Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Où le catholicisme résiste-t-il le mieux en Belgique ?

    IMPRIMER

    Avec l'IA :

    En Flandre (surtout dans certaines zones rurales ou provinciales comme le Limbourg/Hasselt ou historiquement la Campine et le sud des Flandres), le catholicisme a longtemps mieux « résisté » en termes de pratique et d’ancrage institutionnel, mais la situation s’est largement égalisée et la sécularisation est forte partout.

    Données historiques et pratiques

    Les statistiques plus anciennes (années 1980-2000) montraient clairement une pratique plus élevée en Flandre :

    • Pratique dominicale : autour de 14-32 % en Flandre contre 7-21 % en Wallonie (et encore moins à Bruxelles).
    • Baptêmes, mariages religieux et funérailles : systématiquement plus élevés au nord (ex. baptêmes ~68 % en Flandre vs ~54 % en Wallonie vers 2006 ; funérailles ~70 % vs ~50 %).

    Des zones flamandes comme le Limbourg, la Campine anversoise ou certaines parties de la Flandre occidentale/occidentale avaient des taux encore plus élevés (parfois 80 % ou plus dans le passé). L’Église y restait mieux intégrée dans le tissu social (écoles, hôpitaux, mutualités, etc.). En Wallonie, la sécularisation a commencé plus tôt, liée à l’industrialisation et à l’influence socialiste/libérale.

    Situation récente (années 2020)

    La baisse est généralisée : pratique dominicale nationale autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire (environ 173 000 fidèles en 2024, en légère hausse), avec ~50 % d’auto-identification catholique (ou un peu moins selon les sondages).

    • Identification : Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne ~45 % en Wallonie, ~42 % en Flandre et ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations officielles de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
    • Pratique effective : Très basse partout. Les écarts régionaux se sont réduits. Bruxelles bénéficie parfois d’une présence étrangère/immigrée plus dynamique. Les baptêmes d’adultes progressent davantage côté francophone/wallon récemment, signe d’un catholicisme plus « de conviction » qu’institutionnel.
    • Institutions : L’empreinte catholique reste plus forte en Flandre (écoles, hôpitaux : ~75 % des lits hospitaliers vs ~42 % en Wallonie).

    Les diocèses flamands (Bruges, Gand, Anvers, Hasselt) affichent encore des pourcentages de catholiques nominaux élevés dans les statistiques ecclésiastiques anciennes, mais la pratique réelle a chuté partout de façon drastique depuis les années 1960-70.

    En résumé

    Le catholicisme « résiste » le mieux (relativement) en Flandre, particulièrement dans des provinces comme le Limbourg ou des zones rurales/traditionnelles, grâce à un héritage plus durable et à un réseau institutionnel plus dense. Cependant, la sécularisation a largement nivelé les différences : la pratique hebdomadaire est devenue marginale dans tout le pays, et l’auto-identification reste comparable (voire parfois légèrement plus élevée en Wallonie selon certains sondages récents). Bruxelles est le plus sécularisé/pluraliste. Les tendances actuelles montrent plutôt un passage d’un catholicisme culturel/social à un catholicisme de choix personnel, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, baptêmes d’adultes).

    Mais, aujourd'hui, le catholicisme résisterait-il mieux en Wallonie qu'en Flandre ? 

    Non, pas clairement : le catholicisme ne « résiste » pas mieux en Wallonie qu’en Flandre de manière globale aujourd’hui. Les écarts se sont fortement réduits, et la situation dépend des indicateurs. La sécularisation reste massive partout, avec une pratique très faible (autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire).

    Identification et pratique

    • Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne une auto-identification légèrement plus élevée en Wallonie (~45 %) qu’en Flandre (~42 %), contre ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
    • La pratique effective (messe régulière) est très basse dans les deux régions. Les données nationales ne montrent pas d’avantage net wallon ; historiquement, la Flandre était plus pratiquante, et les écarts se sont largement nivelés.
    • Les « débaptisations » (radiations des registres) ont été massives en Flandre après des scandales d’abus (ex. documentaire Godvergeten), avec 98 % des demandes en 2023 provenant de Flandre et de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Cela pèse sur les chiffres flamands.

