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  • Léon XIV a choisi celui qui devra remettre de l’ordre à Saint-Pierre

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    Du site "Silere non possum" :

    10 octobre 2026

    Léon XIV a choisi celui qui devra remettre de l’ordre à Saint-Pierre

    Le franciscain Vittorio Francesco Viola succède à Mauro Gambetti à la tête de la basilique vaticane. Plusieurs dossiers délicats l’attendent, des relations avec le personnel à la gestion financière et liturgique.

    Par p. M. B.

    Un choix qui ne doit rien aux rumeurs

    Cité du Vatican — Le nouvel archiprêtre de la basilique Saint-Pierre est l’archevêque Vittorio Francesco Viola, franciscain de l’Ordre des Frères mineurs, jusqu’ici secrétaire du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements. Léon XIV l’a choisi pour succéder au cardinal Mauro Gambetti, appelé à rejoindre l’archidiocèse de Chieti-Vasto. Il lui a confié l’ensemble des responsabilités exercées par son prédécesseur conventuel : outre la basilique, la fonction de vicaire général de Sa Sainteté pour l’État de la Cité du Vatican et la présidence de la Fabrique de Saint-Pierre.

    Ces derniers mois, les spéculations sont allées bon train au sujet du successeur de Mauro Gambetti. Certains ont avancé le nom du cardinal secrétaire d’État ; d’autres ont assuré qu’il s’agirait « certainement d’un cardinal ». Toujours les mêmes conjectures, nées dans les salons feutrés de la Curie et qui finissent dans les latrines du commérage ecclésiastique. Des personnages qui ramassent tout ce qui leur tombe sous la main et le recrachent comme s’il s’agissait d’une information, simplement parce qu’un bavard, parfois en soutane, le leur a glissé à l’oreille. Aujourd’hui, ils exploitent ces confidences pour se donner de l’importance, en proie à leur énième délire ; demain, lorsque cela les arrangera, ils n’hésiteront pas à brûler cette source à son tour, comme ils l’ont déjà fait avec les autres.

    Léon XIV a misé sur un homme qui ne porte pas la pourpre cardinalice, arrivé à Rome il y a cinq ans après avoir quitté un diocèse de province où le pape François l’avait nommé. À la Curie, Viola a travaillé dans l’ombre au sein d’un dicastère très contesté. C’est un liturgiste. Et à Saint-Pierre, après cinq années d’événements et de sponsors, il faut quelqu’un qui redonne toute leur place à la prière, à l’adoration et au silence.

    Qui est Vittorio Francesco Viola ?

    Viola est né à Biella le 4 octobre 1965, jour de la fête de saint François d’Assise. Au lycée, il avait choisi la filière scientifique, puis s’était inscrit à l’université avec l’intention de devenir médecin. Ce sont les activités franciscaines destinées aux jeunes qui l’ont conduit à rejoindre les Frères mineurs d’Ombrie.

    Il a prononcé ses vœux solennels le 14 septembre 1991 dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges, puis a été ordonné prêtre le 3 juillet 1993 par Luca Brandolini, évêque auxiliaire de Rome. Il a étudié à l’Institut théologique d’Assise et à l’Institut pontifical de liturgie Saint-Anselme, où il a obtenu en 2000 un doctorat consacré aux prières d’ordination des prêtres et des évêques dans l’ancien Sacramentaire gélasien. Cette recherche a donné naissance à un ouvrage intitulé Rinnova in loro l’effusione del tuo spirito (« Renouvelle en eux l’effusion de ton Esprit »), publié par TAU Editrice en 2010. Il a ensuite enseigné la liturgie à Saint-Anselme ainsi que dans les instituts théologiques d’Assise.

    Il est resté à Assise pendant plus de vingt ans. De 1999 à 2005, il a été gardien du couvent et de la basilique papale Sainte-Marie-des-Anges, à la Portioncule ; de 2005 à 2014, il a été gardien du couvent Sainte-Claire. Au sein de la province ombrienne de son ordre, il a exercé à plusieurs reprises la fonction de définitoire.

