Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • France : une victoire bien méritée pour les opposants à l'euthanasie

    IMPRIMER

    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L’euthanasie en France : une victoire bien méritée pour les opposants

    Le Conseil constitutionnel français reconnaît l'objection de conscience, tout en validant la loi injuste introduite par Macron. Ce résultat n'était pas acquis d'avance, notamment grâce au rôle des évêques français, qui nous incitent à défendre avec courage, expertise et un travail parlementaire rigoureux les principes non négociables.

    27/08/2026

    En France, l'euthanasie restera interdite dans tous les établissements privés qui le souhaitent, y compris les établissements catholiques : il leur suffit de déclarer leur respect de la vie dans leurs statuts ou par le biais d'un code de déontologie. Ce droit a été reconnu et garanti suite à la décision du Conseil constitutionnel qui, tout en confirmant la loi promue par Macron et la gauche, a décidé d'y inclure des clauses de conscience absentes du texte.

    Il s'agit d'une victoire significative qui, à l'instar de celles remportées au niveau paneuropéen en 2010 et 2012, nous enseigne à avoir du courage et à cultiver l'expertise, un travail parlementaire rigoureux et des réseaux de collaboration solides afin de pouvoir, aujourd'hui encore, réaffirmer la vérité et la raisonnabilité des principes non négociables et la juste interprétation des droits de l'homme. 
    De même, tous les pharmaciens se voient accorder le droit d'exercer leur profession, garantissant ainsi leurs droits et leur liberté de conscience – droits et libertés bafoués par la majorité au pouvoir. La promulgation officielle de la loi française sur la fin de vie, publiée au Journal officiel, le confirme. 

    Dans le contexte d'une loi injuste, à l'instar de la constitutionnalisation de l'avortement, également promue par Macron, la protection du droit et de la liberté de conscience représente une petite mais importante victoire pour la civilisation. Comme l'affirme Gregor Puppinck, président du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l'un des promoteurs des avis soumis au Conseil constitutionnel : « Nous pouvons remercier Dieu pour cette victoire. En France, des lieux de refuge subsisteront où les personnes vulnérables ne seront pas en danger de mort. Nous allons maintenant poursuivre ce combat dans d'autres pays… afin de garantir également la liberté des institutions religieuses. En France, nous nous préparons à contester les décrets d'application qui seront adoptés par le gouvernement dans les prochains mois. »

    L'archevêque Laurent Ulrich de Paris a salué ces changements dans son message aux fidèles du 19 août, à l'occasion de la promulgation de la loi, les qualifiant d'« opportunité » et invitant les institutions dédiées aux soins des malades graves et spécialisées en soins palliatifs à trouver « dans ces réserves une incitation à préserver leur spécificité et à demeurer des lieux où personne ne sera tué ».

    Le reste de la décision du Conseil constitutionnel a consisté, comme prévu, en une confirmation de toutes les autres dispositions de la loi, telles que décrites ici. Ces pages abordent notamment le défaut d'information des familles, l'absence de possibilité de recours, l'euthanasie des personnes sous tutelle, etc. Dans sa version initiale, le texte stipulait que, si une personne était hospitalisée ou résidait dans certains établissements soumis à la législation, « le responsable de l'établissement doit autoriser l'intervention des professionnels impliqués dans la procédure », ainsi que l'accès à toute personne accompagnant la personne souhaitant mourir, sans exception, même en cas d'objection de l'établissement lui-même. Par ailleurs, aucune clause de conscience n'était garantie aux pharmaciens.

    Le rôle des catholiques, y compris des évêques, dans la demande du Conseil constitutionnel de respecter la clause de conscience est certain. Ce succès est mérité mais non acquis – et pourrait donner lieu à de nouveaux recours devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg – car parmi les membres du Conseil constitutionnel ayant pris cette décision figuraient deux promoteurs et militants de l'euthanasie, Jacques Mézard et Alain Juppé, ce qui rend la constitutionnalité du texte contestable. En l’espèce, le mémoire « externe » et fortement contestataire du texte approuvé par le Parlement, soumis le 30 juillet dernier au Conseil constitutionnel par la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion et de conscience, Nazila Ghanea, pourrait renforcer la position et les arguments des requérants.

    Permettez-moi une remarque personnelle. Il y a seize ans, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une résolution et recommandation « impossible » ( n° 1762/2010 ) en raison du soutien massif apporté par les partis de gauche, socialistes et libéraux au texte initial, ouvertement parrainé par les principales multinationales pro-avortement et pro-euthanasie, qui interdisait l’objection de conscience tant pour les individus que pour les institutions de santé religieuses. À l’époque, le maintien des valeurs fondatrices du Parti populaire européen, considéré comme « impossible », est devenu possible grâce à un leadership courageux (le mien), à l’unité d’une poignée d’amis parlementaires (dont Renato Farina) et au leadership d’ONG chrétiennes, notamment Gregor Puppinck et Roger Kiska, alors à la tête de l’Alliance pour la défense de la liberté en Europe.

