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  • En Ukraine, la Russie vise désormais en priorité les civils. La réponse de l'Église

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    En Ukraine, la Russie vise désormais en priorité les civils. La réponse de l'Église

    Pour bien comprendre ce que pense Léon XIV de la guerre en Ukraine, il faut absolument lire les dix pages sur la question dans la dernière édition de « La Civiltà Cattolica », la revue des jésuites de Rome publiée sous le contrôle préalable de la Secrétairerie d’État et, bien souvent, du pape lui-même.

    Cet article s'intitule « L’Ukraine et les coûts humains du conflit ». Il traite précisément des répercussions sur la population du nouveau tournant pris par l’offensive russe : des frappes systématiques ne se limitant plus à la ligne de front, mais qui visent désormais les villes et villages de tout le pays — à commencer par la capitale, Kiev —, à coups de drones et de missiles déferlant sans relâche sur le quotidien des civils pour briser leur résistance.

    Jusqu'ici, « sans aucun signe de fléchissement à l’horizon », souligne l'auteur de l'article, le jésuite et psychologue Norbert Frejek. Bien au contraire, « les habitants des zones touchées continuent de faire preuve d'une force morale et d'une ténacité remarquables », après presque cinq ans de résistance ininterrompue face à l'invasion russe qui, « depuis février 2022, n'a conquis que 3 % du territoire ukrainien », outre les zones déjà annexées par la force depuis 2014, pour un total d'environ 20 % du territoire, Crimée comprise.

    En ce qui concerne l’invasion russe et la résistance ukrainienne qui a suivi, le jugement est sans appel. L’Ukraine « combat pour préserver son indépendance à l’intérieur des frontières internationalement reconnues ». Et « l’assistance militaire » apportée à la nation agressée, « tout comme le soutien financier et humanitaire d’où qu’il vienne, joue  dans ce cadre un rôle essentiel ».

    L’indomptable résistance de la nation agressée, écrit le P. Frejek, « puise ses racines dans l’histoire complexe de l’Ukraine, un pays qui a dû lutter pour son indépendance et qui reste marqué par la grande famine des années trente, lorsque le pouvoir soviétique a laissé plusieurs millions de personnes mourir de faim, de façon systématique. »

    L’Ukraine a été, à l’instar des pays baltes, « l’une de ces ex-républiques soviétiques qui a essayé de tirer le meilleur parti de l’effondrement de l’Union soviétique pour bâtir rapidement un État indépendant ». À l’inverse, la Russie de Vladimir Poutine ravivait ses ambitions néo-impériales, allant jusqu’à déclarer la guerre à la nation qui avait échappé à on pouvoir. Frejek écrit : « Comme l’observait déjà il y a de nombreuses années le chercheur ukrainien Mykola Riabchouk dans son compte rendu de l’ouvrage Russischer Zentralismus und ukrainische Autonomie de Zenon Kohut, l’affrontement entre ces deux systèmes politiques était inévitable : la république cosaque ne pouvait coexister avec l’autocratie, pas plus que les principes du droit romain ne pouvaient s’accorder avec le despotisme asiatique. »

    C’est à la lumière de ces analyses fondamentales qu’il faut saisir toute la portée des paroles du pape Léon sur la guerre en Ukraine, notamment celles prononcées à l’issue de l’Angélus du dimanche 6 septembre :

    « C’est avec profonde tristesse que j’ai suivi les nouvelles des violentes attaques qui ont touché récemment plusieurs villes et infrastructures civiles en Ukraine, causant la mort de personnes innocentes. Mon cœur se joint à la souffrance de la population qui vit dans l’angoisse et la peur depuis des années. Je lance un nouvel appel pour que l’on mette fin à la violence, que l’on arrête la destruction et que l’on ouvre les cœurs au dialogue et à la paix ! »

    L’article de Frejek dans « La Civiltà Cattolica » est précisément consacré à cette « souffrance de la population » rappelée par le pape. Avec d’autres jésuites, il a fondé à l’automne 2024 à Tchernivtsi, en Bucovine ukrainienne, un centre d’accompagnement psychologique et spirituel, appelé Space of Hope, destiné aux personnes frappées par la guerre qui, « tout en conservant leur capacité de résistance et d'endurance, accusent une profonde fatigue psychologique ».