    Pour l’Église locale, il a dirigé le service liturgique de la région ecclésiastique d’Ombrie de 1997 à 2014 et, à partir de 2008, la Caritas diocésaine. À ce titre, le 4 octobre 2013, il a contribué à organiser le déjeuner avec les pauvres que le pape François avait souhaité lors de sa première visite à Assise. C’est là que le pape l’a rencontré. Un an plus tard, le 15 octobre 2014, il le nommait évêque de Tortona.

    L’archevêque d’Assise, Domenico Sorrentino, l’a consacré évêque le 7 décembre 2014, précisément à Sainte-Marie-des-Anges, avec le cardinal Gualtiero Bassetti et son prédécesseur à Tortona, Martino Canessa. Il a pris possession de son diocèse le 14 décembre. Il a choisi pour devise une expression de saint Ambroise : In tuis te invenio sacramentis (« C’est dans tes sacrements que je te trouve »).

    Au sein de la Conférence épiscopale italienne, il a fait partie de la commission pour la liturgie. Le 27 mai 2021, François l’a appelé à Rome comme secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin, avec le titre personnel d’archevêque.

    Viola, comme Gambetti, vient donc d’Assise, mais de l’autre branche de la famille franciscaine. Gambetti appartient aux Frères mineurs conventuels et dirigeait le Sacro Convento ; Viola est un Frère mineur qui a grandi entre la Portioncule et Sainte-Claire. Or le dicastère dont il provient s’occupe précisément de ce qui, ces dernières années, a le plus mal fonctionné à Saint-Pierre : la manière de célébrer et les rites pénitentiels après les profanations du maître-autel.

    Une basilique à remettre en état

    À Saint-Pierre, Viola trouvera la basilique que nous avons racontée pendant quatre ans au fil d’une enquête qui a publié dans ces pages documents, photographies, vidéos et témoignages, reconstituant de l’intérieur ce qui s’est passé dans l’un des lieux les plus importants de l’Église catholique.

    Il commencera par les sampietrini, ces employés chargés depuis des siècles de veiller sur la basilique et d’en assurer l’entretien. Gambetti a progressivement vidé ce corps de ses membres : beaucoup ont été retirés des nefs et affectés aux bureaux de la Fabrique, tandis qu’une part croissante des interventions était confiée à des entreprises extérieures.

    En 2023, quatre étudiants de la toute nouvelle École des arts et métiers, autre création du cardinal, ont été recrutés comme sampietrini. À leur place, dans la basilique, sont arrivés des agents auxiliaires de surveillance : des étudiants universitaires qui, auparavant, effectuaient chacun un mois de service afin de financer leurs études.

    En août 2022, nous avions documenté le fait que certains des étudiants retenus travaillaient trois ou quatre mois d’affilée, sept jours sur sept, pour six euros de l’heure, en accomplissant des tâches relevant des sampietrini et en rendant quelques « services » supplémentaires, comme payer les factures des chauffeurs des dirigeants.

    Parmi les sampietrini, ceux que l’on soupçonnait de parler à la presse ont reçu des lettres de rappel à l’ordre, subi des mutations et, en février 2024, assisté à une perquisition de la Gendarmerie dans les bureaux. L’un d’eux a été suspendu et privé de salaire, sous l’accusation d’avoir transmis des photographies aux journaux.

    Le promoteur de justice Alessandro Diddi entendait traiter ces travailleurs comme des agents publics, démontrant qu’il ne connaissait même pas les rudiments du droit vatican. Cet homme, du reste, n’était la source de personne. Il avait simplement reçu quelques photographies que des employés et plusieurs ecclésiastiques s’échangeaient continuellement, scandalisés par la gestion de Gambetti.

    Avec la diminution du nombre de gardiens, le désordre s’est installé. Le 1er juin 2023, un homme nu a escaladé le maître-autel. Le 7 février 2025, un autre a franchi les cordons de sécurité, jeté à terre six chandeliers et eu le temps d’enlever la nappe avant que quelqu’un n’intervienne.

    Le 10 octobre 2025, alors que des milliers de fidèles franchissaient la Porte sainte, un homme s’est dévêtu sur le maître-autel. Gambetti n’a ordonné aucune réparation rituelle ; c’est Léon XIV qui a prescrit le rite pénitentiel, célébré le 13 octobre sans que Vatican News lui consacre la moindre ligne.

