsqu’il avait étendu en 2007 l’usage de la messe tridentine en publiant son Motu proprio ‘Summorum Pontificum‘, aborgé par ‘Traditionis Custodes’. « Cela m’a semblé une des choses pastorales les plus belles et humaines de Benoît XVI, qui est un homme d’une humanité exquise », a déclaré l’actuel Pontife. Tout en déplorant que ce qui « était fait pour aider pastoralement ceux qui avaient vécu une expérience antérieure était en train de se transformer en idéologie ». « Nous avons donc dû réagir avec des normes claires », a-t-il conclu. Difficile de savoir aujourd'hui comment il accueillera cette supplique des communautés Ecclesia Dei. 

Autre élément de calendrier qui ne doit cette fois sans doute rien au hasard :  la lettre a été transmise juste avant le tour de plusieurs évêques français pour les visites ad limina à Rome (visites des évêques du monde entier qui défilent par province devant le Pape et plusieurs dicastères, environ une fois tous les cinq ans par province ou pays en fonction de leur taille). Convoqués entre le 6 et le 11 septembre, les évêques des provinces de Marseille, Montpellier et Toulouse pourraient porter les demandes des communautés Ecclesia Dei françaises auprès du Saint-Siège à cette occasion.

Une partie de l'épiscopat a déjà joué l’apaisement

A ce jour plusieurs évêques Français ont officiellement réaffirmé leur intention de poursuivre leur collaboration avec les communautés attachées à la messe tridentine dans leur diocèse, pour certains dès le lendemain de la parution du texte : Mgr Delmas (Angers), Mgr Rey (Fréjus-Toulon), Mgr James (Bordeaux), Mgr de Germay (Lyon), Mgr Rougé (Nanterre), Mgr Crépy (Versailles), Mgr Aillet (Bayonne). Notons que Mgr Ginoux (Montauban) avait érigé l’église de Gasseras en paroisse personnelle pour la forme tridentine quelques jours seulement avant la parution du Motu proprio Traditionis Custodes le 16 juillet dernier. Seul l’évêque de Saint Denis de La Réunion a indiqué dans un communiqué qu’il interdisait « la messe en latin dans son diocèse ».

Ref. Traditionis Custodes : le cri de détresse des supérieurs « tradis » aux évêques

JPSC

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