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  • "Woke", le nouveau mot de cette année

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    De VA (Valeurs Actuelles) Confidentiel (La lettre quotidienne) via ce blog :

    10 AOÛT 2021

    “WOKISME”Woke, nouveau mot de l’année 2021

    C’est sans nul doute le mot de l’année 2021. Et pourtant, quand on interroge les Français, 86 % d’entre eux n’ont aucune idée de ce que signifie “woke” (sondage Ifop pour l’Express). Ce mot nous vient tout droit des États-Unis : en anglais, il signifie “éveillé” — en l’occurrence aux injustices et autres inégalités inhérentes à la vie humaine, afin de les combattre.

    Cette nouvelle mouvance idéologique trouve sa source dans la French Theory dont le philosophe français Michel Foucault est l’une des figures majeures. Selon celui-ci, « le savoir produit du pouvoir ». Dès lors, toute connaissance n’est que l’expression d’un pouvoir et peut donc être remise en cause, voire déconstruite. Cette idéologie part aussi du principe qu’il existe dans notre société des discriminations structurelles subies par les minorités raciales et sexuelles, qui doivent être combattues. Ainsi, le “wokisme” prône la déconstruction. Tout y passe : l’histoire nationale, la culture dans son ensemble, la vie politique, les personnalités qui ne baignent pas dans le politiquement correct… Les vagues de déboulonnement des statues qui ont commencé à l’été 2020 participent de ce mouvement.

    En 2017, ce phénomène explose sur les campus américains. À l’université d’Evergreen, un traditionnel “jour d’absence” est observé chaque année. Ce jour-là, les non-Blancs sont invités à ne pas se rendre en cours et à se réunir ailleurs sur le campus, pour rappeler à quel point leur présence est précieuse dans la vie de l’université. Mais en 2017, un collectif d’étudiants décide d’inverser la tradition. Ils exigent que les étudiants blancs ne se rendent pas sur le campus. Un professeur de biologie s’y oppose. Selon lui, il y a une différence entre un groupe qui décide de lui-même de ne pas venir sur le campus et un groupe qui est exclu du campus contre son gré. Pourtant progressiste, ce professeur s’attire les foudres de ses étudiants et est contraint de démissionner et de déménager.

    Il aura fallu quatre ans et la mort de George Floyd (mai 2020) pour que ce mouvement idéologique traverse l’Atlantique et vienne s’implanter en France, en commençant par les universités. Dans la mouvance des Black Lives Matter, les woke souhaitent réveiller les consciences quant aux injustices qui frappent les minorités raciales et sexuelles. On tombe dans une culture de la victimisation perpétuelle. Les “mâles blancs” deviennent l’ennemi numéro 1 à abattre. Au terme “woke” s’agrège alors un tout nouveau vocabulaire — racialisme, décolonialisme, cancel culture, intersectionnalité, privilège blanc… — qui rythme désormais notre vie sociale.

    Cette idéologie s’installe dans toutes les sphères dans la société. D’abord dans les milieux estudiantins, où les élèves sont sommés de se soumettre au diktat antiraciste, où les cours dénoncent à longueur de journée le racisme systémique et où les associations victimisent sans cesse les minorités. L’univers de la culture est rapidement atteint également : les stars du showbiz deviennent les porte-parole de la cause woke. C’est maintenant au tour du monde de l’entreprise d’être concerné. Des séminaires de formation à la prise en compte des enjeux woke sont organisés dans de nombreuses sociétés.

    Retour sur les événements de cette année 2021 qui marquent l’influence du “wokisme”.

    ÇA SE PASSE EN FRANCE

    Le “mois décolonial” à Grenoble« Je suis une femme racisée, cisgenre et venant d’un milieu populaire»Comprendre : “Je suis une femme de couleur, me sentant femme dans un corps de femme et venant d’un milieu populaire.” C’est dans ce tout nouveau vocabulaire woke que les intervenants du “mois décolonial” ont décidé de se présenter à leurs auditeurs. Du 10 au 30 juin 2021, des intervenants de cet acabit ont défilé à Grenoble, ville dirigée par l’écologiste Éric Piolle, pour un festival contre le racialisme. Au programme, des conférences et des rencontres afin de ne plus subir les affres de la colonisation et pour déconstruire le “privilège blanc”. Philosophes, sociologues, journalistes et autres personnalités de la mouvance “décoloniale” se sont succédé à la tribune. La venue de Rokhaya Diallo en clôture du festival a constitué l’acmé de cette rencontre inédite en France. La journaliste, qui lutte contre le racisme et pour la cause féministe, a fait sensation. L’occasion pour elle d’aborder le podcast Kiffe ta race, auquel elle participe fréquemment et qui a vocation à « exposer toutes les discriminations, même les plus occultes » comme « la langue française », qui serait un moyen d’oppression. Après trois semaines de débat sur un prétendu racisme systémique, le festival s’est clos sur la citation de l’auteur afro-américain James Baldwin : « C’est nous, les Noirs, qui devons intégrer les Blancs parce qu’ils sont malades» Un beau programme, en somme…

