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  • L’Iran en grand bouleversement

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    De Marc Fromager sur le site web du mensuel « La Nef » :

    Iran I am gardian of Iran.jpgLe 11 février 1979, l’ayatollah Khomeiny arrivait au pouvoir à Téhéran avec sa révolution islamique. Dans une société en crise, on observe aujourd’hui de nombreuses conversions au christianisme ! Point de la situation 40 ans après la révolution islamique.

    La révolution iranienne a produit des images très fortes avec les otages de l’ambassade américaine et ces foules d’ayatollahs enturbannés qui avaient pris d’assaut l’espace public. À l’époque, l’islam radical était une expression inconnue. Certes, l’islam wahhabite pratiqué dans la péninsule arabique était déjà ce qu’on nommerait aujourd’hui radical, en particulier en Arabie Saoudite, et cet islam était déjà « exporté » sur fond de pétrodollars à travers la planète. Mais en Iran, c’était différent.

    Le pays était en voie d’occidentalisation, proche allié des États-Unis et les religieux étaient maintenus sous contrôle. Brutalement, tout a basculé dans une espèce de « folie collective » et c’est sans doute ce basculement d’une société apparemment « modernisée » qui a tant marqué les esprits. Et pourtant, cette révolution était en germe dans la société, nourrie d’une perte d’identité habilement instrumentalisée par les ayatollahs.

    Dans les années 1970, les Iraniens voyaient leur pays changer à toute vitesse. Le shah d’Iran, que la télévision nationale montrait en permanence devant les caméras, semblait de plus en plus éloigné des besoins de son peuple et surtout de l’image de l’héritier de l’Empire perse plurimillénaire que les Iraniens auraient souhaité.

    La victoire des ayatollahs

    À la fois contre le régime et contre les communistes, les ayatollahs ont finalement emporté la partie, mais ils héritaient d’un pays en très grande difficulté et réagissaient en imposant leurs lois religieuses avec la plus extrême sévérité. Dès le départ, « j’ai vu arriver des musulmans qui souhaitaient se convertir au christianisme », témoigne le père Humblot, prêtre français arrivé en 1969 en Iran et resté jusqu’en 2012, date à laquelle il a été poussé dehors par la police religieuse. « Confrontés à une police politique dure, beaucoup d’Iraniens ne supportaient pas qu’on leur impose leur religion, et interrogeaient l’islam. »

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  • RDC : le combat de la vérité et du mensonge

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    Fayulu 5c83eaa7d8ad5878f0f81ebd.jpgAu Congo, le mensonge semble aujourd’hui l’avoir emporté sur la vérité. Pour mener le bon combat, septante jours après les élections présidentielle et législatives nationales et provinciales en République démocratique du Congo, Martin Fayulu, donné largement vainqueur par diverses sources mais non désigné vainqueur par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), entame une tournée internationale qui commence par la Belgique. Rencontre avec Hubert Leclercq (La Libre Afrique) :

    « Monsieur Fayulu que comptez-vous faire malgré la décision de la Ceni et le rejet de vos recours par la Cour constitutionnelle ? 

    Je continue à me battre. Je parcours le Congo, je suis allé dans le Kivu, dans le Kwango, le Kwilu et le Congo central et, maintenant, j’entame une tournée à l’extérieur pour rencontrer les Congolais mais aussi les autorités des pays que je vais visiter.

    Quel est l’objectif de votre démarche ? 

    Tenter de trouver une solution à la crise de légitimité que Monsieur Nangaa (le président de la Ceni) a fait naître et qui a été confirmée par la Cour constitutionnelle. Si je vais à la rencontre de mes compatriotes, au pays et à l’étranger, c’est aussi pour leur dire qu’il faut garder confiance dans la démocratie. Pour eux, pour nous, les élections, c’était un moment important. Il ne faut pas que les Congolais perdent confiance dans la démocratie.

    N’avez-vous  pas le sentiment d’être de plus en plus seul sur la scène internationale ? 