    En effet, « en plus des états d’anxiété générés par les attaques fréquentes, parfois quotidiennes, de drones et de missiles, de nombreuses personnes en Ukraine souffrent également de trouble de stress post-traumatique ».

    « Les victimes les plus fréquentes – écrit Frejek – sont les soldats engagés sur le front ; cependant, la guerre actuelle a montré que le trouble de stress post-traumatique touche aussi les mères et les épouses qui attendent le retour de leurs fils et de leurs maris, tout comme les proches de ceux qui ne reviendront plus. Ce trouble constitue une forme de réponse à un traumatisme, c’est-à-dire à un événement extrêmement violent dépassant la capacité d’une personne à y faire face et à s’adapter à la situation. En d’autres termes, la personne ne parvient plus à intégrer une expérience aussi douloureuse. »

    Il s’agit surtout de ceux qui apprennent la mort d’un proche . Ils éprouvent « le sentiment qu’une part essentielle de leur vie a soudainement basculé ». Et ils se renferment sur eux-mêmes, habités par « l’idée que raconter sa vie à un inconnu suscite la méfiance » : un héritage, là aussi, de l’ère soviétique, « qui a appris à des générations entières à rester sur leurs gardes et à surveiller ce qu’elles confient aux autres ».

    « Parmi les sentiments les plus fréquents chez les proches des soldats – poursuit Frejek –, outre la peur, on retrouve le sentiment que ces hommes portent un poids écrasant. Face à des personnes qui semblent accablées par un fardeau à ce point oppressant, la tendance est souvent de prendre ses distances, presque de fuir, pour éviter que ce poids ne contamine leur entourage. Cette dynamique rappelle, à certains égards, l’attitude qui a caractérisé pendant des siècles le rapport aux lépreux. »

    Et puis il y a les enfants, qui « ne comprennent souvent que bien plus tard que leur père n'est pas simplement parti pour un long voyage, mais qu'il ne rentrera plus jamais ».

    En somme, « les images d’une jeune veuve, d’une mère ou d’un adolescent accueillant avec stoïcisme la nouvelle de la mort d’un être cher tombé au front relèvent davantage de la fiction cinématographique que de la réalité ».

    Parmi les centres qui offrent un soutien psychologique et spirituel à la population ukrainienne frappée par la guerre, Frejek cite, outre le Space of Hope, le Service jésuite pour les réfugiés de Lviv, particulièrement actif auprès des migrants internes déplacés des zones de combat ou sous occupation russe. À cela s'ajoutent les aumôniers militaires, environ 500 hommes et femmes issus de 13 confessions religieuses différentes.

    « Dans notre travail d’accompagnement, nous puisons notre inspiration dans deux passages des Écritures », écrit Frejek. « Le premier est tiré de la deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens : “Béni soit Dieu, le Père de toute consolation, qui nous réconforte dans toutes nos détresses, pour que nous puissions réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu” (2 Co 1, 3 – 4). Le second est issu du livre d’Isaïe : “Par ses blessures, nous sommes guéris” (Is 53, 5). »

    Et de conclure : « En accompagnant ces personnes éprouvées, nous nous efforçons de les aider à entrevoir de nouveau un avenir et à redonner un sens à leur existence. »

     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos en langue française.

    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Les 522 bienheureux martyrs de la guerre civile espagnole (13 octobre)

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    D'Evangile au Quotidien : 

    BBx 522 martyrs de la guerre d’Espagne († 1936-1939)

    Fête Le 13 Octobre

    Commémoration commune : le 13 octobre (jour de la béatification)

    Quand nous parlons des martyrs espagnols des années 1930, nous les appelons par erreur « les martyrs de la guerre civile ». Ce n’est pas le cas, car les premiers martyrs nous les trouvons en octobre 1934, au cours de la révolution des Asturies (neuf d'entre eux furent canonisés par St Jean-Paul II en 1999). Il manquait, alors, près de deux ans au début de la guerre civile, avec laquelle ces témoins n’avaient rien à voir.

    Dans ces années terribles beaucoup de membres du clergé et de consacrés furent assassinés simplement parce qu’ils appartenaient à l’Église ; et le martyre des hommes et des femmes de l’Action  Catholique et d’autres mouvements ecclésiaux était de même nature. Mais aucun d’eux ne fut impliqué dans des luttes politiques ou idéologiques. 