    En janvier de cette année, un nouvel incident s’est produit dans la chapelle du Saint-Sacrement, pendant l’adoration. À chaque fois, la consigne a été la même : silence, et suppression des vidéos enregistrées sur les téléphones, y compris ceux des touristes.

    Il y a aussi l’état matériel de l’édifice. La poussière s’accumule sur les statues autour du baldaquin du Bernin et dans toute la basilique ; des morceaux de stuc tombent, et il est même arrivé qu’ils chutent pendant le mariage d’un garde suisse. La chapelle du Saint-Sacrement a été inondée en novembre 2022 ; des infiltrations ont touché les archives historiques ; la statue de la Sagesse a été endommagée par un chariot élévateur. Quant aux portes, elles ont été laissées ouvertes pour « aérer » les lieux, exposant les œuvres aux variations de température.

    Le nouveau président de la Fabrique devra également demander des comptes sur les chantiers. Sur la coupole, Gambetti a fait agrandir le bar. Le 25 février, l’un des secrétaires du pape est monté sur les terrasses pour photographier les travaux et transmettre les images à Prevost.

    En juillet, nous avons publié les photographies du reste des aménagements : des couvertures découpées, une nouvelle cloison, un revêtement de sol refait, des entrepôts de la Fabrique destinés à accueillir des expositions et un passage extérieur autour de la coupole devant être intégré aux circuits payants.

    Les travaux ont été réalisés par la société Lunghi Srl, dont le siège se trouve à Assise. Leur coût n’a jamais été communiqué, mais ces personnes ne tarderont pas à présenter des factures substantielles.

    C’est le dernier épisode d’un projet lancé en 2022 avec l’idée d’un billet d’entrée, puis poursuivi à partir de 2023 par une séparation des fidèles entre « ceux qui prient » et « les visiteurs ».

    Aux recettes s’ajoutent les dépenses : le bureau du troisième étage entièrement refait à neuf, avec un tapis portant les armoiries du cardinal ; le vidéomapping sur la façade, présenté comme gratuit mais ayant coûté 480 heures supplémentaires et 40 000 euros de location de projecteurs ; les chaises, les drones sur la coupole, les dîners aux Musées du Vatican et le projet mené avec Microsoft.

    Reste le Chapitre. Les chanoines ont été privés de statuts de 2021 jusqu’au 29 juin 2024, tandis que les fonctions étaient attribuées sans élections. Gambetti est même allé jusqu’à faire installer des caméras devant les appartements.

    Aujourd’hui encore, des prêtres intègrent le Chapitre selon des critères qui restent difficiles à comprendre. Beaucoup sont jeunes et, au lieu d’exercer leur ministère dans les diocèses où leur présence serait réellement nécessaire, préfèrent s’installer à la basilique, cultiver des relations avec des personnalités influentes de la Curie et fréquenter des milieux où se nouent également des relations pour le moins troubles avec de jeunes garçons en difficulté, désireux de dicter leur loi jusqu’aux évêques et aux cardinaux, de porter des aubes et d’accéder à des lieux normalement interdits au plus grand nombre.

    Reste enfin la paroisse. Arrivé en 2021, Gambetti a marginalisé le curé augustinien, le père Mario Bettero, considéré comme proche de son prédécesseur Angelo Comastri. Il l’a remplacé par un confrère conventuel, le père Agnello Stoia. Depuis lors, Saint-Pierre a cherché à empiéter sur le territoire de la paroisse Sainte-Anne, traditionnellement confiée à l’Ordre de Saint-Augustin.

    Les hommes du cardinal

    La tâche la plus délicate concerne toutefois les personnes. En cinq ans, la Fabrique est devenue le refuge de ceux qui avaient été écartés ailleurs. Désormais, chacun de ces hommes perd son protecteur.

    Le cas le plus encombrant est celui de Mgr Orazio Pepe. En juillet 2021, il siégeait aux côtés de Gambetti, en qualité de secrétaire de la Fabrique, lors d’une rencontre avec l’ensemble du personnel.

