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  • Avons-nous banni Dieu ? (22ème dimanche du temps ordinaire)

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    En lien avec l'évangile de ce dimanche, l'abbé Gérald Chaput propose cette réflexion sur le site du diocèse de ValleyField  (archive 2011)

    Année A: Dimanche de la 22e semaine ordinaire (litao22d.11) - Matthieu 16, 21-27

    "Qu'est-ce qui est prodigieusement stimulant dans ce texte qui parle de renoncement? Si nous recevons les textes de ce jour avec des yeux tout axés sur une vie facile, la bonne nouvelle de l'Évangile en est plutôt déroutante. Beaucoup ont l'impression qu'adhérer à Jésus, c'est s'inscrire dans un mouvement de vie austère : elle est dure, cette parole! Qui peut l'écouter ? (Jn 6, 60)  

    Pourtant Jésus propose à Pierre qui vient de le reconnaître comme Fils de Dieu, un avenir assuré, une vie réussie, s'il contribue avec son aide, à mettre le monde sens dessus dessous. À ceux qui le reconnaissent et le suivent sur son chemin, Jésus offre un défi époustouflant : remettre le monde à l'endroit. Nos  vies aussi.

    Dans les mots de Paul, Jésus propose à ceux qui veulent faire partie de son équipe, de le suivre, de ne pas prendre pour modèle le monde présent mais de transformer, de renouveler leur façon de pensée (Rm 12, 1). Aux yeux de Jésus, le modèle de société de son temps, de tout temps, tourne autour d'une loi écrite pour les autres. Il y avait détournement vers la facilité. Vers le bas. Vous dites mais ne faites pas.

    Le projet de Jésus à ceux qui le reconnaissent comme Fils de Dieu, le Messie de Dieu, ouvre sur l'instauration d'un monde à l'envers de la manière de vivre de son temps. Dans les mots d'aujourd'hui, il propose un grand projet d'humanisation de l'humain, de l'humanité. De réussir l'humain à la mode de Dieu.

    Mais ce chemin si emballant soit-il, exige que nous abandonnions notre vie propre pour devenir participants de la nature divine (2 Pi 1, 4) Pour nous confier son Évangile, Dieu nous a mis a l'épreuve et continue à le faire (1 Th 2,3). Cette épreuve passe par une manière neuve de vivre qui comporte des exigences, certains diront de renoncement, d'autres d'accomplissement.

    Quand Jésus nous invite à renoncer à nous-mêmes, il ne nous demande pas de renoncer à ce qui est bon en nous, à ce que nous sommes. Image de Dieu, nous, humains, sommes fondamentalement bons, très bons. Dieu vit que cela était bon (Gn).  Pour le suivre, il nous demande de renoncer à ce que nous sommes devenus. À ce que nous avons fait de nous-mêmes par un mauvais usage de notre liberté. Nous avons superposé à notre beauté originelle des comportements moins qu'humains. Déclarer tu es le fils de Dieu, c'est renoncer à vivre entre nous d'une manière non humaine. Pierre a trouvé ce chemin impossible. Il s'est fait traiter d'agir comme Satan. Ce n'est pas humain de nourrir vengeance et rancune, de ne voir que le mauvais dans l'autre, la paille, dit l'Évangile.

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  • "Soyons saints par la grâce de Dieu" : Mgr Léonard au Festival Marial (21 août)

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    Exhortation de Mgr Léonard, le vendredi 21 août, au Festival Marial 2020.

    Mgr André Léonard est archevêque émérite de Malines-Bruxelles, et chapelain du Sanctuaire de Notre Dame du Laus. Le Festival Marial est organisé par l’ #AllianceMariale, une association catholique de jeunes professionnels qui organise des évènements, dont le Festival, pour renouveler la prière du Rosaire.

    Le sanctuaire Notre-Dame du Laus est un haut-lieu spirituel catholique situé dans les Alpes du sud. Il a pour origine des apparitions de la Vierge Marie à une bergère, Benoîte Rencurel, entre 1664 et 1718.