    Il est attesté que la persécution a commencé bien avant la guerre civile et qu’elle n’était pas la conséquence d’une prise de position de l’Église qui, seulement à partir de juillet 1937, appuya ouvertement une des parties en conflit parce l’autre avait cessé d’exister et on continuait de tuer les ecclésiastiques et les catholiques pratiquants.

    Le dimanche 13 octobre 2013, le cardinal Angelo Amato s.d.b., préfet de la congrégation pour les causes des saints, a béatifié cinq cent vingt-deux nouveaux martyrs au cours d'une messe célébrée à Tarragone en Catalogne. Une cérémonie exceptionnelle à laquelle ont participé de très nombreux prêtres, religieux et religieuses, des familles des martyrs et près de 25.000 personnes.

    Parmi ces martyrs figurent trois évêques, 97 prêtres, 3 séminaristes, 412 consacrés et 7 laïcs provenant de différents diocèses espagnols. Ils ont été tués pour la plupart entre 1936 et 1939 par les forces républicaines. Sept d'entre eux étaient étrangers: trois Français, un Cubain, un Colombien, un Philippin et un Portugais... « Louons le Seigneur pour leurs courageux témoignages, et par leur intercession, supplions-le de libérer le monde de toute violence » a dit le pape François à l'issue de l'angélus ; il a également enregistré un message vidéo qui a été retransmis au cours de la cérémonie espagnole dans lequel il demande aux nouveaux martyrs d’intercéder pour que nous ne soyons pas des chrétiens « sans substance », eux qui étaient des chrétiens « jusqu’au bout ».

    Liste des 522 martyrs selon les 33 causes de béatification (en bleu entre parenthèses) et par nom ou groupe avec en tête (par ordre alphabétique) le premier membre du groupe.

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  • Le jour où le Soleil dansa (1917) (1000 raisons de croire)

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    D'Yves de Lassus sur 1000 raisons de croire :

    Le jour où le Soleil dansa (1917)

    Ce samedi 13 octobre 1917, à Fatima, petit village perdu dans la campagne à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne, le temps est maussade : le ciel est complètement couvert et il pleut de façon continue depuis le début de la matinée. Pourtant, à la Cova da Iria, un champ situé à quatre kilomètres du village, une foule considérable d’environ 70 000 personnes est massée, attendant depuis quelques heures de voir un miracle dont elle ne sait rien, mais annoncé depuis trois mois par trois petits bergers affirmant avoir vu plusieurs fois la Sainte Vierge en ce même lieu. Au cours de la matinée, rien ne se passe : la foule attend, immobile et trempée. Enfin, vers 13 h 30, à l’heure de la culmination du soleil ce jour-là, toutes les personnes présentes observent un phénomène exceptionnel : pendant une dizaine de minutes, elles voient le soleil tourner sur lui-même, lancer des rayons de lumière de toutes les couleurs, puis se rapprocher de la terre en zigzaguant, faisant croire qu’il allait l’écraser.

    Ce phénomène céleste défie toutes les lois de la nature. Il faut remonter aux temps apostoliques pour en trouver un analogue. De mémoire d’homme, avant celui de Fatima, on n’en recense que trois : le déluge, l'arrêt du soleil pendant la bataille de Josué contre les Amorrhéens à Gabaon et les ténèbres du Vendredi Saint.


    Les raisons d'y croire

    • Le lieu, la date et l’heure du miracle ont été annoncés trois mois à l’avance, le 13 juillet 1917, par trois petits bergers.
    • Sur place, le phénomène solaire extraordinaire a été vu par environ 70 000 personnes, dont au moins un tiers étaient initialement venus pour se moquer de la religion, persuadés qu’il ne se passerait rien. Pourtant, a posteriori, il a été impossible de trouver ne serait-ce qu’une personne affirmant n’avoir rien vu.
    • Les photos montrent bien que tous les témoins regardent un même point très haut dans le ciel. Étrangement, ils ont pu fixer le soleil pendant une dizaine de minutes sans être éblouis.

