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Solidarité

  • Le charisme de saint Camille : assister les malades avec la tendresse d'une mère

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    D'Antonio Tarallo sur la NBQ :

    Le charisme de saint Camille : assister les malades avec la tendresse d'une mère

    Saint Camille de Lellis « nous a demandé de prendre soin des malades avec la même affection et la même tendresse qu’une mère a pour son unique enfant malade ». À l’occasion de la mémoire liturgique du fondateur des Ministres des Malades, La Bussola s’entretient avec le camillien Ange Désiré Ouedraogo.

    14_07_2026

    Hôpital San Giovanni-Addolorata de Rome : les sirènes des ambulances accompagnent notre conversation avec le père Ange Désiré Ouedraogo, religieux camillien et aumônier de cet hôpital romain. En ce jour de la fête de saint Camille de Lellis (1550-1614), nous souhaitons réfléchir avec lui à ce que signifie, aujourd’hui, incarner l’esprit qui animait le saint fondateur des Ministres des Malades.

    Père Ange, que signifie être camillien aujourd'hui ?

    Répondre à cette question n'est pas simple, car elle ne remet pas tant en question nos actions (auxquelles nous avons déjà de nombreuses réponses) que notre être profond. Elle touche au cœur même de l'identité de ceux qui ont consacré leur vie entière au service des malades. Être camillien aujourd'hui, c'est avant tout préserver et actualiser un don reçu, le charisme que Dieu a confié à saint Camille de Lellis : le don d'être le Christ pour les malades et, en même temps, de reconnaître en eux le visage du Christ. C'est aussi incarner l'esprit et la mission que Dieu a voulu donner à l'Église par le témoignage de Camille, qui, pour vivre cet appel, a créé une véritable « nouvelle école de charité » : l'Ordre des Ministres des Malades, connu sous le nom de Camilliens. Enfin, il nous faut nous souvenir de notre quatrième vœu : servir les malades, même au péril de notre vie. Dans un monde blessé, être camillien aujourd'hui signifie être une présence prophétique et un signe tangible de la miséricorde et de la tendresse du Christ pour toute la souffrance humaine.

    Que signifie être au service des souffrants à l'hôpital ?

    Pour un camillien, l'hôpital n'est pas simplement un lieu de travail, mais la « vigne mystique du Seigneur », c'est-à-dire un espace sacré comparable à un lieu de culte. Dans ce contexte, être au service signifie avant tout être présent : être présent, se rapprocher et devenir un « prochain » pour autrui, comme nous l'enseigne la parabole du Bon Samaritain. Cela signifie être une présence historique (physique, concrète) et prophétique, devenir un signe tangible de la miséricorde du Christ pour ceux qui souffrent. Servir à l'hôpital se traduit par plusieurs attitudes fondamentales. Centralité et intégrité de la personne : cela signifie placer le patient au centre de sa globalité physique, sociale et psychologique, en le reconnaissant comme la personne même du Seigneur. Présence au pied de la croix : cela signifie se tenir spirituellement et physiquement au pied des innombrables croix que nous rencontrons à travers le monde, témoignant d'un Dieu qui n'est pas distant, mais qui souffre avec l'humanité. Servir avec amour maternel : préserver et mettre en pratique l’inspiration originelle de saint Camille, qui appelait à soigner les malades avec la même affection et la même tendresse qu’une mère pour son enfant unique malade. Accompagnement spirituel : offrir une présence qui apaise les souffrances de l’âme, notamment par la pastorale et l’aumônerie.

    Quelles sont les paroles les plus importantes de saint Camille de Lellis qui vous viennent à l'esprit dans votre service ?

    « Plus de cœur dans ces mains, frères, plus de cœur ! » – peut-être la phrase la plus connue : un appel pressant à prodiguer des soins dévoués, passionnés et profondément humains. C'est l'invitation à mettre de l'amour dans chaque geste. Puis, « Dieu est tout, le reste n'est rien » : cette expression me revient très souvent à l'esprit dans les services, surtout à la fin d'une conversation intense avec un malade, lorsque, après avoir partagé sa douleur, nous redécouvrons ensemble ce qui compte vraiment dans la vie. « Continue, toi qui es découragé, ce n'est pas ton œuvre, c'est la mienne » : ce sont les paroles encourageantes que Camille disait avoir entendues directement du crucifix dans un moment de crise profonde. Elles nous reviennent à l'esprit dans les moments de lassitude ou face aux difficultés institutionnelles et personnelles, pour nous rappeler que nous ne sommes que des instruments d'une œuvre plus grande.

    Comment parler d'espérance et de vie éternelle à celui qui, à cet instant précis, traverse le drame de la maladie ou du deuil ?

    Devant la souffrance, les mots doivent avant tout s'incarner, devenir présence. Saint Camille de Lellis nous a enseigné à communiquer l'espérance par une proximité attentive et discrète, nous conseillant d'employer peu de mots, mais empreints de compassion . Nous parlons d'espérance lorsque nous devenons nous-mêmes des « icônes de miséricorde » : à l'instar d'une icône sacrée, notre présence doit offrir un aperçu de quelque chose de plus grand et nous aider à y entrer. Outre l'espérance légitime de la guérison physique, nous avons la mission de témoigner que la véritable espérance ne réside pas seulement dans la santé physique, mais aussi dans ce qui nous ouvre à Dieu. C'est pourquoi, selon la tradition camillienne, l'espérance se communique moins par la parole que par des gestes concrets, à travers trois moyens fondamentaux : la charité comme langage ; puis, par une présence consolatrice, la miséricorde de Dieu devient visible et concrète, essuyant les larmes de ceux qui pleurent la mort d'un être cher ou qui luttent contre la maladie et la solitude. Voir l’Éternel dans le présent : parler de la vie éternelle signifie savoir contempler « le Créateur dans la créature », ce qui apporte confiance et remède non seulement au mal physique, mais aussi au mal spirituel.

    Quelle leçon de saint Camille de Lellis considérez-vous comme la plus pertinente ?

    Je crois que la leçon la plus essentielle que saint Camille nous offre à notre époque se résume en trois piliers : le courage de la tendresse, l’importance du cœur et la redécouverte de la dignité humaine sous toutes ses formes. Dans un système de santé moderne de plus en plus technologique, le témoignage de Camille nous rappelle que sans cœur ni humanité, aucun traitement médical ne peut être complet. La réforme de saint Camille était si radicale pour son temps qu’elle lui valut même d’être expulsé de certains hôpitaux. Ce même radicalisme est d’une actualité brûlante : nous avons un besoin profond de créer des systèmes de santé qui valorisent la personne, en harmonisant l’expertise technique et scientifique et la gestion administrative avec le bien-être intégral du patient. Saint Camille a lutté avec acharnement contre les soins purement mercantiles et superficiels, promouvant des soins fondés sur l’amour, la générosité et un dévouement absolu. En tout temps, le but ultime du camillien demeure la sauvegarde, la protection et la valorisation du caractère sacré de la vie humaine. La pensée de saint Camille de Lellis aujourd'hui évoque la figure du Bon Samaritain. Elle nous rappelle que la grâce de Dieu peut transformer radicalement une vie, devenant un don inlassable et durable pour ceux qui souffrent le plus.

  • Le 14 juillet, c'est la fête de saint Camille de Lellis

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    De Vatican News :

    SAINT CAMILLE DE LELLIS, PRÊTRE, FONDATEUR DES CAMILLIENS (CLERCS RÉGULIERS DES INFIRMES)

    Né à Bucchianico, dans la province de Chieti, le 25 mai 1550 et mort à Rome le 14 juillet 1614, Camille est une figure emblématiquement liée à la croix rouge qu’il obtint du pape Sixte V, le 20 juin 1586, de porter cousue sur son habit religieux. En particulier, comme le souligne en 1620 le Père Sanzio Cicatelli, premier biographe du Saint, « c’est pour trois raisons qu’il plut à notre père que nous portions la Croix sur notre vêtement, comme notre entreprise et symbole. La première, pour faire la distinction par rapport à l’habit de la Compagnie de Jésus. La deuxième pour faire connaître au monde que nous tous marqués de cette empreinte du Christ, nous sommes comme des esclaves vendus et voués au service des malades pauvres. Et la troisième, pour démontrer que celle-ci est religion de croix, c’est-à-dire de la mort, de souffrances et de fatigue, pour que ceux qui voudront suivre ce mode de vie sachent d’avance qu’ils viennent embrasser la croix, se renier eux-mêmes et suivre le Christ jusqu’à la mort».

