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Au rythme de l'année liturgique - Page 12

  • Requiem aeternam dona eis Domine

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    Provided to YouTube by NAXOS of America Requiem aeternam dona eis Domine · Vienna Hofburgkapelle Choir Gregorian Chants for All Seasons ℗ 1990 Vox Box Released on: 1990-01-01 Conductor: Josef Schabasser Choir: Vienna Hofburgkapelle Choir

    Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.Te decet hymnus Deus, in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem.Exaudi orationem meam ; ad te omnis caro veniet.Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.

    "Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine.
    Dieu, il convient de chanter tes louanges en Sion ; et de t'offrir des sacrifices à Jérusalem.
    Exauce ma prière, toute chair ira à toi.
    Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine".

    - Sonnerie du glas "romain" : ici.
    - Chant du “Dies irae” : ici.
    - Chant d’entrée de la messe pour les défunts : ici.
    - Le chant du graduel (entre les lectures) : ici.
    - L’antienne “In paradisum” : ici.
    - La procession au cimetière des moines de l’abbaye de Solesmes : ici.
    - Variation sur le choral pour orgue “Mit Fried und Freud ich fahr dahin” (En paix et avec joie je quitte ce monde) de Dietrich Buxtehude : ici.

    (source)

  • Le purgatoire : un lieu d'espérance (Mgr Léonard)

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    Des propos recueillis par Véronique Jacquier sur le site de France Catholique :

    « Le purgatoire est un lieu d’espérance »

    Vitrail de la basilique Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand (Auvergne).
    © Julian Kumar / Godong

    Loin des idées reçues, Mgr  André-Joseph Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles (Belgique), rappelle que le purgatoire est certes un lieu de purification, mais aussi d’espérance. Entretien.

    Le Christ n’évoque pas le purgatoire dans les Évangiles. Cette doctrine n’a été définie comme une vérité de la foi qu’au concile de Florence en 1439…

    Mgr André-Joseph Léonard : Il y a beaucoup de réalités dont Jésus ne parle pas dans les Évangiles ! En tout cas, pas explicitement. Il n’a jamais employé le mot «  Trinité  », ni le terme «  évêques  ». Mais il est, implicitement, à l’origine de leur découverte. De même, il n’a jamais parlé du «  purgatoire  ».

    Cependant, le Christ a clairement laissé entendre que nous avons besoin de conversion et de «  purification  » pour entrer dans la pleine communion avec lui. Ses toutes premières paroles dans l’évangile de Marc sont une invitation à la conversion : «  Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle  » (Mc 1, 15).
    Ainsi, ses exigences sont radicales : il faut l’aimer, lui, plus que tout ! «  Qui ne prend pas sa croix et ne vient pas à ma suite n’est pas digne de moi. Qui aura trouvé sa vie la perdra, et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera  » (Mt 10, 38-39). Implicitement, cela suggère que nous n’entrerons dans la béatitude de la vie éternelle que lorsque nous serons totalement dépouillés de nous-mêmes, de notre égoïsme natif. Fût-ce après notre mort, si les épreuves et les choix de notre vie présente n’ont pas suffi à nous faire «  perdre  » notre vie pour la «  trouver  » en lui.

    Quand cette notion de purgatoire est-elle fixée ?

    Bien avant que l’existence du purgatoire soit définie au concile de Florence en 1439, sa réalité était vécue existentiellement, même si le mot n’était pas encore utilisé. Les dissensions entre l’Orient et l’Occident, comme aussi entre catholiques et protestants, sur cette question, portent donc moins sur le fond de la doctrine que sur sa formulation, et les images que l’on s’en fait.

    En fait, c’est surtout la pratique de la prière pour les défunts qui a, dès le début, poussé l’Église à faire place, d’une manière ou d’une autre, à l’idée d’une purification des défunts au-delà même de leur mort. Quel sens cela aurait-il de prier pour eux, de célébrer l’Eucharistie à leur intention, si aucun «  progrès  » n’était possible dans l’au-delà ? Comme souvent, lex orandi, lex credendi : «  La loi de la prière est aussi celle de la foi.  » Le deuxième concile de Lyon en 1274 et, surtout, celui de Florence en 1439, en raison des différences d’expression entre Grecs et Latins, proposèrent, concernant les défunts, la formule de conciliation suivante : «  Si, vraiment pénitents, ils meurent dans l’amour de Dieu, avant d’avoir satisfait, par des dignes fruits de pénitence, pour ce qu’ils ont commis ou omis, leurs âmes sont purifiées après la mort par des peines purgatoires.  »

    Pensons aussi au beau témoignage de Monique, la mère de saint Augustin. Elle refusa, au moment de mourir, à Ostie, la proposition de ramener son corps dans son Afrique natale : «  Laissez mon corps où vous voulez, mais souvenez-vous de moi auprès de l’autel du Seigneur, où que ce soit.  » Elle exprimait ainsi sa foi dans l’efficacité de la prière pour les défunts et se référait ainsi implicitement à l’existence du purgatoire.