    Son parcours avait déjà été mouvementé : fonctionnaire à la Congrégation pour le Culte divin, puis chef de bureau à la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée, il avait ensuite obtenu un poste spécialement créé pour lui à la Secrétairerie d’État. Il en fut écarté sur décision du cardinal Pietro Parolin lui-même et du Substitut, qui ne voulaient plus entendre parler de lui.

    À Saint-Pierre, il est également connu pour ses fréquentes escapades vers les ateliers de couture de Borgo Pio, où il se précipitait régulièrement pour commander toutes sortes de travaux. Il s’est toutefois montré beaucoup moins prompt lorsqu’il s’agissait de régler les factures.

    Or Viola arrive précisément de l’un des dicastères dont Pepe avait été brutalement évincé.

    Le 5 septembre 2022, avec Ettore Valzania, il a fait barrer à l’aide de ruban de chantier la chapelle Saint-Sébastien, où repose saint Jean-Paul II. Avec Stefano Attili, il a fait retirer des locaux de la Fabrique les brochures du musée du Trésor réalisées par Mgr Rezza.

    Nous l’avons vu vociférer dans la basilique et s’improviser contrôleur de billets. En février, nous écrivions que son mandat prendrait fin en juin. Où pourra-t-il aller désormais, alors qu’aucun dicastère ne semble plus vouloir de lui ? Voilà un problème que Viola trouvera sur son bureau.

    Il y a ensuite Calogero La Piana, archevêque émérite de Messine-Lipari-Santa Lucia del Mela. Après avoir quitté la Sicile dans des circonstances qui n’ont jamais été éclaircies, il a été nommé par Gambetti vicaire du Chapitre vatican, où il s’est mis entièrement au service de l’archiprêtre.

    C’est lui qui, en novembre 2023, a signé l’avis obligeant les chanoines à se présenter aux offices de laudes en tenue cléricale.

    Parmi les laïcs, on n’a pas non plus manqué de personnages ayant parcouru la basilique en tous sens à la recherche d’un poste, tout en nouant avec Gambetti des relations de convenance. Giovanni Pingitore constitue l’un des cas les plus manifestes : le nouveau groupe l’a fait entrer au bureau des célébrations de la Fabrique, alors même que son parcours ne justifiait pas un tel choix.

    Pingitore appartient à la même catégorie que Cristian Lanni : de jeunes hommes qui évoluent avec une grande assurance dans les milieux du Vatican, se présentent comme des spécialistes de matières qu’ils maîtrisent bien moins qu’ils ne le prétendent et accumulent, dans le même temps, relations, confidences et récits.

    Après les polémiques autour du cardinal Comastri et du pré-séminaire Saint-Pie-X, Pingitore a été réaffecté à Saint-Pierre. Il se présente aujourd’hui également comme un expert en droit canonique, avec des résultats qui suscitent plus d’une perplexité.

    C’est le genre de personnages que certains aiment garder près d’eux au Vatican, avant de découvrir trop tard que ces fréquentations peuvent précisément se retourner contre eux : ils parlent beaucoup, racontent encore davantage et sont souvent ceux qui font circuler de fausses histoires et alimentent les commérages.

    Les épisodes révélant leur incompétence n’ont pourtant pas manqué. Le 30 août 2022, lorsque le maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Diego Ravelli, est arrivé pour préparer la messe que le pape devait célébrer avec le Sacré Collège, il a découvert, à l’autel de la Chaire, un groupe de pèlerins en train de célébrer. Toute l’opération avait été organisée par Pingitore.

    Un peu plus d’un mois après, le 3 octobre 2022, le cardinal Rainer Maria Woelki, venu de Cologne avec quelque deux mille servants d’autel, s’est vu refuser la possibilité de célébrer dans la basilique, alors même que celle-ci était libre. La décision avait été prise par Pingitore et Valzania.

    Le problème, au fond, est toujours le même : le goût du pouvoir. Des jeunes qui, dans le monde réel, auraient difficilement l’autorité nécessaire pour donner des ordres finissent par se ménager des espaces de pouvoir au sein de l’Église catholique et du Vatican, en profitant d’un système qui attribue souvent fonctions, accès et influence selon des critères « obscurs ». Sans oublier qu’ils sont désormais bien peu nombreux à être encore en place.

