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  • Vincent Lambert : le chagrin et la colère...

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    Du Père Michel Viot sur son blog :

    Le chagrin et la colère !

     

    Oui, j’ai exclu le mot pitié qui figurait dans un titre de film célèbre, qui traitait de la vie des français pendant l’occupation allemande ! Pourquoi alors cette demie référence à cette époque ? Parce que, pendant cette période, on estime à 45 000 le nombre de handicapés mentaux mis à mort dans les hôpitaux psychiatriques de France par privation de nourriture et autres manques de soins, suivant les directives de l’occupant qui avait commencé ce sinistre plan chez lui dès 1939 (commémoration de ce crime odieux et précision de ce chiffre, par le président François Hollande le 10 décembre 2016). Et voici quels étaient les ordres allemands d’avant guerre « Ceux-ci (le Reichsleiter Bouhler et le médecin Brandt) pourront accorder une mort miséricordieuse (Gnadentod) aux malades qui auront été jugés incurables selon une appréciation aussi rigoureuse que possible. » signé Adolf Hitler. Ce beau mot de Gnade qui en allemand signifie effectivement miséricorde est aussi employé pour désigner la grâce, et quelle grâce ! Celle que nous obtient Jésus Christ par sa mort sur la croix. Qui peut oser se moquer autant de Dieu que Satan lui-même ? Hitler n’était-il pas un de ses plus zélés serviteurs ?

    Les responsables de la mort programmée de Vincent Lambert et tous leurs complices (j’y inclus aussi ceux qui protestent mollement, de façon incompréhensible ou pire que tout, se taisent !) poursuivent l’Aktion T4, et les médecins français complices ne font que succéder à leurs confrères des années 1940-1944, en toute bonne conscience. Car Il est vrai qu’il y eu bien peu de pendus à la chute du IlIème Reich parmi ces médecins, criminels contre l’humanité. Deux ou trois je crois pour plus d’une centaine au moins de personnes incriminées.

    Certains purent même continuer leur activité médicale. Que voulez-vous, l’on vivait, malgré les apparences, dans la civilisation des droits de l’homme de 1789. Ses articles 1 et 3, pour faire bref, résument à eux seuls les fondements du pouvoir totalitaire. Article 1 « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. ». Un mensonge dans la première phrase et l’énonciation d’un crime contre l’humanité dans la seconde (quand on se donne la peine de lire attentivement le Bref Quod aliquantum du Pape Pie VI qui condamne ce texte en 1791, on verra que ce que je dis n’a pas échappé au Magistère). En effet les hommes ne demeurent pas libres et égaux en droit. S’ils ne restent pas participants de l’utilité commune, c’en est fait de leur égalité et de leur liberté. Cela peut se comprendre de criminels. Mais l’énoncé est à dessein beaucoup trop vague et va permettre ainsi de « sortir » de l’humanité quiconque ne sera pas utile à la communauté. Qui en sera juge ? Selon l’article 3, la Nation de qui émane le principe de toute souveraineté. Et selon la pensée de Siéyès, dont l’influence continue à s’exercer aujourd’hui, il faut entendre par Nation, ses représentants, uniquement ! Ainsi la Révolution française exclura progressivement de l’humanité tout ce qui s’opposera à ses progrès, à l’utilité commune, et ce, au gré du groupe dominant du moment,  capable, par la terreur, de rallier une majorité de représentants de la Nation, donc la Nation elle-même. On commencera par les opposants politiques et religieux ou jugés tels, pour en arriver au génocide vendéen. Et l’on y tuait plus des hommes, des femmes et des enfants, mais des brigands. Ils étaient ainsi tous qualifiés par les textes officiels de la République.

    En fait, c’est parce que Vincent Lambert est jugé par notre société de consommation comme inutile à ses semblables, et ce, au nom de la Nation et de la philosophie des Lumières qui l’a enfantée au XVIIIème siècle (voir le réquisitoire du procureur général près la cour de cassation, saisie par madame le ministre de la santé) qu’on va le laisser mourir de soif et de faim, ainsi qu’au au nom des droits de l’homme définis en 1789 et pourtant condamnés par l’Eglise catholique. Et il aura droit à une « mort miséricordieuse » pour finir, grâce à une savante préparation du Docteur Sanchez. La devise « la liberté ou la mort » prétexte à tous les crimes de la première république, a marqué toutes ses sœurs, jusqu’à la Vème y compris, de la tâche de sang qui rendit folle la meurtrière Lady Macbeth, qui elle, au moins, n’eut jamais d’illusion sur le pouvoir curatif «  des parfums d’Arabie »….