    Guidés par notre expertise, la certitude rationnelle des principes humains et chrétiens non négociables, et notre confiance en la Divine Providence (quant à l'issue), la victoire certaine des détracteurs de la vie et des violeurs des droits de l'homme s'est muée en leur première défaite cuisante. Cette défaite a été suivie, en 2012, par l’approbation d’un amendement à la résolution sur les déclarations de fin de vie, qui interdisait explicitement « l’euthanasie (définie comme le meurtre intentionnel d’un être humain non autonome pour un prétendu bénéfice) ». 

  • Guerres liturgiques : un "ainsi" papal en guise de dernière salve

    IMPRIMER

    Du substack de Diane Montagna :

    Guerres liturgiques — Dernière salve : un « ainsi » papal

    Les rédacteurs de la catéchèse du mercredi du pape Léon ne lui ont pas rendu service, affirme un éminent spécialiste de la liturgie

    26 août
     
    Ces derniers mois, plusieurs tentatives notables ont été menées pour réaffirmer la ligne officielle selon laquelle la réforme liturgique issue du Concile Vatican II est conforme aux souhaits mêmes du Concile et ne saurait faire l’objet d’aucune critique, et que les anciens rites liturgiques n’ont guère, voire pas du tout, leur place dans la vie de l’Église.

    Il suffit de rappeler trois exemples récents : l’interview du cardinal Arthur Roche accordée le 29 juillet au journal The Tablet ; l’article publié ensuite dans le quotidien laïc espagnol La Razón, affirmant que le rapport discrédité du cardinal Roche sur la liturgie — distribué aux cardinaux lors du premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIV — reflète la pensée du pape sur le rite romain traditionnel ; et la récente affirmation d’Andrea Grillo selon laquelle « l’ancien rite n’existe plus depuis l’approbation du Novus Ordo ».

    Le dernier épisode en date s’est produit aujourd’hui lors de l’audience générale du pape, dans sa dernière catéchèse sur la Constitution sur la liturgie du Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium.

    Dom Alcuin Reid, spécialiste de la liturgie de renommée internationale — dont la thèse de doctorat sur la réforme liturgique a été publiée sous le titre *The Organic Development of the Liturgy*, avec une préface du cardinal Joseph Ratzinger — propose ici une analyse et quelques commentaires.

    Guerres liturgiques — Dernière salve : un « Ainsi » papal

    Dom Alcuin Reid

    Les papes sont des hommes très occupés et, à juste titre, ils sont assistés par des rédacteurs pour préparer leurs discours. Lorsqu’il s’agit de sujets particuliers, ces ébauches proviennent souvent du dicastère ou du département concerné de la Curie romaine, et il est presque certain que les discours prononcés lors des audiences générales de ces derniers mois sur la Constitution sur la liturgie sacrée du Concile Vatican II, *Sacrosanctum Concilium*, provenaient du Dicastère pour le culte divin. Il n’y a rien d’exceptionnel à cela et, dans l’ensemble, les discours prononcés lors des audiences générales ont constitué une catéchèse liturgique raisonnable, soulevant parfois des points pertinents.

    Le discours prononcé aujourd’hui lors de l’audience générale ne portait toutefois pas sur la liturgie en soi. Il s’est plutôt aventuré sur le terrain miné de ce que l’on appelle depuis quelques décennies « les guerres liturgiques », dont la question centrale est de savoir si la réforme liturgique qui a suivi le Concile était effectivement fidèle au mandat donné par celui-ci (et au développement organique de la liturgie tel que l’exigeait l’article 23 de la Constitution). Si tel n’était pas le cas, les rites promulgués par la suite pourraient être légitimement remis en cause, voire écartés au profit des rites non réformés, ou faire l’objet d’une « réforme de la réforme » visant à respecter les directives effectives du Concile.

    Une fois prononcé, un projet devient un texte papal, et le fait que le pape exprime une opinion dans un discours (précisons-le, un discours d’audience générale n’est pas en soi un enseignement contraignant et infaillible) constitue certainement un coup d’une certaine importance. Et lors de son audience générale d’aujourd’hui, le Saint-Père — intentionnellement ou non — a assurément rallié les troupes de ceux qui, dans cette guerre, se rangent du côté des fondamentalistes de Vatican II (qui s’accrochent aux rites réformés avec plus de rigidité que n’importe quel soi-disant « traditionaliste » jamais connu).