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien et du Grand Angle sur le purgatoire dans le magazine.

     
  • Pour obtenir une indulgence plénière pour les fidèles défunts

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    D'Aleteia.org :

    Comment obtenir une indulgence plénière pour les fidèles défunts

    28/10/21

    Pour des raisons sanitaires, le pape François a décidé de faciliter l’obtention d’une indulgence plénière pour les fidèles défunts pendant le mois de novembre. Mode d’emploi pour recevoir cette indulgence pour ses proches décédés.

    En novembre, l’Église catholique dispense une indulgence plénière aux défunts qui se trouvent dans le purgatoire. Afin de recevoir cette indulgence pour ses proches décédés, il faut tout d’abord être détaché de tout péché et avoir l’intention de se conformer le plus tôt possible aux trois conditions habituelles des indulgences : la confession sacramentelle, la communion eucharistique et la prière des intentions portées par le pape.

    Il faut ensuite se rendre au cimetière où repose le défunt entre le 1er et le 8 novembre et prier. Ce peut être aussi l’occasion de nettoyer sa tombe et de déposer des chrysanthèmes ou d’autres fleurs. Il est aussi possible d’obtenir l’indulgence plénière en se rendant dans une église ou un oratoire le 2 novembre.

    Se joindre spirituellement à tous les fidèles

    Cette année, comme en 2020, le pape François a décidé de faciliter l’obtention d’une indulgence plénière pour les fidèles défunts pendant tout le mois de novembre. L’indulgence plénière du 2 novembre, jour de la fête des morts, « peut être transférée non seulement au dimanche précédant ou suivant ou au jour de la solennité de la Toussaint, mais aussi à un autre jour du mois de novembre, au libre choix de chaque fidèle », indique le décret signé le 27 octobre 2021 par le cardinal Mauro Piacenza, pénitencier majeur de la Pénitencerie apostolique. 

    L’indulgence plénière « pour ceux qui visitent un cimetière et prient pour les morts », qui concerne normalement les journées du 1er au 8 novembre, peuvent être aussi transférées par l’évêque « à d’autres jours du même mois jusqu’à sa fin », précise encore le texte. Quant aux personnes âgées, malades et celles qui pour des raisons graves ne peuvent quitter leur domicile, elles pourront aussi obtenir l’indulgence plénière pour leurs défunts « à condition de se joindre spirituellement à tous les autres fidèles », selon le décret. 

  • Gaudeamus omnes in Domino - Introït de la Toussaint - (William Byrd)

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    Introitus Introït
       
    GAUDEÁMUS omnes in Dómino, diem festum celebrántes sub honóre Sanctórum ómnium: de quorum solemnitáte gaudent Angeli, et colláudant Fílium Dei. Ps. 32, 1 Exsultáte, iusti, in Dómino: rectos decet collaudátio. V/. Glória Patri. Réjouissons-nous ensemble dans le Seigneur, car la fête que nous célébrons aujourd’hui est celle de tous les Saints. Cette solennité réjouit les Anges et tous en chœur louent le Fils de Dieu. Ps. 32, 1. Justes, exultez dans le Seigneur : aux cœurs droits convient sa louange.
  • Toussaint : "une foule immense que nul ne peut dénombrer"

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    59272.jpgHomélie pour la Toussaint par le père Joseph-Marie Verlinde fsJ (homelies.fr) :

    Si une foule de 144.000 personnes nous accueille là-haut, nous risquons d’être impressionnés ! D’autant plus qu’il s’agit d’un chiffre symbolique - 12, le nombre de tribus d’Israël ; multiplié par 12, le nombre d’apôtres ; multiplié par 1000, le chiffre de l’infini - signifiant une multitude innombrable. Voilà une armée dont les puissants de la terre rêveraient disposer !