    Baptêmes d’adultes : un avantage wallon net

    C’est l’indicateur le plus clair d’un dynamisme relatif côté francophone :

    • En 2024 : environ 173 en Wallonie (diocèses de Liège, Namur, Tournai + Brabant wallon) contre ~68 en Flandre pure, plus une part à Bruxelles.
    • En 2025 : ~255 en Wallonie vs ~108 en Flandre (sur 536 au total).
    • En 2026 (prévisions) : encore plus élevé, avec Tournai et Liège particulièrement dynamiques, et Bruxelles aussi fort.

    Cela reflète un passage plus marqué vers un catholicisme de conviction (choix personnel) en Wallonie, où la sécularisation a commencé plus tôt. En Flandre, les baptêmes d’enfants restent proportionnellement un peu plus présents dans certaines zones rurales, donc moins de « nouveaux » adultes.

    Institutions et héritage

    • La Flandre conserve un ancrage institutionnel plus fort (écoles catholiques très présentes, hôpitaux ~75 % des lits vs ~42 % en Wallonie, pèlerinages comme Scherpenheuvel qui attire le plus de fidèles).
    • Les sanctuaires mariaux wallons (Banneux, Beauraing) restent importants, mais le plus fréquenté est flamand.

    Conclusion

    Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le catholicisme résiste mieux en Wallonie. L’identification est comparable (légèrement favorable à la Wallonie dans certains sondages), la pratique ordinaire est faible partout, et l’héritage institutionnel reste plus dense en Flandre. En revanche, la Wallonie (et Bruxelles) montre un regain relatif via les baptêmes d’adultes et un catholicisme plus « choisi » que culturel. La tendance générale reste celle d’un déclin de la pratique institutionnelle dans tout le pays, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, catéchuménat).

  • L’opposition à la messe traditionnelle en latin disparaîtra avec la génération de 1968 (cardinal Sarah)

    IMPRIMER

    De Diane Montagna sur son substack :

    Cardinal Sarah : L’opposition à la messe traditionnelle en latin disparaîtra avec la génération de 1968.

    Dans une nouvelle interview, le cardinal qualifie les restrictions imposées par le pape François à l'ancien rite de « ni sages ni respectueuses » envers Benoît XVI.

    Dans un nouvel entretien accordé au journaliste italien Nico Spuntoni et publié aujourd'hui dans Il Giornale , l'ancien préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements affirme que l'opposition à la liturgie traditionnelle se limite à des « cercles culturels repliés sur eux-mêmes », davantage ancrés dans la psychologie que dans le fond. Il prédit qu'une fois l'influence de la génération de 1968 passée, les « positions unilatérales et sans fondement » qui ont nui au rayonnement culturel du catholicisme latin disparaîtront également – ​​un changement qu'il entrevoit pour la messe traditionnelle en latin et pour la tradition en général.

     

    Voici la traduction anglaise de l'intégralité de l'interview, publiée avec l'aimable autorisation de l'auteur.


    « Mais c’est la messe traditionnelle qui aide les prêtres à mieux célébrer. »

    par Nico Spuntoni

    La dénonciation des abus liturgiques excessifs est l'un des thèmes de prédilection du cardinal Robert Sarah, ancien préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. Il revient sur ce sujet dans son dernier ouvrage, Le Cantique de l'Agneau : Musique sacrée et liturgie céleste , coécrit avec Peter Carter et publié aux éditions Cantagalli.

    Éminence, croyez-vous qu'il existe une aversion pour le chant latin et grégorien dans certaines parties de l'Église ?

    Il me semble qu'il s'agit d'une aversion confinée à quelques cercles culturels autoréférentiels — davantage une question de psychologie que de fond — et je pense qu'il s'agit simplement d'un problème générationnel : une fois que la génération de 1968 aura disparu, ces positions unilatérales et sans fondement, qui diminuent la stature culturelle même du catholicisme latin, disparaîtront avec elle.

