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  • Scandales sexuels : les réponses du cardinal O'Malley sont-elles à la hauteur de la catastrophe ?

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    On trouvera ci-dessous (publié sur Vatican News) ce que le cardinal O'Malley propose pour répondre au scandale provoqué par l'affaire McCarrick (l'arbre qui ne doit pas cacher la forêt). Il semble malheureusement que ces déclarations visant à rassurer les fidèles ne soient pas à la hauteur de la situation catastrophique dans laquelle l'Eglise est aujourd'hui plongée par des scandales sexuels qui ne se résument pas à quelques affaires de pédophilie. Et c'est le cas dans de très nombreux pays parmi lesquels le Chili, le Honduras, les Etats-Unis occupent aujourd'hui le devant de la scène. L'Eglise a besoin d'un vaste tsunami pour la conformer en profondeur à sa véritable vocation mais qui en sera l'artisan ? 

    Abus sexuels: le cardinal O’Malley demande «plus que des excuses» aux évêques impliqués

    Il faut une «politique solide et complète» pour répondre aux accusations d'abus sexuels portées contre un évêque, a estimé le cardinal Sean O'Malley, archevêque de Boston (Etats-Unis), dans une note adressée à son diocèse et parue le 24 juillet.

    Dans sa note, le cardinal O’Malley fait, entre autres, référence à l’affaire McCarrick. Le cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington, a été suspendu de tout ministère public par le Pape François, le 20 juin dernier. Il est accusé d’abus sexuels sur mineurs et de comportement sexuel inapproprié avec des adultes dans les années 1970, lorsqu'il exerçait dans le diocèse de New-York. 

    Des abus qui traumatisent les catholiques

    «Ces actions présumées, si elles sont commises par une personne, sont moralement inacceptables et incompatibles avec le rôle du prêtre, de l’évêque ou du cardinal», énonce clairement le cardinal O’Malley, qui est aussi président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs (CPPM) depuis 2014.

    Elles «ont traumatisé beaucoup de catholiques et au-delà», insiste le cardinal O’Malley, ajoutant que «pareilles nouvelles créaient des doutes dans l’esprit de nombre de personnes»vis-à-vis des membres du clergé.

    «Il faut plus que des excuses» 

    Au-delà du cas du cardinal McCarrick, ce genre de situation nécessite «plus que d’excuses», défend le cardinal-archevêque de Boston. En effet, «lorsque des accusations sont portées contre un évêque ou un cardinal, l’on constate encore beaucoup de lacunes dans les politiques de l’Église pour gérer ces comportements et abus sexuels», déplore-t-il, soulignant tout de même que l'Église américaine avait adopté une politique de «tolérance zéro» en ce qui concerne l'abus sexuel des mineurs par les prêtres. 

    Transparence et cohérence

    Néanmoins, «des procédures plus claires pour les affaires impliquant des évêques» sont requises, plaide le cardinal américain, appelant ainsi de ses vœux des «protocoles transparents et cohérents» pour garantir justice aux victimes, et surtout, «répondre à l'indignation légitime des fidèles». Ne pas le faire, prévient-il, «menacerait l’autorité morale déjà affaiblie de l’Eglise»,et pourrait détruire la confiance nécessaire aux ministères des prêtres et des évêques.

    Les victimes, elles, doivent être «félicitées» et traitées avec respect pour avoir mis en lumière leur expérience tragique, stipule enfin le cardinal américain, rappelant que ces accusations étaient naturellement «source de déception et de colère».

    Trois impératifs pour l'Église

    Par conséquent, le cardinal identifie trois impératifs. Tout d'abord, il réaffirme qu'une «évaluation juste et rapide des accusations» est nécessaire, couplée à «une évaluation de l'adéquation de nos normes, de nos politiques dans l'Eglise, et ce, à tous les niveaux, spécialement dans le cas d’évêques». Troisièmement, il est nécessaire de «communiquer plus clairement aux fidèles catholiques et à toutes les victimes» la procédure à suivre pour porter plainte contre les évêques ou les cardinaux.

