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  • Les convertis de l'Islam vont-ils remplir nos églises ?

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    Du site de France catholique :

    Les convertis de l’islam rempliront nos églises

    propos recueillis par Frédéric Aimard

    Après avoir enseigné l’histoire en ZEP, où il a approfondi son amour de la France et du Christ, Jean-François Chemain, publie un recueil de témoignages. Il donne la parole à d’anciens musulmans convertis à la foi catholique en France. Et pose de graves questions.

    Les convertis venus de l’islam viennent de pays divers, mais les situations sont souvent les mêmes, qui les font se remettre en cause...

    Jean-François Chemain : Les convertis que j’ai rencontrés ont en effet régulièrement été confrontés à des chocs brutaux, comme la maladie, l’abandon parental ou conjugal, une grande frayeur, une agression, un deuil, qui les ont conduits au fond du trou, les acculant à crier vers Dieu… Et c’est alors Jésus qui leur a répondu !

    Signe des temps, beaucoup témoignent de révélations intérieures : songes, apparitions, mi­racles… Y a-t-il quelque chose qui s’explique spécifiquement par la civilisation islamique dont ils viennent ?

    Une jeune femme m’a confié être persuadée que c’est son éducation musulmane qui l’a prédestinée à rencontrer le Christ. Les musulmans sont plus naturellement croyants que les «  post-chrétiens  » que nous sommes. L’existence de Dieu est pour eux une évidence, mais Il ne s’est pas donné à eux comme Jésus. Alors ils Le cherchent inlassablement, à tel point qu’Il choisit de se révéler à certains d’entre eux.

    Mahomet n’a pas fait de miracles. Cela revient souvent dans les rai­­sons avancées pour leur passage à la foi chrétienne. En quoi est-ce déterminant ?
    La personne de Jésus, telle que le Coran lui-même la donne à connaître, montre en effet que lui seul a fait des miracles. Le contraste interpelle plus d’un fidèle. Et souvent on constate que la première question qu’ils se posent entraîne la déconstruction de toute leur croyance.

    La vérité pour les chrétiens n’est pas une idée mais une personne. Est-ce cela que ces nouveaux convertis nous rappellent ?

    Tous les convertis que j’ai interrogés insistent sur le fait qu’ils n’ont pas rencontré une morale, une philosophie, une communauté, mais une Personne. Ils ne disent pas avoir quitté l’islam pour le christianisme, mais pour le Christ : distinction essentielle !

    Vos témoins manifestent souvent une soif intellectuelle. Quel est le rôle du débat d’idées dans la conversion ?

    Il est en frappant de constater que l’accès à la culture intellectuelle française, ou occidentale, même laïque, a été le déclencheur de nombre de conversions. Un converti considère que c’est le contact de Molière et Zola qui l’a ébranlé. Pourtant ce ne sont pas spécialement des auteurs «  chrétiens  ». Un autre note que le fait de sortir, en arrivant en France pour ses études, du petit cocon intellectuel protecteur que sa culture religieuse avait mis autour de lui, a été décisif. Notre culture laïque est à ce point issue du christianisme qu’elle prépare intellectuellement certains, c’est paradoxal, à la rencontre avec le Christ. Ou en tout cas l’espace de liberté qu’elle apporte peut faire s’effondrer les certitudes antérieures.

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans France Catholique

  • Pourquoi n'est-il plus question de la "tolérance zéro" ?

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur le site diakonos.be :

    Adieu « tolérance zéro ». Mais la « transparence » a encore du chemin à parcourir

    Ce que les dirigeants actuels au sommet l’Église n’ont pas été capables de dire, – avant, pendant et après le sommet du Vatican des 21-24 février sur les abus sexuels commis par des ministres consacrés – le « pape émérite » Benoît XVI l’a dit et l’a écrit dans les « notes » qu’il a rendues publiques le 11 avril, après en avoir informé le secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin ainsi que le pape François en personne.

