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  • Souffrances et espérance de l’Église en France

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    Du site de l'ECLJ :

    La France a le bonheur et l’honneur de recevoir le Saint Père cette semaine, à Paris, Lourdes et Metz. Pour cette grande occasion, le Centre européen pour le droit et la justice a rédigé un nouveau rapport intitulé «Souffrances et espérance de l’Église en France», que nous publions aujourd’hui.

    Des centaines de milliers d'inscrits aux cérémonies, un engouement fort et large dans la société... Et pourtant, face à cet enthousiasme, certaines voix s'opposent, critiquent cette venue pontificale et invoquent la laïcité et le coût de ce déplacement... 

    C'est précisément cette tension permanente vis-à-vis du catholicisme en France qui est au cœur de notre rapport.

    Après un état des lieux de la pratique religieuse en France, nous présentons les pressions idéologiques, injustices et discriminations «légales» subies par l’Église et les catholiques en France, en particulier dans les domaines religieux, éducatif et sanitaire.

    Nous exposons aussi l’augmentation de la violence à l’encontre des chrétiens, qu’il s’agisse de violences verbales, physiques, ou d’atteintes aux lieux de culte.

    De fait, la «France catholique» reste victime d’injustices et de violences dans son propre pays.

    Mais le but de ce rapport n’est pas d’enfoncer les catholiques dans une attitude victimaire, et de s’y complaire. Il est au contraire de les aider à changer de mentalité: à se libérer d’un esprit de défaite et de soumission à l’égard du monde, auxquels nous nous sommes trop longtemps habitués, pour défendre les droits et libertés de l’Église et de Dieu dans la société.

    Alors que la société s’effondre sous nos yeux et que la France déchoit chaque année davantage, l’Église retrouve, miraculeusement, au milieu des ruines, une nouvelle vigueur. Ce ne sont pas ces ruines qui attirent les milliers de jeunes gens qui se convertissent, mais le désir de tout restaurer dans le Christ.

    Puisse cet exposé des souffrances et de l’espérance de l’Église en France, associé à l’engouement spectaculaire de la venue du Pape, contribuer à libérer les catholiques et à ouvrir les yeux des Français.

    Couverture Rapport

    Les catholiques français se sont habitués à vivre avec une souffrance latente, un sentiment de précarité politique, d’ostracisation, presque de honte. Les catholiques sont non seulement devenus minoritaires au sein de la société française mais, plus grave encore, ils sont à présent incompris. La population, dans son immense majorité, a perdu le sens des réalités essentielles de la foi chrétienne...

    Les catholiques, en revanche, gardent espoir, animés par la foi, l’espérance et la charité, riches de l’immense patrimoine de la chrétienté...

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    La France a le bonheur et l’honneur de recevoir le Saint Père cette semaine, à Paris, Lourdes et Metz. Pour cette grande occasion, le Centre européen pour le droit et la justice a rédigé un nouveau rapport intitulé «Souffrances et espérance de l’Église en France», que nous publions aujourd’hui.

     

    Des centaines de milliers d'inscrits aux cérémonies, un engouement fort et large dans la société... Et pourtant, face à cet enthousiasme, certaines voix s'opposent, critiquent cette venue pontificale et invoquent la laïcité et le coût de ce déplacement... 

     

    C'est précisément cette tension permanente vis-à-vis du catholicisme en France qui est au cœur de notre rapport.

     

    Après un état des lieux de la pratique religieuse en France, nous présentons les pressions idéologiques, injustices et discriminations «légales» subies par l’Église et les catholiques en France, en particulier dans les domaines religieux, éducatif et sanitaire.

     

    Nous exposons aussi l’augmentation de la violence à l’encontre des chrétiens, qu’il s’agisse de violences verbales, physiques, ou d’atteintes aux lieux de culte.

     

    De fait, la «France catholique» reste victime d’injustices et de violences dans son propre pays.

     

    Mais le but de ce rapport n’est pas d’enfoncer les catholiques dans une attitude victimaire, et de s’y complaire. Il est au contraire de les aider à changer de mentalité: à se libérer d’un esprit de défaite et de soumission à l’égard du monde, auxquels nous nous sommes trop longtemps habitués, pour défendre les droits et libertés de l’Église et de Dieu dans la société.