    Ce ne peut pas être une supercherie :

    • On voit mal comment il serait possible de mettre sur pied un artifice aussi formidable. Les pouvoirs en place n’ont jamais pu prouver qu’il y avait eu supercherie, alors qu’ils avaient tous les moyens pour enquêter : police, justice, presse …
    • Personne, ni les voyants, ni les membres de leur famille, n’a tiré un quelconque bénéfice de l’événement, et on ne voit aucun motif pour lequel ils auraient monté cette histoire.
    • Ce ne peut pas être une hallucination collective :
    • On n’a jamais observé d’hallucination collective simultanée sur des milliers de personnes.
    • Une hallucination collective suppose au préalable une longue mise sous stress, ce qui ne fut pas le cas à Fatima. Les photos montrent une foule calme et paisible, regardant dans la même direction, loin d’unequelconque hystérie.
    • Un tiers des personnes sur place, incroyantes, étaient convaincues qu’elles ne verraient rien d’ordre miraculeux, mais elles virent malgré elles : le phénomène n’est donc pas le fruit d’une autopersuasion.
    • Personne en tout cas ne s’attendait à quoi que ce soit lié au soleil : on pensait plutôt à un événement d’un autre type (fin de la guerre par exemple) et beaucoup, voyant l’heure de midi passée, étaient persuadés qu’il ne se passerait rien.
    • Après la danse du soleil, les 70 000 personnes, trempées jusqu’aux os, constatèrent que leurs vêtements étaient complètement secs – phénomène impossible à attribuer à une hallucination.
    • De nombreuses personnes, éloignées de Fatima de plusieurs dizaines de kilomètres, observèrent le même phénomène, ce qui met à mal aussi bien l’hypothèse d’une hallucination collective que celle d’une supercherie.

    Ce ne peut pas être un phénomène météorologique naturel :

    • Un phénomène météo peut créer des jeux de lumière, comme pour un arc-en-ciel, mais ne peut pas provoquer de mouvements désordonnés du soleil, ni des changements de couleur uniformes sur tout l’environnement.
    • Ce fut un phénomène très local, ce qui rend sa prévision précise trois mois à l’avance très improbable, voire impossible.

    Ce ne peut pas être un phénomène physiologique :

    • Certains ont voulu expliquer le phénomène par le phosphénisme (persistance rétinienne d’une image survenant après la fixation d'une source lumineuse ponctuelle). Mais il n’y eut pas d’exposition au soleil avant le phénomène puisque le ciel était resté couvert toute la matinée.
    • Un phénomène de phosphénisme n’aurait d’ailleurs pas déclenché, exactement au même instant, les mêmes réactions sur des milliers de personnes, dont certaines situées à plusieurs kilomètres de là.

    Ce miracle du soleil, unique dans l’histoire, ne s’est jamais produit auparavant et ne s’est jamais reproduit depuis. Il ne s’agit pas d’un phénomène naturel ou humain. Tout indique une intervention divine, comme l’avait en effet annoncé l’apparition de la Sainte Vierge aux trois bergers.


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    Le contexte historique.

    Après l’assassinat du roi Charles 1er en 1908, puis l’expulsion de son successeur Manuel II en 1910, un régime républicain, profondément anticlérical, fut instauré, qui entreprit de violentes persécutions contre l’Église.

    Le 13 mai 1917, trois petits bergers, Lucie dos Santos (dix ans), François Marto (neuf ans) et sa sœur Jacinthe (sept ans) affirment à leurs parents avoir vu la Sainte Vierge au-dessus d’un petit chêne vert à la Cova da Iria, ajoutant qu’elle a promis de revenir le 13 des cinq prochains mois. Après l’apparition du 13 juillet, les trois petits voyants annoncent que la Sainte Vierge fera un miracle le 13 octobre à midi, en ce même lieu, et que tout le monde pourra le voir. Ils le confirment après les apparitions du 19 août et du 13 septembre.

    La journée du 13 octobre.

    Depuis la veille, 70 000 personnes, de toutes conditions et de toutes classes sociales, des croyants comme des incroyants, convergent vers la Cova da Iria. Parmi elles, des journalistes et un photographe. Nombreux sont venus, absolument convaincus qu’il ne se passera rien, mais curieux de voir comment se terminera le canular. C’est une affluence record dans toute l'histoire des apparitions, affluence d'autant plus exceptionnelle qu'à l'époque, les moyens de communication et de transport étaient beaucoup moins développés qu’aujourd’hui.