    Les Serviteurs des Infirmes

    La grâce de Dieu rejoint Camille en 1575. Au cours d’un voyage au couvent de San Giovanni Rotondo, il rencontra un frère qui le prit à part pour lui dire: «Dieu est tout. Le reste n’est rien. Il faut sauver son âme qui ne meurt pas…». Il demanda à devenir capucin, mais à deux reprises, il a été renvoyé du couvent à cause d’une plaie ouverte à la jambe, qu’il a eue lors de ses campagnes militaires. C’est pour cette raison qu’il fut hospitalisé à l’hôpital romain saint Jacques. C’est là qu’il eut cette intuition: «unir la discipline militaire à la charité chrétienne en fondant ‘Les Serviteurs des infirmes’» . Il faut quatre vœux pour en faire partie: obéissance, pauvreté, chasteté, service des malades.

    Un grand réformateur

    Il est considéré comme le plus grand réformateur de la profession d’infirmier et de l’organisation d’assistance dans les hôpitaux. Au-delà des soins au corps, celui qui assiste le malade, selon Camille, devrait prendre aussi en charge l’esprit. Ce qui est radicalement différent par rapport à ce qui se passait dans les hôpitaux de l’époque, où les malades étaient abandonnés à eux-mêmes. Homme éminemment pratique et simple, pas sans culture ni intérêts, il ne rechercha pas, dans son apostolat éducatif, les délicatesses théoriques. Peu de lignes directives étaient suffisantes. Puis un discernement aigu des cœurs dont il fut exceptionnellement doué, et un grand bon sens associé à une douceur paternelle.

    Lire : les derniers jours de la vie terrestre de saint Camille de Lellis

  • L'AED invite pour la 'Semaine Rouge' : priez pour les chrétiens persécutés (15-22 novembre 2026)

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    Aide à l'Église en Détresse Belgique/Luxembourg

                      Basilique Sacré-Coeur de Montmartre, Paris

    « Si un seul membre souffre,
    tous les membres partagent sa souffrance ;
    si un membre est à l’honneur,
    tous partagent sa joie. »

    (1 Kor. 12,26) 

    Cher prêtre, diacre, agent pastoral,
    Chers amis de l'Aide à l'Église en Détresse,

    Chaque année en novembre, à travers une campagne internationale intitulée « Semaine Rouge », Aide à l'Église en Détresse attire l'attention sur les millions de chrétiens dans le monde qui sont persécutés, opprimés ou menacés en raison de leur foi. Des centaines d'églises, cathédrales, monastères, monuments et bâtiments publics du monde entier sont illuminés d'une lumière rouge sang, couleur symbole du martyre.

    Cette année, la Semaine Rouge se déroulera du dimanche 15 au dimanche 22 novembre 2026.

    L'année dernière, beaucoup d'églises en Belgique ont participé à cette campagne mondiale, et aussi le Parlement européen. Nous espérons que davantage d'églises de tous les diocèses se joindront à nous cette année, afin de susciter davantage de sensibilisation, de solidarité et de prière.

    Vous aussi, vous pouvez soutenir cette campagne de deux manières :

    1. Illuminez votre église en rouge pendant la Semaine Rouge

    Sur notre site web www.redweek.be, vous trouverez des informations sur la manière d'illuminer votre église en rouge. Sur la même page, vous pouvez nous demander (gratuitement) des filtres rouges spéciaux, une affiche et des feuillets et des cartes de prière pour les chrétiens persécutés.

    2. Organisez une soirée de projection et/ou une veillée de prière pendant la Semaine Rouge

    Il est possible de projeter sur grand écran un documentaire avec des témoignages de chrétiens persécutés au Nigeria, en Irak, au Pakistan et au Sri Lanka. Le film dure 30 minutes et est disponible sur demande via notre site web.

    Sur notre site web, vous trouverez plusieurs livrets de veillées de prière des années précédentes pour vous inspirer pour votre veillée de prière.

    Vous y trouverez également des informations générales sur les chrétiens persécutés, comme le Rapport sur la liberté religieuse dans le monde ou le Rapport « Persécutés et oubliés ».

    Si vous participez, veuillez vous inscrire via le formulaire sur notre site web. Nous pourrons ensuite faire connaître en octobre votre église et/ou votre temps de prière sur une carte numérique de la Belgique et du Luxembourg.

    Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter.

    Découvrez la campagne de la 'Semaine Rouge' et participez

  • Cardinal Sarah vs Benoist de Sinety : quand deux visions de l'Eglise s'affrontent

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    De Mathilde de Virene sur Tribune Chrétienne :

    Le cardinal Robert Sarah et le père Benoist de Sinety : le choc de deux visions de l’Église

    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Alors que le pape Léon XIV a lui-même rappelé le 23 avril 2026 qu'"un État a le droit d'imposer des règles à ses frontières", le père Benoist de Sinety continue de défendre une vision de l'accueil migratoire que beaucoup jugent déconnectée des réalités politiques et culturelles

    Entre défense de l’identité chrétienne et accueil sans limite, entre enracinement civilisationnel et ouverture universelle, deux conceptions de la mission de l’Église s’affrontent aujourd’hui. Une fracture qui traverse désormais une partie du catholicisme français et occidental. Le débat ne porte plus seulement sur l’immigration ou l’identité nationale. Il touche désormais à la compréhension même de l’Évangile et à la mission de l’Église dans le monde contemporain. À travers les prises de position du cardinal Robert Sarah et du père Benoist de Sinety, ce sont deux visions profondément différentes du christianisme qui apparaissent.

    Dans son récent ouvrage La cause du Christ : l’Évangile contre « l’identité chrétienne », le père Benoist de Sinety dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du christianisme. Il s’inquiète d’un catholicisme qui ferait de la défense de l’identité, de la civilisation ou des frontières une priorité. Selon lui, les migrants sont devenus les « boucs émissaires » des sociétés occidentales et la peur constitue l’un des principaux moteurs des débats actuels.

    Le cardinal Robert Sarah développe une analyse radicalement différente. Depuis plusieurs années, le prélat guinéen met en garde contre une Europe qui renonce à ses racines chrétiennes. Il compare régulièrement le continent à « un arbre qui a perdu ses racines et qui meurt ». Pour lui, la crise migratoire ne peut être abordée uniquement sous l’angle de l’émotion ou de la générosité immédiate. L’une de ses déclarations les plus marquantes demeure celle dans laquelle il qualifie l’immigration de masse de « triple trahison » et même de « nouveau type d’esclavage ». Selon le cardinal, les premières victimes sont souvent les peuples africains eux-mêmes, privés de leurs forces vives, tandis que les passeurs et les réseaux criminels prospèrent sur la détresse humaine : « Le meilleur accueil que l’on puisse faire aux migrants, c’est de développer leur pays pour qu’ils restent chez eux », a-t-il notamment affirmé.

    Au-delà de la question migratoire, le désaccord touche également la notion d’identité chrétienne. Le père Benoist de Sinety voit dans cette expression un risque de fermeture et d’exclusion. À l’inverse, le cardinal Sarah estime qu’une civilisation qui renonce à son héritage spirituel finit inévitablement par disparaître. Il rappelle que l’accueil n’a de sens que si celui qui accueille sait encore qui il est. Cette opposition révèle deux lectures différentes de la charité chrétienne. Pour le père Benoist de Sinety, celle-ci se traduit avant tout par l’accueil concret et immédiat de celui qui frappe à la porte. Pour le cardinal Sarah, la charité ne peut être réduite à une simple assistance matérielle. Il rappelle régulièrement que l’Église n’est pas une organisation humanitaire parmi d’autres et que sa première mission demeure l’annonce du Christ et le salut des âmes.