     

    Alors que la société s’effondre sous nos yeux et que la France déchoit chaque année davantage, l’Église retrouve, miraculeusement, au milieu des ruines, une nouvelle vigueur. Ce ne sont pas ces ruines qui attirent les milliers de jeunes gens qui se convertissent, mais le désir de tout restaurer dans le Christ.

     

    Puisse cet exposé des souffrances et de l’espérance de l’Église en France, associé à l’engouement spectaculaire de la venue du Pape, contribuer à libérer les catholiques et à ouvrir les yeux des Français.

    Couverture Rapport

    Les catholiques français se sont habitués à vivre avec une souffrance latente, un sentiment de précarité politique, d’ostracisation, presque de honte. Les catholiques sont non seulement devenus minoritaires au sein de la société française mais, plus grave encore, ils sont à présent incompris. La population, dans son immense majorité, a perdu le sens des réalités essentielles de la foi chrétienne...

    Les catholiques, en revanche, gardent espoir, animés par la foi, l’espérance et la charité, riches de l’immense patrimoine de la chrétienté...

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  • Aucune réponse à la demande d'audience papale du pèlerinage Ad Petri Sedem

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    D'Edward Pentin sur substack :

    Aucune réponse à la demande d'audience papale du pèlerinage Ad Petri Sedem

    Neuf mois après que les organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem ont sollicité une audience, le Vatican a refusé une messe pontificale à Saint-Pierre et aucune rencontre papale n'a été annoncée.

    Des pèlerins se dirigent en procession vers la basilique Saint-Pierre lors du pèlerinage Ad Petri Sedem de l'année dernière à Rome, le 25 octobre 2025 (Photo : Edward Pentin)

    Le pape Léon XIV rate-t-il une occasion de panser les plaies des catholiques traditionnels en ne rencontrant pas un large groupe représentatif d'entre eux le mois prochain ?

    Le Saint-Père n'a jusqu'à présent pas répondu à la demande d'audience papale formulée par les responsables d'un pèlerinage catholique traditionnel annuel à Rome, bien que cette demande ait été faite il y a neuf mois et que le pape ait déclaré l'année dernière qu'il souhaitait rencontrer de tels groupes.

    Les organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem (au Siège de Pierre) du 23 au 25 octobre, composés en grande partie de laïcs, avaient sollicité une audience papale dans une lettre signée par deux membres laïcs de l'organisation et remise personnellement par l'évêque Athanasius Schneider lors de sa rencontre avec le pape Léon au Vatican en décembre dernier.

    Dans la même lettre, ils ont également demandé l'autorisation de célébrer une messe pontificale à l'autel de la Chaire de la basilique Saint-Pierre, comme cela s'est produit plusieurs années auparavant, et lors du pèlerinage de l'année dernière qui a eu lieu pendant l'année jubilaire et qui a été célébré par le cardinal Raymond Burke.

    Le pèlerinage est organisé par Coetus Internationalis , une association regroupant 33 associations catholiques traditionnelles du monde entier. L'année dernière, environ 3 000 fidèles ont participé à ce rassemblement annuel de trois jours.

    Après plusieurs demandes de réponse définitive, le Secrétariat d'État a refusé, le 7 août, l'autorisation de célébrer la messe pontificale en la basilique Saint-Pierre. Celle-ci aura lieu en la basilique Sainte-Marie-Majeure le 24 octobre, et sera célébrée par Mgr Athanase Schneider.

    Les organisateurs ont exprimé leur « profonde gratitude » au cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre de Sainte-Marie-Majeure, pour avoir accordé l'autorisation de célébrer la messe.

    Aucune raison officielle n'a été donnée quant à la décision du Vatican. Les pèlerins se rendront néanmoins en procession dans la basilique Saint-Pierre ce jour-là pour vénérer les reliques de l'apôtre Pierre et observer un moment de prière.

    Mais voilà qu'il n'y a pas eu de réponse à la demande d'audience papale, alors qu'aucun engagement papal n'a été annoncé publiquement pendant le pèlerinage, à l'exception de l'angélus du pape le 25 octobre.

    Ce silence surprend particulièrement les catholiques traditionnels, étant donné la volonté déclarée du Saint-Père d'en savoir plus sur eux.