    Il l’a fait en ces termes simples : « La réforme liturgique promue par le Concile Vatican II est ainsi fermement enracinée dans la tradition vivante de l’Église. » Son « ainsi » implique une déduction et une décision selon lesquelles les exigences de Sacrosanctum Concilium, n° 23, selon lesquelles « il ne doit y avoir aucune innovation, à moins que le bien de l’Église ne l’exige véritablement et certainement ; et il faut veiller à ce que toute nouvelle forme adoptée découle d’une manière ou d’une autre organiquement des formes déjà existantes », ont été respectées. Et si tel était le cas, il n’y aurait aucun problème — il n’y aurait aucune raison de parler d’une « réforme de la réforme » ou de la nécessité de continuer à célébrer les rites non réformés.

    Le problème est toutefois que celui qui, au sein du Dicastère pour le culte divin, a très probablement mis ces mots dans la bouche du Saint-Père lui a fait prononcer le plus grand non-sens liturgique de ces soixante dernières années environ. De même, bien que le rédacteur soit clairement convaincu de cet « ainsi », cela ne découle pas des éléments présentés dans le texte. Un étudiant de premier cycle dans n’importe quelle faculté réputée se verrait renvoyer un tel travail pour insuffisance.

    On relève ici de nombreux exemples de formulation inadéquate : le Concile a appelé à un renouveau de la liturgie sacrée (« instauratio ») et non à sa « rationalisation » — un terme a posteriori qui indique clairement ce que souhaitent en réalité croire les partisans des rites plus récents. Le Magistère n’est pas intervenu de manière active dans l’histoire de la liturgie pour adapter ses formes aux besoins des différentes époques ; il a étendu les développements locaux à l’Église universelle ou les a ajoutés à l’usage romain à titre d’exemple, qui était alors souvent imité ailleurs. Comme l’ont observé notamment le cardinal Ratzinger, ce qui s’est produit à la suite du dernier concile œcuménique n’avait jamais été vu auparavant dans l’histoire de l’Église. Aucun dicastère liturgique centralisé (la Sacrée Congrégation des Rites) n’existait jusqu’à la fin du XVIe siècle. Même alors, il n’avait pas pour mandat de remanier périodiquement la liturgie. Les Églises locales et les ordres religieux conservaient leurs propres rites traditionnels. Une réforme radicale des rites liturgiques n’était en fait pas nécessaire pour rendre la liturgie plus accessible après le Concile Vatican II — une réalité que la participation pleine, consciente, effective et extraordinairement fructueuse aux rites non réformés aujourd’hui met parfaitement en évidence. On pourrait en dire bien plus, mais il y a peut-être trois points supplémentaires importants à souligner.

    Le premier point concerne la citation, malheureuse mais enthousiaste, de la lettre du cardinal Montini datant de 1962, dans laquelle le futur Paul VI affirme que la liturgie est « d’une part… un vecteur de l’enseignement divin ; d’autre part… une voix en dialogue avec Dieu ». Le problème est que, si la liturgie est effectivement formatrice, elle n’est pas avant tout didactique ou catéchétique. Il s’agit d’une activité cultuelle, c’est-à-dire d’un culte qui nous forme en tant que chrétiens en nous faisant entrer en contact avec le divin à l’œuvre dans et à travers ses rites sacrés. De même, la liturgie n’est pas un dialogue avec Dieu au sens moderne du terme « dialogue », où l’on s’assoit en tant que partenaires égaux pour trouver une solution. La liturgie est le lieu privilégié où nous écoutons la Parole de Dieu avec attention et réceptivité, où nous participons aux fruits de l’action salvatrice du Christ et où nous y répondons de manière appropriée par la conversion de nos vies et en vivant fidèlement notre vocation et notre mission chrétienne. Pour être juste, le texte cite plus loin le discours de Paul VI à la clôture de la deuxième session du Concile, dans lequel il décrit à juste titre la liturgie comme « la source première de cet échange divin par lequel la vie de Dieu nous est communiquée ». Les rédacteurs de Paul VI étaient manifestement plus compétents. Il en va de même pour la théologie de la liturgie propre à Sacrosanctum Concilium (voir notamment les articles 7 et 8).

    Le deuxième point concerne cette exégèse plutôt banale de l’article 48[1] :

    « À travers les gestes rituels de l’Église, tandis que l’on célèbre le mémorial de l’œuvre du salut, l’occasion est offerte de vivre une véritable relation avec Dieu, en entrant en contact avec l’événement salvifique. Étant donné que les gestes et les paroles de la liturgie sacrée sont essentiels à la réalisation de cette expérience, la participation des fidèles ne peut être passive. »

    Rien de tout cela n’est faux, mais c’est anémique — et le Saint-Père mérite mieux pour son discours.
    Car la liturgie sacrée n’est pas une « occasion » (parmi d’autres) de vivre une véritable relation avec Dieu. Elle est, comme l’enseigne le Concile, « le sommet vers lequel tend l’activité de l’Église ; en même temps, elle est la source d’où découle toute sa force ». (Constitution, art. 10) Autrement dit, elle jouit d’une primauté, d’une objectivité dans la vie chrétienne à laquelle les autres « occasions » sont subordonnées.