    Aux yeux de nombreux catholiques, le risque est celui d’un christianisme réduit à un message social, où la défense des migrants, porteurs eux aussi de leur identité et de leur religion,finirait par occulter les questions de vérité, de conversion et de transmission de la foi. Ils voient dans certaines prises de position contemporaines une forme de naïveté face aux défis civilisationnels que connaît l’Europe. À l’inverse, les partisans de la ligne défendue par le père Benoist de Sinety estiment que l’Évangile exige un accueil généreux. « Jésus n’a pas besoin d’être défendu », affirme le prêtre, qui voit dans l’usage de l’identité chrétienne une déformation du message universel porté par le Christ. » Ce débat dépasse largement la France. Il traverse aujourd’hui l’ensemble du monde catholique. Derrière les discussions sur l’immigration ou l’identité se joue en réalité une question fondamentale : comment annoncer le Christ dans une civilisation qui doute de ses racines et de son avenir ? Sur ce point, le cardinal Robert Sarah demeure l’une des voix les plus fortes et les plus écoutées du catholicisme contemporain.

  • Léon XIV à Arguineguín (Gran Canaria) : « Il y a un droit de chercher refuge, mais aussi un droit de ne pas avoir à migrer. »

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    D'InfoVaticana :

    Léon XIV à Arguineguín : « Il y a un droit de chercher refuge, mais aussi un droit de ne pas avoir à migrer. »

    Léon XIV à Arguineguín : « Il y a un droit de chercher refuge, mais aussi un droit de ne pas avoir à migrer. »

    L'événement s'est déroulé sur le site qui s'était trouvé au cœur de la crise migratoire de 2020 suite à l'arrivée massive d'immigrants pendant la pandémie ; depuis lors, il est devenu l'un des symboles du phénomène migratoire dans les îles.

    Au cours de la réunion, Léon XIV a écouté les témoignages de Tito Villarmea, capitaine du patrouilleur de sauvetage maritime Urania ; María Reyes Alemán, bénévole de Caritas ; Blessing, victime de la traite des êtres humains dont l'histoire a été lue pour des raisons de sécurité ; et la femme d'affaires hispano-américaine María Fernanda López Meza.

    À la suite des discours, le pape a prononcé un discours axé sur la dignité de la personne humaine, la réalité de ceux qui sont contraints de quitter leur pays, les agissements des mafias opérant sur les routes migratoires et la responsabilité des institutions nationales et internationales face à ce phénomène.

    Voici le texte intégral du discours du Saint-Père :

    Chers frères et sœurs :

    Nous venons d'entendre l'un des passages les plus exigeants de l'Évangile. Nous savons que ce même chapitre contient aussi un avertissement qu'aucun croyant ne peut prendre à la légère ( Mt  25, 41-45). Aujourd'hui, au bord de la mer, la Parole prend tout son sens : tant de vies blessées arrivent ici, dépouillées de presque tout, mais jamais de leur dignité. Ici, l'Évangile nous arrache à notre rôle de spectateurs et nous place auprès de nos frères et sœurs qui débarquent. Il nous demande si nous avons reconnu le Christ en ceux qui, après le désert, la nuit et la mer, descendent du bateau, marqués par la peur, la faim et la violence.

    Comme vous pouvez le constater, je porte à la main l'anneau appelé « l'anneau du pêcheur ». Son nom même nous conduit à la mer de Galilée, où le Christ appela Pierre et lui dit : « Désormais, tu seras pêcheur d'hommes » ( Lc  5, 10). L'Église a interprété ce verset comme une image de sa mission. Mais ici, et dans des lieux comme El Hierro, ce mandat prend une dimension littérale et douloureuse. Cette île, petite par sa superficie mais immense par son humanité, a vu arriver des milliers de personnes, arrachées à leur terre et confiées à la fragilité d'une simple embarcation. Ici, on trouve des rescapés de la mer et des corps sans vie repêchés. C'est pourquoi le Successeur de Pierre ne peut tourner le dos à ces quais. L'Église ne peut tourner le dos à ces eaux ni à aucun lieu où la faim, la soif, la violence, la peur ou l'exil continuent de bafouer la dignité humaine. Les disciples de Jésus ne peuvent considérer comme étrangers les cris de ceux qui hurlent dans la nuit.

    Dans le langage biblique, la mer peut symboliser la menace, les ténèbres et le chaos. On y trouve le Léviathan, figure de la puissance dévorante, et Rahab, nom qui évoque l'orgueil des puissances qui s'élèvent contre Dieu et contre la vie (cf.  Ps  74, 13-14 ; 89, 10-11 ;  Is  27, 1 ; 51, 9 ;  Job  26, 12). Aujourd'hui encore, des monstres rôdent dans ces mers : des mafias qui exploitent le désespoir, des trafiquants qui réduisent en esclavage femmes et enfants, et l'indifférence de beaucoup qui laissent les pauvres sombrer dans l'exploitation ou l'oubli.

    Mais la foi ne reste pas paralysée par la puissance de la mer. Nous croyons en un Dieu qui soumet le chaos, fixe des limites au mal et ouvre un chemin quand la mort semble triompher. C’est ce qu’a vécu le peuple d’Israël en traversant la mer Rouge pour échapper à l’esclavage et gagner la liberté (cf.  Ex  14, 21-31). Et c’est ce que nous voyons en Christ, qui marche sur l’eau et, avant la tempête, prononce une parole souveraine : « Silence ! Silence ! » ( Mc  4, 39 ; cf.  Mt  14, 25-27). Cette voix continue de résonner contre les forces qui dévorent, asservissent et rejettent tant de nos frères et sœurs. Là où le Christ ordonne à la mer de se taire, l’Église ne peut rester muette devant ceux qui sont livrés à ses flots.

    Merci pour vos témoignages, qui nous rappellent ce que signifie sauver des vies. À Maria, merci de nous rappeler le travail quotidien de Caritas, des paroisses et de tant de personnes. Ses paroles nous montrent où commence la transformation de notre regard : lorsque le migrant cesse d'être « juste un parmi tant d'autres », cesse d'être une catégorie, une statistique. Alors seulement nous comprenons que cette jeune fille pourrait être notre fille, ces visages ceux de notre famille ; et alors, notre conscience est libérée de toute excuse. La miséricorde commence par de petits gestes : parfois avec quelques biscuits et un peu de lait ; d'autres fois, avec cinq pains et deux poissons (cf.  Mt  14, 17-21). Il ne s'agit pas de tout résoudre, mais de remettre les choses entre les mains de Dieu et d'être présent là où les êtres humains souffrent, là où les ressources manquent et où il n'y a pas de langue commune, mais là où les gestes peuvent encore parler. Un grand merci à tous ceux qui participent aux sauvetages, à l'accueil et à l'accompagnement, témoignant ainsi que la miséricorde concrète peut sauver et transformer des vies.

    Chère Blessing, même si tu n'es pas parmi nous aujourd'hui, ta voix résonne encore. Merci de nous avoir fait part de ton histoire. Ton nom signifie bénédiction et nous rappelle que chaque vie humaine est une grâce de Dieu. Nul ne peut l'acheter, la vendre, l'utiliser ou s'en débarrasser, car en chaque personne rayonne l'image et la ressemblance du Créateur (cf.  Gn  1, 27). Tu nous as dit avoir quitté ton pays non par choix, mais par nécessité. Dans tes mots, nous percevons la tragédie de tant de personnes contraintes à l'exil, car la pauvreté, la guerre, les menaces ou l'exploitation leur ont fermé toutes les portes.

    Je souhaite que ce message vous parvienne, à vous et à toutes les autres femmes victimes de traite et d'exploitation : si d'autres ont donné un prix à votre corps, Dieu, lui, ne vous a jamais oubliées comme inestimables. S'ils ont tenté de vous enfermer dans un passé douloureux, Dieu continue de vous promettre un avenir. S'ils vous ont traitées comme un objet, l'Église veut vous dire aujourd'hui : vous êtes une fille, une sœur, vous êtes une bénédiction. Votre vie n'appartient pas à ceux qui vous ont fait du mal ; votre corps n'appartient pas à ceux qui ont abusé de vous ; vos jours n'appartiennent pas à ceux qui ont tenté de les asservir par la peur. Votre vie appartient à Dieu et conserve une dignité inaliénable. Et nous voulons cheminer à vos côtés jusqu'à ce que cette vérité soit à nouveau ressentie plus fort que la douleur.