    Depuis tôt le matin, le ciel est couvert et il pleut continuellement. Tout le monde est trempé jusqu’aux os. Vers 13 heures, comme il ne s’est toujours rien passé, la curiosité commence à s’émousser, et les anticléricaux crient à la supercherie. Peu après, les petits voyants voient la Sainte Vierge. À la fin de l’apparition, Lucie s’écrie : « Elle s’en va. », puis : « Regardez le soleil. » Il est environ 13 h 30, ce qui correspond à midi à l’heure solaire, c’est-à-dire le moment où le soleil culmine (l’heure légale est en avance de deux heures – le Portugal ayant adopté l’heure en vigueur en Europe). D’après la compilation des déclarations unanimes de tous les témoins interrogés, voici ce qui se passe ensuite.

    La danse du soleil.

    La pluie s’arrête subitement. Les nuages se déchirent et le soleil commence à percer l’épaisse couche nuageuse. Le ciel se dégage presque complètement, prenant une teinte gris perle, le soleil se détachant sur un ciel parfaitement pur. Les nuages restants semblent passer derrière lui sans le voiler, donnant l’impression qu’il s’est rapproché à la hauteur des nuages.

    Le soleil prend une couleur s’apparentant à celle de l’argent mat, mais plus claire et plus riche, avec des nuances semblables à l’orient d’une perle. Il ressemble à un disque taillé dans de la nacre, avec un contour très net. Tout le monde peut le fixer sans être ébloui. Sa lumière ne fait pas mal aux yeux. Il semble avoir pâli comme s’il était derrière un voile. Mais il n’y a pas de brume, et le disque d’argent ne paraît ni voilé ni brouillé. Malgré cela, il reste lumineux et l’on voit tout très clairement, contrairement à ce qui se passe lors d’une éclipse.

    Après quelques instants, le soleil se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, projetant dans toutes les directions des gerbes de lumièrede toutes les couleurs, comme ferait une roue de feu d’artifice. À un moment, il s'arrête quelques instants, puis reprend sa danse de lumière de manière encore plus éblouissante. Il s'arrête à nouveau pour recommencer une troisième fois son fantastique feu d'artifice, qu'aucun artificier n'aurait pu imaginer.

    Pendant tout le phénomène, tout prend successivement les mêmes couleurs que le soleil, comme si sa lumière arrivait à travers les vitraux d’une immense cathédrale. Le firmament, les nuages, la terre, les arbres, les rochers, les visages, les vêtements des petits voyants et de la foule silencieuse apparaissent successivement teintés de bleu, de jaune, de rouge, de violet... Tout a la même couleur, quelle que soit la direction dans laquelle on regardait. Lorsque la lumière passe au jaune, les gens paraissent laids et disgracieux, comme atteints par la jaunisse. Cette lumière colorée se répand de façon parfaitement uniforme jusqu’à l’infini, sur les chênes verts, sur les pierres, sur toute la campagne environnante.

    Soudain, tout en conservant son mouvement rapide de rotation, le soleil paraît se détacher du ciel, et, comme une roue de feu, s’avance vers la terre en zigzaguant, dégageant une forte chaleur, comme s’il allait tomber sur la foule et l’écraser. Un cri de frayeur sort de toutes les poitrines. Enfin, après avoir ainsi dansé et tremblé quelques instants, le soleil reprend sa place dans le ciel. Le phénomène a duré dix minutes.

    Des faits inexplicables.

    Tous les témoins ont dévrit le phénomène de façon identique, et il a été impossible de trouver ne serait-ce qu’une personne affirmant n’avoir rien vu. Le phénomène a été vu également par de nombreuses personnes situées dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres de Fatima, en particulier par les habitants du village d’Albiturel, situé à une dizaine de kilomètres, ainsi que par le poète Alfonso Lopez Vieira qui se trouvait dans sa résidence de São Pedro de Muel, au bord de l’océan, à quarante kilomètres de là. Les jours suivants, de nombreux journaux rapportèrent l’événement.

    Autre fait surprenant : après la danse du soleil, tous les témoins constatèrent que leurs vêtements étaient secs !

    Jusqu’à présent, aucune explication naturelle n’a été trouvée. De plus, le phénomène est unique dans l’histoire. Il ne s’est jamais produit avant et ne s’est jamais reproduit depuis.

    La marque d’une intervention divine.