    Dans ce contexte, « les gestes et les paroles » ne sont pas simplement « essentiels à la réalisation de cette expérience », ils sont les vecteurs mêmes de cette rencontre divine privilégiée — d’où les termes « liturgie sacrée » et « rites sacrés ». L’ensemble des actions et des paroles qui constituent un rite liturgique revêt ainsi un caractère sacré ; elles deviennent elles-mêmes des sacramentaux. L’encens, le latin, le chant grégorien et la prière orientée vers l’Est n’ont évidemment pas le même statut que l’utilisation du pain et du vin et les paroles mêmes du Seigneur lors de la messe, mais l’Église les a à juste titre employés dans sa tradition, non seulement comme des éléments appropriés des rites liturgiques, mais comme des éléments plus qu’appropriés qui ont acquis un caractère privilégié par leur usage dans la tradition de l’Église. C’est précisément pour cette raison que le Concile Vatican II n’a pas appelé à leur abolition ou à leur remplacement, mais a au contraire souligné leur place privilégiée dans le rite occidental, tout en appelant à une formation liturgique généralisée du clergé et des laïcs afin de faciliter une participation pleine, effective et consciente aux rites dont ils constituent des piliers importants, de manière à nourrir et à soutenir davantage la vie et la mission chrétiennes.

    Nous abordons ici la troisième question : la distinction, dans la liturgie, entre les éléments divins et immuables et les éléments apparemment purement humains. Cette distinction conduit à minimiser l’importance de ces derniers qui, dit-on, « admettent diverses modifications, selon que l’exigent les besoins de l’époque, les circonstances et le bien des âmes ». Dans une certaine mesure, cela est vrai, et la liturgie s’est développée (de manière organique) au cours de l’histoire. Mais à un autre niveau, cette distinction est pernicieuse en ce qu’elle permet de réduire tout ce qui n’est pas « immuable » au rang de ce qui est presque modifiable au gré des caprices. Ce n’est pas du tout ce que le Concile avait prévu, mais, comme l’a observé le cardinal Ratzinger, cela peut devenir :
    « la mauvaise voie sur laquelle nous pourrions être entraînés par une théologie sacramentelle néo-scolastique déconnectée de la forme vivante de la liturgie. » Sur cette base, on pourrait réduire la « substance » à la matière et à la forme du sacrement et dire : le pain et le vin sont la matière du sacrement ; les paroles d’institution en sont la forme. Seules ces deux choses sont réellement nécessaires ; tout le reste est modifiable… Tant que les dons matériels sont présents et que les paroles d’institution sont prononcées, tout le reste est librement modifiable. »

    On peut peut-être pardonner cette erreur à l’auteur : les subtilités en jeu sont certes assez pointues, mais elles n’en sont pas moins réelles, et leur méconnaissance risque bel et bien de réduire les rites liturgiques à de simples questions de préférence passagère (comme le démontrent si clairement les divers abus des rites modernes). Le Concile a appelé à une instauratio (renouveau) des rites dans la continuité, et non à une rupture substantielle avec la tradition liturgique reçue, qui les a révisés et refaits selon les préférences des personnes concernées tout en ne conservant que ce qui était nécessaire à la validité sacramentelle.

    Au cours des dernières décennies, un nombre considérable d’études ont examiné toutes ces questions — parmi lesquelles, bien sûr, celles du futur pape Benoît XVI lui-même. Le pape Léon n’est pas lui-même un spécialiste de la liturgie — et il n’y a aucune raison qu’il le soit. Cependant, le Saint-Père devrait être assisté et soutenu par ceux qui peuvent lui fournir des textes moins embarrassants et, dirons-nous, plus « inclusifs ».

    Malheureusement, le texte de l’audience générale d’aujourd’hui sera perçu par certains comme une manœuvre politique visant à marquer des points, et sera vécu comme un coup dur et décevant par d’autres. Je suis certain que le Saint-Père n’a ni l’intention ni la volonté de faire l’un ou l’autre. Les appels constants de Sa Sainteté à l’unité et à l’inclusivité, tout en respectant la diversité légitime, se situent au-dessus de ces manœuvres politiques. Il en va de même pour une érudition solide et l’histoire liturgique réelle.

    Continuons à prier pour le Saint-Père, en particulier pour qu’en matière de liturgie sacrée, il promeuve véritablement une politique d’inclusion et de respect mutuel, en évitant les manœuvres de ceux qui voudraient utiliser ses paroles pour servir leur cause. Le pape Benoît XVI a donné un conseil avisé au sujet des « guerres liturgiques » : « Ouvrons généreusement nos cœurs et faisons place à tout ce que la foi elle-même permet. » Sa politique a conduit à la paix liturgique. Le pape Léon ferait bien de s’y référer à nouveau.