    L’enseignement que Jésus donne sur la montagne devrait cependant nous rassurer : dans cette « foule immense, que nul ne peut dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues » (1ère lect.), tous sans exception, sont pauvres de cœurs, doux, compatissant, affamés de justice, miséricordieux, purs, pacifiques ; tous ont été de l’une ou l’autre manière persécutés pour leur foi en leur Maître doux et humble, auquel ils se sont laissés totalement configurer. C’est pourquoi ils sont « enfants de Dieu » ; ils participent à la sainteté de « celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 P 2, 9). Désormais ils lui sont devenus « semblables », maintenant « qu’ils le voient tel qu'il est » (2nd lect.).

    Mais comment cela peut-il se faire ? Dieu seul est « Saint » : ce terme exprime le cœur même de son mystère, qui demeure ineffable et inaccessible à l’homme. Comment des créatures marquées par le péché pourraient-elles entrer « en communion avec la nature divine » (2 P 1, 4) ? L’Ange de l’Apocalypse nous répond : les 144.000 « ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau » (1ère lect.). Voilà pourquoi ils exultent, et se tenant « debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main, ils proclament d'une voix forte : "Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l'Agneau !"».

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  • La fête de la Toussaint nous rappelle que l’Église ne réside pas seulement sur la terre

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau :

    Notre quinzaine : L’Église brille de la lumière des saints

    La fête de la Toussaint que nous célébrons chaque 1er novembre nous rappelle une réalité surnaturelle que nous avons tendance à oublier : l’Église ne réside pas seulement sur terre. Depuis sa fondation par le Christ, elle est même essentiellement au Ciel, rassemblant autour de la Trinité et des chœurs angéliques la cour innombrable des saints et des martyrs, canonisés ou non. À l’heure sombre où le sacerdoce est particulièrement attaqué, en raison du comportement scandaleux de quelques-uns de ceux qui en ont été revêtus, il me semble nécessaire de garder en tête ce simple fait. Non pas seulement pour nous consoler ou nous rassurer à bon compte, mais d’abord parce qu’il exige de nous un acte de foi en Dieu qui reste maître de la marche du monde et en sa « sainte » Église qui ne sera jamais réductible aux péchés, même les plus noirs, de certains de ses enfants.

    Peut-être serait-il nécessaire à ce sujet d’enseigner à nouveau et de manière plus systématique, au catéchisme comme dans les homélies, la distinction que l’on faisait naguère entre l’Église triomphante, l’Église militante et l’Église souffrante. Cette approche avait au moins le mérite de ne pas nous limiter au regard simplement naturel, pour ne pas dire naturaliste, que nous pouvons avoir parfois sur l’Église. Il est clair en effet que la beauté de celle-ci ne réside pas d’abord dans sa réalité terrestre hic et nunc, mais bien dans la phalange nombreuse de ceux qui rendent à Dieu l’office de la louange éternelle.

    La puissance d’attraction du Christ

    Encore que ! Même l’Église sur terre ne peut être réduite au rapport de la Ciase, aux polémiques qui entourent telle ou telle intervention d’un évêque ou d’un clerc ou aux inquiétudes, même légitimes, qui peuvent naître devant certains choix pour l’avenir. L’Église, c’est aussi cette humble carmélite qui, en ce moment même, s’offre par la prière ou ce couple qui, pour vivre les Béatitudes, collecte de la nourriture qu’il distribue ensuite à des familles nécessiteuses. C’est encore ces séminaristes qui se donnent avec générosité, bien loin de toute perspective de carrière, ou ce vieux prêtre qui monte à l’autel, « la joie de sa jeunesse » (Ps. 42) ou encore ces parents qui font le pari d’une famille ouverte largement aux naissances. Toute une litanie nous vient spontanément à l’esprit qui reflète et traduit avec nos pauvres mots la réalité et la richesse de l’Église que l’on voudrait tant aujourd’hui – mais ce n’est pas la première fois dans l’Histoire – réduire à des scandales malheureusement bien réels.

    Et comment ne pas voir qu’au sein de l’Église de ce début du XXIe siècle, des conversions ont encore lieu chaque jour dans le cœur de certains hommes ou femmes. Dans le hors-série intitulé Les femmes, cœur de l’Église qu’elle a dirigé et qui vient de paraître, Marie Piloquet s’est ainsi entretenue avec une musulmane convertie. Un entretien riche et fort, sans détour et qui nous enseigne à nous autres, catholiques installés ou endormis, combien le Christ possède une puissance d’attraction qui bouscule toutes les montagnes de l’enfermement et du désespoir.