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  • Claire d'Assise (11 août)

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    31801408.jpgLors de l'audience générale du 15 septembre 2010, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à cette belle figure féminine de l'Eglise du XIIIe siècle :

    Chers frères et sœurs,

    L’une des saintes les plus aimées est sans aucun doute sainte Claire d’Assise, qui vécut au XIIIe siècle, et qui fut contemporaine de saint François. Son témoignage nous montre combien l’Eglise tout entière possède une dette envers des femmes courageuses et riches de foi comme elle, capables d’apporter une impulsion décisive au renouveau de l’Eglise.

    Qui était donc Claire d’Assise? Pour répondre à cette question, nous possédons des sources sûres: non seulement les anciennes biographies, comme celles de Thomas de Celano, mais également les Actes du procès de canonisation promu par le Pape quelques mois seulement après la mort de Claire et qui contiennent les témoignages de ceux qui vécurent à ses côtés pendant longtemps.

    Née en 1193, Claire appartenait à une riche famille aristocratique. Elle renonça à la noblesse et à la richesse pour vivre dans l’humilité et la pauvreté, adoptant la forme de vie que François d’Assise proposait. Même si ses parents, comme cela arrivait alors, projetaient pour elle un mariage avec un personnage important, à 18 ans, Claire, à travers un geste audacieux inspiré par le profond désir de suivre le Christ et par son admiration pour François, quitta la maison paternelle et, en compagnie de son amie, Bona de Guelfuccio, rejoignit en secret les frères mineurs dans la petite église de la Portioncule. C’était le soir du dimanche des Rameaux de l’an 1211. Dans l’émotion générale, fut accompli un geste hautement symbolique: tandis que ses compagnons tenaient entre les mains des flambeaux allumés, François lui coupa les cheveux et Claire se vêtit d’un habit de pénitence en toile rêche. A partir de ce moment, elle devint l’épouse vierge du Christ, humble et pauvre, et se consacra entièrement à Lui. Comme Claire et ses compagnes, d’innombrables femmes au cours de l’histoire ont été fascinées par l’amour pour le Christ qui, dans la beauté de sa Personne divine, remplit leur cœur. Et l’Eglise tout entière, au moyen de la mystique vocation nuptiale des vierges consacrées, apparaît ce qu’elle sera pour toujours: l’Epouse belle et pure du Christ.

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  • Le Père Daniel Ange "sidéré et bouleversé par le motu proprio"

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    Du Père Daniel Ange (sur le Salon Beige) :

    Traditionis custodes: une piqûre de stérilisation?

    Pourquoi une telle dureté, sans une once de miséricorde ou  de compassion ? Comment ne pas en être dérouté, déstabilisé ?

    Bien sûr, parmi ces frères catholiques attachés à la tradition, il y en a qui – hélas !  hélas ! – ont pu se durcir, se figer, se cabrer, se replier dans un ghetto, allant jusqu’à refuser de concélébrer aux messes chrismales – ce qui est inadmissible. Mais pour cette petite minorité n’aurait-il pas suffi d’une forte exhortation, doublée d’éventuelles menaces de sanctions. En s’inspirant du livre de la Sagesse : « C’est peu à peu que tu reprends ceux qui tombent. Tu les avertis, leur rappelant en quoi ils pêchent (…) Même ceux-là qu’ ils étaient des hommes, tu les a ménagés. Peu à peu tu laissais place au repentir. » (12, 2,8,10)

    Des oasis rafraichissantes dans un désert d’apostasie générale.

    Mais, pour ne parler que de la France, le Pape sait-il qu’il y existe des groupes et communautés merveilleusement rayonnantes, attirant un grand nombre de jeunes, de jeunes couples et de familles. Ils y sont attirés par le sens du sacré, de la beauté liturgique, de la dimension contemplative, de la belle langue latine, de la docilité au siège de Pierre, la ferveur eucharistique, la confession fréquente ,la fidélité au rosaire, la passion des âmes à sauver, et tant d’autres éléments qu’ils ne trouvent pas – hélas! – dans nombre de nos paroisses.

    Tous ces éléments ne sont-ils pas prophétiques. ? Ne devraient-ils pas nous interpeler ,nous stimuler, nous entrainer ? N’était-ce pas l’intuition de St.Jean-Paul II, dans son motu proprio « Ecclesia Dei » ?