    Il y a ensuite Ettore Valzania, arrivé avec le premier groupe venu d’Assise et de Bologne, aux côtés de Paola Bossari, Claudio Vezzelli et Roberto Bertozzi.

    Le personnel avait d’abord été informé que tous ces nouveaux venus seraient des collaborateurs « à titre gratuit ». Ils ont ensuite été embauchés, avec des classifications correspondant aux neuvième et dixième niveaux.

    Chargé de l’accueil, Valzania avait déclaré aux employés que la Gendarmerie devait comprendre que le dernier mot leur appartenait. Il a laissé les stocks de Testimonium s’épuiser, contraignant les pèlerins à inscrire leurs données sur des feuilles blanches. Lors des funérailles de Benoît XVI, les fidèles ont défilé devant la dépouille tandis qu’un marteau-piqueur fonctionnait dans les Grottes vaticanes.

    En mai 2023, Valzania a été retiré du service d’accueil et remplacé par Mario Bosco, marié à une guide touristique qui accompagne précisément des groupes dans la basilique. Depuis 2022, Vezzelli et Valzania nourrissaient ensemble le projet de rendre l’accès à la basilique payant.

    Bossari, amie d’enfance du cardinal et responsable de l’administration, ainsi que son mari Bertozzi, responsable des systèmes d’information, ont été embauchés alors que le règlement du personnel interdisait le recrutement de conjoints. Ils suivront Gambetti à Chieti : celui-ci l’a déjà annoncé à l’archevêque Bruno Forte. Ces dernières années, ils ont vécu avec lui sur la place de la Cité-Léonine. Pour le nouvel archiprêtre, au moins ce problème se résoudra de lui-même.

    La liste continue.

    Stefano Attili, choisi comme responsable des relations extérieures, a accompagné en février 2022 la princesse de Bahreïn sur la coupole et les terrasses, en compagnie de son assistant Gianluca Casciani, sans respecter le protocole. Quelques mois plus tard, le vice-chef du Protocole l’a convoqué pour lui rappeler que les visites officielles relevaient de la compétence de la Secrétairerie d’État.

    Alberto Capitanucci, ancien adjoint au maire d’Assise, démissionnaire depuis le 23 mars 2023, a été embauché à la Fabrique quelques semaines plus tard. Il a dirigé le secteur technique jusqu’en juillet 2025, date à laquelle il l’a quitté pour être immédiatement réaffecté à un autre poste.

    L’architecte Flaviano Vitali, qu’il avait remplacé, a rejoint l’École des arts et métiers.

    Le père Francesco Occhetta, jésuite surnommé à Borgo Santo Spirito « le Spadaro qui n’a pas réussi », est secrétaire général de la Fondation Fratelli Tutti, la structure par laquelle Gambetti a fait entrer dans la basilique des palettes en bois, des buffets, des éclairages et des sponsors. Et beaucoup d’argent avec eux.

    À l’été 2022, Walter Ganapini était également arrivé, chargé de rendre la basilique « écologique ».

    Sous leur autorité s’est constitué un réseau de jeunes auxiliaires rémunérés quelques euros, qui viennent surtout chercher à la basilique des relations qu’ils pourront exhiber à leur retour dans leurs diocèses.

    Dans ce système, le père Enzo Fortunato est déjà tombé. Léon XIV a d’abord retiré son autonomie au Comité pontifical pour la Journée mondiale des enfants, par un rescrit du 9 août 2025, avant de le supprimer en février dernier.

    En février, nous avions écrit qu’une fois la première quille renversée, les autres tomberaient en cascade. C’est bien ce qui s’est produit. Il appartient maintenant au nouvel archiprêtre de s’occuper des quilles les plus petites.

    Lire aussi : Vatican : Le pape Léon XIV confie la basilique Saint-Pierre à Monseigneur Viola, artisan d’une application stricte des restrictions contre la messe traditionnelle

  • « L’Eucharistie n’est pas un simple repas commémoratif »

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    De Mathilde de Robien sur Aleteia :

    Gaspard Craplet : « L’Eucharistie n’est pas un simple repas commémoratif »

    Pour les premiers chrétiens, la messe était vitale. Qu'en est-il aujourd'hui ? Dans son dernier livre, "La messe au cœur de nos vies", le père Gaspard Craplet invite à redécouvrir ce qui se joue à chaque célébration et à s'émerveiller du mystère de l'Eucharistie. Entretien.