    ------------

    [1] 48. L’Église désire donc ardemment que les fidèles du Christ, lorsqu’ils assistent à ce mystère de la foi, ne soient pas là comme des étrangers ou des spectateurs silencieux ; au contraire, grâce à une bonne compréhension des rites et des prières, ils doivent prendre part à l’action sacrée en étant conscients de ce qu’ils font, avec dévotion et pleine collaboration. Ils doivent être instruits par la Parole de Dieu et se nourrir à la table du Corps du Seigneur ; ils doivent rendre grâce à Dieu ; en offrant la Victime immaculée, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi avec lui, ils doivent apprendre à s’offrir eux-mêmes ; par le Christ, le Médiateur, ils doivent être attirés jour après jour vers une union toujours plus parfaite avec Dieu et entre eux, afin qu’en fin de compte Dieu soit tout en tous.

  • Traduite dans d’innombrables langues et constamment rééditée : l’Imitation de Jésus-Christ

    IMPRIMER

    De l'abbé Vincent-Marie Thomas  sur 100.000 raisons de croire :

    L’Imitation de Jésus-Christ

    De l'imitation de Jesus Christ Beuil Sacy Bosse Abraham Gravures religion -  Livre Luxe Book

    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage anonyme, rédigé en latin à la fin du XIVe siècle ou au début du siècle suivant. L’auteur invite son lecteur à délaisser l’agitation du monde pour conformer intérieurement sa vie à celle du Christ. Il expose le seul vrai sens de la vie humaine : puisque la souffrance est inévitable, mieux vaut souffrir en offrant ses peines à Jésus-Christ, et en sa compagnie. Mieux vaut souffrir pour l’amour de Jésus-Christ et avec lui, que sans but. Dans le premier cas, la vie est pénible, mais garde un sens. Dans le second, elle est cruelle et absurde. D’autre part, Dieu comble de biens spirituels celui qui le recherche avec sincérité et honnêteté. Traduit dans d’innombrables langues et constamment réédité depuis les débuts de l’imprimerie, cet ouvrage nourrit la vie spirituelle de générations de chrétiens.


    Les raisons d'y croire

    • L’Imitation de Jésus-Christ remporte un franc succès dès qu’elle est connue : en 1450, on en compte plus de deux cent cinquante manuscrits. La traduction de Pierre Corneille, parue pour la première fois en 1656, connaît deux mille trois éditions. À la fin du XVIIIe siècle, environ deux millions quatre cent mille exemplaires circulent dans le monde. L’un des organisateurs de l’exposition qui s’est tenue à la bibliothèque Mazarine en 2012 – titrée « Un succès de librairie européen : l’Imitatio Christi » –, Yann Sordet, estime que l’ouvrage est « l’un des plus grands succès de librairie que l’Europe ait connus de la fin du Moyen Âge au début de l’ère contemporaine » (catalogue de l’exposition, p. 11).
    • Pourquoi un tel enthousiasme pour ce livre ? Honoré de Balzac résume l’impression générale de tout lecteur : « Il est impossible de ne pas être saisi par l’Imitation, qui est au dogme ce que l’action est à la pensée. Le catholicisme y vibre, s’y meut, s’agite, s’y prend corps à corps avec la vie humaine. Ce livre est un ami sûr. Il parle à toutes les passions, à toutes les difficultés, même mondaines ; il résout toutes les objections, il est plus éloquent que tous les prédicateurs, car sa voix est la vôtre, elle s’élève dans votre cœur, et vous l’entendez par l’âme. C’est enfin l’Évangile traduit, approprié à tous les temps, superposé à toutes les situations » (L’Envers de l’histoire contemporaine, ch. 12).
    • Puisque la souffrance est partout présente autour de chaque homme et que nul ne peut parvenir, durant le cours de ses jours ici-bas, à y échapper, puisque, d’autre part, Jésus-Christ lui-même l’a portée durant sa vie terrestre (il eut faim, soif, froid, comme les autres hommes ; il endura la chaleur du jour et supporta la fatigue ; il souffrit du désintéressement des hommes, du revirement des foules et de la trahison de ses amis), puisque Jésus-Christ éprouva particulièrement l’angoisse de l’âme et la douleur du corps durant sa douloureuse Passion qu’acheva sa terrible mort sur la croix, puisque, d’autre part, Jésus-Christ a prouvé aux hommes, en les sauvant de l’esclavage du péché par sa résurrection, qu’il est tout-puissant et qu’il agit ainsi parce qu’il poursuit chaque homme d’un amour infini, pourquoi ne pas le prendre pour modèle et lui demander son aide ? Mieux vaut souffrir avec lui que sans lui.
    • Sans Jésus-Christ, la vie humaine est un cheminement à l’aveugle, parmi les peines ou les plaisirs vains d’ici-bas. Les plaisirs et les peines sont éphémères : comment bâtir sa vie sur la recherche assidue des premiers et la fuite volontaire des secondes ? De plus, la mort mettra un terme définitif à la capacité de l’homme à les éprouver. Plaisirs et peines sont donc vains en eux-mêmes, et les prendre pour fin et guide des actions humaines est une règle à courte vue. Mais il en va autrement s’ils sont goûtés non comme une fin, mais comme des moyens qui conduisent à Dieu : le plaisir inhérent aux bonnes actions et la souffrance offerte en union avec la croix du Christ leur donnent un sens parce qu’ils acquièrent ainsi une valeur d’éternité.