    Vers le port du salut éternel

    Le monde musulman n’est d’ailleurs pas le seul à connaître cette forte attirance pour la plénitude de l’enseignement chrétien, même si dans ce dernier cas les conversions sont souvent spectaculaires en raison de la répression de tout un système mobilisé pour salir le Christ et l’Église. Au sein même du monde européen embourbé dans la sécularisation, des conversions se produisent aujourd’hui encore. Avez-vous entendu parler, par exemple, de Mgr Jonathan Goodall qui était jusqu’ici l’« évêque » anglican d’Ebbsfleet dans le sud-est de l’Angleterre ? Après une longue période de prière, il a décidé de devenir catholique. En 2010, un de ses prédécesseurs à Ebbsfleet avait déjà franchi le pas. De la même façon, le Dr Michael Nazir-Ali, ancien « évêque » anglican de Rochester, est entré également le 29 septembre dernier dans l’Église catholique comme, en 2019, l’ancien aumônier de la reine Élisabeth.

    Certes, il s’agit là de personnes qui croyaient déjà en la divinité du Christ et en certaines parties de l’enseignement de l’Église. Mais si l’on en croit sainte Jeanne d’Arc, « le Christ et l’Église, c’est tout un ». Revenir à celle-ci, c’est donc se donner entièrement à Dieu. Encore s’agit-il ici de personnalités connues et en vue, ayant eu des responsabilités importantes au sein de la confession anglicane. Avec eux, derrière eux, comme eux, d’autres, inconnus le plus souvent, franchissent les obstacles souvent nombreux et rejoignent l’Église catholique. Ils témoignent ainsi de la beauté de l’Église dont l’unique mission est de nous mener au port du salut éternel.

  • Tu aimeras (31ème dimanche)

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    Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

    Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
    Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
    Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
    Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

    Sur Homélie.fr, du Père Joseph Marie Verlinde (archive 2012) :

    À première vue, la question du scribe peut paraître très académique. Il était en effet courant de mettre à l’épreuve un rabbi en lui demandant de synthétiser les préceptes de la Torah en un seul commandement d’où découleraient tous les autres. Il se pourrait cependant que le dialogue qui s’engage se déroule à un autre niveau ; l’évangéliste précise en effet qu’ » un scribe s’avança » : cet homme sort de la foule, et s’engage personnellement dans la rencontre qu’il sollicite avec Jésus. D’où la réponse bienveillante du Seigneur.

    A la question « quel est le premier de tous les commandements » c’est-à-dire quelle est la pierre angulaire, quel est l’esprit de tous les préceptes de la Torah ? Jésus répond : « Tu aimeras ».

    On pourrait s’étonner que l’amour puisse faire l’objet d’un précepte, mais ces deux mots – « tu aimeras » - résonnent plutôt comme une invitation et une promesse, que comme un ordre. Le Shema Israël (1ère lect.) que cite Jésus, commence d’ailleurs par une invitation pressante à l’écoute, confirmant ainsi qu’il s’agit d’ouvrir notre cœur pour accueillir la promesse du Seigneur : « Mets-toi en route sur le chemin de l’amour, comme je t’y invite, et tu verras : chemin faisant, je t’apprendrai à aimer ». Et quel est l’objet de cet amour ? Le Deutéronome répond : « le Seigneur notre Dieu, car il est l’unique Seigneur », c’est-à-dire le seul Saint, le seul digne de notre adoration.

    Mais Dieu ne reste-t-il pas voilé dans sa transcendance ? Comment les esprits incarnés que nous sommes pourraient-ils aimer l’invisible ? C’est bien pourquoi le Verbe s’est fait chair : il a pris visage pour nous, il nous a dévoilé son Nom pour que nous puissions le contempler de nos yeux, l’invoquer de nos lèvres ; et que de cet échange de regard et de paroles puisse naître l’amour. Un amour fort, radical et par le fait même exclusif : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force », autrement dit, de tout notre être, de toute notre personne. Dans la stricte logique du don – qui est celle de l’amour – cela signifie qu’à l’image de Jésus, nous sommes invités à livrer notre vie, instant après instant, entre les mains du Père, dans un élan d’abandon amoureux, pour ne plus vivre que du don qu’il nous fera de lui-même en retour. Tel est le cœur de la Loi ; telle devrait être la disposition de cœur de celui qui veut obéir à la Loi selon l’intention de Dieu. Tous les autres préceptes nous sont donnés uniquement afin de nous aider à concrétiser ce don de nous-mêmes au quotidien. Celui qui aime vraiment, ne cherche-t-il pas à accomplir le désir de l’autre, à agir conformément à ses attentes jusque dans le moindre détail ? Il appartient en effet à la nature de l’amour de chercher la communion des volontés dans l’obéissance réciproque. Nous sommes décidément loin d’une soumission formelle, légaliste, sans âme. Une telle obéissance n’aurait aucune valeur aux yeux de Dieu, car le poids de nos actions se mesure au poids d’amour que nous y mettons.