    Chers migrants, avant toute chose, je tiens à reconnaître votre dignité. Vous n'êtes ni des numéros ni des dossiers. Vous êtes des personnes qui ont laissé derrière elles des familles et des foyers, des rêves que personne n'a le droit d'ignorer. Mais je tiens aussi à vous dire que vos vies doivent être protégées. Ne livrez pas votre existence à ceux qui en font commerce. Ne croyez pas ceux qui vous promettent des paradis faciles en échange de votre corps ou de votre argent, de votre silence ou de votre liberté. Ces promesses illusoires sont des chants de sirènes, des industries de mort.

    Cette tragédie doit être un moment de réflexion : pour les nations d’origine, qui doivent créer les conditions de la paix, de la justice et du développement ; pour les nations de transit, appelées à protéger les plus vulnérables et à ne pas les laisser aux mains des réseaux criminels ; pour l’Europe, qui ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ; pour la communauté internationale, appelée à une coopération efficace et persévérante.

    L’Église, elle aussi, doit accepter d’être interpellée. L’accueil des migrants ne saurait être relégué au second plan ni confié à quelques bénévoles. Nous nous agenouillons devant l’autel pour adorer le Christ présent dans l’Eucharistie, de qui nous recevons la force et la motivation de vivre la charité ; dès lors, nous ne pouvons détourner le regard des pirogues et des canots, car tout service naît de la prière et tout engagement devient prière (cf.  Lc  10, 31-32).

    De cette île, je souhaite que les voix de celles et ceux qui se sont exprimés aujourd'hui parviennent à ceux qui détiennent des responsabilités décisives – autorités civiles, parlements, gouvernements et organisations internationales – ainsi qu'aux communautés chrétiennes, aux autres traditions religieuses et à tous les hommes et femmes de bonne volonté. Il ne suffit pas de gérer les arrivées, de diffuser des statistiques, de renforcer les frontières ou de déplorer les morts après coup. Chaque bateau qui arrive n'amène pas seulement des migrants ; il soulève une question : quel genre de monde avons-nous bâti si tant de nos frères et sœurs doivent risquer leur vie pour survivre ?

    La dignité humaine exige des voies légales et sûres, des secours et une assistance, une véritable coopération contre les trafiquants, une protection efficace des victimes, des processus d'accueil et d'intégration sérieux, et des politiques permettant à chacun de vivre dignement sur sa terre. Si le droit de chercher refuge en cas de danger de mort existe, le droit de ne pas être contraint à l'exil est tout aussi fondamental : le droit de rester chez soi sans faim, sans guerre, sans persécution, sans violence, sans que sa terre ne devienne inhabitable, sans corruption qui prive les plus démunis de leur pain, sans armes qui détruisent l'avenir des enfants. Nous ne pouvons nous résigner à compter les morts. La dignité humaine n'a pas de passeport et ne perd rien de sa valeur lorsqu'une frontière est franchie.

    Que le Dieu qui, « à la fin de la vie, nous jugera sur l’amour » (cf. saint Jean de la Croix,  Admonitions et Paroles , 57), nous accorde de le reconnaître aujourd’hui dans les pauvres et les étrangers, et nous libère de considérer la souffrance d’autrui comme si elle n’était pas la nôtre. Que Notre-Dame du Mont-Carmel accompagne ceux qui sont arrivés, console ceux qui ont perdu des êtres chers, soutienne ceux qui les accueillent et éveille en chacun de nous le courage de la miséricorde.

    Et puisse l'histoire ne pas nous reprocher d'avoir banalisé la souffrance de ceux qui l'endurent sur nos rivages. Car aujourd'hui, ici, au bord de la mer, chaque vie qui arrive nous interroge sur ce qui reste de notre humanité. Tôt ou tard, nous saurons si nous avons su la préserver ou si nous avons laissé l'indifférence parler pour nous. Merci beaucoup.

    À la fin de la réunion, Léon XIV jeta une offrande florale à la mer, suivie d'une minute de silence, en mémoire des victimes de l'immigration maritime, et bénit une croix faite du bois de cayucos , le bateau utilisé par les migrants pour atteindre l'archipel.

    Le programme du pape à Gran Canaria se poursuivra cet après-midi par une rencontre à la cathédrale Santa Ana avec des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux et religieuses, des séminaristes et des agents pastoraux. Il présidera ensuite la messe au stade de Gran Canaria, l'un des événements les plus importants prévus durant son séjour dans l'archipel.

  • L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de mai : « Que chacun ait de quoi se nourrir »

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    De Courtney Mares sur OSV News :

    L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de mai : « Que chacun ait de quoi se nourrir ».

    ROME (OSV News) — Le pape Léon XIV a consacré son intention de prière pour le mois de mai à l'un des défis les plus persistants de l'humanité : la faim.

    Dans un message vidéo diffusé le 30 avril par le Réseau mondial de prière du pape , ce dernier a appelé les catholiques du monde entier à s'attaquer au problème de l'insécurité alimentaire par la prière et par des actions concrètes.

    Des millions de personnes « souffrent de la faim »

    « Aujourd’hui, nous constatons avec tristesse que des millions de frères et sœurs continuent de souffrir de la faim, tandis que tant de biens sont gaspillés sur nos tables », a déclaré le pape dans la vidéo, enregistrée à l’intérieur de l’église San Pellegrino, au Vatican.

    D'après les Perspectives mondiales 2026 du Programme alimentaire mondial, au moins 318 millions de personnes devraient être confrontées à une crise alimentaire, voire à une situation pire, cette année. Le conflit en cours au Moyen-Orient pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans une situation de famine extrême d'ici le milieu de l'année. En 2025, deux famines ont été recensées dans certaines régions de Gaza et du Soudan.

    Dans le même temps, le Programme des Nations Unies pour l'environnement signale que plus d'un milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans le monde, un contraste que le pape a abordé directement dans son message.

    Appel à une transition vers une « culture de solidarité »

    Le pape Léon XIV a appelé à un changement de paradigme, passant de ce qu'il a décrit comme « la logique de la consommation égoïste » à « une culture de solidarité », exhortant les communautés catholiques à prendre des mesures concrètes telles que la création de banques alimentaires, des campagnes de sensibilisation et l'adoption de modes de vie plus simples et plus responsables.

    « Puisse nos communautés promouvoir des gestes concrets », a déclaré le pape, ajoutant que les croyants devraient aborder chaque repas avec gratitude, consommer simplement et « partager avec joie », sachant que les fruits de la terre sont « destinés à tous, et non à quelques-uns seulement ».

    Le Réseau mondial de prière du Pape, également connu sous le nom d'Apostolat de la prière, publie chaque mois une intention de prière du pape dans le cadre de sa mission d'unir les catholiques dans la prière pour les préoccupations mondiales de l'Église.

    Une préoccupation profondément personnelle pour le pape

    Le père Cristóbal Fones, directeur du Réseau mondial de prière du pape, a déclaré que cette intention relevait d'une préoccupation profondément personnelle pour le pape.

    « Cette intention vient du cœur du pape. Il est profondément peiné de voir tant de personnes dans le monde privées d'un besoin aussi essentiel et humain que la nourriture », a déclaré le père Fones. « C'est pourquoi il appelle chacun à ne pas rester indifférent, mais à agir concrètement, d'abord par la prière, puis par des gestes de solidarité. »

    Courtney Mares est rédactrice pour OSV News, en charge du Vatican. Suivez-la sur X @catholicourtney .

  • Aide d'urgence pour le Liban et le Moyen-Orient

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    Aide à l'Église en Détresse Belgique/Luxembourg

    Inwoners van het christelijke dorp Alma al-Shaab, Libanon © ACN

    P. Maroun Youssef Ghafari, curé maronite d’Aalma el Shaab, Sud Liban © ACN

    Aide d'urgence pour le Liban et le Moyen-Orient

    Comme vous le savez, la crise humanitaire au Liban et au Moyen-Orient a atteint un niveau critique. De nombreuses communautés chrétiennes – des religieux et des familles – restent déterminées à ne pas quitter leurs foyers et leurs communautés, malgré les ordres d'évacuation au Sud-Liban. Alors que les bombardements se poursuivent jour et nuit, les besoins augmentent de jour en jour.