    Dans ce genre de moments, «il n’y a pas de plus grand impératif pour l'Église que de se sentir responsable pour affronter ces problèmes», affirme enfin le cardinal O’Malley, promettant de mettre le sujet sur la table lors de ses futurs échanges avec le Saint-Siège.

    Faisant allusion au cardinal McCarrick, le cardinal irlandais Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie s’est dit, lui, «choqué» des «accusations d’abus et d’harcèlements sexuels portées contre l'archevêque émérite de Washington McCarrick»,  a rapporté le National Catholic Reporter le 24 juillet 2018.

  • Humanae Vitae ? Venez à l'abbaye de Kergonan les 4 et 5 août, avec le Cardinal Sarah !

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    JPSC

  • Crise très grave dans les séminaires du Honduras

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    Très grave crise dans les séminaires du Honduras par Jean Kinzler sur le Forum Catholique

    TEGUCIGALPA, Honduras, 26 juillet 2018 ( LifeSiteNews ) - L'un des cardinaux les plus influents du Vatican, déjà soupçonné de détourner le regard alors que les relations homosexuelles étaient menées dans sa résidence personnelle, a réprimandé cinquante séminaristes pour avoir dénoncé les problèmes de leur séminaire sous influencee homosexuelle. 

    "Au lieu de féliciter les séminaristes", a tweeté Ed Pentin (NCR), qui a révélé l'histoire, le cardinal Óscar Rodríguez Maradiaga "les a accusés de propager des" commérages "qui veulent présenter leurs camarades sous un mauvais jour".

    Les séminaristes concernés ont déclaré dans leur lettre commune qu'ils ne pouvaient plus "cacher l'ampleur de ce problème au séminaire", selon la NCR , qui a obtenu une copie de la lettre. 

    "Nous vivons et vivons une période de tension dans notre maison à cause de situations gravement immorales, surtout d'une homosexualité active au sein du séminaire qui a été un tabou pendant tout une époque", dit la lettre des jeunes hommes, "et en couvrant cette situation, le problème a pris de l'ampleur, devenant, comme l'a dit un prêtre il n'y a pas si longtemps, une «épidémie au séminaire».

    Après avoir lu le contenu de la lettre, le cardinal Maradiaga et le président de la conférence des évêques honduriens, Mgr Angel Garachana Pérez, ont fustigé les auteurs de la lettre. 

    LSN et ncr

  • Pékin : un raid contre des églises provoque la colère des fidèles

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    Du site "Eglises d'Asie" (Agence d'Information des Missions Etrangères de Paris) :

    Un raid contre des églises provoque la colère des chrétiens à Pékin

    Suite à un raid de police contre des temples protestants et une église catholique à Pékin, un groupe de congrégations protestantes a décidé d’écrire aux autorités municipales de la capitale chinoise : « Vous nous considérez comme une menace, une erreur à corriger. Mais c’est faux, nous voulons contribuer au bien-être de la nation comme tout le monde. » Les autorités avaient ordonné de dresser une liste des lieux de culte afin de fermer les églises non enregistrées.

    Les chrétiens chinois « ne sont pas une force d’opposition, une erreur à gérer ou rectifier, des cibles visées de façon délibérée ou dissimulée. C’est injuste de penser de cette façon, c’est une grossière erreur. Les églises chrétiennes, même les églises domestiques, sont animées par le désir du dialogue afin de permettre les meilleures relations possible avec le gouvernement », écrivent-ils. C’est l’appel courageux qui a été lancé par des dizaines de temples protestants, frappés par une nouvelle vague de restrictions contre la liberté religieuse. Le texte, qui a été signé par 34 lieux de culte non officiels, souligne combien les nouvelles règles sur les Affaires religieuses adoptées par le gouvernement ont sapé les droits des fidèles : « La vie habituelle des croyants a été violée et entravée, et cela a causé d’énormes dégâts émotionnels. Le sentiment patriotique qui anime les chrétiens a également été affecté, ouvrant la voie à de possibles conflits sociaux. La situation semble empirer de jour en jour. »