    Benoît XVI était convaincu que la forme extraordinaire — la messe en latin — pouvait influencer positivement les célébrations de la forme ordinaire qui manquaient de sens du sacré. Avait-il raison ?

    Parmi les effets de la libéralisation de la forme extraordinaire, on note une influence positive – que je qualifierais même de correctif – sur les éventuels abus dans la célébration de la forme ordinaire. Ces abus sont des actes extrêmement graves, mais il ne faut jamais les confondre avec la forme ordinaire elle-même. De nombreux prêtres témoignent que la découverte de la forme extraordinaire les a aidés à mieux célébrer. Je crois que l’intention de Benoît XVI reflétait aussi un instinct profondément humble et démocratique : garantir l’accès le plus large possible à cette forme, afin que, au fil des décennies, le peuple de Dieu puisse choisir lui-même celle qui incarnait le mieux sa foi vécue. Mais tout cela a été anéanti par Traditionis Custodes , du vivant même du pape émérite.

    Comment jugez-vous cela ?

    Cela ne me semblait ni sage ni respectueux. Mais Benoît, humble comme un agneau, s'est laissé aller à l'humilité et, dans le silence et la prière, a offert ses souffrances à Dieu, afin de mieux participer aux souffrances du Christ pour son Église et de la purifier.

    Que pensez-vous des appels à abroger ces restrictions ?

    L'accès aux formes rituelles reconnues et utilisées depuis des siècles ne saurait être artificiellement restreint par décret. Si un rite cessait de servir la foi, il disparaîtrait de lui-même ; mais s'il la préserve et la nourrit, ne le limitons jamais, car ce faisant, nous entraverions la préservation et la diffusion de la foi elle-même.

    Que diriez-vous aux nombreux fidèles attirés par l'ancienne liturgie et qui doivent parfois parcourir des kilomètres pour assister à une messe ?

    Je ne peux qu'admirer cette profonde expression d'amour pour Dieu. Ce phénomène se répand. Si la hiérarchie se montre capable de véritablement déchiffrer les signes de notre époque — plutôt que ceux de 1968, qui arrivent une fois de plus trop tard —, alors un dialogue fraternel et pacifique pourra s'instaurer.

    En tant qu'Église, nous ne pouvons pas condamner ceux qui assistent fidèlement à la messe simplement parce qu'ils préfèrent une forme de messe à une autre. Ce serait une position à courte vue, purement idéologique, non pastorale et non chrétienne. Elle serait nuisible et destructrice pour l'Église.

  • Le combat chrétien selon saint Augustin, père de l'Eglise (28 août)

    IMPRIMER

    003.jpgA consulter : http://peresdeleglise.free.fr/Augustin/augustin.htm

    Le combat chrétien

    La couronne de la victoire n'est promise qu'à ceux qui combattent. Dans les divines écritures, nous trouvons continuellement que la couronne nous est promise si nous sommes vainqueurs. Mais pour ne pas abuser des citations, on lit en toutes lettres dans l'apôtre Paul : « J'ai parfait mon oeuvre, j'ai achevé ma course, j'ai conservé la foi, je n'ai plus à attendre que la couronne de justice. »

    Lire la suite

  • Augustin, le plus grand des Pères de l'Eglise latine (28 août)

    IMPRIMER

    Lors de l'audience générale du mercredi 9 janvier 2008, Benoît XVI consacrait sa catéchèse à l'évocation du plus grand Père de l'Eglise latine :

    Chers frères et sœurs,

    Après les grandes festivités de Noël, je voudrais revenir aux méditations sur les Pères de l'Eglise et parler aujourd'hui du plus grand Père de l'Eglise latine, saint Augustin:  homme de passion et de foi, d'une très grande intelligence et d'une sollicitude pastorale inlassable, ce grand saint et docteur de l'Eglise est souvent connu, tout au moins de réputation, par ceux qui ignorent le christianisme ou qui ne le connaissent pas bien, car il a laissé une empreinte très profonde dans la vie culturelle de l'Occident et du monde entier. En raison de son importance particulière, saint Augustin a eu une influence considérable et l'on pourrait affirmer, d'une part, que toutes les routes de la littérature chrétienne latine mènent à Hippone (aujourd'hui Annaba, sur la côte algérienne), le lieu où il était Evêque et, de l'autre, que de cette ville de l'Afrique romaine, dont Augustin fut l'Evêque de 395 jusqu'à sa mort en 430, partent de nombreuses autres routes du christianisme successif et de la culture occidentale elle-même.