    Fidèle à la structure du Décalogue (Ex 20,1-17), Jésus présente sa réponse en deux parties. Nous remarquons en effet que les dix commandements se répartissent en cinq commandements ayant trait à notre relation à Dieu et cinq commandements qui orientent notre relation au prochain. Jésus poursuit donc par le second volet : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’amour est un absolu ; tout lui est relatif ; tout doit être vécu à sa lumière. Il ne porte pas seulement sur notre relation à Dieu, mais il doit devenir une disposition habituelle de notre cœur. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons, devrait procéder de cet amour et être finalisé en lui, illuminant au passage toutes nos relations humaines.

    Il est impossible de sectoriser notre vie et de séparer des moments où nous serions dans la logique du don et puis d’autres où nous consentirions à la logique de l’individualisme. Certes nous subissons quotidiennement ce tiraillement entre l’être charnel et l’être spirituel en nous. Mais cette contradiction douloureuse devrait nous conduire à un choix résolu en faveur de l’homme nouveau. Rien ne sert de tergiverser ; Saint Paul nous avertit : « les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez » (Ga 5,17). Ne pas choisir ou remettre à demain de le faire, revient à céder au vieil homme pour tenter d’échapper aux exigences de l’amour. Il est d’ailleurs impossible de séparer l’amour de Dieu de l’amour du prochain, car par la foi nous ne sommes plus qu’un avec le Christ total, Tête et Corps, c’est-à-dire avec chacun de nos frères que Jésus a récapitulé en lui. Voilà pourquoi Notre-Seigneur peut nous dire : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

    « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu » : et que manque-t-il encore à ce scribe décidément bien sympathique pour y avoir accès ? Il lui suffirait de reconnaître en Jésus « la porte » (Jn 10,9) de la Bergerie : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6). En clair : depuis que le péché a injecté dans nos cœurs le poison mortel de l’égoïsme, aucun d’entre nous ne peut accéder au Royaume, car nous sommes incapables de gravir le chemin de la charité qui seul y conduit. Nous avons tous fais la triste expérience que dans nos actions apparemment les plus gratuites, se glisse toujours une part de recherche de nous-mêmes. Toutes nos œuvres sont irrémédiablement marquées par les conséquences du péché et sont dès lors indignes de Dieu. Mais en Jésus-Christ, nous avons « le grand-prêtre qu’il nous fallait, saint, sans tache, sans aucune faute » (2nd lect.). C’est par lui, qui « est désormais plus haut que les cieux », que nous présentons nos vies en offrande au Père, nous unissant aux intentions du Cœur de Jésus, qui supplée à notre amour déficient et « intercède pour nous » (Rm 8,34). Comme le scribe, « avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde, et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours » (He 4,16).

    « “Tu aimeras” : nous te rendons grâce, Seigneur, de renouveler ton appel et ta promesse. Nous te le demandons humblement : daigne “verser sur nous une eau pure afin que nous soyons purifiés de toutes nos souillures et de toutes nos idoles”. Fidèle à ta promesse, “donne-nous un cœur nouveau et un esprit nouveau ; enlève notre cœur de pierre et donne-nous un cœur de chair ; mets en nous ton Esprit afin que nous suivions tes voies, que nous observions tes commandements et que nous y soyons fidèles (cf. Ez 36,25-27). »

  •   « Ne nous laissons pas voler notre mort ! »

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    A l’approche de la Commémoration des défunts qui suit la Fête de tous les Saints, Emilie Pourbaix a recueilli ces propos publiés sur le site web de « France catholique » :

    pretre_et_malade-0db97.jpg« Pour l’abbé Philippe de Maistre, curé de Saint-André-de-l’Europe, à Paris, auteur de Mourir vivant (éd. du Laurier), l’enjeu est fondamentalement spirituel :

    De quel constat êtes-vous parti dans votre livre ?