    "Sine dominico non possumus." ("Sans la messe du dimanche, nous ne pouvons pas vivre.") Ce sont les paroles des martyrs d’Abitène, exécutés en 304, lancées au proconsul romain venu les arrêter lors d’une messe clandestine. Les premiers chrétiens considéraient la messe comme quelque chose de vital pour l’âme. Le père Gaspard Craplet, prêtre de la société Jean-Marie Vianney, chargé de la pastorale et enseignant au séminaire d’Ars, invite à se mettre à leur école. À travers son dernier livre, le prêtre rend le mystère de l'Eucharistie plus accessible et invite chacun à s’émerveiller devant le sacrifice de la messe.

    Lire l'interview du Père Craplet sur aleteia.org

  • L’opportunité de donner à Marie le titre de Corédemptrice

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    L’opportunité de donner à Marie le titre de Corédemptrice

    Cet article est publié parallèlement par L’Homme Nouveau (dans son bimensuel du 10 octobre 2026, pp. 24-25, et sur son site : Les splendeurs de Marie corédemptrice).

    Les éditions Via Romana ont courageusement publié deux ouvrages traitant de la corédemption de la Vierge Marie, alors que l’étrange note doctrinale du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Mater Populi fidelis, publiée le 4 novembre 2025, avait dénié l’opportunité d’appliquer à la Sainte Vierge le titre de corédemptrice de même que celle du titre équivalent de médiatrice de toutes les grâces.

    Le premier livre, de Guy Barrey, Marie Corédemptrice, Mère, Médiatrice et Avocate[1], avec une préface de Mgr Athanasius Schneider, est une entrée en matière précieuse sur ce sujet. Il fait une présentation théologique de ce titre qui exprime le mystère de la participation de la Mère de Dieu, avec et sous son divin Fils, à l’acquisition par la satisfaction de toutes et chacune des grâces de salut concédées aux hommes, par les mérites de congruo (fondés sur la charité) de sa Compassion, lesquels sont, par la volonté de Dieu, indissolublement unis aux mérites de condigno (fondés sur la justice) de la Passion du Christ.

    Guy Barrey attire notamment l’attention sur la dévotion aux Cœurs unis de Jésus et de Marie propagée par saint Jean Eudes, et à sa suite par saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui écrivait : « Le Cœur de cette glorieuse Marie a contribué à l’œuvre de notre rédemption, parce que Jésus […] est le fruit du Cœur de cette bienheureuse Vierge et que ce même Cœur est aussi le sacrificateur qui a offert cette divine hostie, et l’autel sur lequel elle a été offerte » (saint Jean Eudes, Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu).

    Le second livre, sous la direction de Karen Darantière, rassemble les actes d’un colloque qui s’est tenu à Paris les 23 et 24 mai 2025 sous le titre : Les splendeurs de Marie corédemptrice[2]. L’ouvrage, qui contient notamment les contributions de Mgr Athanasius Schneider, du P. Manfred Hauke, de la faculté de théologie de Lugano, du P. Serafino Lanzetta, est agrémenté d’une série de photographies de tableaux commentés théologiquement, tel le triptyque du Buisson ardent de Nicolas Froment, ou la Vierge de l’Apocalypse de Miguel Cabrera.

    Le P. de Nadaï, op, membre de la Commission léonine[3], y montre le rattachement du titre de corédemptrice au fait que le Verbe a voulu assujettir son incarnation rédemptrice à la volonté de Marie. Elle a ainsi droit au titre de corédemptrice parce qu’elle a droit d’abord à celui de Mère de Dieu, qui est au reste d’une force bien plus grande.

    Roberto De Mattei traite de « la question mariale lors du Concile Vatican II ». Un schéma spécifique De Beata Maria Virgine avait été préparé, dans lequel le titre de médiatrice de toutes les grâces, comme associée au Christ dans leur acquisition, était clairement énoncé. En revanche, celui de corédemptrice avait été omis au motif qu’il pourrait « être mal compris des protestants ». Ajoutons que, tant dans ce schéma préparatoire que dans les autres, aucun canon de définition infaillible n’était prévu.