    Non, même s’il est vrai que certains Etats ont avoué qu’ils ont préféré la paix à la vérité des urnes. Mais il n’y a pas de paix sans cette vérité. Au Congo, il y a une unanimité de façade. D’ailleurs, depuis que M. Tshisekedi a prêté serment combien de Congolais ont été tués dans l’est du pays, à Beni, à Goma. Rien n’a changé, on ne peut pas continuer comme ça.

    RDC : Sept morts dans des attaques à Butembo et Goma

    Vous avez quelque chose à proposer ? 

    J’ai fait une proposition en deux volets pour obtenir la vérité des urnes qui, seule, peut ramener la paix. Le premier volet : le recomptage des voix mais je comprends que ce soit difficile parce que la Ceni n’a pas les PV des bureaux de vote. Le deuxième volet : de nouvelles élections, pas seulement pour la présidentielle mais aussi pour les législatives nationales et provinciales, parce que tous les résultats ont été fabriqués. Certes, il y a des députés qui sont réellement élus mais beaucoup ont été nommés par Monsieur Nangaa et on doit résoudre cette crise de légitimité. N’oubliez pas que le peuple congolais s’est rendu aux urnes et a choisi ses dirigeants et ce sont ces dirigeants qui doivent gérer le pays et pas d’autres personnes.

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  • Un lien entre le manque de fécondité de l’Eglise depuis 70 ans et le cancer de la pédophilie ?

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    Du site "Riposte catholique" :

    Un lien entre le manque de fécondité de l’Eglise depuis 70 ans et le cancer des abus sexuels

    En ce moment, toutes les semaines on découvre qu’un nouveau pasteur, voire un évêque ou un cardinal a commis des abus sexuels. Que vous inspirent ces révélations?

    En devenant évêque il y a 10 ans, j’ai découvert l’ampleur des abus sexuels dans l’Eglise. Elle ne fait que se confirmer, les chiffres tombent montrant les dégâts importants commis à tous les niveaux. Que ce soit un simple prêtre ou un cardinal ne change pas grand-chose à la douleur des victimes, mais, pour l’institution ecclésiale, le retentissement est lourd. Non seulement certains responsables n’ont pas été clairs dans la façon de gérer ces affaires, mais ils ont été directement impliqués.

    C’est un séisme dans mon cœur d’évêque. Tous les jours, dans un acte de foi, je renouvelle mon amour pour l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, car ces événements pourraient faire trembler ma foi.

    Vous affirmez, et le pape le rappelle, que ces drames concernent tous les chrétiens. Pourquoi? Ce sont les évêques et les supérieurs de séminaires les premiers concernés…

    Je dis à ceux qui voudraient passer à autre chose :«ayez le courage de regarder, ces affaires vous concernent, même si vous n’êtes pas fautifs». Sans culpabiliser les chrétiens, il faut les responsabiliser; nous sommes tous membres d’un seul corps: le Corps du Christ, nous participons à ses joies et ses souffrances. Nous sommes invités à porter ces drames et leurs victimes par la prière, le jeûne et la pénitence. Par notre vigilance, nous pouvons aussi prévenir ou limiter ces abus.

    Celui qui découvre qu’il est atteint d’un cancer, prend les moyens de lutter contre, même si une chimiothérapie est lourde et fatigante. Aucun malade ne dira: «les consultations médicales suffisent, je passe à autre chose». Aujourd’hui l’Eglise est atteinte d’un cancer métastasé. Nous ne sommes qu’au milieu du gué, d’autres révélations vont tomber et ailleurs que dans les pays occidentaux. Je pense à l’Asie, l’Inde ou l’Afrique, pays à forte catholicité. En Afrique on sait qu’il n’est pas rare que des prêtres ou des évêques abusent de jeunes religieuses novices sous l’œil complice de leurs supérieures. Aujourd’hui ne pas affronter ces questions, comme laïcs ou comme consacrés serait suicidaire.

