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Le cardinal Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes

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D'InfoVaticana :

Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes.

L'intervention a eu lieu lors de la réunion intitulée « Diktat eurogenre : Racines chrétiennes, liberté religieuse et éducative menacées dans l'UE » , organisée par l'association catholique I RadicaTi dal diritto naturale alla legge et promue par le député Massimo Milani.

Une conférence contre l'idéologie du genre et la dérive culturelle européenne

Cette réunion a été créée dans le but d'analyser les conséquences de certaines politiques promues depuis Bruxelles dans des domaines tels que la famille, l'éducation, la liberté religieuse et la liberté d'expression.

Les organisateurs ont dénoncé le fait que certaines initiatives européennes présentées sous l'égide de la lutte contre la discrimination favorisent une imposition idéologique croissante sur les questions liées au genre, à la sexualité et à l'anthropologie humaine.

Selon les organisateurs de l'événement, l'Europe traverse une phase dans laquelle la défense des racines chrétiennes et de la conception traditionnelle de la famille est fréquemment présentée comme un obstacle au progrès, tandis que certains courants idéologiques bénéficient d'une protection institutionnelle privilégiée.

C’est dans ce contexte que Müller est intervenu, développant une vaste réflexion sur la crise spirituelle, culturelle et politique que traverse le continent.

« L'Europe est née du christianisme »

Le cardinal allemand a rappelé que les pères fondateurs du projet européen — des personnalités telles que Robert Schuman, Alcide De Gasperi ou Konrad Adenauer — n'ont jamais conçu l'Europe comme une simple structure économique ou administrative.

Selon lui, l'unité européenne est née d'une vision commune de la personne humaine profondément marquée par le christianisme, ce qui a permis le développement de concepts aujourd'hui considérés comme fondamentaux tels que la dignité humaine, la liberté de conscience, l'égalité devant la loi et les droits fondamentaux.

« L’Union européenne repose aujourd’hui sur ces fondements », a-t-il déclaré.

Il a donc averti qu'une Europe détachée de l'Évangile court le risque de « se suicider et de sombrer dans sa propre chute ».

La crise de la famille et de l'identité humaine

Müller a identifié la désintégration de la famille et la confusion autour de l'identité humaine comme quelques-uns des principaux symptômes de la crise culturelle européenne.

Comme il l'a expliqué, le continent traverse un processus de remise en question des réalités anthropologiques les plus fondamentales, largement impulsé par l'idéologie du genre et les mouvements transhumanistes qui cherchent à redéfinir la nature humaine elle-même.

Le préfet émérite a dénoncé ce qu'il a qualifié de transformation culturelle inspirée par une logique « jacobine », contraire à la famille naturelle et à l'identité personnelle.

Elle a également accusé certaines institutions européennes de promouvoir une forme de « totalitarisme de genre » qui menace progressivement la liberté de pensée et d'éducation.

Le risque de « despotisme doux »

L'un des concepts centraux de cette intervention était celui de « despotisme doux », emprunté au penseur français Alexis de Tocqueville.

Müller a fait valoir que les démocraties occidentales ne tendent plus à restreindre les libertés par la persécution ouverte ou la violence d'État, mais par des mécanismes beaucoup plus subtils : réglementations administratives, bureaucraties de plus en plus étendues et pressions culturelles visant à standardiser la pensée.

Dans ce contexte, il a adressé des critiques explicites à certaines réglementations européennes relatives au contrôle des contenus numériques et à la lutte contre la désinformation.

Selon lui, les gouvernements et les institutions politiques ne devraient pas s'arroger le pouvoir de déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux, mais devraient se limiter à la recherche du bien commun tout en respectant la liberté des citoyens.

« Un terrain d'expérimentation pour l'idéologie woke »

Müller a dénoncé l'influence de certaines organisations internationales et élites mondiales qui, selon lui, promeuvent une vision technocratique et sécularisée de la société.

Il a notamment cité en exemple le Forum économique mondial et le Club de Rome, organisations qu'il a accusées de promouvoir des programmes culturels incompatibles avec la tradition chrétienne européenne.

Selon le cardinal, l'Europe risque de devenir « un terrain d'expérimentation pour l'idéologie athée woke », où la religion est progressivement exclue de la sphère publique et réduite à une affaire strictement privée.

Il a également exprimé son inquiétude quant à la crise démographique et aux conséquences culturelles des politiques migratoires mises en œuvre au cours des dernières décennies, affirmant que de nombreux gouvernements ont ignoré les défis d'intégration et de cohésion sociale liés à ces processus.

Intelligence artificielle, foi et raison

L'intelligence artificielle a également occupé une place importante lors de la conférence.

Müller a lié ce débat aux réflexions développées par Benoît XVI et Léon XIV sur la relation entre la foi, la raison et le progrès technologique.

S’appuyant sur la conférence de Ratisbonne et la récente encyclique Magnifica Humanitas , il a soutenu que l’innovation technologique devait rester soumise à des critères éthiques objectifs et au respect de la dignité humaine.

« Nous ne devons pas devenir les chiens des maîtres de l'intelligence artificielle », a-t-il déclaré de manière imagée.

Pour le cardinal, le grand défi du XXIe siècle est d'empêcher l'humanité de devenir subordonnée aux outils qu'elle a elle-même créés.

Redécouvrir nos racines pour sauver l'Europe

Le discours s'est conclu par un appel à restaurer la confiance dans l'héritage chrétien qui a façonné l'Europe.

Müller a fait valoir que les problèmes démographiques, culturels, technologiques et politiques qui affectent actuellement le continent ne peuvent être résolus par davantage de bureaucratie ou par de nouvelles expériences idéologiques, mais par la redécouverte des principes moraux qui ont rendu possible la civilisation européenne.

À son avis, le véritable dilemme auquel l'Europe est confrontée n'est ni politique ni économique, mais culturel et spirituel : décider si elle veut continuer à bâtir son avenir sur la conception chrétienne de la personne humaine ou continuer à évoluer vers une société de plus en plus détachée des racines qui, pendant des siècles, lui ont donné cohésion, identité et sens.

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