    Rarement une civilisation ne rencontra un aussi grand esprit, qui sache en accueillir les valeurs et en exalter la richesse intrinsèque, en inventant des idées et des formes dont la postérité se nourrirait, comme le souligna également Paul VI:  "On peut dire que toute la pensée de l'Antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants" (AAS, 62, 1970, p. 426). Augustin est également le Père de l'Eglise qui a laissé le plus grand nombre d'œuvres. Son biographe Possidius dit qu'il semblait impossible qu'un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie. Nous parlerons de ces diverses œuvres lors d'une prochaine rencontre. Aujourd'hui, nous réserverons notre attention à sa vie, que l'on reconstruit bien à partir de ses écrits, et en particulier des Confessiones, son extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre. Et à juste titre, car ce sont précisément les Confessiones d'Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu'à la modernité. Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du "moi", au mystère de Dieu qui se cache derrière le "moi", est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, pour ainsi dire, un "sommet" spirituel.

    Lire la suite

  • Saint Augustin, un homme pleinement accompli (28 août)

    IMPRIMER

    0828 (1).jpgZenit.org a publié (en 2012) un entretien avec le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan (Traduction d'Hélène Ginabat)

    (ZENIT.org) – Pour le cardinal Angelo Scola, saint Augustin est « un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli ». Il fut aussi, comme saint Ambroise, un courageux avocat « de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité ». Le cardinal Scola, archevêque de Milan, célèbrera l’eucharistie dans la basilique Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or (San Pietro in Ciel d’Oro) à Pavie, en Italie, sur la tombe de saint Augustin, le 28 août 2012, en la mémoire liturgique du saint (cf. Zenit du 24 août 2012).

    A cette occasion, le cardinal Angelo Scola livre une réflexion sur la figure du grand docteur de l’Eglise, dans un entretien avec l’Ordre de saint Augustin.

    Eminence, qui est saint Augustin pour vous ?

    Un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli. J’ai été impressionné, à ce sujet, par une affirmation de Jacques Maritain que je cite régulièrement aux jeunes, qui sont si souvent obsédés par le problème du succès et de la réalisation de soi : « Il n’existe de personnalité vraiment parfaite que chez les saints. Mais comment cela ? Les saints se sont-ils préoccupés de développer leur personnalité ? Non. Ils l’ont trouvée sans la chercher, parce qu’ils ne la cherchaient pas, mais Dieu seulement » (J. Maritain).

    L’archevêque de Milan se rend sur la tombe de saint Augustin pour y célébrer l’Eucharistie : cette démarche renouvelle le lien particulier entre Ambroise et Augustin. Que peuvent-ils nous dire encore aujourd’hui ?

    Card. Angelo Scola – Ambroise et Augustin ont traversé des décennies troublées entre « l’antique », représenté par l’empire romain désormais exténué et en marche vers un déclin inexorable, et le « nouveau » qui s’annonçait à l’horizon, mais dont on ne voyait pas encore nettement les contours. Ils furent immergés dans une société à bien des égards semblable à la nôtre, secouée par des changements continuels et radicaux, sous la pression de peuples étrangers et serrée dans l’étau de la dépression économique due aux guerres et aux famines.Dans de telles conditions, malgré la diversité profonde de leur histoire et de leur tempérament, Ambroise et Augustin furent des annonciateurs indomptables de l’avènement du Christ pour tout homme, dans l’humble certitude que la proposition chrétienne, lorsqu’elle est librement assumée, est une ressource précieuse pour la construction du bien commun.Ils furent de vaillants défenseurs de la vérité, sans se préoccuper des risques et des difficultés que cela comporte, en ayant conscience que la foi ne mortifie pas la raison, mais l’achève ; et que la morale chrétienne perfectionne la morale naturelle, sans la contredire, en en favorisant la pratique. Si nous empruntons des expressions du débat contemporain, nous pourrions les définir comme deux paladins de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité.