    Dans une interview accordée à la journaliste du Vatican Elise Ann Allen et publiée il y a un an, le pape Léon XIV a déclaré n'avoir pas encore eu l'occasion de « s'entretenir véritablement avec un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin ». Il a ajouté : « Une occasion se présentera bientôt, et je suis certain que d'autres se présenteront. » Il a ensuite suggéré que la question pourrait devoir être abordée dans le cadre d'un processus synodal : « C'est une question sur laquelle nous devrons, je pense, peut-être aussi, nous asseoir et discuter lors d'une synodalité. »

    Les observateurs voient dans l'absence d'audience papale une contradiction avec son soutien manifeste à la synodalité, le souhait exprimé par le pape d'écouter tous les fidèles, et notent son ouverture à de nombreux autres groupes qu'il reçoit régulièrement en audience privée.

    Au cours du mois écoulé, le Saint-Père a reçu des représentants d'une grande variété d'organisations, notamment des participants à la réunion « Fratelli tutti : Dialogue socio-environnemental Nord-Sud » (12 septembre) ; les Adorateurs perpétuels du Saint-Sacrement de la Fédération du Saint-Esprit (5 septembre) ; une délégation du Oriel College de l'Université d'Oxford (4 septembre) ; une délégation américaine de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (28 août) ; et des évêques de l'Église luthérienne de Norvège (26 août).

    En février, Léon XIV a reçu les membres de Pro Petri Sede , une association laïque, explicitement « à l’occasion de votre pèlerinage à Rome ». Il a souligné que ses membres effectuent régulièrement ce pèlerinage tous les trois ans pour rencontrer le Successeur de Pierre. Il a également rencontré régulièrement des groupes de pèlerins à la fin de ses audiences générales hebdomadaires – une possibilité qui n’est pas offerte aux organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem .

    Au sein des milieux traditionalistes, certains constatent une tendance à exclure les catholiques traditionalistes de l'accès au Saint-Père. Ils s'inquiètent également du maintien, voire du renforcement dans certains diocèses, des restrictions imposées au vetus ordo – Toronto en étant le dernier exemple .

    Faute d'occasion de rencontrer le Pape, ils s'interrogent sur la manière dont il pourra mieux connaître les fidèles laïcs traditionalistes et leurs préoccupations bien réelles, alors qu'il lui manque la chance de rencontrer un groupe représentatif d'entre eux. Le Pape, se demandent-ils, n'écoute-t-il pas que les cardinaux, les évêques et autres personnes hostiles au rite romain traditionnel, et entend-il ainsi rarement un point de vue équilibré ? Le Pape et le Saint-Siège, en réalité, ne tiennent-ils compte que des opinions du clergé, contrairement aux objectifs de l'ère post-conciliaire qui était censée donner davantage la parole aux laïcs ?

    De plus, ils se demandent si le pape ignore peut-être les résultats d'un sondage mené par le Vatican auprès des évêques, sondage sur lequel se serait fondé le décret Traditionis Custodes du pape François de 2021 , restreignant le rite romain traditionnel. Ce sondage a révélé que la plupart des évêques étaient en réalité favorables au maintien du Summorum Pontificum, le décret de Benoît XVI libéralisant le vetus ordo.

    Pour les catholiques traditionnels qui ont seulement demandé à rencontrer et à entendre le Successeur de Pierre, le silence du Pape risque d'aggraver des blessures qu'une audience aurait pu commencer à panser.

    Conjuguée aux restrictions persistantes, cette situation leur rend difficile de déceler une réelle préoccupation pastorale et laisse plutôt penser qu'une porte se ferme discrètement.

  • 25e dimanche "ordinaire" : les travailleurs de la onzième heure

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    A5558.jpgRembrandt : les travailleurs de le onzième heure

    http://www.homelies.fr/homelie,ferie,2880.html

    Le maître du domaine sort au petit jour pour embaucher des ouvriers à sa vigne. Il propose un salaire, généreux pour l’époque, de un denier d’argent pour la journée. Voilà pour la mise en situation. Viennent ensuite deux mouvements dans le récit, d’ampleurs égales. Tout d’abord l’embauche successive d’autres ouvriers. L’information pourrait n’être qu’une anecdote, mais un suspens est créé à cause de la négociation du salaire. Nous ne savons pas combien ils seront payés : « je vous donnerai ce qui est juste » dit seulement le maître. Quel est le salaire juste ?