    Mais qu’importe la condamnation des prétendus droits de l’homme par l’Eglise catholique, notre État français, qui a présentement la forme d’une république,  est laïc. Ses cours de justice ont depuis longtemps ôté l’image du crucifié de leur honorable compagnie. Il avait beau avoir les pieds cloués, cela aurait pu être dangereux pour de nobles séants !

    De plus les parents de Vincent Lambert sont qualifiés ici ou là d’intégristes. C’est habile de la part de leurs opposants, mais personnellement, peu m’importe ! Ils sont parents et plaident pour garder leur fils vivant, et je suis prêtre catholique, donc forcément conciliaire et obéissant au Pape. Exerçant le ministère pastoral depuis 1968, j’ai vu de près de nombreux regards d’être humains qui étaient presque morts, ou censés le devenir rapidement. Ils n’étaient pas toujours inexpressifs, si du moins on prenait le temps de les regarder dans les yeux et de leurs parler. Et si expression il y avait, c’était toujours un appel de fraternité. Quand nous nous sentons en équilibre sur le filin de la vie nous avons besoin de soutien pour demeurer ou pour partir. Une présence miséricordieuse est toujours nécessaire.

    D’abord comme pasteur protestant puis ensuite comme prêtre, on m’appelait pour assurer une présence religieuse au moment où selon la science des hommes tout devait être fini. Et même si c’est après de longues années, on se souvient toujours de la première personne qu’on a administrée. Surtout quand cette dernière n’est pas morte, comme prévue et que c’est une autre personne, présente à cette triste veillée qui est partie avant elle, deux ans plus tard ! Je n’ai jamais cru que cela était lié à ma personne, bien que ce phénomène se soit reproduit quelques rares fois. Je sais en revanche que ces sursis ont toujours eu une signification, tant pour la personne qui aurait dû quitter ce monde de suite, que pour sa famille. Parmi ces cas, se trouvaient des gens plongés dans différentes formes de comas. La question d’arrêt de soins ne se posait, à l’époque, que pour des personnes âgées, n’étant maintenues en vie que par l’assistance de machines, et avec plus d’insistances si ces mêmes personnes étaient atteintes de maladies qui devaient immanquablement les tuer dans d’atroces souffrances. L’Eglise est contre l’acharnement thérapeutique et recommande la lutte contre la souffrance.

    Mais tout ce que je viens de décrire à propos des comas ne concerne pas Vincent Lambert. Tout le monde le sait, tout comme le fait qu’il ne se trouve pas dans un lieu médical approprié à son cas, ce qui ne comporte de ma part aucun jugement de valeur sur la compétence médicale des médecins qui l’entourent. Mais je m’interroge sur leur référents moraux et civilisationnels. Et à ce sujet je ne puis que rappeler l’avertissement de notre Archevêque Mgr Aupetit : choisir entre la civilisation du déchet ou de l’amour (réécouter son intervention du 21 mai 2019 radio Notre Dame).

    Personnellement, et très tôt dans ma vie, je me suis toujours souvenu de ce beau passage du prophète Isaïe : « Il ne brisera pas le roseau ployé, il n’éteindra pas la mèche qui s’étiole » (Isaïe 42 v3). Le prophète pense au Serviteur de Dieu qui s’occupera des plus faibles parmi les rescapés de la déportation à Babylone. Jésus en s’attribuant cette mission comme Messie (Matthieu 12 vv 15-21), la lègue à ses apôtres, à leurs successeurs et finalement à tous les chrétiens.

    C’est l’honneur du Christianisme que d’avoir réintégré la faiblesse dans l’humanité. Saint Jean Paul Il, à la fin de sa vie, l’avait hissée jusqu’au trône de Saint Pierre. Car Jésus en avait donné l’exemple suprême comme crucifié mourant, en restant roi jusqu’au dernier instant de sa lente agonie puisque qu’il a ainsi pu donner au bon larron sa promesse d’entrée dans son royaume. Et pourtant, Jésus avait plusieurs fois failli être tué avant ce moment là, il avait échappé à ceux qui lui voulaient du mal, ce n’était pas son heure ! Il devait encore sauver le bon larron. Et cela, Dieu Seul le savait, tout comme il sait quand doit se terminer la vie de Vincent Lambert. Par son handicap, il est ce roseau ployé, ce lumignon qui fume. Qui sont ils ceux qui prétendent le détruire ? Que savent-ils de « l’utilité » de sa vie pour lui-même, pour sa famille, pour la dignité morale de notre société, et de ses conséquences sur le sort des handicapés de toutes sortes, en particulier des personnes âgées subissant de plus en plus la maltraitance ?