    Dans leurs assemblées, jeunes, foyers et familles dominent, dont la pratique dominicale frise les 100%. Qu’on ne dise pas qu’ils sont nostalgiques du passé, anachroniques. C’est le contraire : latin, messe ad orientem, grégorien, soutane : c’est tout nouveau pour eux. Cela a tout l’attrait de la nouveauté.

    Est-il étonnant que les communautés monastiques qui gardent l’Office en latin, et parfois même la célébration eucharistique d’après le missel de S.Jean XXIII, soient florissantes, attirant beaucoup de jeunes ?

    Je pense en particulier à des communautés que j’ai la grâce de connaitre personnellement et que j’estime et admire, comme celles du Barroux (moines et moniales) et de ND de la Garde, ainsi que des missionnaires de la Miséricorde à Toulon. Qu’on ne dise pas qu’elles ne sont pas missionnaires ! Autour du premier gravite, parmi tant d’autres, le chapitre Marie-Madeleine avec ses centaines d’ados et de jeunes, sans parler de leurs retraitants qui y affluent. Pour les seconds : on ne fait pas mieux en matière d’’évangélisation des musulmans et de nos petits païens sur les plages. Sans parler du pèlerinage de Pentecôte à Chartres, en croissance constante.

    Avec le scoutisme et la communauté S.Martin, cette mouvance ecclésiale est celle qui donne le plus grand nombre de vocations sacerdotales à l’Eglise. Je suis témoin de la belle ferveur qui règne au séminaire de Witgratzbad en Bavière, établi grâce à un certain cardinal… Ratzinger.

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  • Vatican II, le dialogue avec le monde et la loi naturelle

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    De Jack Gist sur The Catholic World Report :

    Opinion : Vatican II, le dialogue avec le monde et la loi naturelle

    Ce n'est pas au monde de fixer l'agenda de l'Église, mais à l'Église de guider le monde.

    9 août 2021

    Le pape Jean XXIII dirige la session d'ouverture du concile Vatican II dans la basilique Saint-Pierre, le 11 octobre 1962. (Photo CNS/L'Osservatore Romano)

    La récente lettre apostolique du pape François sur l'usage de la messe traditionnelle en latin, Traditionis Custodis, vraisemblablement écrite dans un esprit d'unité, a suscité une avalanche de réactions - certaines positives, d'autres négatives, d'autres encore cherchant un juste milieu. La confusion qu'il a engendrée est, à mon avis, liée à la manière dont les documents de Vatican II ont été rédigés et à la façon dont ils ont été reçus par beaucoup.

    Par exemple, Gaudium et spes est le plus long document de l'histoire des conseils œcuméniques de l'Église, avec plus de 33 300 mots (sans compter les notes de bas de page). Joseph Ratzinger a critiqué la verbosité de la Constitution pastorale après sa publication. Depuis lors, on a beaucoup écrit sur "l'esprit" de Vatican II, mais le sens ne risque-t-il pas d'être obscurci si l'on se concentre sur "l'esprit" révolutionnaire de l'époque à laquelle le document a été rédigé ?

    L'ouverture de Gaudium et spes génère une ambiguïté qui entache le texte tout au long de sa rédaction : "Les joies et les espoirs, les peines et les angoisses des hommes de ce temps, surtout de ceux qui sont pauvres ou affligés de quelque manière que ce soit, voilà les joies et les espoirs, les peines et les angoisses des disciples du Christ". Comme l'observait l'évêque Robert Barron, "Qui positionne qui ici ? En un mot, est-ce le 'monde' qui fixe l'ordre du jour de l'Église, ou vice-versa ?". Ces moments d'ambiguïté invitent à diverses interprétations dans le document dans son ensemble et, au lieu de promouvoir l'unité, ont servi à engendrer la division.

    Pour être clair, je ne suggère pas que l'intention de Vatican II était de semer les graines du mécontentement, bien au contraire. Mais en essayant de communiquer la foi en Dieu à un monde moderne enclin à l'autodestruction, Vatican II s'est efforcé de s'élever au-dessus des fomentations politiques et philosophiques responsables des deux guerres mondiales et des nombreuses autres horreurs du vingtième siècle. Le véritable esprit du Concile était bien intentionné, c'était l'esprit de paix et d'amour. Cependant, la traduction de cet esprit en mots s'est avérée être un défi de taille.

    Le dialogue avec le monde

    Cette approche de la communication avec le monde a ouvert une fissure d'où, selon le pape Paul VI, "la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu". Cette fumée est l'ambiguïté inhérente au langage, qui a été exploitée par les gnostiques modernes tels que Michel Foucault, Herbert Marcuse et d'autres qui ont cherché et continuent de chercher à saper la civilisation occidentale. La conséquence involontaire de Vatican II est devenue, pour beaucoup, la source de notre mécontentement catholique.