    Quel enseignement peut-on tirer de l’expérience humaine et spirituelle de saint Augustin pour l’Année de la foi ?

    Dans une de ses audiences générales consacrées à saint Augustin, Benoît XVI le cite : « Mais si le monde vieillit, le Christ est éternellement jeune. D'où l'invitation: "Ne refuse pas de rajeunir uni au Christ, qui te dit : Ne crains rien, ta jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle" (Serm. 81, 8) » (Benoît XVI, audience générale du 16 janvier 2008). Augustin est un témoin formidable du Christ qui est contemporain à tout homme, et d’un profond accord entre la foi et la vie.

    En quoi la pensée et l’aventure humaine de saint Augustin sont-elles d’une actualité toujours nouvelle ?

    C’est l’inquietum cor dont il nous parle au début des Confessions. Sa recherche inlassable, qui a fasciné les hommes de tous les temps, est particulièrement précieuse aujourd’hui pour nous qui sommes immergés – et souvent submergés – dans les tourments de ce début de troisième millénaire. Une recherche qui ne s’arrête pas à la dimension horizontale, même si celle-ci est infinie ; mais qui pénètre dans la dimension verticale. C’est le même Augustin qui en décrit la portée quand il affirme, dans un passage des Soliloques : « Je viens de prier Dieu. — Que veux-tu donc savoir? — Tout ce que j'ai demandé.  Résume-le en peu de mots. — Je désire connaître Dieu et l'âme. — Ne désires-tu rien de plus ? — Rien absolument. » (Augustin, Soliloques I, 2, 7).

  • Saint Augustin d'Hippone (28 août) : "Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle..."

    IMPRIMER

    Du site Pères de l'Eglise.free.fr :

    On connaît bien la vie d'Augustin d'Hippone : très nombreuses sont les biographies qui ont été écrites de lui, facilitées - il faut bien le dire - par ce que lui-même nous a dit de lui à travers Les Confessions, rédigées vraisemblablement entre 397 et 400, oeuvre universellement connue :

    Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t'ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c'est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !
    Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi ;
    elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
    si elles n'existaient pas en toi, n'existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
    tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
    tu as embaumé, j'ai respiré et haletant j'aspire à toi ;
    j'ai goûté, et j'ai faim et j'ai soif ;
    tu m'as touché et je me suis enflammé pour ta paix.[...]
    (Conf. X, xxvii, 38)

    Effectivement, Augustin connaît d'abord une jeunesse dissipée, dispersée entre toutes sortes de plaisirs (Augustin rappellera à maintes reprises son attrait pour les femmes, les honneurs...). Toutefois, il est animé par une grande inquiétude intellectuelle et psychologique, a de nombreuses curiosités philosophiques et linguistiques (il a embrassé la profession de "rhéteur"). Augustin verra dans toute cette période de sa vie en germe déjà une recherche de Dieu qui va d'ailleurs se préciser à travers la lecture des philosophes et son grand intérêt pour les philosophies (Augustin est un grand lecteur de Cicéron, puis il découvre Plotin et les néo-platoniciens...), son souci et son attrait pour la religion et les croyances (comme par exemple le manichéisme qui le tenta un certain temps). Finalement, après avoir rejoint l'Italie, Rome en 383 puis surtout Milan où il va s'installer plus durablement pour des raisons professionnelles (découragement face aux étudiants de Carthage qu'il juge peu intéressants), Augustin découvre la prédication de l'évêque du lieu, Ambroise, qui accepte de répondre à toutes les interrogations d'Augustin au cours de longs entretiens. Bien des événements personnels sont relatés également par Augustin dans les Confessions qui ont certainement contribué à son "retournement". Augustin, catéchumène depuis son enfance (1) va finalement se convertir radicalement et demander le baptême en 387(2).

    Lire la suite