    En savoir plus

    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage composé de quatre parties (qu’on appelle, selon le sens ancien du mot, « livres »), indépendantes les unes des autres. Les plus anciens manuscrits, datés de 1421 et de 1424, ne contiennent que le premier livre. Des exemplaires comprenant les quatre livres paraissent à partir de 1427. L’auteur en est probablement un chanoine de Saint-Augustin, du monastère du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwol (Zwolle, aux Pays-Bas), Thomas Hemerken, appelé couramment Thomas a Kempis (1379/1380 – 1471), originaire de Kempen, en Rhénanie, d’où ce nom.

    L’idée fondamentale de L’Imitation, héritée de saint Augustin et de saint Bernard, n’est pas originale pour son époque, mais elle heurte violemment l’hédonisme égocentrique et égoïste de notre temps. Rentrer en soi-même pour s’y retrouver soi-même en y découvrant Dieu : Noverim me, noverim Te ! « Que je me connaisse ! Que je vous connaisse, Seigneur ! » (Soliloques, II, 1). Connaître les aspirations profondes de l’âme : connaître la Vérité et aimer le Bien conduit à la connaissance et à l’amour de Dieu. Examiner ensuite les dispositions intimes de sa propre âme, qui soit vont dans le sens de ces attraits intimes, soit au contraire luttent contre eux, permet de prendre la mesure du cap à corriger afin de ne pas manquer le but ultime de la vie : Dieu. C’est ce que l’auteur de L’Imitation appelle « observer avec soin en nous les divers mouvements de la nature et de la grâce » (III, 54). Car « l’humble connaissance de soi-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science... La science la plus haute et la plus utile est celle-ci : se connaître vraiment soi-même et se mépriser [c’est-à-dire ne pas se surestimer]... Apprends à tenir pour rien les choses extérieures et à te donner aux intérieures et tu verras le royaume de Dieu venir en toi » (I, 3 ; I, 2 ; II, 1). Qu’est-ce que le royaume de Dieu sinon sa présence aimante à l’intime de l’âme, par le moyen de la grâce ?

    La première étape du cheminement vers Dieu est donc de parvenir à se connaître soi-même. Tout homme, s’il est honnête envers lui-même, n’est-il pas amené à reconnaître sa grande misère quand il ne se tourne pas vers Dieu ? Les biens d’ici-bas n’engendrent que des déceptions, soit qu’on n’en ait jamais assez, soit qu’on en découvre enfin la vacuité. Les sens portent souvent aux tentations, et de là aux mauvaises actions : la cause ne vient pas tant du corps que de l’âme qui est blessée. « C’est vraiment une grande misère de vivre sur la terre. Plus l’homme veut devenir spirituel, plus la vie présente lui devient amère, car il sent mieux et il voit plus clairement les défauts de la corruption humaine… Car l’homme intérieur est étrangement appesanti en ce monde par les nécessités du corps… Oh ! Qu’elle est grande la fragilité humaine qui est toujours inclinée aux vices. Aujourd’hui, tu confesses tes péchés et demain tu les commets à nouveau… » (I, 22). Comment calmer sa conscience troublée et recouvrer la paix de l’âme ? Par « la véritable contrition et humiliation du cœur » et la confession sacramentelle (III, 52). La mortification des passions est le sûr moyen de conserver cette paix. Les passions s’agitent en effet dans l’âme et produisent l’inconstance du cœur : ce dernier ne parvient pas à demeurer arrêté dans le bien. « Le commencement de toutes les tentations est l’inconstance de l’esprit et le peu de confiance en Dieu. Car, comme un vaisseau sans gouvernail est poussé çà et là par les flots, ainsi l’homme changeant, qui abandonne ses résolutions, est tourmenté par des tentations diverses » (I, 13).

    Que faire alors, sinon se tourner vers Jésus-Christ, duquel vient toute force ? N’a-t-il pas, par sa mort sur la Croix, affranchi les hommes de l’emprise que le démon et le péché ont sur eux ? Or, le Maître, qui est « la voie, la vérité et la vie » ( Jn 14,6 ) invite les hommes à le suivre, c’est-à-dire à mettre en pratique son enseignement et à reproduire dans leur vie quotidienne son exemple. La méditation de la Passion du Christ est une aide puissante pour y parvenir, et le renoncement à toutes choses en est la clé : « Quitte-toi, renonce à toi, dit le Christ à l’homme qui veut marcher à sa suite, et tu jouiras d’une grande paix intérieure. Donne tout pour trouver tout… Demeure uniquement et fermement en moi et tu me posséderas » (III, 37). L’amour du Christ à l’égard de ceux qui veulent l’aimer est en effet fidèle et durable. C’est pourquoi l’auteur de L’Imitation engage son lecteur à « aimer Jésus, l’avoir pour ami, lui qui, lorsque tous les autres nous abandonneront, ne nous laissera pas et ne souffrira pas que nous périssions à l’heure de la mort » (II, 8). Et cette amitié sera alors éternelle.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.