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  • Pakistan : un enfant de huit ans accusé de blasphème

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    Du site de la Libre :

    Un garçon de 8 ans accusé de blasphème au Pakistan: "Il ne comprend pas pourquoi il a été gardé en prison pendant une semaine"

    Un crime qui est passible de la peine de mort dans ce pays à la population majoritairement musulmane.

     

    Il est accusé d'avoir intentionnellement uriné sur le tapis d'une madrasse (école coranique). Suite à quoi il a été placé la semaine dernière en détention préventive.

    "Il n'est même pas au courant de ces histoires de blasphème. Il ne comprend toujours pas quel était son crime et pourquoi il a été gardé en prison pendant une semaine", a déploré un parent de l'enfant.

    Celui-ci été finalement relâché après une semaine, pas de quoi se réjouir cependant pour lui et sa famille, victimes d'une attaque contre la communauté hindoue du Pendjab (Est du Pakistan). En effet, des musulmans ont voulu se venger en s'en prenant au temple hindou de la ville de Bhong : les statues ont été endommagées, la porte principale incendiée et sa route d'accès temporairement bloquée.

    Ce n'est pas la première fois que la loi sur le blasphème est utilisée de façon disproportionnée contre des minorités, indique le quotidien anglais. Depuis l'introduction de la peine de mort pour ce crime en 1986 aucune exécution n'a eu lieu, mais les suspects sont souvent attaqués et parfois tués par d'autre communautés.

    Le premier ministre Pakistanais, Imran Khan, a condamné cette attaque sur Twitter et a dit avoir demandé au chef la police provinciale d'agir. Des troupes paramilitaires ont été déployées pour calmer les agitations dans le quartier.

    Malgré cela, la famille se dit toujours très inquiète. "Nous avons quitté nos magasins et notre travail, toute la communauté a peur et nous craignons des réactions négatives. Nous ne voulons pas revenir dans cette région", a partagé cette même source dans famille du garçon au Guardian.

  • Sur Aleteia : les chrétiens persécutés à travers le monde

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    D'Aleteia.org :

    Les chrétiens persécutés à travers le monde

    Pendant l'été, retrouvez le meilleur de Aleteia à lire ou à relire. Aujourd'hui, nos articles consacrés aux chrétiens persécutés à travers le monde.

    Agnès Pinard Legry

    Les dix pays où il est le plus difficile d’être chrétien

    Laurent Ottavi

    Dominique Reynié : « Le christianisme est la religion la plus persécutée du monde »

    Agnès Pinard Legry

    Chine : florilège des vexations quotidiennes que le régime communiste inflige aux chrétiens

    Agnès Pinard Legry

    Exacerbé par le Covid-19, l’inquiétant recul de la liberté religieuse dans le monde

    Agnès Pinard Legry

    Ils se font baptiser en secret au Bangladesh

    Agnès Pinard Legry

    Persécutions au Burkina Faso : « La peur est légitime. Et l’espérance aussi »

    Agnès Pinard Legry

    Les chrétiens du Sahel menacés par de nouveaux califats

    Agnès Pinard Legry

    Au Niger, le témoignage glaçant d’un chrétien enlevé par des djihadistes

    Agnès Pinard Legry

    Le dernier acte d’amour de sœur Gloria lors de son enlèvement au Mali

    Agnès Pinard Legry

    Enlevés, portés disparus… on est sans nouvelle de ces missionnaires

    Agnès Pinard Legry

    Pakistan : elle refuse de se convertir et de l’épouser, il l’abat en pleine rue

    Lauriane Vofo Kana

    Liberté religieuse : Turquie, Algérie, Inde… ces pays qui inquiètent les États-Unis

    Agnès Pinard Legry

    Les chrétiens du Pakistan sont-ils en train de disparaître ?

    Agnès Pinard Legry

    Pakistan : réduite en esclavage avant d’être placée dans un refuge, Farah a rejoint sa famille

  • Assassinat d'un prêtre en France : douleur et incompréhension

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    De Xavier Le Normand et Héloïse de Neuville sur le site du journal la Croix :

    Meurtre d’un prêtre en Vendée : la « douleur » et l’« incompréhension » des catholiques

    L’homme qui avait incendié la cathédrale de Nantes l’an dernier s’est rendu à la gendarmerie, lundi 9 août, pour s’accuser du meurtre d’un prêtre. La victime est le père Olivier Maire, supérieur provincial des montfortains, communauté au sein duquel le suspect était hébergé depuis quelques semaines.