    À l'instar des évêques belges, nous sollicitons votre solidarité envers les communautés chrétiennes du Liban et du Moyen-Orient.

    Aide d’urgence pour le Liban et le Moyen-Orient

    Aide à l'Église en Détresse apporte un soutien concret sur le terrain par l'intermédiaire des Églises locales, des communautés religieuses et des partenaires humanitaires.

    L'aide d'urgence est acheminée directement aux personnes les plus touchées et comprend :

    • une aide alimentaire pour les familles qui ont tout laissé derrière elles ;
    • des soins médicaux et des médicaments pour les blessés, les malades et les personnes âgées vulnérables ;
    • des installations d'hygiène et d'assainissement pour prévenir les épidémies ;
    • un soutien psychologique pour les enfants et les adultes traumatisés ;
    • un accompagnement pastoral et spirituel dans les centres d'hébergement.

    Une famille déplacée d’un village chrétien du Sud-Liban a trouvé refuge dans un appartement à Beyrouth © ACN

    La situation est particulièrement grave : près d'un million de personnes sont déplacées, des centaines sont décédées et des milliers ont été blessées, dont de nombreux enfants. Pourtant, la solidarité demeure forte et les Églises ouvrent leurs portes à tous – chrétiens et musulmans.

    Votre soutien peut faire une réelle différence. Grâce à votre don, nous aidons à nourrir des familles, à fournir des médicaments, à assurer le fonctionnement des centres d'hébergement et à redonner espoir là où règne le désespoir.

    Pour en savoir plus et faire un don, cliquez sur le lien ci-dessous.

    Je soutiens l'aide d'urgence aux chrétiens du Liban et du Moyen-Orient

    Chaque don, petit ou grand, compte.

    Donnez de l’espoir au Liban et au Moyen-Orient.

    Ensemble, nous pouvons apporter la lumière dans ces temps sombres.
    Ensemble, nous pouvons aider les communautés chrétiennes à survivre.
    Ensemble, nous pouvons montrer que personne n’est seul.

    Unis dans le Christ partout dans le monde,

    David Dessin
    Directeur

  • De moins en moins nombreux, les chrétiens du Moyen-Orient sont de nouveau pris pour cible

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    De Michele Chabin sur le National Catholic Register :

    Les chrétiens du Moyen-Orient, de moins en moins nombreux, de nouveau pris pour cible

    Les attaques et contre-attaques entre Israël et le Hezbollah, une milice soutenue par l'Iran, ont créé une situation désastreuse pour les chrétiens de la région frontalière israélo-libanaise.

    JÉRUSALEM — Les chrétiens sont minoritaires au Moyen-Orient, mais ils sont tout autant concernés par le dernier conflit qui ravage la région que n'importe quel autre habitant, affirment les responsables religieux locaux.

    Depuis qu'Israël et les États-Unis ont uni leurs forces dans une guerre contre le régime islamique iranien le 28 février, l'Iran a lancé des salves de missiles balistiques sur de nombreuses villes israéliennes.

    La semaine dernière, le Hezbollah, une organisation terroriste dotée d'un important arsenal militaire financé par l'Iran, a lancé des salves de roquettes depuis le Liban sur le nord d'Israël, où vit la plupart des quelque 200 000 chrétiens d'Israël.

    En réponse, les troupes terrestres israéliennes ont pénétré dans le sud du Liban afin de détruire les bastions du Hezbollah près de la frontière israélo-libanaise. Au fil des années, et notamment après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, le Hezbollah a bombardé à plusieurs reprises des villes et des kibboutzim israéliens.

    Le nombre de morts augmente.

    Le 9 mars, un bombardement de chars israéliens dans le village chrétien de Qlayaa, au sud du Liban, a tué le père maronite Pierre al-Rahi. Comme de nombreux autres prêtres libanais et habitants de villages chrétiens du Liban, il avait refusé d'obéir aux ordres d'évacuation des Forces de défense israéliennes, espérant ainsi empêcher le Hezbollah d'entrer dans le village et Israël d'attaquer.

    « Nous ne portons en nous que bonté, bienveillance, amour et prière », a déclaré le père al-Rahi à la chaîne de télévision France24 sur les marches de son église la veille de son assassinat.

    « Nous avons choisi de rester exposés au danger car ce sont nos maisons. Nous ne les laisserons à personne qui voudrait venir les utiliser et les occuper », a-t-il déclaré, faisant clairement référence aux combattants du Hezbollah.

    Selon les médias, le père al-Rahi a été tué lors d'une frappe de l'armée israélienne contre un bâtiment infiltré par des combattants du Hezbollah. Il soignait des villageois blessés lors d'une précédente frappe de l'armée israélienne lorsque celle-ci a frappé à nouveau.

    De nombreux chrétiens libanais ont accusé à la fois Israël et le Hezbollah.

    « Le père Pierre a été tué dans un paisible village chrétien libanais entraîné par le Hezbollah dans une guerre contre Israël. Nous appelons la communauté internationale à placer le Liban sous le Chapitre VII », ce qui désignerait la région comme étant sous l'égide des Nations Unies, a écrit sur Twitter Amine Bar-Julius Iskandar, président de l'Union maronite-Tur Levnon.

    Le pape Léon XIII a exprimé sa « profonde tristesse » pour les victimes des attentats au Moyen-Orient, « pour les nombreuses personnes innocentes, dont de nombreux enfants, et pour ceux qui leur portaient secours, comme le père Pierre al-Rahi ». Le pape « suit les événements avec inquiétude et prie pour une cessation rapide des hostilités », a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège.

    Le père jésuite Jean-Paul II, recteur de l'Institut œcuménique de Tantur à Jérusalem, a déclaré que les chrétiens de Terre Sainte « ont un intérêt direct dans ce qui se passe ici. Les gens possèdent des maisons, des terres. Ils récoltent leurs oliviers. Les chrétiens sont profondément enracinés ici. Nous sommes touchés par tout ce qui se passe. Nous ne sommes pas un groupe extérieur, mais nous sommes souvent négligés par de nombreux dirigeants juifs et musulmans. »

    Le père Paul a déclaré que les églises locales « ont un rôle important à jouer dans la consolidation de la paix et la médiation. Car nous faisons partie de cette terre, de ce peuple, de tout ce qui se passe ici. »

    À Nazareth, dans le nord d'Israël, l'évêque auxiliaire Rafic Nahra, vicaire patriarcal pour Israël et le Patriarcat latin de Jérusalem , a déclaré au Register que les chrétiens locaux étaient profondément choqués par les violences qui ravagent la région. Nombre d'entre eux, citoyens israéliens et travailleurs étrangers, ont passé plus d'une semaine à se réfugier dans des abris anti-bombes. Une aide-soignante catholique philippine a été tuée lors d'une frappe aérienne iranienne.

    « Nous ne sommes pas séparés. Nous ressentons les effets de la guerre comme tout le monde, qu'ils soient chrétiens, musulmans ou juifs », a déclaré l'évêque Nahra. « Chacun souffre de cette guerre et nous prions pour qu'elle prenne fin. Nous voyons les informations ; nous voyons les destructions à répétition et les menaces. Nous avons connu tant de guerres dans cette région. »

    Depuis le début de la guerre, de nombreuses familles chrétiennes ont émigré d'Israël, a déclaré l'évêque Nahra. Il craint que la guerre actuelle et les violences au sein de la société arabo-israélienne n'entraînent de nouveaux départs.