    Joseph Ratzinger est remonté à la racine du scandale: à la révolution sexuelle de 1968, à « l’effondrement » de la doctrine et de la morale catholique entre les années soixante et quatre-vingt, à perte de la distinction entre le bien et le mal et entre vérité et mensonge, à la prolifération dans les séminaires de « clubs homosexuels », à « un soi-disant garantisme » qui rendait intouchables ceux qui justifiaient de telles nouveautés y compris la pédophilie elle-même, et dans une dernière analyse à un éloignement de de Dieu qui est la raison de vivre de l’Église et le sens de l’orientation de chaque homme.

    Il en découle, selon le pape Ratzinger, qu’il en va du devoir de l’Église d’aujourd’hui de retrouver le courage de « parler de Dieu » et de faire passer Dieu « avant tout », de croire de nouveau qu’Il est réellement présent dans l’eucharistie plutôt que de la « réduire à des gestes rituels », de voir que l’Église est pleine d’ivraie mais aussi de bon grain, de saints de martyrs, et qu’il faut la défendre du discrédit du Malin, sans se bercer de l’illusion de croire que nous pourrions en construire nous-même une meilleure, uniquement politique, qui « ne peut représenter aucune espérance ».

    Cette analyse du pape Ratzinger fera certainement couler beaucoup d’encore vu comme elle est éloignée de ce qui se dit et de ce qui se fait aujourd’hui au sommet de l’Église concernant le scandale des abus sexuels, dans une optique essentiellement judiciaire et qui balance entre ces deux pôles que sont la « tolérance zéro » et le garantisme.

    Un garantisme très différent de ce « soit-disant garantisme » évoqué par Benoît XVI puisqu’il concerne plutôt les droits des accusés à se défendre, la présomption d’innocence jusqu’à la sentence définitive et la proportionnalité de la peine, et qu’il est intéressant de constater la manière dont celle-ci est utilisée aujourd’hui pour des cardinaux et des archevêques impliqués dans des abus.

    Si nous focalisons à présent notre analyse sur ce dernier point, voici ce qu’il en ressort :

    *

    Jusqu’à l’automne dernier, la « tolérance zéro » était l’une des expressions qui revenait le plus souvent dans les discours et les écrits du pape François pour expliquer comment combattre les abus sexuels du clergé sur des victimes mineures d’âge.

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  • Une réponse chrétienne à la cohérence et à l’incohérence de l’antispécisme

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    Du site suisse d'information "Le Temps" :

    Réponse chrétienne à la cohérence et à l’incohérence de l’antispécisme

    OPINION. L’antispécisme est un mouvement intellectuel et philosophique, avec une vraie réflexion, un projet et une recherche de cohérence, qu’il vaut la peine de comprendre, explique le pasteur évangélique Jean-René Moret. Pour lui apporter la bonne réponse

    L’antispécisme fait de plus en plus partie du paysage médiatique et du débat public. Des caillassages de boucheries et des blocages d’abattoirs ont attiré l’attention sur le mouvement, tandis que le mode de vie végane gagne des adhérents et s’intègre sur les étals de la grande distribution.

    Il serait facile de ne voir là qu’une variation sur le thème des amis des animaux, et d’attribuer leur positionnement à un attachement sentimental, voire à une sensiblerie excessive. Mais en fait, c’est un mouvement intellectuel et philosophique, avec une vraie réflexion, un projet et une recherche de cohérence, qu’il vaut la peine de comprendre.

    Une éthique débarrassée de la religion

    Comme son nom l’indique, le mouvement dénonce notre traitement des animaux comme une discrimination injuste, une discrimination basée sur l’espèce. Cela découle entre autres de la volonté de construire une éthique cohérente sur une base réellement athée, en se débarrassant d’idées héritées de la foi chrétienne ou d’autres religions.