    Abbé Philippe de Maistre : Dans l’accompagnement des personnes en fin de vie, nous faisons aujourd’hui une confusion, car nous sommes inspirés par le «  care  », très à la mode : nous offrons un accompagnement un peu maternant, par une très grande attention à la douleur physique – domaine dans lequel de grands progrès ont été faits – et la douleur psychologique. Mais nous oublions souvent la dimension spirituelle de la personne. Pourtant, une vision globale, fondée sur une anthropologie chrétienne, nous en rappelle les trois dimensions : corps, âme (psychologique) et esprit, ce dernier étant la dimension spirituelle de la personne, c’est-à-dire ses aspirations les plus profondes. Mais celles-ci sont bien souvent niées, par une absorption de toute la dimension spirituelle dans la dimension psychologique et affective. Ainsi, paradoxalement, le besoin qu’éprouve la personne d’exprimer ce qu’elle porte de plus profond, au moment le plus important de sa vie, va être considéré comme non essentiel.

    Pourquoi dites-vous que la mort est un «  engagement  » ?

    La pire chose dans la vie, c’est de ne pas s’engager. Cela implique d’accepter que notre vie soit faite de deuils. Aucun surcroît de vie sur terre ne se fait sans une forme de deuil : il faut toujours mourir à quelque chose pour vivre – quitter l’enfance pour entrer dans l’âge adulte, le célibat pour se marier, renoncer à la fécondité biologique pour donner toute sa vie à Dieu, etc. Cette difficulté à s’engager dans notre vie est très présente aujourd’hui.

    Et elle se retrouve dans la difficulté à affronter la fin de vie, à accepter qu’il y ait un passage à faire : quitter cette vie pour aller vers l’autre Vie. Or, refuser de regarder sa mort en face conduit à ne pas s’engager dans sa vie. Thérèse de Lisieux dit : «  Non, je ne meurs pas, j’entre dans la vie.  » Déjà avant le péché originel, nous étions faits pour passer dans une autre dimension, mais ce passage n’était pas douloureux, à la manière de la dormition de la Vierge Marie. Cependant, même dans la douleur, notre mort est un passage vers la Vie, il faut la vivre pleinement vivant et éveillés spirituellement.

    « Vous pensez qu’on « vole la mort » ?

    Aujourd’hui, on considère qu’avoir une «  belle mort  », c’est de ne pas se voir mourir. Voilà pourquoi on propose aux gens de les endormir dans une mort douce – la sédation profonde –, pour qu’ils ne se voient pas mourir. Certains veulent même anticiper : c’est le débat de l’euthanasie. Mais, avec cette volonté d’adoucir les choses, on prive la personne de cet acte métaphysique qu’est la confrontation avec la mort, et auquel personne ne peut échapper. Bernanos disait : «  Ne me volez pas ma mort !  » En effet, elle est le sommet de notre existence, ce qui engage le plus profondément tout notre être. Dans les litanies, autrefois, on disait que la chose la plus redoutable était une mort dans l’inconscience, c’est-à-dire de ne pas pouvoir se préparer à la mort et de mourir dans son sommeil. Aujourd’hui, c’est l’inverse : on se réjouit quand quelqu’un ne s’est pas vu mourir. Pourtant, la mort est le sommet vers lequel tend toute notre vie… »

    Ref.   « Ne nous laissons pas voler notre mort ! »

  • Les saints apôtres Simon et Jude (28 octobre)

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    Le mercredi 11 octobre 2006, lors de l'audience générale, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse aux apôtres Simon et Jude : 

    Simon le Cananéen et Jude Thaddée

    Chers frères et soeurs,

    Nous prenons aujourd'hui en considération deux des douze Apôtres:  Simon le Cananéen et Jude Thaddée (qu'il ne faut pas confondre avec Judas Iscariote). Nous les considérons ensemble, non seulement parce que dans les listes des Douze, ils sont toujours rappelés l'un à côté de l'autre (cf. Mt 10, 4; Mc 3, 18; Lc 6, 15; Ac 1, 13), mais également parce que les informations qui les concernent ne sont pas nombreuses, en dehors du fait que le Canon néo-testamentaire conserve une lettre attribuée à Jude Thaddée.