    « Tout mon soutien aux catholiques de notre pays après le dramatique assassinat d’un prêtre en Vendée. » Par un message publié sur le réseau social Twitter, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé lundi 9 août ce nouveau drame qui touche l’Église catholique en France.

    Il a confirmé l’information publiée quelques minutes plus tôt sur le même réseau social par l’hebdomadaire Valeurs actuelles. La victime est le père Olivier Maire, supérieur provincial des missionnaires montfortains.

    Dès la révélation de l’information, les soupçons se sont dirigés vers Emmanuel Abayisenga, l’homme de nationalité rwandaise, également unique suspect dans le cadre de l’incendie de la cathédrale de Nantes le 18 juillet dernier. Celui-ci s’est en effet présenté à la gendarmerie pour s’accuser du meurtre. Dans un second message sur Twitter, le ministre de l’intérieur a implicitement confirmé cette information.

    Un homme en grande fragilité psychique

    Incarcéré après l’incendie nantais, Emmanuel Abayisenga avait été libéré sous contrôle judiciaire le 31 mai dernier, notamment après avoir été examiné par le service médico-psychologique régional (SMPR), le service psychiatrique pénitentiaire. Avant cette libération, une première demande avait été formulée et rejetée. Selon les informations de La Croix, il avait alors manifesté son dépit, pensant qu’il ne trouverait aucune communauté disposée à l’accueillir dans l’attente de son procès, au regard de son geste incendiaire contre une cathédrale.

    → NOTRE ENQUÊTE. Dans la tête de l’incendiaire de la cathédrale de Nantes

    Selon des informations de La Croix, Emmanuel Abayisenga, atteint de surdité et déjà fragile psychologiquement, avait été particulièrement ébranlé par sa période de détention. « Il a toujours l’air égaré, perdu, parlant d’une voix très faible, a ainsi confié une personne qui a pu l’approcher. Il est complètement désintégré. » De son côté, son avocat, Maître Quentin Chabert, confiait que son client était « très fragile psychologiquement et physiquement » et ressentait une culpabilité « importante » après l’incendie de Nantes.

    « Douleur » et « traumatisme » des catholiques

    Finalement, ce dernier avait donc pu sortir de prison à la toute fin du mois de mai notamment car les missionnaires montfortains – également connus sous le nom de compagnie de Marie – s’étaient déclarés disposés à l’accueillir dans leur communauté de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), à une dizaine de kilomètres au sud de Cholet. La victime du meurtre n’est autre que le père Olivier Maire, supérieur provincial des montfortains. Le prêtre, âgé d’une soixantaine d’années, avait été réélu à cette charge en octobre 2017.

    → PORTRAIT. Le père Olivier Maire, « l’Évangile jusqu’au bout »

    Face à la nouvelle de la mort du père Olivier Maire, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort a évoqué un « drame affreux », touchant un prêtre qui « aura vécu dans la suite du Christ jusqu’au bout, dans l’accueil inconditionnel de tous »« Je prie pour toute la population traumatisée par ce drame, pour son assassin aussi, en grande dérive psychologique à tout le moins », a assuré celui qui est également archevêque de Reims. De son côté, Mgr François Jacolin, évêque du diocèse de Luçon où se trouve la communauté, a eu des mots similaires confiant sa « profonde douleur » et sa « tristesse ».

    Une polémique naissante

    Le meurtre du montfortain a également fait réagir au-delà du monde catholique. Plusieurs responsables politiques se sont également rapidement exprimés sur les réseaux sociaux. Présidente Les Républicains (LR) de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais s’est ainsi dite « bouleversée par l’assassinat du prêtre en Vendée » et a affirmé son « total soutien à tous les catholiques et tout particulièrement à la communauté vendéenne ».

    Son prédécesseur à la tête de la région et actuel président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a quant à lui assuré être « profondément touché par le meurtre effroyable d’un prêtre ». Voulant « rendre hommage » au père Olivier Maire, il a estimé que « sa mort témoigne de la bonté de ce prêtre » dont il avait « pu apprécier la profondeur de la foi ».

    Au-delà de ces manifestations de proximité, Bruno Retailleau s’est également publiquement demandé ce « que faisait encore cet individu en France », après plusieurs obligations de quitter le territoire et être le principal suspect dans le cadre de l’affaire de l’incendie de la cathédrale nantaise. À l’image du président du groupe LR au Sénat, plusieurs responsables politiques de droite et d’extrême droite se sont indignés de la présence en France d’Emmanuel Abayisenga.