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  • Salus populi ego sum (introit du 25e dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus Introït
    Ps 30,7-8  
    SALUS pópuli ego sum, dicit Dóminus: de quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos: et ero illórum Dóminus in perpétuum. Ps. 77, 1 Atténdite, pópule meus, legem meam: inclináte aurem vestram in verba oris mei. V/. Glória Patri. Moi Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur ; en quelque tribulation qu’ils crient vers Moi, Je les exaucerai, et Je serai leur Seigneur pour toujours. Ps.Mon peuple, soyez attentif à ma loi, prêtez l’oreille aux paroles de ma bouche. V/. Gloire au Père.
  • Allez vous aussi à ma vigne (25e dimanche du T.O.)

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    Lors de l'Angelus du dimanche 21 septembre 2008, à Castelgandolfo, Benoît XVI a commenté l'évangile de ce jour sur les ouvriers de la dernière heure :

    ... dans l'Evangile d'aujourd'hui (cf. Mt 20, 1-16a), Jésus raconte précisément la parabole du patron de la vigne qui appelle des ouvriers à travailler dans sa vigne, à différentes heures du jour. Le soir venu, il donne à tous le même salaire, une pièce d'argent, suscitant les protestations des ouvriers de la première heure. Il est clair que cette pièce d'argent représente la vie éternelle, don que Dieu réserve à tous. Et ceux qui sont considérés les "derniers", s'ils l'acceptent, deviennent même les "premiers", alors que les "premiers" peuvent risquer de devenir les "derniers". Un premier message de cette parabole est que le patron ne tolère pas, d'une certaine manière, l'inactivité:  il veut que tous soient engagés dans sa vigne. Et, en réalité, le fait d'être appelés est déjà la première récompense:  pouvoir travailler dans la vigne du Seigneur, se mettre à son service, collaborer à son œuvre, constitue en soi une récompense inestimable, qui compense toutes les peines. Mais seul celui qui aime le Seigneur et son Royaume le comprend; celui qui travaille en revanche uniquement pour son salaire, ne comprendra jamais la valeur de ce trésor inestimable.

    C'est saint Matthieu, apôtre et évangéliste - dont c'est d'ailleurs aujourd'hui la fête liturgique -, qui raconte la parabole. Il me plaît de souligner que Matthieu a personnellement fait cette expérience (cf. Mt 9, 9). Avant que Jésus l'appelle, il exerçait en effet le métier de publicain et était par conséquent considéré comme un pécheur, exclu de la "vigne du Seigneur". Mais tout change quand Jésus, en passant près de sa table des impôts, le regarde et lui dit:  "Suis-moi". Matthieu se leva et le suivit. Le publicain se transforma immédiatement en disciple du Christ. Il était le "dernier" et se retrouva le "premier", grâce à la logique de Dieu qui, - heureusement pour nous! - est différente de celle du monde. "Vos pensées ne sont pas mes pensées - dit le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe - et mes voies ne sont pas vos voies" (Is 55, 8). Saint Paul, dont nous célébrons une année jubilaire particulière, a lui aussi connu la joie de se sentir appeler par le Seigneur à travailler dans sa vigne. Et quel travail il a accompli! Mais, comme il le confesse lui-même, c'est la grâce de Dieu qui a agi en lui, cette grâce qui a transformé le persécuteur de l'Eglise en apôtre des nations. Au point de lui faire dire:  "Pour moi, certes, la Vie, c'est le Christ, et mourir représente un gain". Mais il ajoute immédiatement:  "Cependant, si la vie dans cette chair doit me permettre encore un fructueux travail, j'hésite à faire un choix" (Ph 1, 21-22). Paul a bien compris que travailler pour le Seigneur est déjà sur cette terre, une récompense.

    La Vierge Marie, que j'ai eu la joie de vénérer à Lourdes il y a une semaine, est le sarment parfait de la vigne du Seigneur. En Elle a germé le fruit béni de l'amour divin:  Jésus, notre Sauveur. Qu'Elle nous aide à toujours répondre avec joie à l'appel du Seigneur, et à trouver notre bonheur dans le fait de pouvoir travailler généreusement pour le Royaume des cieux.