    Simon reçoit un épithète qui varie dans les quatre listes:  alors que Matthieu et Marc le qualifient de "cananéen", Luc le définit en revanche comme un "zélote". En réalité, les deux dénominations s'équivalent, car elles signifient la même chose:  dans la langue juive, en effet, le verbe qana' signifie:  "être jaloux, passionné" et peut être utilisé aussi bien à propos de Dieu, en tant que jaloux du peuple qu'il a choisi (cf. Ex 20, 5), qu'à propos des hommes qui brûlent de zèle en servant le Dieu unique avec un dévouement total, comme Elie (cf. 1 R 19, 10). Il est donc possible que ce Simon, s'il n'appartenait pas précisément au mouvement nationaliste des Zélotes, fût au moins caractérisé par un zèle ardent pour l'identité juive, donc pour Dieu, pour son peuple et pour la Loi divine. S'il en est ainsi, Simon se situe aux antipodes de Matthieu qui, au contraire, en tant que publicain, provenait d'une activité considérée comme totalement impure. C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. Ce sont les personnes qui l'intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes! Et il est beau de voir que dans le groupe de ses fidèles, tous, bien que différents, coexistaient ensemble, surmontant les difficultés imaginables:  en effet, Jésus lui-même était le motif de cohésion, dans lequel tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences, voire les oppositions, oubliant qu'en Jésus Christ, nous a été donnée la force pour concilier nos différences. Rappelons-nous également que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Eglise, dans laquelle doivent trouver place tous les charismes, les peuples, les races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus.

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  • Que veux-tu que je fasse pour toi ? (Benoît XVI)

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    BENOÎT XVI lors de l'ANGÉLUS, archive du 29 octobre 2006 :

    Chers frères et sœurs,

    Dans l'Évangile de ce dimanche (Mc 10, 46-52), nous lisons que, tandis que le Seigneur traverse les rues de Jéricho, un aveugle du nom de Bartimée s'adresse à lui en criant : "Fils de David, Jésus, aie pitié de moi !". Cette prière touche le cœur du Christ, qui s'arrête, le fait appeler et le guérit. Le moment décisif a été la rencontre personnelle et directe, entre le Seigneur et cet homme souffrant. Ils sont l'un en face de l'autre : Dieu, avec sa volonté de guérir, et l'homme avec son désir d'être guéri. Deux libertés, deux volontés convergentes : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" lui demande le Seigneur. "Que je recouvre la vue !", répond l'aveugle. "Va, ta foi t'a sauvé". À travers ces paroles s'accomplit le miracle. Joie de Dieu, joie de l'homme. Et Bartimée, voyant le jour - rapporte l'Évangile - "cheminait à sa suite" : il devient ainsi l'un de ses disciples et monte avec le Maître à Jérusalem, pour participer avec Lui au grand mystère du salut. Ce récit, dans la concision de ses passages, évoque l'itinéraire du catéchumène vers le sacrement du Baptême, qui, dans l'Église antique, était appelé également "Illumination".

    La foi est un chemin d'illumination:  elle part de l'humilité de reconnaître que l'on a besoin de salut et elle arrive à la rencontre personnelle avec le Christ, qui appelle à le suivre sur le chemin de l'amour. C'est sur ce modèle que se sont imposés dans l'Église les itinéraires d'initiation chrétienne, qui préparent aux sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie. Dans les lieux d'antique évangélisation, où le Baptême des enfants est répandu, sont proposés aux jeunes et aux adultes des expériences de catéchèse et de spiritualité qui permettent de parcourir un chemin de redécouverte de la foi de façon mûre et consciente, pour assumer ensuite un engagement cohérent de témoignage. Combien le travail que les pasteurs et les catéchistes accomplissent dans ce domaine est important ! La redécouverte de la valeur de son Baptême est à la base de l'engagement missionnaire de chaque chrétien, car nous voyons dans l'Évangile que celui qui se laisse attirer par le Christ ne peut plus se passer de témoigner de la joie de suivre ses pas. En ce mois d'octobre, consacré de façon particulière à la mission, nous comprenons encore plus que, précisément en vertu du Baptême, nous possédons une vocation missionnaire innée.

    Invoquons l'intercession de la Vierge Marie, afin que se multiplient les missionnaires de l'Évangile. Intimement uni au Seigneur, puisse chaque baptisé se sentir appelé à annoncer à tous l'amour de Dieu, à travers le témoignage de sa propre vie.

  • Soyons comme les prophètes qui disent ce que Dieu leur fait voir (homélie du 30e dimanche)

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    De l'abbé Christophe Cossement sur son blog :