    Pour la candidate LR à l’élection présidentielle Valérie Pécresse, il s’agit d’un « drame » permis par une « cascade de défaillances ». Du côté du Rassemblement national, la réaction est similaire. « En France, on peut donc être clandestin, incendier la cathédrale de Nantes, ne jamais être expulsé, et récidiver en assassinant un prêtre », a ainsi écrit sur Twitter sa présidente Marine Le Pen.

    Cette polémique naissante a aussitôt suscité une réplique de Gérald Darmanin, qui s’est rendu sur les lieux de l’assassinat lundi 9 août, parlant d’« indignité »« Cet étranger n’était pas expulsable malgré son arrêté d’expulsion tant que son contrôle judiciaire n’était pas levé », a-t-il poursuivi en guise d’explication.

  • Mgr Aupetit présidera le pèlerinage des prêtres déportés de l’Ile Madame

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    De Vatican News :

    Mgr Aupetit invité d’honneur du pèlerinage de l’Ile Madame

    L’archevêque de Paris sera présent à ce rassemblement diocésain qui, depuis un siècle, fait mémoire des prêtres qui furent déportés sur cette île charentaise, durant la Révolution française et le régime de la Terreur.

    Institué en 1910, ce pèlerinage commémore des évènements longtemps oubliés. En 1794, quelques 800 prêtres français ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé sont emmenés vers les ports de l’Atlantique avant leur déportation vers le bagne. Ils seront finalement entassés dans deux anciens navires négriers, les deux-associés et le Washington. Destinés à partir pour la Guyane ou les côtes d’Afrique, ces bâtiments ne quittèrent pourtant pas le Golfe de Gascogne, d’où leurs noms de «pontons de Rochefort». Houspillés et maltraités, les prêtres n’en continuèrent pas moins de mener une activité religieuse en secret.

    Plus de 500 prêtres, laissés à l'abandon dans les cales des deux navires, mourront de typhus et du scorbut. En 1995, saint Jean-Paul II reconnut le martyre de 64 d’entre eux. «Beaucoup plus furent fidèles au Christ jusqu’au sacrifice de leur vie. Ces martyrs nous le rappellent en 2021: les catholiques d’aujourd’hui sont aussi appelés à la fidélité et au pardon», précise le diocèse de la Rochelle, organisateur du rassemblement, dans un communiqué.

    La 111e édition de ce pèlerinage aura lieu le 26 août et c’est donc Mgr Michel Aupetit qui le présidera, aux côtés de l’évêque de la Rochelle et Saintes, Mgr Georges Colomb. La journée s’ouvrira avec un temps de confession et de réconciliation puis à 11h, Mgr Aupetit célèbrera la messe, avec tous les prêtres du diocèse. L’après-midi sera consacrée à la procession vers la Croix des Galets, lieu emblématique de l’ile, où se tiendra ensuite une autre célébration.

  • Saint Laurent, diacre et martyr (10 août)

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    Martyre de saint Laurent - Mausolée de Galla Placidia - Ravenne

    "Laurent serait né vers 210 ou 220 en Espagne, à Huesca, au royaume d'Aragon. Son père s'appelait Orence, et sa mère Patience. Afin de compléter ses études humanistiques et liturgiques il fut envoyé, tout jeune encore, dans la ville de Saragosse, où il fit la connaissance du futur pape Sixte II. Ce dernier, originaire de la Grèce, était investi d’une charge d’enseignant dans l’un des plus importants centres d’études de l'époque et, parmi ses maîtres, le pape était l’un des plus connus et des plus appréciés.

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  • Laurent et le ministère diaconal

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    Restorations_06.jpgSaint LAURENT, PROTO DIACRE DE L’EGLISE ROMAINE par Don Francesco Moraglia, Docteur de théologie systématique (Gênes) - source : vatican.va

    (ci-contre : saint Laurent par Fra Angelico - Vatican)

    L’histoire de l’Eglise nous a laissé de grandes figures d’évêques et de prêtres qui ont contribué à illustrer, sur le plan théologique et pastoral, le sens profond du ministère ordonné. Pour l’épiscopat, on distingue, entre autres, les figures d’Irénée, Augustin, Winfrid, Boniface, Bartolomé Las Casas et Ildephonse Schuster; pour la prêtrise, l’époque moderne et contemporaine a été marquée par Philippe Néri, Jean-Marie Vianney, Jean Bosco, Pierre Chanel et Maximilien Kolbe. Le ministère diaconal acquiert lui aussi des contours plus nets si on le considère à la lumière de la figure de grands diacres; c’est le cas, par exemple, du martyr Laurent, proto diacre de l’Eglise romaine qui, avec Etienne et Philippe, est certainement l’un des plus célèbres de l’antiquité.