    Cette danse du soleil n’a donc aucune explication naturelle. Comment trois petits bergers sans instruction ont-ils pu prévoir trois mois à l’avance le lieu, la date et l’heure d’un tel phénomène, non seulement unique dans l’histoire, mais qui défie les lois de la nature ? Certains ont avancé que le phénomène était dû à des « esprits » qui auraient prévenu les enfants. Mais pourquoi des « esprits », et dans quel but ? La seule véritable explication est qu’une personne céleste, dotée d’un pouvoir considérable, a prévenu les enfants et qu’au jour dit, elle a déclenché ce phénomène. Cette personne, c’est la Sainte Vierge, qui a authentifié sa venue par un miracle extraordinaire. Aucune apparition n’a été authentifiée d’une façon aussi extraordinaire. Ce miracle exceptionnel est non seulement la marque irréfutable d’une intervention divine, mais aussi le signe de l’importance du message délivré par Notre Dame : Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur immaculé de Marie.

    Yves de Lassus, animateur du site Cap Fatima et président de l’ Action Familiale et Scolaire .


    Aller plus loin

    Le chapitre 20 « Fatima, illusion, supercherie ou miracle », pages 449 à 488, dans le livre de Michel-Yves Boloré et Oliver Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, Guy Trédaniel éditeur, 2021.


    En complément

    • Les Mémoires de sœur Lucie, Secretariado dos Pastorinhos, 2001.
    • Chanoine Barthas, Il était trois petits enfants, Résiac, 1997.
    • Les trois livres du frère Michel de la Sainte Trinité Toute la vérité sur Fatima, Contre-réforme catholique édition, 1986.
    • Le site de Cap Fatima : https ://fatima100.fr .
    • Joseph de Belfont, Mystères et vérités cachées du troisième secret de Fatima, NEL, 2016.
  • 13 octobre 1917 : "Je suis Notre-Dame du Rosaire"

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    SAMEDI 13 OCTOBRE 1917 :
    « Je suis Notre-Dame du Rosaire »

    « Le 13 octobre, raconte le père de Jacinthe et François, après beaucoup d'efforts, et après avoir été arrêtés souvent en chemin, nous parvînmes enfin à la Cova da Iria.

    « La foule était si serrée qu'on ne pouvait la traverser. Alors, un chauffeur prit dans ses bras ma Jacinthe et, à force de bourrades, s'ouvrit un passage jusqu'aux poteaux où pendaient les lanternes, en criant :

    – Laissez passer les petits qui ont vu Notre-Dame !

    « Je me mis à leur suite. Jacinthe, en me voyant au milieu de tant de gens, se mit à crier, effrayée :

    – N'étouffez pas mon Papa ! N'étouffez pas mon Papa !

    « L'homme qui portait Jacinthe la mit enfin à terre, près du chêne-vert. Mais là aussi, la foule était dense, et la petite pleurait. Alors Lucie et François la mirent entre eux.

    « Mon Olimpia était par là, d'un autre côté, je ne sais où. Mais ma commère Maria Rosa réussit à se mettre tout près de nous. Poussé par la foule, je me trouvai un peu écarté à un certain moment, et je remarquai un homme de mauvaise mine, qui appuya un bâton sur mon épaule. Je pensai en moi-même :

    – Cela pourrait être le commencement du désordre !

    « La foule faisait des remous, d'un côté et de l'autre. Mais au moment de l'Apparition, tout le monde se tut et resta tranquille. »

    Quant à Antonio, qui avait réussi à faire passer sa femme à travers la foule, il se trouva éloigné de Lucie par ces mêmes remous, et sa fille ne le revit plus jusqu'à ce qu'elle le retrouve le soir, au sein de la famille.

    Il était à peu près 1 heure de l'après-midi, heure légale, et il continuait à pleuvoir.

    « Nous étions parvenus à la Cova da Iria, près du chêne-vert, raconte Lucie, quand je me sentis poussée par un mouvement intérieur, et demandai à la foule de fermer les parapluies pour réciter le chapelet. »

    Du haut de la route, abrités dans leurs voitures, tous ceux qui n'avaient pas eu le courage de s'aventurer dans le bourbier argileux de la Cova assistèrent alors à un spectacle stupéfiant :

    « À un moment donné, nota l'un d'eux, cette masse confuse et compacte fenna les parapluies, se découvrant ainsi dans un geste qui devait être d'humilité ou de respect, mais qui me laissa surpris et plein d'admiration, car la pluie, avec obstination, mouillait toujours les têtes, détrempait et inondait tout. »

    Cependant, quelques minutes avant le miracle, il cessa de pleuvoir. Le soleil perça victorieusement l'épaisse couche de nuages qui le cachait jusque-là, et brilla intensément.