    « Je suis inquiet de voir autant de chrétiens partir. Nous encourageons nos fidèles à rester, à témoigner de notre foi chrétienne et de notre besoin d'être ici, mais nous ne pouvons forcer personne à rester. Nous ne pouvons pas les protéger. Tout ce que nous pouvons leur dire, c'est : « Que Dieu vous bénisse. » »

    Yousef Barakat, directeur général du Centre Notre-Dame de Jérusalem, fait partie de ceux qui envisagent d'émigrer prochainement. Il a déjà dit à son fils, qui a récemment obtenu un diplôme d'études supérieures aux États-Unis et vit maintenant au Texas, de ne pas rentrer au pays.

    « Tous les deux ou trois ans, nous connaissons une crise, et je pense que même après la fin de cette guerre, il sera très difficile pour les chrétiens de vivre ici », a déclaré Barakat. « La plupart des chrétiens de Jérusalem et de Bethléem travaillent dans le secteur du tourisme. En Cisjordanie, je dirais que 70 à 80 % des chrétiens envisagent de partir, à condition de pouvoir obtenir les documents nécessaires, notamment les visas. »

    À moins d'une nette amélioration de la situation, a déclaré Barakat, dans quelques décennies, « il ne restera peut-être plus que quelques familles chrétiennes ici ».

  • Bombardements au Liban – Conflit au Moyen-Orient : appel urgent à la prière

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    De l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    Bombardements au Liban – Conflit au Moyen-Orient : appel urgent à la prière

     
    6 mars
     
     
    Aide à l'Église en Détresse Belgique/Luxembourg
     
    Habitants du village chrétien d’Alma el-Chaab, Liban © ACN

    Les habitants du village chrétien d’Alma el-Chaab, au sud du Liban, vivent sous la menace constante des bombardements, la frontière étant redevenue une ligne de front depuis fin février 2026. © ACN

    Les tensions au Moyen-Orient s'intensifient à nouveau rapidement. Nos partenaires au Liban nous ont informés que les quartiers sud de Beyrouth avaient reçu l'ordre d'évacuer en raison de bombardements attendus. De plus en plus de personnes fuient. Officiellement, plus de 80 000 personnes déplacées ont déjà été recensées, mais le nombre réel est probablement bien supérieur. Les routes sont bloquées et la peur grandit. Selon des témoignages sur place, la tension est même plus forte qu'en 2024.

    De nombreux chrétiens des villages situés à la frontière sud refusent de quitter leurs foyers. L'Église reste à leurs côtés. Les paroisses et les diocèses préparent l'aide humanitaire et les organisations ecclésiales se réunissent pour évaluer les besoins et coordonner l'assistance.

    Ces événements s'inscrivent dans un contexte régional plus large et profondément inquiétant.

    Église paroissiale d’Alma el-Chaab, Liban © ACN

    Église paroissiale d’Alma el-Chaab, Liban © ACN

    Une communauté au bord du gouffre

    La survie de certaines des plus anciennes communautés chrétiennes du monde est en jeu. 

    • Irak et Syrie : La reconstruction des villages chrétiens après des années de violence extrémiste demeure extrêmement fragile. Une nouvelle escalade pourrait à nouveau dévaster ces communautés.
    • Liban : Les églises deviennent des lieux de refuge pour les familles déplacées.
    • Terre Sainte : À Gaza, la situation humanitaire reste catastrophique, tandis qu'en Cisjordanie, les familles chrétiennes craignent pour leurs moyens de subsistance face à l'effondrement du tourisme.
    • Iran : De petites communautés chrétiennes continuent de pratiquer leur foi malgré de sévères restrictions, et les convertis sont particulièrement vulnérables.

    La présence chrétienne au Moyen-Orient ne doit pas disparaître. Ces Églises, dont l'histoire remonte aux premiers siècles, risquent aujourd'hui, de notre vivant, de disparaître.

    Malgré le danger, l'Église refuse d'abandonner son peuple. Les paroisses et les communautés religieuses distribuent de la nourriture, offrent un abri aux familles déplacées, maintiennent les écoles ouvertes et s'efforcent de promouvoir la réconciliation partout où cela est possible.

    Nous vous demandons de prier pour les chrétiens, pour les pays et pour nos partenaires sur le terrain. 

    En ce temps de Carême, accomplissons la quatorzième œuvre de miséricorde : prier pour les vivants et les morts.

    Prions pour les chrétiens du Moyen-Orient. Prions pour toutes les familles touchées par la violence et l’insécurité. Et prions pour tous ceux qui continuent d’offrir nourriture, abri et espoir.

    Vous pouvez également faire célébrer une ou plusieurs Messes pour la paix en cliquant sur le bouton ci-dessous et en précisant « Messe pour la paix » dans le champ de l'intention de prière.

    Je fais une offrande d'une « Messe pour la paix »

    Unis dans le Christ partout dans le monde,

    David Dessin
    Directeur

  • Bruxelles (Sainte-Catherine), 27 février : SOS Chrétiens d'Orient - Concert "Souffle d'Arménie"

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    ven. 27 février

    SOS Chrétiens d'Orient - Concert "Souffle d'Arménie"

    Eglise Sainte-Catherine

    Concert caritatif pour l’Arménie – “Souffle d’Arménie”

    27 février 2026 – 20h30 – Église Sainte-Catherine, Bruxelles

    À l’occasion de la fête de saint Grégoire de Narek, figure majeure de la spiritualité arménienne, venez assister à une soirée exceptionnelle de musique sacrée : “Souffle d’Arménie”.

    Concert caritatif pour l’Arménie – “Souffle d’Arménie”

    27 février 2026 – 20h30 – Église Sainte-Catherine, Bruxelles

    À l’occasion de la fête de saint Grégoire de Narek, figure majeure de la spiritualité arménienne, venez assister à une soirée exceptionnelle de musique sacrée : “Souffle d’Arménie”.

    Dans le beau cadre de l’église Sainte-Catherine, ce concert propose une immersion rare au cœur de l’âme arménienne, là où la foi chrétienne, la culture et l’identité d’un peuple se confondent. Des chants liturgiques médiévaux aux œuvres inspirées du folklore spirituel, la musique devient prière, mémoire et résistance.

    Portée par Varduhi Toroyan (soprano), Hasmik Manoukyan (piano) et Cyril Simon (violoncelle), cette soirée invite à écouter l’Arménie de l’intérieur : une spiritualité millénaire, blessée mais vivante, transmise par une tradition musicale d’une profondeur saisissante.

    Au-delà du concert, SOS Chrétiens d’Orient-Belgique présentera son action concrète en Arménie, au service des populations locales, de leur patrimoine et de leur foi.

    Cette soirée est invitation à comprendre, à soutenir et à s’engager avec la population arménienne.

    Une soirée unique, entre beauté, sens et solidarité. À ne pas manquer.

    • Entrée gratuite – inscription vivement recommandée.
    • https://my.weezevent.com/souffle-darmenie
    • Varduhi Toroyan (soprano), Hasmik Manoukyan (piano) et Cyril Simon (violoncelle),
    • Organisé par les Amis de Sainte-Catherine (Bruxelles)
    • Français/Anglais
    • Accessible aux piétons appareillés
  • Message du pape Léon XIV à l'occasion de la 34e Journée Mondiale du Malade 2026 (11 février)

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    MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    À l'OCCASION DE LA 34e JOURNÉE MONDIALE DU MALADE 2026

    11 février 2026

    La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l’autre 

    Chers frères et sœurs,

    la 34e Journée Mondiale du Malade sera célébrée solennellement à Chiclayo, au Pérou, le 11 février 2026. C’est pourquoi j’ai voulu reproposer l’image du bon Samaritain, toujours actuelle et nécessaire pour redécouvrir la beauté de la charité et la dimension sociale de la compassion, afin d’attirer l’attention sur les nécessiteux et les personnes qui souffrent, comme sont les malades.

    Nous avons tous entendu et lu ce texte émouvant de saint Luc (cf. Lc 10, 25-37). Un docteur de la Loi demande à Jésus qui est le prochain à aimer.  Celui-ci répond en racontant une histoire : un homme qui voyageait de Jérusalem à Jéricho fut attaqué par des voleurs et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite passèrent leur chemin, mais un Samaritain eut pitié de lui, banda ses blessures, l’emmena dans une auberge et paya pour qu’on s’occupe de lui. J’ai souhaité proposer une réflexion sur ce passage biblique, avec la clé herméneutique de l’Encyclique Fratelli tutti de mon cher prédécesseur le Pape François, où la compassion et la miséricorde envers les nécessiteux ne se réduisent pas à un simple effort individuel mais se mettent en œuvre dans la relation avec le frère nécessiteux, avec ceux dont on ne s’occupe pas et, à la base, avec Dieu qui nous donne son amour.