    Malgré sa prudence, le schéma rencontra une forte opposition devant le Concile, car il lui était reproché de faire obstacle à l’œcuménisme vis-à-vis des protestants. Il fut d’abord fondu dans celui sur l’Église, qui deviendra la constitution Lumen gentium. En outre, les Pères progressistes voulaient que l’on en ôtât le titre de Marie médiatrice de toutes les grâces. Selon un processus habituel lors de Vatican II, on trouva un compromis entre l’aile avancée et les évêques conservateurs : le titre fut inséré au milieu d’autres et privé du génitif « de toutes les grâces » : « La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice » (n. 62).

    Roberto De Mattei remarque que, dans ce domaine comme en d’autres, la minorité progressiste l’emporta grâce aux concessions du front conservateur. Les mariologues de celui-ci tenteront ensuite désespérément de se référer à la mention de Lumen gentium, mais c’est bien la « réinterprétation » minimaliste de la mariologie par le Concile, celle de l’abbé René Laurentin, qui l’emporta.

    Dans ce colloque, nous étions pour notre part chargé de parler de « la doctrine de la corédemption dans l’école française de spiritualité », qui a mis en valeur le thème équivalent de Virgo Sacerdos, Vierge Prêtre, qui remonte au Pseudo-Épiphane de Salamine (Ve siècle), et qu’on retrouve ensuite de siècle en siècle jusqu’à Ippolito Marracci (1604-1675).  Pour l’école française de spiritualité, dont le cardinal de Bérulle fut le premier de cordée, et spécialement pour Jean-Jacques Olier, l’analogie établie entre la « prêtrise » de Marie et celle des prêtres servait à souligner l’éminence mystique du sacerdoce et à encourager le clergé à la sainteté de sa vie. Le formel du sacerdoce de Marie se trouve dans le fait qu’au pied de la Croix, elle coopérait à l’acte principal du sacerdoce de Jésus-Christ, en donnant, comme l’a voulu le plan divin, son consentement au sacrifice. « Son sexe seul la privait de l’usage et de la dignité de ce ministère, qui était réservé pour les hommes » (J.-J. Olier, L’esprit des cérémonies de la messe).

    La contribution de l’abbé Le Troadec rappelle les attestations pontificales de ce titre, et notamment celles répétées de Pie XI. « Le Rédempteur se devait, nécessairement, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice » (allocution de 1933). L’association de Marie à la Passion rédemptrice était nécessaire, d’une nécessité de congruence bien sûr.

    La préparation de ce colloque eut lieu dans les derniers jours du pontificat du pape François. Au même moment, à Rome, se tint une réunion au Palais du Saint-Office pour traiter de l’inopportunité des titres mariaux de corédemptrice et de médiatrice de toutes les grâces, à laquelle participait le cardinal Prevost, auquel cette question tenait à cœur, réunion qui faisait le point sur les premiers travaux du Dicastère pour la Doctrine de la Foi qui allaient aboutir à la note Mater populi fidelis.

    C’est la demande d’un nouveau dogme marial (par exemple par le cardinal Journet, le P. Réginald Garrigou-Lagrange, récemment par le cardinal Vithayathil, le Dr Mark Miravalle, président de Vox Populi Mariæ Mediatrici,) déclarant solennellement Marie corédemptrice et médiatrice de toutes les grâces, qui exaspère et a exaspéré le plus ceux que Roberto De Mattei qualifie de « minimalistes ». Ceux-ci tel le P. Yves Congar, se plaignaient de ce qu’ils considéraient comme une « inflation » des dogmes mariaux à l’époque contemporaine. En fait, la définition solennelle est demandée parce qu’elle rendrait définitive ce qu’enseigne déjà la doctrine pontificale ordinaire (saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII).