    À l'heure des montres, il était presque 13 h 30, c'est-à-dire environ midi à l'heure solaire. En effet, pour adopter l'heure des belligérants, le gouvernement portugais avait alors imposé au pays une heure légale qui avançait de quatre-vingt-dix minutes sur l'heure solaire.

    Tout à coup, les trois enfants virent l'éclair, et Lucie s'écria :

    « Silence ! Silence ! Notre-Dame va venir ! Notre-Dame va venir ! »

    Maria Rosa, qui avait réussi à rester là, toute proche, n'oublia pas de donner à son enfant un conseil maternel :

    « Regarde bien, ma fille. Prends garde de ne pas te tromper ! »

    Mais Notre-Dame apparaissait déjà au-dessus du chêne-vert, posant ses pieds sur les rubans de soie et les fleurs, pieusement disposés la veille par la fidèle Maria Carreira.

    Alors, le visage de Lucie devint de plus en plus beau et prit une teinte rose ; ses lèvres s'amincirent. Jacinthe, dans un geste de sainte impatience, donna un coup de coude à sa cousine et lui dit :

    « Parle, Lucie, Notre-Dame est déjà là ! »

    Lucie revint à elle-même, respira deux fois profondément, comme quelqu'un qui n'avait plus le souffle, et commença son entretien, d'une politesse toujours aussi exquise, avec Notre-Dame.

    « Que veut de moi Votre Grâce ?

    – Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux.

    – J'avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir quelques malades et de convertir quelques pécheurs, etc.

    – Les uns oui, les autres non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon pour leurs péchés.

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  • Le 13 octobre 1917, à Fatima

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    Lu ICI :

    Le 13 octobre 1917, soit 33 ans, jour pour jour, après la vision de Leon XIII, fut pour Fatima la journée décisive. C’était le jour annoncé à Lucie, Jacinta et François, par la Dame qu’ils étaient les seuls à voir, que non seulement un miracle allait avoir lieu mais qu’elle allait dévoiler qui elle était et ce qu’elle voulait.

    RAPPEL : Le 13 octobre 1884, LEON XIII qui venait de célébrer la Sainte Messe dans la chapelle vaticane, resta alors immobile pendant 10 minutes. Puis, il se précipita vers ses bureaux, livide, pour composer aussitôt une prière à saint Michel Archange, avec instruction qu’elle soit récitée partout après chaque Messe basse. Plus tard, le Pape donnera son témoignage racontant (en résumé) qu’il entendit satan et Jésus avant d’avoir une vision terrifiante de l’enfer : « j’ai vu la terre comme enveloppée de ténèbres et d’un abîme, j’ai vu sortir légion de démons qui se répandaient sur le monde pour détruire les œuvres de l’Eglise et s’attaquer à l’Eglise elle-même que je vis réduite à l’extrémité. Alors, saint Michel apparut et refoula les mauvais esprits dans l’abîme. Puis, j’ai vu saint Michel Archange intervenir non à ce moment, mais bien plus tard, quand les personnes multiplieraient leurs prières ferventes envers l’Archange. »

    Le matin même du 13 octobre, le grand journal libre penseur de Lisbonne, « O Seculo », publiait sous la signature de son rédacteur en chef, Avelino d’Almeida, un article ironique sur les apparitions de Fatima, où il ne voyait que superstition et supercherie, tout en reconnaissant que le clergé y gardait une attitude correcte : correcte « au moins en apparence », ajoutait-il malicieusement !

    Mais aucune de ces manœuvres d’intimidation et de moquerie n’eut de prise sur la foule : dès la veille, toutes les routes, tous les chemins de Fatima étaient déjà encombrés de voitures, de bicyclettes et d’une foule immense de pèlerins qui allaient passer la nuit dehors, sur le lieu d’apparitions, et qui marchaient en récitant le chapelet et en chantant des cantiques. La journée du samedi 13 octobre commençait pourtant mal : le temps était pluvieux, triste et froid. Mais cela n’arrêta nullement la foule qui affluait de partout. Il n’y manquait même pas les représentants des grands journaux et leurs photographes. 

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