    L’un des chefs de file du mouvement antispéciste est Peter Singer, qui a entre autres écrit un livre dont le titre traduit en français est «Dé-sanctifier la vie humaine». Pour lui, l’idée que la vie humaine serait sacrée ou aurait une valeur particulière est un vestige de la pensée chrétienne, qui n’a plus sa place dans la réflexion éthique. Il reprochera à beaucoup d’éthiciens de conserver l’axiome de la protection due à toute vie humaine, alors qu’elle n’a selon lui pas de base dans la réalité factuelle. Dans la pensée de Singer, l’appartenance à une espèce ou une autre n’est pas un critère valide pour déterminer la valeur à accorder à une vie.

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  • Reviendra-t-on à la "splendeur catholique" ?

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    Les réponses de Michel Houellebecq et de Geoffroy Lejeune (source); le fait que nous reprenions leurs propos ne signifie pas que nous y adhérions totalement :

    Splendeur catholique

    Michel Houellebecq. — L’Église catholique peut-elle retrouver son ancienne splendeur ? Oui, peut-être, je ne sais pas. Il serait bien qu’elle s’éloigne définitivement du protestantisme, et qu’elle se rapproche de l’orthodoxie. S’y intégrer complètement serait la meilleure solution, mais ne sera pas facile. La question du Filioque peut être aisément résolue par les théologiens compétents. Le problème de l’installation des barons francs au Proche-Orient ne se pose plus, même Donald Trump a laissé tomber. Mais, pour l’évêque de Rome, renoncer à son ambition universelle, n’avoir qu’une prééminence honorifique sur les patriarches de Constantinople ou d’Antioche, sera peut-être difficile à avaler.

    Au minimum, il faudrait que l’Église catholique, imitant la modestie orthodoxe, limite ses interventions dans les domaines qui ne sont pas directement de son ressort (j’ai cité la recherche scientifique, le gouvernement des États, l’amour humain). Qu’elle renonce à cette manie d’organiser des conciles, qui sont surtout l’occa­sion de déclencher des schismes. Qu’elle renonce également aux encycliques, et mette un frein à son inventivité doctrinale (l’Immaculée Conception, et surtout l’infaillibilité pontificale heurtent trop directement la raison ; la raison est un gros animal paisible, qui s’endort sans difficulté à l’heure du culte ; mais il faut éviter, à son égard, les provoca­tions inutiles).

    Elle peut s’inspirer du pentecôtisme, de la même manière que la pop music s’est inspirée du gospel et du blues ; d’autre part il ne faut pas oublier une dose nécessaire de folie, en version russe c’est Dostoïevski : « S’il faut choisir entre le Christ et la vérité, je choisis le Christ », en version française nous avons Blaise Pascal.

    Tout se résume au fond à ce que l’Église catholique a, au cours de son histoire, accordé beaucoup trop d’importance à la raison (et cela s’est aggravé au long des siècles, sans doute, peut-être est-ce que j’insiste trop, mais enfin je ne crois pas, sous l’influence du protestantisme). L’homme est un être de raison — si on veut, cela arrive, de temps en temps. Mais il est avant tout un être de chair, et d’émotion : il serait bien de ne pas l’oublier.

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  • Quand, du fond de sa cellule, le pape émérite lève un tabou énorme

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    De Louis Daufresne dans "La sélection du jour" :