    Je n’ai pas cité à dessein le v3 d’Isaïe. Je l’ai gardé pour ma conclusion : « A coup sûr, il fera paraître le jugement. ». Oui le Serviteur de l’Eternel, comme Messie est aussi un juge. Il sera sévère pour ceux qui ont usurpé sa place et enveloppé Vincent Lambert d’un linceul, même si celui-ci est recouvert de la toge rouge d’un magistrat !


    Illustration : Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile

  • Cohabiter pour se préparer au mariage ?

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    De didoc.be

    Cohabiter en vue du mariage ?

    Écrit par Aceprensa le .

    Il est bien établi qu’un mariage précédé par une cohabitation tend à être plus fragile. Selon J. Budziszewski, ce constat est tellement bien documenté que les sociologues de la famille ne se demandent plus si les couples qui cohabitent avant le mariage sont plus instables, mais pourquoi ils le sont. Dans un article publié sur son blog, il offre une possible explication.

    A ceux et à celles qui voient la cohabitation comme une préparation au mariage, Budziszewski, professeur de philosophie politique à l’Université du Texas, à Austin, rappelle la différence essentielle entre les deux réalités : « Ce que les gens recherchent en se mariant c’est l’engagement, tandis que ce qui pousse à cohabiter, c’est de s’en libérer. Comment l’absence d’engagement peut-elle être un apprentissage de l’engagement ? »

    Le fait que le futur d’une union de fait soit plus incertain, vu que l’on considère comme acquis qu’elle n’est pas pour toute la vie, « fait que le couple soit moins motivé pour investir dans la relation, ce qui, à son tour, augmente le degré d’incertitude ».

    Pour Budziszewski, l’insécurité qui caractérise ces relations finit par se cristalliser dans un style de vie calculateur. « Les personnes qui cohabitent tendent à marquer des points » et à mesurer ce que chacun donne. Ce comportement résulte de la logique de la cohabitation : pourquoi une personne se donnerait-elle entièrement à une autre qui n’a pas la moindre intention de s’engager avec elle pour la vie ? Si elles décident finalement de se marier, elles entreront dans le mariage avec ce travers bien ancré.

    Se laisser aller et décider sérieusement, ce n’est pas la même chose

    Budziszewski conclut en faisant allusion à deux explications données par certains spécialistes à l’instabilité plus grande des cohabitations. La première fait référence au degré différent de conscience avec lequel les uns et les autres arrivent au mariage. Pour qui ne cohabite pas, le mariage est habituellement une décision très réfléchie, précisément parce qu’il n’y a pas de période d’essai préalable. Par contre, parmi ceux qui cohabitent il arrive souvent qu’ils tendent à « se laisser aller » vers le mariage, davantage comme un effet de l’inertie que d’une décision consciente.

    C’est la thèse défendue, parmi d’autres, par Scott Stanley, chercheur à l’université de Denver et auteur du blog Sliding versus Deciding (« Glisser versus Décider »). Dans une de ses études, réalisée avec deux autres psychologues, les auteurs soutiennent la thèse que le fait de poser certains gestes par inertie dans la vie commune — comme la cohabitation, les relations sexuelles, une grossesse — peut entraîner plus de problèmes dans la relation (et de motifs pour la rompre) que s’ils les avaient posés d’une façon plus pondérée. En même temps, ces gestes ne renforcent pas nécessairement le degré d’engagement ou d’implication dans la relation.

    Une des hypothèses de Stanley est l’idée que « certaines personnes se marient avec d’autres qu’elles n’auraient jamais épousées si elles n’avaient pas cohabité préalablement ». La cohabitation avant le mariage est, selon lui, le facteur qui augmente le risque d’inertie. Par contre, ceux qui ont une relation amoureuse et ne cohabitent pas ont plus de facilité à rompre la relation s’ils ne voient aucun futur dans un mariage.