  • La prière de saint Augustin pour le repos de l'âme de sa mère, sainte Monique

    IMPRIMER

    La prière de saint Augustin pour le repos de l'âme de sa mère, sainte Monique

    Source

    O mon Dieu, je ne laisse pas de pleurer en votre présence pour celle qui vous a si fidèlement servi, pour celle qui, après m'avoir porté dans son sein pour me faire naître à la lumière passagère de ce monde, me porta depuis dans son coeur, afin de me faire renaître à votre lumière éternelle.

    O Dieu de mon coeur, Dieu de miséricorde, quelque sujet que j'aie de me réjouir en vous et de vous rendre grâces de tout le bien que fit ma mère pendant sa vie, je veux laisser à part, quant à présent, toutes ses bonnes oeuvres, et je viens implorer auprès de vous le pardon de ses péchés.

    Exaucez-moi, je vous en conjure, par les mérites de celui qui fut attaché pour nous à une croix, et qui, maintenant assis à votre droite, ne cesse d'intercéder pour nous.

    Je sais que votre servante a pratiqué les oeuvres de miséricorde, et qu'elle a pardonné du fond de son coeur à ceux qui l'avait offensée : pardonnez-lui donc aussi, mon Dieu, les fautes qu'elle a pu commettre envers vous pendant tout le temps qui s'est passé depuis son baptême jusqu'à sa mort. Pardonnez-lui, Seigneur, je vous en supplie ; que votre miséricorde l'emporte sur votre justice, parce que vous êtes fidèle dans vos promesses, et que vous avez promis la miséricorde à ceux qui auront été miséricordieux.

    Je crois que vous avez déjà fait pour mère ce que je vous demande ; et cependant, Seigneur, puissent les prières que je vous offre être agréables à vos yeux. Elle-même nous recommanda de vous les adresser, et de nous souvenir d'elle à l'autel du Seigneur.

    N'oubliez pas, mon Dieu, que celle pour qui je vous prie avait fortement attaché son âme, par les liens d'une foi inébranlable, à cet admirable mystère de notre rédemption. Que rien ne puisse donc l'arracher à la protection de son Dieu ! Que l'ennemi ne réussisse, ni par la ruse, ni par la force, à la séparer de vous ; que son âme repose dans la paix éternelle. Amen.

  • Monique : la sainteté d'une mère

    IMPRIMER

    On célèbre aujourd'hui la fête de sainte Monique, mère de saint Augustin. Elle occupe une large place dans les Confessions. Nous reproduisons ci-dessous un entretien entre cette mère et son fils sur le bonheur de la vie éternelle (chapitre X):

    A l’approche du jour où elle devait sortir de cette vie, jour que nous ignorions, et connu de vous, il arriva, je crois, par votre disposition secrète, que nous nous trouvions seuls, elle et moi, appuyés contre une fenêtre, d’où la vue s’étendait sur le jardin de la maison où nous étions descendus, au port d’Ostie. C’est là que, loin de la foule, après les fatigues d’une longue route, nous attendions le moment de la traversée.

    Nous étions seuls, conversant avec une ineffable douceur, et dans l’oubli du passé, dévorant l’horizon de l’avenir ( Philip. III, 13), nous cherchions entre nous, en présence de la Vérité que vous êtes, quelle sera pour les saints cette vie éternelle « que l’oeil n’a pas vue, que l’oreille n’a pas entendue, et où n’atteint pas le cœur de l’homme (I Cor. II, 9). » Et nous aspirions des lèvres de l’âme aux sublimes courants de votre fontaine, fontaine de vie qui réside en vous (Ps. XXXV, 10), afin que, pénétrée selon sa mesure de la rosée céleste, notre pensée pût planer dans les hauteurs.