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  • L’état catastrophique du Liban : un avertissement pour l’Occident

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    De Ludovic Lavaucelle sur la Sélection du Jour :

    L’état catastrophique du Liban est un avertissement pour l’Occident

    Le 4 août 2020, une énorme déflagration secouait le port de Beyrouth et faisait plus de 200 morts et près de 7 500 blessés. Les dégâts sont évalués à 15 milliards de dollars US. Les commentaires ont pointé du doigt la négligence des autorités et la corruption, alors que des quantités énormes de nitrate d’ammonium avaient été stockées dans une zone portuaire peu sécurisée. Ce drame est le symptôme d’un mal plus profond qui gangrène ce pays, analyse Eric Bordenkircher pour The American Conservative (voir en lien ci-dessous). Le communautarisme sévit partout dans la société libanaise et les institutions politiques. La constitution impose une représentation stricte des différentes communautés. L’explosion qui a dévasté le port de Beyrouth n’est que le dernier d’une longue série de drames qui ont poussé à l’émigration de millions de Libanais (75% de la population totale). Si l’influence étrangère a soufflé sur les braises du désordre libanais, le mal est dans la constitution même du Liban.

    Les pays occidentaux, les Etats-Unis en tête, devraient en tirer des leçons alors que la mouvance communautariste (ou « racialiste ») domine les débats idéologiques et politiques. L’obsession de la représentativité de toutes les communautés a fait dire au Président-Elu Joe Biden en décembre 2020 : « Je mettrai en place le gouvernement le plus représentatif, aussi bien en termes de races, de couleurs de peau, ou de genres que les Etats-Unis n’ont jamais eu ». Selon lui, mais son opinion est partagée par la plupart des gouvernants occidentaux (et des dirigeants de multinationales), mettre en avant la « diversité » serait la meilleure garantie d’efficacité et de stabilité…

    Le Liban semble démentir cette utopie. L’obsession communautariste conduit à une paralysie du pouvoir puisque les groupes mettent leurs intérêts au-dessus de la solidarité nationale. Ce pays avait tout pour réussir : une population éduquée et une vraie tradition de centre commercial et culturel. En réalité, le Liban est une faillite majeure qui connaît la pire crise économique que le monde ait connu depuis 1850. La lire libanaise a perdu 90% de sa valeur depuis septembre 2019. Sa dette publique relative au PIB est la troisième plus haute du monde (152%). L’essence, l’électricité et les médicaments y manquent en ce moment. Et il ne s’agit là que des deux dernières années ! Le Liban a connu deux guerres civiles. Deux armées étrangères ont occupé son territoire. L’OLP, venue de l’extérieur, a mené des opérations depuis son sol pendant 24 ans contre Israël. Le Hezbollah, à la fois un parti politique libanais et une milice armée, s’est engagé dans la guerre en Syrie contre l’avis du gouvernement libanais. Enfin, aucun budget national n’a pu être approuvé depuis 12 ans.

    L’obsession communautariste a engendré la division et le désordre. La priorité du gouvernement n’est pas de partager une vision pour le pays et de mettre en place une politique mais de conserver le pouvoir. Le népotisme remplace les critères objectifs du mérite et de la compétence.

    Comment une idée à priori noble, mettre la diversité sur le devant de la scène politique, en faire même une priorité, peut-elle mener à un tel désastre ? Immanquablement, les groupes se retrouvent concurrents et réclament leurs parts de pouvoir pour reconnaître la légitimité du gouvernement. Le Liban est un cas d’école. Pas moins de 18 communautés chrétiennes et musulmanes sont reconnues et représentées au Parlement. La démographie de chaque groupe conditionne le niveau de représentativité avec un partage imposé 50/50 entre Chrétiens et Musulmans…

    On pourrait arguer qu’un pays comme les Etats-Unis (ou la France) ne peut être comparé au Liban. Or, il existe des points communs, affirme Eric Bordenkircher. L’adhésion à une religion est plus un marqueur culturel et socio-économique - comme la race aux Etats-Unis - que le signe d’une foi pratiquée au pays du Cèdre. Un autre parallèle peut être fait : l’institutionnalisation des religions au Liban était censée rappeler les persécutions passées pour prévenir de nouvelles. La victimisation est devenue, aux Etats-Unis, un puissant levier politique pour les « minorités » : on soutient une candidature sur des critères d’appartenance à une communauté plutôt que la personnalité et les idées. C’est bien la majorité qui y perd finalement, c’est-à-dire le parti représentant la volonté du peuple.

    Donner la priorité à la « diversité » et à la représentation des « minorités » (dont le nombre peut se décliner sans fin entre races, genres et orientations sexuelles) risque bien de paralyser l’action du pouvoir légitime et exacerber les divisions. Il serait bon, conclut Eric Bordenkircher, que les sociétés occidentales acceptent de tirer les leçons que nous offre l’histoire dramatique d’un petit pays, oriental certes, mais proche.