    L’autre explication mentionnée par Budziszewski se réfère à la différence d’expectative entre hommes et femmes face à la cohabitation : il n’est pas rare que, lorsqu’elles veulent se marier après avoir cohabité, eux ne soient pas intéressés. « Les faits sont particulièrement cruels pour la femme, qui pense sans doute que si elle a cohabité pendant une période suffisamment longue avec un homme, celui-ci finira par se marier avec elle. Mais le fait est que, plus la cohabitation se prolonge, plus la femme en arrive à une situation désavantageuse. » Dans ce sens, il dit que « le mariage civilise l’homme », et apporte stabilité à la relation.

    Le déséquilibre est particulièrement prononcé chez les jeunes couples, comme l’ont montré les sociologues Michael Pollard et Kathleen M. Harris à partir d’un échantillon de 2.068 hommes et femmes de 18 à 26 ans. 41% des hommes qui cohabitent affirment qu’ils ne sont pas « complètement engagés » avec leur compagne, tandis que seulement 26% des femmes prétendent la même chose. Parmi les gens mariés, les pourcentages sont beaucoup plus bas : 18% parmi les hommes et 12% parmi les femmes.

    Budziszewski conclut son article par une question : « Pourquoi une relation basée sur l’absence d’engagement, sur de multiples incitants à l’échec et d’évidents désavantages pour la femme devrait-elle être une bonne préparation au mariage ? »

    Ce texte a été publié sous le titre « Por qué la cohabitación no sirve como periodo de prueba del matrimonio » (Pourquoi le mariage ne sert pas comme période d’essai pour le mariage).

    Source : http://www.aceprensa.com/articles/por-que-la-cohabitacion-no-sirve-como-periodo-de-prueba-del-matrimonio/. Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.

  • On lit Simone Weil comme on tombe amoureux...

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    De RCF :

    Simone Weil, l'attente comme art d'aimer

    Présentée par Diocèse de Metz

    DURÉE ÉMISSION : 55 MIN

    Simone Weil, l'attente comme art d'aimer

    Par Martin Steffens, professeur de philosophie au lycée Georges de la Tour de Metz, et spécialiste de la figure de Simone Weil.

    On lit Simone Weil comme on tombe amoureux: après cela, rien n'est plus jamais facile. L'amour, pour Simone Weil, relève, d'un non "faire", mais d'une attente. Nous sommes, dit-elle, comme des amoureux en avance sur l'heure du rendez-vous.

  • Les flux migratoires de prêtres entre continents

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    De Vatican News :

    (Photo d'illustration)

    (Photo d'illustration) 

    Manque de prêtres en Europe et en Amérique: l’Afrique et l’Asie à la rescousse

    Le bureau central des statistiques de l’Église a publié une note sur les flux migratoires de prêtres entre continents.

    L’analyse se limite au clergé diocésain et concerne la période 1978-2017 ; elle montre une nette diminution de nombres de prêtres qui émigrent d’Europe (- 56,9%), d’Amérique (-55,8%), et d’Océanie (-55,3%). Inversement, le nombre de prêtres qui partent d’Afrique (+366,2%) et d’Asie (+99%) connait une augmentation fulgurante. La moitié de ces prêtres se retrouvent en Europe, tandis que l’Amérique du Nord en accueille 36%.

    L’Afrique et l’Asie connaissent donc des soldes migratoires négatifs, puisque le nombre de prêtres «sortants», dépassent largement celui de prêtres «entrants» :  en 1978, 282 prêtres diocésains quittaient le continent africain, contre 4 514 en 2017. De même, en Asie, le solde est passé de -857 en 1978 à -2 189 en 2017. Ce mouvement migratoire des prêtres incardinés dans des pays africains et asiatiques sera peut-être amené à croitre dans les prochaines années, contribuant ainsi à pallier la carence de curés en Europe et Amérique. De fait, les corps sacerdotaux européens et américains se retrouvent très affaiblis en raison de taux de renouvellement très bas.

    Dans un avenir proche, fait observer la note du bureau des statistiques, l'Asie et surtout l'Afrique, où les candidats au sacerdoce sont en nette croissance, pourraient remplacer les fonctions exercées par les prêtres du vieux continent et de l'Amérique du Nord, garantissant une vigueur nouvelle aux structures ecclésiastiques.