    Afin de dépasser cette impasse, ajoutent-ils, « Les autorités doivent respecter la liberté religieuse protégée par la Constitution chinoise. Le texte contient beaucoup de droits qui, en réalité, ne sont pas respectés par l’État à parti unique. Les Églises ont un vrai désir de dialogue ». Le Conseil d’État chinois a approuvé, en 2016, une nouvelle série de règles sur les activités religieuses considérées comme « draconiennes ». L’objectif délibéré étant d’éliminer les cultes chrétiens non enregistrés, tels que les « églises domestiques ». Les nouvelles règles, appliquées le 7 février 2016, ont interdit les prédications religieuses ou les évènements chrétiens en ligne ou dans les écoles. Les fidèles ne peuvent pas organiser de cours de catéchismes, de conférences ou autres activités similaires à l’étranger. Sur le papier, ces règles sont destinées à prévenir « le séparatisme, le terrorisme et l’infiltration de forces étrangères dans le pays ».

    Dans ce climat de tensions, ces derniers jours, le gouvernement municipal de Pékin a ordonné aux divers Départements impliqués de « prendre contact » avec les églises de la région et de rendre compte « avant le 19 juillet ». Afin « de mieux comprendre la situation », les autorités locales ont également prévu l’intervention de la police. Il s’agissait en fait d’une liste d’églises chrétiennes non enregistrées, qui ont dû remplir des formulaires remplis d’informations sensibles sur les pasteurs ou sur les fidèles. Des dizaines d’églises domestiques ont été fermées. Une source chrétienne anonyme a confié que parmi les lieux de culte visés se trouvait également une église catholique située près de Shunyi : « Nous savons simplement que la police a rendu visite à plusieurs lieux de culte et a ordonné leur fermeture ». Ni Yulan, membre de la fraternité chrétienne « Brotherhood of sacred love », confie que « le contrôle du gouvernement est de plus en plus rigoureux. Ils se préparent à frapper, c’est pourquoi ils rassemblent des informations. Ce n’est que le début ».

  • Humanae vitae : Paul VI avait raison

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    De Sandro Magister en traduction sur le site diakonos.be :

    Paul VI avait raison avec « Humanae vitae ». « L’Osservatore Romano » donne la ligne à suivre

    Le 25 juillet, « Humanae vitae », l’encyclique controversée promulguée par Paul VI en 1968 sur la régulation de la fertilité, fête ses cinquante ans tout juste. Et ce même jour, « L’Osservatore Romano » – la quotidien officiel du Saint-Siège, dirigé depuis 2007 par Giovanni Maria Vian – l’a rappelé d’une manière très engagée.  Avec un éditorial signé à la une en première page, juste sous le titre, c’est-à-dire à l’endroit où un journal publie non seulement l’opinion d’un de ses chroniqueurs mais où il dicte sa ligne autorisée :

    > L’enciclica « Humanae vitae » cinquant’anni dopo

    Cet article est signé par Lucetta Scaraffia, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Rome « La Sapienza » et depuis de nombreuses années consultante éditoriale de « L’Osservatore Romano » ainsi que directrice de son supplément mensuel « Donne Chiesa Mondo ».

    C’est ce même éditorial qui ouvre également les éditions hebdomadaires en d’autres langues.

    Mais outre la signature, c’est le contenu de l’article qui est remarquable. Avec des arguments qu’on a pas l’habitude de voir dans le langage ecclésiastique, il met en lumière la « lucidité prophétique » de Paul VI quand il a publié cette encyclique ainsi que le courage extraordinaire dont il a fait preuve en contestant les utopies sexualistes et économistes dominantes de son époque qui se sont révélées vouées à l’échec.