    En outre, il faut convenir que les dogmes mariaux ont eu une grande portée ecclésiale. La proclamation de l’Immaculée Conception en 1854 était en même temps une affirmation de l’infaillibilité personnelle du pape, que le premier concile du Vatican allait définir en 1870. La proclamation de l’Assomption en 1950 (l’année d’Humani generis, l’encyclique de Pie XII sur les erreurs contemporaines) avait une portée antimoderniste considérable en affirmant que l’entrée au ciel de la Sainte Vierge avait eu lieu non seulement avec son âme, mais aussi avec son corps, ce qui touche à la foi en la résurrection des corps. Et aujourd’hui, un dogme marial sur la corédemption et sur la médiation de toutes grâces correspondrait à une remise en selle de l’infaillibilité, écartée depuis Vatican II, avec d’immenses conséquences pour la proclamation et la défense de la foi catholique.


    [1][1] Via Romana, 2026.

    [2][2] Via Romana, 2026.

    [3][3] La Commission léonine est un groupe de chercheurs spécialisés, financé et organisé par l’ordre des Frères prêcheurs, sous l’autorité de son maître général, chargé de l’établissement d’une édition critique des œuvres de saint Thomas d’Aquin.

  • Si iniquitates observaveris (Introit du 28e dimanche du temps ordinaire)

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    Si iniquitates observaveris Domine,
    Domine quis sustinebit?
    Quia apud te propitiatio est, Deus Israel.
     
    Si vous examinez les iniquités, Seigneur,
    Seigneur, qui subsistera?
    Car près de vous est le pardon, Dieu d'Israël.
     
    Ps.  1
    De profundis clamavi ad te, Domine:
    Domine, exaudi vocem meam.
     
    Des profondeurs j’ai lancé vers vous mon appel, Seigneur:
    Seigneur, exaucez ma voix.
     
  • Tout est prêt, venez au repas des noces éternelles (28e dimanche du T.O.)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ (Homelies.fr - Archive 2008)

    « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils » : voilà qui devrait nous rassurer quant aux intentions de Dieu à notre égard ! Conformément au protocole, ceux qui avaient eu l’honneur d’être « invités », sont avertis très officiellement par les serviteurs du roi que le grand jour est enfin arrivé. Stupéfaction : ils refusent de venir ! Chacun d’eux poursuit ses occupations comme si de rien n’était ; certains même passent leur mauvaise humeur sur les pauvres émissaires du roi, trahissant ainsi la vraie raison de leur refus : ils n’ont aucune envie de partager la joie d’un roi pour lequel ils nourrissent plutôt du mépris, du ressentiment, voire de la haine. Aussi la réponse ne se fait-elle pas attendre et les présomptueux vont payer très cher leur insoumission.

    On pourrait objecter que la réaction du roi ne fait qu’entretenir la spirale de la violence ; s’il représente Dieu nous avons intérêt à nous tenir à l’écart ! Mais cette interprétation ne respecterait pas le genre littéraire utilisé par Jésus : le sens d’une parabole ne se livre pas au terme d’une étude analytique ; il jaillit plutôt d’une saisie d’ensemble du récit, sur l’horizon annoncé par le narrateur. Dieu à vrai dire n’a pas besoin de sévir contre ceux qui lui résistent : en refusant d’entrer dans la fête en réponse à son invitation, ils choisissent eux-mêmes de demeurer sous « le voile de deuil qui les enveloppe et sous le linceul qui les couvre » ; car c’est à ce banquet de noces où il fait alliance avec son peuple, que « le Seigneur effacera l’humiliation de la mort, et essuiera les larmes sur tous les visages » (1ère lect.). Dieu est le Seigneur de la vie, et il désire la donner en partage à ceux qui s’approchent de lui pour la recevoir ; mais ceux qui refusent de répondre à son appel, s’enferment eux-mêmes dans les ténèbres de la mort.
    Cependant, cet échec ne décourage pas le roi, qui tient absolument à ce que la salle de noce soit bondée ! Puisque ceux qui étaient invités de longue date n’ont pas voulu répondre à l’appel, faisant eux-mêmes la preuve de leur indignité, il se tourne vers le tout-venant parmi ses sujets. Il envoie ses serviteurs « à la croisée des chemins », les chargeant d’inviter tous ceux qu’ils rencontreraient, sans faire de tri entre « les mauvais et les bons ». On devine sans peine la surprise de ceux-ci ! Le stratagème semble réussir puisque les serviteurs parviennent à remplir la salle de ces convives improvisés.

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