    Ludovic Lavaucelle

    Pour aller plus loin : The Lebanese canary in the identity coal mine

    Lire l'article sur : The American Conservative

  • L'abîme théorique et pratique dans lequel s’engouffrent les catholiques qui se révoltent contre les obligations vaccinales

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso:

    Apocalyptiques et libertaires. Les velléités de rébellion suicidaires des cathos antivax

    (S.M.) L’analyse du professeur De Marco publiée sur cette page est absolument à ne pas manquer, si l’on veut comprendre la profondeur de l'abîme théorique et pratique dans lequel s’engouffrent les catholiques qui se révoltent contre les obligations vaccinales imposées – selon eux – par une dictature planétaire bio-technocratique.

    Ils protestent au nom de la liberté. Mais ce qu’ils ne voient pas, c’est qu’ils se livrent corps et âme à un « dictateur libertaire sympathique » qui « concède, et légitime même, toutes les libertés privées » et ce faisant dissout la conception chrétienne de la politique, de l’État, et en définitive de l’homme.

    Settimo Cielo a souligné à plusieurs reprises combien la question de l’humain et du post-humain est capitale pour l’Église d’aujourd’hui, encore dernièrement dans un article du professeur Sergio Belardinelli.

    Mais le professeur De Marco va encore plus loin en identifiant dans la révolution anthropologique actuelle cet Antéchrist face auquel l’Église et le politique devraient résister et nous protéger, selon l’avertissement lancé par saint Paul dans la seconde lettre aux Thessaloniciens.

    En effet, de trop nombreux catholique, surtout dans les milieux traditionnalistes, tout en étant convaincus de mener le bon combat, font en réalité le jeu de l’ennemi.

    Mais laissons la parole au professeur De Marco.

    Comment distinguer les scénarios apocalyptiques

    de Pietro De Marco

    Le diagnostic de l'actuelle conjoncture idéologique est difficile mais, en toute franchise, l'apocalypse anti-étatique qui se développe depuis des mois parmi les minorités catholiques traditionalistes, comme parmi les théoriciens de l'aliénation biopolitique, est le résultat d'une énorme erreur tactique, due à une véritable erreur de discernement. Les libertés réclamées de façon paranoïaque (ou délirante, comme chez ceux qui considèrent comme une expérimentation nazie le système de traitement et de prévention antiviral), sont elles-mêmes l'erreur ; en effet, elles expriment aussi cette intolérance à toute discipline, et finalement à l'autorité, qui appartient au "grand dérangement" libertaire.

    Une révision critique de l'histoire des libertés modernes mettrait en évidence, d'une part, combien le levier des libertés et des droits entre les mains d'une "opinion publique" est en soi énormément puissant pour déstabiliser tout ordre politique et, d'autre part, combien ce levier libéral est fragile, presque impuissant, pour établir les valeurs mais aussi l'autorité comme fondement de l'ordre ultérieur.

    Cette fragilité pose toute la question de la souveraineté : celle-ci se définit en effet techniquement et dramatiquement au seuil même de la suspension exceptionnelle de certains droits de la liberté. Et par conséquent elle pose la question de la théologie politique, au sens strictement schmittien selon lequel tout l'impératif du "munus" (ou protection de l'unité politique) est avec la sécularisation (ou avec la crise du christianisme à l'époque moderne) remis entre les mains des juristes.

    Si l'autorité unique ou du moins ultime, dans la modernité tardive des droits, est assignée non par abus contingent mais par nécessité aux lois et aux tribunaux constitutionnels, cela ne peut agir qu'en minant les politiques et en dissolvant les sociétés qui incorporent l'autorité et dans la mesure où elles l'incorporent.

    Le problème qui se profile - je le maintiens contre tout apocalyptisme néo-orwellien - n'est donc pas celui des prétendues dictatures technologiques, psychologiques, biopolitiques et similaires, dont les éventuels excès et erreurs sont trop facilement diagnostiqués et qui, dans le cas des mesures des gouvernements mondiaux, sont prévus par les constitutions. En bref, il s'agit de décisions rationnelles intrinsèques à la politique.

    La tendance apocalyptique est plutôt celle d'une hypertrophie libertaire incontrôlée (je devrais dire : libérale). Un horizon effrayant de mutation émerge donc de la matrice anti-autoritaire typique de l'âge révolutionnaire, de ses apparences toujours bonnes et persuasives, comme si elle était exempte de péché. Bien plus que l'"égalité" et la "fraternité" qui ne sont que des principes régulateurs, la "liberté" apparaît aujourd'hui comme une réalité salvatrice à la portée de tous.

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