    Lire la suite

  • Sainte Monique (27 août)

    IMPRIMER

    Vie de Sainte Monique, mère de saint Augustin (source)

    Monique fut la mère de Saint Augustin à double titre, puisqu’elle l’enfanta sur la terre et pour le ciel. Sainte Monique naquit en 332, d’une famille où régnaient la piété et la crainte de Dieu. Lorsqu’elle fut en âge d’être mariée ses parents lui firent épouser Patrice, bourgeois de Tagaste, homme d’honneur, mais païen de religion. Elle eut toujours pour lui une soumission parfaite et travaillait de toutes ses forces à le gagner à Jésus-Christ. Le principal moyen qu’elle employait pour le retirer de ses vices était une conduite irréprochable, qu’elle soutenait constamment. Elle supportait ses infidélités avec patience, sans jamais les lui reprocher avec amertume, espérant toujours que Dieu aurait pitié de lui. En général, Patrice était d’un excellent caractère, mais en même temps, il était violent et emporté. Lorsque Monique le voyait en colère, elle observait de ne le contredire, ni par ses actions, ni par ses discours. La fougue étant passée, elle lui parlait avec douceur. Quand des femmes maltraitées par des maris violents ou débauchés venaient lui faire part de leurs peines, elle avait coutume de leur répondre : « Vous ne devez vous en prendre qu’à vous-mêmes et à vos propres paroles. » 

    Son mari embrassa le christianisme un an avant de mourir (371). Il renonça à ses débauches et passa le reste de sa vie dans la pratique de la vertu. Elle gagna aussi sa belle-mère à Jésus-Christ, après l’avoir fait revenir des préventions qu’elle avait conçues contre elle. Elle mettait au nombre de ses principaux devoirs le soin de soulager les pauvres ; elle assistait tous les jours à la Divine Liturgie ; elle allait à l’église le matin et le soir, afin de se trouver à la prière publique et d’entendre la Parole de Dieu. Mais son exactitude à remplir les devoirs de la religion était réglée sur les vrais principes; elle ne l’empêchait point de veiller au soin de sa maison, et surtout à l’éducation de ses enfants. La Sainte avait deux fils, Augustin et Navigius, et une fille dont on ignore le nom.

    Après la mort de son époux, elle passa son veuvage dans la chasteté et l’exercice des œuvres de miséricorde. Elle ne cessait de répandre d’abondantes larmes dans ses prières à Dieu pour son fils, qui avait été séduit par la secte des Manichéens. Elle le suivit pourtant à Milan, où elle l’exhortait souvent à fréquenter saint Ambroise, qui en était évêque. Cédant à ses désirs, il reconnut la vérité de la foi catholique par suite des discours publics et des entretiens particuliers de ce saint docteur, et reçut le baptême de ses mains (387).

    Elle, lui ménagea alors un bon parti, dans l’espérance que le mariage le fixerait et le préserverait du malheur de la rechute. Mais Augustin lui apprit qu’il était résolu de vivre le reste de ses jours dans la continence. Elle le suivit dans une maison de campagne où il alla passer les vacances avec quelques-uns de ses amis. Elle eut part aux entretiens les plus relevés qu’ils eurent ensemble, et y montra un jugement et une pénétration extraordinaires. Saint Augustin nous a conservé plusieurs de ses réflexions, qui décèlent beaucoup d’esprit et de piété.

    Peu après, la mère et le fils, revenant en Afrique, s’arrêtèrent au port d’Ostie, Monique fut prise de la fièvre. Un jour qu’elle perdit connaissance, elle revint à elle en disant : « Où étais-je ?... » Et regardant ceux qui l’entouraient, elle ajouta : « Vous enterrerez ici votre mère. Je vous demande seulement de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur. »

    Cette sainte femme rendit son âme à Dieu en 387, à la cinquante-sixième année de son âge, après neuf jours de maladie, et fut inhumée dans l’église d’Ostie. Plus tard, sous le pontificat de Martin V, ses restes furent transportés à Rome et placés avec honneur dans l’église qui porte le nom de Saint Augustin.

    Au Livre V de ses Confessions, chapitre 12, Saint Augustin, parlant de la mort de sa mère, s’exprime ainsi : 

    « Nous ne pensâmes pas qu’il fût convenable de célébrer ses funérailles par des plaintes, des pleurs et des gémissements, parce que ce n’était point dans la peine qu’elle mourait, et qu’elle ne mourait pas non plus tout entière. C’était en conséquence de sa vie innocente et de sa foi sincère que nous avions raisonnablement cette pensée. Ensuite, j’étais ramené insensiblement à ma première douleur au sujet de cette servante du Seigneur ; je me rappelais sa dévotion envers Dieu, envers nous sa piété, sa tendresse, ses bons avis, dont je me trouvais tout à coup privé; et ce fut pour moi un amer plaisir de pleurer sur elle et pour elle. Si quelqu’un venait à trouver blâmable que, durant quelques instants, j’eusse pleuré ma mère..., ma mère que j’avais vue morte devant mes yeux !… elle qui pendant tant d’années, m’avait tant pleuré pour que je fusse vivant devant les siens !... qu’il ne se rie pas de moi ; mais que plutôt, s’il a quelque charité, il pleure aussi pour mes péchés devant Toi, Seigneur, Qui es le Père de tous les frères de Ton Christ Jésus! »

    Sainte Monique, prie Dieu pour nous et pour les enfants de la terre d'Algérie!