  • Les ouvriers de la onzième heure (25e dimanche du temps ordinaire)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. 
    Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. 
    Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. 
    Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” 
    Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. 
    Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” 
    Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.” 
    Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” 
    Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. 
    Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. 
    En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 
    “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” 
    Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? 
    Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : 
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” 
    C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

    Les ouvriers de la onzième heure, homélie du Père Simon Noël osb (source)

    Lambert Jacobsz, mort en 1637

    La parabole que nous venons d'entendre est une parabole plutôt déroutante, car le Seigneur nous semble ne pas être juste selon nos catégories humaines habituelles. Si un ouvrier travaille pour moi deux heures et un autre seulement une heure, je paierai le premier deux fois plus que le second.

    Il est évident que cette parabole n'est pas à prendre au pied de la lettre et cela nous invite à en rechercher le sens spirituel.

    Les différentes heures du jour dont on nous parle représentent les âges de la vie ou les différentes périodes de l'histoire religieuse de l'humanité. Certains sont chrétiens et servent Dieu depuis leur plus tendre enfance. D'autres se convertissent dans leur jeunesse, ou leur âge mûr ou enfin sur le tard. Certains même ne se convertissent qu'au moment de la mort. Tous recevront la même récompense. Le denier que le maître de la vigne paie à tous ceux qui ont travaillé pour lui symbolise la récompense éternelle du paradis, accordée à tous ceux qui meurent en état de grâce, quel que soit le moment où ils se sont convertis. Le paradis est un don de la miséricorde divine. Personne de toute manière n'y a droit et Dieu n'est pas injuste en traitant tous les sauvés avec une identique miséricorde. Mais la justice de Dieu sera quand même satisfaite. Car Dieu donnera un degré de bonheur éternel en proportion de nos mérites. Prenons une comparaison. Si on demande à des gens de venir avec un verre, pour qu'on le remplisse d'eau fraîche, ceux qui viennent avec de grands verres recevront plus d'eau que ceux qui viennent avec des verres de moindre contenance. Il en sera de même, quand nous entrerons dans la vie éternelle et que le Seigneur nous dira : Entre dans la joie de ton maître. Selon la grandeur de notre cœur, ou de notre capacité d'amour, nous recevrons une vie et une joie plus ou moins grandes. Voici ce que disait à ce sujet le curé d'Ars : Il faut bien savoir et se persuader que Dieu n'opère dans nos âmes que selon le degré de nos opérations, de nos désirs, de nos actes intérieurs produits à cette fin. Un vase prend de l'eau à une fontaine selon sa capacité.

    Par contre tous les saints, les petits comme les grands, connaîtront un bonheur parfait, à la mesure de leur degré d'amour et de sainteté. Cela doit donc nous inciter à nous sanctifier de plus en plus tout au long de notre vie, à croître sans cesse dans l'amour. Et cela n'a rien à voir avec le moment de notre conversion. Un âme qui se convertit à la dernière heure peut mourir avec une telle perfection de contrition et d'amour qu'elle aura un ciel plus beau que celle qui aura servi Dieu toute se vie mais dans la tiédeur et la médiocrité.

    Il y a donc le mérite de l'homme. Certes personne ne mérite le ciel. Je le rappelle c'est un don gratuit de la divine miséricorde. Ce qui est premier c'est toujours la grâce de Dieu. Mais il y faut la collaboration libre de l'homme et c'est en cela que consiste le mérite. Une préface que l'on dit à la messe des saints le dit à merveille : Lorsque tu couronnes les mérites, tu couronnes tes propres dons.
     
    Les premiers seront les derniers et les derniers premiers. Un autre sens de la parabole, c'est que à tous les âges de l'histoire le salut et la conversion sont possibles. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, nous dit saint Paul. Divers peuples sont entrés les uns après les autres dans le salut de Dieu. Le peuple juif a été le premier appelé, mais, selon beaucoup de commentateurs, il sera finalement le dernier à reconnaître en Jésus, le Messie de Dieu et le seul Sauveur. Et lorsqu'il le fera en tant que peuple, alors le monde sera prêt pour le retour en gloire de Notre-Seigneur, qui viendra rendre à chacun le salaire promis.