    1 - Le don de la rencontre : la joie d’offrir la proximité et la présence.

    Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence qui nous empêche de nous approcher et de nous arrêter en chemin pour regarder les besoins et les souffrances autour de nous. La parabole raconte que le Samaritain, en voyant le blessé, ne “passa pas outre”, mais porta sur lui un regard ouvert et attentif, le regard de Jésus qui le conduisit à une proximité humaine et solidaire. Le Samaritain « s’est arrêté, lui a fait le don de la proximité, a personnellement pris soin de lui, a également payé de sa poche et s’est occupé de lui. Surtout, […] il lui a donné son temps ». [1] Jésus n’enseigne pas qui est le prochain, mais comment devenir le prochain, c’est-à-dire comment nous rendre proches. [2] À cet égard, nous pouvons affirmer avec saint Augustin que le Seigneur n'a pas voulu enseigner qui était le prochain de cet homme, mais de qui il devait se faire le prochain. En effet, personne n'est le prochain d'un autre tant qu'il ne s'en approche pas volontairement. C'est pourquoi celui qui a fait preuve de miséricorde est devenu son prochain. [3]

    L’amour n’est pas passif, il va à la rencontre de l’autre ; être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer. C’est pourquoi le chrétien devient le prochain de celui qui souffre, suivant l’exemple du Christ, le véritable Samaritain divin qui s’est approché de l’humanité blessée. Il ne s’agit pas de simples gestes de philanthropie, mais de signes qui permettent de percevoir que la participation personnelle aux souffrances de l’autre implique de se donner soi-même. Cela suppose d’aller au-delà de la satisfaction des besoins pour que notre personne fasse partie du don. [4] Cette charité se nourrit nécessairement de la rencontre avec le Christ qui s’est donné pour nous par amour. Saint François l’expliquait très bien lorsqu’il disait, en parlant de sa rencontre avec les lépreux : «  Le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux », [5] parce qu’il avait découvert à travers eux la douce joie d’aimer.

    Le don de la rencontre naît du lien avec Jésus-Christ que nous identifions comme le bon Samaritain qui nous a apporté le salut éternel et que nous rendons présent lorsque nous nous penchons sur notre frère blessé. Saint Ambroise disait : « Puis donc que nul n’est plus notre prochain que Celui qui a guéri nos blessures, aimons-Le comme Seigneur, aimons-Le aussi comme proche : car rien n’est si proche que la tête pour les membres. Aimons aussi celui qui imite le Christ ; aimons celui qui compatit à l’indigence d’autrui de par l’unité du corps ». [6] Être un dans l’Un, dans la proximité, dans la présence, dans l’amour reçu et partagé, et jouir ainsi, comme saint François, de la douceur de l’avoir trouvé.

    2 - La mission partagée dans le soin des malades.

    Saint Luc poursuit en disant que le Samaritain “fut ému”. Avoir de la compassion implique une émotion profonde qui pousse à l’action. C’est un sentiment qui jaillit de l’intérieur et conduit à s’engager envers la souffrance d’autrui. Dans cette parabole, la compassion est la caractéristique distinctive de l’amour actif. Elle n’est ni théorique ni sentimentale, elle se traduit par des gestes concrets : le Samaritain s’approchesoigneprend en charge et s’en occupe. Mais attention, il ne le fait pas seul, individuellement ; « Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités ». [7] J’ai moi-même constaté, dans mon expérience de missionnaire et d’évêque au Pérou, combien de personnes font preuve de miséricorde et de compassion à l’exemple du Samaritain et de l’aubergiste. Les proches, les voisins, les professionnels de santé, les agents de la pastorale de la santé et tant d’autres qui s’arrêtent, s’approchent, soignent, portent, accompagnent et offrent ce qu’ils ont, donnent à la compassion une dimension sociale. Cette expérience, qui s’inscrit dans un réseau de relations, dépasse le simple engagement individuel. Ainsi, dans la Lettre apostolique Dilexi te, je n’ai pas seulement fait référence aux soins aux malades comme une “partie importante” de la mission de l’Église, mais comme une véritable « action ecclésiale » (n. 49). Je citais saint Cyprien pour montrer comment nous pouvons vérifier la santé de notre société à cette dimension : « Cette épidémie, qui semble si horrible et fatale, met à l’épreuve la justice de chaque individu et jauge l’esprit des hommes, vérifiant si les bien-portants se mettent au service des infirmes, si les parents s’aiment sincèrement, si les maîtres ont pitié de la souffrance de leurs serviteurs, si les médecins n’abandonnent pas les malades qui les supplient ». [8]

    Être un dans l’Un signifie nous sentir véritablement membres d’un corps dans lequel nous portons, selon notre propre vocation, la compassion du Seigneur pour la souffrance de tous les hommes. [9] De plus, la douleur qui nous touche n’est pas une douleur étrangère ; c’est la douleur d’un membre de notre propre corps auquel notre Tête nous demande de venir en aide pour le bien de tous. En ce sens, elle s’identifie à la douleur du Christ et, offerte de manière chrétienne, elle accélère l’accomplissement de la prière du Sauveur lui-même pour l’unité de tous. [10]

    3 - Animés par l’amour de Dieu, pour nous retrouver nous-mêmes et retrouver notre frère.

    Dans le double commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même » ( Lc 10, 27), nous pouvons reconnaître la primauté de l’amour de Dieu et sa conséquence directe sur la manière d’aimer et d’entrer en relation de l’homme dans toutes ses dimensions. « L’amour du prochain est la preuve tangible de l’authenticité de l’amour de Dieu, comme l’affirme l’apôtre Jean : “Dieu, personne ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. […] Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui” ( 1 Jn 4, 12.16) ». [11] Même si l’objet de cet amour est différent : Dieu, le prochain, soi-même, et que nous pouvons les comprendre comme des amours distincts, ceux-ci sont toujours inséparables. [12] La primauté de l’amour divin implique que l’action de l’homme soit accomplie sans intérêt personnel ni récompense, mais comme manifestation d’un amour qui transcende les normes rituelles et se traduit par un culte authentique : servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique. [13]

    Cette dimension nous permet également de remettre en cause ce que signifie s’aimer soi-même, ce qui implique de nous détourner de l’intérêt porté à l’estime de nous-même ou au sentiment de notre propre dignité fondés sur des stéréotypes de réussite, de carrière, de position ou de lignée, [14] et de retrouver notre vraie position devant Dieu et devant notre frère. Benoît XVI disait que « La créature humaine, qui est de nature spirituelle, se réalise dans les relations interpersonnelles. Plus elle les vit de manière authentique, plus son identité personnelle mûrit également. Ce n’est pas en s’isolant que l’homme se valorise lui-même, mais en se mettant en relation avec les autres et avec Dieu ». [15]

    Chers frères et sœurs, « le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel qui trouve sa source dans l’amour de Dieu ». [16] Je souhaite vivement que cette dimension fraternelle, “samaritaine”, inclusive, courageuse, engagée et solidaire, qui trouve sa racine la plus intime dans notre union avec Dieu, dans la foi en Jésus-Christ, ne manque jamais dans notre style de vie chrétien. Enflammés par cet amour divin, nous pourrons vraiment nous donner en faveur de tous ceux qui souffrent, en particulier nos frères malades, âgés et affligés.

    Élevons notre prière à la Bienheureuse Vierge Marie, Santé des Malades. Demandons son aide pour tous ceux qui souffrent, qui ont besoin de compassion, d’écoute et de réconfort, et implorons son intercession avec cette prière ancienne, qui était récitée en famille pour ceux qui vivent dans la maladie et la souffrance :

    Douce Mère, ne t’éloigne pas,
    ne détourne pas ton regard de moi.
    Viens avec moi partout
    et ne me laisse jamais seul.
    Puisque tu me protèges autant
    comme une véritable Mère,
    fais que le Père,
    le Fils et le Saint-Esprit me bénissent !