    Ecouter autres enseignements du Festival Marial : https://www.youtube.com/playlist?list...

  • De l'Interruption Médicale de Grossesse (IMG) à l'euthanasie néonatale : une même logique

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    De Constance du Bus sur le site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Flandre : les professionnels de la santé impliqués dans des IMG largement favorables à l’euthanasie néonatale

    25/08/2020

    9 professionnels sur 10 impliqués dans des avortements pour raison médicale en centre pour soins intensifs néonataux en Flandre estiment que pour les nouveau-nés « présentant un état de santé grave, dans certains cas, il est acceptable de mettre activement fin à leurs jours ». 88% de ces professionnels pensent que la loi devrait être modifiée de façon à permettre un tel geste.

    Une première étude réalisée par le groupe de recherche End of Life Research Group rattaché à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), avait interrogé les médecins et infirmiers en néonatologie sur leur opinion par rapport à l'euthanasie des nouveau-nés. (Voir Bulletin de l'IEB)

    Dans cette deuxième étude publiée le 2 août 2020, le groupe de recherche a interpellé cette fois-ci des professionnels de la santé impliqués non pas en néonatologie, mais dans des interruptions tardives de grossesse (après 22 semaines) pour raison médicale chez la mère ou l'enfant. Ces professionnels étaient actifs dans 8  centres en Flandre exclusivement (donc ni à Bruxelles, ni en Wallonie). Outre les soins intensifs néonataux, ces centres pratiquent aussi des interruptions médicales de grossesse.

    A la question de savoir si, dans le cas où le foetus est atteint d'une maladie mortelle, il fallait préférer le foeticide (dans le cadre d'une interruption médicale de grossesse) aux soins palliatifs (qui seraient procurés au nouveau-né si on le laisse naître), 58% ont répondu par l'affirmative, et 36% sont restés neutres. La proportion préférant le foeticide est encore plus élevée dans le cas où le foetus est atteint d'une maladie « grave » et non mortelle : 66% se positionnent alors en faveur du foeticide. La perspective d'une vie gravement touchée par la maladie ou le handicap paraît donc moins acceptable encore que celle d'une vie qui sera rapidement abrégée par la maladie.

    Il faut souligner que ces professionnels sont tous nécessairement impliqués dans des interruptions médicales de grossesse (IMG) tardives, c'est-à-dire des foeticides sur des foetus ayant dépassé le seuil de viabilité (22 semaines). En cela, leur opinion favorable à l'euthanasie des nouveau-nés gravement malades est moins étonnante. On comprend ici que c'est la même logique qui nourrit les IMG et les euthanasies néonatales : face aux souffrances que laisse présager la maladie de l'enfant, le corps médical estime que la vie de cet enfant ne vaut pas la peine d'être poursuivie. En revanche, la première étude avait montré que parmi les professionnels actifs en néonatologie, une proportion plus faible - mais néanmoins importante - s'était montrée en faveur de l'euthanasie néonatale dans certaines circonstances (60% des néonatologues et 74% des infirmiers en néonatologie).

    Notons toutefois que la quasi-totalité des professionnels interrogés estime qu'il faut parler des soins palliatifs néonataux aux parents qui attendent un enfant atteint d'une maladie mortelle ou grave.

    Enfin, trois quarts des professionnels ayant répondu à l'enquête pensent que les cas d'IMG devraient être enregistrés systématiquement par la Commission de contrôle et d'évaluation de l'interruption volontaire de grossesse, ainsi que les indications pour lesquelles l'IMG a été pratiquée. Il est en effet notoire qu'une petite proportion seulement des IMG est déclarée auprès de la Commission. La plus grande partie des IMG ne sont pas déclarées et donc pas comptabilisées dans le nombre officiel d'avortements en Belgique.