    Benoit XVI, le sexe et les sixties

    Aux bougies d’anniversaire, Benoît XVI préfère les feux d’artifice, si l’on en juge par l’écho planétaire que reçoit sa lettre intitulée L’Église et le scandale des abus sexuels. Le pape de 92 ans (le 16 avril !) est toujours écouté, bien qu’il vive reclus dans un monastère de la Cité du Vatican et que son statut émérite ne soit pas du tout comparable à celui, par exemple, d’un ex-président des États-Unis. Cette audience rend compte de la puissance symbolique de l’Église catholique. Benoît XVI parle peu depuis sa renonciation il y a six ans, ce qui donne du poids à sa parole mais complique la gouvernance actuelle, nuit à sa lisibilité et introduit du désordre dans l’action publique. Le pape allemand ne déjuge pas François mais donne l’impression de le « recadrer », comme si les rames de la barque de Pierre étaient tenues par deux personnes différentes. Naturellement, les media ne citent pas Joseph Ratzinger pour relayer ses propos avec complaisance mais pour les mettre en porte-à-faux avec son successeur. Laissons-là ces calculs pour traiter le fond de la question. Benoît XVI ne fait qu’ajouter un couplet à son refrain bien connu sur la « dictature du relativisme », quand l'absence de normes devient la norme et que la morale sombre dans le ridicule. Mais il le fait dans un moment particulièrement aigu et de manière frontale. En deux mots, il attribue les crimes sexuels dans l’Église catholique à l’esprit des Sixties ! Il faut oser pareille assertion. Ces contempteurs de tous bords peuvent la juger malhonnête, au moins pour trois raisons :

    Affirmer cela, c’est se décharger de ses responsabilités. Prosaïquement, le pape émérite « repasserait la patate (très) chaude » des scandales sexuels à une société dont il estime qu’elle promeut et banalise les conditions de leur émergence depuis un demi-siècle. En clair, ce n’est pas moi, c’est vous. 

    Dans la ligne de cet argument, l’ancien pape contribuerait à véhiculer l’image d’une Église-forteresse et témoignerait, comme le souligne José Andres Murillo, une victime chilienne d’abus sexuel, d’un « narcissisme théologique » qui « fait partie du problème de la culture d'abus et de silence de l'Église ». Mu par un réflexe égoïste d’autodéfense, le Panzerkardinal écrabouillerait les efforts d’équilibristes du pape François qui, pendant ce temps, embrasse les pieds des dirigeants sud-soudanais … Le court-circuit des images est flagrant et il apparaît improbable que Benoît XVI agisse en service commandé.

    La troisième raison, c’est qu’on ne voit pas bien ce que les années 60 auraient à faire avec les abominations commises, par exemple, par le père Marcial Maciel, fondateur de la Légion du Christ. Benoît XVI simplifierait à l’extrême en désignant Mai 68 comme le bouc émissaire des maux et de l’impéritie d’une institution. Là où le pape François accuse le cléricalisme, maladie du pouvoir, Joseph Ratzinger pointe le rejet de la morale. Les deux angles d’attaque ne sont pas incompatibles. Dans les sociétés occidentales, toute une génération vibre encore aux promesses d’émancipation des Sixties. C’est le logiciel des nouvelles mœurs. La lettre du pape émérite représente ici une faute de goût calamiteuse, un peu comme Humanae Vitae. Mais Benoît XVI n’a cure des codes de la respectabilité médiatique et cela lui vaut à coup sûr un fort coefficient de sympathie. C’est le privilège de l’âge. En rien ce texte ne trahit un quelconque gâtisme. On observe une habileté un rien malicieuse à faire publier son texte touffu de 18 pages dans le Klerusblatt, mensuel bavarois destiné au clergé, avec une reprise exclusive dans le Corriere della Serra. C’est une façon d’y aller discrètement avec ses gros sabots.

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  • L'Église : une structure de péché collectif, aveugle et en faillite ?

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    Livre d'une Église prétendument en faillite

    L'Église est-elle une structure de péché collectif, aveugle et en faillite ?

    «Un moment de vérité». Tel est le titre alléchant du livre publié par sœur Véronique Margron, théologienne et présidente de la CORREF, livre dans lequel elle analyse la crise des agressions sexuelles dans l’Église en stigmatisant celle-ci comme un système devenu en lui-même une structure de péché. Une accusation dont les arguments méritent une analyse approfondie, ne serait-ce que pour se mettre à la hauteur des enjeux de cette crise.

    Analyse de Jérôme FOUQUET : Lire l'article

    Lire également l'éditorial d'Aline Lizotte "Et la raison s'en alla..."