    Je donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique à tous les malades, à leurs familles et à ceux qui les assistent, aux travailleurs du secteur de la santé, aux personnes engagées dans la pastorale de la santé et tout spécialement à ceux qui participent à cette Journée mondiale du Malade.

    Du Vatican, le 13 janvier 2026

    LÉON PP. XIV

    ____________________________________________________

    [1] François, Lettre enc. Fratelli tutti, (3 octobre 2020), 63.

    [2] Cf. ibid., 80-82.

    [3] Cf. S. Augustin, Sermons, 171, 2 ; 179 A, 7.

    [4] Cf. Benoît XVI, Lettre enc. Deus Caritas est (25 décembre 2005), 34 ; St Jean-Paul II, Lettre ap. Salvifici doloris (11 février 1984), 28.

    [5] S. François d’Assise, Testament 2 : Fonti Francescane, 110.

    [6] S. Ambroise, Traité sur l’Évangile de saint Luc VII, 84.

    [7] François, Lettre enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), 78.

    [8] S. Cyprien, De mortalitate, 16.

    [9] Cf. S. Jean-Paul II, Lettre ap. Salvifici doloris (11 février 1984), 24.

    [10] Cf. ibid., 31.

    [11] Exhort. ap. Dilexi te (4 octobre 2025), 26.

    [12] Cf. ibid.

    [13] Cf. François, Lettre enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), 79.

    [14] Cf. ibid., 101.

    [15] Benoît XVI, Lettre enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), 53.

    [16] François, Message aux participants du 33e Festival international des jeunes (MLADIFEST), Medjugorje, 1-6 août 2022 (16 juillet 2022).

  • Sauver Jimmy Lai sans oublier Hong Kong

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    Sauvez Jimmy Lai, n'oubliez pas Hong Kong

    Au lendemain de la condamnation à vingt ans de prison de l'homme d'affaires et éditeur pro-démocratie, les États-Unis et le Royaume-Uni réclament sa libération pour raisons humanitaires. Pendant ce temps, le Vatican maintient un silence scandaleusement total sur cette affaire, par souci de ne pas froisser Pékin.
    – TÉMOIGNAGE D'UN JOURNALISTE : « C'est un martyre blanc. »
    – ARCHIVES : Jimmy Lai, un catholique contre le pouvoir  

    10/02/2026

    Maintenant que Jimmy Lai a été condamné à 20 ans de prison par un tribunal de Hong Kong, l'affaire prend une dimension internationale et le cas de l'éditeur-directeur du journal Apple Daily pourrait devenir l'un des pions de ce complexe jeu d'échecs qui établira de nouveaux équilibres géopolitiques.

    Les réactions d'hier au verdict ont déjà révélé les suites possibles. Le gouvernement chinois, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Lin Jian, a exprimé son « plein soutien » au gouvernement de Hong Kong et à la sentence prononcée par les juges au nom de la sécurité nationale, adressant ainsi un message clair à Londres et à Washington : les pays concernés doivent « respecter la souveraineté de la Chine et le système juridique de Hong Kong, s'abstenir de toute déclaration irresponsable et ne pas s'ingérer de quelque manière que ce soit dans le système judiciaire de Hong Kong ni dans les affaires intérieures de la Chine ». De son côté, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, déplorant « l'issue injuste et tragique de cette affaire », a demandé à la Chine d'accorder à Jimmy Lai une libération conditionnelle exceptionnelle, une requête partagée par le gouvernement britannique, par l'intermédiaire de sa ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper. Cette demande se justifie par l'âge de Jimmy Lai (il a eu 78 ans en décembre dernier) et par son état de santé, qui s'est encore dégradé durant ses années d'incarcération.

    Il est possible — et on espère — que le cas de Jimmy Lai soit inclus dans certaines négociations — commerciales, militaires ou politiques — afin qu'il puisse être libéré pour des raisons humanitaires, peut-être avec un exil au Royaume-Uni avec sa famille, tandis que la Chine conserverait son droit de gérer Hong Kong comme bon lui semble, et peut-être en échange de certaines concessions de la part des États-Unis et du Royaume-Uni.

    Une telle solution serait certes souhaitable à ce stade concernant le sort de Jimmy Lai, mais elle laisserait la question de Hong Kong en suspens. Car, rappelons-le, si Jimmy Lai est devenu, à juste titre, le symbole de la lutte pour la liberté et la démocratie, d'autres journalistes et militants pro-démocratie se trouvent dans une situation similaire : hier, huit autres personnes ont été condamnées avec lui (six anciens employés d'Apple Daily et deux représentants d'associations pro-démocratie) à des peines allant de six à dix ans. Et dans les prochains jours – comme le rappelait AsiaNews hier – les condamnations de trois autres militants pro-démocratie, qui risquent jusqu'à dix ans de prison pour sédition, sont attendues : l'avocat Chow Hang-tung (40 ans), Lee Cheuk-yan (68 ans) et Albert Ho (74 ans), incarcéré depuis 2021.

    « Sauver » Jimmy Lai et fermer les yeux sur tout le reste serait faire preuve de myopie, car l’étouffement de Hong Kong a des implications qui vont bien au-delà du sort des plus de sept millions d’habitants de l’ancienne colonie britannique.

    Ce qui se passe constitue une violation flagrante de l'accord sino-britannique par lequel le Royaume-Uni a rétrocédé Hong Kong à la Chine le 1er juillet 1997. Aux termes de cet accord, sous le slogan « un pays, deux systèmes », Pékin garantissait aux Hongkongais les mêmes droits et libertés que ceux garantis dans la colonie par le Royaume-Uni pendant 50 ans. Or, au cours des 28 dernières années, Pékin a assisté à la destruction progressive et systématique du système hongkongais, fondée sur des interprétations subjectives, voire arbitraires, des accords signés.

    Ce qui suffit à comprendre que la principale difficulté avec le régime communiste chinois réside précisément dans son manque de fiabilité. Cela explique aussi la situation concernant l'accord secret sino-vatican sur la nomination des évêques catholiques. Jusqu'à présent, le Saint-Siège a toujours fait bonne figure, ratifiant systématiquement avec un retard humiliant les nominations décidées unilatéralement par Pékin, qui, ce n'est pas un hasard, ignore systématiquement le Saint-Siège dans ses communiqués officiels.

    À cet égard, voici l'autre aspect troublant de l'affaire Jimmy Lai : le silence total du Vatican, mais aussi de l'Église à Hong Kong. Les médias du monde entier se contentent de relater l'histoire d'un entrepreneur et éditeur qui a lutté pour la liberté et la démocratie, faisant de lui un symbole de la liberté de la presse. Mais l'histoire de Jimmy Lai est bien plus que cela.
    C'est une histoire de foi, celle d'un converti qui, dans sa rencontre avec le Christ, a aussi compris le sens de son combat pour la liberté. Et la présence constante et silencieuse du cardinal Joseph Zen à chaque audience, lui qui l'a baptisé en 1997, est significative. Ses années de prison, comme l'a témoigné un ancien journaliste de son journal, Apple Daily, auprès de La Bussola ( cliquez ici ), nous ont révélé un véritable confesseur de la foi, un témoin du martyre blanc.

    Et le Vatican l'ignore complètement, plus soucieux de ne pas déplaire au régime communiste chinois que d'exprimer sa proximité et sa solidarité avec un frère persécuté, et de mettre en lumière son exemple pour tous les croyants. Hier, les médias du Vatican n'ont même pas relayé la sentence : Vatican News et Osservatore Romano ont couvert l'actualité internationale, de la victoire électorale du Premier ministre Sanae Takaichi au Japon aux massacres au Congo, de la mort du physicien Antonino Zichichi aux nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie. Mais pas un mot sur la condamnation de Jimmy Lai, pourtant largement relayée par la presse internationale, de droite comme de gauche.

    Un silence gêné et embarrassé, qui en dit long sur le désastre que provoque le Secrétariat d'État du Vatican avec le dossier chinois.