    Solidaires de ceux qui ne voient pas encore

    homélie du 30e dimanche B, 24 octobre 2021

    Pensez-vous parfois à la joie de Dieu de venir en aide à celui qui crie vers lui, à la joie du ciel quand quelqu’un ouvre son cœur à la grâce ? Quand nous vivons dans la morosité ou que le monde autour de nous nous paraît sombre, c’est bon de regarder la réalité sous cet angle : Dieu se réjouit de conduire l’aveugle, le boiteux, tous ceux qui sont fragiles, par un chemin où ils ne tomberont pas (Jr 31,9). Avec cette joie de Dieu comme lunettes, nous pourrons regarder les faits les plus inquiétants de notre monde sans nous décourager. Et c’est vrai qu’en matière de faits inquiétants, nous sommes servis. Prenez ce que nous avons appris ce lundi : qu’une émission de télé-réalité va mettre en scène des gens qui veulent se « fabriquer » un enfant en dehors d’une relation conjugale, un enfant qui fera l’objet d’un contrat entre des personnes qui s’imaginent être leur parent à temps partiel. J’utilise le terme fabriquer à dessein, car ici nous sortons complètement du cadre de l’enfant comme don, pour entrer dans celui de l’enfant comme objet de consommation, un peu comme si on créait une association pour acheter un château ou une vigne. Heureusement il y a quelques personnes pour dire que cela ne va pas, mais aussi plein d’autres pour argumenter que cela se fait déjà, que c’est juste mettre en avant une nouvelle conception possible. Ah, quel aveuglement sur la dignité humaine, lorsque l’enfant devient une production pour réaliser un désir d’adulte ! Comment en est-on arrivé là ? Par petites touches, à partir de techniques médicales pour aider les couples stériles, en apparence bonnes parce qu’utiles aux éprouvés, puis nous en sommes arrivés à utiliser cette procréation médicale aussi pour ceux qui ne souffraient pas d’infertilité mais désiraient simplement l’impossible. Et maintenant nous en sommes à l’enfant-contrat, avant sans doute d’autres dérives. C’est le processus d’un aveuglement progressif. Quand l’Église a dit que le bébé-éprouvette nous mettait sur une pente dangereuse, on lui a répondu qu’elle exagérait. On l’a fait il y a longtemps aussi au sujet de la contraception, envers laquelle l’Église émettait beaucoup de réserves alors qu’elle était censée résoudre tous les problèmes de couples… Et maintenant on voit que la domination de la femme par l’homme semble ne plus avoir de limite, comme en témoigne abondamment l’actualité.

    Jésus guérit l’aveugle Bartimée, qui a crié vers lui : « fils de David, prends pitié de moi ! ». Jésus guérissant les aveugles qui viennent à lui nous montre le grand don de la vue qu’il veut restaurer en chacun : le don de regarder sa vie, d’y voir ce que Dieu attend de nous et ce qui, au contraire, bien que cela nous plaise, finira par nous conduire dans le vide. Jésus propose la vue à l’homme aveuglé par ses mauvais choix ou par son ignorance. Mais devant l’homme qui ne veut pas voir, que peut-il faire ? « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure », disait Jésus aux pharisiens qui lui cherchaient querelle après la guérison de l’aveugle-né (Jn 9,41). Voici la situation qui s’est répandue lentement chez nous depuis le XVIIIe siècle : dire à Dieu que c’est sans lui que nous voyons le mieux et que sûrement ce n’est pas à lui que nous allons demander de voir.

    Au milieu d’une humanité qui se comporte ainsi, soyons comme les prophètes qui disent ce que Dieu leur fait voir. Et soyons aussi comme les prophètes qui se font solidaires du peuple qui s’égare, et qui disent : Seigneur, prends pitié de nous, fais-nous revenir à toi ! L’humanité n’a pas besoin de chrétiens qui se mettent à l’écart pour tirer à boulets rouges sur ce qui ne va pas. Elle n’a pas davantage besoin de chrétiens timorés et silencieux qui n’osent pas dire ce que le Seigneur leur souffle dans le cœur, qui n’osent peut-être même pas chercher hors des rabâchages du monde la vérité de l’Évangile. Elle a besoin de chrétiens qui pensent à la joie qu’a Dieu de rendre la vue aux aveugles. Elle a besoin de chrétiens qui disent la vérité selon le Christ, celle que l’Église discerne pas à pas selon les défis qui surgissent. Elle a besoin de chrétiens qui restent en même temps solidaires de cette société blessée par le péché, en y travaillant, en se rendant présents pour accueillir, pour écouter, pour souffrir avec et pour y prier. Ainsi nous serons disciples de Celui qui rend la vue aux aveugles, et déjà nous verrons le Royaume venir.

  • « Le champion du saint Nom de Jésus, le chef des armées catholiques contre les infidèles. » (23 octobre)

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    StCapestrano.jpg23 octobre : SAINT JEAN de CAPISTRAN - Prêtre franciscain - (1386-1456)

            Jean, né à Capistrano, dans l'Abruzze, était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays. Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d'une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

             Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu.

             Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus.

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