    Aujourd’hui que « Humanae vitae » est à nouveau « mis en pièce » au sein de l’Église – comme le fait remarquer à juste titre Lucetta Scaraffia – il faut lire la publication de cet éditorial dans « L’Osservatore Romano » comme une prise de position faisant autorité pour en défendre le sens authentique à l’encontre de la vague révisionniste qui prétend en renverser l’enseignement, juste au moment où le grand pape qui l’a publiée est sur le point d’être canonisé.

    L’encyclique « Humanae vitae » cinquante ans après

    par Lucetta Scaraffia dans « L’Osservatore Romano » du 25 juillet 2018

    Cinquante ans après sa publication, l’encyclique « Humanae vitae » de Paul vi se présente aux yeux des hommes d’aujourd’hui de manière complètement différente: en 1968, c’était un document courageux — et donc controversé — qui allait contre l’air du temps, celui de la révolution sexuelle, pour l’accomplissement de laquelle étaient fondamentaux un contraceptif sûr et également la possibilité d’avorter. C’était aussi le temps où les économistes parlaient de «bombe démographique», c’est-à-dire du danger de surpopulation qui menaçait les pays riches et qui pouvait réduire leur prospérité.

    Deux forces puissantes, donc, qui se rangeaient contre l’encyclique: l’utopie du bonheur, que la révolution sexuelle promettait à chaque être humain, et la richesse, qui aurait été la conséquence logique d’une diminution de la population à vaste échelle.

    Aujourd’hui, cinquante ans après, nous voyons les choses d’une toute autre manière. Ces deux visions utopiques se sont réalisées, mais elles n’ont pas apporté les résultats espérés: ni le bonheur, ni la richesse, mais plutôt de nouveaux problèmes dramatiques.

    Si l’effondrement de la population dans les pays développés se confronte avec difficulté à l’arrivée de masses d’immigrés nécessaires, mais dans le même temps inacceptables pour beaucoup, à partir du contrôle médical des naissances a commencé l’invasion de la procréation de la part de la science, avec des résultats ambigus, souvent préoccupants et dangereux.

    Aujourd’hui, alors que nous payons toutes les conséquences d’une brusque et forte dénatalité et que beaucoup de femmes, après des années d’anticonceptionnels chimiques, ne réussissent pas à concevoir un enfant, nous nous rendons compte que l’Eglise avait raison, que Paul VI avait été prophétique en proposant une régulation naturelle des naissances qui aurait sauvé la santé des femmes, la relation de couple et le caractère naturel de la procréation.

    Aujourd’hui, où les jeunes femmes passionnées d’écologie se tournent vers des méthodes naturelles de régulation de la fertilité, sans même connaître l’existence d’ »Humanae vitae », aujourd’hui, où les gouvernements cherchent à réaliser des politiques qui favorisent la natalité, nous devons relire l’encyclique avec d’autres yeux. Et au lieu de la voir comme la grande défaite de l’Eglise face à la modernité diffuse, nous pouvons en revendiquer la lucidité prophétique quand elle a saisi les dangers contenues dans ces changements et nous féliciter, nous catholiques, qu’une fois encore l’Eglise n’est pas tombée dans le piège alléchant des utopies du XXe siècle, mais qu’elle a su en saisir immédiatement les limites et les dangers.

    Mais peu de personnes y réussissent: pour beaucoup, il est encore difficile de se détacher de la vieille opposition entre progressistes et conservateurs, au sein de laquelle l’encyclique a été mise en pièces, sans en saisir l’esprit critique et la force innovatrice. Encore maintenant, personne ne semble se rappeler que, pour la première fois, un Pape a accepté la régulation des naissances et a invité les médecins à rechercher des méthodes naturelles et efficaces.

    Il est donc très important de réussir à regarder « Humanae vitae » avec des yeux nouveaux, des yeux d’êtres humains qui vivent au XXIe siècle, désormais conscients de l’échec de tant d’utopies et de tant de théories économiques qui avaient été proposées comme infaillibles.

    Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons affronter les problèmes actuels de la famille, le nouveau rôle des femmes et les rapports difficiles entre éthique et science, dont les racines se trouvent — même si par certains aspects de manière inconsciente — dans ce texte du lointain 1968.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.