  • Le télétravail : un gain psychologique et un gain d'autonomie

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    Un entretien d'Elisabeth Caillemer avec Julia de Funès sur le site de Famille Chrétienne :

    Julia de Funès : « Le télétravail est un gain psychologique, un gain d’autonomie »

    26/08/2020
    Julia de Funès

    Julia de Funès est philosophe, spécialisée dans le monde de l'entreprise

     ©Hannah ASSOULINE/Opale via Leemage

    À l’heure où le gouvernement encourage le recours au télétravail, la philosophe nous en livre une analyse pertinente et démontre qu’il contribue à notre efficacité sans déshumaniser les liens sociaux.

    Pendant le confinement, le télétravail semble avoir gagné ses lettres de noblesse. Est-ce la fin d’une certaine culture de l’entreprise ?

    Une grande majorité, environ 70 % des salariés, plébiscite le télétravail, et il est aisé de comprendre pourquoi. C’est une levée de contraintes spatio-temporelles bien sûr, mais c’est aussi et surtout un gain psychologique, un gain d’autonomie. On se sent plus libre. Nous ne sommes plus, sinon moins, en représentation permanente, en visibilité constante. De ce mode de fonctionnement émerge un nouveau rapport au travail, un nouveau sens du travail. En « domestiquant » le travail, en le mêlant aux activités du foyer, il devient une activité parmi d’autres (les devoirs des enfants, le ménage de la mai-son, etc.). Il n’est plus l’unique activité de la jour-née quand bien même il reste l’activité principale. De sorte que la vie n’est pas ce qui reste une fois qu’on a fini de travailler. Le travail se mêle à la vie. La vie reprend le dessus sur cette activité qui avait tendance à tout emporter.

    Or, là est le vrai sens du travail, me semble-t-il : un moyen au service de la vie et pas l’inverse. C’est une chose de faire du travail une source d’accomplissement, c’en est une autre d’en faire l’accomplissement suprême. C’est une chose d’en faire une activité essentielle, c’en est une autre d’en faire une finalité en soi. Le travail est un moyen, voilà sa finalité, voilà son sens.

    Julia de Funès

    Née en 1979, elle est docteur en philosophie et titulaire d’un DESS en management des ressources humaines. Après avoir été chasseur de têtes, elle est devenue philosophe de l’entreprise et conférencière. Elle est la petite-fille de l’acteur Louis de Funès.

    Ses publications : Ce qui changerait tout sans rien changer (L'Observatoire, 2020) ; Développement (im)personnel (L'Observatoire, 2019) ; La Comédie (in)humaine (avec Nicolas Bouzou, L'Observatoire, 2018) ; Socrate au pays des process (Flammarion, 2017).

    Deux tiers des salariés se déclarent aussi, voire plus, efficaces lorsqu’ils télétravaillent. Comment l’expliquez-vous ?

    L’absence de perte de temps dans les transports a contribué à nous rendre plus efficaces. Mais je pense surtout que nous avons été libérés d’une part de théâtralité, de comédie humaine inhérente à toute vie sociale. Les bureaux sont ouverts depuis des années : open space, « flex office », il n’y a plus de murs ou peu, tout est transparent. Autrement dit, nous voilà visibles en permanence. Or, il suffit de se savoir visibles pour agir comme si nous étions vus. De sorte que notre esprit est nécessairement accaparé par l’image que l’on veut bien projeter de soi-même. Cette part de représentation occupe une partie de l’esprit moins concentré sur son travail. Vous connaissez comme moi des individus qui font signe qu’ils travaillent et qui, du même coup, ne travaillent pas, plus préoccupés qu’ils sont à jouer le jeu de celui ou celle qui travaille.