    Vous voyez un lien entre le manque de fécondité de l’Eglise depuis 70 ans et le cancer de la pédophilie. Quel est-il?

    Les témoignages des victimes nous permettent de prendre conscience des ravages visibles, mais aussi invisibles. Le corps du Christ qu’est l’Eglise est d’abord lié par des relations sacramentelles, non visibles mais réelles. Chaque sacrement reçu dans la foi nourrit la communion de l’Eglise. Les abus sexuels au contraire distillent un poison qui l’altère depuis des dizaines d’années. Une part de l’infécondité de l’Eglise qui voit ses rangs et ses séminaires se vider depuis un demi-siècle est sans doute en partie due à ces contre-témoignages.

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  • Retour sur les ambiguïtés du pape François lors de son voyage dans la péninsule arabique.

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    Par Annie Laurent dans le mensuel  « LA NEF » n°312 Mars 2019

    Pape Emirat 368608695.jpg« Premier pape à se rendre dans la péninsule Arabique, François s’est engagé avec un dignitaire musulman à promouvoir la fraternité entre religions. Présentation d’une démarche non dénuée d’ambiguïté.

    «Fais de moi un instrument de ta paix. » En choisissant la célèbre prière composée par saint François d’Assise comme thème du voyage qu’il a effectué à Abou-Dhabi du 3 au 5 février dernier, le pape François entendait placer sa démarche sous le parrainage de celui dont il a choisi le nom lors de son élection au siège de Pierre, en 2013. Cela semblait d’autant plus approprié que la visite s’est produite juste huit cents ans après la rencontre du Poverello avec le sultan Malik El-Kamil à Damiette (Égypte). C’était en 1219, lors de la cinquième croisade. Le projet de saint François était de prêcher au monarque musulman la foi en Jésus-Christ et en son Évangile, et c’est ce qu’il fit, persuadé qu’il aurait à verser son sang pour son audace missionnaire. La courtoisie a cependant dominé leurs échanges : il n’y eut ni conversion ni martyre. Au fil des siècles, cet épisode a donné lieu à diverses interprétations dans l’Église catholique. Depuis une cinquantaine d’années, il est souvent présenté comme le prototype du dialogue islamo-chrétien (1).

    Le dialogue interreligieux était bien la priorité du pape François en se rendant dans la capitale des Émirats arabes unis (EAU), fédération de sept cités-États fondée en 1971 à l’initiative de Zayed ben Sultan El-Nahyane (1918-2004). Ce pays était sans doute le mieux préparé à accueillir la première visite d’un souverain pontife dans la péninsule Arabique. L’islam sunnite y est la religion officielle mais il s’oppose aux idéologies islamistes qui dominent une grande partie de la région (wahabisme, Frères musulmans).

    La population des EAU est de 9 millions d’habitants, dont près de 90 % sont des immigrés (venus du sud-est asiatique, du Levant et d’Occident) auxquels la nationalité émiratie est refusée. Parmi eux, on compte quelque 900 000 chrétiens de diverses confessions, 70 % étant des catholiques. Ceux-ci, latins et orientaux, relèvent d’un Vicariat apostolique d’Arabie méridionale (EAU, Oman et Yémen) dont le titulaire actuel est un religieux capucin, Mgr Paul Hinder, qui réside à Abou-Dhabi où se trouve sa cathédrale, dédiée à saint Joseph.

    La Constitution de la fédération concède aux non-musulmans la liberté de culte en leur imposant une totale discrétion, pour ne pas « troubler l’ordre public » (art. 32), sous-entendu en suscitant l’attraction de musulmans pour le christianisme. C’est pourquoi toute activité associative est interdite aux chrétiens. Il existe maintenant une trentaine d’églises aux EAU, dont huit catholiques, toutes dépourvues de clocher et de croix extérieure. Le voyage du pape n’avait donc pas une priorité pastorale, même si les catholiques n’ont pas été oubliés puisque François a présidé une messe dans le grand stade d’Abou-Dhabi, à laquelle ont assisté 135 000 fidèles.

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