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  • Xi Jinping, un dictateur sans complexe

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

    29 août 2020

    Chine : Xi Jinping sur le modèle de Mao Zedong

    Xi Jinping ne s’embarrasse pas de faux-semblants à l’usage de l’Occident. Le président de la République populaire de Chine, comme d’ailleurs le président turc Erdogan, a choisi de se montrer tel qu’il est : un dictateur sans complexe. Si Erdogan se démarque du « laïc » Kemal Atatürk par un retour à l’islam, Xi Jinping renoue avec la « pureté » révolutionnaire, quelque peu entachée sous ses prédécesseurs, pour mettre ses pas dans ceux de Mao Zedong. Lui-même biberonné au « Petit Livre rouge », Xi Jinping professe comme le Grand Timonier que « la Révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie. » Non seulement il le professe, mais il l’a éprouvé dans sa chair à travers le sort subi par son père, haut cadre du Parti (vice-président de l'Assemblée populaire et vice-Premier ministre) « purgé » pendant la Révolution culturelle. Le jeune Xi Jinping s’était alors démarqué de son père comme doit le faire tout bon communiste pour garder ou retrouver les faveurs du Parti.

    Aujourd’hui, Xi Jinping est persuadé d’incarner en sa personne la nouvelle révolution chinoise. En mars 2018, il a fait modifier la Constitution pour y inscrire sa pensée (un privilège jusqu'alors réservé à Mao Zedong et Deng Xiaoping) et rester président de la Chine pour une durée illimitée. Mais il ambitionne à présent de devenir comme Mao président du Parti (et non plus seulement Secrétaire général) au prochain Congrès en 2022. Comme son modèle, il n’éprouve aucun scrupule pour abattre tous les obstacles qui pourraient se dresser sur sa route, pour recevoir à ce 20ème Congrès la consécration de chef et de guide suprême en lieu et place de la direction collégiale mise en place à partir des années 1980 par le successeur de Mao, Deng Xiaoping. D’ici là, « les équipes légales et politiques doivent être absolument loyales, pures et fiables », a averti le zélé Chen Yixin, Secrétaire général de la Commission des questions politiques centrale et juridique.

    Dans la meilleure tradition des purges révolutionnaires (sous Mao comme sous Staline mais déjà à l’œuvre pendant la Révolution française), Xi Jinping a entrepris de « déraciner les membres néfastes du troupeau » autrement dit tous ses opposants. Il a lancé à cette fin dans tout le pays une campagne « d’éducation et de rectification ». « Éliminez les membres nuisibles du troupeau, les "personnes à deux visages" qui sont déloyales et malhonnêtes envers le Parti », a lancé le fidèle Chen Yixin. Retrouvant des accents dignes de la Révolution culturelle, celui-ci a ordonné aux officiers de police, juges, procureurs, agents de la sécurité d’État « d’enfoncer la lame jusqu’à l’os » des corrompus afin d’en « retirer le poison ». Symboliquement, la police, elle-même en cours de purge, a été dotée d’un nouvel étendard (photo) présenté en grande pompe place Tiananmen le 26 août par près de 300 membres des forces de police en uniforme, poing levé devant Xi Jinping. Les couleurs de ce drapeau sont celles des commissariats en Chine : une bande bleue épaisse sur fond rouge, le rouge représentant « le leadership absolu du Parti communiste chinois » sur les forces de sécurité, explique le Quotidien du peuple sur son compte Twitter. La première victime notable de cette purge est Gong Daoan, chef de la police de Shanghai et vice-maire de la capitale économique chinoise, limogé pour « corruption ». D’autres ont réussi à fuir la Chine à temps, telle Cai Xia qui n’a pour autant rien d’une dissidente puisqu’elle enseignait aux cadres du Parti ; mais elle avait eu le front d’accuser Xi Jinping, de se comporter en « chef de la mafia ».

    Mais il faut toujours envisager le grain de sable ou le caillou dans la chaussure. Si toute opposition semble vouée à l’échec en interne, l’aura de la Chine a fortement pâli sur la scène internationale, notamment à cause de sa gestion de la Covid-19 et de l’application de la loi de sécurité nationale imposée par Pékin à Hongkong en violation du traité de rétrocession signé en juin 1997 avec le Royaume Uni (cf. LSDJ 1039). La multiplication des arrestations à Hongkong n’a pas muselé la résistance qui s’exprime maintenant depuis l’île ou de l’étranger via des moyens de communication sécurisés, comme Telegram, Signal ou Wire. 

    Philippe Oswald